Translation de la sainte Maison de Nazareth. Le miracle de Lorette.

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Translation de la sainte Maison de Nazareth. Le miracle de Lorette.

Message par Titi le Mer 17 Mai 2017 - 16:37

C'est un miracle bien connu. Voici comment le relatent les chartreux :

Les Apôtres dressèrent un autel et offrirent le saint sacrifice au lieu où s'était opéré le grand mystère de l'Incarnation. Les premiers chrétiens, sans dénaturer cette demeure, se bornèrent à y ajouter quelques ornements pour la convertir en oratoire, de sorte que ce fut tout à la fois une maison et une église. Après que les persécutions furent apaisées, la digne mère du grand Constantin, sainte Hélène vint à Nazareth pour satisfaire sa dévotion, vers l'an 326 ; et non contente de vénérer l'habitation que la sainte famille avait occupée, elle la fit enfermer dans une église magnifique dont le frontispice portait cette inscription : C'est ici le sanctuaire où a été jeté le premier fondement du salut des hommes. Depuis cette époque jusqu'à la fin du treizième siècle, cet auguste sanctuaire ne cessa d'être fréquenté par de pieux pèlerins. Les plus célèbres sont l'illustre docteur saint Jérôme, les dames romaines sainte Paule et sainte Eustochium, le séraphique saint François d'Assise, et spécialement saint Louis, roi de France qui, le 25 mars 1252, reçut la sainte communion dans l'église de Nazareth, à l'autel même de l'Annonciation. Presqu'aussitôt après que ce monarque lut retourné dans son royaume, lesSarr asins d'Egypte, feisant irruption sur le territoire de la Palestine, renversèrent le superbe temple de Nazareth et laissèrent au milieu des ruines la modeste habitation de Marie. La prise do Ptolémaïde consomma la perte de la chrétienté dans la Terre Sainte, Tan 1291, de sorte que les Lieux saints, exposés au pillage et à la profanation, ne pouvaient, être conservés et visités qu'avec de très-grandes difficultés et moyennant d'énormes contributions. Ce fut au milieu de ces circonstances désastreuses que les Anges enlevèrent aux infidèles la sainte Maison ou plutôt la Chambre sacrée de Marie (Santa Casa). Traversant la Méditerranée, ils la transportèrent sur le bord oriental de la mer Adriatique, près de Tcrsatz, en Dalmatic, 10 mai 1291. Ensuite, le 10 décembre 129i, ils la transférèrent sur la rive occidentale de l'Adriatique, près de Uccanali, dans la Marche d'Aucune, eu un bois de lauriers [taurctum), d'où elle prit le nom do Lurette. Selon d'autres historiens, elle tira ce nom de la pieuse dame à laquelle ce bois appartenait. Quoi qu'il en soit, l'année suivante 1295. les Anges la transportèrent deux fois encore; d'abord, en dehors de cette foret sur le terrain de deux frères; puis, sur une colline du voisinage, au milieu de la voie publique, où elle est restée jusqu'à présent l'objet de la vénération universelle. Avant qu'elle fût déposée sur terre pendant ces diverses translations, plusieurs personnes l'aperçurent venir en l'air entourée d'une lumière extraordinaire. Plusieurs serviteurs de Dieu, comme saint Nicolas de Tolentino,connurent alors par révélation que le mystérieux édifice était celui de Nazareth, où Marie avait pris naissance et avait passé son enfance, où Gabriel l'avait saluée, et où le Verbe s'était incarné. Ils apprirent aussi d'où provenaient les objets religieux, que contenait encore ce premier oratoire dédié par les Apôtres à la Mère de Dieu : 1 autel en pierre avait été dressé par saint Pierre pour y célébrer l'auguste sacrifice; le crucifix sur toile et la statue en cèdre qui représente la sainte Vierge portant Jésus enfant, avaient été faits par saint Luc. Ces révélations furent immédiatement confirmées par de nombreux miracles, et d'abord par la guérison subite d'Alexandre le vertueux pasteur de Tersatz, qui fut délivré d'une maladie mortelle au moment même où la Mère de Dieu lui apparut, pour lui annoncer la dignité incomparable du sanctuaire mystérieux. Des preuves aussi évidemment surnaturelles de la vérité du fait n'empêchèrent pas les autorités civiles et ecclésiastiques d'employer lous les moyens juridiques, pour constaterauthentiquement, aux yeux de tout le monde et de la postérité, un événement aussi extraordinaire. Dès la première translation, le gouverneur de Daluiatie, avec l'autorisation de l'empereur Rodolphe 1er, envoya quatre personnages distingués pour prendre des informations en Palestine. On leur montra la place qu'avait occupée la sainte Maison à Nazareth ; il en virent les fondements, mais ils n'en virent point les murs ; entre les fondements qui étaient restés en ce lieu et les murs qui avaient été transportés en leur pays, ils trouvèrent une exacte conformité, soit pour les dimensions, soit pour les pierres ; et ils remarquèrent que l'édifice avait disparu à Nazareth le même jour qu'il avait paru près de Tersatz. À leur retour, ils publièrent un rapport officiel de leurs observations, confirmé par un serment solennel. Un pareil témoignage ne fit qu'accroître la dévotion générale. On accourait de tous côtés pour visiter la sainte Maison, à Tersatz, lorsque les pieux habitants curent la douleur de perdre le précieux trésor qu'ils s'applaudissaient de posséder depuis plus de trois ans. L'année qui suivit la seconde translation à Lorette, révoque de Recanati, selon l'avis du pape Boniface VIII, chargea l'assemblée générale de la province de choisir seize notables, pour aller en Dalmatie et en Palestine examiner tout ce qui concernait la sainte Maison. D'après les renseignements qu'ils allèrent recueillir sur les lieux, les députés s'assurèrent que le sanctuaire nouvellement déposé à Lorette était identiquement le même qu'on avait vu naguère à Tersatz, et qui était venu primitivement de Nazareth. Ils consignèrent le résultat de leur commission en un procès-verbal qui fut inséré dans les archives de Lorette. Ces actes accompagnés d'autres témoignages contemporains ont servi de bases incontestables aux nombreux historiens, qui, depuis cette époque, ont raconté les translations miraculeuses de la sainte Maison. Les deux premières enquêtes que les autorités de Dalmatic et de la Marche d'Ancône avaient fait exécuter dès l'origine, furent accréditées davantage par la troisième enquête que Clément VII ordonna deux siècles après l'événement. L'an 1530, ce pontife envoya trois de ses principaux caméners pour examiner les lieux et consulter les traditions, d'abord à Lorette, puis en Dalmatic, et à Nazareth. Leurs relations furent en tous points conformes aux précédentes. Ils vérifièrent de nouveau ce fait important qui a été souvent vérifié depuis, et reconnu môme au dernier siècle par des observateurs attentifs; c'est que les murs ne sont point, comme beaucoup l'ont cru au premier aspect, en brique ou terre cuite, mais en pierres rougeûtres et veineuses dont les analogues ne se trouvent point dans la Marche d'Ancône;tandis qu'elles se rencontrent fréquemment dans les carrières et les édifices de Palestine. Un autre fait non moins frappant a été constaté à différentes époques, particulièrement sous le pontificat de Benoit XIV. L'an 1751, lorsqu'on présence de quatre évêques accompagnés de plusieurs architectes, on fit des fouilles pour restaurer le pavé de la sainte Maison, on reconnut que les murs reposaient, sans fondement et sans appui, sur un sol mouvant et inégal, et alors on remarqua qu'au lieu d'être élevés perpendiculairement, ils étaient légèrement inclinés vers le couchant : il fut ainsi constaté que la sainte Maison se soutient par elle-même depuis plusieurs siècles, contre toutes les règles de l'architecture. Ce miracle perpétuel de conservation ne prouve-t il pas d'une manière permanente le miracle primitif de la translation, et par conséquent la vérité de la tradition touchant l'origine de cette sainte Maison? Elle est aussi prouvée surnaturellement d'une manière toujours nouvelle par les éclatants prodiges que le Tout-Puissant opère depuis plus de cinq cents ans dans ce sanctuaire vénéré. Voilà pourquoi, depuis cette époque éloignée, les princes et les peuples ne cessent point d'honorer et d'invoquer Notre-Dame de Lorette, ainsi que le concours des pèlerins et l'affluence des dons le manifestent chaque jour. Voilà pourquoi, depuis Boniface VIII, il n'y a presque pas de Souverain Pontife qui n'ait témoigné sa croyance et sa dévotion par rapport à l'habitation sacrée de Marie, soit en la visitant avec piété, soit en la décorant avec magnificence, soit en la comblant ue préseuts, soit en lui octroyant des prérogatives dans l'ordre spirituel ou temporel. La plupart des Constitutions apostoliques qui accordent de nouveaux privilèges à la Sainte Maison de Lorette, la représentent comme la propre Maison de la très-sainte Vierge, d'après l'ancienne tradition appuyée sur d'innombrables merveilles. C'est ce qu'on remarque surtout dans les Constitutions publiées, sur ce sujet, par les papes Paul II, Jules II, Léon X, Paul III, Pie IV, Sixte V. Non contents de favoriser la pieuse croyance des fidèles sur la translation miraculeuse de la Sainte Maison, plusieurs Souverains Pontifes, depuis Urbain VIII, l'an 1632, ont expressément autorisé la féte qu'on en célèbre chaque année, le 10 décembre, en certaines Églises. L'an 16G9, Clément IX fit insérer dans le Martyrologe romain, pour le 10 décembre, un article ainsi conçu : Laureti m Piceno ; translatio sacrœ domus Dei Genitricis Mariœ, in qua Verbum caro factum est. L'an 1699, Innocent XII, pour damner plus d'éclat à cette solennité, lui assigna une messe propre avec un ollice spécial où l'histoire de la Translation est racontée dans la sixième leçon des Matines. On y déclare que la Maison de Lorette est celle même de Nazareth où Marie prit naissance et où le Verbe se fit chair. A l'imposante autorité des Souverains Pontifes vient se joindre le sentiment presque général des savants catholiques qui ont admis comme certain le fait de cette Translation. Quelques estimables auteurs tels que D. Calmet qui, avant de l'avoir examiné de près, en avaient parlé comme d'un fait suspect et douteux, ont reconnu plus tard qu'il était établi sur des preuves solides et irrécusables. Si donc ce miracle est un des plus extraordinaires dans les Annales de l'Église, il est aussi un des mieux attestés aux yeux de la saine critique.

http://jesusmarie.free.fr/ludolphe_vie_jesus_1.pdf (note 20 à la fin du pdf)
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Titi

Date d'inscription : 28/09/2012

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