La conversion : une mutation de l'être

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La conversion : une mutation de l'être

Message par etienne lorant le Jeu 6 Nov 2014 - 10:39

Le jeudi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 3,3-8a.

Frères, le peuple de Dieu, celui de la vraie circoncision, c'est nous, nous qui adorons Dieu selon son Esprit, nous qui mettons notre orgueil dans le Christ Jésus et qui ne plaçons pas notre confiance dans les valeurs charnelles.
J'aurais pourtant, moi aussi, des raisons de placer ma confiance dans les valeurs charnelles. Si quelqu'un pense avoir des raisons de le faire, moi, j'en ai bien davantage.
J'ai reçu la circoncision quand j'avais huit jours ; je suis de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux ; pour la Loi, j'étais un pharisien ; pour l'ardeur jalouse, j'étais un persécuteur de l'Église ; pour la justice que donne la Loi, j'étais irréprochable.
Mais tous ces avantages que j'avais, je les ai considérés comme une perte à cause du Christ.
Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. A cause de lui, j'ai tout perdu ; je considère tout comme des balayures, en vue d'un seul avantage, le Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-10.
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ?
Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules,
et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! '
Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. »
Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ?
Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue ! '
De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »


Textes de l’Évangile au quotidien

Dans la suite des textes d'hier, qui nous parlaient du renoncement radical pour demeurer avec Jésus, saint Paul nous parle de ce qu'il a lui-même vécu, ce qu'il est advenu de lui après sa chute brutale sur le chemin de Damas. Et c'est vrai que, pour le Seigneur, il a tout perdu de son ancienne position - qu'il nous décrit :

"Je suis de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux ; pour la Loi, j'étais un pharisien ; pour l'ardeur jalouse, j'étais un persécuteur de l'Église ; pour la justice que donne la Loi, j'étais irréprochable."

Moi aussi, je suis tombé, ce troisième dimanche d'août 1985. Je ne suis pas tombé d'aussi haut que d'un rang social comme l'ancien Saül en avait un, mais toute la construction du monde telle que je l'avais considérée, et toutes mes réflexions concernant l'absolue nécessité d'être un "gagnant", se sont retrouvées à genoux au pied d'un crucifix. Mes pensées d'avant ont été balayée d'un seul coup.

D'abord, la conception du péché n'était plus tant la transgression volontaire d'une loi divine, mais plutôt : une cause parmi d'autres de la souffrance du Seigneur sur sa croix. Ce fut, tout autant, l'étonnement suprême de reconnaître que Lui m'avait aimé, moi, en dépit de ma croyance d'alors: car j'avais considéré que ma vie serait un combat perpétuel dont de toute manière je finirais perdant. La vie est un combat dont on ne pouvait finir que perdant: dans ma chambre d'étudiant, j'avais affiché un poster fameux, qui montrait un soldat allemand abattu en pleine course, les pieds détachés du sol et le fusil suspendu dans l'air à hauteur de sa main (une photo très primée)...

Donc, jusqu'à ma rencontre avec le Christ, vivre c'était combattre pour la réussite même avec la certitude de la chute finale. Et je vivais avec çà dans la tête et le cœur... Une volonté de fer associée à un pessimisme noir. Mais je fus instantanément converti et je rejoins ici l’Évangile du jour car tandis que j'étais à genoux dans les larmes (de reconnaissance et de joie confondues), j'ai entendu cette parole de l’Évangile : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit Je me souviens que cette parole était dite comme une proclamation des anges eux-mêmes, et que tous les murs en étaient tapissés... Et, pour conclure, mon sens du malheur a été transformé en une Joie qui me séparait bien du monde. Le malheur est toujours bien présent dans nos sociétés, mais par la grâce divine, chacun de nos cheveux est compté.

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etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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