Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

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Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Dim 10 Mai 2009 - 23:54

Peu de gens se rapellent que les 7 demeures de l'ame (ou chteau intérieur) de Ste Thérese d'Avila est une révélation de Dieu a ste Thérese d'Avila.En effet,la réforme carmélitaine traversait une période difficile en raison de l'attitude des carmes chaussés et le directeur spirituel de Thérese lui avait demandé de rédiger un texte sur la vie spirituelle pour ses filles(carmélites déchaussées).Mais Ste Thérese n'allait pas tres bien et ne sentait pas d'inspiration.Elle a demandé a Dieu de l'éclairer et voila que le Seigneur lui a montré un chateau en forme de diamant ,avec 7 demeures et qui se situait dans l'ame.Elle comprit que le centre du chateau(de l'ame) était habité par Dieu et que les 6 demeures précédentes étaient des étapes avant l'union complete de l'ame avec Dieu.

http://spiritualite3.free.fr/chateau_interieur.html

Ce texte sur le chateau intérieur(7 demeures) est
un des plus importants de la tradition spirituelle et chaque catholique devrait connaitre ce livre;qui est aussi une des plus grandes révélations du Seigneur a ses enfants
.

La vie spirituelle est un chemin mais il a un but.......Nous devons connaitre ce chemin et ce but (ainsi que les pieges qu'il contient).Refuser de connaitre ce chemin est un refus de Dieu lui meme....

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mar 12 Mai 2009 - 0:42

Ce texte est [b]tres important pour tous et je sais que peu de croyants connaissent le chateau intérieur de Thérese d'Avila......Décevant de voir qu'il n'est pas lu et de réveille aucune réaction...

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par petite soeur le Mar 12 Mai 2009 - 18:19

merci cher francesco,
foi, éspérance, épreuves, humilité, joie, adoration....
quel beau programme...
je souhaitais déjà de tout mon coeur m'unir Jésus, surout en ne me mariant pas. Je ne me regarde plus dasn un mirroir:
- je fais une bonne action: Gloire à Dieu ce n'est qu'une réponse à son Amour.
- je fais une mauvaise action ou un pêché par omission: "Seigneur prends pitié du pauvre pécheur que je suis" => Sacrement de réconciliation.
- on dit du bien de moi : pas d'enflement d'orgueil, c'est normal et ce n'est que par sa grâce.
- on dit du mal de moi: peu importe "si Dieu est pour nous qui sera contre nous" ce qui compte c'est le regard de Dieu.

je n'ai pas tout bien compris mais je suis heureuse d'avoir pu lire ces chapitrtes de St T. d'Avilla, une grande Sainte!

merci encore

petite soeur

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mar 12 Mai 2009 - 23:33

je n'ai pas tout bien compris mais je suis heureuse d'avoir pu lire ces chapitrtes de St T. d'Avilla, une grande Sainte!
Je te recommande de photocopier toutes ces pages qui forment un beau résumé et de les étudier.Aussi,acheter le livre des demeures de Sainte Thérese car c'est un livre de chevet pour nous guider ds la vie spirituelle.....Toutes les étapes jusqu'a l'union parfaite avec Dieu y sont developpées ainsi que les pieges qui nous guettent.

Sainte Thérese d'Avila fut nommée Matter Spirituus car elle est la mere de la vie spirituelle sérieuse. Docteur de l'église également ce qui confirme solidement sa doctrine.Tout catholique devrait étudié ces textes de Thérese...

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Invité le Mer 13 Mai 2009 - 1:26

Bonjour Francesco
Dis moi le livre des demeures de St Thérèse se vend t'il sous ce titre et a tu une idée combien il vaut..
Clairdelune

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mer 13 Mai 2009 - 23:27

Le livre se nomme:Le chateau intérieur ,de Ste Thérese d'Avila.Il est disponible en édition de poche et c'est la plus belle oeuvre de Ste Thérese.

Mais pour les intéressés qui veulent aller plus loin,vous pouvez aussi acheter :Les oeuvres de Ste Thérese d'Avila mais c'est bcp plus dispendieux.

Le mieux serait d'acheter le chateau intérieur et de l'étudier en profondeur....Vu le faible nombre de bon conseiller spirituel de nos jours,ce livre deviendra vite un livre de chevet(pour toute personne sérieuse ds son cheminement spirituel).....Un livre a lire,méditer et étudier....Vous ne pouvez que grandir a partir de cette lecture.

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Invité le Jeu 14 Mai 2009 - 1:36

Merci Francesco, je vais surement le trouver chez édition Pauline..
Clairdelune

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Jeu 3 Déc 2009 - 1:20

Bonjours,tres peu de personnes savent que le chateau intérieur selon ste Thérese d'Avila est une révélation de notre Seigneur Jésus.En effet,le Christ a révélé a ste Thérese que l'Ame est un chateau qui se situe a l'intérieur de nous.La 7e demeure est le lieu ou Dieu réside et plus nous approchons de cette demeure,plus nous devenons uni avec Dieu lui meme....Ca demande un travail de purification et de fidelité a la priere et aux sacrements.La présente d'un conseiller spirituel est souhaitée......L'oraison semble etre la priere que Thérese privilégie dans cette ascencion de notre ame (bien que les autres formes de prieres sont fortement utiles et nécessaires).

Mais nous devons nous détacher du créé et du péché pour avancer sur ce chemin.......l'union a Dieu=le paradis sur terre..

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par petite soeur le Jeu 3 Déc 2009 - 15:45

l'union a Dieu=le paradis sur terre..

tout a fait d'accords avec toi cher Francesco...

qu'il est bon de contempler notre Dieu... en Jésus Christ fait homme...

petite soeur

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Lun 7 Déc 2009 - 1:30

PREMIERES DEMEURES - Chapitre 1
Beauté et dignité de nos âmes
Avantages à reconnaître les faveurs reçues de Dieu - Oraison
La porte du Château
Spiritualité
& Mystique


Thérèse de Jésus
Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI

1. Tandis que Sainte Thérèse demande à Dieu de parler à sa place (ou d’écrire à sa place) immédiatement elle perçoit l’âme comme un château de cristal avec des chambres comparables aux différentes demeures du ciel. L’âme du juste étant tout simplement un paradis où Dieu trouve ses délices. Notre intelligence éprouve des difficultés à se représenter et à comprendre que Dieu nous a créé « à son image et à sa ressemblance ».

2. Nous ne savons en réalité qui nous sommes puisque nous nous attachons au contenant de notre corps physique, l’enceinte du château où habite notre âme à laquelle nous ne songeons pas pour en prendre soin et lui conserver sa beauté. Nous ne savons pas qui nous sommes et nous sommes comme ceux qui ne savent pas qui est leur père ou leur mère.

3. Ce château (notre âme) ressemble à différentes demeures et puis, au centre se trouve la demeure principale où se passent les secrets partage entre Dieu et l’âme. Ceci est une comparaison. On peut se rendre compte que Dieu peut au travers de ce moyen « En Toi je ferai ma Demeure » se communiquer à nous dans cet exil. On peut admirer ce dont jouissent les Bienheureux du ciel en parfaite ignorance de que Dieu nous accorde en ce monde, cette faveur immense où Il nous aime d’un Amour bien au-delà de ce que notre imagination peut imaginer. Dieu peut manifester ses grandeurs en tous, en chacun de nous. Dieu peut accorder ses faveurs à quelqu’un qui ne soit pas un saint. Tel est son Amour, ses grâces. De grands exemples sont Saint Paul et Madeleine.

Loué soit le Seigneur !

4. Ces choses semblent impossibles à nos yeux et pourraient scandaliser les faibles. La majesté de Dieu est grande. Dieu souhaite qu’on ne limite pas Ses oeuvres (à nos propres limitations si limitées). Si l’on n’est pas conduit par cette voie, ne limitons pas les oeuvres de Dieu car Son souhait est que nous sachions que Son Amour est illimité et grandiose. Béni soit-Il !

5. Revenons à notre délicieux château et tâchons de comprendre comment y pénétrer. Il semble insensé de dire à quelqu’un d’entrer dans une pièce où il se trouve déjà. Il y a différentes façons de s’y tenir, de s’y trouver. Beaucoup d’âmes se trouvent autour du château car peu leur importe de pénétrer ou non à l’intérieur car elles ignorent de quoi il s’agit, les trésors qui s’y trouvent, qui y habite. Dans certains livres d’oraison, on demande à l’âme d’entrer en elle-même et c’est de cela qu’il s’agit.

6. Malheureusement, il existe nombre d’âmes qui ne s’arrêtent qu’aux choses extérieures le corps physiques et deviennent comme ces bêtes autour du château et bien qu’elle pourrait converser rien de moins qu’avec Dieu, elle persiste dans cet état ne sachant entrer en elle-même et ressembleront à des corps paralysés ou perclus ; leurs âmes malades et abandonnées se trouvent recluses derrière un corps qui prend toute la place des apparences de ce monde : recluses dans le monde des animaux et de la vermine, sans oraison les âmes ne peuvent s’épanouir et croître, elles dépérissent et deviennent misérables.

7. La porte du château est l’oraison et la considération. Considération vis-à-vis de Dieu et vis-à-vis de ce que l’on demande, la façon de le faire est importante même si dans l’oraison il n’est pas nécessaire de demander.

8. Certaines âmes fort attachées au monde et fort mêlées à celui-ci ont de bons désirs et arrivent à pénétrer dans les premières pièces du château, celles du bas mais elles sont entourées de vermines qui ne leur permet pas de voir toute la beauté du château et qui ne leur permet pas de s’apaiser. mais elles ont déjà beaucoup fait en entrant.

9. Appel à la patience car il est très difficile, lorsque l’expérience fait défaut, de faire comprendre certaines choses intérieures à l’oraison.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mar 8 Déc 2009 - 0:11

PREMIERES DEMEURES - Chapitre 2
Beauté et dignité de nos âmes
Avantages à reconnaître les faveurs reçues de Dieu - Oraison
La porte du Château


1. L’âme en état de péché mortel peut aussi encore jouir des bienfaits de Dieu (par son infinie Miséricorde devant sa sincère contrition) " de Sa Majesté que le cristal fait resplendir au soleil ". Cette âme a plus aux ténèbres et se trouve dans les ténèbres éloignée de Dieu : rien ne peut lui être agréable.

2. Je connais quelqu’un à qui Dieu lui montra l’état de l’âme qui se trouve en état de péché mortel. Elle eut envie que tout le monde en soit informé tellement cet état est misérable ! C’est pourquoi il faut prier pour ceux qui se trouvent réduit à une totale obscurité. Car cette âme produira l’infortune et la saleté. Quant aux ruisselets qui coulent d’une source claire et limpide, ils permettent à l’arbre de se nourrir et de donner de bons fruits tandis que l’âme se nourrissant d’eaux noires et malodorantes et ne pourra produire rien de bon.

3. Il est important de considérer que le soleil resplendissant qui se trouve au centre de l’âme ne perd ni sa beauté ni son éclat et rien ne peut la lui ôter. Si on jette un drap très noir sur un cristal exposé au soleil, même si le soleil l’éclaire, sa clarté ne saura éclairer le cristal (l’âme).

4. O âmes connaissez-vous et ayez pitié de vous !
Comment sachant cela ne retirez-vous pas cette poix de ce cristal ? Vous ne pouvez jouir de cette lumière si vous perdez la vie ! O Jésus quel spectacle que celui d’une âme qui s’en est éloignée !

5. Il faut plus s’inquiéter d’une âme dans le péché non de ce qu’elle fait mais de ce qu’elle ne fait pas. Prions pour ne point succomber aux péchés dont les effets peuvent être terribles par crainte d’offenser Dieu car nous savons que sans son principe qui est en nous, nous ne pouvons rien faire de bon ce qui nous rend humble lorsque nous avons pris conscience de cela. Il est bien de ramener toutes nos actions dans ce principe car sans ces aides nous sommes impuissants.

6. Plaise à la bonté de Dieu de nous accorder la grâce nécessaire de ces connaissances.

7. Il est important pour vous que j’explique de mon mieux certaines choses intérieures car il est important de dire combien l’oraison est bonne et d’après la constitution de chacun nous devons la pratiquer un grand nombre d’heures cependant on ne nous parle pas de ce que le Seigneur opère dans l’âme, c’est-à-dire le surnaturel.

Le fait d’en parler ici et de nous l’expliquer de nombreuses façons nous apportera de bien grandes consolations de contempler ce céleste artifice intérieur, si peu connu des mortels, que toutefois nombre d’entre eux recherchent.
8. Revenons au château avec ses nombreuses demeures. Il ne faut pas l’envisager avec toutes ses demeures mais là au centre, où réside le roi. C’est comme un fruit : il y a l’écorce autour et tout ce qui l’entoure contient ce qui est savoureux.

Les choses de l’âme doivent toujours se considérer dans la plénitude, l’ampleur et la grandeur.
Elle est capable de beaucoup plus que ce que nous pouvons imaginer et le soleil qui se trouve au centre rayonne sur toutes les demeures. Il s’agit de la connaissance de soi ! Elle est nécessaire même pour ceux ou celles d’entre vous que le Seigneur a introduit dans la demeure où il se trouve Lui-même. Dieu fait à l’âme une grande faveur lorsqu’il lui permet de se connaître. Tout est dans Ses mains c’est pourquoi Dieu a doué l’âme d’une grande dignité, c’est pourquoi envolez-vous et considérer la grandeur et la majesté de Dieu.

9. Même si vous êtes fort élevé dans le ciel, ne vous relâchez pas sur la connaissance de nous-mêmes ; tant que nous sommes sur cette terre, rien ne doit avoir plus d’importance que l’humilité. Jamais nous n’arriverons à nous connaître si nous ne cherchons à connaître Dieu. En considérant son humilité nous verrons combien nous sommes loin d’être humbles.

10. Il y a de grands inconvénients à vivre enfoncé dans notre boue et notre misère. En restant dans cet état jamais nous ne sortirons de la crainte, de la lâcheté, des pusillanimités et de nos misères. Par l’oraison Dieu agit en nous puisque nous nous ouvrons aux vertus, au Partage de Dieu, notre âme vit de sa vraie vie.

11. Le ou les démons a appauvrit tant d’âmes.. Si nous ne sortons jamais de nous-mêmes, nous avons à craindre, la connaissance de nous-mêmes est déviée. C’est pourquoi en fixant notre regard sur le Christ et en ses Saints, notre dignité s’ennoblira avec une attitude de véritable humilité. Bien que ce ne soit que la première Demeure, elle est très riche et d’un grand prix. Déjà on peut s’échapper de la vermine et l’on ne manquera pas de progresser car terribles sont les astuces du démon pour empêcher les âmes de se connaître et de discerner leur voie.

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mer 9 Déc 2009 - 1:47

PREMIERES DEMEURES - Chapitre 2





12. Dans ces premières Demeures, je puis vous donner un très bon signalement dont j’ai l’expérience Les âmes entrent ici de mille manières toutes animées de bonnes intentions. Le démon use alors de ses légions pour empêcher les âmes de passer d’une Demeure à l’autre. L’âme ne s’en rend pas compte car elles sont encore absorbées par le monde, plongées dans leurs plaisirs, grisées d’honneur et de prétentions, les sens et les facultés qu’elles sont faibles devant toutes les ruses, embûches et illusions dont le démon est friand ; ainsi, l’âme devra demander de l’aide à Sa Majesté, à sa Bienheureuse Mère, à Ses Saints, d’intercéder et de combattre pour eux. Quelque soit notre état il faut que la force vienne de Dieu. Le démon (et les démons) n’ est plus aussi à l’aise lorsque les âmes s’approchent du Roi.

13. Quelle misérable vie nous vivons ! (sans cette dimension spirituelle vitale pour notre vie réelle). J’insiste à nouveau sur l’état d’humilité et de connaissance de soi sur cette voie.

La Sainte nous recommande de la patience par rapport à la lecture de ces textes-ci car elle entre dans un domaine très subtil et craint souvent de ne pas se faire comprendre de ses lecteurs, il n’y a que grâce à Dieu, qu’elle pourra donner toutes les explications à propos du château intérieur. Elle recommande la patience à ses lecteurs, beaucoup de patience car le cheminement dans lequel elle nous enmène l’oblige à ne pas brûler les étapes et que nous puissions nous imprégner de son message au fur et à mesure pour une bonne compréhension.
14. Dans la première Demeure, il est difficile à l’âme d’y voir clairement car les pièces sont claires mais elle ne peut en jouir non pas qu’elle soit en mauvais état mais parce qu’elle est mêlée à des choses mondaines, des affaires qui ne sont pas nécessaires et il semble qu’elle ne puisse (malgré qu’elle se souhaiterait) en jouir, ni arriver à se faufiler entre tant d’obstacles. Il est très utile, de se dégager de toutes ces affaires, ces choses (qui appartiennent au monde (et pas au royaume de Dieu)). C’est d’une telle importance que si on ne le fait pas, on ne pourra accéder à la Demeure principale. Dans la première Demeure, au milieu de choses si vénimeuses, il est impossible de ne pas être mordu. (Les épreuves de la vie, les douleurs, les tourments ; il nous faut apprendre à nous en dégager, c’est un travail intérieur et profond).

15. Nous sommes libres extérieurement, plaise à Dieu que nous le soyons intérieurement. Gardons-nous des soucis qui nous sont étrangers. Considérez que rares sont les Demeures où les démons a renoncé a combattre. Dans certaines Demeures, les puissances ont la force de lutter ; il nous est nécessaire de ne pas nous distraire pour nous rendre compte de leurs ruses et qu’ils ne nous trompent point travestis qu’ils sont en anges de lumière. Ils peuvent nous nuire de différentes façons en s’insinuant peu à peu et nous ne comprenons que lorsque le mal est fait.

16. Le démon agit comme une lime sourde : à nous de le déceler dès le début. Il aime à ce que nous soyons tourmenté de toutes les façons possibles, y compris " spirituellement " par la culpabilisation, l’excès de zèle, etc. qui peuvent nous faire perdre la santé !

17. Ce que recherche ici le démon c’est de refroidir l’amour et la charité. Le plus important étant l’amour de Dieu et du prochain ; en suivant ces deux commandements nous plus parfaits nous serons. Tout tend à nous faire le mieux observer ces règles. Que chacun se considère.

18. Aimons-nous les uns les autres.
Notre âme peut perdre la paix à force de regarder les uns et les autres dans leurs petites imperfections que nous prenons en mauvaise part. Le démon est aux aguets de nos faiblesses ; notre inquiétude pour les autres lui plaît, la médisance aussi. La Sainte parle pour ses religieuses du Carmel, c’est pourquoi elle ajoute : "grâce à Dieu, nous observons un silence continuel, mais il est bon que nous soyons sur nos gardes ! Elle ajoute que si une Supérieure est abusé par le démon, c’est dangereux pour toute la communauté car elle serait aveuglé dans ses décisions.

Ainsi se termine la " Première Demeure " du château intérieur. Il faut spécifier que la Sainte a écrit ce livre pour ses Sœurs du Carmel. Savait-elle que des hommes et des femmes du monde liraient ses écrits et qu’ils se trouveraient à la portée de tous ? Nous, étant dans le monde, il nous est possible aussi, sans cela où serait le Dieu juste, de pratiquer naturellement la Méditation et l’oraison en adaptant nos horaires. Car où puisez de la Vraie Vie si ce n’est en Dieu et avec notre prochain.

Il est important d’acquérir le discernement et que ces choses profondes nous soient, dans le silence, profitable, car qui peut, outre que soi-même, s’occuper de son âme ? Ces " révélations " de Sainte Thérèse sont comme un secret murmuré à notre oreille. Et je me rappelle la parole de Jésus : "Ne donnez pas de perles aux pourceaux ". Ces écrits de grandes valeurs spirituelles et j’ajouterai " surnaturelles " nous sont communiqués à l’âme directement au travers d’un outil celui de notre intelligence qui a la faculté de discernement avec notre âme. Ce voyage nous emmène au fond de notre âme et nous appartient autant qu’à Dieu. C’est une intimité mystique profitable et édifiante.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mer 9 Déc 2009 - 1:51

Dans la première Demeure, il est difficile à l’âme d’y voir clairement car les pièces sont claires mais elle ne peut en jouir non pas qu’elle soit en mauvais état mais parce qu’elle est mêlée à des choses mondaines, des affaires qui ne sont pas nécessaires et il semble qu’elle ne puisse (malgré qu’elle se souhaiterait) en jouir, ni arriver à se faufiler entre tant d’obstacles. Il est très utile, de se dégager de toutes ces affaires, ces choses (qui appartiennent au monde (et pas au royaume de Dieu)). C’est d’une telle importance que si on ne le fait pas, on ne pourra accéder à la Demeure principale. Dans la première Demeure, au milieu de choses si vénimeuses, il est impossible de ne pas être mordu. (Les épreuves de la vie, les douleurs, les tourments ; il nous faut apprendre à nous en dégager, c’est un travail intérieur et profond).
Tres important.

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Elqana le Mer 9 Déc 2009 - 6:09

Ça fait penser un peu aux 6 degrés du Purgatoire !
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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Jeu 10 Déc 2009 - 0:43

Ça fait penser un peu aux 6 degrés du Purgatoire !

Idée intéressante car l'atteinte de ces 7 demeures de l'ame est justement nécessaire pour nous purifier....Car ,rien d'impur ne peu parraitre devant Dieu.....Plus l'ame avance de ces demeures et plus elle se rapproche de l'union complete avec Dieu.C'est le travail d'une vie mais qui aporte la béatitude des cette vie.....La 7 e demeure est en fait le royaume de Dieu.....et qui se trouve a l'intérieur de nous....

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Jeu 10 Déc 2009 - 0:46

DEUXIEMES DEMEURES - Chapitre unique
Valeur de la persévérance
Pour atteindre aux dernières Demeures
Le vif combat que livre le démon
Ne pas se tromper de chemin au début
Moyen tiré d’une expérience efficace





1. Parlons des âmes qui pénètrent dans les deuxièmes Demeures et de ce qu’elles y font.

2. Ces âmes ont déjà fait oraison et elles ont compris l’importance pour elles, de ne pas rester dans les premières Demeures. Il y a celles qui ne sont pas encore assez déterminées et ne s’éloignent pas fort des occasions, ce qui est dangereux. Les autres cherchent par instants à fuir les couleuvres et choses vénimeuses et sont conscientes du danger : il y a de grands espoirs de les voir pénétrer plus avant. Celles-ci peinent plus que les autres et elles entendent les appels du Seigneur et se rapprochent du séjour de Sa Majesté. Il est si bon que même au milieu de nos passes-temps, de nos affaires, de nos plaisirs et des voleries du monde, même lorsque nous tombons dans le péché et nous en relevons (ces bêtes sont vénimeuses, leur compagnie est dangereuse et si tapageuse, qu’il serait merveilleux de ne trébucher, ni ne tomber), ce Seigneur apprécie tellement que nous l’aimions, que nous recherchions sa compagnie qu’il ne manque pas un jour ou l’autre, de nous appeler, de nous inviter à nous approcher de Lui : et cette voix est si douce que la pauvre âme se consume de ne pouvoir faire immédiatement ce qu’il lui ordonne, c’est pourquoi, elle qui entend (pas comme les autres âmes qui ne s’éloignent pas des couleuvres qui elles sont muettes et sourdes), se trouve plus en peine que celle qui n’entend pas.

Ceux donc qui entendent les appels du Seigneur se rapprochent du séjour de Sa Majesté et malgré nos plaisirs,nos voleries du monde, nos affaires et même lorsque nous tombons dans le péché et que nous nous relevons, ce Seigneur apprécie tellement que nous l’aimions et recherchions sa compagnie qu’il ne manque pas de nous inviter, de nous appeler à nous rapprocher de Lui et, cette voix est si douce que la pauvre âme se consume de ne pouvoir faire immédiatement ce qu’il lui ordonne, c’est pourquoi je disais qu’elle était plus en peine.

3. Dieu se manifeste à nous par des appels et des manifestations autres que celles dont je vous parlerai plus loin. Ces manifestations peuvent être les paroles de gens de bien, des sermons, ce que l’on lit dans de bons livres, également des maladies, des épreuves, des vérités qu’il nous enseigne dans les moments que nous lui consacrons si paresseusement que l’on s’adonne à l’oraison. Sa Majesté sait attendre de longs jours, des années, en particulier si elle voit de bons désirs, de la persévérance. Le démons met tout en oeuvre pour mettre des obstacles ici : les choses du monde présentées comme éternelles et toutes sortes d’obstacles pour nous éloigner de notre but.

4. O Jésus que d’affliction pour l’âme ! Avec tout ce que mettent en oeuvre les démons ! La foi l’instruit de ce qui lui est réservé ; il lui apparaît que ce véritable amant qui ne la quitte pas, lui donne la vie et l’être. Elle sait qu’elle ne peut avoir d’amis si proches, si intimes et que le monde entier est plein de fausseté et les plaisirs que procurent les démons sont plein de peines, de soucis, de contrariétés et le seigneur insuffle qu’elle ne peut trouver ni sécurité, ni paix hors de ce château ; qu’elle cesse de se rendre dans des maisons étrangères puisque la sienne regorge de biens en particulier avec un pareil hôte !

5. Vrai, l’âme ici souffre de bien grandes peines, en particulier si cette âme est très bien disposée alors tout l’enfer se conjuguera pour l’obliger à sortir du château.

6. Mon Seigneur, ici votre aide est nécessaire, sans elle on ne peut rien. Ne permettez pas que cette âme soit trompée, dupée. Eclairez-là car son bonheur en dépend et qu’elle évite les mauvaises compagnies. Le démon vous lâchera plus vite s’il vous voit déterminé à perdre le repos et tout ce qu’il vous offre ; montrez votre résolution.

7. Ceci est important : ne vous dites pas qu’il y aura des joies dans ce que vous entreprenez : la construction d’un édifice si précieux ne se bâtit pas sur le sable et vous n’en finirez pas d’être tentés ou mécontents. Ce n’est pas dans ces Demeures que pleut la manne mais plus loin là où l’âme obtient et ne veut que ce que Dieu veut. Nous n’avons pas honte d’obtenir des douceurs dans l’oraison tandis que nous sommes en proie à mille difficultés et imperfections : les vertus ne savent pas encore marcher, à peine commencent t’elles à naître.

8. Vous croirez pouvoir affronter toutes les difficultés extérieures tandis que Dieu vous dorlote Intérieurement. Sa Majesté sait mieux que nous ce qui nous convient. Nous n’avons pas à conseiller ce qu’Elle doit nous donner et elle peut parfois nous dire avec raison que nous ne savons pas ce que nous lui demandons. Celui qui débute dans l’oraison doit avant tout se déterminer, se disposer à se conformer à la volonté de Dieu aussi diligemment que possible, elle peinera cependant telle est la perfection. Qu’on puisse atteindre dans la vie spirituelle. Vous recevrez d’autant plus du Seigneur que vous observerez cela plus parfaitement. Si nous nous trompons au début en demandant que le Seigneur fasse notre volonté notre édifice s’écroulera bâti sur du sable. Tâchons de faire au mieux et de nous garder de cette vermine vénimeuse. Le Seigneur consent à ce que parfois nous soyons mordu ou en peine afin de mieux nous préserver à l’avenir et de mettre à l’épreuve notre profond regret de l’avoir offensé.

9. S’il vous arrive de tomber, ne vous découragez pas, ne renoncez pas, Dieu tirera du bien de cette Chute. Quand cela ne suffirait qu’à nous montrer notre misère, le grand tort de l’éparpillement où nous vivons, nos luttes, dans tout cela retrouver notre recueillement c’est beaucoup.. Est-il plus grand malheur de ne pas nous retrouver nous-mêmes dans notre propre maison et si nous ne pouvons nous reposer dans notre maison le pouvons-nous dans d’autres maisons ? Car nos grands, nos vrais amis et parents, ceux avec lesquels, même malgré nous, nous devons vivre toujours, c’est-à-dire nos puissances, semblent nous faire la guerre, comme si elles nous gardaient rancune de celle que nos vices leur ont faite. La Paix disait le Seigneur à ses disciples. Si nous ne l’avons pas et si nous ne la recherchons pas dans notre maison, nous ne la trouverons pas chez des étrangers. Il faut mettre fin à cette guerre. La rechute est pire que la chute. Fions-nous à la miséricorde divine et non à nous et nous verront Sa Majesté nous conduire de Demeures en Demeures et nous introduire là où les bêtes féroces ne pourront ni nous toucher ni nous épuiser. Elles seront assujetties toutes et nous jouiront de beaucoup plus de biens qu’on ne pourrait imaginer et même désirer, je le dis, dès cette vie.

10. Je vous ai déjà conseillé comment affronter les troubles qu’occasionnent les démons ; il faut s’y employer avec douceur. Et se faire aider si possible par des personnes expérimentées. Le Seigneur veillera toujours à notre bien.

11. La porte d’entrée du château est l’oraison. Le Seigneur lui-même dit que celui qui vit dans le danger y périt ( Ecclésiaste III, 27). Certains imaginent que puisqu’il est si grave de retourner en arrière, mieux vaut ne jamais commencer. Souvent il est nécessaire de demander à Dieu la miséricorde ne pas le faire c’est de la folie. Pour pouvoir entrer dans le château nous devons entrer en nous-même (là où il réside), nous Connaître, considérer cette misère, ce que nous devons à Dieu et penser à ce que le Seigneur dit : " Nul ne parviendra à mon Père si ce n’est par moi " et " Qui me voit, voit mon Père ". Si donc, nous ne le regardons jamais, si nous ne considérons pas ce que nous lui devons et la Mort qu’il a subie pour nous, je ne sais comment nous pouvons le connaître et agir à son service. Plaise à Sa Majesté de nous faire comprendre tout ce que nous devons comprendre, que nous devons travailler pour jouir de sa gloire, et qu’il est nécessaire pour cela de prier, afin de ne pas vivre toujours en tentation (Matthieu XXVI, 41).

" Ne nous laisse pas succomber à la tentation " ainsi Jésus nous donne la prière du Notre Père. Dans ce chapitre unique des Deuxièmes Demeures, Sainte Thérèse nous instruit subtilement et elle donne des conseils qui peuvent apparaître rébarbatifs, d’une autre époque, comme rabâchés. J’ajouterai une définition simple de la Foi à ce sujet : "La Foi c’est se sentir aimé de Dieu ". Thérèse dit aussi " C’est au milieu de nos péchés que jaillit la grâce en abondance ". Dieu étant la Bonté et l’Intelligence par excellence et notre Père de surcroît, Il nous connaît chacun comme il connaît le nom de chaque étoile. Il nous aime ! En l’approchant avec un cœur pur et tout rempli de bonnes intentions, Il nous guidera sur un chemin sûr et adapté à notre personnalité dont Il tient compte. Car tout miséreux que nous soyons, Il est notre Trésor. Nous sommes donc riche par Lui. Ce trésor de richesse infinie nous revêt de ses éclats lorsque nous nous en approchons et plus nous approchons ce trésor plus il nous comble de bienfait. Les " bêtes vénimeuses " s’écarteront peu à peu presque naturellement, en douceur tout en excerçant notre fermeté avec l’aide de Dieu, la lumière du trésor.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Jeu 10 Déc 2009 - 0:52

La porte d’entrée du château est l’oraison. Le Seigneur lui-même dit que celui qui vit dans le danger y périt ( Ecclésiaste III, 27). Certains imaginent que puisqu’il est si grave de retourner en arrière, mieux vaut ne jamais commencer. Souvent il est nécessaire de demander à Dieu la miséricorde ne pas le faire c’est de la folie. Pour pouvoir entrer dans le château nous devons entrer en nous-même (là où il réside), nous Connaître, considérer cette misère, ce que nous devons à Dieu et penser à ce que le Seigneur dit : " Nul ne parviendra à mon Père si ce n’est par moi " et " Qui me voit, voit mon Père ". Si donc, nous ne le regardons jamais, si nous ne considérons pas ce que nous lui devons et la Mort qu’il a subie pour nous, je ne sais comment nous pouvons le connaître et agir à son service. Plaise à Sa Majesté de nous faire comprendre tout ce que nous devons comprendre, que nous devons travailler pour jouir de sa gloire, et qu’il est nécessaire pour cela de prier, afin de ne pas vivre toujours en tentation (Matthieu XXVI, 41).

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Jeu 10 Déc 2009 - 23:27

TROISIEMES DEMEURES - Chapitre 1


Il sied d’avoir crainte dans cet exil où nous vivons et n’y sommes guère en sécurité même si nous y avons atteint un degré élevé.
1. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur (Psaumes CXI, 1) que dire d’autres à ceux qui, qui par leur courage et leur persévérance ont remporté la victoire et sont entrés dans les Troisièmes Demeures. Cette victoire sur les batailles précédentes permet au Seigneur de nous donner la sécurité de conscience ce qui n’est pas un mince avantage. Pourvu que l’âme ne s’écarte pas à nouveau du chemin dans lequel elle s’est engagée.

2. La misère de cette vie est de rester toujours vigilant à ce qu’il n’y ait point de brèches dans cette forteresse et d’être aux aguets. Nous ne pouvons désirer une vie si misérable et comme l’a dit Saint Thomas " mourons avec Vous " car sans Vous, en redoutant de vous perdre, c’est mourir plusieurs fois. C’est pourquoi la Béatitude que nous devons demander, c’est d’être en sécurité dès maintenant, avec les bienheureux. Considérez que certains saints qui savaient ce bonheur à un bien haut degré sont gravement tombés dans le péché.

3. Demandez à Sa Majesté de vivre en moi, sinon, comment se sentir en sécurité dans une vie aussi mal employée que la mienne ? Il me fut bien dur d’obéir !
Demandez à Dieu qu’il me pardonne à une telle effrontée ! Mais Dieu sait bien que je puis me flatter de sa miséricorde puisque je ne puis nier ce que j’ai été et je n’ai d’autres remèdes que de m’en remettre à Elle, la Sainte Vierge.

4. Ne prévalez pas de la clôture et de la pénitence où vous vivez : des exercices d’oraison, de l’éloignement du monde : tout cela est bon mais ne suffit pas à nous délivrer de toute crainte.

5. Les âmes qui sont entrées dans les troisièmes Demeures sont nombreuses en ce monde : vivement désireuses de ne pas offenser Dieu, elles se gardent même des péchés véniels et sont amies de la pénitence, elles réservent des heures de recueillement, emploient bien leur temps, s’appliquent aux oeuvres de charité envers le prochain, un ordre harmonieux règne dans leur langage, leurs vêtements et dans le gouvernement de leur maison si elles en ont. Il n’y a semble-t-il aucune raison que le Seigneur leur refuse l’entrée de la dernière Demeure. C’est une très belle disposition pour obtenir de Lui toute grâce.

6. O Jésus ! Lequel d’entre nous prétendrait ne pas vouloir un si grand bien surtout après être passée par ce qu’il y a de plus ardu ? Non, personne.
Il y a des épreuves intérieures que bien des bonnes âmes subissent, épreuves intolérables, que bien des bonnes âmes subissent sans être moindrement coupables et dont le Seigneur les délivre toujours avec de grands bénéfices, ni de celles qui souffrent de mélancolie, ou d’autres maladies. En toute chose nous devons faire la part du jugement de Dieu.
Les âmes qui souffrent de sécheresse dans l’oraison sont celles qui bien souvent s’impatientent de voir se fermer devant elle la porte qui conduit à l’appartement de notre Roi. Malgré toutes leurs bonnes œuvres il ne faut pas demander ce que l’on n’a pas mérité ; l’idée que nous, qui avons offensé Dieu, puissions mériter ce qu’il accorde aux saints, ne devrait même pas nous effleurer à la pensée.

7. O humilité, humilité ! Celles qui font un tel cas des sécheresses manquent je pense d’u peu d’humilité. Les grandes épreuves intérieures dont j’ai parlé sont beaucoup plus pénibles qu’un manque de ferveur.
Voyons ces âmes si bien disposées ; voyons ce qu’elles font pour Dieu et nous verrons que nous n’avons nulle raison de nous plaindre de sa Majesté. Si Elle nous dit que faire pour être parfait et que nous nous en retournons, que voulez-vous que fasse Sa Majesté qui doit mesurer sa récompense à l’amour que nous lui portons ? Et cet amour ne doit pas être fabriqué par notre imagination, mais prouvé par des oeuvres : le Seigneur n’a pas besoin de nos œuvres mais de la décision de notre volonté.

8. Nous qui avons pris l’habit religieux et quitté les choses du monde, nous croyons avoir déjà tout accompli. C’est une bonne disposition si nous ne retournons pas nous fourrer dans la vermine des premières Demeures, persévérons dans ce dénuement et cet abandon de tout et nous atteindrons notre but. Mis ce sera à une condition que je vous demande de bien considérer : regardez-vous comme des serviteurs inutiles, selon l’expression de Saint Paul et du Christ (Luc XVII,10) et croyez que rien n’oblige Notre Seigneur à vous faire de telles faveurs : votre dette est d’autant plus forte que vous avez plus reçu.
Que pouvons-nous faire pour un Dieu si généreux, qui est mort pour nous, qui nous a créés et qui nous donne l’être ? Ne pouvons-nous nous estimer très heureuses sans lui demander de nouvelles faveurs et de nouveaux régals ?

9. Tout ce que je vous écris, le Seigneur vous aidera à le comprendre. Dans les sécheresses puisez dans l’humilité et non de l’inquiétude comme le voudrait le démon : croyez qu’à celles qui sont vraiment humbles, même s’Il ne leur accorde point ses délices, Dieu donnera une paix et une acceptation qui les rendront plus heureuses que certains de ceux qu’Il régale. Car souvent, Sa Divine Majesté réserve ses douceurs aux plus faibles ; je crois toutefois qu’ils ne les échangeraient pas pour la force de ceux qui vivent dans la sécheresse.
Eprouves-nous Seigneur, Toi qui sait la vérité, afin que nous nous connaissions.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Sam 12 Déc 2009 - 0:22

TROISIEMES DEMEURES - Chapitre 2
Spiritualité & Mystique


Thérèse de Jésus
Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI

Suite du même sujet. Des sécheresses dans l’oraison, de ce qui peut s’ensuivre, de la nécessité de nous mettre à l’épreuve. De la manière dont le Seigneur éprouve ceux qui ont atteint ces demeures.
1. J’ai connu des âmes et même beaucoup qui sont parvenues à cet état et qui vivent dans une harmonie et une droiture exemplaire ; elle semblaient avoir maîtrisé le monde, en être bien déçues par lui mais lorsque le Seigneur les soumit à de petites épreuves, leur inquiétude fut telle que j’en fus éberluée et effrayée. Il est vain de les conseiller car elles sont si consacrées à la vertu qu’elles pensent pouvoir l’enseigner aux autres et n’avoir que trop de regrets d’avoir à subir ces épreuves.

2. Je n’ai trouvé de remèdes qu’à compatir à leur peine (c’est pitié de les voir asservir à toutes ces misères), sans contester : elles imaginent toutes qu’elles souffrent pour Dieu et n’arrivent pas à comprendre que c’est une imperfection. C’est une idée fausse de la part de gens si avancés. Dieu veut souvent que ses élus ressentent leur misère, Il détourne un peu sa faveur, et il n’en faut pas plus pour qu’aussitôt nous ayons tôt fait de nous connaître. C’est une épreuve dans laquelle je vois La grande miséricorde de Dieu, car bien que ce soit une faute, elle fait beaucoup gagné en humilité.

3. Nous pouvons nous mettre à l’épreuve nous-mêmes avant que le Seigneur ne le fasse ; soyons lucide et les premiers à nous connaître.

4. Quelqu’un qui vient de perdre sa fortune mais cependant garde ce qu’il lui faut pour avoir le nécessaire ; si cette personne se montre si inquiète, comment le Seigneur lui demanderait de tout quitter pour Lui ? Un autre s’afflige parce qu’il ne peut donner aux autres. Dieu préfère que je me soumettre à sa volonté tout en cherchant à recouvre mes biens et que je maintienne mon âme en paix. (Paix mes agneaux, Paix mes brebis, nous dit souvent Jésus). Qu’il comprenne que la liberté d’esprit lui manque et il se disposera à la recevoir du Seigneur.
Une autre personne a largement de quoi manger et même plus qu’il ne lui en faut ; elle cherche à accroître ses biens, sa fortune et plus et plus encore : qu’elle n’ait pas à craindre de monter jusqu’aux Demeures les plus proches du Roi.

5. S’il leur arrive d’avoir quelques prises au mépris ou que l’on porte atteint à leur honneur, ils ne sortent aussitôt pas d’un état d’inquiétude insupportable. Dieu secourable ! Ne s’agit-il pas de gens qui savent combien le Seigneur à souffert et qui savent que la souffrance peut être profitable et encore plaise à Dieu qu’ils ne s’imaginent pas qu’ils souffrent par la faute des autres et ne s’en octroient point, en pensée, le mérite.

6. Nous (les religieuses), nous ne recherchons pas les biens et nul de ce fait ne nous en fait injure. Des choses peuvent vous arriver pour vous faire voir si vous êtes maîtres de vos passions.L’affaire n’est pas de porter un habit religieux ou pas mais de chercher à nous excercer dans la vertu, de soumettre en toutes choses notre volonté à celle de Dieu, et de conformer notre vie à ce que Sa Majesté dispose : que sa volonté soit faite et non la nôtre. Tant que nous n’en sommes pas là : de l’humilité ! Car si nous sommes vraiment humbles Dieu viendra nous guérir.

7. Certaines âmes dont j’ai parlé précédemment sont bien organisées dans leur existence et elle aime beaucoup leur vie mise au service de Notre Seigneur mais elles ne se mortifient que très prudemment et ne craignez point qu’elles se tuent car l’amour ne les fait point encore déraisonner, elles sont en possession de leur raison. Mais cette raison peut inciter à ne point ainsi traîner et à se contenter de servir Dieu de cette façon car sinon nous n’arriverons pas au bout du chemin. Comme nous imaginons toujours être en marche et que nous nous fatiguons (cette route est très accablante) ce sera déjà très bien si ne nous ne nous perdions point. C’est comme s’il nous était loisible d’aller d’un pays à l’autre en huit jours au lieu de faire le trajet en un an au hasard des auberges de la pluie, et des mauvais chemins ? Ne vaudrait-il pas mieux d’en finir une bonne fois ? Car s’ajoute le danger des serpents.

8. Nous n’osons pas aller de l’avant comme si nous nous savions capables d’atteindre ces Demeures et que d’autres fassent le chemin. Remettons nos craintes et notre raison dans les mains du Seigneur. Le souci que nous avons de notre corps, de notre santé peut nous induire en erreur. Ce qui concerne le corps est secondaire. L’acheminement dont je parle s’accompagne d’une grande humilité. Il faut qu’on nous tienne pour la plus misérable de toutes.

9. Cet état sera excellent alors : sinon nous y vivrons dans milles peines et misères, car nous y subissons de lourdes épreuves tant que nous n’avons pas renoncé à nous-même et que nous portons la charge de cette terre de misère : ce n’est pas le cas de ceux qui s’élèvent vers les autres Demeures. Là le Seigneur ne manque pas de les récompenser. Il nous donne beaucoup plus que nous ne méritons lorsqu’il nous accorde des joies bien supérieures à celles que nous pourrions trouver dans les régals et distractions de la vie : mais ne pensez pas qu’il leur prodigue des douceurs spirituelles, sauf rare exception : il les invite à voir ce qui se passe dans les autres Demeures, pour qu’ils se disposent à y pénétrer.

10. Vous allez imaginer que contentements et plaisirs spirituels sont une seule et même choses, et vous demander pourquoi j’emploie des mots différents. A moi il me semble que la différence est très grande. Je dirai ce que j’en entends lorsque je parlerai des quatrièmes Demeures qui vont suivre : ce sera plus opportun, puisqu’il faudra, alors, expliquer certains des plaisirs que le Seigneur y procure. Vous pourrez comprendre en en ayant l’avantage quelles sont les différences et vous pourrez rechercher ce qu’il y a de mieux. Les âme que Dieu élèvent à cet état y trouveront un grand réconfort, et celles qui croient tout avoir, une grande confusion : si elles sont humbles, elles seront portées à l’action de grâces. Mais si elles manquent quelque peu d’humilité, leur affliction intérieure sera sans objet, car la perfection ne consiste pas dans des plaisirs intérieurs, elle est l’apanage de celui qui aime le plus : à lui, la récompense, comme à celui qui agit avec justice et vérité.

11. A quoi bon parler de ces faveurs ? Outre que j’en ai reçu l’ordre par mes supérieurs, ce que je puis vous dire, c’est que lorsque je n’avais pas l’expérience de ces faveurs, ni même l’idée que je l’aurais de ma vie, quand je lisais dans les livres les faveurs et les consolations que le Seigneur accorde aux âmes qui le servent, j’en avais une grande joie et mon âme louait Dieu vivement. Ces faveurs venant de Dieu chargées d’amour et de courage permettent aux âmes qui en bénéficient de continuer à marcher sans peine et croître en bonnes actions et en vertus. Nous pouvons perdre par notre faute des contentements et des faveurs. Dieu est juste, le Seigneur vous donnera par d’autres voies ce qu’Elle vous ôte par celle-là : Sa Majesté a ses raisons, et ses secrets sont bien cachés : du moins nous donnera-t-elle ce qui nous convient le mieux, sans aucun doute.

12. Celle à qui, par la bonté du Seigneur, sont parvenues à cet état, (ce n’est pas une petite miséricorde, comme je l’ai dit, car elles sont bien près de monter plus haut), auraient grand intérêt à beaucoup s’exercer à la prompte obéissance ; même pour ceux qui n’appartiennent pas à un Ordre Religieux, il serait fort utile, comme le font de nombreuses personnes, d’avoir quelqu’un à qui recourir pour ne faire en aucun cas notre volonté propre, car c’est ordinairement ce qui nous nuit ; ne le choisissons pas d’humeur analogue à la nôtre comme on dit, aussi prudent que nous le sommes, mais recherchons- en un qui soit bien désabusé de toutes les choses du monde, avec quelqu’un qui le connaît, pour mieux nous connaître ; et puis, lorsque des choses qui nous paraissent impossibles se révèlent possibles pour d’autres, et même douces, nous prenons courage ; leur envol, semble-t-il, nous enhardit à voler, comme les oisillons qui font leur apprentissage et qui, dans l’immédiat, ne volent pas très loin, ils imitent peu à peu leurs parents ; on fait ainsi de grands progrès, je le sais.
Quelque soit leur détermination à ne pas offenser le Seigneur, ces personnes doivent veiller à ne pas s’exposer à l’offenser : elles sont tout près des premières Demeures, et pourraient facilement y retourner. Leur force n’est pas fondée sur un terrain solide, comme c’est le cas des personnes qui , déjà exercées à souffrir, connaissent les tempêtes du monde et ont des raisons de ne guère les redouter, ni de désirer ses joies ; une grande persécution comme celles que le démon sait très bien agencer pour nous nuire pourrait les y ramener ; promptes à éviter le péché à autrui, ces âmes seraient incapables de résister à ce qui pourrait leur arriver en l’occurrence.

13. Considérons nos fautes, et laissons là celles des autres, car le fait de ces personnes si bien organisées est souvent de s’offusquer de tout, et, d’aventure, ceux dont nous nous offusquons pourraient bien avoir beaucoup à nous apprendre de l’essentiel. Il se peut que dans la manière d’être extérieure, nous les surpassions ; mais le principal n’est pas là, bien que ce soit important, mais il n’y a pas de quoi vouloir que tout le monde suive immédiatement le même chemin que nous, ni de nous mettre à les instruire des voies spirituelles, alors que, d’aventure, nous les ignorons ; car nous pouvons faire un usage fort erroné de ce désir que nous donne Dieu d’aider les âmes. Il vaut mieux toujours s’en tenir à notre Règle ; " Chercher à vivre toujours dans le silence et l’espérance ", et le Seigneur prendra soin de ces âmes. Tant que nous ne négligerons pas de supplier pour elles Sa Majesté, nous serons fort utiles, avec Sa grâce. Qu’Elle soit bénie à jamais.

Dans ces Troisièmes Demeures, Sainte Thérèse insiste particulièrement sur nos conditions intérieures. Elle évoque les erreurs à éviter. Certes, elle nous dit aussi que nos habitudes de vie, de la manière dont nous nous tenons extérieurement dénote un état de " discipline " ou non (de la manière pour une femme (par exemple) de s’habiller, de se tenir dans la propreté y compris de sa maison, dénote également) mais surtout qui peut savoir ce qu’il se passe dans une âme où extérieurement une personne peut nous sembler plus parfaite, mais est-là l’essentiel ? Non. De plus, elle nous fait comprendre sans cesse que le remède c’est de se confier à Dieu sans cesse et de Le laisser œuvrer : "Que Ta volonté soit faite ", car Il sait mieux que nous.

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Lun 14 Déc 2009 - 0:10

TROISIEMES DEMEURES - Chapitre 2
Spiritualité & Mystique


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Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI

Suite du même sujet. Des sécheresses dans l’oraison, de ce qui peut s’ensuivre, de la nécessité de nous mettre à l’épreuve. De la manière dont le Seigneur éprouve ceux qui ont atteint ces demeures.
1. J’ai connu des âmes et même beaucoup qui sont parvenues à cet état et qui vivent dans une harmonie et une droiture exemplaire ; elle semblaient avoir maîtrisé le monde, en être bien déçues par lui mais lorsque le Seigneur les soumit à de petites épreuves, leur inquiétude fut telle que j’en fus éberluée et effrayée. Il est vain de les conseiller car elles sont si consacrées à la vertu qu’elles pensent pouvoir l’enseigner aux autres et n’avoir que trop de regrets d’avoir à subir ces épreuves.

2. Je n’ai trouvé de remèdes qu’à compatir à leur peine (c’est pitié de les voir asservir à toutes ces misères), sans contester : elles imaginent toutes qu’elles souffrent pour Dieu et n’arrivent pas à comprendre que c’est une imperfection. C’est une idée fausse de la part de gens si avancés. Dieu veut souvent que ses élus ressentent leur misère, Il détourne un peu sa faveur, et il n’en faut pas plus pour qu’aussitôt nous ayons tôt fait de nous connaître. C’est une épreuve dans laquelle je vois La grande miséricorde de Dieu, car bien que ce soit une faute, elle fait beaucoup gagné en humilité.

3. Nous pouvons nous mettre à l’épreuve nous-mêmes avant que le Seigneur ne le fasse ; soyons lucide et les premiers à nous connaître.

4. Quelqu’un qui vient de perdre sa fortune mais cependant garde ce qu’il lui faut pour avoir le nécessaire ; si cette personne se montre si inquiète, comment le Seigneur lui demanderait de tout quitter pour Lui ? Un autre s’afflige parce qu’il ne peut donner aux autres. Dieu préfère que je me soumettre à sa volonté tout en cherchant à recouvre mes biens et que je maintienne mon âme en paix. (Paix mes agneaux, Paix mes brebis, nous dit souvent Jésus). Qu’il comprenne que la liberté d’esprit lui manque et il se disposera à la recevoir du Seigneur.
Une autre personne a largement de quoi manger et même plus qu’il ne lui en faut ; elle cherche à accroître ses biens, sa fortune et plus et plus encore : qu’elle n’ait pas à craindre de monter jusqu’aux Demeures les plus proches du Roi.

5. S’il leur arrive d’avoir quelques prises au mépris ou que l’on porte atteint à leur honneur, ils ne sortent aussitôt pas d’un état d’inquiétude insupportable. Dieu secourable ! Ne s’agit-il pas de gens qui savent combien le Seigneur à souffert et qui savent que la souffrance peut être profitable et encore plaise à Dieu qu’ils ne s’imaginent pas qu’ils souffrent par la faute des autres et ne s’en octroient point, en pensée, le mérite.

6. Nous (les religieuses), nous ne recherchons pas les biens et nul de ce fait ne nous en fait injure. Des choses peuvent vous arriver pour vous faire voir si vous êtes maîtres de vos passions.L’affaire n’est pas de porter un habit religieux ou pas mais de chercher à nous excercer dans la vertu, de soumettre en toutes choses notre volonté à celle de Dieu, et de conformer notre vie à ce que Sa Majesté dispose : que sa volonté soit faite et non la nôtre. Tant que nous n’en sommes pas là : de l’humilité ! Car si nous sommes vraiment humbles Dieu viendra nous guérir.

7. Certaines âmes dont j’ai parlé précédemment sont bien organisées dans leur existence et elle aime beaucoup leur vie mise au service de Notre Seigneur mais elles ne se mortifient que très prudemment et ne craignez point qu’elles se tuent car l’amour ne les fait point encore déraisonner, elles sont en possession de leur raison. Mais cette raison peut inciter à ne point ainsi traîner et à se contenter de servir Dieu de cette façon car sinon nous n’arriverons pas au bout du chemin. Comme nous imaginons toujours être en marche et que nous nous fatiguons (cette route est très accablante) ce sera déjà très bien si ne nous ne nous perdions point. C’est comme s’il nous était loisible d’aller d’un pays à l’autre en huit jours au lieu de faire le trajet en un an au hasard des auberges de la pluie, et des mauvais chemins ? Ne vaudrait-il pas mieux d’en finir une bonne fois ? Car s’ajoute le danger des serpents.

8. Nous n’osons pas aller de l’avant comme si nous nous savions capables d’atteindre ces Demeures et que d’autres fassent le chemin. Remettons nos craintes et notre raison dans les mains du Seigneur. Le souci que nous avons de notre corps, de notre santé peut nous induire en erreur. Ce qui concerne le corps est secondaire. L’acheminement dont je parle s’accompagne d’une grande humilité. Il faut qu’on nous tienne pour la plus misérable de toutes.

9. Cet état sera excellent alors : sinon nous y vivrons dans milles peines et misères, car nous y subissons de lourdes épreuves tant que nous n’avons pas renoncé à nous-même et que nous portons la charge de cette terre de misère : ce n’est pas le cas de ceux qui s’élèvent vers les autres Demeures. Là le Seigneur ne manque pas de les récompenser. Il nous donne beaucoup plus que nous ne méritons lorsqu’il nous accorde des joies bien supérieures à celles que nous pourrions trouver dans les régals et distractions de la vie : mais ne pensez pas qu’il leur prodigue des douceurs spirituelles, sauf rare exception : il les invite à voir ce qui se passe dans les autres Demeures, pour qu’ils se disposent à y pénétrer.

10. Vous allez imaginer que contentements et plaisirs spirituels sont une seule et même choses, et vous demander pourquoi j’emploie des mots différents. A moi il me semble que la différence est très grande. Je dirai ce que j’en entends lorsque je parlerai des quatrièmes Demeures qui vont suivre : ce sera plus opportun, puisqu’il faudra, alors, expliquer certains des plaisirs que le Seigneur y procure. Vous pourrez comprendre en en ayant l’avantage quelles sont les différences et vous pourrez rechercher ce qu’il y a de mieux. Les âme que Dieu élèvent à cet état y trouveront un grand réconfort, et celles qui croient tout avoir, une grande confusion : si elles sont humbles, elles seront portées à l’action de grâces. Mais si elles manquent quelque peu d’humilité, leur affliction intérieure sera sans objet, car la perfection ne consiste pas dans des plaisirs intérieurs, elle est l’apanage de celui qui aime le plus : à lui, la récompense, comme à celui qui agit avec justice et vérité.

11. A quoi bon parler de ces faveurs ? Outre que j’en ai reçu l’ordre par mes supérieurs, ce que je puis vous dire, c’est que lorsque je n’avais pas l’expérience de ces faveurs, ni même l’idée que je l’aurais de ma vie, quand je lisais dans les livres les faveurs et les consolations que le Seigneur accorde aux âmes qui le servent, j’en avais une grande joie et mon âme louait Dieu vivement. Ces faveurs venant de Dieu chargées d’amour et de courage permettent aux âmes qui en bénéficient de continuer à marcher sans peine et croître en bonnes actions et en vertus. Nous pouvons perdre par notre faute des contentements et des faveurs. Dieu est juste, le Seigneur vous donnera par d’autres voies ce qu’Elle vous ôte par celle-là : Sa Majesté a ses raisons, et ses secrets sont bien cachés : du moins nous donnera-t-elle ce qui nous convient le mieux, sans aucun doute.

12. Celle à qui, par la bonté du Seigneur, sont parvenues à cet état, (ce n’est pas une petite miséricorde, comme je l’ai dit, car elles sont bien près de monter plus haut), auraient grand intérêt à beaucoup s’exercer à la prompte obéissance ; même pour ceux qui n’appartiennent pas à un Ordre Religieux, il serait fort utile, comme le font de nombreuses personnes, d’avoir quelqu’un à qui recourir pour ne faire en aucun cas notre volonté propre, car c’est ordinairement ce qui nous nuit ; ne le choisissons pas d’humeur analogue à la nôtre comme on dit, aussi prudent que nous le sommes, mais recherchons- en un qui soit bien désabusé de toutes les choses du monde, avec quelqu’un qui le connaît, pour mieux nous connaître ; et puis, lorsque des choses qui nous paraissent impossibles se révèlent possibles pour d’autres, et même douces, nous prenons courage ; leur envol, semble-t-il, nous enhardit à voler, comme les oisillons qui font leur apprentissage et qui, dans l’immédiat, ne volent pas très loin, ils imitent peu à peu leurs parents ; on fait ainsi de grands progrès, je le sais.
Quelque soit leur détermination à ne pas offenser le Seigneur, ces personnes doivent veiller à ne pas s’exposer à l’offenser : elles sont tout près des premières Demeures, et pourraient facilement y retourner. Leur force n’est pas fondée sur un terrain solide, comme c’est le cas des personnes qui , déjà exercées à souffrir, connaissent les tempêtes du monde et ont des raisons de ne guère les redouter, ni de désirer ses joies ; une grande persécution comme celles que le démon sait très bien agencer pour nous nuire pourrait les y ramener ; promptes à éviter le péché à autrui, ces âmes seraient incapables de résister à ce qui pourrait leur arriver en l’occurrence.

13. Considérons nos fautes, et laissons là celles des autres, car le fait de ces personnes si bien organisées est souvent de s’offusquer de tout, et, d’aventure, ceux dont nous nous offusquons pourraient bien avoir beaucoup à nous apprendre de l’essentiel. Il se peut que dans la manière d’être extérieure, nous les surpassions ; mais le principal n’est pas là, bien que ce soit important, mais il n’y a pas de quoi vouloir que tout le monde suive immédiatement le même chemin que nous, ni de nous mettre à les instruire des voies spirituelles, alors que, d’aventure, nous les ignorons ; car nous pouvons faire un usage fort erroné de ce désir que nous donne Dieu d’aider les âmes. Il vaut mieux toujours s’en tenir à notre Règle ; " Chercher à vivre toujours dans le silence et l’espérance ", et le Seigneur prendra soin de ces âmes. Tant que nous ne négligerons pas de supplier pour elles Sa Majesté, nous serons fort utiles, avec Sa grâce. Qu’Elle soit bénie à jamais.

Dans ces Troisièmes Demeures, Sainte Thérèse insiste particulièrement sur nos conditions intérieures. Elle évoque les erreurs à éviter. Certes, elle nous dit aussi que nos habitudes de vie, de la manière dont nous nous tenons extérieurement dénote un état de " discipline " ou non (de la manière pour une femme (par exemple) de s’habiller, de se tenir dans la propreté y compris de sa maison, dénote également) mais surtout qui peut savoir ce qu’il se passe dans une âme où extérieurement une personne peut nous sembler plus parfaite, mais est-là l’essentiel ? Non. De plus, elle nous fait comprendre sans cesse que le remède c’est de se confier à Dieu sans cesse et de Le laisser œuvrer : "Que Ta volonté soit faite ", car Il sait mieux que nous.

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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mar 15 Déc 2009 - 0:45

QUATRIEMES DEMEURES - Chapitre 1
Différences entre contentements et tendresses de l’oraison
Et les plaisirs qu’on y trouve
En quoi la pensée diffère de l’entendement
Choses utiles à ceux qui sont distraits dans l’oraison
Spiritualité
& Mystique


Thérèse de Jésus
Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI

1. Pour parler de ces quatrièmes Demeures, je me recommande au Saint-Esprit afin qu’il écrive à ma place car nous commençons à entrer dans les choses surnaturelles. Il me semble avoir plus de lumières sur les faveurs que le Seigneur accorde à quelques âmes, mais il est difficile de savoir en parler ; plaise à Sa Majesté de le faire s’il doit s’ensuivre un grand bien, et sinon, non.

2. Ces Demeures sont déjà plus proches de celle qu’habite le Roi, elles sont d’une grande beauté, on y voit et on y entend des choses si délicates que l’intelligence est incapable d’en donner une idée si juste qu’elle ne soit encore bien obscure pour ceux qui n’en ont pas l’expérience, ceux-là comprendront très bien, spécialement ceux dont l’expérience est très grande. On croira que pour atteindre ces Demeures, il faut avoir vécu très longtemps dans les autres, il n’y a pas de règle absolue : ces biens qui appartiennent au Seigneur Il les donne quand il veut et comme il veut, à qui il veut sans faire tort à personne.

3. Il est rare que les bêtes vénimeuses pénètrent dans ces Demeures, et si elles y entrent, elles ne font pas de mal, l’âme y gagne plutôt. Il n’y a point de tentation et donc, le démon ne peut nous leurrer et se servir des plaisirs que Dieu accorde. Le moins qu’il puisse faire est d’écarter cette âme de tout ce qui peut lui acquérir des mérites, et la laisser dans un ravissement continuel. Or, quand il est continuel, je ne crois pas qu’il soit sûr, il me semble impossible que l’esprit du Seigneur soit toujours en nous durant cet exil.

4. Le contentement est ce que nous obtenons nous-même par la méditation et nos prières à Notre-Seigneur, cela procède de notre nature, avec tout de même, l'aide de Dieu car sans Lui nous ne pourrions rien. Le contentement procède de l’acte vertueux même que nous accomplissons. Le même contentement peut nous advenir sur terre par d’autres choses : voir soudain une personne que nous aimons beaucoup, réussir une affaire importante, une grande fortune qui nous échoit soudain. J’ai vu de grands contentements faire verser des larmes, cela m’est arrivé quelquefois. Ces contentements sont naturels et il me semble qu’il en est de même de ceux que nous inspirent les choses de Dieu ; ils sont seulement de plus noble lignée, sans toutefois que les autres soient moins mauvais. Ils partent de notre nature elle-même et s’achève en Dieu.

5. Les contentements dont j’ai parlé ne dilatent pas le coeur, ils semblent même à l’ordinaire le serrer un peu, bien qu’il soit tout content de voir ce qui se fait pour Dieu ; mais des larmes angoissées jaillissent, qui semblent en quelque sorte causées par la passion. Je ne sais pas grand chose de ces passions de l’âme, ma gaucherie est grande, sinon je me ferais peut-être comprendre, je montrerais ce qui procède de la sensualité et de notre nature ; je saurais m’expliquer, moi qui suis passée par là, si je comprenais. A toutes fins, le savoir et l’instruction de grandes choses.

6. Je dis ce que je sais par expérience de cet état, de ces régals et contentements dans la méditation ; car si la Passion commençait à me faire pleurer, j’étais incapable de m’arrêter jusqu’à ce que j’en eusse la tête cassée ; de même, si je pleurais mes péchés. Notre Seigneur me faisait ainsi une fort grande faveur, mais je ne veux examiner pour le moment ce qui vaut le mieux, voir dire quelle différence il y a entre eux. Ces larmes aboutissent à Dieu. C’est hautement appréciable, si l’humilité est là pour nous faire comprendre que nous ne sommes pas meilleurs pour cela : nous ne pouvons pas comprendre si tous ces effets sont causés par l’amour, mais s’il en est ainsi, c’est un don de Dieu. La plupart des âmes dans les Demeures précédentes éprouvent cette sorte de ferveur car elles réfléchissent, méditent : elles sont en bonne voie, on ne leur a pas accordé davantage mais elles feraient bien de se consacrer à des actes, à louer Dieu, à se réjouir de sa bonté, à le voir semblable à Lui-même, à souhaiter son honneur et sa gloire ; cela, de leur mieux, car c’est un excellent moyen d’éveiller la volonté. Qu’elles veillent bien, lorsque le Seigneur leur donnera ces sentiments, à ne pas les faire taire pour achever leur méditation ordinaire.

7. Je veux absolument que vous sachiez que pour beaucoup avancer sur ce chemin et monter aux Demeures que nous désirons atteindre, il ne s’agit pas de beaucoup penser, mais de beaucoup aimer ; donc, tout ce qui vous incitera à aimer davantage, faites-le.
Nous ne savons peut-être pas ce que c’est qu’aimer ; il ne s’agit pas de goûter le plus grand plaisir, mais d’avoir la plus forte détermination de désirer toujours contenter Dieu, de chercher autant que possible à ne pas l’offenser, de le prier de faire toujours progresser l’honneur et la gloire de son Fils.
Telles sont les marques de l’amour, mais ne croyez pas qu’il s’agisse de ne pas penser à autre chose, et que si vous êtes un peu distrait, tout est perdu.

8. Ces tumultes de la pensée m’ont parfois bien oppressée ; depuis un peu plus de quatre ans j’ai enfin compris, par expérience, que la pensée, ou, pour mieux me faire comprendre, l’imagination, n’est pas l’entendement ; je l’ai demandé à un homme doté, il m’a dit qu’il en était ainsi, pour ma plus grande satisfaction. Comme l’entendement est une des facultés de l’âme, il m’était dur de le voir parfois si papillonnant ; il est habituel que la pensée s’envole soudain, Dieu seul peut la lier ; quand il nous lie ainsi, nous avons l’impression, d’être, en quelque sorte, déliés de notre corps. Je voyais, quant à moi, les facultés de l’âme occupées en Dieu, recueillies en Lui, tandis que d’autre part la pensée s’agitait ; j’en étais toute hébétée.

9. Nous endurons beaucoup sur ce chemin par manque de connaissance. Nous subissons de terribles épreuves faute de nous comprendre. Ce qui n’est pas mauvais mais bon nous le jugeons très coupable. De là proviennent beaucoup d’affliction pour des tas de gens qui pratiquent l’oraison et se plaignent d’épreuves intérieures, souvent ceux qui manquent d’instruction. Viennent les mélancolies, la ruine de la santé. Ils en arrivent même à tout abandonner et ne considèrent pas qu’il existe un monde intérieur ici bas. L’âme est toute unie à Dieu tandis que la pensée, encore aux alentours du château en proie à mille bêtes venimeuses et féroces acquièrent des mérites par les souffrances : cela ne doit donc pas vous troubler, ni vous inciter à abandonner : car c’est ce que prétend le démon. Pour la plupart, toutes nos inquiétudes et nos épreuves viennent de ce que nous ne nous comprenons pas.

10. En écrivant ceci il y a beaucoup de bruit dans ma tête : des fleuves tortueux, des sifflements de petits oiseaux et cela non pas dans mes oreilles mais dans la partie supérieure de la tête, où, dit-on, se trouve la partie supérieure de l’âme. J’ai insisté là-dessus car il me semblait que le grand mouvement de l’esprit vers le haut montait avec vélocité. Plaise à Dieu que je me rappelle d’en dire la cause quand je parlerai des Demeures suivantes. Malgré le tumulte qui règne cela ne me gêne nullement dans l’oraison, ni pour m’exprimer, mais l’âme est toute entière dans sa quiétude, dans son amour, dans ses désirs, et dans la claire connaissance.

11. Mais si la partie supérieure de l’âme se trouve dans la partie supérieure de la tête comment se fait-il qu’elle ne soit pas troublée ? Je l’ignore. On en souffre quand l’oraison ne s’accompagne pas de suspension des sens, car alors, tant que la suspension ne cesse point, on ne ressent aucun mal, mais il ne faut pas abandonner pour cet inconvénient. Ne nous laissons pas troubler par nos pensées car si elles sont le mouvement du démon, il y renoncera et si cela vient de la misère du péché d’Adam, prenons patience pour l’amour de Dieu. Nous sommes assujettis à manger et dormir et nous ne pouvons l’éviter et c’est une fort grande épreuve.

12. Allons là où personne ne nous méprisera. Voyons le Cantique des Cantiques qui justifie ces paroles. Nous pouvons supporter tous les combats et toutes les guerres si nous trouvons le repos chez nous mais lorsque nous nous rendons compte que l'obstacle c’est nous même c’est intolérable.
Seigneur conduis-nous et délivres-nous. Le Seigneur l’en délivre dès cette vie lorsqu’elle a atteint la dernière Demeure.

13. Ces misères vous les subirez mais peut-être pas autant que moi à croire que je voulais moi-même me venger de moi-même ; ne vous y attachez pas : contentons-nous de moudre notre farine sans que cesse d’agir la volonté et l’entendement.

14. Cette gêne est plus ou moins importante selon notre état de santé et le moment.. Elle souffre la pauvre âme en n’ayant pas commis de fautes : nous en commettrons d’autres : prenons patience. Même si vous n’êtes pas persuadé de tous les conseils que je vous donne, nous qui savons si peu de choses, ce n’est pas perdre mon temps que de les écrire. Le Seigneur nous éclairera. Sa Majesté veut que nous prenions des mesures et que nous nous connaissions, pour ne pas accuser notre pauvre âme de ce que font notre faible imagination, notre nature et le démon.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mer 16 Déc 2009 - 0:28

QUATRIEMES DEMEURES - Chapitre 2
Spiritualité
& Mystique


Thérèse de Jésus
Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI

Du plaisir spirituel
Du comment les obtenir sans les rechercher
Une comparaison
1. Les consolations spirituelles quand s’y mêlent nos passions, provoquent une frénésie de sanglots ; certaines personnes m’ont déjà dit que le coeur serre, qu’il s’ensuit aussi des mouvements extérieurs auxquels elles ne peuvent résister, si fort que le sang leur sort des narines et autres choses aussi pénibles. Je ne suis pas passée par là et ne sais rien dire, mais il doit s’ensuivre de la consolation : car, comme je le dis tout aboutit au désir de contenter Dieu et de jouir de Sa Majesté.

2. Il en va tout autrement des plaisirs de Dieu que j’ai nommé ailleurs oraison de quiétude, comme comprendront ceux et celles qui l’ont goûté par la miséricorde divine. Pour mieux comprendre : supposons que nous voyions deux fontaines qui emplissent d’eau deux bassins. Cet élément est le meilleurs à mes yeux pour mon exemple car dans tout ce qu’un grand Dieu si savant a créé, il doit y avoir de nombreux secrets dont nous ne pouvons tirer le même profit que ceux qui les comprennent : je crois pourtant qu’il y a plus qu’on ne peut comprendre dans chaque petite chose ne serait-ce qu’une fourmi.

3. Ces deux bassins s’emplissent d’eau par des moyens différents : pour l’un elle est amenée artificiellement de loin par de nombreux aqueducs, l’autre a été creusé à la source même de l’eau, et il s’emplit sans bruit. Si la source est aussi abondante que celle dont nous parlons, lorsque le bassin est plein, il en déborde un grand ruisseau ; il n’y a pas besoin d’artifices, peu importerait la ruine de l’aqueduc, l’eau jaillit toujours du même point. Telle est la différence ; celle qui vient par les aqueducs s’assimile, ce me semble, aux contentements qu’on obtient par la méditation ; nos pensées nous les procurent, en nous aidant des choses créées pour méditer par un effort de l’entendement ; et comme elle vient, enfin, de notre industrie, c’est avec bruit qu’elle répand quelque chose de profitable dans l’âme, comme je l’ai dit.

4. Dans l’autre bassin : l’eau naît de la source même qui est Dieu. Sa Majesté le veut quand Sa volonté est d’accorder une faveur surnaturelle, elle émane avec une quiétude immense et paisible du plus intime de nous-même ; il se fait que ce contentement et cette délectation ne se ressentent pas dans le coeur comme les joies d’ici-bas, du moins au début car elles finissent par tout inonder ; cette eau se répand dans toutes les Demeures et toutes les puissances, elle atteint enfin le corps ; c’est pourquoi, j’ai dit qu’elle commence en Dieu et finit en nous ; car vraiment, comme on le verra quiconque l’éprouvera, l’homme extérieur tout entier jouit de ce plaisir et de cette douceur.

5. Ces choses se passent au centre de l’âme je pense. Je vois en nous des mystères qui m’émerveillent souvent. O mon Seigneur et mon Dieu, que vos grandeurs sont grandes !
Nous nous conduisons ici-bas comme de naïfs petits bergers, nous croyons saisir quelque chose de vous, et ce doit être moins que rien, puisqu’il y a déjà en nous-même de grands mystères que nous ne comprenons pas.

6. Il apparaît que lorsque cette eau céleste commence à couler de la source dont je parle au plus profond de nous, on dirait que tout notre intérieur se dilate et s’élargit, et on ne saurait exprimer tout le bien qui en résulte, l’âme elle-même ne peut comprendre ce qui lui est donné. Elle respire un parfum, disons-le maintenant, comme s’il y avait dans cette profondeur intérieure un brasero sur lequel on jetterait des parfums embaumés : on ne voit pas la braise, on ne sait où elle est, mais sa chaleur et la fumée odorante pénètrent l’âme toute entière, et même, comme je l’ai dit, le corps en a fort souvent sa part. Attention comprenez-moi, on ne sent pas une odeur, ni de chaleur, c’est chose plus subtile, plus délicate. Ce n’est pas un de ces cas où l’on puisse se faire illusion, puisque de nos plus grands efforts ne pourraient rien obtenir : cela même nous prouve que ça n’est pas d’un métal courant, mais l’or infiniment pur de la sagesse divine.
Ici, ce me semble, les puissances ne sont pas unies, mais ravies, et comme étonnées, elles considèrent tout cela.

7. Depuis quinze ans que j’écris, il se peut que je sois en contradiction car depuis le Seigneur m’a probablement donné plus de lumières mais aujourd’hui comme avant, je puis me tromper en tout : je ne dis que ce que je comprends et ne dis pas de mensonges : je souffrirais plutôt mille morts par la miséricorde divine.

8. Il n’est meilleurs creuset que de pratiquer l’oraison notre volonté unie à celle de Dieu et c’est aux effets et aux œuvres que l’on reconnaît la vérité de cette oraison ; l’âme ne pourra jamais mesurer les grâces que le Seigneur lui accorde alors et l’amour avec lequel il la rapproche encore de Lui ; vrai, vous voudriez bien savoir comment nous obtiendrons cette faveur. Je vais vous dire ce que j’ai compris à ce sujet.

9. De l’humilité ! De l’humilité ! C’est elle qui persuade le Seigneur de nous accorder tout ce que nous attendons de Lui : vous reconnaîtrez en tout premier lieu que vous la possédez à ce que vous ne croirez pas mériter ces faveurs et saveurs du Seigneur. Le Seigneur consent à accorder à son gré uniquement : Il a ses raison dont nous n’avons pas à nous mêler. Comment obtient-on ces faveurs sans les chercher ? Il ne faut pas les rechercher pour les raisons suivantes : la première est qu’il faut aimer Dieu sans intérêt ; la deuxième est qu’il y aurait un certain manque d’humilité à penser que nos misérables services pourraient nous valoir quelque chose d’aussi grand ; la troisième, c’est que la vraie manière de nous y préparer est le désir de souffrir et d’imiter le Seigneur ; la quatrième est que Sa Majesté n’est pas oubliée de nous l’accorder, comme elle l’est de nous accorder le ciel si nous observons ses commandements, car nous pouvons nous sauver sans cela, il y a des gens qui qui suivent la voie de l’amour comme ils le doivent, uniquement pour servir leur Christ crucifié et ils ne lui demandent pas de plaisirs spirituels et n’en désirent pas et ils le supplient de ne pas leur en donner en cette vie : c’est la vérité. La cinquième est que l’eau doit couler de source et cela ne nous sert à rien de travailler en vain et de nous fatiguer. Je veux dire que pour beaucoup que nous méditions, pour beaucoup que nous nous pressurions jusqu’à nous tirer des larmes, cette eau ne vient pas de là. Dieu ne la donne qu’à qui il veut, et souvent au moment où l’âme y pense le moins.

10. Nous sommes à Lui, qu’Il fasse de nous ce qu’Il voudra, qu’Il nous conduise à la voie qui Lui plaira. Je crois bien que si nous nous humilions et nous détachons vraiment, le Seigneur ne manquera pas de nous accorder cette faveur, et bien d’autres encore que nous ne saurions désirer. Qu’Il soit loué et béni à jamais. Amen.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Jeu 17 Déc 2009 - 21:16

QUATRIEMES DEMEURES - Chapitre 3
Spiritualité
& Mystique


Thérèse de Jésus
Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI

L’oraison de recueillement, ses effets
Ce qui reste à dire de l’oraison précédente
1. Les effets de cette oraison sont nombreux et j’en dirai quelques uns. Une autre forme d’oraison la précède toujours : il s’agit d’un recueillement qui me semble, lui aussi, surnaturel, il ne consiste pas à rester dans l’obscurité les yeux fermés, ni en quoi que ce soit d’extérieur puisque sans le vouloir on ferme les yeux et on désire la solitude ; il semble qu’on construise sans artifice l’édifice de l’oraison dont j’ai parlé, car ces sens et ces choses extérieures paraissent perdre peu à peu leurs droits et l’âme reprendre les siens, qu’elle avait perdus.

2. On dit que l’âme entre en elle-même ; on dit aussi qu’elle monte au-dessus d’elle-même. Estimons que ces sens et ces puissances dont j’ai déjà dit qu’ils sont les habitants de ce château (comparaison) sont sortis et vivent depuis des jours et des années avec des étrangers ennemis de ce château ; ils se voient perdus et ils s’en rapprochent, mais sans arriver à s’y introduire, car l’habitude qu’ils ont prise est forte, mais ils ne sont plus des traîtres, et rôdent aux alentours. Lorsqu’il voit leur bonne volonté, le grand Roi qui habite ce château veut les ramener à Lui, dans sa grande miséricorde, en bon pasteur ; par un sifflement si doux que c’est à peine s’ils l’entendent, il cherche à leur faire reconnaître sa voix afin qu’ils ne se croient plus perdus, mais retournent à leur demeure. Et ce sifflement du pasteur a une telle puissance qu’ils abandonnent les choses extérieures qui aliéneraient leur raison et rentrent dans le château.

3. On trouve Dieu plus efficacement en nous-mêmes que dans les créatures comme le dit Saint Augustin qui l’a trouvé là après l’avoir cherché en beaucoup d’endroits ; cette grâce si Dieu nous la fait, nous est d’un grand secours.

Ne songeons pas que nous y parvenions à l’aide de l’entendement, en nous appliquant à penser que Dieu est en nous, ni à l’aide de l’imagination, en l’imaginant en nous. C’est là une excellente manière de méditation puisque elle est basée sur la vérité, ce dont je parle est différent : parfois avant de commencer à penser à Dieu, ces gens sont déjà dans le Château ; sans que je ne sache ni où, ni comment, ils ont entendu le sifflement de leur Pasteur ; ce ne fut pas par l’ouïe, car on n’en entend rien, mais on ressent très manifestement un doux recueillement intérieur ; ceux qui en ont l’expérience le sauront.
La tortue entre comme elle le veut sous sa carapace : tandis que dans ce recueillement ne s’obtient pas par notre propre volonté mais lorsque Dieu veut nous accorder cette grâce.

4. Ceux qui découvriront cela en eux loueront Dieu avec ardeur, et leurs actions de grâces les disposeront à recevoir de plus grandes faveurs, à écouter, à être attentifs à ce que le Seigneur opère dans l’âme. Je crois que certains livres du saint Fr. Pierre d’Alcantara disent des vérités car ce saint savait ce dont il parlait : voici mes raisons pour lesquelles je pense qu’il a raison.

5. Dans ce travail spirituel ce que nous devons faire, c’est demander comme de pauvres nécessiteux devant un grand et riche empereur ; ensuite, baisser les yeux et attendre humblement. Quand par ses voies secrètes il semble nous faire comprendre qu’il nous écoute alors, il convient de nous taire ; dès lors qu’il nous permet de rester près de Lui, il n’est pas mauvais de tâcher de ne pas agir avec l’entendement , si nous le pouvons dis-je. Mais si nous avons l’impression que ce Roi nous écoute, qu’il nous voit, nous n’allons pas en rester là, tout nigauds. Ce que veut le Seigneur, c’est que nous le priions et que nous considérions que nous sommes en Sa Présence, il sait, lui, ce qui nous convient.. Je ne puis me résoudre à user de moyens humains en des choses où Sa Majesté semble avoir imposé des limites et qu’Elle semble vouloir se réserver ; il en est toutefois beaucoup d’autres que nous pouvons pratiquer avec son aide, qu’il s’agisse de pénitences, d’œuvres, d’oraison, autant que notre misère nous le permet.

6. Seconde raison : toutes ces œuvres intérieures sont douces et pacifiques, et faire quelque chose de pénible fait plus de tort que cela ne cause de profit. J’appelle pénible toute violence que nous voudrions nous faire, comme ce le serait de retenir notre souffle : que l’âme s’abandonne donc dans les mains de Dieu, pour qu’il fasse d’elle ce qu’il veut, avec le moindre souci possible de ses intérêts, et le plus grand abandon à la volonté de Dieu.
La troisième raison est que le soin même que nous avons de ne pas penser à rien excitera peut-être la pensée à beaucoup penser.
La quatrième est que Dieu tient pour agréable que nous nous souvenions en son honneur et de sa gloire. Quant Sa Majesté veut que l’entendement se taise, Elle l’occupe autrement, et projette sur nos connaissances des lumières tellement au-dessus de ce que nous pouvons atteindre qu’il en est tout absorbé et, sans savoir comment, il se trouve bien mieux instruit que par tous les efforts que nous faisons pour l’anéantir (nous-mêmes, indépendamment de Lui).

Dieu nous a donné les puissances pour nous en servir, elles ont leur prix, nous n’avons pas à les enchanter, mais à les laisser faire leur office, jusqu’à ce que Dieu leur en donne un autre, plus important.

7. Ce qui convient le mieux à l’âme c’est ce que le Seigneur a bien voulu introduire en cette Demeure.
Que l’âme, sans violence et sans bruit, cherche à empêcher l’entendement de discourir, mais non à le suspendre et ainsi de la pensée : sauf qu’il lui est bon de se rappeler qu’elle est devant Dieu, et qui est ce Dieu. Si ce qu’elle sent en elle la ravit, à la bonne heure ; mais que l’entendement ne cherche pas à comprendre ce qui se passe : c’est accordé à la volonté. Qu’il laisse donc l’âme en jouir sans autre activité que quelques paroles amoureuses, car bien que dans cet état nous ne cherchions pas à ne penser à rien, cela arrive souvent, mais brièvement.

8. J’ai dit ailleurs ( dans son livre Le chemin de la perfection) la raison pour laquelle dans cette forme d’oraison dont j’ai parlé au commencement de cette Demeure, (j’ai parlé de l’oraison de recueillement en même temps que de celle dont je devais parler en premier, bien qu’elle soit fort inférieure à ces des plaisirs spirituels que Donne Dieu, mais seulement le premier pas pour y atteindre ; car dans l’oraison de recueillement il ne faut pas abandonner la méditation, ni l’action de l’entendement lorsque l’eau coule de source, sans que les aqueducs l’amènent), l’entendement se modère ou est contraint de se modérer, lorsqu’il voit qu’il ne comprend pas ce qu’il voudrait, et qu’il va de-ci de-là comme un insensé qui n’a ses assises nulle part. La volonté est si bien établie en son Dieu qu’elle s’afflige fort de ce tapage ; l’âme n’a donc pas besoin d’en faire cas, elle y perdrait beaucoup de ses jouissances ; elle n’a qu’à abandonner et s’abandonner, elle, dans les bras de l’amour : Sa Majesté lui enseignera ce qu’elle doit faire en cet état où elle n’a guère qu’à se juger indigne d’un si grand bien, et à se confondre en actions de grâces.

9. Pour traiter de l’oraison de recueillement, j’ai omis les effets, ou signes, qui caractérisent les âmes auxquelles Dieu Notre Seigneur accorde cette oraison. Ainsi, on y perçoit clairement une dilatation ou élargissement de l’âme, comme si l’eau qui coule d’une source ne pouvant s’écouler, le réservoir lui-même était fabriqué d’un matériau tel que l’édifice s’agrandirait à mesure qu’il jaillirait plus d’eau ; c’est ce qu’on remarque dans cette oraison avec bien d’autres merveilles que Dieu accomplit dans l’âme : il l’habilite et la dispose pour que tout tienne en elle.
Ainsi, elle n’est plus oppressée par la frayeur de l’enfer, car tout en ayant un plus grand désir de ne point offenser Dieu (ici, elle perd sa peur servile), elle a grande confiance de jouir de Lui un jour (infiniment, éternellement). La crainte qu’elle est de détruire sa santé en faisant pénitence, elle la rejette entièrement en Dieu ; ses désirs de se mortifier s’accroissent. Son appréhension des épreuves diminuent, car sa foi est plus vive, et elle comprend que si elle les endure pour Dieu, Sa Majesté lui accordera la grâce de les supporter patiemment ; elle les désire même parfois, car elle a aussi la ferme volonté de faire quelque chose pour Dieu. Comme elle connaît mieux sa grandeur, elle se juge d’autant plus misérable (sauf en Lui) ; comme elle a déjà goûté aux délices de Dieu, elle voit que celles du monde ne sont qu’ordure ; elle s’en éloigne peu à peu, et, pour le faire, elle a plus d’empire sur elle-même.

Enfin elle se perfectionne dans toutes le vertus, et elle ne cessera de grandir si elle ne retourne en arrière en offensant Dieu, car c’est ainsi qu’une âme peut se perdre, si élevée qu’elle soit au sommet. Il ne faut pas croire, non plus, que si Dieu a accordé cette faveur à une âme une fois sur deux, toutes ces grâces demeurent acquises ; tout notre bonheur dépend de cette persévérance.

10. Je mets vivement en garde ceux qui seraient dans cet état : qu’ils évitent avec la plus grande vigilance de s’exposer à offenser Dieu. L’âme n’est pas encore adulte, mais comparable à l’enfant qui commence à têter ; s’il s’éloigne du sein de sa mère, que peut-on attendre pour lui, sinon la mort.
J’ai grand peur que ce soit le sort de ceux à qui Dieu a accordé cette faveur s’ils s’éloignent de l’oraison, sauf en une circonstance pressante. Mais s’ils n’y reviennent pas au plus vite, c’est sous peine d’aller de mal en pis.
Je sais qu’il y a beaucoup à craindre dans ce cas, et je connais certains personnes qui m’affligent fort, je dis ce que j’ai vu, parce qu’elles se sont écartées de celui qui avec tant d’amour voulait se donner à elles en ami, et le leur prouver par des œuvres.
Je les mets vivement en garde contre les occasions, parce que le démon s’acharne beaucoup plus sur l’un de ces âmes que les autres, très nombreuses, à qui le Seigneur n’accorde pas ces faveurs ; elles peuvent, en effet, lui faire grand tort en en entraînant d’autres à leur suite.
Que Dieu vous garde de la vaine gloire et de l’orgueil ; si le démon contrefait ces gaveurs, on le reconnaîtra à ce que les effets ne seront pas ceux dont nous avons parlé mais tout l’opposé.

11. Je veux vous avertir d’un danger dont j’ai parlé ailleurs ; j’y ai vu tomber des personnes d’oraison, spécialement des femmes, car nous sommes plus faibles, donc plus exposées à ce que je vais dire.
Voici : certaines, à force de pénitences, d’oraison, de veilles, et même sans cela, sont faibles de constitution. Lorsqu’elles ressentent quelques plaisirs spirituels, leur nature les entrave ; si elle éprouvent une joie intérieure, et, extérieurement, une défaillance, ainsi que la faiblesse qui accompagne un sommeil que l’on appelle spirituel, un peu plus élevé que ce dont j’ai parlé, il leur semble que c’est tout un, et elles s’abandonnent à une sorte d’ivresse. Et plus elles s’abandonnent, plus elles sont enivrées car leur nature cède de plus en plus, et dans leur cervelle, elles croient qu’il s’agit d’un ravissement. Moi j’appelle cela abêtissement, car elles ne font rien d’autre que de perdre leur temps et gâcher leur santé.

12-13. Il faut comprendre que lorsqu’il s’agit vraiment de Dieu, même s’il y a défaillance extérieure ou intérieure, il n’y en a point dans l’âme. Il y a des personnes qui restaient jusqu’à huit heures sans perdre les sens et sans rien éprouver des choses de Dieu. Ce n’est pas au point de démolir le corps : il faut songer à faire manger la personne et à ce qu’elle trouve son sommeil et se reconstitue une santé avec d’autres activités et des distractions, ne pas la laisser dans la solitude ce qui pourrait la conduire à la destruction complète de sa santé. Ce sera pour elle une grande mortification, mais le Seigneur soumet son amour pour Lui à une épreuve : voir comment elle supporte son absence ; au bout d’un certain temps peut-être consentira-t-il à lui rendre ses forces : sinon, elle gagnera en oraison vocale et en obéissance, et obtiendra ainsi, et d’aventure, avec surcroît, les mérites qu’elle aurait mérité autrement.

14. Il y en a aussi qui ont l’imagination si faible qu’elles croient voir tout ce qu’elles pensent : c’est fort dangereux. J’en parlerai plus avant. Je me suis fort attardée sur cette demeure car c’est celle où les âmes pénètrent en plus grand nombre. Comme le naturel se mêle au surnaturel, le démon peut y faire plus de mal ; mais dans les Demeures dont je vais parler, le Seigneur lui en laisse moins souvent l’occasion.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Sam 19 Déc 2009 - 1:40

CINQUIEMES DEMEURES - Chapitre 1
De la manière dont l’âme s’unit à Dieu dans l’oraison.
A quoi on reconnaîtra que ce n’est pas un leurre
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1. Comment vous dire les trésors et les richesses, les délices qui se trouvent dans les cinquièmes Demeures ! L’entendement ne saurait les comprendre, ni les comparaisons servir à expliquer ; car les choses terrestres sont trop basses pour nous y aider. Envoyez mon Seigneur la Lumière du ciel, puisque vous permettez à certaines d’entre les âmes de jouir ordinairement de ces délices afin qu’elles ne soient pas induite ne erreur au cas où le démon se transfigurerait en ange de lumière : elles n’ont d’autres désirs que celui de vous contenter.

2. J’ai parlé de certaines d’entre elles mais rares sont celles qui n’entrent pas dans cette Demeure dont je vais m’occuper ; il y a le plus et le moins, c’est pourquoi je dis que la plupart y entrent.
Je crois bien que certaines des choses qu’on trouve dans cette Demeure ne sont données qu’à un petit nombre, mais ne feraient-elles qu’arriver à la porte, c’est déjà une fort grande miséricorde, car si les appelés sont nombreux, rares sont les élus.
Bien que nous portions toutes le saint habit du Carmel et que nous soyons appelées à l’oraison et à la contemplations, rares sont celles d’entre nous qui se disposent à mériter la perle précieuse dont nous parlons. Extérieurement tout se prête à ce que nous obtenions ce dont nous avons besoin, quant aux vertus pour y atteindre, il nous en faut beaucoup, beaucoup, et ne jamais rien négliger, ni peu, ni prou. Donc, si nous pouvons jouir du ciel et de la terre, prions le Seigneur bien haut pour que nous n’y manquions point par notre faute, et qu’il nous montre le chemin et nous donne la force d’âme, jusqu’à ce que nous découvrions ce trésor caché, puisqu’il est vrai qu’il est en nous : c’est ce que je voudrais vous faire comprendre, si le Seigneur veut bien que j’en sois capable.

3. J’ai dit « la force de l’âme » pour que vous compreniez que celle du corps n’est pas nécessaire. Lorsque Dieu Notre Seigneur ne nous la donne point, il ne met personne dans l’impossibilité de ne pas acheter ses richesses ; si chacun donne ce qu’il a Il s’en contente.
En ce qui vous occupe, il n’entend pas que vous vous réserviez quoi que ce soit , Il veut tout pour lui, et les faveurs seront plus ou moins grandes à ce que vous constaterez avoir donné. Il n'est meilleure manière de nous prouver si oui ou non, notre oraison atteint l’union.
Ne croyez pas que ce soit choses rêvées comme dans la Demeure précédente ; je dis rêvée parce que l’âme se sent comme assoupie, sans toutefois paraître endormie, ni se sentir éveillée. Ici bien que toutes nos puissances soient endormies aux choses du monde et à nous-mêmes (car en fait on se trouve comme privée de sens pendant le peu de temps que dure cette union, dans l’incapacité de penser, quand même on le voudrait), ici, donc, il n’est pas nécessaire d’user d’artifices pour suspendre la pensée.

4. Si elle aime, elle ne sait comment, ni qui elle aime ; elle est comme toute entière morte au monde pour vivre en Dieu. Et c’est une mort savoureuse, l’âme s’arrache à toutes les opérations qu’elle peut avoir, tout en restant dans le corps ; délectable, car l’âme semble vraiment se séparer du corps pour mieux se trouver en Dieu, de telle sorte que je ne sais même pas s’il lui reste assez de vie pour respirer. Du moins si l’on respire l’on ne s’en rend pas compte.

L’entendement voudrait s’employer tout entier à comprendre quelque chose de ce qu’éprouve l’âme, et comme ses forces n’y suffisent point, il reste ébahi de telle façon que s’il n’est pas complètement annulé, il ne bouge ni pied, ni main, comme on le dit d’une personne évanouie si profondément qu’elle nous paraît morte. O secrets de Dieu ! Jamais je me lasserais de chercher à vous les faire comprendre, si je pensais avoir quelque chance d’y réussir ; je dirai donc mille folies dans l’espoir de tomber juste une fois ou l’autre, afin que nous louions vivement le Seigneur.

5. J’ai dit que ce n’était pas une chose rêvée car dans la Demeure dont j’ai parlé, tant qu’on n’a pas une grande expérience, l’âme reste dans le doute sur ce qui s’est passé : s’est-elle illusionnée, était-elle endormie, était-ce un don de Dieu ou le démon, s’est-il transfiguré en ange de lumière ! Elle a mille soupçons, et il est bon qu’il en soit ainsi ; car, comme je l’ai dit, notre nature elle-même peut parfois nous tromper dans cette Demeure ; les bêtes vénimeuses n’y ont pas aussi facilement accès que dans les précédentes, sauf, toutefois, de petits lézards, si subtils qu’ils se fourrent partout, et bien qu’ils ne fassent point de mal, en particulier si, comme je l’ai dit, on n’en fait aucun cas, ce sont de petites pensées nées de l’imagination et d’autres causes déjà indiquées, qui, souvent, importunent. Ici, dans cette Demeure, si subtils que soient les lézards, il ne peuvent entrer ; car il n’est imagination, ni mémoire, ni entendement qui puissent s’opposer à notre bonheur. Et j’ose affirmer que c’est vraiment une union avec Dieu, le démon ne pourra entrer, ni faire aucun mal ; car Sa Majesté est si étroitement unie à l’essence de l’âme qu’il n’ose approcher, et qu’il ne doit même pas connaître ce secret..

O bonheur d’un état où ce maudit ne nous fait pas de mal ! C’est ainsi que l’âme obtient de précieux avantages, Dieu agit en elle sans que nul n’y fasse obstacle, pas même nous. Que ne donnera donc pas celui qui aime tant à donner, lorsqu’il peut donner tout ce qu’il veut.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Dim 20 Déc 2009 - 2:59

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6. Je vous trouble lorsque je vous dis «si c’est vraiment une union avec Dieu » ; comme s’il y avait d’autres unions. Il y en a, et comment ! Ne s’agirait-il que des choses vaines, si on les aime beaucoup, le démon peut s’en servir pour nous transporter, mais pas à la façon de Dieu, ni dans la délectation et la satisfaction de l’âme, sa paix, sa joie. Cette joie-là surpasse toutes celles de la terre, elle surpasse toutes les délices, tous les contentements, plus encore, ce qui engendre ces contentements et la cause de ceux de la terre n’ont rien de commun, le sentiment qu’on éprouve est bien différent, comme vous le savez peut-être d’expérience. J’ai dit un jour qu’on peut de même comparer ce que ressent notre corps grossier avec ce qu’on éprouve au plus profond de soi-même, c’est exact, je ne sais comment je pourrais mieux dire.

7. Vous croyez que vous pouvez vous tromper, que l’examen de ces choses est difficile ; ce que j’ai dit suffira à celles qui ont de l’expérience, car la différence est grande.

8. Une partie des clercs de l’Eglise vous confirmeront car l’autre moitié s’effarouche. Certains même se ferment la porte par laquelle ils pourraient recevoir les faveurs de Dieu. Tout est possible à Dieu et plus encore.
Ne vous demandez pas si ceux à qui il accorde ses grâces sont bons, ou s’ils sont fils, Sa Majesté le sait, comme je vous l’ai dit. Nous n’avons pas à nous en mêler, mais à servir Sa Majesté avec simplicité de cœur, humilité, et à la louer de ses œuvres et de ses merveilles.

9. Donc, pour en revenir au signe dont je dis qu’il est le vrai, vous voyez cette âme que Dieu a rendue toute bête, pour mieux graver en elle la vraie science ; elle ne voit rien , n’entend ni ne comprend rien le temps que dure cet état ; temps bref, mai il lui semble, à elle, plus bref encore qu’il ne l’est. Dieu se fixe dans cette âme de telle façon que lorsqu’elle revient à elle, elle ne peut absolument pas douter qu’elle fut en Dieu, et Dieu en elle. Cette vérité s’affirme si fortement que même si des années se passent sans que Dieu lui fasse à nouveau cette faveur, elle ne peut l’oublier, ni douter de l’avoir reçue. C’est ce qu’il y a de plus important, laissons donc de côté pour le moment les effets durables qui s’ensuivent, nous en parlerons plus avant.

10. Vous me direz donc : « comment l’a-t-elle vu ou compris, puisqu’elle ne voit ni ne comprend ? ». Je ne dis pas qu’elle l’ait vu dans l’instant, mais qu’elle le voit clairement après coup ; ce n’est pourtant pas une vision, mais une certitude que Dieu seul peut donner à l’âme.
Je connais une personne qui n’avait jamais appris que Dieu était en toutes choses par présence, et puissance, et essence, et qui, après une faveur de cette sorte que lui fit le Seigneur, en vint à le croire si fermement (voir autobiographie de la Sainte) que lorsqu’elle demanda à l’un de ces demi clercs dont j’ai parlé comment Dieu est en nous, (il n’en savait pas plus qu’elle-même avant que Dieu le lui ai fait comprendre), et qu’il lui répondit qu’il n’y était que par sa grâce, elle était si affermie dans la vérité quelle ne le crut point ; elle en interrogea d’autres, qui lui dirent la vérité, et ce fut pour elle un grand réconfort.

11. Ne vous y trompez point, n’allez pas croire que cette présence dont vous avez la certitude soit une forme corporelle comme l’est le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement, malgré que nous ne le voyions point ; il n’est pas ici sous cette forme, mais sa Divinité seule. Comment se fait-il que nous soyons certains de ce que nous ne voyons pas ? Je l’ignore, c’est une œuvre de Dieu, mais je sais que je dis la vérité, et je dirais de quiconque n’aurait pas cette certitude que son âme n’est pas unie à Dieu toute entière, mais seulement par l’une de ses puissances, ou par l’une des nombreuses sortes de faveurs que Dieu accorde à l’âme. Nous devons renoncer à chercher pour quelles raisons cela se passe ; alors que notre entendement n’arrive pas à le comprendre, de quoi voulons-nous nous enorgueillir ? Il suffit de voir que celui qui agit est tout-puissant ; puisque tous nos efforts sont incapables à nous obtenir cette faveur, mais que Dieu fait tout, ne faisons pas l’effort de chercher à comprendre.

12. Vous avez entendu dire à l’Epouse du Cantique : LE ROI M’A INTRODUITE DANS SES CELLIERS, je crois même qu’il dit : IL M’Y A FOURREE. Et il ne dit pas que c’est elle qui y est allée. Il dit aussi qu’elle allait de part et d’autre à la recherche de son Aimé. Je crois comprendre qu’il s’agit du cellier où le Seigneur veut nous fourrer quand il veut, et comme il veut ; mais pour beaucoup d’efforts que nous fassions nous-même, nous ne pouvons y entrer. Sa Majesté Elle-même doit nous y fourrer, et pénétrer, Elle, au centre de notre âme, pour mieux montrer ses merveilles. Elle veut que nous n’y soyons pour rien, sauf par la soumission totale de notre volonté, et qu’on n’ouvre point la porte aux puissances et aux sens, qui sont tous endormis ; Dieu entre donc au centre de l’âme sans passer par aucune de ces portes, comme il entra chez ses disciples, lorsqu’il dit : " PAX VOBIS ", et comme il sortit du sépulcre sans soulever la pierre. Vous verrez plus avant comment Sa Majesté veut que l’âme jouisse d’Elle dans son centre même, et beaucoup plus encore dans la dernière Demeure que dans celle-ci.

13. Oh ! nous verrons beaucoup de choses si nous consentons à ne voir que notre bassesse et notre misère, et à comprendre que nous ne sommes pas dignes d’être les servantes (ou serviteurs) d’un Seigneur si grand que nous ne pouvons concevoir ses merveilles ! Qu’il soit loué à jamais. Amen.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Lun 21 Déc 2009 - 0:28

SIXIEMES DEMEURES - Chapitre 1
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De l'accroissement des épreuves, lorsque le Seigneur commence à accroître ses faveurs.
De ces épreuves, et comment ceux qui ont atteint cette Demeure les supportent.
Bon chapitre pour ceux qui subissent des épreuves intérieures.
1. Venons-en donc, avec la faveur de l'Esprit Saint, à parler des Sixièmes Demeures, où l'âme, déjà blessée de l'amour de l'Epoux, recherche davantage la solitude, et, autant que son état le lui permet, évite tout ce qui peut l'en sortir.

L'entrevue avec son Epoux est si présente à son âme que son unique désir est d'en jouir à nouveau.

J'ai déjà dit que sous cette forme d'oraison elle ne voit rien, ce qu'on peut appeler voir, pas même en imagination : je parle d'entrevue parce que je me suis déjà servie de cette comparaison. L'âme est désormais bien décidée à ne pas prendre d'autres époux, mais l'Epoux ne tient pas compte de son vif désir de célébrer immédiatement les fiançailles, il veut qu'elle le désirer encore plus vivement et que le plus grand des biens lui coûte un peu de son bien. Elle paie ainsi d'un prix insignifiant un gain immense, mais l'avant-goût qu'elle en a, le signe qu'elle a reçu, lui sont bien nécessaires pour la soutenir. O Dieu secourable ! Que d'épreuves intérieures et extérieures elle endure, jusqu'à ce qu'elle pénètre dans la septième Demeure !

2. Vraiment je songe parfois que si on les connaissait d'avance, il serait, je le crains, extrêmement difficile de persuader notre faiblesse naturelle de les souffrir et de les vivre, si grands soient les biens qui lui sont proposés, à l'exception des âmes qui ont atteint la septième Demeure ; car là, il n'est rien que l'âme redoute et ne décide d'affronter, de tout son être, pour Dieu. Elle est presque toujours si étroitement unie à Sa Majesté, que sa force vient de là. Je crois que je ferai bien de vous décrire quelques-unes des épreuves que je suis certaine de connaître. Il se peut que toutes les âmes ne soient pas conduites par ce chemin, je doute toutefois beaucoup que celles qui jouissent parfois bien réellement des choses du ciel soient quittes d'épreuves terrestres d'une manière ou d'une autre.

3. J'ai pensé qu'il serait une consolation pour l'âme qui les subit de savoir ce qu'il advient de celles à qui Dieu accorde de semblables faveurs, car, vraiment, alors, tout paraît perdu. Je ne les exposerai pas dans l'ordre. Je veux commencer par les plus petites épreuves, les criailleries des personnes de ses relations, et même de celles avec lesquelles elle n'a point de rapports, dont jamais elle n'aurait imaginé qu'elle pourraient s'occuper d'elle : "Elle fait la sainte" ou autres remarques qu'on lui fait. Ceux qu'elle croyait ses amis s'éloignent, ce sont eux qui ne font d'elle qu'une bouchée, et montrent de vifs regrets :"cette âme se perd, elle vit notoirement dans l'illusion" ; "ce sont là choses du démon" ; "elle trompe le monde". Elle subit mille moqueries et sarcasmes.

4. Vous me direz qu'il y a aussi des gens qui disent du bien d'elle. O qu'ils sont rares, ceux qui ajoutent foi à ce bien, comparé à ceux qui les abominent ! D'autant plus que cette épreuve-là est pire que les moqueries ! L'âme voit clairement que si elle possède quelques biens, c'est un don de Dieu, il ne lui apparatiennentt nullement.

5. Elle continue à louer Dieu. Ces épreuves vont fortifier l'âme bien plus qu'elles ne l'effraient. Elle sait déjà les grands avantages qu'elle trouve sur cette voie, elle ne corit même pas que ceux qui la persécutent offensent Dieu : Sa Majesté les y autorise pour son plus grand bien ; comme est en est clairement persuadée, elle s'éprend pour eux de compassion car il lui font gagner plus que ceux qui disent du bien d'elle.

6. Le Seigneur envoie aussi parfois de très graves maladies. C'est là une épreuve bien pire, en particulier lorsqu'elle s'accompa- gnent de souffrances aigues ; si les douleurs sont vives, c'est me semble t'il, ce que nous pouvons endurer de pire sur terre ; je précise qu'il s'agit de douleurs extérieures, mais elles pénètrent à l'intérieur quand elles le veulent, je dis bien les douleurs très vives. Cela opprime l'extérieur comme l'intérieur de telle façon que l'âme oppressée ne sait que devenir, elle préférerait de beaucoup un prompt marthyr à ces souffrances-là. Elles ne se prolongent pas trop longtemps, car, enfin, Dieu ne nous donne rien que nous ne puissions supporter, Sa Majesté commence par nous donner la patience, avec d'ordinaire d'autres grandes douleurs, et toutes sortes de maladies.

7. Je connais une personne qui depuis que le Seigneur a commencé à lui accorder la faveur dont j'ai parlé, il y a quarante ans ne peut dire avoir vécu un seul jour sans douleurs, ou toute autre forme de souffrance : par manque de santé corporelle et par toute sorte d'épreuves. Il est vrai qu'elle avait été bien vile et méritait l'enfer. Le Seigneur doit en user autrement avec les personnes qui ne l'ont pas offensé. Que dire des souffrances intérieures qui sont autrement supérieures !

8. Commençons par le tourment de tomber sur un confesseur (ou confident) si peu expérimenté qu'il n'est chose qui ne lui semble dangereuxe ; il a peur de tout, il doute de tout, lorsque ce qu'il voit sort de l'ordinaire. Il lui semble que Dieu ne peut accorder que certaines faveurs qu'aux anges ; il condamne tout, dit que c'est le démon ou la mélancolie... Pensez le doute qui peut être le sien : être trompé par Dieu Lui même et qu'il s'agisse de leur propre esprit (qui leur joue des tours, à pouvoir penser qu'elles déraisonnent, elles se tourmentent (cependant Dieu les rassure en elle-même, et leur donne la force de surmonter ces à prioris)). C'est chose plus difficile à supporter en période de sécheresse (période sans signe sensible par laquelle Dieu éprouve les âmes dans leur foi ; elles surmontent la période de sécheresse par le souvenir des périodes fécondes).

9. On lui suggère que c'est l'imagination qui lui suggère ce qu'elle confie ou des folies et on leur dit que c'est Dieu qui autorise le démon à les éprouver ! Tant de choses combattent cette âme, elle l'oppressent intérieurement d'une façon si sensible, si intolérable qu'on ne pourrait comparer ses souffrances qu'à celle de l'enfer (c'est l'enfer qui se manifeste en effet) ; elle ne peut trouver aucune consolation en ce monde même chez le confesseur (ou le confident). Cela peut troubler l'âme au point de la troubler intellectuellement ; son entendement est troublé par cette tempête.

10. Il n'y a que Dieu qui puisse intervenir au moment où l'on ne s'y attend pas, par un seul mot, au hasard d'un évènement et tout dissipé comme s'il n'y avait jamais eu un seul nuage en cette âme qui se retrouve ensoleillée et plus consolée que jamais. Ainsi elle lui rend grâce comme après une bataille où l'on obtient la victoire. Elle voit clairement alors que ce n'est pas elle qui a com battu mais bien le Seigneur ! Car elle perçoit sa misère et voit dans les mains de ses ennemis les armes avec lesquelles elle aurait pu se défendre ; elle perçoit le peu que nous pouvons faire par nous-même si le Seigneur nous abandonne.

11. L'expérience lui a appris notre propre néant, sa totale impuissance, la misérable chose que nous sommes. Elle n'offense pas Dieu et ne l'accable point même si elle ne perçoit même plus la moindre petite étincelle d'amour de Dieu en elle ; elle connait ses fautes et ses faiblesses, imagine qu'elle n'a jamais aimé Dieu (reste soutenue par Son Amour et le souvenir de Son Amour pour elle avec une si grande certitude).

12. Ainsi Jésus, cette âme ainsi délaissée ne trouve plus aucune consolation terrestre ! Les choses terrestres demeu- rent impuissantes ce grand Dieu veut que nous voyions en Lui le Roi, et en nous notre misère.

13. Que fera donc cette pauvre âme, quand elle passera de longs jours dans ces états ? Si elle prie, c'est comme si elle ne priait pas ; quant à la consolation, je le précise : toute consolation extérieure est exclue, elle ne comprend pas le sens de la prière, rien qu'une prière vocale, puisque ce n'est absolument pas le moment de la prière mentale, les puissances en sont incapables ; la solitude accroît plutôt son mal, d'où un autre tourment, celui de vivre en compagnie, et qu'on lui parle. Ainsi, malgré ses efforts elle extériorise son dégoût, sa mauvaise humeur, très ostensiblement. Saura-t-elle dire ce qu'elle a ? C'est indicible, il s'agit d'oppressions et de peines spirituelles auxquelles on ne saurait donner un nom. Le meilleur remède, je ne dis pas pour guérir, mais pour supporter ce mal, c'est de s'occuper à des oeuvres de charité extérieures et d'es- pérer en la miséricorde de Dieu, qui ne fait jamais défaut à ceux qui espèrent en Lui. Qu'Il soit béni à jamais !

14. D'autres épreuves que nous infligent les démons sont extérieures et doivent être moins fréquentes ; elles sont moins pénibles. Les démons n'arrivent pas à inhiber les puissances, ni à troubler l'âme de cette manière. Il nous reste assez de raison pour penser qu'ils ne peuvent outrepasser ce que le Seigneur permet.

15. Nous parlerons d'autres peines que nous endurons dans cette Demeure en traitant des différences qu'il y a dans l'oraison et dans les faveurs du Seigneur. Bien que certaines de ces souffrances soient encore plus cruelles que ces dernières, comme on le verra par l'état où elles laissent le corps, elles ne méritent pas le nom d'épreuves, nous aurions tort de le leur donner, tant ces faveurs du Seigneur sont grandes ; l'âme qui les reçoit le comprend, et conçoit qu'elles sont disproportionnées à ses mérites. Cette grande peine précède l'entrée dans la Septième Demeure, avec beaucoup d'autres ; je parlerai de quelques-unes, il serait im- possible de toutes les décrire, ni même de les définir, car elles sont d'une tout autre lignée que les précédentes et beaucoup plus élevées ; et si je n'ai pu exposer mieux que je ne l'ai fait celles qui sont de plus basse catégorie, je pourrai d'autant moins expli- quer celles-là.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mar 22 Déc 2009 - 0:36

SIXIEMES DEMEURES - Chapitre 2
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Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI

De certains moyens dont use le Seigneur pour éveiller les âmes ;
il semble qu'on n'ait rien à redouter, bien que ce soit chose très élevée,
et que ces faveurs soient grandes.
1. Ces épreuves tendent à faire voler ce petit papillon plus haut. Comment se comporte l'époux à son égard, voyons comment, avant de s'unir tout à fait à l'âme, il le lui fait bien désirer, par des moyens si délicats qu'ils lui sont imperceptibles, et que je me crois incapable d'en parler de manière à me faire comprendre sauf que celles qui sont passées par là ; venues du plus profond de l'âme, ce sont des impulsions si délicates, si subtiles, que je ne puis trouver de comparaison satisfaisante.

2. C'est fort différent de tout ce que nous pouvons obtenir ici-bas et même des joies intérieurs dont il a été parlé, car fréquemment, lorsque la personne est distraite, sans même qu'elle songe à Dieu, il arrive que Sa Majesté l'éveille, brusquement, comme passe une étoile filante, ou comme éclate un coup de tonnerre, mais elle n'entend aucun bruit ; l'âme comprend toutefois fort bien que Dieu l'a appellée, elle le comprend même si bien que parfois, surtout au début, elle frémit et gémit, quoique rien ne lui fasse mal. Elle ressent les effets d'une blessure infiniment savoureuse, sans déceler toutefois comment elle fut blessée, ni par qui ; elle reconnaît bien que c'est chose précieuse et voudrait ne jamais guérir de cette blessure. Elle se plaint à son Epoux, parfois même à voix haute, avec des mots d'amour qu'elle ne peut retenir ; elle comprend qu'il est présnet, mais qu'il ne veut pas se manifester ni lui permettre de jouir de sa compagnie. C'est une peine bien grande, mais savoureuse et douce ; l'âme ne peut se refuser à la ressentir, jamais même elle n'y consentirait. Elle y puise de bien plus grandes satisfactions que dans le savoureux anéantissement, libre de toute peine, qu'est l'oraison de quiétude.

3. Je me morfonds du désir de vous faire comprendre cette opération et ne sais comment m'exprimer. Il semble contradictoire de dire que l'Aimé fait clairement comprendre qu'il est avec l'âme, et qu'il semble en même temps l'appeler par un signe si réel, qu'elle ne peut en douter, un sifflement si pénétrant, si audible, que cette âme ne peut manquer de l'entendre ; car il paraît évident que lorsque l'Epoux qui est dans la Septième Demeure parle ainsi, sans toutefois qu'il s'agisse de paroles formulées, les gens qui se trouvent dans les autres Demeures n'osent bouger, ni les sens, ni l'imagination, ni les puissances. O mon Dieu tout- puissants, que vos secrets sont grands, et que les choses de l'esprit diffèrent de tout ce qu'on peut voir et entendre ici-bas puisqu'il n'y a aucun moyen d'expliquer cette faveur, pourtant si petite, quand on la compare à tout ce que vous opérez de si grand dans les âmes.

4. Son action sur l'âme est si forte qu'elle s'anéantit de désir et ne sait que demander, car elle croit percevoir clairement que son Dieu est avec elle. Vous allez me dire : comprenant cela, que peut-elle désirer, qu'est ce qui peut la peiner ? Quel plus grand bien veut-elle ? Je ne le sais : je sais que cette peine semble l'atteindre aux entrailles et que celui qui la blesse arrache la flèche, il semble vraiment les lui arracher aussi, si vif est l'amoureux regret qu'elle éprouve. Je me demande si on ne pourrait pas dire que de ce brasier ardent, qui est mon Dieu, une étincelle jaillit, touche l'âme, et lui transmet sa flamme ardente ; c'est insuffisant pour la brûler, mais si délectable qu'elle reste tout en peine, et il a suffi d'un contact pour susciter cet effet ; telle est, me semble-t-il, la meilleure comparaison que j'ai trouvée. Car cette douleur savoureuse, qui n'est pas une douleur, ne dure pas ; s'il lui arrive de persister un long moment, elle peut aussi disparaître au plus vite, selon ce que le Seigneur veut lui communiquer, car nul moyen humain ne peut l'obtenir. Aussi, bien qu'elle dure parfois un moment, elle disparaît et revient ; enfin, elle n'est jamais permanente, c'est pourquoi elle n'embrase pas l'âme toute entière ; à peine l'étincelle va-t-elle l'enflammer qu'elle s'éteint ; mais l'âme garde le désir de souffrir à nouveau l'amoureuse douleur qu'elle lui a causée.

5. Il n'y a pas lieu de demander ici si cela profient de notre nature, si la cause en est la mélancolie, ou les tromperies du démon, ou nos imaginations ; on perçoit fort bien que ce mouvement provient du lieu même où se tient le Seigneur, qui est immuable; ces opérations ne ressemblent pas à d'autres dévotions, où la torpeur des plaisirs spirituels peut susciter le doute. Ici, ni les puissances, ni les sens ne sont dans la torpeur, ils considèrent et s'interrogent, impuissants à s'opposer à cette peine délectable comme à l'accroître, incapables d'y échapper, me semble-t-il. Que celui à qui Notre-Seigneur accorderait cette faveur (il la reconnaîtra lorsqu'il lira ceci) lui rende grâce ardemment, car il n'a pas à craindre d'être abusé qu'il ait grand peur de répondre par de l'ingratitude à une si haute faveur, qu'il tâche de servir et d'amender sa vie en toutes choses, il verra ce qui s'ensuit ; il recevra de plus en plus.

6. Jamais le démon ne donne une peine si savoureuse que celle-là. Peut-être pourrait-il donner une saveur, des délices, qui sem- blent spirituels ; mais joindre à la peine, et à une si grande peine, la quiétude et le plaisir de l'âme, n'est pas de son ressort ; tous ses pouvoirs sont extérieurs et ses peines lorsqu'il les inflige, ne sont, à ce qu'il me semble, jamais savoureuse, ni accompagnée de paix ; elles s'inquiètent et suscitent la guerre. Cette savoureuse tempête provient d'une région sur laquelle il ne peut exercer son empire. Troisièmement, du fait des grands bienfaits que cette faveur communique à l'âme ; ce sont à l'ordinaire, le désir de subir de nombreuses épreuves, la détermination accrue de s'éloigner des contentements et conversations de la terre, et autres choses semblables.

7. Il est très clair qu'il ne s'agit pas d'imagination, car si l'âme recherchait cette faveur, elle ne pourrait la contrefaire. Il est très clair qu'il ne s'agit pas d'imagination. Si l'âme recherchait cette faveur, elle pourrait la contrefaire. C'est chose aussi frappante qu'on ne peut s'en faire aucune idée ni en douter quand on la reçoit ; au cas ou quelques doutes subsisteraient, que l'âme sache alors qu'il ne s'agit pas véritablement de ces élans dont j'ai parlé ; je précise, au cas où elle se demanderait si elle les a éprouvés ou non, que l'âme les perçoit aussi clairement que l'oreille entend un grand cri. Quant à la mélancolie, c'en est fort éloigné ; la mélancolie ne fait et fabrique ses idées que dans l' imagination ; ce dont nous parlons provient de l'intérieur de l'âme. Il se peut que je me trompe, mais tant que je n'entendrai pas quelqu'un qui connaisse cet état me donner d'autres explications, mon opinion ne variera pas. ; une personne que je connais redoutait fort des illusions, mais jamais elle n'a pu douter de cette forme d'oraison.

8. Notre seigneur a aussi d'autres façons d'éveiller l'âme : au moment le plus inattendu, alors qu'on prie vocalement, distrait de toutes choses intérieure, une flambée délicieuse vous saisit, comme si un fort parfum se communiquait avec vous soudain à tous les sens, (ceci est une comparaison) ou quelque chose de cette sorte qui fait sentir que l'Epoux est présent l'âme s'émeut du désir savoureux et de jouir de Lui, elle se trouve disposée à accomplir de grandes actions et à louer notre Seigneur. Cette faveur nait de ce que je viens d'évoquer, mais ici rien ne fait de la peine, le désir même de jouir de Dieu n'est pas pénible ; voilà ce que l'âme et éprouve d' ordinaire. Ici non plus, il n'y a rien à redouter, ce me semble , pour quelques-unes des raisons que j'évoque, mais tâcher de recevoir cette faveur avec les actions de grâces.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mer 23 Déc 2009 - 0:24

SIXIEMES DEMEURES - Chapitre 3
Spiritualité
& Mystique


Thérèse de Jésus
Demeures I
Demeures II
Demeures III
Demeures IV
Demeures V
Demeures VI

Suite du même sujet. Comment Dieu parle à l'âme quand il le veut ;
ce qu'il faut faire en cette circonstance, et ne pas suivre son propre sentiment.
À quels signes l'âme peut constater que ce n'est pas un leurre,
et quand c'en est un. Chapitre fort utile.
1. Dieu à une autre manière d’éveiller l’âme ; bien que sous certains aspects cette faveur paraisse supérieure aux précédentes, elle est peut-être plus dangereuse, c'est pourquoi je m’y arrête un peu. Il s'agit de paroles adressées à l'âme, de diverses façons ; certaines semblent venir de l'extérieur, d'autres du plus profond ou du plus haut de l’âme ; d'autres viennent de l'extérieur, et elles sont nettes que l’ouie les distingue. Quelquefois, souvent même, ce peut-être une idée qu'on se fait, en particulier chez les personnes de faibles imaginations, ou mélancolique ; je précisais : celle dont la mélancolie est notoire.

2. À mon avis, il ne faut pas faire crédit à ces deux sortes de personnes, même quand elles disent de ce qu’elles voient et qu'elles entendent, ni les inquièter en leur disant qu'il s'agit du démon, mais les écouter comme des malades ; que la prieure ou le confesseur ou le confident à qui elles s'en ouvriraient leur dise de ne pas en faire cas, que tel n'est pas le moyen substantiel de servir Dieu, que le démon a trompé nombre de gens par ce moyen, bien que ce ne soit peut-être pas leur cas : cela afin de ne pas ajouter à l’affliction ou déjà leur humeur les incline. Si on leur dit que c'est l'effet de la mélancolie, on n'en finira plus ; elles jureront quelquefois qu’elles voient et qu’elles entendent car elles ont cette impression.

3. Il est vrai qu'il faut avoir soin de les priver de l’oraison et obtenir autant que possible qu'elles tiennent aucun compte de tout cela ; le démon utilise parfois ces âmes malades, il ne leur nuit pas, à elle, mais à d'autres ; malades et bien portantes doivent toujours redouter ces choses-là jusqu'à ce qu'on en connaisse l'esprit. Je dis donc qu'il est préférable de les vaincre au début, car si elles viennent de Dieu, elles n'en progresseront que mieux : l'épreuve les renforce. Il en est ainsi, mais qu'on ne cherche pas à beaucoup opprimer l’âme, ni à l'inquiéter, car, vraiment, elle n'en peut rien.

4. Revenant donc à mon premier sujet, celui des paroles dites à l'âme, la quelle que soit la façon dont elle se présente, elles peuvent venir de Dieu, mais aussi du démon ou de notre propre imagination. Je dirais, si cela m'est possible avec la faveur de Dieu, à quels signes ont les distingue, et dans quelles circonstances de ses paroles sont dangereuses. Car parmi les gens d’oraison, nombreuses sont les âmes qui en entendent, et je voudrais que vous ne pensiez mal faire ni en ne leur accordant aucun crédit, ni en leur en accordant . Quand elles ne concernent que vous, soit qu'elles vous flattent, soit qu'elles vous éclairent sur son fautes, peu importe celui qui les dit, et même si c’est une idée que vous vous faites, cela ne va pas loin. Je vous avertis de ceci : même si elles proviennent de Dieu, ne vous croyez pas meilleur de ce fait ; il a beaucoup parlé au pharisien, et tout dépend du profit qu'on tire de ses paroles ; ne faites pas plus qu'à de celles qui ne seraient pas très exactement conformes aux écritures que si vous les teniez du démon en personne ; car même si elles sont nées de votre faible imagination, il faut les considérer comme une tentation contre les choses de la foi, donc toujours y résister, afin de les écarter ; et elles écarteront, car elles n'ont pas une grande force.

5. Troisième signe : ces paroles ne s'effacent pas de la mémoire avant fort longtemps, et certaines ne s'effacent jamais. Alors que nous oublions celles que nous entendons ici-bas ; je précise : celles que les hommes ont dites, leurs paroles ne se gravent pas aussi profondément dans la mémoire. Et s'il s'agit de choses futures, nous n'y ajoutons pas la même foi ; mais la parole de Dieu nous insuffle une immense certitude, et même lorsqu'il s'agit de choses qui lui semblent si impossible que l'âme ne peut s'empêcher d'en douter, de se demander si elles se réaliseront oui ou non. L'entendement hésite un peu, mais l'âme elle-même est pleine d'une certitude invincible, même si tout lui semble contredire ce qu'elle a entendu ; les années passent, rien ne peut l'empêcher de penser que Dieu usera de moyens incompréhensibles aux hommes, et cela s'accomplit. Pourtant comme je l'ai dit, elle n'en souffre pas moins lorsqu'elle voit de nombreux obstacles ; ce qu'elle a entendu est loin dans le temps. L'action de Dieu, et la certitude qu'elle a eue sur le moment que cela venait de lui, se sont émoussées, les doutes apparaissent, elle se demande si ce ne fut pas le démon, où son imagination (tout est possible à Dieu avec des moyens qui nous dépassent). Mais sur le moment elle n'a aucun doute, mais elle mourrait pour cette vérité. Toutefois, comme je le dis, que ne fera le démon à l'aide de ces imaginations qu'il suggère pour affliger et effrayer l'âme ! En particulier s'il s'agit d'une affaire dont on présume qu'elle sera pour le grand bien des âmes, une oeuvre pour l'honneur de Dieu, pour son service et qui présente de sérieuses difficultés. Le moins qu'il fasse c'est d'affaiblir la foi, et il est fort nuisible de ne pas croire, Dieu est assez puissant pour accomplir des oeuvres que notre entendement n'entend pas.

6. Au milieu de tous ces combats, malgré tant de gens qui disent à cette personne elle-même que c’est de l'absurdité (c'est-à-dire les confesseurs ou confidents avec qui elle traite de ces choses), malgré tous les revers qui devraient lui faire admettre que ces prédictions sont irréalisables, il lui reste je ne sais quelle étincelle d'espérance si vive que même si tous les autres espoirs étaient morts, il lui serait impossible, le voudrait-elle, d’admettre que cette certitude n'est pas vivante. Et enfin, comme je l'ai dit, la parole du seigneur s'accomplit, la satisfaction et l'allégresse de l'âme sont telles qu'elle ne cesse de louer Sa Majesté d'avoir vu s'accomplir ce qu'Elle lui avait promis, plus encore que de l'oeuvre elle-même, bien qu'elle soit d'une grande importance pour elle.

7. Je ne sais à quoi tient le prix que l'âme accorde à la vérité de ces paroles ; elle regretterait moins d'être prise en flagrant délit de mensonges, comme si elle y pouvait quelque chose, alors qu'elle ne répète que ce qui lui est dit. Certaines personnes, à ce sujet, évoquait souvent Jonas, prophète, qui craignait que Ninive ne soit pas détruite. Enfin, puisque l'esprit est de Dieu, il est juste de désirer fidèlement qu'on ne lui attribue aucune fausseté, à lui qui est la suprême vérité. L’allégresse est donc vive quand après mille traverses , elle voit s'accomplir des choses d'une extrême difficulté ; même si de grandes épreuves doivent s'ensuivre pour cette personne, elle préfère de beaucoup les subir plutôt que d'admettre que ce que le seigneur lui a dit, et qu'elle croit vrai, puisse ne pas s'accomplir. Tout le monde n'a peut-être pas cette faiblesse, si c’en est une, car je ne puis y voir du mal et la condamner.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Ven 25 Déc 2009 - 23:56

SIXIEMES DEMEURES - Chapitre 3
Spiritualité
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Demeures IV
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Demeures VI

Si les paroles entendues naissent de l'imagination, on ne remarque aucun de ces signes : ni certitude, ni paix, ni joie intérieure ; il pourrait advenir, et je connais quelques personnes dans ce cas, qu’étant fort absorbées dans l’oraison de quiétude, et le sommeil spirituel (celles qui sont faibles de complexion ou d'imagination, ou pour je ne sais quelle cause, sont vraiment si hors d’elles, dans ce grand recueillement, qu'elles perdent tout contrôle extérieur, tout les sens sont endormis, comme chez une personne qui dort, et peut-être même sont-elles ainsi somnolentes) elles croient entendre parler comme en songes, elles croient même voir des choses, et elles pensent que cela vient de Dieu, et elles en négligent les effets, enfin, comme s'il s'agissait d'un songe. Il peut se faire aussi qu'alors qu'elles demandent quelque chose à Notre Seigneur affectueusement, elles croient qu'on leur répond ce qu'elles voulaient ; cela se produit quelquefois. Quiconque aurait la grande expérience des paroles de Dieu ne pourrait, ce me semble, s'y tromper ; cela provient de l'imagination.

Le démon est plus redoutable. Mais les signes exposés peuvent assurer qu'il s'agit de Dieu ; toutefois, si la chose qu'on vous dit est grave et que vous deviez vous-même vous mettre à l’oeuvre, ou si les affaires d'une autre personne sont en cause, ne faites jamais rien sans l’avis d'un confesseur avisé, docteur, et serviteurs de Dieu ; cela ne doit pas vous effleurer l'esprit, même si de mieux en mieux informée, il vous paraît clair que cela vient de Dieu ; car c'est ce que veut Sa Majesté. Ainsi, vous ne vous refuserez pas à faire ce que Dieu ordonne, puisqu'il nous a dit de considérer le confesseur comme représentant, et là on ne peut douter que ce soient ses paroles ; elles fortifieront notre courage, si l'affaire est difficile, Notre Seigneur en donnera au confesseur, il lui fera admettre quand il le voudra que c'est Son Esprit, sinon, nous ne sommes obligés à rien. Agir autrement, suivre moindrement notre propre sentiment, j'estime cela très dangereux ; je vous adjure donc, au nom du seigneur : que cela ne vous arrive jamais.

Le seigneur parle encore à l'âme d'une autre façon que j'estime pour ma part fort vraie, dans certaines visions intellectuelles que je décrirai plus loin. C'est au si intime de l'âme, on croit si clairement entendre ces paroles du seigneur lui-même avec l’ouie de l’âme, et si secrètement, que les effets de la vision rassurent, et assurent que le démon ne peut intervenir ici. Les grands effets qui s'ensuivent permettent de le croire ; du moins est-il certain que cela ne procède pas de l'imagination, et puis, tout bien considéré, l’âme peut toujours avoir cette certitude, pour plusieurs raisons. La première, la clarté des paroles est bien différente ; elles sont si claires que s'il manquait une syllabe dans ce que l’âme a entendu, elle s'en souviendrait, et avec quel ton ce fut dit, même si la phrase était longue ; l’élocution ne serait pas si claire, ni les paroles aussi distinctes si cela venait de l’imagination, mais entendue dans une sorte de rêve.

La seconde : souvent, on était bien éloignée de penser à ce qu'on a entendu, c'est survenu à l'improviste, et même au milieu d'une conversation ; toutefois, c'est souvent la réponse à une idée qui traverse soudain notre pensée, où à laquelle on a pensé naguère ; mais souvent aussi qu'il ne s'agit de choses dont on ne se rappelle point qu'elles devaient être ni qu'elles seraient, l'imagination ne peut donc pas les avoirs fabriquées pour que l'âme commette l'erreur de s’engouer et de ce qu'elle n'a pas désiré, ni voulu, ni connu.

La troisième : lorsqu'il s'agit de Dieu, on est comme quelqu'un qui entend, et lorsqu'il s'agit de l'imagination, comme quelqu'un qui compose peu à peu ce qu'il veut lui-même qu'on lui dise.

La quatrième : les paroles sont fort différentes dans les deux cas ; une seule suffit à faire comprendre beaucoup de choses seules que notre entendement ne pourrait composer si rapidement.

La cinquième : ces paroles, souvent, par des moyens que je ne saurai expliquer, font comprendre beaucoup plus de choses que ne leur implique leur sens exact. Je m’étendrai ailleurs sur cette manière de comprendre, ces choses très délicates, et qui incite à louer Notre-Seigneur. Cette manière-là, ces différences, ont troublé certaines personnes, (en particulier l'une d'elles qui en a l'expérience, et il doit y en avoir d'autres), elles ne parviennent pas à se ressaisir ; celle dont je parle a considéré attentivement cette situation, car le Seigneur fait très souvent cette faveur ; au début, elle se demandait si elle n'imaginait pas tout cela, et elle doutait. Car on n'a plus vite fait de déceler l'action du démon, malgré ses ruses qui savent bien contrefaire l'esprit de lumière ; il dit très clairement les paroles, ce me semble, on ne peut douter de les avoir entendues, tout comme lorsque c'est l'esprit de vérité qui intervient ; mais il ne peut contrefaire les effets que j'ai cités, ni laisser l'âme dans une telle paix, dans une telle lumière : il sème l'inquiétude et l'agitation. Il ne peut guère nuire et ne faire aucun mal si l’âme est humble, et si, comme je l'ai dit, elle ne fait pas un geste pour rien exécuter, quoiqu'elle ait entendu.

Si elle reçoit des faveurs et des régals du Seigneur, qu'elle observe attentivement si, de ce fait, elle se sent meilleure ; si elle n'est pas d'autant plus confuse que la parole est plus flatteuse, il lui faut croire qu'il ne s'agit pas de l'esprit de Dieu. Lorsque c'est Lui, il est très certain que plus la faveur est grande, plus l'âme se méprise, plus elle se rappelle de ses péchés, plus elle oublie ses progrès, plus elle applique sa volonté et sa mémoire à ne vouloir que l'honneur de Dieu, sans songer à son profit personnel, plus elle redoute de se détourner moindrement de sa volonté, et plus elle est sûre de n'avoir jamais mérité ces faveurs, mais l’enfer. Si toutes les choses et les grâces qu'elle reçoit dans l’oraison produisent ces effets, que l’âme ne s'effraie point ; qu'elle ait confiance en la miséricorde du Seigneur, il est fidèle, et il ne permettra pas aux démons de la tromper, bien qu'il soit toujours séant de garder des craintes.

Il est possible que celles que le Seigneur ne conduit pas par cette voix imaginent que ces âmes pourraient ne pas écouter ces paroles qui leur sont dites, et si les paroles sont intérieures, sans distraire de manière à ne pas les entendre, dans l'espoir d'éviter ces dangers. Je réponds à cela que c'est impossible. Je ne parle pas des paroles que nous imaginons, le remède est alors de moins désirer certaines choses, et de refuser de tenir compte des idées que nous nous faisons. C'est inutile dans ce cas-ci, car l'esprit qui parle immobilise lui-même toutes les autres pensées, il oblige à prêter attention à ce qu'il dit, il serait plus facile à une personne qui entend fort bien de ne pas comprendre ce que dit quelqu'un qui parlerait à grands cris : elle pourrait ne pas y prendre garde, fixer sa pensée et son entendement sur autre chose, mais dans ce cas qui nous occupe, ce n'est pas faisable. Elle n'a pas d'oreilles à boucher, ni de force pour penser, sauf à ce qu'on lui dit, et sous aucun prétexte ; car c'est lui qui a la demande de Josué (je crois que c'était lui), immobilisa le soleil, peut immobiliser les puissances et toutes nos facultés intérieures, et l'âme soit bien qu'un seigneur plus grand qu'elle gouverne son château, et elle lui manifeste sa fort grande dévotion et son humilité. Il n'y a donc aucun moyen de l'éviter. Plaise à la divine majesté de donner le moyen de ne chercher qu'à la contenter, dans l'oubli de nous- mêmes, comme je l'ai dit. Amen. Plaise à elle que je sois parvenu à faire comprendre ce que je souhaitais, et que cet avis soit utile aux âmes à qui cela arriverait.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

Message par Francesco le Mer 30 Déc 2009 - 2:52

SIXIEMES DEMEURES - Chapitre 4
Spiritualité
& Mystique


Thérèse de Jésus
Demeures I
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Demeures VI

De l'état de raison où Dieu suspend l'âme dans le ravissement,
où l'extase, ou le rapt, qui sont, à son avis, une seule et même chose.
Du grand courage qui lui est nécessaire pour recevoir de hautes faveurs de Sa Majesté.
Au milieu des choses que j'évoque, épreuves et autres, comment le pauvre petit papillon pourrait-il rester en repos ? Tout l'incite à désirer plus vivement jouir de l'Epoux ; et Sa Majesté, qui connaît notre faiblesse, use de tout cela pour disposer son courage à s'unir à un si grand seigneur et à le prendre pour Epoux.

Vous allez rire de ce que je dis, et estimé que c'est folie ; n'importe laquelle d'entre vous jugera que ça n'est pas nécessaire, et qu'il n'est femme de basse origine qui n'ait le courage d'épouser le roi. Je suis de cet avis quant au roi de la Terre, mais quant au roi du ciel, il en faut, je le répète, plus que vous ne le pensez ; car notre nature est bien timide et basse devant quelque chose d'aussi grand, et je tiens pour certains que si Dieu n'y pourvoyait, malgré tout ce que vous voyez, où tous les avantages qui s'ensuivent, ce serait impossible.

Vous allez donc voir de ce que fait Sa Majesté pour conclure ses fiançailles, et j'entends que c'est dans ce but qu'Elle donne des ravissements qui font perdre les sens ; car sans être hors de sens, si l'âme se voyait si proche de cette haute de Majesté, il lui serait d'aventure impossible de continuer à vivre. Cela s'entend des vrais ravissements, et non de ses faiblesses de femmes, comme nous en avons par ici, où tout nous semble ravissement et extase. Comme je crois l'avoir bien dit, il est des natures si faibles qu'elle se meurt d'une heure d'oraison. Je veux exposé ici plusieurs des formes de ravissement dont j'ai été informées, (j'ai eu des rapports avec tant de personnes spirituelles), sans être toutefois certaine d'y réussir, comme ce fut le cas lorsque j'ai écrit ailleurs sur ce sujet et pour certaines des choses dont je parle ici ; pour diverses raisons, il semblait ni avoir aucun inconvénient à en reparler, ne serait-ce que pour qu'on trouve ici, ensemble, toutes les Demeures.

Dans l'une de ces formes de ravissement, lorsque l'âme, qui n'est peut-être pas en oraison, est touché par une parole de Dieu qu'elle se rappelle ou qu'elle entend, il semble que Sa Majesté, de l'intérieur de l'âme, exalte l'étincelle que nous avons évoquée, émue de pitié d'avoir vu cette âme souffrir si longtemps de désir ; alors, embrasée toute entière comme l'oiseaux Phénix, elle est renouvelée, et on peut croire pieusement que ses fautes lui sont pardonnées : cela s'entend dans les dispositions voulues, et avec les moyens à la portée de cette âme, que l'église enseigne. Ainsi purifiée, le seigneur l'unit à Lui, sans que personne ne s'en avise, sauf eux deux ; l'âme elle-même ne s'en avise point de manière à pouvoir en parler par la suite, bien qu'elle n'ait pas intérieurement perdu le sens ; cela ne saurait se comparer à un évanouissement, ni à une syncope, où tout sentiment intérieur ou extérieur est aboli.

Il m'apparaît que dans ces cas l'âme est plus éveillée que jamais aux choses de Dieu, plus éclairée dans la connaissance de Sa Majesté. Cela peut sembler impossible ; alors que les puissances et les sens sont si absorbés qu'on peut les dire morts, comment peut-on entendre qu'ils comprennent ce secret ? Nul n'en sait rien, ni moi, ni peut-être aucune créature, le créateur seul le sait, ainsi que bien d'autres choses qui se manifestent dans cet état, c'est-à-dire dans ces deux Demeures ; car on pourrait bien parler conjointement de ces Deux Demeures, il n'y a pas entre l'une et l'autre de porte fermée. Mais puisqu'il se passe dans la dernière des choses qui ne se sont pas manifestées à ceux qui n'y sont pas encore parvenus, j'ai préféré les séparer.

Lorsque le Seigneur juge bon de communiquer à l'âme ravie certains secrets, ou certaines choses du ciel, ou des visions imaginaires, elle peut ensuite en faire le récit ; cela reste graver dans sa mémoire de telle manière que jamais elle ne l'oublie. Mais quand ce sont des visions intellectuelles, elle est incapable de rien en dire ; à ce degré, certaines doivent être aussi élevées qu'il ne convient pas que ceux qui vivent sur terre les comprennent et en parlent ; toutefois, une personne qui a le sain usage de ses sens peut décrire ici-bas beaucoup de ses visions intellectuelles. J'en parlerai en temps voulu, puisque l'ordre m'en fut donné par quelqu'un qui a autorité pour cela ; bien qu'ils paraissent présomptueux de le croire, ce sera peut-être utile à quelques âmes.

Mais, me direz-vous, si ces âmes ne gardent aucun souvenir des si hautes faveurs que le Seigneur leur accordent alors, quel profit y trouvent-elles ? Ô mes filles ! Il est si grand qu'on ne le dira jamais assez ; car bien qu'elles soient indescriptibles, elles se gravent si fortement au plus intime de l'âme, on ne les oublie jamais. Mais si aucune image ne les accompagnent et si les puissances ne les comprennent point, comment peut-on se les rappeler ? Je ne le comprends pas moi-même ; mais je comprends que certaines vérités sur la grandeur de Dieu sont si fortement fixées dans ces âmes que même si la foi ne leur disait qui il est, avec l'obligation d'y croire pour l'amour de Dieu, elle adorerait en lui cette grandeur à partir de cet instant, comme Jacob quand il vit l'échelle ; il dut saisir alors d'autres secrets qu'il ne sut répéter ; la vue d'une échelle par laquelle descendaient et montaient des anges n'eut pas suffi à lui faire comprendre de si grands mystères, sans un surcroît de lumière intérieure.

Je ne sais si je m'exprime bien, car bien que j'en ai entendu parler, j'ignore si mes souvenirs sont exacts. Moïse lui non plus n'a pas su dire tout ce qu'il avait vu dans le buisson, mais uniquement ce que Dieu lui permis de révéler. Mais si Dieu n'avait pas communiqué à son âme des secrets, s'il ne lui avait pas octroyé la certitude de voir et de croire que cela venait de Dieu, il n'aurait pas tant entrepris, au prix de si grandes épreuves ; et de découvrir au milieu des épines de ce buisson de fort grandes choses qui lui donnèrent le courage de faire ce qu'il fit pour le peuple d'Israël. Donc, nous n'avons pas à chercher des raisons de comprendre les choses cachées de Dieu, mais puisque nous croyons en sa puissance, nous devons croire, c'est clair, que le ver de terre que nous sommes, dont la puissance est si limitée, est incapable de concevoir ses grandeurs. Louons-le vivement de consentir à nous en faire comprendre quelques-unes.

Je désirerais trouver une comparaison qui éclaire un peu ce que je dis, je crains qu'il n'y en ait pas de bonne, mais donnons celle-ci : vous pénétrez dans l'appartement d'un roi ou d'un grand seigneur, ce qu'on appelle, ce me semble, un salon, où on trouve, en nombres infini, toutes sortes de verrerie, de poterie, est beaucoup de choses, disposés en un si bel ordre qu'on les voit presque tout en y entrant. On m'a introduite un jour dans l'une de ces salles chez la duchesse d'Albe , (où sur les instances de cette dame, l'obéissance m'avait commandé de demeurer au cours d'un voyage) ; ébahie, en y pénétrant, je me demandais à quoi pouvait servir cette foule d'objets, tout en considérant qu'on pouvait louer le seigneur de voir une telle variété de choses, et il est amusant de constater combien cela m'est utile pour ce que j'écris j'y passai un moment, mais il y avait tant à voir que j'oubliai tout immédiatement et que je ne gardai de souvenir d'aucune de ces pièces ; je ne saurais pas plus décrire leur facture que si je ne les avais jamais vues. Il en est de même, lorsque, introduite dans cet appartement du ciel empyrée, que nous devons avoir à l'intérieur de nos âmes, l'âme ne fait qu'un très intimement, avec Dieu, (puisque Dieu est dans l'âme, il est clair qu'il y a dans l'âme une de ses Demeures). Toutefois, lorsque l'âme est ainsi, en extase, le Seigneur ne doit pas toujours lui permettre de pénétrer ses secrets, (elle est d'ailleurs si occupée à jouir de lui que ce bonheur lui suffit), mais il lui permet parfois de se ranimer, et de voir soudain ce qu'il y a dans cet appartement. Revenu à elle, elle garde donc l'image des grandeurs qu'elle a vues ; elle ne peut néanmoins en décrire aucune, sa nature ne se hausse pas au-delà de ce que Dieu a voulu lui montrer surnaturellement.


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Re: Les 7 Demeures de l'Ame de Thérese d'Avila

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