Devoirs des parents - Les Trésors de Cornélius Lapide

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Devoirs des parents - Les Trésors de Cornélius Lapide

Message par MichelT le Ven 16 Sep 2016 - 14:26

DEVOIRS DES PARENTS

Les Trésors de Cornélius Lapide – Hollande -Belgique – 17 ème siècle

Responsabilité des parents

Les parents doivent regarder leurs enfants comme ne leur appartenant pas, et se souvenir que Dieu, auteur de la vie, les a remis entre leurs mains, et leur a confié le soin de former des serviteurs fidèles. Les enfants sont à Dieu. Car qu'avons-nous qui nous appartienne, à nous qui ne nous appartenons pas à nous-mêmes?...

Le Seigneur dit à tous les pères et à toutes les mères : Prenez cet enfant, et nourrissez-le-moi, et je vous donnerai votre récompense (Exode 2, 9). Ne péchez point contre votre enfant, car vous êtes responsable de son sang : (Genèse 42, 22 ). L'âme des parents répondra de celle des enfants, dit le Seigneur.

Gardez votre enfant; s'il se perd, votre âme paiera pour la sienne, dit encore le Seigneur : ( Rois. 20, 39 ).

Tenant la place de Dieu vis-à-vis de leurs enfants, les pères et les mères auront à lui rendre compte de la manière dont ils en auront pris soin.

Le premier devoir des parents, c'est d'être vertueux.

L'Évangile le premier nous dit que Zacharie le père et Élisabeth la mère de Jean-Baptiste, étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements du Seigneur avec obéissance et sans murmure : (Luc. 1. 6).

Je marchais dans l`innocence de mon cœur au milieu de ma famille, dit le Roi-Prophète .

Dans une famille, le père et la mère doivent, par la splendeur de leurs vertus et la sainteté de leurs mœurs, briller comme le soleil et la lune ; alors les enfants seront comme des étoiles étincelantes, et cette maison deviendra comme le firmament et le ciel de Dieu.
Celui qui a la charge de corriger les autres, doit être exempt de vices, dit saint Grégoire; l'œil blessé par quelques grains de poussière ne peut apercevoir une tache, et celui dont la main est pleine de boue ne saurait essuyer les souillures qui se trouvent sur ses vêtements (Lib. Moral.).

Pères et mères, dit saint Ambroise, si vous ne préservez et purifiez votre cœur de toute tache de péché, vous ne pouvez corriger vos enfants. Commencez par pacifier votre cœur, si vous voulez faire descendre la paix dans le cœur des autres. Car, comment purifierez-vous le cœur d'autrui, si vous n'avez auparavant purifié le vôtre ? (Lib. de Oflic.)

L'homme, dit encore ce père, doit être soumis à Dieu pour pouvoir commander. (Ut supra).

Celui qui veut que son inférieur lui soit soumis, doit se soumettre lui-même à son supérieur, dit saint Augustin. Parents, reconnaissez l'ordre. Qu'y a-t-il de plus juste et de plus raisonnable que d'obéir à Dieu, afin que vos enfants vous obéissent? Qu'y a-t-il de plus beau? Vous, soumis à Dieu, votre enfant vous sera soumis. Servez celui qui vous a créé, afin que votre enfant, ce don de Dieu, vous serve. Que si vous refusez de servir Dieu, jamais vous n'obtiendrez une parfaite soumission de votre famille. Vous vous insurgez contre Dieu, vos enfants s'insurgeront contre vous et feront votre tourment ( in PsaL CXLVH).

Nul ne sait commander, que celui qui sait obéir; nul ne connaît le joug qu'il impose, à moins qu'il ne l'ait porté lui-même. Voulez-vous, parents, savoir commander à vos enfants? recevez-les ordres de Dieu et exécutez-les; voulez-vous que vos enfants portent
le joug précieux et aimable de Jésus Christ, portez-le vous-mêmes.

Le fils de Tobie disait à son épouse : Nous sommes les enfants des saints (Tobie 2. 48). Quels sont aujourd'hui les enfants qui pourraient parler ainsi? Aussi Raguel dit-il au fils de Tobie : Soyez béni, mon fils, car vous êtes l`enfant du meilleur et du plus vertueux des pères : (Tobie 7. 7 ). Gabélus lui dit de son côté : Que le Dieu d'Israël vous bénisse, parce que vous êtes le fils d'un père parfait, juste, craignant Dieu, et faisant (Tobie 9. 9). Si les parents ne sont pas vertueux, comment inspireront ils à leurs enfants l'amour de la vertu?...

Deuxième devoir des parents – le bon exemple.

Le deuxième devoir que les pères et les mères ont à remplir, c'est de donner le bon exemple à leurs enfants.

Il est dit dans l'Évangile qu'un homme riche et puissant crut en Jésus Christ et toute sa maison à son exemple (Jean. 4 , 53). L'enfant suit vite l'exemple de ses parents. Il ressemble au lierre qui, ne pouvant se soutenir seul, s'attache à l'arbre ou à la muraille.

L'enfant est une cire molle, il prend facilement l'empreinte qu'on lui donne.

Le père de famille, qui est le chef de la maison, doit en être le modèle, et précéder son épouse et ses enfants en leur donnant le bon exemple.

Les parents par leurs scandales causent la perte de leurs enfants (cv. 37).

Vouloir faire des leçons aux enfants, et contredire par ses mauvais exemples les maximes que l'on émet, c'est une honte et un crime; c`est caresser d'une main, et frapper de l'autre. Il faut que les paroles s'accordent avec les actions; car si la conduite est en opposition avec les paroles, on élève inutilement la voix

Saint Augustin dit de sainte Monique sa mère : Elle arrosait de ses larmes et nourrissait par ses bons exemples les préceptes de vie qu'elle semait dans mon cœur (Lib. Confess. ).

Quelle impression voulez-vous que les bons avis, les sages conseils d`un père blasphémateur, impie, incrédule, colérique, ivrogne on d'une mère impudique, irréligieuse, emportée, lassent sur l'âme de leurs enfants?...

Le troisième devoir des parents, c'est la prière.

Ils sont obligés: 1° de prier pour eux-mêmes...; 2° de prier pour leurs enfants...; 3° de leur apprendre de bonne heure à prier; de les encourager à le faire; de leur enseigner l'obligation et l'excellence de la prière

Le quatrième devoir des parents : L`éducation

Quatrième devoir des parents, c'est de donner à leurs enfants une bonne éducation.

L'éducation regarde spécialement le cœur. Il faut éloigner du cœur des enfants les vices, en extirper le principe autant que possible, y faire germer les bonnes mœurs, les vertus, les conseils évangéliques.

Nos mauvais philosophes ont enseigné aux jeunes gens qu'il n'y a point de Dieu, ni d'autre vie ; que la religion est une fable; que l'homme n'est qu'un animal; que toute la morale consiste à rechercher le plaisir et à fuir la douleur. Ce cours d'éducation est bientôt fait; il ne faut ni collège, ni instituteurs pour s'y rendre habile ; aussi nos jeunes libertins en ont bientôt su autant que leurs maîtres, et tous les jours nous voyons éclore les fruits de cette morale humaine, naturelle, philosophique, ou plutôt animale, plus digne, dit Bergier, des étables d'Épicure que d'une école d'éducation ( Art. Éducation ).
Tout est perdu dans l'homme et la société , quand le cœur des enfants est corrompu ou mal dirigé par les parents.

Dans tout plan d'éducation, il faut faire entrer la politesse..., les bonnes manières..., la civilité. Les parents qui négligent de donner ces excellentes habitudes à leurs enfants, en font des êtres grossiers, malhonnêtes, sots et détestables.

Le premier fruit d'une bonne éducation, c'est la joie qu'elle prépare aux parents et aux enfants Le second fruit, c'est d'éloigner d'eux la misère Le troisième, c'est d'attirer sur les parents les louanges et l'honneur Le quatrième, c'est de confondre l'inimitié et la jalousie, et de réjouir l'amitié.

Le père de cet enfant est mort, dit l'Ecclésiastique, et cependant c'est comme s'il ne l'était pas : car il a laissé après lui quelqu'un qui lui ressemble (30. 4). Voilà le cinquième fruit d'une bonne éducation. En mourant, le père parait ressusciter dans ses enfants : ceux-ci reproduisent sa vie, sa sagesse, sa vertu, et les rendent comme immortelles La mauvaise éducation a des résultats tout opposés.

Cinquième devoir des parents : l`instruction religieuse

Le cinquième devoir des parents, c'est de donner à leurs enfants l'instruction religieuse.

Pères et mères, dit saint Paul, élevez vos enfants, les instruisant selon le Seigneur (Éphésiens 6. 3 ) .

Instruisez votre fils, disent les Proverbes (19, 18).

Avez-vous des fils? dit l'Ecclésiastique; instruisez-les avec soin, et donnez- leur de la discipline dès leur enfance ( 7, 25 ).

Ce qu'il faut apprendre aux enfants, c'est le saint nom de Jésus, de Marie, de Joseph, le Pater, l` Ave Maria, le Credo, les trois principaux mystères du christianisme, quelles sont nos fins dernières, les commandements de Dieu et de l'Église, les avantages et la nécessité de la prière et de la grâce, ce que sont les sacrements. On doit ne rien négliger pour leur apprendre le catéchisme en entier, ou le leur faire apprendre, si l'on est soi-même dans l'impossibilité de remplir ce devoir.

L'instruction religieuse, qui doit être donnée avec soin depuis l’âge le plus tendre jusqu'à la première communion, ne doit pas ensuite être négligée, mais développée.

La nécessité où sont les parents de donner l'instruction religieuse à leurs enfants, montre combien il est nécessaire qu'ils soient instruits eux-mêmes.


Sixième devoir des parents : la vigilance

IL est dit dans la Genèse que Joseph, mis à l a tète de la maison de Putiphar, la gouvernait et avait soin de tout ce qui lui avait été confié. (Genèse 39, 4). Et, à cause de Joseph, le Seigneur bénit la maison de cet Égyptien (Genèse 39. 5 ) .

Les parents sont tenus à la vigilance :

Vigilance de la part de la mère, lorsqu'elle porte son enfant dans son sein , afin de ne faire aucune imprudence, soit en marchant, soit en travaillant, soit en mangeant et en buvant, soit en portant des fardeaux, et afin de ne pas se mettre en colère, etc.

Vigilance de la part du mari, pour entourer de soins son épouse, pour faire lui-même ou faire faire les travaux les plus pénible qui sont à exécuter Vigilance pour lui épargner les mauvais traitements.

Vigilance de l'un et de l'autre pour se procurer des parrains vertueux et pour faire promptement baptiser l'enfant dès qu'il est né.

Vigilance de crainte de quelque accident, de ne pas laisser les enfants seuls à la maison.

Vigilance pour leur donner l'Instruction nécessaire, pour leur faire fréquenter la confession et les préparer à l'action la plus importante delà vie : la première communion.

Vigilance pour les éloigner des mauvaises compagnies.

Vigilance pour leur donner de bons principes, leur faire aimer de bonne heure la vertu, et leur faire détester le péché.

Vigilance dans la fréquentation des personnes d'un sexe différent.

Vigilance pour les surveiller à leur entrée dans le monde.

Vigilance pour ne pas entraver leur vocation lorsqu'elle est convenable, et surtout lorsqu'elle est excellente.

Vigilance enfin pour les nourrir et les vêtir selon leur condition, avec propreté, mais sans caresser leur vanité.


Septième devoir des parents: la correction

Et vous , pères, dit le grand Apôtre, ne provoquez point vos enfants a la colère; mais élevez-les en les corrigeant selon le Seigneur (Éphésiens 6. 4).

Corrigez votre enfant tandis qu'il en est temps. Il n'y a pas de défaut qu'on ne puisse détruire dans un enfant, si les réprimandes et les corrections sont sages et constantes. Châtiez, mais sans colère. Que la sévérité soit mêlée de douceur. Celui qui l'abandonne à la colère en corrigeant, se nuit à lui-même et nuit à l'enfant. Par la colère, il exaspère et scandalise son fils, loin de le guérir. Corriger avec colère n'est pas obéir à la charité, mais a la passion. Faite avec calme, la correction inspire le respect; faite avec emportement, elle excite la révolte et n'opère aucun bien.

Ne soyez pas comme un lion dans votre maison, dit l'Ecclésiastique, renversant tout et opprimant ceux dont vous êtes le maître (4. 35).

La correction doit être faite sans faiblesse, sans colère, quand il faut et comme il faut.

Huitième devoir des parents: Ils doivent bénir leurs enfants

On voit des exemples frappants des heureux effets de la bénédiction des parents, dans les bénédictions que Sem et Japhet reçurent de Noé leur père; Isaac, d'Abraham; Jacob, d'Isaac ; Tobie, etc.


Combien sont coupables les parents qui néglige de remplir leurs devoirs – Malheurs qu`ils se préparent.


Écoutez saint Paul : Celui, dit-il, qui n'a pas soin des siens, a renié sa foi, il est pire qu'un infidèle (1 Timothée 5. 8 ) .

Les mères insensées et scandaleuses ont des fils pervers, dit la Sagesse (3, 12).

Les vices de l'Âme se transmettent aux enfants aussi bien que ceux du corps. Les parents coupables sont comme les bourreaux de leur race; en commettant le mal, ils assassinent l'âme de leurs enfants. Ils sont, dit la Sagesse, les impitoyables meurtriers de leurs fils: (Sagesses 14, 23).

Les enfants et les neveux imitent leurs pères, est-il dit au livre des Rois.

St Cyprien disait : Les parents qui aiment leurs enfants selon la chair, en aveugles et en insensés, n'osent pas les reprendre ni les châtier; ils leur laissent satisfaire tous leurs caprices, Qu`arrive-t-il de là? Leurs enfants deviennent audacieux, libertins, querelleurs, incorrigibles ; ils tombent enfin dans de graves excès, et finissent par une mort prématurée et quelquefois honteuse et infâme. Ils sont pour leurs parents une cause de grandes douleurs, d'ignominie et de désespoir.

Vous n'êtes pas des pères, s'écrie saint Bernard, mais des assassins. (Serm. in Cant. ).


Les enfants bien élevés deviennent l`honneur et la gloire de leur parents.


Les enfants religieusement élevés font le bonheur, la joie, la consolation et la gloire de leurs parents. Ils sont respectueux, prévenants, affables, pleins de douceur et de bonté Ils perpétuent d’âge en âge la bonne réputation qui, depuis longtemps, est attachée, à leur famille et qui l'honore. Une telle maison se soutient. Du père aux petits-fils, elle ne cesse d'être un modèle de justice, de sagesse , de vertu; en un mot, c'est la maison bénie de Dieu et des hommes. De semblables familles excitent l'admiration de tout le monde, de génération en génération Elles sont un trésor national et comme un paratonnerre qui écarte les coups de la malédiction de Dieu de la tête du peuple auquel elles appartiennent. Heureuses familles! unies et en paix sur la terre, elles vont d'âge en âge s'unir dans le sein de Dieu, où a jamais le père bénira son fils, et le fils son père ; et tous ensemble Dieu.


Modèles que l`on doit suivre


La reine Blanche de Castille voulut aussi allaiter elle-même son fils Louis IX, et elle se chargea du soin de veiller sur son éducation. Elle lui avait inspiré dès le berceau un grand respect pour les choses saintes, de vifs sentiments de zèle et de piété, et un amour extraordinaire pour la chasteté. Je vous aime assurément, mon fils, lui disait-elle souvent dans son enfance ; je vous aime avec toute la tendresse dont une mère est capable ; • mais j'aimerais infiniment mieux vous voir tomber mort à mes pieds, que de vous voir jamais commettre un péché mortel. Ces paroles avaient fait une telle impression sur l'esprit du roi Louis, qu'il avoua plusieurs fois ne les avoir jamais oubliées, et qu'il ne passait pas de jour sans les rappeler à sa mémoire, pour se prémunir contre les attraits du péché (Ut supra). Écoutez ce que disait à son fils Philippe ce grand roi mourant : Mon fils, la première chose que je te commande à garder, c'est d'aimer Dieu de tout ton cœur, et de désirer plutôt souffrir tous les tourments que de pécher mortellement. Si Dieu t'envoie adversité, souffre-la en bonne grâce, et pense que tu l`as bien méritée. Va souvent à confesse, entends la messe avec dévotion, sois bon pour les pauvres. Maintiens les bonnes coutumes de ton royaume, et corrige les mauvaises. Ne charge pas ton peuple d'impôts, sers-toi d'hommes prudents et consciencieux. Écoute la parole de Dieu, et la retiens en ton cœur. Que nul ne soit assez hardi devant toi pour dire de mauvaises paroles, soit contre la modestie, soit contre la charité. Rend souvent grâces à Dieu. Sois juste envers tout le monde. Honore le clergé. Respecte ton père et ta mère. Travaille à faire disparaître le péché de la terre. Bien cher fils, je te donne toutes bénédictions qu'un bon père peut donner à son fils (Hist. de France).

Les premiers principes de l'éducation influent beaucoup sur toute la vie;
et il est ordinaire à ceux qui ont été formés à la vertu dès l'enfance, de prendre toujours les maximes de l'Évangile pour règle de leur conduite. Les premières impressions ont une force immense quand elles sont aidées et soutenues par les soins et les exemples de parents pieux.

Toute la suite de la vie dépend des idées que l'on donne aux enfants, des sentiments qu'on leur inspire, et des habitudes qu'on leur fait contracter dans leurs premières années. Il est plus important qu'on ne le pense de les accoutumer alors à de petits sacrifices, de leur faire sentir les dangers des plaisirs des sens, et de les mettre en garde contre leurs impressions ; de leur montrer que ces plaisirs amoindrissent la force de l'âme; de les convaincre, en un mot, qu'il est plus facile de dompter ses passions dès leur commencement que plus tard, et que si on ne les fait plier sous le joug dès leur naissance, on aura une peine infinie à les soumettre. Il faut bien leur persuader que, dans la jeunesse, l'entêtement, l'opiniâtreté, l'aversion du travail, l'amour des plaisirs , sont de toutes les dispositions les plus dangereuses.

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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