ARMAND DE BOURBON - PRINCE DE CONTI – Sur les devoirs des Puissants

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ARMAND DE BOURBON - PRINCE DE CONTI – Sur les devoirs des Puissants

Message par MichelT le Ven 19 Mai 2017 - 1:33

ARMAND DE BOURBON - PRINCE DE CONTI – Sur les devoirs des Puissants

Armand de Bourbon - Conti, fils de Henri II de Bourbon et de Charlotte de Montmorency, naquit en 1629. Après avoir été mêlé, comme son frère le grand Condé et sa sœur la duchesse de Longueville, aux guerres et aux intrigues de la Fronde, il se soumit dès l'année 1653, épousa Anne - Marie Martinozzi, nièce du cardinal Mazarin, et fut nommé gouverneur de Guyenne.

LES INCONVÉNIENTS DE LA GRANDEUR ET DES DIGNITÉS

Un véritable chrétien doit s'affliger sincèrement et s'humilier profondément de se voir dans la grandeur et dans les dignités, parce que la grâce de Jésus-Christ réparateur cherche, pour l'ordinaire, les personnes les plus viles et les plus méprisables selon le monde, et qu'il faut craindre qu'on ne soit prince et grand, par les arrêts sévères de sa justice : Vous voyez, mes frères, dit saint Paul, que de tous ceux d'entre vous que Dieu a appelé à la foi, il y en a peu de puissants et peu de nobles. Mais Dieu a choisi les faibles, selon le monde, pour confondre les puissants; et pour détruire par ce qui n'était rien, ce qui était de plus grand; afin que nul homme n'ait aucun sujet de se glorifier devant lui.

Les obstacles à la pratique de l'Évangile qui suivent la grandeur sont presque infinis.

Mais il y en a quatre principaux :

L'Évangile ne recommande rien tant que l'humilité; cet état porte à l'orgueil.

L'Évangile ne prêche que la pénitence; cet état est rempli de mollesse, de délicatesse et de luxe.

L'Évangile ne nous montre rien de si nécessaire que l'amour du prochain, la compassion à ses peines et l'application à son soulagement ; cet état ne donne ordinairement pour le prochain que du mépris, de l'indifférence et de l'insensibilité.

L'Évangile et toute l'Écriture nous représente l'homme pécheur condamné à la peine et au travail; cet état ne persuade à l'homme que les délices, l'oisiveté et la paresse.

Il faut donc qu'un grand, se voyant environné de tant d'obstacles à son salut, au lieu qu'on lui persuade qu'il est plus heureux que tous les autres, croie fermement qu'il est plus misérable; qu'il conjure la miséricorde de Dieu de lui donner part à cette grâce, qui purge le venin des grandeurs, et qui est capable de vaincre toute leur malignité .


L'ESPRIT DE JUSTICE ET DE FORCE

Le plus grand de tous les crimes est de sacrifier la justice à son intérêt. Il y a peu de personnes constituées en quelque dignité capables de commettre des injustices pour de petits intérêts ; mais, en vérité, il y en a très-peu aussi à qui un grand intérêt n'en fasse faire ; et l'esprit de la justice humaine ne surmonte guère ces occasions où il faut risquer sa fortune, ses biens ou sa vie pour n'être pas injuste. Il n'y a que la justice d'un chrétien qui soit inébranlable dans ces rencontres et qui puisse résister à tous les ennemis qui l'attaquent; comme c'est une participation de la justice de Jésus-Christ, elle n'a acception de personne, elle est perpétuelle dans tous les temps, dans tous les lieux, à l'égard de tous, et au péril de tout.

C'est pour cela que pour être véritablement une justice chrétienne elle doit être soutenue par la force, qui est une vertu si nécessaire à un grand qu'on peut dire
que c'est elle qui conserve toutes les autres. Il n'y a point de parfait chrétien s'il n'est dans la disposition de souffrir pour l'observation de la loi de Dieu dans toutes ses parties, et pour chaque commandement en particulier, tout ce que les martyrs ont souffert pour la foi; en sorte qu'un grand doit hasarder ses biens, sa fortune, ses établissements et sa vie même plutôt que de participer à la moindre injustice, plutôt que d'omettre la moindre partie de ses devoirs, plutôt que de se taire lorsqu'il est obligé de parler, plutôt que de parler lorsqu'il est obligé de se taire, plutôt que d'agir lorsqu'il est obligé de n'agir pas, plutôt que de n'agir pas lorsqu'il a obligation d'agir.

C'est une leçon bien cachée à la nature corrompue que celle-là; ce sont des vérités bien au-dessus de la chair et du sang, ce sont des maximes bien contraires à l'amour de soi-même, et qui l'attaquent dans sa racine. L'homme ne trouve point dans soi de quoi soutenir des épreuves si rudes; aussi n'est-ce pas dans soi-même qu'il doit chercher son secours : il faut qu'il ait recours, pour obtenir un si grand don, à Celui qui a voulu être appelé, même dans son enfance, un Dieu fort, qui malgré toutes les infirmités de sa nature, malgré toutes les répugnances de la politique charnelle, lui peut donner cette valeur inébranlable, qui est le véritable caractère du chrétien, et qu'on n'est jamais plus en état d'exercer héroïquement que lors qu'on connait plus clairement qu'on ne la peut avoir de soi-même. C'est pour cela que, ne s'appuyant point sur ce qu'il peut par lui-même, mais s'abandonnant à l'esprit de force, qui n'est autre que le Saint – Esprit même, et disant avec foi : Je pénètrerai les œuvres merveilleuses de la puissance de Dieu , il éprouve la vérité de ces paroles de l'Apôtre : Lors que je suis faible , c'est alors que je suis fort.


L'ORGUEIL DE LA VIE

Un plus dangereux adversaire que tous les autres ennemis s'élève contre l'homme, et principalement contre l'homme qui est dans l'élévation et dans la grandeur. Il nait de la destruction de tous les vices, il se nourrit de la plus rigoureuse pénitence, et il acquiert toute sa force au milieu de la vertu la plus consommée. C'est cette passion que l'apôtre saint Jean appelle l'orgueil de la vie, qui dit à l'homme dans le fond de son cœur, après qu'il a triomphé de toutes ses passions : Pourquoi triomphes tu ?Je vis encore et je vis parce que tu triomphes. C'est lui qui s'approprie toutes les vertus et toutes les bonnes œuvres, qui les arrache à Dieu pour s'en faire le père et le principe, et pour les empoisonner en même temps.

L'orgueil , dit saint Augustin, dresse même des pièges aux bonnes œuvres pour les faire périr. C'est cet orgueil qui veut faire dépendre toutes choses de soi, et qui ne veut dépendre de rien ; qui ôterait à Dieu, s'il lui était possible, la souveraine puissance qu'il a sur tous les êtres ; qui demande les sacrifices de toutes les créatures, et qui est si fin, si délicat et si imperceptible dans un grand, qu'il est l'âme de toutes ses actions et de tous ses mouvements sans qu'il s'en aperçoive. C'est lui qui allume les plus sanglantes guerres, et qui sacrifie la vie d'un million d'hommes au moindre de ses intérêts sous des prétextes spécieux. C'est lui qui appauvrit les provinces et les royaumes pour se satisfaire, qui se plait à voir les hommes à ses pieds.

Il n'y a que la connaissance de la vérité qui soit capable d'étouffer ce monstre ; car l'humilité chrétienne n'est autre chose qu'un sentiment juste et raisonnable
qui suit la connaissance de la vérité : l'homme éclairé de cette lumière sainte, connaissant la grandeur de Dieu et voyant en même temps son néant, souhaite de se tenir dans la place qui lui est due, et, bien loin d'affecter l'indépendance , il souhaiterait d'être soumis à toutes les créatures pour venger Dieu en quelque manière de la
rébellion à laquelle son orgueil l'a porté contre lui. Il envisage toutes les grandeurs humaines dès le moment qu'elles ne servent plus à l'usage pour lequel Dieu les a
établies, comme les trophées de la vanité qui s'évanouissent avec elle, et qui ne résistent jamais au temps, à la mauvaise fortune et à la mort.

De sorte que l'humilité n'est autre chose qu'un sincère et raisonnable acquiescement à la vérité connue, une justice qu'on se rend à soi-même en se mettant à sa place.
Ces sentiments doivent être sincères, solides et durables dans le coeur d'un grand, s'il veut que sa grandeur ne l'entraine pas dans l'abime, et quelque vertu qu'il ait acquise, c'est un trésor qu'il possède dans des vaisseaux de terre, qu'il ne conservera jamais qu'en reconnaissant avec une profonde humilité que c'est Dieu même qui peut seul être le gardien et le conservateur de ses dons. Nous portons, dit saint Paul, ce trésor dans des vases de terre, pour nous faire connaitre que ce qu'il y a de grand et de fort en nous vient de Dieu et non pas de nous .

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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Re: ARMAND DE BOURBON - PRINCE DE CONTI – Sur les devoirs des Puissants

Message par MichelT le Mar 23 Mai 2017 - 13:42

SENTENCES DIVINES POUR L`INSTRUCTION DES ROIS, ET PUISSANTS DE CE MONDE.


Source: L`Historial des rois non-catholiques sur un royaume christianisé et de la résistance continuelle des catholiques contre leur règne. Contre l`imposture des faux politiques disant que la religion est et a toujours été séparée de l`État.

Par Alain de Laval - 16 eme siecle


Par le bénéfice de Dieu (dit le  roi Artaxerxés) nous est donné le Royaume, à nos- Pères, et est gardé jusqu`à aujourd'hui. ( Le Livre d`Esther)

Dieu fait régner l'homme hypocrite, à cause des péchés du peuple. ( Job 33,30)

Et vous Rois maintenant entendez ; Prenez instruction vous qui jugés la terre , servez le Seigneur dans la crainte, et réjouissez-vous en lui avec tremblement. Recevez la discipline, de peur que le Seigneur ne s`irrite, et que ne périssiez hors de la voie juste quand bientôt sa colère s'embrasera; Bienheureux tous ceux qui se confient en lui. ( Psaume 2,10)

Le Roi n'est pas sauvé par grande puissance, et le guerrier ne sera point sauvé par sa grande force. Mais les yeux du Seigneur sont sur ceux qui le craignent, et sur ceux qui ont espérance en sa miséricorde. ( Psaume 32,16)

Les Rois règnent par moi, et ceux qui ordonnent les lois, ordonnent choses justes. Les Princes dominent par moi, et les puissants décernent la justice. ( Proverbes 8,15)

Écoutez Rois car la puissance vous est donnée du Seigneur, et la vertu du Souverain, lequel interrogera vos œuvres et diligemment sondera vos pensées. Pour ce que quand vous étiez les Ministres de son Royaume, vous n'avez jugé droitement, et n'avez gardé la loi de justice, et n'avez point cheminé selon la volonté de Dieu. Il vous apparaitra avec horreur; et ce bientôt , car très-rigoureux jugement sera fait de ceux qui président. ( Sagesses 6,4)

Le Royaume est transporté de nation en nation, à cause des injustices, et des injures, et des violences, et des tromperies diverses. ( Ecclésiastique 10,8)

Le Roi est aujourd'hui et demain il mourra, Dieu a détruit les sièges des Ducs orgueilleux , et a fait assoir les humbles en leur place. ( Ecclésiastique 10,17)

Dieu change les temps, et les âges. Il transporte les Royaumes et les établit. Il donne aux Sages la Sapience, et la science à ceux qui entendent la discipline. (Daniel 2,21)

Tu es le Roi des Rois, et le Dieu du ciel, t'a donné le Royaume , et la force , et l'Empire , et la gloire. ( Daniel 2,37)

Jusques à ce que les vivants connaissent que le Souverain domine sur le Royaume des hommes; Et les donnera à celui qu'il voudra, et constituera sur lui les plus humbles des hommes. (Daniel )

La puissance ( de Jésus-Christ ) est une puissance éternelle , laquelle ne fera point ôtée , et son règne ne sera point corrompu. ( Daniel 7,14)

Jésus- Christ est le Prince des Rois de la terre. ( Apocalypse 1,5)

L'Agneau est le Seigneur des Seigneurs, et le Roi des Rois.(Apocalypse 17,14)

Il a écrit en son vêtement, et en sa cuisse, le Roi des Rois, et le Seigneur des Seigneurs. (Apocalypse 19,16)

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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