Primauté de la Miséricorde

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Primauté de la Miséricorde

Message par etienne lorant le Sam 27 Fév 2016 - 10:00

Le samedi de la 2e semaine de Carême

Livre de Michée 7,14-15.18-20.
De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés ! Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham ta faveur, comme tu l’as juré à nos pères depuis les jours d’autrefois.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32.
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »



Cy Aelf, Paris



D’emblée, c'est de miséricorde dont il est question. La miséricorde, ce non-recours à la justice - cette justice à laquelle tous les hommes songent en premier, mais qui leur réserve souvent de désagréables surprises. Ainsi, dans la parabole du fils prodigue, on peut très bien considérer que le cadet, lassé d'éprouver chaque jour l'autorité de son frère, aura voulu se faire justice: "N'ai-je pas droit au partage des biens ?" Et il est reparti avec sa juste part, pour "vivre sa vie". Ne dirait-on pas une crise d'adolescence ?

Et bien sûr, le frère aîné le prend de haut. Comment son père a-t-il pu, sans s'écrier, procéder au partage des biens de la famille !

De la même façon, chacune et chacun d'entre nous sommes beaucoup plus prompts à juger plutôt que d'essayer de comprendre le pourquoi d'une crise - lorsqu'elle éclate, et de chercher comment y remédier. Et c'est très dommage, car en l'absence de préjugés ou de jugements abrupts, nombre de situations pénibles seraient évitées.

Du reste, la parabole du fils prodigue est, tout à fait, celle dans laquelle la miséricorde divine est le mieux exposée. En effet, l'attitude de miséricorde est pour les hommes une béatitude ; heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !


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etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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