À l'école de l'oraison

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Message par jaimedieu le Mer 3 Déc 2014 - 17:20

(Source: Le Carmel en France, père Yves Jausion, Diocèse de Renne, formateur à l'école de l'oraison)

Aujourd’hui, dans le monde, des chrétiens désirent rencontrer Dieu d’une manière tout à fait personnelle. Ceux qui pratiquent l’oraison ne peuvent plus s’en passer. Elle est devenue pour eux une nécessité et un besoin. Elle leur permet de s’unir à Dieu dans l’adoration et l’action de grâce. Elle leur apporte force, lumière et repos au milieu du combat quotidien. Aussi souhaitent-ils que le plus grand nombre possible de croyants puissent la découvrir.

L’oraison n’est pas réservée aux religieux et aux moines. Quel que soit leur état de vie, tous peuvent prendre chaque jour un temps réservé au Seigneur. Évidemment, pour ceux qui sont consacrés, c’est encore plus indispensable.

Mais beaucoup ne savent pas comment s’y prendre. Ils ont besoin d’être guidés. D’où l’importance de créer des écoles d’oraison.


QUAND ON A TROUVE UN TRÉSOR, ON CHERCHE A LE PARTAGER.

1 – QU'EST-CE QUE L’ORAISON ?


Il y a beaucoup de façons de prier :

La prière familiale des parents avec leurs enfants.

La prière conjugale : mari et femme présentent à Dieu leur vie de couple et leurs différents engagements.

La prière à l’église quand la communauté est rassemblée. La principale prière commune est la messe qui renouvelle le sacrifice de Jésus. Elle comprend des prières de demande, de louange, des lectures, des chants, une homélie, la grande prière eucharistique…

Il y a aussi les réunions de prière avec lectures, chants, les rassemblements, le chemin de Croix, l’adoration du Saint Sacrement, les processions…

De leur côté, les prêtres et les religieux récitent l’office qui comprend surtout les psaumes.

Il existe des petits groupes de prière au quartier ; chapelet, partages bibliques, échange, actions auprès des pauvres, prières spontanées du renouveau charismatique, etc…

Puis il y a la prière individuelle, à l’église ou à la maison.

On peut distinguer deux sortes de prière individuelle :

- les prières vocales : on récite et on médite les prières traditionnelles apprises par cœur : Notre Père, Je vous salue Marie, Je crois en Dieu, Je confesse à Dieu, les actes etc… Certains lisent des prières dans un livre. On peut aussi réciter un psaume ou des prières de la liturgie.

- la prière mentale ou oraison (ou encore prière du cœur). C’est un temps que l’on consacre uniquement au Seigneur. Que fait-on ? On lui parle simplement avec ses mots à soi. « la foi c’est quand on parle à Dieu comme on parlerait à un homme » (Le Curé d’Ars)

Toutes ces formes de prière sont bonnes. Elles plaisent au Seigneur. La prière en groupe est le signe que la charité règne entre les membres de la communauté : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mat.18, 20).

Mais la prière personnelle est importante aussi. Car la foi de chaque membre enrichit la prière de la communauté. Prière communautaire et prière individuelle se soutiennent l’une l’autre.

PRÉCISONS LE SENS DE CERTAINS MOTS

PRIÈRE. C'est une demande de l'homme adressée à Dieu. Mais le mot a pris un sens très large : il désigne tous les rapports avec Dieu : gestes, paroles, liturgie, etc…

LECTURE SAINTE. On lit attentivement un passage de la Parole de Dieu. On cherche quel message le Seigneur a voulu y mettre. La lecture éclaire et nourrit la foi.

MÉDITATION. On réfléchit à un texte de la Bible ou à un événement. L'homme se parle à lui-même. Il se demande en quoi cette parole l'interpelle, ce qu'elle lui propose de changer.

ORAISON. Puisque Dieu est présent, on peut lui parler directement. C'est d'abord une parole humaine mais il arrive aussi que Dieu parle par des lumières, des inspirations. L'oraison devient échange, dialogue, écoute, etc…. L'important reste l'amour.

CONTEMPLATION. C'est une action de Dieu qui prend la première place dans l'âme. Il intervient lui-même, plus ou moins, soit en pleine lumière, soit dans l'obscurité.

Nous nous proposons d'exposer surtout ce qu'est l'oraison.


La prière mentale ou oraison

La prière mentale, intérieure, est particulièrement nécessaire parce qu’elle établit une relation directe et consciente entre l’âme et Dieu. Celui qui fait oraison ne cherche pas son avantage, mais uniquement le bonheur de Dieu. L’oraison est essentiellement un temps d'amour gratuit offert à Dieu.

Elle est la source de nombreuses grâces. Elle augmente la charité. Elle fait grandir la foi en la présence de Dieu en nous. Elle nous apprend à mieux demander et surtout à recevoir. Elle se nourrit de la parole de Dieu. Elle permet de jeter un regard sur la vie ordinaire en y voyant la présence de Dieu. Elle aide à redresser ce qui doit l’être. Elle est un moyen de progrès.

Depuis les origines de l’Église, l’oraison a été pratiquée par une foule de chrétiens et recommandée par tous les maîtres de la vie spirituelle (Catéchisme de l'Eglise catholique 2700-2724 ; Abrégé 664-672).

Mais prendre un temps pour prier tout seul, dans son cœur, n’est pas toujours très facile. Il faut y être initié. Comme tout art, la prière s’apprend. Ensuite, en la pratiquant régulièrement, elle est plus facile et même on en ressent le besoin. Et puis, le Saint-Esprit, notre maître intérieur, se charge de nous guider et de nous faire avancer sur ce chemin. Pour cela, il
n’a pas besoin de livre. Il nous enseigne et nous parle directement. Grâce à Lui, nous sommes en relation avec des millions de croyants qui, comme nous, en ce moment, sont en prière.

L'oraison est un devoir

Dieu a laissé à son peuple des commandements. Le plus important c'est : "Tu adoreras Dieu seul". Celui qui aime vraiment Dieu doit prendre un temps pour lui parler, l'écouter, l'adorer, l'aimer, le remercier. Cela veut dire que tout croyant sincère doit se réserver chaque jour un moment consacré uniquement à Dieu.

L'oraison est un moyen privilégié pour remplir ce devoir d'adoration.

L'oraison est une nécessité vitale


Elle nous rappelle qui nous sommes (notre identité) et où nous allons (notre finalité).
Le Père Caffarel affirme : "Prier est un besoin vital, comme de respirer, de manger, de dormir, d'exercer ses facultés corporelles et spirituelles. Je dis bien vital. Qui omet de prier dépérit… L'homme est fait pour vivre en Dieu, comme le poisson dans l'eau". Il cite ce témoignage d'un laïc : "L'oraison équilibre ma vie comme la quille équilibre le bateau et lui permet de rester stable, contre vents et marées".

Tout le monde est capable de faire oraison. L'oraison est simple : elle est basée sur le cœur et non sur la raison. Pourvu que l'on ait l'intention d'aimer Dieu et de lui plaire, l'oraison est toujours bonne.

L'oraison est un droit et un bonheur


Aujourd'hui, on exige le respect des droits de l'homme : droit à la liberté, à un niveau de vie décent, à l'instruction… Prier n'est pas un luxe réservé aux riches, à ceux qui ont le temps. C'est un droit strict. Droit d'arrêter le rythme des journées, de relever la tête, de s'habiller le cœur et de se laisser aimer par Dieu

Nous ne sommes pas des esclaves ; le but de la vie n'est ni le travail ni l'argent. Nous sommes faits pour le bonheur ; l'oraison nous rapproche de Celui avec qui nous vivrons éternellement. Il faut dès maintenant nous habituer à la joie qui vient. Prier, être tout entier avec Jésus, n'est pas un temps volé à nos occupations, cela fait partie de notre vocation d'enfants de Dieu.


L’Oraison, oserai-je dire, c’est une conversation avec Dieu. (Saint Clément d’Alexandrie).

Un entretien familier avec Dieu (St Jean Chrysostome).

C’est « s'occuper » de Dieu. (Saint Benoît).

C’est penser à Dieu en l’aimant. (Charles de Foucauld).

Un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent, seul à seul, avec Dieu dont on se sait aimé. (Sainte Thérèse d ‘Avila).

Un dialogue d’enfant de Dieu avec son Père des Cieux, sous l’action du Saint-Esprit. (Dom Marmion).




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Message par Titi le Mer 3 Déc 2014 - 17:52

L'oraison peut-elle être vocale?

Lorsqu'on parle à Dieu avec nos propres mots de notre journée, de nos problèmes, ..., est-ce une prière vocale ou une oraison?
D'après ce que j'ai compris, la prière vocale se fait avec des prières récitées et l'oraison avec nos propres mots. Mais le fait de parler à Dieu, même avec nos propres mots, semblerait logiquement être une prière vocale du fait que la voix entre en jeu.

Pour faire oraison, il est nécessaire de parler à Dieu avec la pensée ou peut-on le faire avec la bouche?
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Message par Rémi le Mer 3 Déc 2014 - 20:04

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:L'oraison peut-elle être vocale?

Lorsqu'on parle à Dieu avec nos propres mots de notre journée, de nos problèmes, ..., est-ce une prière vocale ou une oraison?
D'après ce que j'ai compris, la prière vocale se fait avec des prières récitées et l'oraison avec nos propres mots. Mais le fait de parler à Dieu, même avec nos propres mots, semblerait logiquement être une prière vocale du fait que la voix entre en jeu.

Pour faire oraison, il est nécessaire de parler à Dieu avec la pensée ou peut-on le faire avec la bouche?

L'oraison est surtout dialogue avec Dieu qui peut être entrecoupé de lectures et de prières et la plupart du temps en silence.

Une belle page sur ce sujet et les bonnes méthodes pour faire oraison avec fruits.

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Dernière édition par Rémi le Mer 3 Déc 2014 - 21:27, édité 1 fois


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Message par jaimedieu le Mer 3 Déc 2014 - 21:20

Le texte que j'ai mis en ligne n'est que le premier d'un enseignement complet sur l'oraison. Comme il contient de nombreux points qui y sont développés (un total de 142 pages), j'ai choisis, pour en faciliter la lecture, de publier un point par jour. Le second point intitulé: "Jésus prie" sera en ligne demain.

Voici la table des matières:



TABLE DES MATIÈRES

1) Ce qu’est l’oraison
2) Jésus prie
3) Jésus enseigne la manière de prier
4) Comment faire oraison
5) L’Esprit Saint, notre Maître de prière
6) Rencontrer Dieu
7) Parler et écouter
8) Vouloir ce que Dieu veut
9) Le corps et la prière
10) Les conditions favorables à l’oraison
11) Le combat de l’oraison
12) L’oraison des laïcs

* * * * *

13) Structure de la personne
14) La Lecture sainte
15) Eucharistie et adoration
16) Les grandes attitudes spirituelles
17) La prière de demande
18) Les fruits de l’oraison
19) Prier en Eglise
20) Prier avec Marie
21) Action et contemplation
22) Prier sans cesse
23) Progresser dans l’oraison
24) La contemplation passive
25) Une école d’oraison

En complément:
6) L'Esprit Saint, nouvelle version au choix


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Message par jaimedieu le Jeu 4 Déc 2014 - 7:45

2 - JÉSUS PRIE

Jésus aime le silence


Nous remarquons une chose étonnante : le Fils de Dieu, Parole du Père, a une grande nouvelle à annoncer aux hommes : pourtant il se présente d’abord comme un petit enfant qui ne peut pas parler. Ensuite, pendant 30 ans, il demeure à Nazareth, caché aux yeux du monde.

« O silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité… Enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations, de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure ; de la prière que Dieu seul voit dans le secret » (Paul VI).

Ce temps de retraite et de silence prépare sa vie publique. Ensuite Jésus le prolonge en priant et jeûnant pendant 40 jours dans le désert.

Jésus, en tant que Fils de Dieu, est toujours avec son Père et l’Esprit Saint.

Il est en état d’adoration et de prière. Marche, travail, enseignement, guérisons, tout est accompli en union totale à Dieu. Il le connaît, il lui parle comme un enfant parle à son Père. A tout moment, il vit en sa présence. Son cœur et sa pensée sont orientés vers lui. « Je ne suis pas seul, le Père est avec moi ». (Jean 16,32). C’est ce qui explique que des prières jaillissent spontanément au cours de ses conversations ou de ses enseignements.

Pourtant, comme homme, Jésus éprouvait aussi le besoin de prendre des moments uniquement consacrés à la prière. Il se réservait des temps forts particuliers de prière, en dehors de toute activité humaine. Nous le voyons quitter ses occupations, s’arracher au travail de prédication, à l’emprise des foules. Le soir, la nuit ou le matin il s’enfuyait pour prier.

Donc, distinguons « être uni à Dieu » et « prier ».

Jésus prie souvent


Comme tout bon Juif, Jésus était familier de la Bible. Il connaissait par cœur une grande partie de la loi et des prophètes. L’Exode, l’Alliance, la Pâque, le Royaume de Dieu, le péché et le retour à Dieu, tous ces thèmes et bien d’autres étaient l’objet de sa pensée humaine, de sa culture, et, par le fait même, de sa prière.

Il prononce trois fois par jour le « Ecoute Israël »… Il prie avant le repas, bénissant Dieu pour la nourriture. Il récite les psaumes.

En plus de ces temps habituels, il lui arrive de prier à n’importe quel moment, au temple, à la synagogue, ou sur les lieux mêmes de sa mission d’enseignement et de guérison. On sent que sa prière est naturelle et spontanée. Elle jaillit de son cœur.

Il prie parfois avec ses apôtres (Luc 9, 18), avec les 72 disciples (Luc 10, 21) ou encore au milieu de la foule (Jean 11, 41).

Sa prière dure parfois un moment très court, parfois un temps long, par exemple pendant les trois heures de l’agonie pendant lesquelles « il répète les mêmes paroles » (Mat. 26, 40-44). Il prie tantôt le matin, longtemps avant le jour (Marc1, 33), tantôt le soir (Luc 5, 16), parfois même la nuit entière (6, 12), ou les trois quarts de la nuit (Mat. 14, 23-25). Il prie pendant quarante jours au désert (Mat. 4, 2).

Il a une préférence pour les endroits où il peut jouir d’une vraie solitude : à l’écart (Luc 9, 18), dans les lieux déserts (Luc 5, 16), dans la montagne (Luc 6, 12). Il a aussi ses lieux habituels, comme le mont des Oliviers (Luc 22, 39).

Nous pouvons remarquer que son corps participe à la prière : il élève les yeux au ciel avant la multiplication des pains (Marc 6, 41) et après la Cène (Jean 17), à la résurrection de Lazare (Jean 11, 41). Il prend dans ses mains les pains et les poissons. Il est debout (Jean 7,37), à genoux (Luc 22, 41) ou prosterné jusqu’à terre. (Mat. 26, 39).
Cependant Jésus ne prie pas tout le temps. Il fait aussi autre chose. Dans l’Evangile la prière est une activité spéciale. A d’autres moments, il enseigne, il marche, il mange, il parle, il guérit les malades… il dort.

On voit Jésus entrer en prière. Il quitte les gens pour aller prier
(Luc 5, 16). A d’autres moments, il sort de sa prière pour aller vers les hommes (Marc 1,38).

Bref, sa vie est tissée de prière. Ses disciples en sont étonnés et lui disent : « Seigneur, apprends-nous à prier ». (Luc 11, 1)

Remarquons que Jésus, qui était habituellement uni à Dieu, prenait quand même du temps pour prier. Donc distinguons deux choses : être uni à Dieu au long de la journée et prier.

Est-ce que je me réserve du temps pour la prière dans chacune de mes journées, de mes semaines?

Jésus prie particulièrement dans les moments importants.

Les Évangiles le montrent en prière surtout dans les moments qui vont marquer sa vie. Il prie :

* Au début de son ministère ; il demeure au désert pendant 40 jours, jeûnant et priant.

* Aussitôt après, c’est le baptême où on le voit prier (Luc 3, 21).

* Avant le choix des 12 Apôtres (Luc 6, 12)

* Après la multiplication des pains (Mat 14, 23).

* Avant d’établir Pierre chef du collège apostolique (Luc 9, 18 – Mat.16, 18).

* Il prie au moment de la Transfiguration (Luc 9, 28-29).

* Avant d’enseigner le Notre Père (Luc 11)

* Au moment de la Résurrection de Lazare (Jean 11, 41).

* Au cours du dernier repas (Jean 17).

* Au moment de l’agonie (Luc 22, 34-46).

* Enfin sur la Croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat.27, 46) ; « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » (Luc23, 46).

Ce qu’est la prière de Jésus

1) C’est une prière de Fils. Presque toutes ses prières commencent par « PÈRE ». Quand il est seul, il dit « ABBA » qui est le terme familier des enfants (Marc 17, 36). Ce mot exprime un poids infini de confiance et d’amour. Jésus reconnaît qu’il reçoit la vie de son Père du ciel et que ce Père l’aime : « Tu es mon Fils bien-aimé » (Marc 1, 11 et Mat. 17, 5).

2) C’est une prière d’amour. « Je dis ce que le Père m’a enseigné » (Jean 8, 28). "Je ne cherche pas ma volonté mais la volonté de celui qui m'a envoyé" (Jean 5,30 ; 4, 34 ; 6, 38 ; 8, 28-29 ; He 10, 9). Il obéit à son Père jusqu’au bout : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Marc 14, 36).

3) C’est une prière d’adoration et de louange : «Nous adorons ce que nous connaissons » (Jean 4,22). « Je te loue, Père » (Luc 10 ,21). « Je te rends grâce » (Jean 11, 41) Jésus ne peut pas retenir l’immense joie qui le remplit parce qu’il vit sous l’inspiration de l’Esprit Saint.

4)
C’est une prière de demande et d’intercession: Jésus prie pour Pierre (Luc 22, 32), pour ceux qui croiront en Lui (Jean 17, 21). Jésus a prié pour chacun de nous. Il plaide même pour les malheureux qui le condamnent : « Pardonne-leur » (Luc 23, 34).

Il supplie pour lui-même, dans un cri de détresse (He 5,7) « Père, sauve-moi de cette heure » (Jean 12, 27). « Écarte de moi cette coupe » (Marc 14, 36-39), « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27, 46).

5) Il offre sa vie : « Ceci est mon corps livré pour vous » (Luc 22, 19-20). « Entre tes mains, je remets mon esprit » (Luc 23, 46).

Parce que Jésus aime infiniment son Père et parce qu’il apporte le salut aux hommes, sa prière est tout à fait nouvelle. Elle est la seule vraie, la seule valable.

Jésus est le « modèle unique » (Charles de Foucauld).

Notre prière doit essayer de ressembler à la sienne.

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Message par jaimedieu le Jeu 4 Déc 2014 - 17:14

3 - JÉSUS ENSEIGNE LA MANIÈRE DE PRIER

Prier avec les autres

Jésus encourage la prière en commun. « Je vous le déclare, si deux d’entre vous se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé…Car là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux » (Mat. 18, 19-20) Donc la prière en groupe est bonne.

Est-ce qu’il m’arrive
* de prier avec un ami ?
* de prier avec un groupe : partager un passage de la Bible, lire des psaumes, chanter, réciter le rosaire, adorer le Saint Sacrement, faire une révision de vie ?

Prier seul

Jésus aimait prier dans des endroits déserts. Il propose à ses disciples de prendre un temps de prière personnelle prolongée.

« Entre dans ta chambre » (Mat.5, 5-6) Cela veut dire qu’on ne prie pas pour se montrer. L’important est de chercher Dieu seul.

Surtout, entre dans la chambre de ton cœur, prie dans le silence et le calme. On ne s’occupe plus des affaires extérieures. On dit peu de paroles. On prie le Père qui « nous voit dans le secret ». « Il est tellement près que, si bas qu’on lui parle, il entend ». (Ste Thérèse d’Avila)

On écoute le Seigneur et on prend son temps (Luc 10, 38-42). On adore le Seigneur, en esprit et en vérité (Jean 4, 24). Imitons Jésus : prions longuement (Luc 6,12)

C’est ce que nous appelons faire Oraison.

Comment prier ?

* Prier avec un cœur HUMBLE, avec la conscience d’être un pécheur, comme le publicain (Luc 18, 10-14), comme le malfaiteur repenti (Luc 23, 41-43). Si Dieu nous pardonne, à notre tour nous devons être prêt à pardonner aux autres (Mat.5, 24 ; 6,14 ; Marc 11,25)

* Prier LONGUEMENT, sans se décourager (Luc 18, 1-7), chaque jour (Mat.6, 11). Prier en tout temps (Luc 11,36). « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Marc 14,38).

* Avec FOI et CONFIANCE : « Demandez, on vous donnera » (Mat.7, 7-11). « Croyez que vous l’avez reçu » (Marc 11, 24).

* Mais avec SOUMISSION, sans essayer de faire pression. Le Père sait mieux que nous ce qu’il nous faut (Mat.6, 8). Prier comme un enfant : Si tu veux, comme tu veux. Etre toujours content de ce qu’il nous donne.

* L’essentiel est d’avoir FAIM (Jean 4, 34 ; 6,27) et SOIF de Dieu (Jean 7, 37 ; psaume 63).

* Prier AU NOM DE JÉSUS : Par Jésus Christ notre Seigneur. « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l’accordera » (Jean 15, 16 ; 16-23).

Jésus est dans la gloire de Dieu : Il est notre intermédiaire. Il prie en nous par son Esprit. Notre prière est d’autant meilleure qu’elle entre dans la prière de Jésus.

LE NOTRE PÈRE

La plus belle prière est celle que Jésus nous a apprise.

* Notre Père. Toutes les prières de Jésus commencent par le mot Père.

* Que ton Nom soit sanctifié. Le Nom désigne Dieu lui-même. Que tous les hommes te reconnaissent comme leur Père. Jésus, par toutes ses actions – prédications, miracles – avait pour but de faire connaître l’amour du Père : la brebis perdue, le Père miséricordieux (Luc 15).

* Que ton règne vienne. Jésus est venu inaugurer le ROYAUME. Il a dit quelles étaient les dispositions pour y entrer (Mat. 5, 3-11). Il en a donné les signes par les miracles. La Transfiguration l'annonce et sa Résurrection le réalise. L’Eglise continue d’annoncer le règne par l’évangélisation.

* Que ta volonté soit faite. La volonté de Dieu c’est que tous les hommes soient sauvés (1 Tim 2, 4). Jésus a travaillé pour que ce projet du Père se réalise. « Ma nourriture c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre » (Jean 4, 34 ; 8, 29 ; 14, 31 ; 19, 30).

* La première partie du Notre Père, c’est la prière que Jésus adresse au Père et en même temps c'est ce qu’il a vécu La prière n’est pas d’abord une demande pour soi-même, mais une recherche de la gloire de Dieu.

* Cependant, il est normal de demander aussi ce dont nous avons besoin, comme font les enfants avec leur père ; mais il faut demander « les bonnes choses », c’est à dire d’abord les biens spirituels : les dons de l’Esprit, pour nous et pour tous les hommes – les ouvriers pour la moisson – l’éloignement des démons – et même le bien des ennemis (Mat.5, 44).

* Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin. Le pain, l’Évangile en parle souvent, en particulier à la multiplication des pains. Mais il est le signe du vrai pain qu’est l’Eucharistie. Pensons à tous les hommes qui, encore aujourd’hui, en sont privés.

* Pardonne nous nos péchés. A condition d’ajouter que nous sommes prêts, nous aussi, à pardonner à nos frères. Jésus l’a recommandé (Mat.5, 7 ; 6, 44 ; Marc 11,25) et il l’a pratiqué lui-même héroïquement (Luc 23, 34).

* Ne nous soumets pas à la tentation. Ce n’est pas Dieu qui nous tente, c’est le mal qui est en nous, ainsi que Satan, le Mauvais. Nous demandons la grâce et la force de résister au mal et de choisir librement le bien.

* Délivre-nous du mal sous toutes ses formes : maladie, souffrance, tristesse, péché.

Conclusion

Une bonne manière de prier peut être de reprendre lentement les prières mêmes de Jésus.

* Notre Père.
* Je te bénis, Père du ciel et de la terre (Luc 10, 21-22)
* Je te rends grâce parce que tu m’as exaucé (Jean 12, 27)
* Père, sauve-moi de cette heure (Jean 12, 27)
* Qu’ils soient un (Jean 17…)
* Père, s’il est possible, éloigne de moi cette souffrance, cependant que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne. (Luc 22, 42)
* Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Marc 15, 34)
* Père, je remets ma vie entre tes mains (Luc 23, 46).


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Message par jaimedieu le Ven 5 Déc 2014 - 4:19

4 - COMMENT FAIRE ORAISON


Les conseils qui suivent sont utiles pour commencer à faire oraison.
Ceux qui prient depuis longtemps en ont moins besoin.
Le but de l’oraison c’est l’union avec Dieu. Pour cela, il n’y a pas de méthode.

Début de l’oraison

+ Je viens à l’oraison comme à un rendez-vous d’amour, avec confiance. Je prends une attitude commode et stable. Je peux faire un signe de croix, lever les mains, fermer les yeux, etc …

+ Aussitôt, je me mets en présence de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit : « Tu es en moi… O toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur … O mon Dieu, Trinité que j’adore ». Je peux réciter le Notre Père …

+ Je demande à l’Esprit Saint de m’aider à faire oraison. J’essaie d’entrer dans sa grande prière.

+ Je me mets à la disposition de Dieu. Je laisse mes soucis ou je les offre au Seigneur. « Je suis là pour toi, pour que tu sois heureux… Je veux ce que tu veux ».

+ Ce début est important. Il doit durer suffisamment longtemps. Il peut même devenir toute l’oraison.

Milieu de l’oraison


+ Je prends le passage de la Parole de Dieu que j’ai choisi. Je le lis lentement, en m’arrêtant souvent. Je reprends un mot, une phrase qui me touche. Je les répète. Je laisse la Parole de Dieu descendre dans mon cœur. Je la garde aussi longtemps que j’y trouve de la nourriture. Quand j’aurai acquis la pratique de l’oraison, cette méditation de la Parole de Dieu fera place à une écoute silencieuse.

+ Je parle à Dieu de ce qui l’intéresse. Je l’adore, je le loue, je le remercie, je l’aime. Je pense à ce qu’a fait Jésus. Je peux lui dire ce qui fait ma vie, ce qui me tient à cœur, mes difficultés, « Seigneur, aie pitié de moi. Fais en moi ce que tu veux. » Quand ce passage ne me dit plus rien, je lis un peu plus loin.

+ J’accueille avec joie et simplicité ce que me dit l’Esprit Saint. J’essaie de rester en silence dans la foi et l’amour. Être là avec Jésus, cela suffit. Donner à l’Esprit Saint le temps d’imprimer en moi la divine ressemblance, c’est l’essentiel.

+ Mon corps est immobile, mais mon esprit est bien éveillé. Si j’ai des distractions, ce n’est pas grave ; je reviens à Dieu, autant de fois que c’est nécessaire. Si je ne sens rien, si je m’ennuie, je continue de rester avec Dieu, à m’intéresser à lui. Je suis là pour lui, pas pour moi. Parfois, l’oraison est un combat.

Fin de l’oraison

+ Je remercie le Seigneur pour toutes les grâces connues et inconnues qu’il m’a accordées. Quand je prie, même si je ne sens rien, Dieu agit en moi et sauve le monde.

+ Je cherche comment je vais faire la volonté de Dieu aujourd’hui. Je confie à la Sainte Vierge l’Église et tous ceux que j’aime.

+ Je peux terminer par une prière que je connais.

+ Je remets cette oraison telle quelle, sans la juger. Je reste en paix. Je pars à regret, comme on quitte un ami. Mais, en allant vers d’autres occupations, je suis toujours avec Dieu.

Quand on débute dans la pratique de l'oraison, il est important de se servir d'un passage de la Bible. On réfléchit à cette Parole de Dieu qui élève l'esprit. De plus, cela fixe l'attention et permet de revenir quand on s'est éloigné par les distractions.
Plus tard, c'est moins utile. L'important devient la rencontre avec Jésus, avec Dieu présent dans le cœur. A ce moment, on vit l'oraison comme un échange avec notre meilleur ami. Quand deux amoureux vont se rencontrer, est-ce qu'ils préparent leur sujet de conversation ?

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Message par jaimedieu le Sam 6 Déc 2014 - 5:42

5- L’ESPRIT SAINT PRIE EN NOUS

Le Christ prie en nous par son Esprit Saint


Le Christ prie pour nous. « Il est en mesure de sauver d’une manière définitive ceux qui s’approchent de Dieu, puisqu’il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur » (Hé. 7, 25).

Aujourd’hui, sur la terre, sa prière continue à tout moment par l’Eucharistie que célèbrent les prêtres. Et, de leur côté, les fidèles baptisés récitent la prière même de Jésus : Notre Père.

Donc, le Christ n’est pas simplement un modèle à imiter, il est le seul vrai priant.

Mais en remontant au ciel, il a confié à son Esprit Saint la tâche de guider notre prière. « Il dira ce qu’il entendra… Il recevra ce qui est à moi et il vous le communiquera » (Jean 16, 13-14). « L’Esprit Saint vient en aide à notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut » (Rom. 8, 26).

Voyons qui est l’Esprit Saint que Jésus a chargé de nous apprendre à prier.

Qui est l’Esprit Saint ?


L’Écriture emploie plusieurs images pour désigner l’Esprit (en latin spiritus ; en grec : pneuma).

* Le VENT, cette force invisible, insaisissable : « l’Esprit (ou le vent, ou le souffle) de Dieu planait sur les eaux » (Gen. 1, 2).

Jésus dit à Nicodème : « Le vent souffle où il veut, et toi, tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de celui qui est né de l’Esprit » (Jean 3, 8).

Le signe du VENT, veut dire que l’Esprit est immatériel, invisible aux yeux. Il évoque ce qui est intérieur, profond, mystérieux, impossible à expliquer avec des mots. On n’entend pas sa voix. Pourtant, il est bien réel et ses effets sont importants.

* Le SOUFFLE, la respiration, donc la vie : « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie et il devint un être vivant » (Gen. 2, 7). « Tu envoies ton souffle et ils sont créés » (Ps. 104, 30). Il est une personne vivante. Entre le Père et le Fils, il est le Souffle, la Vie. Il est comme la respiration de Dieu. Il opère l'unité entre eux. Il est don, échange, communication.

En nous, il fait entrer le souffle divin. Grâce à lui, nous participons d'une manière admirable à la vie même de Dieu (2 Cor. 3, 6). Il nous introduit dans la communion qui unit le Père et le Fils.

Il fait également le lien, la communion entre nous et nous permet de former l’Église, Corps du Christ. L'Esprit accompagne et soutient chaque homme en tenant compte de sa faiblesse.

* L’EAU. « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi… de son sein couleront des fleuves d’eau vive » (Jean 7, 37-39). Cela rappelle le fleuve du paradis terrestre (Gen.2, 10) et la source qui jaillissait du temple, d’après Ézéchiel (47).

* Le FEU qui éclaire, réchauffe, purifie mais ne détruit pas. Il apporte lumière et réconfort. "Sans le Saint-Esprit, tout est froid" (Le Curé d'Ars).

Dieu apparaît à Moïse dans un feu (Ex.3, 2). Une colonne de feu conduisait les Hébreux (Deut.1, 33). Dieu dit à Jérémie : « Je vais mettre mes paroles dans ta bouche comme un feu » (5, 14).

Jean-Baptiste : « Il vous baptisera dans l’eau et le feu » (Mat.3, 11). A la Pentecôte : « Ils virent apparaître comme des langues de feu » (Act 2, 3).

* L’ONCTION d’HUILE. L’huile pénètre, assouplit. Son empreinte sur une étoffe ne s’efface pas. L’onction servait à consacrer les rois. Au baptême, l’onction indique que l’on est marqué et consacré pour toujours au service de Dieu, comme prêtre, prophète et roi.

* LA COLOMBE blanche est symbole de paix (Gen.8, 11) ; mais aussi de légèreté, de rapidité, de pureté, de sainteté (Mat. 3, 16).

L'Esprit Saint guérit

L'homme est composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Ces trois éléments sont souvent opposés entre eux ; "Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas" (Rom 7,20). Cela explique pourquoi nous sommes tantôt dans la tristesse et le découragement, tantôt dans la paix et le bonheur.

Heureusement nous ne sommes pas seuls. Depuis le baptême nous sommes habités par l'Esprit Saint : "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?" (1Cor 3,16). Il est le médecin, le défenseur, le consolateur (Jean 14, 25-26 ; 15, 26-27 ; 16, 7-15). Il nous redresse, nous convertit, nous fortifie, nous éclaire. Dans ce combat, l'Esprit réconcilie peu à peu et unifie les trois zones, le corps, l'âme et l'esprit. On reconnaît sa présence lorsqu'il pacifie, console, réjouit ; l'homme passe de la lutte et de la tristesse à la paix et à la ferveur.


L'Esprit Saint prie en nous

Dans l'Évangile, nous voyons le Christ louer, remercier, intercéder, offrir : "Père, je Te rends grâce…" (Mat 11, 25). Il est le parfait adorateur du Père. Il n'y a qu'une seule vraie prière, celle du Fils en dialogue perpétuel avec son Père. Au cœur de cet échange, il y a l'Esprit qui porte l'élan du Fils vers le Père et l'élan du Père vers le Fils. Maintenant que Jésus est remonté au ciel, l'Esprit Saint continue son œuvre. Sa mission est de transmettre aux hommes ce qu'il a reçu et de les instruire. "L'Esprit vient en aide à notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut. L'Esprit intercède pour nous en des gémissements ineffables (intraduisibles, incompréhensibles)" (Rom 8, 26).

Comme il est l'Esprit du Fils, sa prière est essentiellement filiale. Elle est l'exclamation de tendresse que l'Esprit fait retentir en nous : "Dieu sa envoyé en nous l'Esprit de son Fils qui s'écrie 'Abba, Père'" (Gal 4, 4-6 ; Rom 8, 14-16).

Ainsi la prière chrétienne n'est pas d'abord l'œuvre de l'homme, mais la prière du Christ agissant par l'Esprit ; donc, en réalité nous n'avons pas à "faire" une prière, mais à rejoindre une prière qui se trouve déjà en nous. Bien sûr, la plupart du temps nous ne sentons rien. Mais il faut croire que l'Esprit Saint est là.

Donc, faire oraison c'est descendre dans notre cœur et laisser l'Esprit Saint nous élever vers Jésus et, par Lui, vers le Père. Également, c'est demander à l'Esprit Saint de nous remplir d'amour.

Telle est l'extraordinaire valeur de la prière, même la plus sèche : c'est celle de la Trinité en nous, avec nous. Il suffit de donner son consentement à l'Esprit Saint ; c'est le "Je veux ce que Tu veux". L'oraison n'est pas la prière de l'homme seul, elle est l'œuvre de l'Esprit de Dieu uni à l'esprit de l'homme qui apprend peu à peu à entrer dans le dialogue divin.


Nous devenons des "hommes nouveaux"

L'Esprit agit dans le centre profond et secret de notre âme. Il nous révèle des profondeurs que nous ne soupçonnions pas. Il fait de nous "l'homme nouveau" (Éph 4, 26 ; Col 3, 10), c'est-à-dire l'homme qui partage la vie de la Sainte Trinité : "Quiconque est en Christ est une créature nouvelle" (2Cor 5, 17 ; Gal 6, 15). Saint Grégoire de Nysse précise : "Saint Paul appelle créature nouvelle "l'habitation du Saint-Esprit dans un cœur pur, indemne du mal".

Dès maintenant, l'Esprit Saint nous introduit dans le domaine divin. En nous le Père engendre le Fils ; en nous le Père et le Fils s'aiment infiniment, et leur amour mutuel, c'est l'Esprit Saint. Au ciel, nous comprendrons en pleine lumière comment nous sommes associés à la vie même des Personnes divines. Actuellement, cet échange mystérieux se passe en général au-delà de toute compréhension. Mais nous faisons confiance à l'Esprit Saint qui nous permet de vivre dès maintenant en enfants de Dieu, par la foi.


Par l'oraison l'Esprit nous fait progresser

L'Esprit Saint agit plus fortement pendant l'oraison, parce que nous sommes alors branchés sur la source et totalement disponibles. Nous collaborons avec Lui et le résultat est meilleur. Comme la cire chauffée devient malléable, nous nous laissons pétrir par la main de l'artiste divin. Il imprime peu à peu en nous l'image du Christ. Nous ressemblons chaque jour un peu plus au modèle. Il rend l'âme lumineuse et aimante, comme Lui, dans la mesure de notre docilité. Lui qui est l'Esprit Saint, il nous sanctifie. Nous n'avons rien d'autre à faire que de nous laisser transformer.
Au début de toute prière, et spécialement de l'oraison, il faut faire silence, essayer de renoncer à nos pensées. J'entre dans la "chambre de mon cœur". Je ferme la porte aux bruits extérieurs et intérieurs. J'appelle l'Esprit Saint. Je lui demande ses lumières. Invoquons l'Esprit Saint souvent, chaque jour, spécialement avant toute action importante, au début des réunions. Nous ne pouvons rien faire de bien sans Lui. Prions-Le avec Marie qui a reçu l'Esprit Saint en plénitude.

L'oraison est une école de progrès. Lorsque nous prions, Dieu nous accorde toujours une grâce. Cette grâce demeure en nous. C'est pourquoi nous commençons chaque oraison au point où nous étions à la fin de l'oraison précédente. Donc nous avançons de jour en jour, même si nous n'en avons pas conscience. Cette croissance est de plus en plus rapide, et pourtant jamais terminée, car Dieu est infini. La prière du Christ en nous est comme la semence de la parabole qui est appelée à devenir un grand arbre (Mat 13, 3).

Mais tout cela est secret, caché : "Il en est du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a jeté du grain en terre. Qu'il dorme ou qu'il se lève, la nuit ou le jour, la semence germe et grandit ; il ne sait pas comment" (Marc 4, 26-27).


Comment vivre dans l'Esprit ?

- L'Esprit est l'Ami, le conseiller intérieur. Est-ce que je Le prie souvent ? Est-ce que je Lui demande ses lumières ?
- L'Esprit me parle de beaucoup de manières : passage de la Bible, parole d'un frère, événement important, conseil d'une personne sage… Tout cela vient de Lui. Est-ce que je L'écoute suffisamment ? Sa parole est faible, discrète. Je dois être très attentif. Pour entendre "radio Saint-Esprit", il faut fermer les autres radios. Il faut s'habituer à faire le silence en soi. Réfléchir. Écouter Dieu.
- Est-ce que je suis souple, docile, prêt à faire ce qu'Il me dit ?
- Est-ce que je cultive en moi les "fruits de l'Esprit" : joie, paix, patience, amabilité, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi" (Gal 5, 22-23) ? Plus je développerai ces qualités, plus l'Esprit Saint aura facilité pour me transformer et faire grandir en moi le cœur nouveau (Éz 36, 26).


"L'Esprit est notre ami, notre lumière,
flamme amie qui nous consume.
Notre joie est de le sentir en nous
et de nous sentir en Lui,
si profondément, si intimement
que désormais rien ne pourra nous séparer"

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Message par jaimedieu le Dim 7 Déc 2014 - 4:59

6– RENCONTRER DIEU
C'est la clé de l'oraison


Dieu a créé l’homme à son image (Gen. 1, 26). Donc malgré l’infini qui nous sépare, il existe une ressemblance entre Dieu et nous. Nous sommes réellement ses fils et filles. C’est pour cela que Dieu est amoureux de nous.

Dieu est tout proche. En nous, il y a le Père, le Fils et le Saint- Esprit. « Si Quelqu’un m’aime, il observera mes commandements. Mon Père l’aimera. Nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14, 23) – « Demeurez en moi comme je demeure en vous » (Jean15, 4) – « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu et que le Saint-Esprit habite en vous » (1 Cor.3, 16).

Dieu se plaît dans notre pauvre maison qu’il illumine par sa présence. C’est la Trinité qui fait notre valeur. Nous sommes le lieu de l’échange entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Si nous accueillons Dieu chez nous, il se trouve bien dans notre cœur : « O toi, qui es chez toi dans le fond de mon cœur » dit un hymne Tamoul. La vie future est déjà commencée. L’habitation de la Trinité bienheureuse annonce dès maintenant la gloire du ciel.

Dieu fait partie de moi. Il est « plus présent à moi que moi-même » (Saint Augustin). En moi, il y a d’abord Dieu ! Dieu éclaire l’homme de l’intérieur, comme un soleil. Il lui donne une grandeur infinie. Même dans le pire criminel, tout au fond de lui, il y a cette image de Dieu, comme un diamant qui ne demande qu’à briller.

On voit par là que Dieu est en nous comme un être personnel, non comme une force aveugle, sans nom et sans visage – le grand Tout, le divin de certaines religions. Nous sommes unis, mais sans confusion, sans mélange.

Je peux lui parler, lui dire « Tu ». Il m’entend, il m’aime. Il veut mon bonheur.

Donc Dieu frappe à ma porte. « Dieu est présent partout où l’homme lui permet d’entrer » dit un axiome juif. Mais l’homme est libre. Il peut refuser à Dieu l’entrée de son cœur, se repliant sur lui-même et sa misère. Dieu ne veut pas s’imposer. Si on lui ferme la porte, il n’insiste pas. Il reste dehors. Il pleure, comme Jésus sur Jérusalem.

« Dieu est là et je ne le savais pas », dit Jacob en parlant du lieu où Dieu lui était apparu en songe (Gen. 28). Nous pourrions en dire autant. Comment avons-nous pu vivre si longtemps en ignorant cette présence divine en nous ? « Tard, je t’ai aimée, ô beauté divine, si ancienne et si nouvelle… tu étais au-dedans de moi, et j’étais, moi, en dehors de moi-même… Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi » Saint Augustin.

Le Seigneur est patient. Il attend le moment favorable pour se révéler. N’avons-nous jamais constaté en nous telle pensée née comme ça, spontanément ? D’où venait-elle, sinon de celui qui sans cesse nous regarde et nous attire vers Lui. Il est la source de nos élans, de nos générosités. Mais sommes-nous vraiment attentifs ? Avons-nous suffisamment soif ? Ne sommes-nous pas des aveugles ? Dieu n’est pas loin, caché dans notre cœur profond. C’est à nous de le chercher.

Cette présence est offerte à tous, mais ses effets varient beaucoup suivant l’accueil, le désir de chacun. Chez ceux qui sont très fidèles à la grâce et à la prière, le sentiment de la présence de Dieu peut devenir permanent, comme un bonheur très doux. A d’autres moments, c’est la nuit, la souffrance, mais par la foi l’âme sait bien que Dieu est toujours là.

On ne comprend rien à l’homme si on commence par nier Dieu. Faire le silence sur Dieu c’est mutiler l’homme. C’est seulement par le mystère de Dieu que le mystère de l’homme trouve sa réponse. « Annoncer à chaque homme qu’il est une image de Dieu, alors qu’il ne le sait pas … lui révéler cette vie divine dont il est porteur, il n’y a rien qu’on puisse offrir de plus grand. C’est le trésor le plus fabuleux » Daniel-Ange.


Conséquence pratique : Tu es là, merci !

Le point de départ de toute prière, c’est la certitude que Dieu est en moi. Donc, dés le début de l’oraison, sans perdre de temps, je me mets en présence de Dieu par un « vigoureux acte de foi » (Sainte Thérèse). J’entre dans mon cœur, je m’expose à l’amour de Dieu, comme on met un drap au soleil. Je me mets à la disposition de Dieu.

« Seigneur, je suis là pour toi. Je veux ce que tu veux de cette oraison ». Je demande à l’Esprit Saint de m’éclairer et m’aider à prier. Je glisse ma prière dans la sienne. Je peux chanter un refrain au Saint-Esprit…

Ce début est très important. Tant qu’on n’a pas cherché à rencontrer Dieu, on n’a pas fait oraison. Cette mise en présence de Dieu peut avec le temps prendre de plus en plus de place, jusqu’à, pour certains, devenir toute l’oraison.


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Message par jaimedieu le Lun 8 Déc 2014 - 5:27

7 – PARLER ET ÉCOUTER

Parler

Quand on rencontre un ami, on lui demande si tout va bien, on s’informe de ses nouvelles. On s’intéresse à sa famille. C’est seulement après que l’on peut dire ce qui nous concerne.

Dans le Notre Père Jésus nous apprend à souhaiter d’abord la gloire de Dieu. Ensuite nous pensons à nous et nous exposons nos besoins.

De même, dans l’oraison essayons de parler à Dieu de ce qui l’intéresse, de son bonheur dans la Trinité, de son grand projet quand il a créé le monde. Parmi les hommes, il a choisi un peuple et il lui a envoyé un Sauveur. La Bible contient tout le message de Dieu. Nous pouvons le méditer. Nous pouvons aussi lui parler de ce qui fait la vie de ses enfants, les hommes d’aujourd’hui.

Ensuite nous pouvons dire au Seigneur nos joies, nos problèmes, nos souffrances, nos besoins spirituels, surtout demandons l’Esprit Saint et ses dons : ce sont les « bonnes choses » (Mat. 7, 11 ; Luc 11, 13) que nous sommes sûrs de recevoir.

Dieu s’intéresse à nous parce que nous sommes ses enfants. Tout ce qui nous concerne le touche. Nous lui parlons de ceux que nous aimons, de notre communauté, de notre pays, de l’actualité, des événements joyeux ou tristes. Jeanne (14 ans) : «Je récite d'abord mes prières. Après, je "cause" avec Dieu».

Avec Dieu on ne s’ennuie pas. Prenons un texte de l’Évangile, il peut nous servir de support et nous aider pendant le temps de prière.

Quel que soit le sujet de notre entretien avec le Seigneur, que notre idée soit précise. Évitons de rêver ou de ne penser à rien. Si nous nous ennuyons, offrons cette épreuve à Jésus.

Cette forme d’oraison-méditation ne convient pas à tous. Sainte Thérèse d’Avila reconnaît que certains ont du mal à entrer dans l’oraison mentale. A chacun de prier comme cela lui convient.

La prière qui sort de l’homme est bonne. Elle est faite avec l’aide du Saint-Esprit, car personne ne peut dire « Jésus est Seigneur si ce n’est par l’Esprit Saint » (1Cor. 12, 3) Cependant elle ne suffit pas.

Dieu nous parle

Dieu, lui aussi, a des choses à nous dire. C’est pour lui que nous sommes là. Essayons d’arrêter notre bavardage. Écouter, faire silence est le signe d’un progrès dans l’oraison. Il faut beaucoup de temps pour y arriver. Mais c’est vers cela que l’on doit tendre.

Dans la Bible, depuis la Genèse, Dieu s’adresse à l’homme, par de multiples interventions, comme dans la manifestation du Buisson ardent. Afin d’être plus accessible encore, le Père envoie son Fils, qui est la Parole Éternelle. Jésus est venu et il a parlé le langage des hommes.

Aujourd’hui Jésus nous parle encore dans les événements de chaque jour ; il nous parle par nos frères : telle réflexion, tel geste d’amitié ou de pardon. Et dans notre âme l’Esprit Saint nous suggère de bonnes pensées. Dans la prière intérieure Dieu invente chaque jour une oraison imprévisible. C’est lui qui conduit l’oraison.

À nous de l’écouter

À l’Annonciation, Marie se tient disponible, comme au repos, pour accueillir le message de l’Ange. Voyons encore Jésus et la Samaritaine, Marie, sœur de Marthe, assise aux pieds de Jésus, les disciples d’Emmaüs, Marie et les apôtres à la Pentecôte. L’Évangile est rempli de récits montrant comment il convient d’accueillir la Parole de Dieu.

À nous d’ouvrir l’oreille. L’homme sait qu’un Autre entre en lui. « Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre, j’entrerai chez lui. Je dînerai avec lui et lui avec moi» (Apoc. 3, 20).

Dans l’oraison, l’homme n’a rien à fabriquer. Il essaie d’être disponible, attentif. « Seigneur, parle, ton serviteur «écoute. » (1Sam. 3, 10) Il n’est pas inactif, il réagit. Mais il veille autant que possible, à laisser à Dieu l’initiative.

« Mes brebis écoutent ma voix. Moi je les connais. Elles me suivent. » (Jean 10, 27).

Pourquoi vouloir expliquer ce que je pense à Celui qui sait tout ? (Ps 139, 1-2).

Écouter ne veut pas dire se taire complètement. Dans l’oraison, il y a de temps en temps une parole de remerciement, une lumière, une demande. Le pape Jean XXIII témoigne : « Je parle à Dieu, oh tout humblement, tout simplement ». Il ajoute : « Souvent alors un mot m’est donné ».

Écouter Dieu demande que nous imposions silence aux bruits qui sont en nous. Il faut écarter les pensées inutiles. D’autres sont bonnes (une joie, une peine) : mais il ne convient pas de s’y attarder : on dit merci au Seigneur, ou bien on lui offre cette souffrance et puis c’est fini.

Le but de l’oraison c’est Dieu lui-même, c’est Jésus. Quand on a Dieu, on a tout. « Solo Dios basta - Dieu seul suffit ». (Ste Thérèse d’Avila).

Être heureux avec Jésus

Écouter c’est donner toute la place à Dieu, se tenir tranquille, se laisser faire « comme une toile en attente devant un peintre » (Ste Marguerite-Marie).

Dieu a un grand travail à faire. Il veut transformer notre cœur enténébré en un « cœur nouveau », converti, sauvé. Laissons-le agir. Lui seul peut réaliser ce travail. Nous ne sommes capable de rien.

Alors que faut-il faire ? Être heureux de rester avec Jésus. « Je ne lui dis rien, je l’aime » (Ste Thérèse) « Je suis à mon Bien-Aimé et mon Bien-Aimé est à moi» (Cant. 6, 3) « Je le regarde et il me regarde » disait un paysan au Curé d’Ars.

L’oraison tend à devenir seulement une attention amoureuse, « un très unique regard et une très simple vue de Dieu, sans discours ni raisonnement ni multiplicité de prières ». (St Jean Eudes)

« Le progrès de l'âme ne consiste pas à beaucoup penser mais à beaucoup aimer », dit Ste Thérèse d’Avila. Elle ajoute que si tout le monde n’est pas capable de méditer, « toutes les âmes sont douées pour aimer ».

« Allume ma lampe à ta propre lumière … Alors, dans mon cœur je ne verrai plus que toi seul… Remplis-nous de ton amour jusqu’au plus intime de nous-mêmes » (Saint Colomban).

Demandons à l’Esprit Saint de développer en nous cette attention aux choses d’en haut. Quand nous sommes présents à Dieu, nous fixons sur Lui notre regard et nous sommes prêts à recevoir la parole ou la lumière qu’il veut nous accorder.

Il y a des jours où l’oraison est facile. On n’éprouve pas le besoin de réfléchir sur un texte. Mais parfois, l’oraison est aride et pénible. On a du mal à trouver Dieu et on n’a rien à lui dire. Dans ce cas, il faut revenir à la méditation de l’Évangile, répéter des mots, faire des invocations et lui offrir avec amour ce temps d’oraison. On se situe avec Dieu avec la simplicité d’un enfant serré contre sa mère.

Les deux parties de cet enseignement (Parler et Écouter) correspondent assez bien aux deux périodes de la vie d’oraison.

Ceux qui commencent à prier ont besoin de parler à Dieu. On leur recommande de préparer leur oraison, afin de ne pas rester dans le vague. Certains choisissent la veille le texte sur lequel ils réfléchiront. Leur oraison ressemble à une méditation, à la différence qu’elle n’est pas seulement une réflexion, ils parlent à Dieu. C’est un travail. L’oraison des débutants est surtout active. Elle est une parole de l’homme adressée à Dieu. Et elle restera ainsi encore longtemps.

Plus tard, c’est le contraire. Dieu devient l’acteur principal. Ceux qui ont une grande expérience de la prière savent que l’Esprit Saint agit en eux et que la vraie prière c’est la sienne. Ils essaient donc de lui laisser toute la place, afin qu’il puisse transformer leur âme et l’enrichir de ses dons divins. Leur oraison devient contemplative, avec peu de paroles, ou même pas du tout. C'est un amour silencieux.

Pour St Jean de la Croix, trois signes indiquent qu'il convient de laisser de côté la méditation :

- "premièrement: l'impossibilité de méditer et de discourir avec l'imagination, l'absence de goût et la sécheresse empêchant de s'y appliquer et d'y trouver de la saveur…

- deuxièmement : n'avoir aucun désir d'appliquer son imagination et ses sens aux objets extérieurs. Je ne parle pas des divagations involontaires de l'imagination (ce que nous appelons distractions)

- troisièmement, voici le plus certain : l'attrait pour rester en solitude, en attention amoureuse à Dieu, sans considérations particulières, en paix intime… en repos… sans que l'intelligence se porte vers une chose particulière." (Montée du Carmel – L 2 Ch 13)


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Message par jaimedieu le Mar 9 Déc 2014 - 4:44

8 - VOULOIR CE QUE DIEU VEUT


« Je fais toujours ce qui lui plaît » (Jn 8, 29)

Quand je fais oraison, après la mise en présence de Dieu et après le dialogue avec le Seigneur, il me reste à lui prouver que je l’aime vraiment. Pour cela, je dois me mettre à sa disposition et aligner ma volonté sur la sienne.

En choisissant un peuple parmi les autres, Dieu s’engageait à lui donner une terre et à le protéger. En retour le peuple juif devait observer la Loi contenue dans les cinq premiers livres de la Bible et il y trouvait son bonheur, comme le chante le psaume 119.

Malheureusement Israël sera souvent infidèle à ses engagements. Dieu lui pardonnera, lui annoncera un Messie Sauveur. Jésus sera le parfait Fils de Dieu, celui qui obéit comme jamais Israël n’avait su le faire.

La volonté de son Père sera son unique programme. « Je ne fais rien de moi-même… Je fais toujours ce qui lui plaît » (Jean 8, 28-29), « Obéissant jusqu’à la mort » (Phil. 2, 8), au moment de l’agonie il répète : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Mat. 26, 39). Son attitude se résume en deux mots : « Oui, Père » (Mat.11, 25).

A ses disciples de faire de même : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Luc 8, 21). Il faut « renoncer à tout » (Mat.16, 24), « porter sa croix » (Luc 14, 27), donc participer à la passion de Jésus, pour avoir aussi part à sa résurrection. « Là où je suis, vous serez vous aussi » (Jean 14, 3). « Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour » (Jean 15, 10).


Vouloir que Dieu soit heureux

Donc toute vie doit être orientée vers le service de Dieu. C’est vrai en particulier pour le temps de l’oraison. On n’est pas là pour goûter quelque chose et nous contenter. Le but de l’oraison est de donner du bonheur à Dieu.

S’il arrive que nous éprouvions une joie, une douceur, tant mieux. Dieu accorde ses dons comme il veut. Mais nous ne faisons pas oraison pour chercher notre avantage. Et si, au contraire, nous ressentons une souffrance, ou un vide, peu importe, nous continuons à prier quand même.

« Occupe-toi de moi, je m’occuperai de toi », dit le Seigneur à Sainte Angèle de Foligno – « Grande est la différence entre celui qui vient au festin pour le festin, et celui qui vient au festin pour le Bien-Aimé », dit un spirituel musulman.

Notre prière sera toujours bonne si nous essayons de faire plaisir au Seigneur. Essayons de lui dire « Oui » et de vouloir de toutes nos forces ce que lui, au fond de nous, il veut.

«Nous devons souhaiter avoir la prière que Dieu nous donne, et non une autre : une prière distraite, une prière de désolation ou une prière heureuse. Nous devons tout prendre comme cela vient. Car notre union à Dieu consiste à faire et à accepter sa volonté, moment par moment, tout au long de la journée. Rien d'autre importe.» Don John Chapman.


Être totalement disponible


Après l’oraison, il s’agit de soumettre notre vie à Dieu. Ne pas dire : « Je voudrais ceci ou cela. Mais, comme Saul, le jour de sa conversion : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » (Actes 22, 10).

Dieu attend notre démission. Être prêt à recevoir ce qu’il nous donne, à faire ce qu’il veut, à ne pas faire ce qu’il ne veut pas. Saint Ignace appelle cela « l’indifférence » : « De sorte que nous ne cherchions pas plus la santé que la maladie, que nous ne préférions la richesse à la pauvreté, l’honneur au mépris, ni une longue vie à une vie brève ».

Quand un imprévu se présente, je le reçois de la main du Seigneur et je m’adapte. Quand je quitte une occupation qui me plaît pour une autre plus pénible, je l’accepte sans me plaindre.

Quand un travail est fini, je tâche de ne plus y penser. J’offre tout au Seigneur, ce qui a réussi et ce qui a été difficile, en essayant de ne pas me réjouir dans le premier cas ni de m’attrister dans le second. Je dis merci pour tout et je passe à l’occupation suivante sans revenir en arrière. Je veille ainsi à ne pas perdre de temps et à mettre Dieu au centre de ma pensée.

Maria a le sens de l’organisation. Elle aime prévoir les choses à l’avance. Mais depuis qu’elle a créé une communauté de personnes vivant sous le même toit, elle a de nombreux soucis, financiers et autres. « J’ai fait un contrat avec Jésus. Je lui ai demandé de me conduire heure par heure. »

Faire la volonté de Dieu, heure par heure, est un chemin de sainteté pour tous Ainsi l’oraison me convertit. Elle supprime les obstacles, les attachements, les défauts. Elle purifie, elle mène de la mort à la vie. Elle est un moment de vérité face à Dieu.

L’oraison nous aide à dépasser nos soucis et nous donne la paix. Elle permet d’aimer de manière égale tous ceux qui nous entourent. Elle nous évite de commettre beaucoup d’erreurs.

Le Christ s’est fait semblable aux pécheurs et a souffert pour eux. En méditant la Passion, nous participons à ses souffrances et nous sommes vainqueurs du péché en nous et dans les autres. « Quiconque perd sa vie à cause de moi, la sauve » (Mat. 16, 25).

Donc le principal fruit de l’oraison est la transformation de notre volonté, jusqu’à ce qu’elle ne fasse plus qu’un avec celle de Jésus.

A la fin de chaque oraison, je peux me demander : « Aujourd’hui, sur tel point particulier, comment est-ce que je vais changer pour faire ce que Dieu me demande ? »

Choisir vraiment Dieu

Vouloir ce que Dieu veut, c’est très difficile. Jésus est exigeant : « Qui n’est pas avec moi, est contre moi » (Luc 11, 23) ; « Si quelqu’un ne renonce pas à tout ce qui lui appartient, il ne peut pas être mon disciple » (Luc 14, 33). Il s’agit en fait de mourir à soi-même et au monde.

En principe nous avons décidé de servir Dieu ; mais dans la réalité nous gardons toujours quelque chose pour nous. Nous sommes divisés. Le choix de Dieu ne se fait pas en une fois. Il est l’affaire de toute une vie.

Saint Ignace avait réuni quelques compagnons, parmi lesquels était François-Xavier, le futur apôtre de l’Inde et du Japon. Xavier, intelligent, hésitait à laisser ses études. Alors Ignace lui rappelait : « Que sert à l’homme de gagner le monde s’il vient à perdre sa propre vie? » (Matt 16, 26).

L’oraison nous centre sur Jésus, sur Dieu. Elle nous demande de renoncer non seulement aux distractions, mais à nos idées les plus chères, à nos habitudes, à nos attachements, à nos péchés. L’oraison aide à choisir Dieu qui est la seule vraie richesse. Qui a Dieu a tout. Qui n’a pas Dieu n’a rien.

Vouloir ce que Dieu veut est l’aboutissement, le plus beau fruit de l’oraison.

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Message par jaimedieu le Mer 10 Déc 2014 - 5:28

9 - LE CORPS ET LA PRIÈRE


Dieu a fait notre corps. « Nous devons aimer notre corps parce que Dieu nous aime, corps et âme » (Saint Thomas d’Aquin). Jésus a eu un corps semblable au nôtre. Le corps est la demeure des trois Personnes divines. Un jour, il ressuscitera. Le corps est le moyen de communiquer avec les autres. Pour être en communion avec les autres, il faut l’être avec soi-même.

Quand on prie, c’est l’homme tout entier qui prie, corps et âme. Le corps exprime l’attitude intérieure de prière et la renforce. La prière du corps est utile, spécialement quand on a du mal à prier : se mettre à genoux ou faire un signe de Croix, c’est déjà une manière de prier.

La respiration

Avant l’oraison, je reviens au calme, je prends du recul par rapport aux événements ou actions que je viens de vivre : j’existe. Qu’est-ce que je vais faire ?

Je vais à l’oraison. Bien s’asseoir, tronc droit, yeux baissés. Faire quelques respirations profondes. Suivre par la pensée l’air qui entre en moi, puis l’air qui sort. Exercice d’apaisement, de recueillement, d’intériorisation. Respirer ainsi consciemment de temps en temps aide à vivre le présent dans la paix.

L’air que je respire est insaisissable ; en même temps il est source de vie. De même Dieu. L’air me fait penser à Dieu.

 L’inspiration, c’est l’accueil de la vie. L’air est un don de Dieu.
 L’expiration consiste à se désencombrer pour accueillir : signe d’une disponibilité. Je m’offre à Dieu ; l’Esprit me vide de moi-même, me purifie.


Le poète persan Saadi de Chiraz suggère le sens de la respiration :

« Chaque respiration contient deux bénédictions :
La vie est donnée dans l’inspiration.
La mort est rejetée par l’expiration.
Remerciez Dieu deux fois à chaque respiration ».

Je peux également mettre une parole sur l’inspir et une parole sur l’expir. Par exemple :

Jésus Sauveur
Viens en moi Je vais vers Toi
Sanctifie moi Purifie-moi
Viens à mon aide Prends pitié de moi
Merci Je t’aime.

Chacun invente ses formules. On répète ces paroles plusieurs fois. Ensuite on prend une parole de l’Écriture.

En dehors de l’oraison (déplacement, travail), je peux pratiquer de temps en temps cet exercice.

L’immobilité

Une certaine immobilité pendant l’oraison révèle une grande attention à Dieu. Elle est aussi le signe d’une maîtrise de soi : Seigneur, je suis à Toi, je t’écoute.

Quand on dit que le corps est immobile, il faut appliquer cette règle avec souplesse. Il faut rester humain. Il ne s’agit pas de transformer le corps en statue, au prix d’un effort qui détournerait de l’attention à Dieu. L’important c’est de quitter l’agitation. On s’intéresse à la présence de Dieu et à ce qu’il réalise dans l’âme.


Le mouvement

La pratique de l’oraison suppose une existence équilibrée. La vie est faite d’alternance entre repos et activité physique. Puisque l’oraison demande une immobilité prolongée, il est nécessaire qu’à d’autres moments le corps ait sa part de détente.

Les différents exercices du corps sont excellents, du moins pour les personnes qui le peuvent : travaux manuels, marche, course, sport, mouvements rythmés, ainsi que les danses sacrées juives, indiennes ou chinoises. L’Orient a une longue expérience dans ce domaine.

Les attitudes du corps

Toutes les attitudes pendant la prière sont bonnes : par exemple, que l’on soit assis, à genoux, prosterné, couché etc…

La marche et la danse ont aussi leur valeur. Chaque attitude ou geste évoque un sentiment intérieur. Ce qui compte, c’est de les vivre consciemment. Pourquoi est-ce que je suis debout ? ou assis ? Pourquoi est-ce que je marche ? Par là, qu’est-ce que je veux dire à Dieu ?

Dans chaque position, l’essentiel est d’être à l’aise : prendre une position où l’on puisse durer, sans être distrait ou gêné. Quand une attitude fatigue, on peut changer. Chacun se met comme il l’entend, sauf bien sûr, dans les offices liturgiques.

L’attitude debout

Elle exprime à la fois le respect devant Dieu et l’élan du cœur vers Lui. Nous tendons vers Dieu. Elle signifie également la vigilance, l’écoute. « Restez debout comme des serviteurs » (Luc 12, 35). Les bras, le long du corps disent la disponibilité : Seigneur, je suis prêt à faire ta volonté.

Elle rappelle encore la résurrection de Jésus, relevé d’entre les morts. Se tenir droit montre que nous sommes vivants, physiquement et spirituellement.

La position des bras


On peut rapprocher les mains en un geste d’offrande. Lever les mains a plusieurs significations : Ce peut être la louange, la supplication : « Je te bénirai ma vie durant et à ton nom je lèverai les mains » (Ps.63, 5-6) ; « Levez-vous et bénissez Yahwé votre Dieu ». Et, « tout le peuple, mains levées, répondit « amen ». Puis ils s’inclinèrent » (Neh 9, 5).

L’inclination


Elle indique la « crainte de Dieu », le respect, la vénération. C’est ce que l’on fait devant le Saint-Sacrement. A ce geste, se rattache la génuflexion dont la pratique est traditionnelle : « Je fléchis les genoux devant le Père » (Eph. 3, 14).

A genoux

Cette position signifie l’humilité, la supplication ou le repentir : on est comme le mendiant qui n’a rien.

Assis

La position la plus courante, parce que la plus stable est la station assise. Le dos est droit au départ. Le corps est en équilibre, les épaules sont tombantes. Les mains sont posées sur les genoux ou bien les paumes sont tournées vers le haut.

« Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole » (Luc 10, 34). C’est l’écoute, le repos près de Dieu, l’émerveillement de celui qui attend tout de son Père. C’est aussi la demande : « Seigneur, écoute mon appel » (Ps.130, 2).

Assis sur les talons


La variante moderne est le petit banc qui permet une meilleure circulation du sang.

Le prosternement

Abraham se prosterne à Mambré (Gen.18). Moïse tombe à genoux sur le sol et se prosterne (Ex.3, 48). « Prosterne-toi devant Lui » (Ps.45, 12) - (Néhémie 8, 1-12).

L’homme s’agenouille puis s’incline jusqu’à ce que le front touche le sol : les mains sont posées sur la terre. Le prosternement est un geste très fort de tout le corps, l’adoration du Dieu caché, indicible. L’homme, fasciné par la grandeur de Dieu, dit tout son respect, sa vénération, reconnaît sa petitesse. Par son abaissement jusqu’à terre, il exprime aussi la crainte de Dieu et sa condition de pécheur.

On peut encore mentionner la grande prostration qui se pratique lors des ordinations sacerdotales et des engagements des religieux. Le sujet s’étend de tout son long, exprimant le désir de mourir pour renaître à une vie nouvelle.

Le regard

Les yeux levés vers le ciel (Jean 11, 41 et 17,1) signifient le contact avec Dieu, la louange, la confiance. Fermés, les yeux montrent le recueillement, l’intériorité. Fixés sur le crucifix, une icône, l’hostie… les yeux expriment la force du désir, l’attachement du cœur ou le besoin de partager la croix du Christ.


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Message par jaimedieu le Jeu 11 Déc 2014 - 4:56

10 -LES CONDITIONS FAVORABLES À L’ ORAISON

« Quant du veux prier, entre dans ta chambre la plus retirée, ferme la porte… » (Mat 6, 6).

Le lieu

Avoir un endroit spécial pour la prière est bien. Un objet religieux facilite la prière : crucifix, statue, image, bougie, tapis…

Un catéchiste du Tchad a suivi l’école d’oraison. Maintenant, il fait oraison chaque jour. Pour cela il s’assoit derrière sa case. Pendant ce temps, les enfants jouent de l’autre côté.

Le moment

Il faut choisir le meilleur moment de la journée. Pour plusieurs, ce qui leur convient, c’est le matin ; après le repos de la nuit, on est en forme.

D’autres préfèrent le soir : après le travail, ils aiment se retrouver longuement auprès du Seigneur et faire en même temps le bilan de la journée pour remercier et demander pardon. Quelques-uns profitent de la coupure du milieu du jour, après le repas. A chacun de voir ce qui lui convient. De toute manière, il faut choisir un moment où l’on pourra trouver du silence.

La durée

Combien de temps dure l’oraison ? C’est à chacun de fixer le temps. Pour débuter, dix ou quinze minutes…Pour un jeune, pour un père ou une mère de famille très occupés, cela peut suffire. Au début, commencer avec un objectif raisonnable, modeste mais essayer de s’y tenir fidèlement chaque jour.

Plus tard, quand on sera bien à l’aise dans l’oraison, on pourra passer à vingt minutes. L’idéal pour un laïc, c’est une demi-heure.

Bien sûr, s’il y a une urgence (quelqu’un est malade…) il faut y aller tout de suite : c’est prioritaire. On peut soit raccourcir l’oraison , soit la reporter à un autre moment, ou même la supprimer pour une fois.

Ceux qui ont des insomnies peuvent très bien prier la nuit. Au lieu de perdre leur temps en pensant à des choses inutiles, ils peuvent dire du chapelet ou faire oraison. « La nuit mon âme te désire et mon esprit au fond de moi me guette dès l’aurore » (Isaï 26, 9).

Une maman qui se trouve seule avec de nombreux enfants à nourrir est débordée de travail. Pour elle, faire des invocations en allant et venant (Gloire à Dieu… Prends pitié… Merci Seigneur… Je t’aime…) c’est déjà beaucoup.

Cependant qu’elle essaie de trouver un quart d’heure de calme, utile pour le repos à la fois de son corps et de son âme. Cette simple prière du cœur est grande aux yeux du Seigneur.

Quant aux religieux, religieuses et prêtres, il doivent essayer de faire chaque jour au moins une heure d’oraison. Prier pour ceux dont ils s’occupent fait partie de leur vocation. Ce n’est pas du temps enlevé aux activités de leur ministère, mais le cœur même de ce ministère, ce qui donne valeur à tout le reste.

Un maître spirituel, le père Caffarel disait même – en s’appuyant sur une tradition que certains ordres ont conservée - que les prêtres devraient prendre deux heures, soit une heure le matin et une heure le soir… A chacun de juger quelles sont ses possibilités réelles.

Donner du temps à l’oraison est un choix

Plus on est surchargé, plus il est nécessaire de s’arrêter pour faire le point.

Il faut du temps pour quitter les préoccupations et les images qui encombrent l’esprit. C’est pourquoi l’expérience montre qu’une demi-heure, ce n’est pas suffisant pour atteindre vraiment Dieu. Il est nécessaire, si l’on peut, d’y consacrer une heure.

Mais il ne faut pas brûler les étapes. Etre sage et prudent. Vouloir aller trop vite dès le départ, risque d’aboutir au découragement et à l’échec. A chacun de s’accepter tel qu’il est avec ses limites.

Il faut se dire aussi que la vie spirituelle comporte des étapes. Ce qui paraît impossible aujourd’hui, sera peut-être possible plus tard, et même facile.

Beaucoup se découragent et arrêtent. Mais ils doivent toujours garder leur projet. Espérons que plus tard ils recommenceront à faire oraison.

L’oraison demande du temps. Peut-être est-il nécessaire de revoir le programme de nos journées. Je me dois à mon travail professionnel, à ma famille. Certains sont engagés dans la vie paroissiale ou dans des services. Cela fait beaucoup de choses. Quelle est ma part de loisirs ? Est-ce que je passe trop de temps à la radio ou à télévision ?

Je dois réfléchir et me demander où est le plus important. Qu’est-ce que je dois sacrifier ? Il ne faut pas dire : Je n’ai pas le temps de prier. On a toujours le temps de faire ce qu’on aime.

« Ne pensons pas que si nos journées avaient vingt-cinq heures, il nous serait plus facile de faire oraison chaque jour pendant une heure. Le problème serait exactement le même : Il nous faudrait interrompre le cours de nos activités afin de brûler du temps pour Dieu » (Mgr Sankalé).

La vie d’oraison suppose un choix : peut-être faudra-t-il laisser tomber certaines activités, à cause du Seigneur : « Dieu premier servi » (Sainte Jeanne d’Arc).

Préparer son cœur en vue de l’oraison

Voici plusieurs attitudes qui favorisent la pratique de l’oraison :

• disponibilité et maîtrise de soi
• silence
• pureté du cœur
• mortification
• joie
• désir et amour

Disponibilité et maîtrise de soi

L’oraison nous oblige à couper avec ce qui nous plaît. C’est Dieu qui est le plus important. Lui seul est le bonheur. L’oraison nous révèle combien nous sommes habituellement loin de Lui : elle nous montre où sont nos points de résistance, nos péchés. Elle est le lieu du combat. Elle contribue à nous libérer, à nous guérir.

D’une manière générale, être attentif aux appels de Dieu, dire oui à ce qu’il demande, rester « en tenue de service » (Luc 12, 35), ne pas s’attacher aux affaires courantes (Cor 7, 31) dispose le cœur à l’oraison.

A l’intérieur de soi, essayer de maîtriser les émotions, afin de vivre dans la paix et de rayonner cette même paix à l’extérieur, à l’exemple des maîtres de sagesse orientaux.

Dans le déroulement des journées :

• Accepter les imprévus.
• Ne pas vouloir tout commander.
• Être capable d’arrêter une occupation intéressante.
• Ne pas se laisser envahir par des soucis exagérés.
• Rester calme devant les contrariétés.
• Ne pas se mettre en colère.
• Reconnaître facilement que l’on a eu tort.
• Ne pas toujours chercher à se justifier.
• pardonner les procédés blessants.
• Éviter les paroles inutiles, couper les conversations trop longues.
• Répondre avec douceur à ceux qui nous énervent.
• Sourire et rester habituellement serein.

Tout cela aide à mettre la paix et l’harmonie en soi et autour de soi et facilité l’entrée dans la prière.

Quand je suis tiraillé à cause de mes attachements, je peux appeler Jésus en prononçant son nom ; ou dire, comme Saint Pierre : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ». (Jean 21,17)

Silence

Souvent notre vie est agitée à cause du travail professionnel ou familial, à cause des soucis, du stress de la vie moderne. Parfois c’est de notre faute. Au fond nous aimons cette agitation : nous sommes dispersés.

L’oraison marque un temps d’arrêt. Elle nous rappelle qu’être chrétien consiste d’abord à aimer Dieu, avant de faire des actions pour lui : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu … »

Le silence ne consiste pas seulement à arrêter les paroles et les pensées. Le vrai silence naît quand l’âme prend conscience que Dieu est là. Alors sa Parole peut se faire entendre. Dieu fait entrer l’âme en lui et lui donne part à tout ce qu’il est, son être et sa vie. « Je leur donne la vie éternelle » (Jean 10,28)

Le silence nous permet également de retrouver la racine de notre être et de refaire en nous l’unité brisée par l’attachement à ce qui se passe. De plus, grâce au silence, nous rencontrons les autres, non pas comme nous les voyons, mais tels que Dieu les aime.

Le silence est une condition nécessaire à la contemplation.

La pureté du coeur

Nous tolérons le péché en nous… Nous sommes malades, mais nous n’avons pas vraiment envie de guérir. La présence de ces attaches à ce qui n’est pas Dieu nous empêche de progresser.

Dieu refuse la moindre trace de mal chez ses amis : « Soyez saints parce que je suis saint » (1 Pierre 1, 16) – « Soyez parfaits comme votre Père du ciel est parfait ». (Mat. 5, 48) Dans la Jérusalem céleste « rien de souillé ne pourra pénétrer ». (Ap. 21, 27)

La pureté du cœur c’est d’abord le désir de parvenir à la sainteté de Dieu. En conséquence, c’est une guerre impitoyable contre toutes les formes du mal qui se cache en nous.

Donc le priant met tout en œuvre pour déraciner les tendances mauvaises qu’il découvre en lui. Également il cherche à mettre sa conduite réelle de chaque jour en rapport avec ses bonnes intentions.

L’examen de conscience, le sacrement de réconciliation et la communion fréquente sont les remèdes les plus efficaces pour lutter contre le péché.

Mortification

Mais, l’Église, tout en nous offrant ces moyens de purification, nous demande de compléter notre démarche par des gestes exprimant notre repentir.

« Le Christ a souffert pour vous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces. » (Pierre 2, 21) – « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mat 16, 24).

Saint Paul ajoute : « Je traite durement mon corps » (1Cor. 9, 27) « J’achève en mon corps ce qui manque aux souffrances du Christ » (Col. 1, 24). « Nous prêchons un Messie crucifié » (1Cor. 1, 23) – (voir Gal 6, 14 ; 1 Cor. 1, 17 et 2, 2).

La pénitence ou mortification a pour but d’imiter Jésus qui, le premier, a porté sa croix, et par là, de réparer le désordre causé par nos péchés.

Cela peut se pratiquer de bien des manières ; se méfier du piège de l’argent, se priver volontairement d’une dépense inutile, jeûner de temps en temps, choisir un style de vie pauvre, partager avec ceux qui ont faim … Dans la vie quotidienne, accepter les peines, les souffrances, la maladie, le caractère du prochain… tout cela par amour de Jésus.

Cependant nos seuls efforts sont incapables de procurer la pureté du cœur. Seul l’Esprit Saint peut nous y faire parvenir petit à petit. Demandons-lui humblement d’enlever lui-même la rouille de notre âme.

Joie

Une certaine discipline de vie ne doit pas nous attrister, au contraire. Le climat normal du priant est la joie.

Déjà le psaumes sont remplis d’appels à la louange et à la joie : « Acclamez le Seigneur, terre entière » (Ps 100) - « Ton amour me fait danser de joie » (31, 8).

Le discours sur la montagne commence par huit déclarations de bonheur. Mais il y en a beaucoup d’autres dans le Nouveau Testament. Jésus promet la joie à ses disciples : « Je vous ai dit ces choses pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jean 15, 11) Et Saint Paul : « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur ». (Phil. 4, 4 ; 1 Thes. 5, 16). L’Esprit Saint est le trésor caché qui remplit de joie celui qui l’a découvert (Mat. 13, 44).

Désir et amour

Dieu nous désire bien plus que nous le désirons.

Donc, la meilleure disposition pour prier, c’est de désirer Dieu, d’avoir faim et soif de lui, et surtout de l’aimer. Je suis en conversation avec mon meilleur ami. Sans cette faim, nous nous égarons ici et là.

« Dieu, tu es mon Dieu. Je te cherche dès l’aube. Mon âme a soif de toi » (ps 63)
« Je n’ai d’autre désir que de t’appartenir » (Sainte Thérèse)

Le jeûne

Le jeûne consiste à se priver momentanément d'une nourriture normale.
Dans la Bible, le jeûne dure d'un coucher du soleil à l'autre.
On jeûne pour réparer une faute (1 Rois 21, 27) ou encore après une défaite nationale (Joël 2, 12). On supplie avant une action difficile (Est 4, 16).
Le jeûne n'est pas triste : "Les jeûnes de la Maison d'Israël seront des jours de joie et de fête" (Za 8, 9). Pour éviter de montrer que l'on jeûne, Jésus recommande de se parfumer la tête (Mat 6 ,7).
Dans la liturgie orthodoxe, on chante : "Commençons joyeusement le temps du jeûne et livrons-nous au combat spirituel".
"C'est par un long jeûne de Jésus au désert que le salut d' l'humanité a commencé. Nous devons retourner volontairement à l'exercice du jeûne qui, uni à la prière et aux bonnes œuvres, fait partie de l'Écriture et de la tradition" (P. Werenfried)
L'Église catholique n'impose plus que deux jours de jeûne par an : le Mercredi des Cendres, pour l'ouverture du carême, et le Vendredi Saint, en union avec la mort de Jésus.
Le P. Werenfried est miséricordieux : "Jeûner, c'est ne prendre qu'un repas par jour et se passer des autres ou les réduire à ce qui est nécessaire pour accomplir son devoir d'état". Mais il ajoute : "Jeûner veut dire avoir faim". Quand on jeûne, il faut boire suffisamment.

Pourquoi jeûner ?
 Le premier sens du jeûne est de reconnaître que Dieu est notre nourriture. "L'homme ne vit pas seulement de pain" (Deut 8, 3 ; Mat 4, 4). Jésus affirme : "Ma chair est la vraie nourriture" (Jean 6, 55). Aucun bien de la terre ne peut satisfaire notre besoin de bonheur.
 Le jeûne signifie aussi l'humilité devant la grandeur de Dieu (Lév 16, 19 ; Dan 9, 3 ; Esd. 8, 21). Il est toujours accompagné de prière. Moïse (Ex 34, 28), Élie (I Rois 19, 8) et plus tard Jésus se préparent à leur mission par un grand jeûne de 40 jours.
 Il combat notre avidité des biens terrestres et des plaisirs. Il discipline le corps qui réclame toujours plus. On jeûne pour réparer les péchés de gourmandise (ou de boisson) et les fautes de toute sorte que nous commettons (I Rois 21, 27).
 Jésus considère le jeûne comme quelque chose d'habituel et normal : "Quand tu jeûnes… (Mat 6, 16).
Les premières communautés chrétiennes jeûnaient (Act 13, 2-3 ; 14, 23). St Paul jeûne souvent (2 Cor 6, 5 ; 11, 27).
 Même si le Christ est toujours avec nous, sa présence est cachée. "Quand l'Époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront" (Mat 9, 15). Nous ne sommes pas encore dans le Royaume, Dieu nous manque ; le jeûne exprime cette attente.

Les fruits du jeûne sont nombreux
 Le jeûne permet de partager avec ceux qui ont faim et qui jeûnent pendant toute l'année, par nécessité.
 Il nous convertit. Il transforme notre être par la grâce. Il approfondit notre prière et nous rapproche de Dieu. Une préface de carême dit : "Tu veux, par notre jeûne et nos privations réprimer nos penchants mauvais, élever nos esprits, nous donner la force et enfin la récompense, par le Christ Notre Seigneur".
 Il donne fécondité à nos vies. Le Curé d'Ars, qui observait un jeûne rigoureux, a converti de nombreux pécheurs. Plus modestement, quand nous jeûnons pour Dieu, selon nos possibilités, nous remarquons souvent des résultats merveilleux et inattendus. "Quand je jeûne, disait un musulman, cela fait tomber une pluie de grâces sur moi et autour de moi".
Jésus dit à ses apôtres que seul le jeûne, accompagné de prière, peut chasser le démon (Mat 17, 21).
 Le jeûne crée une solidarité spirituelle avec tous ceux qui souffrent : "Je marche pour un missionnaire" (Sainte Thérèse).
Pour toutes ces raisons, le jeûne a normalement place dans une vie d'oraison.
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Message par jaimedieu le Ven 12 Déc 2014 - 6:27

11 - LE COMBAT DE L’ORAISON

Les distractions

Il nous arrive, au cours de l’oraison, de penser à des sujets très éloignés de ce qui nous occupe. Les distractions sont parfois si nombreuses qu’on n’arrive plus à penser à Dieu et qu’on en est très gêné.

En réalité, les distractions sont un phénomène normal. Nous possédons une mémoire et une imagination. Ce sont des dons de Dieu très utiles. La mémoire nous rappelle les souvenirs dont nous avons besoin à tout moment. L’imagination, l’association des idées permettent d’inventer, de faire des projets. C’est grâce à ces facultés que naissent les œuvres d’art, les créations littéraires. La science moderne est née de la recherche et de l’invention de nombreux savants.

Mais ces instruments merveilleux, nous ne les maîtrisons pas totalement. A certains moments, l’imagination nous encombre d’idées inutiles, en particulier pendant l’oraison . Car à ce moment notre esprit n’est plus occupé par un travail intense. L’objet de l’oraison n’est pas quelque chose de visible, familier. On essaie de penser à Dieu ou à quelque réalité invisible. Par rapport à ce qui a précédé, c’est un moment de vide et de silence.

Alors toutes les idées et images que l’on avait écartées, lorsqu’on était absorbé par une occupation précise, reviennent en force et nous avons du mal à les maîtriser. Il n’y a pas à s’en étonner. Les distractions s’expliquent naturellement. Elles peuvent d’ailleurs être aggravées par la fatigue ou encore par un événement inattendu qui nous trouble.

Quand les distractions sont nombreuses, on ne peut plus mettre deux idées bout à bout. On a l’impression de ne plus prier, de ne plus avancer. On est comme « une bûche ». On se demande s’il faut continuer. La prière devient un combat, c’est ce qu’on appelle l’oraison laborieuse.

Il faut accepter humblement cette épreuve. La prière est bonne quand même et le Seigneur est content de nous. Les distractions ne sont rien tant qu'elles ne sont pas volontaires. Il n'y a pas à s'en inquiéter.

Alors que faut-il faire ? Dès qu’on s’aperçoit que l’on est distrait, on revient simplement à l’oraison en douceur, en paix, sans se culpabiliser. On réveille sa foi. On reprend conscience que Dieu est là en nous. Et cela, autant de fois que c’est nécessaire. Ste Thérèse d'Avila donne ce conseil : "Représentez-vous le Seigneur auprès de vous. Si vous vous habituez à le considérer près de vous, il ne vous manquera jamais".

C’est l’intention qui compte, et donc l’amour. On a donné ce temps à Jésus, cela suffit. Vouloir prier, c’est prier. Une oraison où l’on revient à Dieu sans cesse n’est pas mauvaise. Au contraire, c’est souvent la meilleure, car elle montre que l’on aime vraiment le Seigneur.

Quand l’oraison est difficile, il est bon de faire de courtes invocations : Mon Dieu, je t’aime. Je veux ce que tu veux. Merci pour tout. On peut aussi lire un psaume, ou encore marcher, chanter, réciter du chapelet etc…

Mais il arrive aussi que les distractions viennent de notre faute. Nous pensons à des choses qui nous plaisent et auxquelles nous sommes trop attachés. Dans ce cas, il faut couper aussitôt courageusement et revenir à Dieu. Dans la suite, on essaiera de mettre de l'ordre dans notre vie en faisant, autant que possible, la volonté de Dieu et non pas la nôtre.

Les montagnes

Il reste le problème des pensées qui, tout en étant bonnes, nous empêchent de nous occuper de Dieu. Par exemple, un catéchiste pense à la leçon qu’il va donner. Ou bien on se réjouit d’une bonne action qu’on a vue, on regrette une parole désagréable qu’on a dite. Tout cela est bien. Mais il ne convient pas de s’y attarder exagérément. Il faut retourner à Dieu le plus vite possible. Sinon ces bonnes pensées vont devenir comme de grosses montagnes qui cachent le soleil.

Les tentations

Le démon est l'ennemi. Rien ne lui déplaît tant que de voir quelqu'un prier, car il ne peut rien contre lui. Aussi essaie-t-il par tous les moyens de le détourner de l'oraison. Il attaque toujours sur le point faible. A ceux qui sont trop sûrs d'eux, il suggère de s'attacher aux consolations, de se complaire dans les grandes idées.

A l'inverse, il essaie de décourager ceux qui ont un tempérament anxieux, pessimiste, en augmentant leur trouble. Il leur fait croire qu'ils ne savent pas faire oraison et qu'ils perdent leur temps. Quant une personne dit : "Je prie de plus en plus mal ; je recule au lieu d'avancer"… c'est souvent un piège du tentateur qui cherche à lui faire abandonner la pratique de l'oraison. Que faire ? Il faut persévérer avec humilité et fermeté en se disant que notre façon de prier, quelle qu'elle soit, est agréable à Dieu.

Le désert, la nuit

Il arrive qu’on se trouve dans un état de sécheresse spirituelle très pénible. Dieu semble se cacher, nous abandonner. On peut douter de Dieu, du ciel. On éprouve parfois des tentations de toute sorte. La prière ne dit plus rien. Bien sûr on continue de prier de façon volontaire.

Cette situation peut se prolonger pendant des mois et même des années. On a l’impression d’être dans un tunnel dont on ne sortira jamais. « Pourquoi te cacher au jour d’angoisse » (ps 10, 1) ; « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (ps 22).

Cette épreuve n’est pas une maladie de l’âme, encore moins une faute. Elle est une étape nécessaire de la vie spirituelle. De même que l’enfant doit un jour abandonner le lait de sa mère pour prendre la nourriture des adultes, de même il faut que la partie sensible de notre être soit privée des consolations dont elle jouissait jusqu’ici. Alors les lumières et les moments de bonheur disparaissent. En réalité Dieu est toujours là. Il est même encore plus proche qu’avant, mais on souffre de ne plus éprouver le sentiment de sa présence.

Loin, d’être le signe d’une moins bonne prière, la nuit de l’âme est le moment où Dieu purifie la mémoire, l’intelligence et la volonté en vue du passage à une étape supérieure, et donc d’un progrès dans l’oraison.

Un des fruits de cette épreuve est l’humilité. L’âme est consciente de sa pauvreté. Elle devient plus douce. Qu’elle vive cette période dans la foi et dans la paix. Qu’elle sache que le Seigneur est toujours en elle et qu’un jour certainement, la lumière reviendra. Plus la nuit aura été longue, plus les grâces seront ensuite abondantes. C’est pourquoi Saint Jean de la Croix appelle ce passage la « bienheureuse nuit ».

Dieu sait faire
que l'oraison ait un tel goût
qu'on y aille comme à la danse
et encore un tel goût
qu'on y aille comme au combat.
(St Nicolas de Flüe)

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Message par jaimedieu le Sam 13 Déc 2014 - 5:11

12 – L’ORAISON DES LAÏCS


Les laïcs vivent dans le monde

Les « fidèles laïcs », dit Jean-Paul II, *ont une vocation « propre ». Ils participent à la vie du monde par leurs activités professionnelles, familiales, sociales. Ils connaissent les mêmes joies et les mêmes peines, les mêmes soucis que tout le monde.

Le baptême et la confirmation font d’eux des membres de l’Église, appelés à exercer leur « fonction sacerdotale, prophétique et royale » dans les activités du monde. comme prêtres, rois et prophètes, mais leur place est dans le monde. C’est là qu’ils doivent se sanctifier. Le monde est à la fois leur lieu de vie et leur champ d’apostolat. Ils « travaillent le monde à la manière d’une ferment ». Leur mission est de révéler aux hommes que Dieu les aime. Le premier rôle des laïcs est d’agir dans le monde, avant même de s’engager dans leur communauté chrétienne.

Leur prière est marquée par les réalités qu’ils rencontrent chaque jour. Leur louange est action de grâce pour tout ce qu’ils ont vu autour d’eux ou vécu eux-mêmes. Leur supplication s’élève pour les besoins spirituels et matériels de leur milieu.

Une institutrice passe sa journée au milieu des enfants. Elle travaille encore pour eux pendant ses soirées et une partie de ses congés. Elle doit tenir compte à la fois des attentes des parents et des règlements administratifs. C’est tout cela qu’elle porte quand elle arrive à la prière.


Une prière adaptée

Les laïcs n’ont pas à copier la manière de prier des prêtres et des religieuses. Ils doivent s’adapter aux conditions qui sont les leurs ; tenir compte de leurs forces, du temps dont ils disposent, des contraintes familiales et professionnelles.

C’est à chacun de décider avec réalisme à quel moment il va prier et quelle sera la durée de la prière. S’il y a une urgence – une visite, un
malade – il faut décaler le moment, ou peut-être abréger. Mais cela doit rester exceptionnel. Il faut respecter le principe selon lequel l’oraison est quotidienne. Essayer d’assurer chaque jour un service minimum d’amour face à Dieu.

L’oraison indispensable

La nécessité de l’oraison demeure. Les laïcs vivent au milieu d’une société dont ils partagent les problèmes. Il s’agit de donner un sens à tout cela en le portant devant Dieu. La prière fait partie de la tâche des laïcs. Elle est très utile, pour eux-mêmes d’abord, afin de retrouver la paix, le calme, la sérénité. Mais également pour ceux qu’ils côtoient ou dont ils ont la charge.

Ceux qui disent qu’ils n’ont pas le temps de prier sont justement ceux qui en auraient le plus besoin.

Sans la prière notre action est purement humaine. Au contraire, si nous appelons l’Esprit Saint, il nous donne sa charité et notre vie prend une valeur divine.

L’oraison est d’une importance vitale. Il faut essayer coûte que coûte de tenir le temps que l’on s’est fixé. Rester là, même si on a beaucoup de choses à faire par ailleurs. Même si on a l’impression de n’avoir rien à dire. Dieu, présent dans notre cœur, voit notre bonne volonté, notre amour . C’est essentiel. Il a beaucoup de grâces à nous donner.


* Exhortation Apostolique sur la vocation et la mission des laïcs dans le monde n° 14 et 15



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Message par jaimedieu le Sam 13 Déc 2014 - 5:14

13 – CE QU'EST LA PERSONNE DANS SA TOTALITÉ

DIEU HABITE DANS LE CŒUR PROFOND


Qui sommes-nous ?


Pour bien comprendre l'oraison, il est nécessaire de connaître l'homme dans toutes ses dimensions. Les laboratoires et les universités étudient l'être humain avec ses éléments corporels et psychologiques. Beaucoup de gens pensent que la science suffit pour expliquer ce qu'est l'homme. Or, c'est faux : son domaine se limite à ce qui est observable.

La foi nous apprend qu'il existe une autre réalité supérieure, inaccessible à la seule raison. On l'appelle de différents noms : esprit, cœur profond, pointe de l'âme… Nous en avons à peine conscience, la plupart des gens l'ignore, ce qui est très dommage.

L'esprit est la partie la plus importante, la plus haute de l'être humain. Il en constitue l'élément essentiel. Sans lui, on ne peut rien comprendre à ce qu'est l'homme.

Donc, même si notre personne forme un tout, distinguons bien trois zones : le corps, l'âme et l'esprit.


Dieu habite dans l'esprit


Le mot esprit (en latin spiritus, en grec pneuma) signifie le souffle, la respiration, ce qui permet la vie... C'est le centre le plus intérieur de la personne, où l'homme dialogue avec lui-même et prend ses responsabilités.

Au baptême -reçu dans le sacrement, ou seulement par le désir pour ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ- nous recevons la vie même de Dieu, le souffle de Dieu qu'est l'Esprit Saint.

Ainsi, l'esprit ou cœur profond participe à la vie divine. Il est immortel. C'est en nous le point où Dieu habite et où l'homme peut le rencontrer s'il le veut ; il est libre soit de s'ouvrir à Dieu, soit au contraire, de se refermer sur lui-même.

Nous pouvons découvrir l'esprit grâce à la foi et au témoignage des mystiques, mais également à partir de notre propre expérience.


La foi


La révélation chrétienne affirme par de nombreux textes bibliques cette présence de Dieu en nous. « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit ? » (1 Cor 6,19). « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom 5, 5). De même, toute la tradition des Pères de l’Église.


Le témoignage des mystiques

De grands priants affirment qu’ils ont reçu par grâce des lumières sur les mystères de Dieu. C’est pour cela qu’on les appelle les mystiques. Ils essaient de décrire les réalités sublimes que Dieu leur a révélées. Ces hommes et ces femmes ne sont pas des rêveurs ni des illuminés : ils l’ont montré par leur intelligence, et souvent par leurs grandes entreprises. Quelques-uns même ont été déclarés docteurs de l’Église, comme Saint Jean de la Croix et Sainte Thérèse d’Avila. Nous pouvons donc croire leur témoignage quand ils certifient que Dieu vit dans leur cœur.


L’expérience que nous pouvons faire


A un niveau beaucoup plus modeste, il arrive que des croyants sincères éprouvent parfois en eux un sentiment étrange de bonheur, d’amour, une présence, une chaleur, une source de vie venant d’en haut, qu’ils n’arrivent pas à expliquer. Souvent ces moments de bonheur surviennent pendant l’oraison ou après la communion. « Je sens en moi un bonheur pas possible », dit un jeune.

D’autres confient qu’ils ont entendu une parole intérieure qui s’est imposée à eux tout à coup, différente de ce qu’ils pensent habituellement. Il leur a semblé que cette parole venait de Dieu. Plus tard, si les fruits de cette parole sont bons : paix, charité… et si ce qu'elle annonçait s'est réalisé, on est certain, après coup, qu'elle venait bien de Dieu.

Autre fait d’expérience courante : des personnes, même peu croyantes, ressentent des aspirations vers l’absolu, vers Dieu. Elles se demandent : Pourquoi est-ce que j’existe ? – Y a-t-il quelque chose au-dessus de nous ? Ces questions peuvent surgir plus fortement à l’occasion d’un événement heureux ou malheureux, ou devant un choix très important, par exemple risquer sa vie pour les autres.

On constate souvent un sentiment d’insatisfaction, même chez des gens qui ont réussi au plan humain, par exemple qui ont fait fortune. Pourtant ils ne sont pas contents. Ils cherchent toujours autre chose.

"Qu'est-ce que l'essentiel ? Cela ne peut être tout ce que nous avons et que nous pouvons acheter. Quelque part, il doit bien y avoir un plus. Tous les hommes, d'une manière ou d'une autre, attendent dans leur cœur un changement, une transformation du monde" (Benoît XVI aux JMJ de Cologne).

Aujourd’hui, on parle de progrès. Tout le monde espère que la science et la technique vont avancer. Il semble que ce que l’homme possède ne lui suffise jamais. N’est-ce pas la preuve que nous sommes faits pour Dieu ?

Cela rejoint « le sentiment océanique » dont parlent certains psychiatres (Freud, « Le malaise dans la civilisation »). Des personnes, analysant ce qui se passe dans leur âme découvrent en elles quelque chose de très grand, des désirs illimités. "Quand je ressens en moi l'inspiration artistique, je sens qu'il y a en moi plus que moi", ont dit des artistes à un colloque international à New-York.

Il est trop facile de classer ces faits parmi des phénomènes ordinaires bien connus, fruits de l’imagination ou de psychoses.

Pour nous, au contraire, ces expériences, et beaucoup d’autres, sont le signe qu’il existe un monde immense, supérieur à ce que nous voyons. Qu’on le veuille ou non, cette dimension spirituelle est une réalité. Elle est présente en tout homme, même le plus perverti.

Mais pour beaucoup, elle reste inaccessible. Les sciences humaines l’ignorent systématiquement ou l’assimilent à des fantasmes, des projections du sur-moi, etc… Une science étroite de ce genre passe à côté de la réalité. Elle ne respecte pas l'homme : elle ne tient pas compte de sa dignité et de sa grandeur. Elle n'explique rien. Elle donne aucune réponse aux grandes questions de l'existence.

En fait, l’inquiétude, l’insatisfaction générale dont nous avons parlé vient de ce que l’homme a une vocation surnaturelle, c’est à dire au-dessus de ses capacités humaines. Il est fait pour cela. Après avoir cherché partout le bonheur, Saint Augustin a reconnu son erreur : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ».

Ainsi l’enseignement de l’Église, le témoignage des mystiques et l’expérience courante se rejoignent pour affirmer qu’il existe dans l’homme une réalité très élevée. C’est l’effet de la présence de Dieu dans le cœur profond ou sommet de l’âme. Cette présence, on ne la découvre pas directement par la réflexion (raisonnement ou intuition). Cependant on peut en constater les effets.


Cette présence de Dieu est offerte a tous

Cette aptitude au divin, on peut soit la développer, soit la refuser. Certains la repoussent, la nient par principe ou l’étouffent en donnant trop d’importance aux valeurs courantes : argent, passion… L’homme privé de Dieu est replié sur lui-même. Il a son centre en un ou plusieurs points particuliers dont il est esclave et qui se font la guerre entre eux. Il est convaincu que personne ne l’aime et lui-même n’aime personne.

Au contraire, chez celui qui accueille Dieu, l’être est unifié par l’amour qui rayonne à l’intérieur et qui déborde sur le monde.

Entre ces deux extrêmes, il existe une multitude d’états intermédiaires. Chacun de nous ressent des élans vers l’infini, tout en sentant des points de blocage. Seul Jésus peut libérer le cœur. Il nous a totalement sauvés, gratuitement et inconditionnellement. Mais l’accueil en nous de ce salut est toujours à faire.

Dans cette partie profonde et invisible de nous-mêmes, Dieu habite, Père, Fils et Saint-Esprit. « Nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14,23). L’Esprit Saint y est actif et nous façonne par ses dons, à la ressemblance de Dieu.

« O toi qui es chez toi, dans le fond de mon cœur » (hymne tamoul). Si Dieu est en nous, il en résulte qu’il n’y a plus de frontière entre lui et nous. Nous ne faisons qu’un. De plus, étant donné la différence infinie qui existe entre Lui et nous, on doit en conclure qu’il tient la place principale. Il est « plus présent à moi que moi-même » (Saint Augustin).

Donc, si nous le voulons, par le Christ, nous pouvons passer en Dieu dès maintenant. La vie éternelle est déjà commencée.


Ce qui commande tout : Je


Le corps, les désirs, la zone mentale ainsi que l’esprit, sont très liés. Ils forment la personne. Je marche, je pense, je prie. Qui est ce Je ? Est-ce le corps ? Non, ce n’est pas lui qui décide. Sans le mépriser, il s’agit de ne pas lui céder. Est-ce le mental ? Non. JE est une instance supérieure. Il est libre. C’est à lui de commander.

Il arrive que des personnes donnent la priorité au corps. Par exemple, c’est la boisson qui commande, ou le sexe, ou encore l’affectivité : on est dominé par ses états d’âme. Ou bien c’est le mental : on se complaît dans les idées, les discours, l’orgueil.

« JE » doit prendre ses distances par rapport au corps et à l’âme. Je ne peux rencontrer Dieu que si je meurs à moi-même.

Mais cela ne se fait pas sans combat. Car le cœur profond, lui aussi est blessé par le péché originel, cette réalité mystérieuse qu’on ne peut nier. Sans lui, le cœur profond ne serait qu’un élan vers Dieu. L’oraison ne serait qu’une continuelle et totale union à Dieu. En fait, il existe en nous une tension permanente entre le bien et le mal. Le choix libre de Dieu est toujours coûteux.

Mais la bonne volonté ne suffit pas il faut la grâce du Christ. Lui seul peut, par l’Esprit Saint, guérir le tréfonds. Il le rend spirituel, divin.

Le corps et l’âme doivent prendre, non pas toute la place, mais leur juste place. Et par là, beaucoup de problèmes sont résolus.

Cet accueil du salut est toujours à faire. L'oraison est importante parce qu'elle nous recentre sur Dieu chaque jour.

Au début de l’oraison, il faut nous recentrer sur Dieu, car nous l’avons peut-être oublié.


Vivons dans notre esprit

Certains diront : On ne nous a jamais parlé de cela. Et même, dans ce monde rationaliste et matérialiste, on rirait de nous si on en parlait. Et peut-être que nous-mêmes avons de la difficulté à y croire, parce que nous ne l’avons pas expérimenté.

Si nous ne sommes pas suffisamment ouverts aux grandes questions spirituelles et religieuses, si nous ne faisons pas assez attention à ce qui bouge en nous, ou encore si nous vivons dans l’immédiat et le terre à terre, le monde de l’esprit nous semblera irréel. « Si vous n’entendez pas Dieu parler, c’est que vous parlez plus fort que lui » (Mgr Sankalé).


Vouloir faire oraison, c’est faire oraison

Dieu nous aime. Il nous cherche le premier. Il attend un « oui » de notre part. Sa grâce est prête à bondir vers nous. La seule réponse bonne et valable est « Oui, Seigneur, je veux te rencontrer. Je veux te donner ce temps. Je veux m’arracher à la prison de mes passions. Je veux me laisser façonner à ton gré».

Cet élan généreux doit être exprimé dès le début de l’oraison et repris de temps en temps en cours de route. C'est l'intention qui compte : « Je suis là pour toi ». Mon cœur profond reste tourné vers Dieu.

Aujourd’hui, les avions sont munis d’un pilote automatique qui remet l’appareil dans la bonne direction quand un coup de vent survient. De même, dans l’oraison, l’important est la ferme détermination de la volonté : si j’ai décidé de consacrer un temps à l’oraison, et si ensuite j’ai fait de mon mieux, Dieu tient compte de ma bonne volonté.

Donc, quand on a beaucoup de distractions ou un fort découragement, pensons que ces distractions ne font pas partie du cœur profond.

Si nous restons là en dépit des combats, par amour de Dieu, il y a oraison, même si elle n’est pas ressentie. Notre mental (réflexion, mémoire, imagination) est encombré ? Peu importe : « Qu’ils trottent, moi je suis avec Dieu ». Quelles que soient nos préoccupations (enfant malade, problèmes professionnels), il y aura tout de même oraison. Nous souffrons, mais l’oraison peut se dérouler bellement, en profondeur, malgré les violents vagabondages de l’imagination. Il en est de même, si je ressens la sécheresse ou si la somnolence me surprend.

Voici un témoignage : « Sortant d’oraisons pleines de batailles contre les distractions, oraisons que je croyais inexistantes, je me trouvais finalement plein de paix, de puissance, l’oraison s’étant passée au niveau profond du cœur ».

Ayons confiance dans le fond divin de notre cœur. Libérons-nous de tout ce qui entrave notre esprit. Ouvrons-nous sans réserve au souffle divin. Jésus a promis : "Vous allez recevoir une force celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous" (Actes 1, 8).

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Message par jaimedieu le Dim 14 Déc 2014 - 5:39

14 – LA LECTURE SAINTE

Ce qu’est la lecture sainte

Dieu a parlé par les prophètes et surtout par son Fils Jésus Christ, qui est la Parole éternelle. La Bible contient le message de Dieu adressé aux hommes.

La Parole de Dieu est une nourriture. C’est le même Jésus qui est dans l’Eucharistie et dans l’Ecriture : « Acclamons la Parole de Dieu – Louange à toi, Seigneur Jésus ». « C’est lui qui parle lorsque nous chantons les psaumes ou que nous lisons les Saintes Ecritures » (Vatican2 – Constitution sur la liturgie)

Elle est indispensable. Elle donne la vie. Elle illumine l’esprit, elle purifie le cœur et le fortifie. Elle a permis à des hommes et des femmes, et même des enfants d’aller jusqu’au martyre.

Elle est nécessaire aussi bien aux prêtres et aux catéchistes qu’à tous les fidèles. Il faut d’abord l’écouter soi-même avant de l’enseigner. Elle doit nous toucher nous-même avant de toucher les autres.

On ne prend pas la Bible comme un livre ordinaire, mais comme l’instrument par lequel Dieu veut nous parler. La Parole doit être reçue avec foi et amour, avec humilité et docilité, comme la Vierge Marie à l’Annonciation, comme Marie, la sœur de Marthe, qui, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole (Luc 10,39).

De plus, Dieu connaît personnellement chacun de ses auditeurs, avec ses besoins. Quand j’écoute la Parole vivante de Dieu, il y a toujours un message que Dieu me destine. Telle parole est pour moi aujourd’hui. Dieu a pensé à moi en la prononçant. La lecture sainte est donc un dialogue actuel et personnel. « Un cœur à cœur de l’homme avec Dieu » (St Bernard).

La Parole de Dieu a ceci de particulier qu’on peut l’écouter pendant des années sans qu’elle nous touche. Mais un jour, elle nous frappe, comme si c’était la première fois que nous l’entendions.

La lecture se fait dans l’Esprit Saint. C’est lui qui était dans le cœur de ceux qui ont parlé. « Le même Esprit qui a touché l’âme du prophète touche l’âme du lecteur » (St Grégoire le Grand). C’est encore lui qui permettra à la lettre de reprendre vie, de nous donner la vie. C’est lui qui donne cette joie profonde que nous ressentons par moment.

C’est pour cela qu’il faut l’appeler avant de lire et donc toujours commencer par une prière à l’Esprit Saint. « Illumine mes yeux de ta lumière. Fais-moi comprendre ce que tu veux me dire aujourd’hui ».

Les indications qui suivent sont utiles pour approfondir la Parole de Dieu.. Chacun choisit parmi elles, celles qui correspondent à ses possibilités.


Comment choisir le texte

Quelquefois on prend un passage au hasard. Certains font la lecture continue de la Bible, en alternant Ancien et Nouveau Testament. On peut lire tout un Évangile, ou un prophète.

Souvent, on prend les textes liturgiques du jour, ou bien ceux du dimanche précédant ou suivant. Ce peut être aussi une hymne liturgique ou une prière eucharistique, une oraison de la messe, etc… Ou encore une parole d’un saint.

La lecture doit aider à prier, peu importe sa longueur. Donc il faut que le texte soit assez dense. Tous les textes de la Bible sont inspirés, mais tous ne sont pas utiles de la même manière pour faire oraison. Les Livres du Nouveau Testament sont, en général, plus aptes à la méditation que ceux de l’Ancien. Pourtant, dans l’Ancien, il y a aussi des textes très riches, comme les psaumes.

Chacun a ses passages préférés vers lesquels il revient souvent. On est libre de choisir le texte. C’est celui qui sera le plus capable de nous aider à prier qu’il faut prendre. Par exemple, si on est en difficulté avec une personne, on peut prendre une parole sur la charité fraternelle.



1) JE DÉCOUVRE LE TEXTE – JE LE RELIS


Au début, il y a un petit temps d’étude. C’est l’esprit qui travaille : Que dit ce texte ?

On peut lire un crayon à la main, souligner les mots importants, lire les introductions, les notes explicatives, chercher les références des mots dont le sens est voisin. La Parole éclaire la Parole.

Certains ont un fil conducteur. Par exemple : Qu’est-ce que Jésus dit ? Quel est le message de Jean-Baptiste ? Ils fouillent dans tous les Évangiles. Ou encore ils étudient un mot-clé (amour), un verbe (celui qui demeure en moi).

Quand on a travaillé le texte, une bonne manière de l’intérioriser consiste à le relire, mais avec toute la personne : avec ma bouche, je le prononce à mi-voix ; mes oreilles entendent ; je me laisse toucher. Ce n’est plus seulement un écrit, c’est une parole.

Ceux qui lisent à l’église doivent s’appliquer : préparer la lecture, la proclamer à haute voix, clairement, lentement, en articulant et en mettant le ton. Être lecteur est un ministère important.

Nous dégustons la Parole, nous savourons le texte. Dès qu’un mot ou une phrase nous frappe, il faut interrompre la lecture et rester sur ce passage. Le relire au besoin plusieurs fois pour nous pénétrer d’une idée. Et le garder jusqu’à ce qu’on en ait tiré tout le fruit.

On peut aussi essayer de mettre en mémoire certains passages en les apprenant par cœur. On peut les écrire sur un carnet. Ou bien souligner au crayon tel verset, tel paragraphe.


2) JE RÉFLECHIS – LA MÉDITATION


Après le temps de lecture attentive vient celui de la méditation cordiale. Il ne s’agit pas seulement d’un simple travail intellectuel de compréhension (étude de texte). La Parole doit amener à aimer, en touchant le cœur. Il faut passer d’une lecture littérale au sens spirituel. Il s’agit de découvrir la vérité cachée sous la lettre, par exemple le sens d’un miracle, comme une guérison, ou la multiplication des pains.

Je m’imprègne des attitudes et des paroles de Jésus, de manière à devenir son disciple. Je ne m’attache pas seulement au message, mais au messager, c’est-à-dire à Celui qui me parle : « Seigneur, que veux-tu me dire ?». Je me demande ce que cette parole m’apporte, en quoi elle est importante. Est-elle une bonne nouvelle aujourd’hui pour moi et pour la communauté. Cette réflexion doit déboucher sur un entretien de mon âme avec Dieu.

3) JE PARLE A DIEU : L’ORAISON


L’oraison est la réponse de l’homme à Dieu. « Quand tu lis, l’Époux te parle. Quand tu pries, l’Époux t’écoute ». (St Jérôme). Il faut s’adresser à lui avec simplicité et amour, en lui disant : « Et moi, maintenant, Seigneur, que vous dirai-je ? » (Ch. De Foucauld).

Par exemple, si c’est le récit de l’Annonciation, la prière pourra prendre la forme de l’adoration de Dieu qui daigne s’incarner ; ou l’obéissance humble, comme celle de la Sainte Vierge, l’action de grâce, la louange pour la venue du Rédempteur, en récitant le Magnificat, l’intercession pour les orgueilleux.

Cette oraison part toujours de la réalité de notre situation, de notre état d’âme et de nos besoins, sans oublier les frères et sœurs dans le besoin.

4) QU’EST-CE QUE LA CONTEMPLATION ?


Lorsque l’on pratique ainsi la lecture sainte et l’oraison depuis longtemps, il arrive parfois que le cœur soit pris. La contemplation est « Une amoureuse, simple et permanente attention de l’esprit aux choses divines » (St François de Sales) – «Une sortie de soi et une entrée dans le mystère de Dieu qui tient en main notre vie entière » (Cardinal Martini) – « Une vision anticipée des réalités futures, dans le Christ crucifié et ressuscité »… – «l’Esprit prie en nous avec des gémissements inexprimables » (Rom 8, 26) – « Le moine (le chrétien) ne prie bien que lorsqu’il ne s’aperçoit pas qu’il prie » (St Antoine du Désert).

Dans ce cas, que faut-il faire ? Seul avec Dieu, je m’ouvre à lui, je l’écoute. Je me laisse aimer par lui docilement, aveuglément, en m’abandonnant totalement à lui, dans un esprit de louange et d’action de grâce.

Il s’agit là d’un état surnaturel, c’est-à-dire d’un don de Dieu qui dépasse les seules capacités humaines. Dieu l’accorde à qui il veut, selon des modes et des degrés très divers. On doit désirer la contemplation et à s’y disposer. L’oraison nous place dans les meilleures conditions pour que Dieu agisse dans notre âme. Elle nous met à la porte du château où le Seigneur nous introduira, s’il le veut.

Cette contemplation est souvent momentanée, intermittente. Quand cette action de l’Esprit Saint disparaît, on reprend tout simplement l’oraison habituelle en parlant à Dieu, en l’écoutant, en relisant le passage choisi au départ, ou en restant là en silence.

5) MA RÉPONSE A L’APPEL DE DIEU


La Parole de Dieu doit passer de la tête au cœur et du cœur dans les mains. « Faites tout ce qu’il vous dira » dit Marie à Cana.

J’ai le désir d’aller jusqu’au bout du message. Cette recherche de la volonté de Dieu doit aboutir à une réponse de ma part. Pour cela il me faut enlever les obstacles, les pierres et les ronces qui encombrent mon âme. Si j’ai du mal à aimer une personne, que vais-je faire pour lui montrer que je l’aime ?

La Parole éclaire ma vie. Elle invite à la conversion. Elle m’aide à choisir une manière de vivre conforme à Jésus Christ. La décision, la résolution sera le signe que je veux mettre réellement en pratique ce que Dieu m’a montré. Faire la volonté de Dieu est l’unique chemin vers l’union véritable avec Dieu.

« Seigneur, apprends-moi à manger et à assimiler ton Évangile afin qu’il me transforme et fasse devenir mon esprit entièrement conforme à ce que tu veux ».

Ainsi se termine la lecture sainte. A la fin je n’oublie pas de remercier Dieu de tout ce qu’il m’a accordé pendant ce temps de prière, même si je n’ai rien senti.

Soyons persévérants


Certains disent : « Lire la Bible, cela ne me dit rien, surtout l’Ancien Testament. » Au début on lit des textes isolés, sans lien entre eux. Mais plus on avance, plus les passages s’éclairent les uns les autres. Jésus nous demande la patience. C’est en pratiquant la Parole qu’on découvre son unité. Plus tard la lecture devient plus cordiale. Elle apporte une joie profonde. Son but est de nous apprendre à aimer.

Comme la pluie descend peu à peu dans une terre sèche, comme la vie met des années à grandir, de même, il faut du temps pour que la Parole nous imprègne, pour que l’Esprit Saint agisse en nous. Les résultats viendront d’eux-mêmes, mais plus tard…

On a expliqué en détail ce que peut-être la lecture sainte. Mais dans la pratique les choses sont beaucoup plus simples. Peu à peu elle devient quelque chose de naturel. Et puis cela dépend du temps dont chacun dispose. Jésus est un bon maître. Il ne demande pas l’impossible. Quand nous faisons de notre mieux il est toujours content.


Surtout écouter Dieu

Il faut éviter de confondre la lecture de la Parole de Dieu et l’oraison. Ce sont des activités toutes les deux nécessaires mais distinctes. Dans la première la part de l’homme est importante, même si l’on doit faire appel aux lumières de l’Esprit Saint. Dans l’oraison la réflexion tient une place discrète. C’est surtout Dieu qui agit.

La lecture sainte éclaire notre esprit, nourrit notre foi. C’est une lumière de Dieu pour aujourd’hui et sans elle notre prière est pauvre et fragile. Mais elle ne suffit pas. Elle doit mener à l’oraison et, si Dieu le veut, à la contemplation.

Passer beaucoup de temps à lire et réfléchir et terminer par une courte prière serait une erreur. Il faut donner la priorité à l’oraison.


Ce chapitre s’inspire d’un texte célèbre du Guigue le Chartreux (1083-1136) dans lequel celui-ci expose la pratique traditionnelle des moines d’Occident.

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Message par jaimedieu le Lun 15 Déc 2014 - 4:31

15 – EUCHARISTIE ET ADORATION

La merveille de l’Eucharistie

Jésus a sauvé les hommes en se faisant l’un d’entre eux. Il est homme, mais l’homme saint, le seul véritable adorateur. Il obéit parfaitement à son Père et par là, il répare tous nos refus, nos manques d’amour, nos péchés. C’est surtout par sa mort sur la croix qu’il offre le sacrifice unique et parfait. En une seule fois, il a permis à tous les hommes qui le veulent d’être réconciliés avec le Père, et de devenir à leur tour des adorateurs (He 9, 28).

De plus, Jésus a voulu que ses disciples, au long des âges, s’unissent à son sacrifice. C’est pourquoi, il a institué l’Eucharistie. L’Église continue d’offrir le pain et le vin qui contiennent le corps livré et le sang répandu de Jésus.

A chaque messe nous sommes invités à faire un acte de foi en la présence de Jésus renouvelant pour nous le mystère de sa mort et de sa résurrection. Saint Padre Pio vivait ce drame avec tant de foi qu’il éprouvait jusque dans son corps les mêmes souffrances que Jésus : « Pendant la messe, je suis suspendu à la Croix avec Jésus et je souffre tout ce qu’à souffert Jésus au Calvaire ».

Par ce sacrifice les mérites de la Croix sont appliqués aux hommes de tous les pays et de tous les temps. Nous avons donc la chance inouïe de pouvoir nous unir personnellement à Jésus et de pouvoir recevoir les grâces dont nous avons besoin. Les Hébreux ont été nourris chaque jour par la manne pendant leur traversée du désert : de même nos âmes ont besoin du Pain de Vie le plus souvent possible.

Merveille et bonheur que cette présence de Jésus vivant, offert, mangé, adoré sous les humbles signes du pain et du vin ! Qui dira la beauté de l'âme lorsqu'elle reçoit le Corps de son Seigneur !

« Pour moi dès les premières années de mon sacerdoce, la célébration de l’Eucharistie a été non seulement le devoir le plus sacré, mais surtout le besoin le plus profond de mon âme »
(Jean-Paul II).

« Ne t’habitue jamais à célébrer l’Eucharistie. Qu’elle soit chaque jour un événement nouveau qui te bouleverse », conseillait un prédicateur à un jeune prêtre.

"Lorsque je suis en possession de ce bien suprême, alors oui, la plénitude de douceur est vraiment grande, au point qu'il manque peu que je ne dise à Jésus : "ça suffit, je n'en peux presque plus" (St Padre Pio).


Se recueillir avant et après la messe

La messe comporte beaucoup de lectures, de chants, de gestes symboliques. Si on ne fait pas assez attention, on peut regarder tout cela comme un spectacle ; on s’attache à l’aspect extérieur sans en découvrir le sens caché. On peut rester passif et ne pas prier réellement. "L'Eucharistie dans une âme qui ne prie pas, c'est semence en terre non labourée. Elle ne peut pas produire de fruits" (P. Caffarel).

La messe n’est pas un acte magique où il suffirait de poser des gestes pour que l’effet vienne automatiquement. Les fruits de la communion diffèrent suivant les dispositions et la foi de chacun. C’est pourquoi, avant la messe, un temps de préparation permet à l’âme de participer au sacrifice avec une foi plus vive.

Et quand l’action liturgique est terminée, ceux qui le désirent peuvent rester là pour faire une action de grâce (remercier) et prolonger leur prière d’une manière plus personnelle. Ils peuvent réfléchir à ce qui s’est déroulé, remercier le Seigneur qui s’est donné à eux, reprendre telle prière etc…

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jean 6, 56). Demeurer en Jésus, c’est surtout lui consacrer un temps gratuit, uniquement pour être avec lui. "Je vous en supplie, dit un prêtre à des jeunes aux Journées Mondiales de Cologne, ne laissez jamais Jésus seul après la communion. C'est le grand moment de la messe où le Seigneur s'unit à vous". Évidemment, cela est vrai d’abord pour les prêtres.


Qu’est-ce que l’adoration eucharistique


Après la messe, le pain consacré est conservé respectueusement dans un endroit spécial. Ainsi Jésus est toujours présent dans nos églises. Cherchons le sens de cette présence et comment elle peut nous être précieuse.

Il s’agit donc de bien comprendre l’adoration eucharistique. Elle n’est pas quelque chose d’ajouté à la messe. C’est la messe qui continue. C’est un temps pendant lequel on essaie d’approfondir les différentes facettes du mystère.

L’Eucharistie c’est Jésus lui-même (Ceci est mon corps). Il est là en personne, Dieu et Homme, réellement présent, vivant près de nous. Avec lui sont là, inséparablement, le Père et le Saint Esprit. En communiant, nous accueillons la Sainte Trinité !

L’Eucharistie c’est le pain qui nourrit et fortifie nos âmes.

C’est aussi le remède qui guérit nos blessures.

C’est le pain qui rassemble la communauté.

C’est la nourriture qui nous transfigure, et annonce le festin du ciel ; La vie future est déjà là, sous le voile de l’hostie.

"Que fait le pauvre devant le riche ? Le malade devant le médecin ? Celui qui a soif quand il est près d'un puits ? L'homme qui a faim devant un bon repas? (St Alphonse de Liguori)

Comment est-il possible que les hommes pensent à autre chose qu’à cela ?

Adorer le Saint-Sacrement, seul ou en groupe, c'est d'abord remercier Jésus d'être là avec nous. C’est chercher à comprendre et goûter le mystère de Jésus qui continue de sauver les hommes d’une manière permanente. « Jésus Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde » (Pascal). C’est aussi s’engager soi-même à porter sa croix à la suite de Jésus.

Jésus a souffert à cause de nos péchés et des péchés du monde. Nous devons essayer de réparer d’abord pour nos manques d’amour envers l’Eucharistie, pour nos communions faites avec une foi insuffisante. Prier aussi au nom des pécheurs, au nom de ceux qui ne prient pas, des chrétiens qui désertent la messe. Jésus s’est fait solidaire de nos fautes. A notre tour, nous devons être solidaires, dans le Corps Mystique, de tous nos frère .C’est ce que nous faisons en adorant le Corps du Christ.

Ceux qui ne peuvent pas recevoir le Corps du Christ, pour différentes raisons, peuvent faire la communion spirituelle, ou l’adoration ; cela remplace la communion sacramentelle.

« L’adoration du Christ dans ce sacrement d’amour doit trouver son expression en des formes diverses… Prière personnelle devant le Saint Sacrement, heures d’adoration (en commun). L’Église et le monde ont grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce Sacrement d’amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l’adoration, la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes et les grands délits du monde. Que notre adoration ne cesse jamais » (Jean-Paul II à tous les évêques, 1980). « C’est seulement en approfondissant notre communion eucharistique avec le Seigneur par la piété personnelle que nous pourrons découvrir ce qu’il attend de nous dans notre vie quotidienne » (1989).

L’adoration et la mission

Enfin l’adoration est nécessaire pour soutenir la nouvelle évangélisation. Annoncer l’Évangile par la parole et la charité ne suffit pas. C’est la grâce du Saint-Esprit qui touche les cœurs. Dans beaucoup de paroisses et de pays, dans des groupes de jeunes on insiste sur l’adoration comme base de la Mission.

Voici un témoignage de Chine :

« Nous ne pouvons pas nous reposer. Nous ne pouvons pas rester paralysés par la peur. Mais pour oser annoncer Jésus ressuscité, il nous faut une force, un feu que nous trouvons dans l’adoration.

Ce que je dis là, je l’ai découvert avec d’autres chrétiens, grâce à des laïcs qui sont venus en Chine et nous ont fait connaître toute l’importance de l’adoration eucharistique. Ils nous ont apporté le feu de l’adoration et l’amour de la parole de Dieu.

Cet esprit d’adoration est comme un feu nouveau dont les chrétiens en Chine ont besoin. Je peux illustrer cela par de nombreux exemples.

Ainsi, dans une ville, une vieille femme catholique très ardente a lancé une neuvaine de prière et de jeûne pour hâter la venue du pape dans notre pays. Elle a parcouru toute la ville à vélo pour organiser cette neuvaine.

Tous les soirs, elle a rassemblé en secret des chrétiens pour prier le chapelet devant le Saint-Sacrement. Chaque jour, elle et son groupe jeûnaient. Elle a puisé le courage et la force de le faire dans l’adoration.

Ensuite, ces mêmes chrétiens, brûlés par le feu de l’adoration, ont été poussés à visiter les mourants dans un hôpital pour leur apporter la Bonne Nouvelle.

Seule la grâce de Dieu reçue dans l’adoration, pourra faire de nous des missionnaires. »

Il faut crier partout le Mystère Eucharistique.

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Message par jaimedieu le Mar 16 Déc 2014 - 4:20

16 - LES GRANDES ATTITUDES SPIRITUELLES

L’adoration

La première attitude de l’homme face à Dieu est l’adoration. Dieu est tellement grand qu’il suscite l’émerveillement, l’admiration, le respect, parfois la peur. Ceux qui voient un signe de sa présence sont fascinés et ont besoin de se prosterner.

« Le Seigneur apparut à Abraham… Abraham aperçut trois hommes debout devant lui. Il accourut à leur rencontre et se prosterna jusqu’à terre » (Gen. 8, 2). De même Moïse « s’agenouilla à terre et se prosterna » (Ex 34, 8 ; voir Neh 8, 6).

« Je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui … Ils se criaient l’un à l’autre : Saint, Saint, Saint le Seigneur tout-puissant. Sa gloire remplit la terre » (Is 6,1-3).

Se prosterner dans un élan du corps, mais aussi du cœur et de la volonté, c’est reconnaître que Dieu est un être unique. Rien ne peut lui être comparé. Il est infiniment plus grand que toutes les créatures.

Nous lisons que les apôtres, ayant vu Jésus marcher sur l’eau, se prosternèrent devant lui en disant : « Vraiment tu es le Fils de Dieu » (Mat 14,33). Le lépreux guéri se prosterna (Luc 17,16) ; de même l’aveugle-né (Jean 9,38). Thomas l’incrédule, voyant Jésus ressuscité, s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20,28).

A la Samaritaine Jésus dit : « Le Père cherche de vrais adorateurs en esprit et en vérité » (Jean 4, 23-24).

Notre adoration passe par le Christ qui, seul, peut adorer parfaitement le Père :

« Par lui, avec lui et en lui,
A toi, Dieu le Père tout-puissant ;
Dans l’unité du Saint-Esprit
Tout honneur et toute gloire,
Pour les siècles des siècles. »

L’adoration célèbre surtout la majesté et les perfections infinies de Dieu : sainteté, amour, vérité, sagesse, puissance, justice, miséricorde, bonheur …

Et, pour les chrétiens, il faut ajouter le mystère de la Sainte Trinité que Jésus nous a révélé, mais que nous ne pouvons pas comprendre par notre seule intelligence : en Dieu, unique, il existe trois Personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ces Personnes s’aiment tellement qu’elles ne font qu’un.

De plus, nous avons la chance inouÏe d’avoir dans les églises la Présence réelle du Christ dans le Saint-Sacrement. Il demeure au milieu de nous, tel qu’il était sur la terre et tel qu’il vit maintenant dans la gloire du Ciel. Si nous en avons la possibilité, venons l’adorer, le remercier et lui exposer nos besoins et ceux du monde.

Comme attitude corporelle, nous pouvons nous tenir à genoux ou assis, devant l’autel. En entrant et en sortant, il est de coutume de faire une génuflexion ou une inclinaison.

Telle est l’adoration qui résume l’attitude fondamentale de tout croyant : admirer Dieu pour ce qu’il est en lui-même, l’aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces. (Deut 6, 5 ; Mat 22, 37). L’adoration nous évite d’être centrés sur nous-mêmes.

Grâce à l’Esprit Saint nous pouvons, nous aussi, devenir des êtres d’adoration.

Ajoutons que l’Esprit Saint nous fait désirer ce que nous ne connaissons pas bien. Adorer c’est aussi désirer voir Dieu. Le psaume 63 exprime la soif de Dieu : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube. Mon âme a soif de toi ».

Mais sur cette terre voir Dieu n’est pas possible. Moïse dit à Dieu : « Fais-moi voir ta face. Dieu répond : Tu ne peux pas me voir en face ; car l’homme ne peut pas me voir et vivre ». (Ex 33,18-23)

Voir Dieu tel qu’il est, est réservé à la vie future. D’ici là nous vivons dans l’attente et le désir. « Je veux voir Dieu », disait Ste Thérèse d’Avila, quand elle était enfant.

La louange

La louange est proche de l’adoration mais elle évoque plutôt l’œuvre et la bonté du Créateur : les anges, le monde où nous sommes, l’homme, l’histoire du peuple élu, le salut apporté par Jésus Christ, l’Eglise et enfin la vie future.

Beaucoup de psaumes chantent la louange de Dieu : ps 33, 34, 113, etc… « Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur ! A lui haute gloire, louange éternelle ! » (Daniel 3)

A la naissance de Jésus, les anges célèbrent la grandeur de Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux » (Luc 2, 14) .

Jésus loue son Père en notre nom. « Jésus exulta sous l’action de l’Esprit Saint et dit : Je te bénis (ou je te loue) Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout-petits » (Luc 10, 21).

En enseignant le Notre Père, Jésus nous apprend que la louange (Que ton règne vienne) doit précéder la demande (Donne-nous).

Nous avons beaucoup de raisons de louer Dieu. Les groupes du Renouveau ont remis en valeur la prière de louange et de bénédiction, en donnant la priorité à la joie et à l’amour.

La louange peut être exprimée par des gestes, par exemple élever les mains vers le ciel, faire des processions, des offrandes …

La danse elle-même peut être une forme de louange, à condition de lui garder un caractère sacré : « David et toute la maison d’Israël dansaient de toutes leurs forces devant le Seigneur, au son des instruments »
(2 Sam 6, 5)

La prière d’adoration et de louange – de nos oraisons personnelles ou des liturgies – annonce la célébration sans fin de la vie future.

« La méditation de notre vie présente doit consister à louer Dieu. Car la joie éternelle de notre vie future sera louange de Dieu. Personne ne pourra être adapté à la vie future si on ne s’y exerce pas dès maintenant…

La période avant Pâques symbolise l’épreuve où nous sommes maintenant. Ce que nous célébrons dans les jours qui suivent Pâques symbolise le bonheur qui sera plus tard le nôtre… Nous abandonnons le jeûne et nous vivons dans la louange. Tel est le sens de l’Alléluia que nous chantons » (Saint Augustin)

L’action de grâce

Après avoir adoré Dieu et l’avoir loué, il est normal que nous lui disions Merci pour tout ce qu’il nous a donné, et d’abord de nous avoir aimé de toute éternité : « Tu as du prix à mes yeux. Tu comptes pour moi et je t’aime » dit le Seigneur (Is 43, 4).

Beaucoup de psaumes montrent l’élan de la créature et sa reconnaissance. Le psaume 136 (le grand Hallel) remercie le Seigneur pour tout, mais particulièrement pour ses prévenances envers le peuple choisi : la délivrance de l’Egypte, le miracle de la Mer Rouge. Et il conclut : « A toute chair il donne le pain ».

Dieu s’occupe de chacun :

Je t’exalte, toi qui me relèves (ps 30)
Il s’est penché vers moi, il écoute mon cri (ps 40)
Lui seul est mon rocher, mon salut (ps 61)
Bénis le Seigneur, ô mon âme
N’oublie aucun de ses bienfaits,
Lui qui pardonne toutes tes offenses,
Qui te guérit de toute maladie (ps 103)

Nous aussi, nous pouvons dire

Merci pour la terre, le soleil, la pluie, les arbres, les plantes, les fleurs, les animaux, merci pour la nourriture…

La télévision japonaise a montré ce cultivateur qui, avant de commencer la récolte, descend de sa machine, s’assoit par terre sur ses talons, ouvre les mains et dit : « Je reçois ».

Merci pour notre corps, si extraordinairement organisé, pour la santé… Merci pour ma vocation unique, pour le bonheur infini que tu me promets.
Merci pour l’amour des hommes et des femmes qui transmettent la vie, pour les enfants, pour les familles, pour la joie de la vie en commun…

Merci surtout pour Jésus, ton Fils bien-aimé, venu se faire semblable à nous. Merci pour sa parole, pour son sang qu’il a bien voulu répandre en sacrifice saint qui « nous purifie de tout péché » (Jean 1,7). « Par ses plaies nous sommes guéris » (1Pierre 2, 24).
Merci pour le Pain de Vie. « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jean 6, 56).

En pensant à tout cela Saint Paul s’écrie : « Béni soit Dieu qui nous a choisis dans le Christ, dès avant la création du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs, par Jésus Christ » (Eph 1, 3-5).

Toutes nos actions de grâce sont rassemblées dans la grande prière de l’Eucharistie, qui commence par ces mots : « Vraiment il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ Notre Seigneur ». Ensuite, suivant les périodes de l’année liturgique, on remercie pour un point particulier de l’œuvre du salut.

Dans la prière eucharistique pour les assemblées d’enfants, le prêtre dit : « Sois loué pour tout ce qui est beau dans le monde et pour la joie que tu mets en nous. Tu nous aimes tellement que tu inventes pour nous ce monde immense et beau. Tu nous donnes ton Fils Jésus pour nous conduire à toi ».

Remercier, même dans l’épreuve.

Un missionnaire à Madagascar était découragé par certaines difficultés. Il entre à l’église pour se plaindre au Seigneur.
Il voit un lépreux, aveugle par surcroît, prier à haute voix, pensant qu’il était seul :
« Merci, mon Dieu, pour la vie que tu m’as donnée.
Merci pour la joie que tu mets dans mon cœur.
Merci pour cette maladie, qui m’a permis de te rencontrer.
Merci pour ta grandeur et ton amour ».
Le missionnaire a eu honte de sa faiblesse. Il est parti réconforté.

Au Brésil, une pauvre femme chante dans la rue en tenant un pain dans la main : "Merci mon Dieu, tu m'as donné mon pain de ce jour et demain tu me le donneras aussi".

En fait, dans l’oraison, on passe souvent de l’adoration à la louange et à l’action de grâce. Peu importe.

Terminons par ces conseils de St Paul : « Soyez toujours dans la joie. Rendez grâce à Dieu en toute circonstance » (1 Thes. 5, 16-18). « Chantez à Dieu dans vos cœurs votre reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés par l’Esprit. Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père » (Col. 3, 16-17).

A la suite de cet entretien, on pourrait inviter chacun à composer une prière d’action de grâce.

La prière de repentir

Le thème de la conversion est fréquent chez les prophètes : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil » (Joël 2, 12-13). Pour Achab, le jeûne est le signe du regret et déjà une forme de réparation (Rois 21, 27). Salomon, installant l’Arche dans le nouveau temple, prie d’avance le Seigneur de pardonner quand le peuple sera infidèle (1Rois 8, 30-50). (Voir Daniel 9, 3-5).

De nombreux psaumes contiennent des prières de repentance. La plupart sont de forme individuelle. Mais, même quand le psalmiste parle en son nom propre, il se sent solidaire du peuple d’Israël.

Le psaume 51 est attribué à David, suite à son adultère.
• David commence par nommer Dieu. Ensuite il reconnaît humblement sa faute. Il est pécheur depuis sa naissance.
• Après l’aveu vient une longue supplication : « Détourne ta face de mes fautes. Crée en moi un cœur pur. »
• Mais il garde la confiance, la certitude d’être sauvé, à cause de la miséricorde de Dieu.
• A la fin, comme la plupart des psaumes de ce genre, la prière s’élargit à toute la communauté : « Accorde à Sion le bonheur ».

Le psaume 79 est une prière collective. On expose la situation : Jérusalem est en ruine. Tout cela est venu à cause de nos fautes anciennes : Pitié, délivre-nous, efface nos péchés. Alors nous, ton peuple, nous pourrons proclamer tes louanges. Voir aussi les psaumes 6, 32, 38, 102, 130, 143.

Dans l’Évangile, il est souvent question de conversion. Jean-Baptiste prêche un baptême de pénitence (Mat 3, 2), exigeant une conversion effective (Luc 3, 10-14).

Jésus, commence son ministère en proclamant :
« Convertissez-vous » (Marc 1, 15). « Si vous ne changez pas de vie, vous périrez tous » (Luc 13, 2-5).

Il faut se reconnaître pécheur, comme l’enfant prodigue (Luc 15, 11-32) ou le publicain (Luc 18, 9-14). Avant de guérir le paralysé, il lui remet ses péchés (Mat 9,2). Il ajoute aussi « Ne pèche plus » (Jean 5, 14 et 8, 11).

Les apôtres, à leur tour, prêchent la pénitence
(Marc 6, 12 ; Luc 24-47).

Au début de chaque Eucharistie, nous sommes invités à demander pardon pour nos fautes : Seigneur, prends pitié.

Le Carême est un temps de pénitence et de conversion.

Nous sommes foncièrement pécheurs. Mais Dieu est essentiellement Père. Ce que nous considérons comme catastrophique - avec un peu de dépit parfois - ne l’est pas aux yeux de Dieu. C’est dans la mesure où nous croyons à l’amour de Dieu, où nous sommes sûrs qu’il veut nous pardonner, que nous avons le courage d’avouer nos limites et que peut fondre notre cœur. Ce que Dieu attend de nous c’est une confiance illimitée.

Une prisonnière raconte :
« J’ai été victime et après j’ai été coupable. La prison m’a permis de réfléchir et j’ai rencontré Dieu. Depuis, je ne suis plus seule. Je suis aimée telle que je suis. J’ai l’espoir, j’ai la lumière en moi. Je me dit : le reste de ma vie sera fleuri. Dieu, pour moi, est une cascade d’eau. »

Prier avec ma journée

Le soir, il est bon de revenir près du Seigneur pour revoir avec lui ce qui s'est passé aujourd'hui. Quelques mots peuvent jalonner ce temps de prière.

Me voici devant toi, Seigneur. Tu as été avec moi à chaque instant de ce jour. Je t'adore, présent dans mon cœur. Eclaire-moi par ton Esprit Saint.

Merci pour les merveilles de ton amour, pour ton travail dont j'ai été témoin en moi et autour de moi, tout ce qui allait dans le sens de l'amour, de la vie, même quand c'était difficile.

Pardon de t'avoir souvent oublié ; pardon pour mes résistances, mes duretés, mes lâchetés.

S'il te plaît, accorde-moi la grâce de t'aimer davantage, de vivre en ta présence. Je ne sais pas ce que tu me prépares pour demain, mais je dis oui d'avance. Je te fais confiance, je suis ton enfant. Fais-moi aimer ceux que je rencontrerai, comme toi tu les aimes.

Une prière filiale

« Une femme oublie-t-elle son enfant ? Même si celles-là oubliaient, moi je ne t’oublierai pas » (Is 49, 15). Jésus insiste. Dieu est meilleur que tous les pères de la terre ; sa sollicitude et sa tendresse sont infinies : le père miséricordieux (Luc 15, 11-32).

Ceux qui croient en Jésus sont réellement enfants de Dieu (Jean 1, 13 ; 1Jean 3, 1) et participent à sa nature (2Pierre 1, 4 ; Gal 4, 7). L’Esprit murmure au fond de nos cœurs : « Abba, Père » (Rom 8, 15).

La seule prière que Jésus nous a apprise est le Notre Père. Il faut nous adresser à lui avec une confiance totale et nous faire tout petits.

Les différentes formes de prière dont nous avons parlé sont toutes bonnes, dans la mesure où elles sont d’abord filiales.

« Notre Père : Que ta volonté soit faite »
Mon Dieu, je t’aime
Père, je t’aime
Jésus, je t’aime.

L’esprit filial se traduit par une attitude d’abandon à la Providence. Dieu s’occupe de moi.

« Il est sur cette terre un arbre merveilleux
et son fruit délectable s’appelle l’abandon.
Il me donne en ce monde un océan de paix. »
Ste Thérèse de l’Enfant Jésus

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Message par jaimedieu le Mer 17 Déc 2014 - 5:06

17 – LA PRIÈRE DE DEMANDE


Les hommes ont toujours prié. Prier c’est d’abord adresser à Dieu une demande, en insistant : Je t’en prie. La prière est normale ; elle est conforme à notre condition de créature.

La prière se manifeste extérieurement par des gestes, des signes.

En Asie, on offre des bâtonnets d’encens ou des fruits en l’honneur des ancêtres. Dans les temples bouddhistes certains inscrivent sur des plaquettes les faveurs qu’ils sollicitent.

En Afrique, on offre un sacrifice (poulet, chèvre) aux esprits pour qu’ils soient favorables.

En Amérique Latine, on organise de grandes fêtes populaires en l’honneur des saints. On vénère leurs statues. On retrouve un mélange de rites indiens et africains.

Ce que n’est pas la prière

La prière païenne, consiste à vouloir faire pression sur Dieu (1Sam 4, 1-4). On espère le faire plier par un rite magique (peut-être réalisé par un sorcier). Ou encore on cherche à tromper les esprits et ainsi leur arracher par ruse une faveur. Cette manière de faire est à l’opposé de la prière chrétienne. C’est comme si on disait : « Que ma volonté soit faite … » On voudrait se mettre à la place de Dieu, ce qui serait scandaleux.

La vraie prière de demande


Dieu veut notre bien. Il sait ce qui est le meilleur pour nous. Il voit les choses à long terme, c'est-à-dire en vue du ciel.

Il a donc décidé depuis toujours de nous donner ce qui nous convient. Mais il veut que nous lui demandions cela dans la prière. Donc, lorsque nous prions, nous entrons dans son plan. Et après cette prière Dieu nous donne ce qu’il a décidé.

Mais nous ne savons pas clairement si notre demande est conforme au projet de Dieu. Aussi nous devons toujours nous soumettre d’avance à sa décision. Je te demande telle chose, si c’est bien cela que tu veux pour moi. J’accepte avec amour ce que tu vas me donner et déjà je te remercie.

La prière dans la bible


Dans la Bible on lit beaucoup de prières de supplication : Abraham prie pour les villes pécheresses (Gen 18). Moïse intercède pour le peuple (Ex 32, 31 ; Nombres 14, 13-19 ; Deut 9, 26 ; 10, 10-11). Il prie sur la montagne pendant que les soldats combattent (Ex 17). Beaucoup de psaumes sont des prières de demande (25, 28), ou même d’indignation : Seigneur, pourquoi dors-tu ? (44, 24).

Jésus a beaucoup prié : pour ses apôtres (Luc 6, 12 ; Jean 17, 9) ; pour Simon, en particulier (Luc 22, 32) ; pour tous ceux qui croiraient en lui (Jean 17, 20). Il a surtout prié pour tous les hommes, sur la croix. Et Marie, devenue Mère, a prié et souffert aussi pour nous.

Saint Paul a le souci de toutes les Eglises (2 Cor 11, 28 ; Eph 1, 16 ; Col 1, 9). Il recommande de prier en tout temps (Eph 6, 18 ; 1Thes 5, 17) pour tous les hommes, par des prières d’intercession et d’action de grâce (1Tim 2, 1-4).

Jésus nous demande de prier


• Afin que Dieu soit servi et glorifié par les hommes : Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne, que ta volonté soit faite …
• Afin que Dieu prenne soin de nous : Donne-nous aujourd’hui notre pain … Pardonne-nous … Délivre-nous …
• Priez le Maître de la moisson (Marc, 10,1-9)
• Il faut prier, même si, bien sûr, Dieu connaît d’avance nos besoins (Mat 6,32).
• Il faut prier avec persévérance, sans se décourager « Demandez et on vous donnera (Luc 11,9). Prier sans cesse (Luc 18,1), jour et nuit (18,7), en tout temps (21,36). »

Dieu s’intéresse-t-il a nos besoins quotidiens ?


Dieu connaît nos besoins. "Dieu veille sur ceux qui le craignent" (Ps 33, 18 ; Mat 7, 9-11). Il s’occupe toujours de nous, parfois de façon étonnante. C’est ce qu’on appelle la Providence. Il mène les événements de façon à ce que nous ayons ce qu’il nous faut. « Avez-vous manqué de quelque chose ? » dit Jésus à ses apôtres. Ils répondirent : « Non, de rien » (Luc 22, 35). Il faudrait que nous fassions davantage attention à tout ce que Dieu nous a donné : famille, éducation, nourriture, l’eau, le soleil, etc. … Savoir dire merci pour tout. Peut-être sommes-nous aveugles.


Souvent Dieu ne donne pas ce qu’on lui demande

Mais un problème se pose : Il y a des cas où l’on n’obtient pas des choses pourtant nécessaires, comme la santé. Des gens disent : J’ai beaucoup prié, mais je n’ai pas reçu ce que j’avais demandé. Est-ce à Dieu de changer ? N'est-ce pas à nous de nous adapter à son projet ?

Cependant on ne prie jamais en vain. Dieu donne toujours quelque chose, mais pas nécessairement ce que nous désirions. Souvent c’est mieux que ce que nous avions demandé. Par exemple, quelqu’un priait pour sa guérison. Il n’a pas été guéri, mais Dieu lui a donné une grande paix et la force de supporter son mal. Dieu a jugé que c’était cela qu’il lui fallait.

Dieu est déroutant. Il a des dons très grands à nous faire, alors que nous nous contentons de miettes.

Si nous entrons dans un chemin de prière, nous ne sommes plus les mêmes. Nous prenons consciences de notre petitesse ; nous devenons plus disponibles. Notre confiance grandit. Dieu élargit notre cœur pour qu’il soit ouvert à la grâce. Il nous transforme à son image. Nous devenons des hommes nouveaux.

Que faut-il demander ?

« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît » (Mat 6, 33).

« Demandez les grandes choses ; les petites vous seront données par Dieu » (St Clément d’Alexandrie).

On ne demande pas n’importe quoi, des choses insignifiantes. Il faut chercher ce qu’il y a de meilleur. « Votre Père du ciel donnera de bonnes choses à ceux qui les lui demandent » (Mat 7, 11). Quelles sont ces « bonnes choses » ? Saint Luc (11, 13) nous l’explique : c’est l’Esprit Saint. En réalité qu’est-ce que je cherche au fond de moi ? Dieu lui-même, Dieu présent dans mon cœur, Dieu au milieu de mes soucis, de mes souffrances. Sa présence change beaucoup de choses.

En définitive, ce qu’il faut désirer, c’est l’union à Dieu lui-même et ses dons spirituels. Le Créateur et non pas les créatures. Les plus grands biens de la terre ne sont rien à côté de Dieu.

La prière d’intercession

Un des signes que la prière est bonne, c’est son ouverture aux autres. Est-ce que notre prière fait une place suffisante aux nécessités de notre entourage ? Est-elle branchée sur les grands besoins du monde ? Et également sur toutes les souffrances cachées de ceux qui manquent d’amour et qui ont perdu l’espoir ?

Mais le plus grand malheur, c’est le péché. Il faut prier pour ceux qui vivent dans le mal et y sont tellement enfoncés qu’ils n’ont plus la force ni le désir d’en sortir.

Jésus a passé une nuit entière avant de choisir ses apôtres. Intercéder auprès de Dieu, demeurer immobile dans la prière fait partie de notre mission. La maman qui prie pour ses enfants, pour qu’ils reviennent à la foi, ou pour que Dieu choisisse parmi eux un prêtre, remplit pleinement sa tâche.

Supplions le Seigneur. Si nous baissons les bras, l’humanité ira plus mal et ce sera en partie de notre faute. La prière est le contre poison du péché. Elle est l’oxygène du monde, qui étouffe à cause de la course à l’argent et à la technique. Les priants ont un rôle irremplaçable dans l’écologie du Corps Mystique.

Quelle est la meilleure manière de prier ?

• Avoir un cœur humble

Chez les hommes qui prient, la parole et la demande doivent être paisibles et modestes. Pensons que nous sommes en présence de Dieu. Il faut que le regard divin trouve plaisir à l’attitude du corps et au ton de la voix. Le Seigneur nous ordonne de prier dans le secret, dans des lieux cachés et retirés, ou simplement dans notre chambre.

« Dans le temple, à côté du pharisien, le publicain priait. Il ne levait pas les yeux avec effronterie, il ne tendait pas les mains avec insolence. Il se frappait la poitrine, il reconnaissait ses péchés intérieurs et cachés, il implorait le secours de la divine miséricorde … et sa prière fut exaucée par celui qui pardonne aux humbles » (St Cyprien).

Nous aussi, gardons-nous d’exiger de Dieu des garanties (Judith 8, 14-18). Ayons un profond sentiment de notre misère. Quand nous prions sincèrement, nous devenons humbles, notre cœur fond d’amour. Prier, c’est être prêt à recevoir les dons que Dieu a prévus pour nous ; accueillir ce qu’il nous donne, comme il le donne.

• Prier avec confiance

« Le Seigneur est avec moi pour me défendre.
Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur
Que de compter sur les hommes » (Ps 118, 6-9)
« Dieu est mon rocher, mon salut,ma forteresse». (Ps 62, 2)

Jésus demande à ses disciples une confiance absolue dans le Père du ciel : « Ayez foi en Dieu … Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera accordé » (Marc 11, 22-24). Il va jusqu’à leur reprocher d’avoir manqué de foi parce qu’ils n’ont pas pu guérir un possédé (Marc 9,19).

Il leur propose comme modèle les enfants (Mat 18, 3). Telle doit être notre attitude avec le Père du ciel : confiance et amour.

• Remercier

Voilà ce qui est important. Beaucoup demandent mais oublient de remercier… Par là, ils semblent considérer que ce qu’ils ont reçu leur était dû. Lorsque Jésus guérit les 10 lépreux, un seul pense à revenir lui dire merci. Jésus souligne combien leur attitude n'est pas correcte (Luc 17, 17).

Si on ne remercie pas pour les dons visibles, faciles à constater, à plus forte raison on négligera de remercier pour les grâces spirituelles, pourtant les plus importantes, puisqu’elles nous font ressembler à Dieu.

La prière nous rend plus attentifs aux innombrables cadeaux dont Dieu nous comble chaque jour et que nous ne voyons plus, tellement nous y sommes habitués. Or, tout vient de lui : « Qu’as-tu que tu n’aies pas reçu ? » (1Cor 4, 7).

Donc la supplication doit toujours être accompagnée d’action de grâce (Phil 4, 6). Quand on dit « S’il te plaît », ne pas oublier d’ajouter aussitôt « Merci ». « Car éternel est son amour ». (Ps 118 et 136).

Pour bien remercier, il est important de savoir se taire, regarder, méditer, comme Marie. Prier sans cesse, c’est être attentif à tout ce que Dieu fait en nous et autour de nous.

Est-ce que nous voyons assez tous les signes que Dieu nous envoie ? Est-ce que nous écoutons les réponses qu’il nous donne de multiples manières ?

• Par Jésus Christ

Enfin, notre prière doit passer par le Christ qui s’est fait homme : il est devenu notre intercesseur, notre avocat. « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom il vous le donnera » (Jean 15, 16).

Toute prière humaine est appelée à entrer dans la grande prière de Jésus qui présente à son Père les besoins de des hommes. C’est pourquoi l’Église conclut ses demandes par ces mots : « Par Jésus Christ, notre Seigneur ».

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Message par jaimedieu le Jeu 18 Déc 2014 - 5:29

18 – LES FRUITS DE L’ORAISON


La pratique de l’oraison produit de nombreux effets : déjà le fait d’arrêter volontairement toutes nos occupations pendant quelques minutes est important. C’est une occasion de prendre du recul par rapport à l’instant présent et de nous demander : Où est-ce que j’en suis ? Qu’est-ce que Dieu me demande en ce moment ?


Je veux ce que tu veux

Le principal fruit de l’oraison est qu’elle nous apprend peu à peu à quitter notre volonté propre et à vouloir ce que Dieu veut. La personne qui prie devient docile, disponible à tout. Elle est de plus en plus orientée vers Dieu

Le cours de nos pensées, tournées en général vers ce qui nous plaît, se dirige vers Dieu et vers les choses spirituelles. De cette façon, l’Esprit Saint est plus libre pour réaliser activement en nous son travail de rééducation et de sanctification. Maintenant, il le fait, non plus tout seul, mais avec notre participation.

Il agit dans le cœur profond. Mais comme nous sommes en grande partie aveugles, nous avons à peine conscience des richesses qu’il nous apporte.

Il nous sanctifie par sa présence. Il répand en nous ses grâces et nous réconcilie avec le Père.

En face de Dieu on ne peut plus cacher ses fautes. L’oraison, c’est l’heure de vérité. Elle nous permet de nous connaître et de changer. Alors l’Esprit Saint guérit nos blessures et efface nos péchés.

Il nous fortifie contre les attaques du démon, nous rend victorieux des tentations, en particulier de la chair. Il nous purifie lorsque le contact avec le monde corrompu (le mensonge, l’argent, les médias…) nous a salis.

Après des années d’oraison, on passe de la méditation des actions de Dieu, dans la Bible, à la contemplation de Dieu lui-même qui est à l’origine de ces actions.

Nous ne cherchons plus seulement les dons de Dieu, mais l’Auteur des dons, Sa beauté fascinante nous révèle qu’il est le bonheur, qu’il peut guérir nos tristesses et combler nos insatisfactions.

L’oraison donne le goût de l’Écriture Sainte et surtout de l’Eucharistie. Chez les prêtres, elle les aide à rompre avec l’habitude qui risque de faire d’eux des fonctionnaires de la Parole et des Sacrements.

L’oraison est un secret merveilleux. C’est comme si, avec un portable, j’étais devenu capable de communiquer avec le ciel, de dialoguer avec les trois Personnes divines, à tout moment. Elle me révèle que mon cœur est un paradis où Dieu se plaît.


Une vie plus sereine


La prière est source d’unité. Elle permet d’éviter la dispersion, le gaspillage des forces physiques et nerveuses. On accepte de ne plus tout diriger, de lâcher prise, de s’abandonner. On croit à la Providence. Quelqu’un s’occupe de nous : alors que nous étions inquiets, finalement tout s’est arrangé.

Sentiment de paix dans l’agitation ou l’inquiétude. Dieu est là. Sécurité, même au milieu du danger.

Au Congo démocratique, pendant la guerre, une femme fait 20 km avec une charge, dans une région où circulent des bandes armées. Une religieuse lui demande : « Vous étiez seule ? – J’étais avec Jésus ».

On vit dans le présent. On essaie de ne pas rêver au passé, ni de se projeter inutilement dans l’avenir. L’humeur n’est plus variable comme le temps. Soleil ou pluie, chaleur ou froid, qu’est-ce que cela ? L’important c’est Dieu. Lui ne change pas. Il est notre appui.

Chaque matin on se remet à la disposition de Dieu, entre ses mains. On quitte la maîtrise de ses projets personnels pour entrer dans le plan de Dieu, que l’on découvre peu à peu. On apprend à vivre au jour le jour. Bien sûr, on a un travail, un emploi du temps, mais sans s’y attacher. On est prêt à changer d’orientation si les circonstances le demandent. On s’adapte aux imprévus. Les contrariétés nous touchent moins.

Il y a comme une distance entre nous et ce qui se passe, et cela, même au milieu de grandes souffrances: l’homme qui prie en arrive à vivre dans la paix. Sa joie sereine, sa tranquillité et sa force viennent d’ailleurs. Les joies et les tristesses de la vie courante l’affectent moins. Ce qui le réjouit, c’est Dieu; ce qui l’attriste, c’est le péché. Cette sérénité ne vient pas seulement de son tempérament ou de sa culture (Asie). Elle est un don de l’Esprit, basé sur la foi en la présence de Dieu en soi. Dans l’oraison « le Christ est notre repos et notre consolation » (St Bernard).


Plus de profondeur

On souffre d’entendre des conversations banales, superficielles ou grossières. Ce qui paraît important aux gens de la rue est bien pâle et nul à côté des choses de Dieu.

On éprouve une grande endurance face aux soucis, à la douleur, à la maladie, à la mort.

La prière fait tout juger d’une manière nouvelle, à la lumière de Dieu. Elle aide à résoudre bien des problèmes et permet de faire des choses qui paraissaient impossibles auparavant.


Une vie de charité


Le caractère s’améliore. Les défauts naturels s’effacent peu à peu, même s’il reste toujours des imperfections. On devient doux, facile à vivre.

Envers les autres, l’oraison change le comportement. Si Dieu est présent en moi, il l’est aussi dans mon frère, dans l’inconnu que je croise dans la rue. J’essaie d’aimer sincèrement ceux que je côtoie, comme Dieu les aime. D’où une grande bonté envers les personnes. On les regarde d’une manière nouvelle. Celui qui prie est plus attentif aux autres. Il y a chez lui une qualité d’écoute, devenue rare dans le bavardage actuel. A force d’écouter Dieu, on est porté à écouter les autres.

On ne classe plus les gens. Les parents essaient de ne pas juger leurs enfants. Vis-à-vis d’eux, ils se situent en gérants et non en propriétaires.

La prière permet d’aimer davantage ceux pour qui on éprouve de l’indifférence et même, ce qui est le sommet, d’aimer les ennemis.

Au plan de l’action, ces gens-là sont solides. On peut compter sur eux. Ils ne se déroberont pas dans les moments difficiles.

Les priants se reconnaissent entre eux et se retrouvent volontiers. Dans le milieu de travail, quand des personnes se réunissent pour prier, cela change beaucoup l’esprit du groupe.

Tout cela se fait par la seule Présence de la Sainte Trinité. Dieu agit directement sur l’âme du priant. Il opère tous ces changements d’une manière souterraine. Les effets sont rarement perçus, pourtant ils sont réels. « Tu as beaucoup changé », dit-on à celui qui prie. Pourtant, lui, s’en aperçoit à peine.

On ne perd jamais son temps à prier, même si on ne sent rien.

Quand je prie, même si je ne sens rien, je sais, dans la foi, que Dieu agit puissamment en moi et qu’il sauve le monde.
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Message par jaimedieu le Ven 19 Déc 2014 - 5:46

19 – PRIER EN ÉGLISE


Le Christ prie au nom des hommes

Le Christ, HOMME-DIEU, est la tête, « l’aîné d’une multitude de frères » (He 2, 10). Autrefois, il priait seul sur la montagne. Le sommet de sa vie terrestre fut l’offrande du Calvaire. Maintenant, il vit sa prière de louange et d’intercession solidairement tous les hommes.

A la messe, il est là, ressuscité, glorieux, vainqueur du péché, renouvelant son sacrifice « pour la gloire de Dieu et le Salut du monde ».


L’Église unit sa voix à celle du Christ

Saint Paul prend la comparaison du corps humain. « Tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est de même du Christ » (1 Cor. 12, 12). « Il est la Tête du Corps qu’est l’Église » (Col. 1, 18 ; Eph. 1, 22).

L’Église, Corps du Christ rassemble l’humanité, présente à la fois sur la terre, au ciel, et au purgatoire (Eph 1, 9-10 ; 4, 1-6 ; Jean 1, 13). C’est une immense symphonie à plusieurs voix : le chant triomphal des élus, avec en premier lieu la Vierge Marie, la prière douloureuse des défunts en marche vers la lumière de Dieu, la supplication des pécheurs, la louange des fidèles.

Tous se complètent et se fondent dans le chant unique de l’Esprit de Jésus. Personne ne peut faire une prière parfaite. Mais chacun participe, en disant « Père » à sa façon. L’ensemble ne forme qu’un seul corps vivant, en communion les uns avec les autres.


L’Église présente à la prière du monde


La mission essentielle de l’Église est d’accomplir perpétuellement cet office de louange et d’adoration en participant au sacrifice du Christ.
Tous les fidèles s’y associent : le pape, les évêques, les prêtres, les contemplatifs, les fidèles, le prisonnier, le malade, la mère de famille, l’homme fatigué. « Chaque prière, fût-elle celle d’un petit berger qui garde ses bêtes, c’est la prière du genre humain » (Bernanos).

L'univers tout entier y est associé : « Il y a beaucoup d’étoiles… et cependant, il n’y en a pas une qui ne soit nécessaire pour louer Dieu » (Claudel).

Membres du Christ (Eph 4, 16), nous sommes liés les uns aux autres. Cette solidarité entre tous les membres du Corps s’appelle la Communion des Saints.


L’Église est mon lieu de prière


Quand je viens à l’oraison, je me situe au milieu de la grande assemblée de mes frères, en communion avec tous. Je rejoins ce peuple immense de pécheurs et de saints. Je prie avec eux.

Ma prière est greffée sur celle du grand Corps vivant qu’est l’Église. Je me coule dans cette prière multiforme. Je pense à mes amis du ciel, et avant tout Marie. Je n’oublie pas les âmes du purgatoire qui attendent nos prières et intercèdent pour nous. Je me souviens de tous ceux qui sont intervenus dans ma vie, de tous les habitants de la terre.

L’Église est le sacrement du salut, ma Mère au plan de la foi. L’oraison est le moment de prendre conscience de tout ce que je lui dois.


Tous pour un


Par l’Église, j’ai à moi la prière de tant d’hommes et de femmes à travers le monde. Dieu me donne tous ses fils comme frères. Ils prient pour moi.

Je suis entraîné par eux. J’ai besoin d’eux pour qu’ils construisent en moi l’enfant de Dieu, à l’image de son Fils. Ils m’aident dans ma prière, quelles que soient mes imperfections, mes lourdeurs.

Quand nous nous réunissons pour apprendre à faire oraison et que nous prions ensemble, nous nous portons les uns les autres.


Chacun pour tous

A mon tour, je peux aussi donner quelque chose. Je suis heureux de savoir que les autres ont aussi besoin de moi. (1 Cor 12, 21-27).

Je participe à la prière de l’Église comme membre actif. Quand je prie, j’exerce mon influence sur tout le corps. Je prie pour eux, en leur nom. Les saints du ciel se réjouissent à cause de moi : je leur donne le motif d’une nouvelle louange.

J’aide l’Église de la terre : par moi, sa foi augmente ; elle annonce mieux la sainteté, la beauté, l’amour de Dieu. "Le plus petit acte de pur amour est plus utile à l'Église que toutes les autres œuvres réunies" (St Jean de la Croix).


Toute prière est missionnaire


Pendant mon oraison, j’essaie de penser, au moins de temps en temps, que ma prière est universelle. Elle est :

- louange, action de grâce pour ce que fait l’Esprit chez les hommes, pour les fruits variés qu'il fait naître à travers les différentes cultures

- demande de pardon pour les péchés du monde, y compris pour mes péchés personnels qui défigurent l’Église

- intercession pour l’Église, pour telle catégorie, pour ceux qui vivent des situations de détresse, pour ceux qui désespèrent.

Sainte Thérèse marchait pour un missionnaire.

Une carmélite témoigne : « Je porte le monde entier dans ma prière ».
Charles de Foucauld a célébré l’Eucharistie au cœur d’un peuple qui n’avait pas encore reçu la Bonne Nouvelle.

Dans mon oraison, je dois me sentir responsable de la vitalité de l’Église entière et à travers elle, du bonheur de tous les hommes. Le contemplatif a naturellement une vision universelle. Il désir contribuer au salut du monde. Il s'intéresse à tous les grands problèmes et à tous les pays. Il serait prêt, comme le Pape, à partir jusqu'au bout de la planète.

Un jeune prêtre de Chine, très isolé, écrit : "Je ne peux pas vous exprimer mon émotion quand j'ai su qu'en Roumanie, un pays si lointain, il y a une Sœur qui s'engage à prier pour moi ! Je sens réellement la communion dans le Corps Mystique du Christ. Merci de prier pour moi pour que je fasse la volonté de Dieu".
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Message par jaimedieu le Sam 20 Déc 2014 - 6:35

20 - PRIER AVEC MARIE


Marie nous mène à Jésus

Marie est Mère de l’unique Sauveur des hommes. « Elle n’ajoute rien à Jésus Christ. Elle est tout entière intérieure à son mystère » (Saint Jean Eudes). On doit la regarder comme inséparable de son Fils. Elle l’accompagne au long de sa vie, communiant à ce qui habite son cœur : Bethléem, Nazareth, Cana, le Vendredi Saint. Sur la croix, Jésus lui confie Saint Jean et tous ceux qui croiront en lui. Elle est au Cénacle, priant avec les disciples et demandant l’Esprit Saint. Elle accompagne l’Église naissante.

Marie ne fait pas d’ombre au Christ. Au contraire, la Vierge est celle qui, de façon la plus sûre, nous conduit vers Lui. Se mettre à l’école de Marie, c’est porter ce même regard, tour à tour interrogatif, douloureux, radieux, de la Vierge sur le mystère de son Fils.

« Si donc, nous établissons la solide dévotion de la Très Sainte Vierge , ce n’est que pour établir plus parfaitement celle de Jésus Christ » (Saint Louis Marie Grignion de Montfort).


Marie la première des croyants

Marie est la première qui a cru, avant les apôtres et plus qu’eux. Témoin unique, elle n’a pas faibli à la croix. Marie a découvert peu à peu sa vocation de mère du Rédempteur, puis de mère de tous les hommes. Elle marche devant l’Église.

« La Sainte Vierge est le chemin que Dieu a pris pour venir à nous. Elle est donc le chemin que nous devons prendre pour aller à lui »
(St Louis-Marie G.).


La prière de Marie, modèle de la nôtre


Sa grande attitude spirituelle est la foi, produisant en elle l’attente et le désir. A l’Annonciation elle est d’une disponibilité totale : « Voici la servante du Seigneur ». Pourtant elle ne comprend pas tout.

Nous pouvons nous inspirer de sa façon de prier. Ainsi dans le Cantique de Marie (Magnificat), elle renvoie tout à Dieu en action de grâce pour les merveilles qu’il accomplit. Elle nous dit que la prière est d’abord louange : « Exulte mon esprit ».

La plus belle prière de demande est celle de Cana. Marie dit seulement : "il n'ont plus de vin", sans insister, sans savoir ce que Jésus va faire. Elle lui fait confiance. A nous aussi : elle dit : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Sa prière est missionnaire au Cénacle, au milieu des apôtres et des disciples, pour la naissance de l’Eglise.

A la racine de sa prière, il y a la contemplation silencieuse. « Elle conservait ces choses dans son cœur (Luc 2, 51) en en cherchant le sens » (2, 19).

Marie nous apprend à prier, à faire oraison, comme elle, soumis au Père et disponibles au Saint-Esprit.


Marie est présente à notre vie


Marie participe encore maintenant à la mission de l’Église elle prie pour nous sans interruption. Partout où naît l’Église, elle est là. Elle s'intéresse à tout ce qui se passe dans nos paroisses, notre pays. Elle lutte contre le péché. Elle souffre avec nous.

Elle est là dans nos familles. Elle est là, même dans les choses simples, même dans les conversations banales. Il faut lui parler comme si on la voyait. Pourquoi ne pas l'inviter dans chacune de nos démarches ?

Au lieu de dire : "je vais faire ceci", prendre l'habitude de parler à Marie : "nous allons rencontrer cette personne, nous allons préparer à manger"… Dire, "nous, nous, nous". Penser que Marie, avec Jésus, sont toujours près de nous. Ils nous sourient. Être simples comme des enfants.

Marie aime nous entendre dire : "nous". Faisons-là entrer dans notre vie de tous les jours. St Jean "la prit chez lui". Nous pouvons nous aussi la faire entrer chez nous, c'est-à-dire lui faire une place dans nos journées, ne rien entreprendre sans lui en parler.


L’Église vénère Marie

Marie tient une grande place dans la liturgie, surtout pendant l’Avent, à Noël et à l’Épiphanie. Nous la fêtons le 8 décembre, le 25 mars pour l’Annonciation, le 15 août, fête de l’Assomption, le 8 septembre. Le mois d’octobre est le mois du Rosaire.

Dans tous les pays il y a des églises dédiées à Marie, des pèlerinages, des cantiques, et surtout la récitation du chapelet.


Vivre avec Marie grâce au Rosaire

Le Pape Jean-Paul II a écrit une lettre : Le Rosaire de la Vierge Marie. « C’est ma prière préférée », dit-il. Il ajoute que l’Église lui a toujours reconnu une efficacité particulière.

Cette prière, issue du meilleur de la tradition chrétienne, unit à la fois la simplicité de la dévotion populaire et la profondeur théologique. La répétition correspond à notre nature humaine. Mais elle est également variée : élément visuel (image), énoncé du mystère, lecture de la parole de Dieu, silence…

Essayons d’améliorer la récitation du chapelet par des lectures, des intentions, des chants…

Le Rosaire contient les prières fondamentales du chrétien : Notre Père, dix « je vous salue Marie, Gloire au Père.

Le Rosaire s’attache à contempler avec Marie le visage du Christ. C’est pourquoi le nom de Jésus est le centre du Je vous salue Marie. La méditation des mystères a pour but de le connaître. Elle est un véritable résumé de l’Évangile.

On est invité à contempler quelques événements majeurs vécus ensemble par Jésus et Marie. La liste de ces mystères est très ancienne. Mais elle peut être modifiée ou complétée.

o Mystères joyeux : l’Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Présentation de Jésus au Temple, Jésus retrouvé au Temple.

o Mystères douloureux : l’Agonie de Jésus, la Flagellation, le Couronnement d’épines, le Portement de croix, le Crucifiement.

o Mystères glorieux : la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption de Marie, le Couronnement de Marie au ciel.

A ces mystères traditionnels, le Pape Jean-Paul II a proposé d’ajouter les principaux mystères de la vie publique du Christ :

o Mystères lumineux : Le Baptême au Jourdain, les Noces de Cana, l’Annonce du Royaume et l’invitation à la conversion, la Transfiguration, l’institution de l’Eucharistie.

Au cœur du monde, le Christ avance, porteur de lumière dans un monde que la nuit envahit. Ses disciples, en le priant, essaient de marcher à sa suite et de devenir à leur tour, des porteurs de lumière.

Le chapelet nous aide à contempler le visage du Christ, en compagnie de Marie. Cette fréquentation amicale nous fait entrer de manière naturelle dans la vie du Christ.

On peut également partager avec Marie nos intentions, nos joies, nos difficultés, prier pour telle personne.

La prière du chapelet est simple et facile. C’est un peu la prière des pauvres. Beaucoup l’apprécient, car la répétition est une forme traditionnelle de la méditation. A force de redire certains mots et d’évoquer les mystères, ceux-ci pénètrent en nous ; ils font partie de notre substance. De plus, la grâce nous transforme de l’intérieur et nous rend conformes au Christ, avec l’aide de la Sainte Vierge.

Le chapelet apporte douceur, tendresse, contemplation. Il faut se laisser bercer au rythme de Dieu.

Jean-Paul 2 recommande la prière du chapelet en famille. « Reprenez avec confiance, le chapelet entre vos mains. Qu’il soit une « pause priante », il est particulièrement favorable à la cause de la paix et à celle de la famille ».


Comment prier Marie et les saints ?


Marie, les anges et les saints sont nos amis. Puisqu’ils voient Dieu face à face, en lui ils entendent les paroles que nous leur adressons. C’est pourquoi ils peuvent présenter à Dieu nos demandes.

Nos rapports avec eux sont de confiance et non de marchandage (Je te donne, tu me donnes…). Nous pouvons leur exposer nos besoins, mais non attendre un résultat automatique. La prière n’est pas un acte magique.

Les saints et les anges sont des créatures comme nous. Nous ne leur parlons pas comme nous parlons à Dieu. Faisons bien attention à marquer la différence. Dieu seul accorde ses dons comme il le veut. Les saints sont seulement des intermédiaires.

Demandons-leur surtout la grâce de leur ressembler en imitant leurs vertus, afin que Dieu nous accorde d’avoir part à leur sainteté.

La manière de prier les saints varie suivant les pays. Elle s’adapte aux coutumes locales : rassemblements, pèlerinages, veillées de chants et de prière, etc…


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Message par jaimedieu le Dim 21 Déc 2014 - 6:14

21 – ACTION ET CONTEMPLATION


Le Seigneur veut des oeuvres (Ste Thérèse d’Avila)

Jésus a travaillé de ses mains comme charpentier. Il a supporté la fatigue des voyages (Jean 4,6). Il a guéri les malades, annoncé la Parole. On le voit pressé par la foule (Luc 8, 45). Il n’a pas le temps de manger.

Il parle avec tous. Il n’a pas peur de fréquenter les pécheurs, les pauvres et les petits. La mission est urgente : « Partons ailleurs ; c’est pour cela que j’ai été envoyé » (Marc 1,38). « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 4,34).

Il insiste sur la nécessité de mettre en pratique les enseignements reçus. « Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père » (Mat 7, 21). « L’arbre bon produit de bons fruits » (Mat 7, 17). Il démasque les hypocrites : « Ils disent et ils ne font pas » (Mat 23, 3). « N’aimons pas de parole et en langue, mais en acte et en vérité » (Jean 3, 18; Jacques 2, 14-16).

L’action est le signe que la prière est vraie. Un disciple de Jésus ne peut pas se contenter de bonnes intentions ; il doit être capable d’affirmer la vérité. Dans certains cas, cela entraîne des risques. Monseigneur Romero, évêque au Salvador, est mort pour avoir défendu des populations opprimées.

Prier ne nous dispense pas d’agir. La prière vraie est aussi un engagement à soutenir ceux qui sont dans le besoin. Prier suppose que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour aider nos frères et mettre la paix et la joie autour de nous.

« Personne ne peut séparer prière et action, lutte et contemplation, l’une jaillissant de l’autre. Le Ressuscité t’accompagne partout non seulement à l’église, mais aussi dans la rue, au travail » (Frère Roger de Taizé).


« Le combat pour la justice est une dimension essentielle de la prédication de l’Evangile » (Synode des évêques d’Afrique 1971). Attention à ne pas se contenter de former « une gentille assemblée centrée autour de l’autel » (Jean-Marc Ela, Le cri de l’homme africain).

« Le monde aujourd'hui accorde plus de foi aux témoins qu'aux enseignants, à l'expérience qu'aux enseignements, à la vie et aux actions qu'aux théories » (Jean Paul II La Mission du Christ Rédempteur).

Comme Jésus, nous partageons les conditions de vie des autres hommes, même quand les temps sont difficiles. Avec eux nous essayons de construire un monde meilleur.

En Afrique les communautés les plus vivantes à la paroisse sont aussi les plus engagées dans des actions de développement.

En Europe, les nouvelles communautés de prière ont toutes des fondations réparties dans le monde entier, pour aider les populations en difficulté.

Quand il existe des divisions au sein de l’Eglise – ou des affrontements entre différentes ethnies – les chrétiens essaient d’être des artisans de paix.

Nous devons être des porteurs de lumière et d’espérance, d’abord dans notre famille et notre milieu professionnel. Pour cela Dieu ne nous demande rien d’extraordinaire.

Un coréen, professeur d’université, dit qu’il veille à éviter tout prosélytisme. Mais il prend soin de saluer chaleureusement tout le monde. En fait il constate que plusieurs de ses étudiants ont demandé le baptême.
- « Il y a toujours l’Esprit qui nous pousse, qui nous soutient et qui ne nous lâche pas » (une enseignante à Madagascar).


Mais la première œuvre, c’est se changer soi-même

Quand Sainte Thérèse d’Avila disait à ses sœurs que le Seigneur veut des œuvres, elle ne leur demandait pas de partir évangéliser, mais d’abord d’améliorer leur cœur. Les actes que le Seigneur attend sont d’abord des actes d’amour. La petite Thérèse de l’Enfant Jésus n’a jamais quitté son carmel, pourtant elle est devenue la patronne des missions. Elle désirait ardemment que Jésus soit connu partout ; elle priait pour le monde entier.

Ne nous trompons pas, le premier combat que nous avons à mener doit se passer à l’intérieur de notre cœur, c’est le « combat spirituel ». Nous avons beaucoup de choses à changer en nous avant de prétendre changer les autres.

Mais si nous faisons quelque progrès, notre entourage en bénéficie. Lorsque nous faisons oraison, ceux qui nous voient sentent la présence de Dieu. Dans un milieu familial incroyant, celui qui prie devient un pôle d’attraction. De même dans le lieu de travail. Si nous changeons, le monde changera.


La prière est prioritaire


Notre modèle c’est Jésus. Avant de commencer sa prédication, il se réserve 40 jours de silence, de prière et de jeûne. Souvent, il se lève de bon matin pour prier. Tout le monde le cherche. Pour lui, rencontrer son Père, est prioritaire. Avant de choisir ses apôtres, il passe la nuit entière à prier. « De grandes foules s’assemblaient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans des lieux déserts et là il priait » (Luc 5, 15-16).

Parfois, il interrompt son discours pour s’adresser au Père : « Je te rends grâce ». Jésus pense toujours au Père. Cela apparaît dans la longue prière après la Cène (Jean 17). Il n’entreprend rien que sur l’ordre de son Père et sous l’emprise de l’Esprit. Nous devons essayer de l’imiter.

Jean-Paul II nous avertit, dans sa lettre pour le 3è millénaire : « Que notre programme pastoral soit profondément enraciné dans la contemplation et la prière. (Il faut) résister à la tentation d’activisme. Rappelons-nous à ce sujet le reproche de Jésus à Marthe : « Tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire » (Luc 10, 41-42).

L’échange avec le Seigneur, c’est-à-dire l’oraison, est essentiel. Notre désir de Dieu a besoin d’être ranimé à heures fixes, faute de quoi il s’attiédit. Dans l’oraison on est tout entier au Seigneur. Après, il est plus facile de lui être uni.

L’oraison est plus nécessaire que jamais aujourd’hui. Nous en avons besoin car le travail professionnel est de plus en plus absorbant. Il en est de même pour les activités apostoliques : elles nous appellent de tous les côtés. Dans certains pays les paroisses sont immenses. Où s’arrêter ?


L’important c’est de garder le contact avec Dieu

Dès qu’on a un instant de répit, même au milieu d’un travail pour le Seigneur –par exemple si on prépare une homélie– il est bon de prendre un moment très court, ne serait-ce que quelques secondes.

« Mon Dieu, c’est pour toi que je fais ceci. Jésus, aide-moi ». Un acte d’amour donne valeur à nos travaux.

De même, faire une courte pause quand on change d’occupation est une bonne habitude. Un signe, une image, une parole écrite sur la table ou au mur peuvent constituer un rappel.

Mais prier ainsi au long de la journée est plus facile quand on s’est réservé le matin un temps uniquement pour Dieu dans l’oraison.


Réfléchir et prier avant d’agir

La prière nous rappelle que l’essentiel ne consiste pas à faire le maximum de choses, mais seulement celles que Dieu demande. Il s’agit donc de garder le cœur libre. Ne pas s’empêtrer dans des actions trop envahissantes pour la seule raison qu’elles nous plaisent ou quelles nous semblent souhaitables.

Par exemple, Il y a des prêtres qui entreprennent, sans réfléchir suffisamment, des constructions très importantes. Supposons qu’ils ont décidé de bâtir une église. Ils pensent que cela attirera des gens vers la religion chrétienne. Les voilà donc partis dans ce grand projet. Comme il faut beaucoup d’argent, ils vont en chercher partout, parfois à l’étranger. Après, la construction absorbe toutes leurs forces. La vie paroissiale en souffre. Ne parlons plus d’oraison : ils n’en n’ont pas le temps. Est-ce que cela était absolument nécessaire ? N’est-ce pas plutôt la tâche des laïcs ?

En soi l’idée n’est pas mauvaise. Cependant, avant de commencer, ont-ils suffisamment demandé à Dieu sa lumière ? La conversion est d’abord une affaire intérieure.

D’autres prêtres, issus de milieux défavorisés, désirent aider leur famille. Alors ils se lancent dans des opérations financières plus ou moins hasardeuses : location de maisons ou de bars, etc… Ou encore ils créent une école, un collège et y passent tout leur temps.

Dans ces différents cas, avant de décider, il est important de prier et de réfléchir : Qu’est-ce que le Seigneur attend de moi ? Ensuite il faut demander l’avis de conseillers paroissiaux, et peut-être aussi de l’autorité. Chaque chantier nouveau demande un discernement et une décision prise en commun.


Plus on agit, plus on doit prier

Le but de l’action n’est pas l’action, c’est Dieu. Si on agit par soi-même, on devient possesseur de son action ; on ne donne que soi-même. En réalité, c’est Dieu qui fait tout. Je m’agite, je réalise beaucoup de choses. Est-ce que je fais cela pour Jésus ? Est-ce que je suis persuadé que c’est Jésus qui agit en moi ?

« Notre mission n’est pas seulement de donner des médicaments, mais de donner Dieu aux pauvres. Nous avons besoin de silence pour toucher les âmes. Tous nos mots sont inutiles s’ils ne viennent pas de l’intérieur… Ce qui compte, ce n’est pas ce que nous disons, c’est ce que Dieu nous dit et ce qu’il dit à travers nous » (Mère Teresa).

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, produira beaucoup de fruit » (Jean 15, 5)
« S’il me manque l’amour, je ne suis rien » (1Cor 13,2).
« Seul l’amour est crédible » (Jean-Paul 2)

Plus tu cours, plus tu as besoin de respirer, sinon tu étouffes. Plus on agit, plus on doit prier. La prière est l’oxygène de l’action. Il faut garder l’équilibre, pour se ménager suffisamment de temps avec Dieu. Sans la prière, on risque de perdre de vue l’essentiel et de s’épuiser dans des actions secondaires. L’action sans la prière peut devenir de l’agitation.

Au contraire, prendre du temps pour Dieu permet de réfléchir et de supprimer beaucoup de choses inutiles. Finalement prier, c’est gagner du temps.

Retenons ceci : Un homme efficace qui ne prie pas est un danger public. Inversement, l’homme efficace, c’est celui qui prie.

Les religieux contemplatifs jouent un rôle essentiel dans l’Eglise. De même les personnes âgées, les malades, les handicapés, à condition d’être de vrais priants.


Agir et prier : il faut les deux.


« La prière pour la paix n’est pas un élément qui vient après l’engagement en faveur de la paix. Au contraire, elle est au cœur de l’édification de la paix. Prier pour la paix, veut dire ouvrir le cœur humain à la puissance de Dieu, là où il n’y a qu’obstacles et division » (Jean Paul 2 : Message pour la Journée Mondiale de la paix 1er janvier 2002).

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus note sur la dernière page de son carnet : « N’est-ce point dans l’oraison que les saints Paul, Augustin, Jean de la Croix, Thomas d’Aquin, François, Dominique et tant d’autres illustres amis de Dieu, ont puisé cette science divine qui ravit les plus grands génies. Le Tout-Puissant a donné pour point d’appui lui-même et lui seul. Pour levier : l’oraison qui embrase d’amour, et c’est ainsi qu’ils ont soulevé le monde ».

« Il n’y a qu’un chemin pour trouver Dieu, c’est la prière. Si on vous dit autre chose, on vous trompe », (affirme Ste Thérèse d’Avila). «Un feu ne peut être allumé que par un objet déjà en feu. Mon contact avec représentants de traditions spirituelles non chrétiennes, particulièrement celles de l'Asie, m'a confirmé dan,s mon point de vue que l'avenir de la Mission dépend en grande partie de la contemplation» (Jean-Paul II - Eglise en Asie).

Prière ou action ? Je n’ai pas à choisir. Il faut les deux. « Prier et travailler » (Saint Benoît).

Soyons des contemplatifs missionnaires.


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Message par jaimedieu le Lun 22 Déc 2014 - 5:04

22 – PRIER SANS CESSE

Jésus dit qu’il faut toujours prier (Luc 18, 1 et 7). « Veillez et priez à tout moment pour avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver » (Luc 21,36).

« En tout temps, par la prière et la supplication accompagnée d’action de grâce, faites connaître à Dieu vos demandes» (Phil 4,6)

Un Père ancien insiste : « Que personne ne pense que les prêtres et les moines doivent prier sans cesse et non les laïcs. Tous les chrétiens sans exception doivent de même constamment prier » (St Grégoire Palamas). Et un autre Père : «Le temps qui n'est pas donné à l'oraison est du temps perdu.»

Comment est-ce possible ? Va-t-on rester toute la journée dans sa chambre ou à l’église ? Non évidemment.


Voici quelques moyens

1) Quand le travail ne demande pas une attention trop grande, on peut le faire tout en priant. « En accomplissant mon travail manuel, je prie sans interruption. Je m’assois avec Dieu, tissant des cordes avec des joncs. Je dis : « Aie pitié de moi, Dieu selon ta grande miséricorde, et selon la multitude de tes compassions retire mon péché » (Abba Lucius).

2) Certains travaux qui demandent une attention soutenue ne se prêtent pas à une prière continue. Dans ce cas, on peut quand même, de temps en temps, s’arrêter et adresser à Dieu une courte prière, sous forme de clin d’œil : Seigneur, je fais cela pour toi … Je t’aime …

Dès qu’on a un instant de répit, même au milieu d’un travail pour le Seigneur – par exemple si on prépare une homélie – il est bon de prendre un moment très court, ne serait-ce que quelques secondes. « Mon Dieu, c’est pour toi que je fais ceci. Jésus, aide-moi ». Un acte d’amour donne valeur à nos travaux.

De même, faire une courte pause quand on change d’occupation ou de lieu est une bonne habitude. Un signe, une image, une parole écrite sur la table ou au mur peuvent constituer un rappel.

On peut appeler ça des invocations, des élévations ou des flashes. C’est possible même au milieu d’une lecture spirituelle. Pourquoi ne pas s’interrompre pour dire au Seigneur que c’est pour lui que l’on est là.

« On dit que les moines d’Égypte font des prières fréquentes, mais très courtes et comme lancées à la dérobée, pour éviter que se détende et se dissipe, en se prolongeant trop, cette attention vigilante et soutenue, si nécessaire à l’homme qui prie » (Saint Augustin).

On peut s’habituer ainsi à faire, de plus en plus souvent, des aspirations lancées comme des flèches à tout moment : en commençant le travail, dans le bus, en voyant quelqu’un qui porte un fardeau… Ou encore quand arrive un événement imprévu, une visite, une surprise agréable ou triste, une parole qui blesse ou qui réjouit. Dès que cela me touche, je dis un mot au Seigneur : Je te bénis, je te remercie, même dans la souffrance. Connaître par cœur des versets de psaumes peut être utile. On peut aussi répéter un petit refrain.

Aussitôt que j’ai un moment plus calme, grâce à ce merveilleux portable qu’est l’oraison, je peux entrer en communication avec le Seigneur.

3) Nos frères juifs récitent de nombreuses bénédictions pour la journée. Au lever : Béni soit celui qui redresse les courbés. Pour le repas : Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes (c’est l’origine de notre bénédicité). Pour le coucher etc…

En toute circonstance on peut rendre grâce. Par exemple pour toutes les machines, tous ces travaux, toutes ces inventions des hommes : ce sont des dons de Dieu qui a fait l’intelligence et la force des travailleurs.


4) La prière de Jésus

Les moines d’orient ont coutume de répéter « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, Sauveur, prends pitié de moi, pécheur » des centaines de fois par jour. A la fin, cette prière devient habituelle, même lorsqu’ils sont occupés à une tâche quelconque.

D’autres, en simplifiant cette prière, répètent simplement Jésus, le nom de celui qu’ils aiment.

5) Saint Ignace propose de prendre un petit temps en fin de matinée et le soir pour relire notre vie et rendre grâce. On peut essayer de s’y habituer.

Ainsi, par ces différents moyens, prier sans cesse devient un peu plus vrai. Et en réponse Dieu donne parfois la grâce d’une sorte de présence continuelle à lui-même.

Voilà ce qu’écrit Saint Jean Eudes – en parlant de lui-même : « Je connais un prêtre qui en est venu, en prenant ses repas, à faire presque autant d’actes d’amour de Dieu qu’il prend de morceaux dans sa bouche, et cela sans fatigue d’esprit et avec une telle facilité et douceur que cela ne l’empêche pas de parler et de se recréer avec le prochain ».


Demander la grâce de « prier sans cesse »


D’une manière générale, la première condition, si l’on veut « prier sans cesse » consiste à cultiver le silence. Quand trop de radio ou de télévision nous envahit, la vie intérieure est impossible.

De plus, il faut croire que le Saint -Esprit prie sans cesse en moi. C’est lui qui me donne de prier avec lui, de plus en plus. Il faut faire souvent appel à lui.

Si on ne peut pas interrompre son travail, on peut du moins travailler avec amour. L’amour est le secret de la prière : « Je veux faire ce travail pour toi, avec toi ». « Celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit avec lui » (1 Cor 6, 17). Faire tout à cause de lui, rien en dehors de lui.

Le travail est demandé par Dieu. Travailler comme Dieu le veut est une autre manière de prier. Arrêter l’oraison ou la lecture pour travailler ou encore pour secourir un pauvre, n’interrompt pas l’union à Dieu : c’est quitter Dieu pour Dieu.

La prière dépend de l’intensité de notre amour. Si nous avons un fort désir du Seigneur, son souvenir va nous revenir à tout moment : devant un beau paysage, en rencontrant quelqu’un, en faisant notre travail. Le désir vient surtout de nous grâce à l’Esprit Saint bien sûr. La pensée consciente de Dieu vient du Seigneur ; c’est un don, une grâce de sa part. Cette grâce, on peut, on doit la demander : Seigneur, apprends-moi à prier tout le temps.


L’union à Dieu, fruit de l’oraison

Mais la première condition pour arriver à « prier sans cesse » comme le demande Jésus, consiste à lui consacrer chaque jour des temps réguliers d’oraison. Prier au long de la journée est plus facile quand on s’est réservé le matin un temps uniquement pour Dieu dans l’oraison. On n’y arrive pas d’un seul coup, mais par étapes. C’est un long chemin. Il faut commencer petitement. Au fil des années, on donne plus de temps à la prière.

Ceux qui le peuvent, et en sentent le désir, essaient de faire oraison le matin et le soir. En plus, pour les prêtres et pour ceux qui participent à la messe, il est important de prendre un moment avant la communion et un autre après.

« Les vrais contemplatifs font trois heures d’oraison par jour », disait un grand spirituel (Jean de Saint-Samson). Ce conseil d’un ancien ne s’adresse pas à des débutants mais à ceux qui ont déjà une très longue pratique de l’oraison. De plus, il doit correspondre à un appel intérieur de l’Esprit. C’est une vocation.

La vie d’oraison est possible même pour des personnes qui ont une profession et une famille. Pour cela, il faut s’adapter aux circonstances. Il y a des jours où il est impossible de prier longuement.

Ceux qui ont des insomnies fréquentes prient volontiers la nuit. Ils considèrent ce temps comme une grâce (PS 63,7 ; 77,3 et 7 ; 119, 62).

En conclusion, l’expérience montre que, quand nous donnons du temps à Dieu, Dieu nous rend ce temps.

Ceux qui ont une véritable vie d’oraison font autant de travail que les autres, et même davantage. Le Pape Jean-Paul II en était la preuve et l’exemple vivant. Il priait tout le temps. Cela ne l’empêchait pas d’avoir, malgré son âge, une activité débordante.


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Message par jaimedieu le Mar 23 Déc 2014 - 6:14

23 - PROGRESSER DANS LA PRIÈRE

« Il faut qu’il grandisse et que je diminue » (Jean 3,30)

On a vu (chapitre 7 : Parler et écouter) que l’oraison comporte deux périodes, en général, l’une plus bavarde active et l’autre plus silencieuse et passive.

L’oraison ordinaire doit progresser

Au début, et cela pendant de longues années, on part d’un texte de l’Écriture. On cherche des idées. C’est surtout une réflexion, une méditation. On parle à Dieu.

Ensuite la prière évolue, il y a l’oraison affective. On s’attache au Seigneur, on l’écoute davantage. On essaie de faire sa volonté. Parfois l’oraison est difficile. Mais cette oraison de « misère » n’en est pas moins bonne.

Avec le temps, vient l’oraison de simplicité. Les paroles sont peu nombreuses. L’essentiel c’est la présence de Dieu. Tu es là, cela suffit. Toute l’oraison peut tenir en quelques mots : Merci, Pardon, S’il te plaît, Je t’aime.

Les distractions sont toujours là, mais on ne s’en inquiète pas. On est tellement attaché à l’oraison qu’on désire lui consacrer un temps plus long.

Dans ces différents niveaux de l’oraison, la part de l’homme reste importante. On l’appelle active, même si la grâce est très présente. C’est l’oraison de l’immense majorité des chrétiens. C’est la voie ordinaire. Mais il faut toujours essayer d’avancer plus loin.

Dieu nous attire vers lui. Mais, comme il est infini, notre croissance spirituelle n’est jamais terminée. Pensons que nous ne sommes qu’au début de notre ascension. On peut toujours approcher de Dieu, si on le désire. « Faites encore de nouveaux progrès » (1 Thes 4, 1).

Je dois garder toujours dans le cœur l’idée de progressivité. Dieu me réserve des surprises. Je ne suis pas arrivé au bout de mes découvertes.

Cette croissance se fait au milieu de circonstances imprévues. Elle a ses hauts et ses bas. Elle est faite de morts et de résurrections. Il y a des degrés dans l’intimité du Seigneur.

Tout se passe dans le silence de la prière. Dieu agit, par son Esprit, au plus profond du cœur. Le temps de l’oraison est particulièrement favorable à cette croissance. Nous progressons toujours, alors que nous n’en avons pas conscience. Nous commençons chaque oraison, enrichis par les grâces reçues au cours de l’oraison précédente. Celui qui répond à une grâce en reçoit une autre plus importante. Ainsi la spirale de la vie divine est de plus en plus rapide. C’est l’application de la parabole de talents : « A tout homme qui possède, on donnera et il sera dans l’abondance » (Mat 25,29).

Les signes du progrès


 On se met plus facilement en prière. On prie plus souvent et plus longtemps. On désire faire oraison, même si elle est aride. On ne peut plus s’en passer.

 L’oraison se simplifie. Le texte d’Écriture est moins nécessaire ou même disparaît complètement. Parfois une parole nous est donnée dès le début de l’oraison. On parle moins.

 La prière devient un entretien paisible avec Dieu, ou même une simple présence d’amitié. On est ensemble, c’est tout.

 On pense à Dieu plus souvent. On lui est uni. On sent qu’il est là. On invoque l’Esprit Saint. On répète le nom de Jésus.

 On essaie de faire uniquement la volonté de Dieu. On est plus courageux pour s’engager dans des tâches difficiles. On s’impose des sacrifices volontaires.

 On fait des progrès dans la charité fraternelle. On est plus attentif à écouter les autres. On pardonne plus facilement.

 On garde la paix, la joie, la sécurité en Dieu, la force. On est humble. On se sait pécheur. On accepte les reproches. On cherche moins à se justifier.

 La conscience s’affine. On découvre en soi des péchés dont on n’avait pas vraiment conscience jusque là, tellement ils étaient cachés, l’orgueil, l’attachement à soi-même, le manque d'amour etc…

 On s’attache à Jésus, à ses paroles, à l’Eucharistie. On vit avec lui. On brûle de sa passion pour le monde, pour l’Église. On aime Marie.

 Quelquefois une joie inconnue envahit l’âme. D’autres fois c’est la nuit, mais peu importe, on vit cela dans la foi.

 On accepte, et même on désire souffrir comme Jésus, avec Jésus, par amour de Jésus.

Ces différents signes, et d’autres, montrent qu’il s’est passé quelque chose. Cela n’empêche pas les difficultés et les fautes. Mais on n’en ressent pas de découragement. On vit dans la confiance. Jésus s’occupe de nous.


Conditions de cette croissance

 Être docile à l’Esprit, à ses appels, répondre fidèlement à la grâce.
 Si tout va bien, attribuer ça à Dieu et le remercier.
 Dans le cas contraire, se demander si ce n’est pas de notre faute.
 Se défier de soi-même ; se regarder comme le dernier de tous.
 Accepter la Croix, en union avec celle de Jésus. Agrandir notre désir.
 Vouloir aller toujours plus loin. Ne jamais dire : Assez.
 Attendre l’heure du bon plaisir de Dieu. S’abandonner. Dire oui à tout.
 Après l’Eucharistie, l’oraison est un des moyens les plus puissants pour opérer cette gigantesque transformation.


Laisser Dieu agir en nous


La Bible rapporte plusieurs interventions de Dieu : par exemple quand il s’adresse à Abraham, à Moïse… L’annonciation à Marie est l’initiative la plus admirable de Dieu : c’est le début du Salut apporté aux hommes.

Remarquons l’attitude de Marie : malgré son étonnement, elle dit son accord à la volonté de Dieu. Ensuite, Saint Luc dit que Marie méditait ces événements dans son cœur. L’Évangile rapporte aussi comment la sœur de Marthe, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa Parole.

De même, je n’ai pas à réfléchir ni à parler. La méditation est utile quand on étudie la Parole de Dieu. Mais à l’oraison, c’est le contraire, elle est un obstacle. Ce serait une illusion de penser que l’on peut apporter quelque chose à Dieu. C’est Lui qui a le premier rôle. L’oraison/contemplation consiste à accueillir Dieu, le laisser entrer en nous et lui donner toute la place. S’il fait sentir sa Présence, si une lumière nous arrive, tant mieux. Mais ce n’est pas nécessaire. "La prière chrétienne n'est pas d'abord œuvre de l'homme mais œuvre de Dieu" (P. Caffarel).

« La méditation est … fort utile au commencement de la vie spirituelle ; mais il ne faut pas s’y arrêter, puisque l’âme par sa fidélité à se mortifier, à se recueillir, reçoit une oraison plus pure et plus intime, que l’on peut nommer de simplicité, qui consiste dans une simple vue, regard ou attention amoureuse… vers quelque objet divin, soit Dieu en lui-même, soit Jésus Christ ou quelqu’un de ses mystères … L’âme quittant donc le raisonnement, se sert d’une douce contemplation qui la tient paisible, attentive et susceptible des opérations et impressions divines, que le Saint-Esprit lui communique » (texte anonyme du 17ème siècle, cité par Clorivière).


Qu'est-ce que la contemplation ?


Quand on a fait oraison pendant longtemps, pendant des années, il arrive des moments où l'on éprouve plus le besoin de parler.

Quand une maman regarde le visage de son nouveau-né, son cœur est rempli de joie, de remerciement, d'un bonheur intense. Elle reste là longtemps, cela lui suffit.

Contempler Dieu, c'est être avec Lui. On sait, par la foi, qu'il est là. On pense à Lui, on l'aime. On ne cherche pas autre chose.

On croit que son Esprit agit en nous et qu'il nous accorde beaucoup de grâces. Parfois, on sent quelque chose qu'on n'arrive pas à expliquer. On est heureux. Le Seigneur doit être là. On ne fait qu'un avec Lui. Pourtant, on ne peut pas le voir lui-même, du moins en cette vie. "Personne n'a jamais vu Dieu" (Jn 1, 18). Ce que je ressens parfois, c'est seulement un effet, une trace de sa présence en moi, le résultat de son passage, les transformations qu'il m'apporte.

"J'ai moi aussi reçu la visite du Verge et cela à plusieurs reprises… Mais jamais je n'ai eu le sentiment précis ni de son entrée, ni de sa sortie… Vous me demandez comment j'ai pu connaître sa présence. C'est qu'il est vivant et actif. A peine était-il en moi qu'il tira du sommeil mon âme assoupie. Mon cœur était comme la pierre et malade : il l'a secoué, amolli et blessé. Il se mit aussi à sarcler, arracher, à construire, à planter, à arroser les terres arides, à illuminer les endroits obscurs et à ouvrir les chambres closes ; mieux encore, il redressa les voies tortueuses et aplanit les terrains raboteux, tant et si bien que mon âme bénit le Seigneur et que tout moi-même se prit à chanter les louanges de son saint nom…

"J'ai compris qu'il était là à certains mouvements de mon propre cœur : la fuite des vices et la répression de mes appétits charnels m'ont fait connaître la puissance de sa venue."
(St Bernard. Sermon 74 sur le Cantique)

A d'autres moments, on ne sent absolument rien. Mais ça n'a pas d'importance. Une voix secrète dit qu'il faut demeurer là en silence. "Demeurez en moi, comme moi je demeure en vous".

C'est ça la contemplation. "Une attention simple et fixée uniquement sur son objet, à peu près comme quelqu'un qui ouvre les yeux pour regarder avec amour" (St Jean de la Croix.

La contemplation est un don gratuit, donc il dépend du bon vouloir de Dieu. C'est à lui de décider. Il donne ce qu'il veut, à qui il veut, en tenant compte cependant de la générosité de chaque personne. En général, il accorde la contemplation à ceux qui ont déjà beaucoup progressé et qui essaient de ne rien lui refuser. Un des signes que le Seigneur accorde le don de la contemplation est l'attachement à l'oraison, même si elle est difficile. On y est très fidèle, on ne peut plus s'en passer.

Pour cela, il faut demander l'amour, la lumière, la générosité, l'esprit de sacrifice. Dire oui au Père, faire sa volonté et accepter les croix de chaque jour.


L'oraison est un chemin vers la contemplation

Pendant l'oraison, il faut essayer de se taire en face de Dieu, « mettre son cœur en repos », et rester en silence. J’écarte volontairement les distractions et le sommeil. Il peut arriver que j'aie l'impression du vide, mais, en réalité, Dieu est là.

La plupart des auteurs proposent de faire de temps en temps une invocation. D’autres suggèrent de s’accrocher à un mot très court, par exemple Dieu ou Jésus. On prononce toujours le même mot quand l’attention s’écarte.

Quelques uns conseillent de rester simplement devant le Seigneur. En face du mystère infini de Dieu et de son œuvre, l’attitude qui convient n’est-elle pas le silence, non pas un silence vide, mais un silence rempli d’admiration et d’amour. Cela peut être vécu dans la joie ou dans l’obscurité.

Donc on reste là, simplement, par amour. C’est une inaction volontaire. Cette attitude demande des efforts. Elle ne peut se prolonger indéfiniment. Donc on se fixe un temps, par exemple une demi-heure, ou une heure. Ceux qui ne sont pas capables de rester ainsi ne doivent pas se culpabiliser. Ce qui est possible aux uns ne l'est pas nécessairement aux autres. Chacun doit prier selon la manière qui lui convient.

En résumé, le but de la contemplation est l'union d'amour avec Dieu. Pour s'y préparer, il n'y a pas de méthode, de règle. L'essentiel est de chercher Dieu.

Ce temps est très utile à la fois pour soi-même et pour les autres. Dieu n’est pas ingrat. Il voit la bonne volonté de celui qui s’efforce d’entrer en contemplation. Il lui donne beaucoup de grâces nouvelles. Pourtant la personne n’en a pas conscience en général, au moins à ce moment là.

Dieu accorde également de grandes faveurs à l’Église et au monde.

Tout le monde est capable d’avoir une vie d’oraison profonde. Certains y parviennent à travers des prières vocales, d’autres en faisant des invocations, au long de la journée, à travers les occupations banales et le service du prochain. D’autres enfin par la contemplation silencieuse. Chercher Dieu est autre chose qu’avoir de belles pensées. L’union à Dieu se fait dans la foi de multiples manières.

L’Esprit Saint mène chacun d’une façon particulière. Le Concile Vatican 2 a rappelé que tous les hommes sont appelés à la sainteté. La sainteté n’est pas réservée à une élite. Chacun doit y tendre en réalisant toujours plus la volonté de Dieu. Elle est possible dans la vie même la plus ordinaire. La sainteté ne consiste pas à faire des miracles ou à avoir des révélations, des visions extraordinaires, mais à aimer Dieu de plus en plus.


La foi et l’amour


Progresser c’est passer peu à peu du "faire" à "se laisser faire", de l’oraison active (C’est moi qui prie) à l’oraison reçue (Je sais que Dieu prie en moi).

On demeure dans la foi. « Plus nous avançons en âge, plus nous nous acheminons vers l’éternelle et définitive rencontre avec le Père, moins nous aurons d’attraits sensibles pour aller vers Dieu » (Jean Derobert).

Certains priants ayant une longue expérience disent qu’à l’oraison leur activité se limite à écarter les distractions et le sommeil et à aimer. Ils laissent Dieu agir en eux. C’est Lui qui fait tout. Ils croient que la prière leur est donnée. Ils s’unissent, dans la foi, à la fête, au festin de Dieu.

« La foi et l’amour sont les deux conducteurs d’aveugle qui te mèneront, par des chemins inconnus de toi, jusqu’aux secrets abîmes de Dieu. La foi joue le rôle des pieds qui portent l’âme vers Dieu. L’amour est le guide qui lui montre la route » (St Jean de la Croix Cantique spirituel 1, 1).

Bruno est catéchiste en Éthiopie. Le Père lui dit : « Bruno, je te vois toujours dans l’église. Tu es en train de prier ? – Mon père, je ne peux plus prier. – Comment ? alors tu t’ennuies ? – Non, je ne dis rien Je suis bien. Je suis là, c’est tout ».


La condition du progrès est la mort à soi-même


« Je me livre à toi comme une proie »
(Sainte Élisabeth de la Trinité)

L’obstacle à l’entrée de la Trinité en moi, c’est moi-même. Au centre de mon âme il y a le moi. Entre Dieu et moi, il faut choisir. Dieu a droit à toute la place. La condition pour entrer en contemplation c’est la mort du moi, une désappropriation en faveur de Dieu.

Le Christ est le modèle parce qu'il est tout entier don de lui-même au Père et à ses frères. Le Père n’est autre qu'un mouvement vers le Fils ; le Fils n’est autre qu'un mouvement vers le Père. C’est ce que Jésus a vécu sur la croix : « Il s’est anéanti lui-même en s’abaissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix » (Phil2, 8).

Pour nous cela veut dire « une mort continuelle aux choses extérieures ». Ensuite, « après avoir tout quitté, l’âme se quitte en quelque sorte elle-même…Qu’elle consente à ce que ses puissances deviennent en partie privées de leur opération naturelle… sacrifice bien pénible pour celles qui ne sont pas tout à fait mortes à elles-mêmes » (Clorivière)


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Message par jaimedieu le Mer 24 Déc 2014 - 4:32

24 – LA CONTEMPLATION PASSIVE OU MYSTIQUE


Quand Dieu prend toute la place

« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Gal 2, 20)

L’Esprit prie en nous toujours de manière secrète. Mais chez certains il peut se manifester avec beaucoup de force. L’âme prend conscience de sa présence. C’est une évidence, il n’y a aucun doute : cela vient de Dieu.

C’est tantôt une douceur, tantôt un très grand bonheur. Comme le fer plongé dans le feu devient brûlant à son tour, ainsi l’âme brûle de l’amour de Dieu. Ses péchés lui semblent pardonnés, oubliés.

La prière n’est plus un travail, mais un don. Elle devient naturelle. On se laisse porter. La durée de l’oraison est un signe. On peut rester en contemplation longtemps, par exemple pendant trois heures, sans effort, sans distractions. Au contraire, elle est un repos.

Quelques-uns se sentent vivre comme hors du temps. Le monde habituel leur paraît lointain, irréel, sans intérêt.

Ils reçoivent de grandes lumières.

Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive et sont incapables de l’expliquer.

Mais cet état bienheureux ne dure pas toujours. Parfois, la lumière disparaît ; c’est ce que Saint Jean de La Croix appelle la nuit de l’esprit. Dieu se cache. Lui qui était si proche devient invisible. Alors l’âme est dans le désarroi : Où es-tu ? C’est la souffrance, la nuit totale.

Certains ont même le sentiment étrange d’être rejetés ; Ils éprouvent une conscience très vive de leurs péchés. Ils ont horreur d’eux-mêmes. D’autres sont assaillis par des tentations de blasphème. Cependant l’âme ne doute pas de Dieu : « Tiens-toi en enfer, dit Dieu à Saint Silouane, et ne désespère pas ».

Chez les mystiques, on rencontre souvent cette alternance : tantôt ce sont de grandes lumières et un immense bonheur, tantôt une nuit terrible et des souffrances inexplicables.

"Le Verbe de Dieu, qui est Dieu même et l'Époux de l'âme, vient à l'âme puis la quitte selon son bon plaisir… Une fois le Verbe parti, et jusqu'à ce qu'il revienne, l'âme n'a plus qu'une voix, qu'un cri continuel, qu'un désir sans repos, et comme un perpétuel «Reviens»… Il lui est bien arrivé, certain jour, de feindre un départ, non point qu'il l'eût décidé, mais pour s'entendre dire : "«Seigneur, reste avec nous, car le jour décline»…

Il s'en va et revient, à son gré. Il visite l'âme dès l'aube, et la met à l'épreuve en se retirant soudain. S'il s'éloigne, c'est encore une façon de se donner. Son retour est toujours une libre décision de sa volonté ; les deux mouvements sont pareillement judicieux, mais lui seul en connaît les motifs."
Saint Bernard (Sermon 74 sur le Cantique)

Le mystique désire s’unir à la passion de Jésus en souffrant comme lui, avec lui, dans son âme et dans son corps. « Dieu ne peut être atteint que dans la nuit la plus dense, l’aridité la plus totale, la foi la plus obscure » (Saint Padre Pio).

Cependant, le même Padre Pio ajoute : "je souffre beaucoup, c'est vrai, mais je suis très heureux car, dans la souffrance, le Seigneur ne cesse pas de me faire sentir une joie inexprimable… Il me semble sentir mon cœur battre avec celui de Jésus".

"Entre l'extrême douleur et la joie inouïe du Fils du Père… la joie du Christ crucifié est d'accomplir la mission reçue du Père" (Jean Bancal).

INFUS (littéralement : versé dedans) L’Esprit Saint dépose dans l’âme des dons qui dépassent totalement les capacités normales de celle-ci.

MYSTIQUE désigne ce qui est très saint, très élevé, accessible seulement aux initiés.

PASSIF (supporter, souffrir) veut dire que le sujet est saisi, envahi par Dieu ; il se laisse faire.


Les étapes de la vie mystique

Les auteurs spirituels distinguent en général quatre niveaux principaux, qui correspondent aux 4èmes, 5èmes, 6èmes, et 7èmes demeures du Château intérieur de Sainte Thérèse d’Avila.

Les lignes qui suivent indiquent seulement quelques repères. Mais la réalité est infiniment plus complexe. Chaque mystique a un parcours absolument unique.

 L’oraison de recueillement se caractérise par un sentiment très fort de la présence de Dieu. Pourtant ce n’est qu’un début. On reste encore bien faible. . Il y a parfois des nuits sensibles, pénibles à supporter. Elles adaptent la partie sensible (inférieure) à la partie spirituelle de l’âme.

 Dans l’oraison de quiétude (repos, paix), l’intelligence cesse d’agir pendant un court moment. « Pour avancer sur ce chemin et parvenir à ces demeures si souhaitables, il ne s’agit pas de beaucoup penser, mais de beaucoup aimer » (Ste Thérèse d’Avila). Dieu répand des grâces nombreuses qui purifient l’âme. Il lui découvre, en l'illuminant, une dimension qu'elle ne connaissait pas.

 L’oraison d’union, ou fiançailles spirituelles avec l’Époux. L’âme ressent un très grand amour, une grande connaissance des mystères de Notre Seigneur, un vif désir de louer Dieu et de souffrir pour lui, la volonté de mourir à toutes les choses du monde et à elle-même.

 Vers ce moment, l’âme traverse les nuits de l’esprit, beaucoup plus intenses que les nuits précédentes. Elles sont terribles parce qu’elles s’attaquent aux racines du péché, qui est tellement implanté en nous qu’il fait partie de nous. Mourir au péché, c’est mourir à soi-même. Dieu illumine fortement l’âme qui reconnaît son indignité. Cependant malgré ses souffrances, l’âme sait que le démon ne peut rien contre elle.

 Dans l’union stable ou mariage spirituel, les trois Personnes divines se manifestent. C’est déjà un avant-goût du ciel.

Ces différentes étapes correspondent à des dons que Dieu fait gratuitement à certaines âmes. Ces grâces extraordinaires sont accordées pour le bien de tous, de l’Église entière (charismes). On peut arriver à la sainteté sans les recevoir.

Quant aux phénomènes extraordinaires, comme les visions, les prophéties, le don de guérir ou de faire des miracles, ils n’ont pas de lien direct avec la sainteté. De grands saints, comme Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, n’en ont pas été favorisés. La seule chose que l’on peut et que l’on doit demander, c’est l’amour.


Vers les cimes…

Les mystiques tiennent une place importante dans l’Église. Leurs charismes obtiennent de grandes grâces pour le monde. Un mystique, même très caché, compte plus que mille chrétiens ordinaires.

Dieu désire ardemment se communiquer à nous. Il nous désire infiniment plus que nous ne le désirons.

La vie infuse, l’union à Dieu, est le but de tout homme. C’est notre avenir à tous ; nous l’atteindrons un jour, en ce monde ou en l’autre…


« Nous nous sommes tellement éloignés de la prière que nous sommes arrivés à croire que c’est une activité purement humaine, un appel, un discours à Dieu. Nous ne savons plus que c’est Dieu qui prie en nous.

Prier, c’est se mettre sous l’influence de l’Esprit Saint, se calmer, se recueillir pour laisser sourdre, filtrer, jaillir ce qu’il y a de plus profond en nous pour se rendre dociles à un Autre qui prie en nous.

Prier c’est consentir à plus grand que soi. C’est laisser éveiller en nous, déborder en nous la joie, l’amour du Fils pour son Père.

Il n’y a qu’une prière que le Père aime. Il n’y a qu’une prière que le Père écoute avec ravissement, avec infiniment de joie et de complaisance, c’est le murmure incessant d’amour, de désir, de révérence, d’admiration, de respect, d’action de grâce qui jaillit du cœur du Fils vers le Père. Toute vraie prière est union à cette prière.

Prier, c’est laisser monter de notre cœur jusqu’à nos lèvres l’amour du Fils pour le Père, c'est-à-dire l’Esprit. Prier, c’est se mettre tellement à la disposition de Dieu qu’on le laisse un moment faire en nous ce qu’il veut faire depuis toujours et que nous ne lui laissons jamais le temps de faire » (F. L. Dupire)

« Demeurez en Jésus, non pas pour quelques instants, quelques heures qui doivent passer, mais demeurez d’une façon habituelle, permanente. Demeurez en moi, c’est-à-dire priez en moi, adorez en moi, souffrez en moi, travaillez en moi, agissez en moi. Demeurez en moi pour vous présenter à toute personne et à toute chose, pénétrer toujours plus avant dans cette profondeur… Il me semble qu’au ciel ma mission sera d’attirer les âmes à sortir d’elles-mêmes pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en lui » (Sainte Élisabeth de la Trinité).

« Lorsque l’Esprit établit sa demeure dans l’homme, celui-ci ne peut plus s’arrêter de prier, car l’Esprit ne cesse pas de prier en lui. Qu’il dorme ou qu’il veille, la prière ne se sépare pas de son âme. Tandis qu’il mange, qu’il boit, qu’il est couché, qu’il se livre au travail, qu'il est plongé dans le sommeil, le parfum de la prière s’exhale spontanément de son âme. Désormais, il ne donne pas à la prière une période de temps déterminée, mais tout son temps » (Saint Isaac le Syrien).



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Message par jaimedieu le Ven 26 Déc 2014 - 5:19

25 - UNE ÉCOLE D’ORAISON

Seigneur, apprends-nous à prier

1 - But : apprendre à prier d’une manière personnelle

2 - A qui s’adresse cette école d’oraison ?

A toute personne, jeune ou adulte qui désire prier davantage. Elle est faite en priorité pour ceux et celles dont la mission est d’animer une communauté chrétienne : prêtres, religieux, religieuses, ceux et celles qui se préparent à servir l’Église dans la vocation sacerdotale ou religieuse. Elle s’adresse aussi à ceux qui jouent un rôle important dans leur communauté chrétienne, ceux qui sont engagés dans des activités de développement, enseignement, santé, etc…

Animer la prière de la communauté est une chose ; prier soi-même est une autre. Un catéchiste africain dit : « Quand je dirige la prière du dimanche, je ne prie pas ». Avant de faire prier les autres, il faut soi-même rencontrer le Seigneur.

L’École d’oraison est faite surtout pour des croyants qui prient déjà depuis longtemps, assistent souvent à la messe, parfois de nouveaux convertis fervents, bref des hommes et des femmes qui ont soif d’une vie spirituelle plus approfondie.

3 - Qui peut animer ces Écoles d’oraison ?

Les conseils de ce livre sont le fruit de nombreuses expériences. Ils s’adressent à des prêtres, religieux, religieuses, à toute personne désirant aider ses frères et sœurs à consacrer chaque jour un temps à la prière silencieuse. Vouloir soi-même prier plus et mieux est bien. Mais cela ne suffit pas. Même si on a conscience de ne pas prier suffisamment bien, il faut oser proposer à d’autres de se former ensemble à la prière. Celui qui donne est le premier à recevoir.

Donc créons, là où nous sommes, une petite École d’oraison. Pour cela essayons de réunir une équipe de quatre ou cinq personnes.

4 - L’Équipe


Celle-ci comporte en général un prêtre, des laïcs, des religieuses. En tout, de quatre à six personnes. On répartit les tâches suivant les capacités de chacun : enseignements (si possible, que ce ne soit pas toujours la même personne qui donne tous les enseignements) ; mais également la conduite des temps d’oraison, les échanges

5 - Quelle est la durée de l’École d’oraison ?


Il existe plusieurs possibilités.
 Dans les villes, on fait les réunions le soir pendant six ou sept semaines.
 Là où c’est possible, on prend cinq ou six jours. Ou encore, le programme est réparti sur deux week-ends, du vendredi soir au dimanche soir. Ces formules permettent à ceux qui sont éloignés de pouvoir participer.
 Ailleurs l’École dure deux ou trois dimanches.
C’est à chaque équipe de trouver la méthode qui convient.

6 - Quels enseignements va-t-on donner ?


Le programme ci-joint est très abondant. On ne peut pas donner tout cela. C’est à chaque équipe de choisir ce qui lui paraît le plus important.

Lorsqu’on s’adresse à des débutants ou que l’on dispose de peu de temps, il suffit de prendre parmi les treize premiers chapitres, les autres chapitres peuvent être gardés pour une session d’approfondissement.

Tout enseignement doit être repensé et écrit de manière personnelle. Pour toucher les cœurs, il faut que cela vienne du cœur
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Message par jaimedieu le Sam 27 Déc 2014 - 4:41

DÉROULEMENT D’UNE ÉCOLE D’ORAISON
de cinq jours ou deux week-end


Quand l’École dure cinq jours (ou deux week-ends), espacés de deux mois, chaque matin, il y a une oraison d’une demi-heure. Les premiers jours cette oraison est guidée, avec des temps de silence. L’animateur commence par quelques paroles, comme dans toute oraison : mise en présence de Dieu, appel à l’Esprit Saint. Puis il lit un court texte d’Écriture. De temps en temps, il dit une phrase. Mais il faut veiller à laisser des silences. Chaque jour, la part de silence augmente, afin que les participants apprennent à prier personnellement. Les derniers jours, l’oraison est complètement silencieuse, sauf la lecture de l’Écriture. A la fin l’animateur conclut par une prière.

Les enseignements :

En général, il y en a trois par jour (quelquefois quatre). Avant chaque enseignement, on fait une courte prière ou un chant. Après la causerie principale du matin et après celle de l’après-midi, il est bon de prendre quelques minutes d’oraison, soit sur place, soit au lieu de prière.

On peut prévoir des temps d’échange (¾ d’heure), deux ou trois fois au cours de l’école. On met les participants en petites équipes (de six personnes environ, avec un membre de l’équipe d’animation). Le but est que chacun puisse s’exprimer. L’animateur doit être discret. Les thèmes des échanges peuvent être :
• Comment je prie…
• Mes difficultés à prier…
• Les questions que je me pose…
• Mes résolutions pour l’avenir…

L’École doit être l’occasion de faire connaître le plus grand nombre de prières en usage parmi les chrétiens. Ainsi chacun pourra découvrir celles qui lui conviennent le mieux.

La Prière partagée.


Il s’agit d’une prière spontanée. On ne prépare rien. On est attentif aux suggestions de l’Esprit Saint et on écoute les autres. La prière partagée favorise l’expression orale. Elle pourra être reprise quand chacun sera retourné dans sa communauté chrétienne.

Le groupe comprend entre quinze et vingt personnes avec un animateur. Chacun a une Bible ou un Évangile. On s’assied en cercle. Au centre, il y a une croix, une icône ou une image, une bougie qui rappellent la présence du Christ au milieu de nous.

La prière commence selon le schéma habituel : mise en présence de Dieu, appel à l’Esprit Saint. Chacun peut dire un mot. On prend son temps. Quand on a prié suffisamment, l’animateur annonce le texte qu’il a choisi. Il le lit lentement. Chacun suit dans son livre.

Ensuite ceux qui le désirent reprennent un mot ou une courte phrase qui l’a touché (dix minutes environ). Après cela ceux qui le veulent font une courte prière, en rapport avec le texte. Parfois quelqu’un lance un refrain, pourvu qu’il soit en lien avec ce qui a été dit.

Quand le temps est achevé, l’animateur résume dans une prière l’essentiel des interventions. On termine par une prière connue.

L’Eucharistie est célébrée chaque jour.

Autres prières

On peut prévoir un temps d’adoration du Saint Sacrement, soit chaque jour, soit une ou deux fois au cours de l’École.

On peut réciter des psaumes de l’office liturgique.

Autre possibilité : réciter un mystère du Rosaire.

Un temps de prière personnelle peut être prévu chaque jour. Chacun reçoit une piste de réflexion ou un questionnaire, ou un texte de l’Écriture.

Prier avec son corps.


Il y a au cours de l’École une séance d’attitude corporelle. Celui qui dirige cet exercice fait comprendre la signification spirituelle de chaque geste. Il ne s’agit pas seulement d’effectuer des gestes mais de les vivre à fond dans leur sens à la fois biblique et humain. L’exposé sur le corps est suivi d’un exercice pratique sur la signification des diverses attitudes.

L’équipe d’animation est attentive à profiter de toutes les occasions pour faire prendre ces attitudes : oraison du matin, prière avant les enseignements, célébration eucharistique…

Silence


Il est nécessaire de faire découvrir l’importance du silence extérieur et intérieur.

Dans la plupart des écoles, la retraite se passe totalement en silence.

Cependant, l’apprentissage du silence est difficile dans certaines cultures où prédomine la parole. Le silence peut être interprété comme la mésentente ou la maladie.

Dans quelques écoles, on admet la conversation fraternelle et joyeuse. Mais pendant les exercices de prière on exige le silence parfait. De même, la nuit. C’est à l’équipe d’en décider.

Une journée de jeûne


Le jeûne doit être compris comme l’affirmation que Dieu est notre vraie nourriture. Tout le groupe est invité à passer un repas. Pendant ce temps, on a prévu un exercice de prière. Cette proposition peut paraître étonnante dans certains milieux culturels, soit riches (on n’est pas habitué à se priver), soit au contraire pauvres (on a déjà faim en permanence, pourquoi en rajouter ? ).




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Message par jaimedieu le Dim 28 Déc 2014 - 5:44

UNE ÉCOLE D’ORAISON EN 7 SOIRÉES

On choisit parmi les causeries celles qui semblent essentielles. Chaque soirée (2 heures) comprend :

 Une oraison d’une demi-heure
 Un enseignement de vingt minutes
 Un enseignement pratique : prier avec son corps (quinze minutes)
 Des conseils pour pratiquer l’oraison chez soi pendant la semaine qui vient.
 Un échange entre les participants ; réponse aux questions…
 A la fin de la 3ème soirée, on distribue un questionnaire à ramener la prochaine fois :

• Avez-vous fait oraison tous les jours ?
• Comment avez-vous prié ?
• Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
• Qu’est-ce qui vous a paru bon ?

La formule des 7 soirées permet d’insister pour que chacun fasse réellement oraison chaque jour.


PRATIQUER L’ORAISON

La prière ne s’apprend pas en écoutant des causeries, mais en priant soi-même. C’est pourquoi dans l’école d’oraison on passe aussitôt de la théorie à la pratique. Ce qui a été dit est tout de suite vécu dans la prière, afin de montrer que c’est possible.

L’apprentissage de la prière n’est jamais terminé. Chacun de nous, jusqu’à sa mort reste un disciple. Aussi tous les membres de l’équipe participent, autant que faire se peut, à toutes les activités, en particulier aux exercices pratiques.

Les conseils donnés dans les chapitres suivants sont utiles pour ceux qui débutent. (comment faire oraison … le corps en prière etc…) Plus tard, il faudra moins s’appuyer sur des actions et des paroles et se mettre en état de recevoir.

L'oraison est seulement un moyen. Le but c'est la rencontre de Dieu, l'union avec Dieu. Jésus est totalement uni au Père dans l'Esprit. De même, il a soif de rencontrer chaque homme,j chaque femme, personnellement, intimement. Il n'a pas besoin de nos réflexions, de nos paroles ou de nos actions, mais de notre amour. Pour cela, il n'y a pas de méthode.

"Est-il pensable que dans une paroisse il n'y est pas un lieu où l'on apprenne à prier et à aimer Dieu." Père Rémi Griveaux, Paris

(Nos communautés chrétiennes doivent devenir d'authentiques écoles de prière" (Jean Paul II Au début du nouveau millénaire)


IDÉES-FORCE POUR LA PRIÈRE

1) Dieu est le meilleur des Pères. Il m’aime tel que je suis, avec mes efforts et mes chutes. Il a pardonné tous mes péchés.

2) Ma prière est bonne, quelle que soit sa forme.

3) Jésus est le modèle de la prière. Il prie parfois seul, longuement, parfois avec les autres.

4) Dieu est présent dans mon cœur. Quand je prie, je commence par me mettre en présence de Dieu

5) Je demande l’aide de l’Esprit Saint qui prie en moi. Je m’unis à sa prière.

6) Prier, c’est parler à Dieu et l’écouter. Dieu me parle par l’Esprit Saint, par l’Écriture, par les événements.

7) Je reste devant Jésus ou devant Dieu mon Père dans une attitude humble, filiale, confiante.

8) Dans le dialogue avec Dieu, j’accorde la première place à l’adoration et la louange.

9) Prier, c’est vouloir ce que Dieu veut. La prière transforme peu à peu ma vie, grâce à l’amour.

10) Je prends chaque jour, un vrai moment de prière.

11) Commencer et finir toute activité importante par une prière.

12) J’essaie progressivement de « prier sans cesse».

13) La prière est un don de Dieu. L’essentiel n’est de faire mais de laisser faire.

14) La prière est parfois un combat. Elle passe par des périodes d’obscurité, de désert.

15) L'important est de persévérer. Si on a cessé de pratiquer l'oraison, il faut absolument recommencer. Si nous demandons à l'Esprit Saint la persévérance, il nous l'accordera.

L'ESPRIT SAINT (nouvelle version, au choix)


L'ESPRIT SAINT GUÉRIT


L'homme est composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Ces trois éléments sont souvent opposés entre eux . "Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas" (Rom. 7,20). Cela explique pourquoi nous sommes tantôt dans la tristesse et le découragement, tantôt dans la paix et le bonheur.

Heureusement nous ne sommes pas seuls. Depuis le baptême nous sommes habités par l'Esprit Saint : "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?" (1Cor. 3, 16). Il est le médecin, le défenseur, le consolateur (Jean 14, 25-26 ; 15, 26-27 ; 16, 7-15). Il nous redresse, nous convertit, nous fortifie, nous éclaire. Dans ce combat l'Esprit réconcilie peu à peu et unifie les trois zones, le corps, l'âme et l'esprit. On reconnaît sa présence lorsqu'il pacifie, console, réjouit ; l'homme passe de la lutte et de la tristesse à la paix et à la ferveur.

L'ESPRIT SAINT PRIE EN NOUS


Dans l'Évangile, nous voyons le Christ louer, remercier, intercéder, offrir : "Père, je te rends grâce…" (Mat. 11, 25). Il est le parfait adorateur du Père. Il n'y a qu'une seule vraie prière, celle du Fils en dialogue perpétuel avec son père et l'élan du Père vers le Fils. Maintenant que Jésus est remonté au ciel, l'Esprit Saint continue son œuvre. Sa mission est de transmettre aux hommes ce qu'il a reçu et de les instruire. "L'Esprit vient en aide à notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut. L'Esprit intercède pour nous en des gémissements ineffables (intraduisibles, incompréhensibles)" (Rom. 8, 26).

Comme Il est l'Esprit du Fils, sa prière est essentiellement filiale. Elle est l'exclamation de tendresse que l'Esprit fait retentir en nous : "Dieu a envoyé en nous l'Esprit de son Fils qui s'écrie "Abba, Père" (Gal. 4, 4-6 ; Rom. 8, 14-16).

Ainsi la prière chrétienne n'est pas d'abord l'œuvre de l'homme, mais la prière du Christ agissant par l'Esprit ; donc, en réalité nous n'avons pas à "faire" une prières, mais à rejoindre une prière qui se trouve déjà en nous. Bien sûr, la plupart du temps nous ne sentons rien. Mais il faut croire que l'Esprit Saint est là.

Donc faire oraison, c'est descendre dans notre cœur et l'Esprit Saint nous élever vers Jésus et, par Lui, vers le Père. Également c'est demander à l'Esprit Saint de nous remplir d'amour.

Telle est l'extraordinaire valeur de la prière, même la plus sèche : c'est celle de la Trinité en nous, avec nous. Il suffit de donner son consentement à l'Esprit Saint ; c'est le "Je veux ce que Tu veux". L'oraison n'est pas la prière de l'homme seul ; elle est l'œuvre de l'Esprit de Dieu uni à l'esprit de l'homme qui apprend peu à peu à entrer dans le dialogue divin.

NOUS DEVENONS DES "HOMMES NOUVEAUX"

L'Esprit agit dans le centre profond et secret de notre âme. Il nous révèle des profondeurs que nous ne soupçonnions pas. Il fait de nous "l'homme nouveau" (Éph. 4, 26 ; Col. 3, 10), c'est-à-dire l'homme qui partage la vie de la Sainte Trinité : "Quiconque est en Christ est une créature nouvelle" (2C, 5, 17). Saint Grégoire de Nysse précise : "Saint Paul appelle 'créature nouvelle' l'habitation du Saint-Esprit dans un cœur pur, indemne du mal".

Dès maintenant l'Esprit Saint nous introduit dans le domaine divin. En nous le Père engendre le Fils ; en nous le Père et le Fils s'aiment infiniment, et leur amour mutuel, c'est l'Esprit Saint. Au ciel nous comprendrons en pleine lumière comment nous sommes associés à la vie même des Personnes Divines. Actuellement cet échange mystérieux se passe en général au-delà de toute compréhension. Mais nous faisons confiance à l'Esprit Saint qui nous permet de vivre, dès maintenant, en enfants de Dieu, par la foi.

PAR L'ORAISON L'ESPRIT NOUS FAIT PROGRESSER


L'Esprit Saint agit plus fortement pendant l'oraison, parce que nous sommes alors branchés sur la source et totalement disponibles. Nous collaborons avec Lui et le résultat est meilleur. Comme la cire chauffée devient malléable, nous nous laissons pétrir par la main de l'artiste divin. Il imprime peu à peu en nous l'image du Christ. Nous ressemblons chaque jour un peu plus au modèle. Il rend l'âme lumineuse et aimante, comme Lui, dans la mesure de notre docilité. Lui qui est l'Esprit Saint, Il nous sanctifie. Nous n'avons rien d'autre à faire que de nous laisser transformer.

Au début de toute prière, et spécialement de l'oraison, il faut faire silence, essayer de renoncer à nos pensées. J'entre dans "la chambre de mon cœur". Je ferme la porte aux bruits extérieurs et intérieurs. J'appelle l'Esprit Saint. Je Lui demande ses lumières. Invoquons l'Esprit Saint souvent, chaque jour, spécialement avant toute action importante, au début des réunions. Nous ne pouvons rien faire de bien sans Lui. Prions-Le avec Marie qui a reçu l'Esprit Saint en plénitude.

L'oraison est une école de progrès. Lorsque nous prions, Dieu nous accorde toujours une grâce. Cette grâce demeure en nous. C'est pourquoi nous commençons chaque oraison au point où nous étions à la fin de l'oraison précédente. Donc nous avançons de jour en jour, même si nous n'en avons pas conscience. Cette croissance est de plus en plus rapide, et pourtant jamais terminée, car Dieu est infini. La prière du Christ en nous est comme la semence de la parabole qui est appelée à devenir un grand arbre (Mat.13,sssss3).

Mais tout cela est secret, caché : "Il en est du Royaume des cieux comme d'un homme qui a jeté du grain en terre. Qu'il dorme ou qu'il se lève, la nuit ou le jour, la semence germe et grandit ; il ne sait pas comment" (Marc4,26-27).

COMMENT VIVRE DANS L'ESPRIT ?


- L'Esprit est l'Ami, le conseiller intérieur. Est-ce que je Le prie souvent ? Est-ce que je Lui demande ses lumières ?

- L'Esprit me parle de beaucoup de manières : passage de la Bible, parole d'un frère, événement important, conseil d'une personne sage… Tout cela vient de Lui. Est-ce que je L'écoute suffisamment ? Sa parole est faible, discrète. Je dois être très attentif. pour entendre "radio Saint Esprit", il faut fermer les autres radios. Il faut s'habituer à faire le silence en soi. Réfléchir. Écouter Dieu.

- Est-ce que je suis souple, docile, prêt à faire ce qu'Il me dit ?

- Est-ce que je cultive en moi les "fruits de l'Esprit" : joie, paix, patience, amabilité, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi" (Gal. 5, 22-23) ? Plus je développerai ces qualités, plus l'Esprit Saint aura facilité pour me transformer et faire grandir en moi le cœur nouveau (Ez. 36, 26).


"L'Esprit est notre ami, notre lumière,
flamme amie qui nous consume.
Notre joie est de le sentir en nous
et de nous sentir en Lui,
si profondément, si intimement
que désormais rien ne pourra nous séparer"

Père marie-Eugène

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