Se confesser pou discerner son péché

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Se confesser pou discerner son péché

Message par jaimedieu le Ven 21 Aoû 2015 - 15:04

Une confession régulière pour discerner son péché ?

Dans un monde où la permissivité s'accentue au détriment de l'exigence vis à vis de soi-même, la conscience du péché semble s'étioler. La confession régulière peut-elle servir à "mettre le doigt" sur notre péché? La réponse du P. Guy de Lachaux, prêtre du diocèse d'Ivy.

« Un moine m'a appris qu'on ne connaissait que rarement les "péchés" que l'on faisait car on s'illusionne beaucoup sur soi. Par contre, dans une confession régulière avec un même confesseur, il nous aide à les trouver. Et ce n'est qu'après qu'on nous les ait montrés qu'ils deviennent des péchés » nous écrit une internaute.

A une certaine époque, on voyait le péché partout. Tout était habité par le mal et il fallait se confesser au moins une fois par semaine et en tout cas, à chaque fois qu'on voulait communier. Aujourd'hui, on ne voit plus le péché nulle part. Et il est fréquent que des chrétiens réguliers et assidus nous disent : 'Je ne me confesse plus car je ne sais pas quoi dire !

Que s'est-il donc passé ?

Il y a eu d'abord la montée des sciences humaines : psychologie, psychiatrie, psychanalyse etc. Elles ont déplacé la notion de responsabilité et ont jeté un autre regard sur le mal qui peut nous habiter. Les causes en sont souvent au-delà de nous-mêmes…
 
Il y a eu aussi la sortie de la notion d'un Dieu juge et punisseur. Souvenez-vous, à Noël, on chantait le 'Minuit Chrétien' qui parlait d'apaiser le courroux de Dieu, et le 'Dies irae' aux messes d'obsèques qui évoquait notre 'terreur quand le juge apparaîtra'… Nous sommes sortis de la peur de Dieu et de la notion de péché comme obéissance stricte à une loi.

Mais alors où est le péché ?

Il y a bien en nous ces défauts profondément ancrés et qui sont comme une écharde dans notre chair. Nous n'arrivons pas à nous en débarrasser, et ils nous font mal. Mais en fait, là n'est pas l'essentiel. Car l'important est beaucoup plus profond. On ne le voit pas. C'est pourquoi Jésus a dit à temps et à contretemps : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Il s'agit donc d'un retournement de notre regard, de notre manière de penser, pour faire venir au jour ce mal qui nous habite et qui nous empêche d'accueillir la Bonne Nouvelle. Nous sommes comme un iceberg : le plus important est invisible !
 
Par exemple, je ne me suis rendu compte que très tardivement de la place énorme que prenait mon 'ego' dans l'ensemble de mes décisions. Plus jeune, je croyais que je savais aimer… et ce n'est que petit à petit que je me suis aperçu qu'en fait c'était très souvent moi que j'aimais à travers les autres…
 
Ou encore, quand Jésus dit 'N'ayez pas peur', 'soyez sans crainte', je pensais que cela s'adressait à des gens un peu scrupuleux et un peu faible, mais pas à moi. Et puis je me suis rendu compte du nombre de fois où, face à un projet, je disais : 'Oui c'est très intéressant, mais j'ai peur que…' Et en fin de compte, on le reportait… En fait, quand on y regarde de près, nos réactions sont souvent empruntes de peur… On pourrait multiplier les exemples.

Y voir clair sur soi-même, un très long chemin !

Et c'est pourquoi la venue au jour de notre péché, c'est-à-dire de ce qui nous empêche de vivre en alliance avec Dieu, est un vrai travail. Et comme je comprends ce moine qui vous incitait à vous confesser régulièrement. Car il s'agit d'une transformation radicale de notre regard sur nous-même, et cela ne peut-être que le fruit d'un regard assidu et répété.
 
Se confesser, c'est faire révision de sa vie sous le regard de Dieu. C'est lire sa vie au crible du regard de Dieu. C'est pourquoi, on conseille toujours de prendre un passage de la Parole de Dieu et de le laisser éclairer ce que nous vivons. Le dialogue avec le prêtre permet de faire ce travail. Et ce n'est que lentement, confession après confession, que l'on peut laisser émerger ce mal plus profond qui nous habite. Mais cela ne peut se faire, naturellement, que si nous sommes persuadés que le Christ porte sur nous un regard de confiance, d'amour, un regard libérateur qui peut permettre de transformer toute situation et de libérer de tout esclavage.

P. Guy de Lachaux, jésuite
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jaimedieu

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