La Pentecôte - Une grande fête chrétienne

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La Pentecôte - Une grande fête chrétienne

Message par MichelT le Dim 4 Juin 2017 - 13:19

La Pentecôte

Source: Tableau poétique des fêtes chrétiennes - Vicomte Walsh - 19 eme siècle.

La Pentecôte des Juifs, qu'ils appelaient la fête des Semaines, la fête de la Loi, la solennité des Moissons, le jour des premiers fruits, avait été instituée par Moïse, pour qu'Israël gardât à jamais le souvenir des commandements que le Seigneur lui avait donnés au milieu des foudres et des éclairs, sur le mont Sinaï.

L'obéissance à ces divins commandements, l'observance de cette loi dictée par Dieu, la sagesse même, devaient faire du peuple qui y serait resté fidèle, le peuple le plus heureux du globe. La Pentecôte des Chrétiens est la commémoration d'une autre grande journée, de celle où le Saint-Esprit, sous la forme visible de langues de feu, descendit sur les apôtres, pour embraser ceux qui devaient éclairer le monde.

Le Dieu descendant au cénacle est le même que l'Éternel descendant sur le Sinaï; sous l'ancienne loi, les tonnerres l'annoncent; sous la loi nouvelle, c'est un bruit semblable à un vent impétueux venant du ciel, qui le précède et remplit la maison où les apôtres étaient rassemblés.

A cette grande voix d'en haut, les hommes pleins de foi, qui attendaient le Consolateur que Jésus avait promis de leur envoyer, ne doutent plus que ce ne soit l'accomplissement de la parole divine, et, saisis de crainte et de respect, ils se mettent à prier 0 prodige ! tout à coup des langues de feu se divisent et vont s'arrêter sur chacun d'eux.

Feu du Ciel, vraiment! car à l'instant même ces hommes faibles et timides se sentent entièrement changés ; sous la flamme divine, leurs âmes se sont soudainement agrandies! À présent ils conçoivent les pensées élevées, les généreux dévouements et les nobles sacrifices : à présent l'Esprit-Saint est en eux! Aussi, entendez-les louer et confesser Dieu dans toutes les langues !

A peine savaient-ils l'hébreu, et les voilà parlant, ces douze Galiléens, de manière à être entendus et compris par les Parthes, les Mèdes, les Élamites, et par ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont et l'Asie, la Phrygie et la Pamphilie, l'Égypte et la Libye cyrénaïque, et par ceux qui sont venus de Rome, de l'île de Crète et de l'Arabie!

Comment se fait-il que les disciples nous parlent ainsi à chacun notre langue? Comment se fait-il que tout à coup tant de savoir leur ait été donné? Voilà ce qu'avec épouvante se demandaient les témoins du prodige. Mais ceux qui avaient reçu le Saint-Esprit, eux, ne ressentaient plus d'épouvante : car un de ses dons, c'est le courage... Oh! à présent pas un d'entre eux ne renierait le Christ; dans leur soudaine inspiration, ils voient l'avenir: cet avenir sera sanglant pour eux; n'importe, ils s'élanceront au-devant du glaive et des bûchers, de la roue et de la croix; ils ne trembleront plus, le Saint-Esprit est en eux!





Certes, la commémoration du jour où l'Esprit-Saint répandit sur l'Église la richesse de ses dons devait être une des grandes fêtes chrétiennes ; aussi la Pentecôte n'en compte que deux avant elle: Noël et Pâques.  Dès les premiers siècles, cette solennité fut célébrée avec toutes les pompes du sanctuaire, et avant que la religion eût élevé ses magnifiques cathédrales, la fête du Saint-Esprit, la fête de celui qui avait donné la fortitude aux premiers martyrs, avait été chômée dans les catacombes! et les saintes paroles qui se chantaient sous leurs voûtes, nous les redisons encore aujourd'hui.«Seigneur, tu es vraiment grand, et ta puissance éclate de toutes parts!... Toutes les créatures t'obéissent; tu as dit, et tout a été fait; tu as envoyé ton Esprit, et l'univers a été créé... Alléluia! alléluia! Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dissipés, et que ceux qui le haïssent fuient de devant sa face! » Les prêtres ont pris la couleur rouge pour cette solennité, et c'est revêtu d'une dalmatique couleur de feu et rehaussée d'or, que le diacre, entre deux acolytes portant des cierges allumés, et en face de la croix de vermeil, chante cet évangile au milieu de la fumée des encensoirs qu'on balance près de lui.

« En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. La parole que vous avez entendue n'est pas ma parole, mais celle de mon Père, qui m'a envoyé... Je vous ai dit ceci, demeurant encore avec vous; mais le Consolateur, qui est le Saint-Esprit et que mon Père vous enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous fera souvenir de toutes mes paroles.»

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s'épouvante :  vous avez entendu ce que je vous ai dit ; je m'en vais, et je reviens à vous : si vous m'aimez, vous vous réjouirez de ce que je vous ai dit. Je m'en vais à mon Père, parce que mon Père est plus grand que moi ; et je vous le dis maintenant, avant que cela arrive, afin que vous le croyiez lorsqu'il sera arrivé. Désormais je ne vous parlerai plus guère, car le prince du monde va venir, et il n'a rien en moi qui lui appartienne; mais afin que le monde connaisse que j'aime mon Père, je fais ce que mon Père m'a ordonné. »

L'hymne Veni creator Spiritus commence les offices de cette journée solennelle.

Veni Creator Spiritus



Cette belle prière est connue et répétée par toutes les nations chrétiennes : Les rois la disent à leur sacre. Les magistrats, avant de monter à leur siège de justice ; Les évêques et les archevêques, avant de répandre sur le front des lévites l'onction des autels ; les peuples, avant d'ouvrir leurs grandes assemblées: «Viens, Esprit créateur, viens visiter les âmes de ceux qui sont à toi. Viens et remplis de ta grâce les cœurs que tu as créés. C'est toi que les saintes Écritures ont appelé le Consolateur. C'est toi qu'elles ont nommé le don du Très-Haut, la source d'eau vive, l'onction spirituelle, la charité et le feu sacré. C'est toi qui répands sur nous les sept dons de la grâce, la rosée du ciel. Tu es le doigt de Dieu qui enseigne la route ; tu es la science des apôtres ; c'est toi qui as rendu leurs langues éloquentes. Éclaire aussi nos esprits, embrase aussi nos âmes, fais-y brûler ton amour. Donne de la force à notre faiblesse, rends-nous forts par ta vertu. Repousse loin de nous l'ennemi; oh! rends-nous vite la paix, la paix que tu sais donner. Sois notre guide, pour que nous ne marchions que dans la bonne voie. Sois notre appui, pour que nous fie trébuchions pas dans les pièges des méchants. Garde-nous de tout mal. Fais vivre en nous une foi ardente, et qu'à notre dernier jour nous confessions encore un Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. »

Il faut l'avouer, c'était une salutaire pensée que celle qui avait fait adopter cette prière par les puissants du monde. Les peuples devaient se reposer plus tranquilles quand ils voyaient les rois qui les gouvernaient et les juges qui prononçaient sur leurs fortunes et leurs vies, implorer les lumières d'en haut.

Aujourd'hui, il y a dans les nations une sourde inquiétude : et le moyen de la faire cesser, est-ce de ne leur montrer que des hommes avec leurs faiblesses et leurs passions
à la tête des gouvernements? Si Dieu y apparaissait pour donner une garantie de justice, croyez-vous qu'il n'y aurait pas plus de repos, plus de confiance dans le monde?

Nous voyons les hommes politiques se fatiguer à faire des lois; nous les voyons chaque jour grossir leurs codes et donner à leurs polices de nouveaux yeux et de nouveaux bras; nous les voyons assemblant leurs conseils et ordonnant des enquêtes pour découvrir où est le mal qui tourmente la société.





Insensés qu'ils sont! ils ont chassé Dieu de leurs lois, et ils veulent que leurs lois soient puissantes ! Dans leur superbe , ils ont dit : Nous savons tout, nos lumières nous suffisent, et nous n'invoquerons pas ce que nos pères appelaient l'Esprit-Saint!

Alors ils se sont assemblés ; alors ils se sont mis à l'œuvre, et avant leurs délibérations ils n'ont pas fléchi le genou, ils n'ont pas regardé le ciel, ils n'ont pas crié : Esprit-Saint, viens nous éclairer! Aussi, regardez ce qu'ils ont fait!

Ils avaient dit ordre, il y a eu désordre. Ils avaient dit : économie, il y a eu dilapidation. Ils avaient dit : Nous allons donner la paix au monde, et le monde a été troublé jusque dans ses entrailles. Ils avaient dit : Nous allons régénérer la terre, et ils l'ont couverte de sang. Ils avaient dit : liberté, et les prisons n'ont plus été assez vastes ni assez nombreuses pour les captifs qu'ils ont faits.

Ils avaient dit : égalité, et ils se sont élevés plus haut que tous les autres, en montant sur les cadavres de leurs victimes, comme sur un trône. Ils avaient dit : justice, et ils se sont enrichis du champ de la veuve et de l'orphelin. Ils avaient dit : fraternité, et les frères se sont fait la guerre, et les pères ont dénoncé leurs fils , et des fils ont demandé le prix de la tête de leurs pères.


Ils avaient dit : humanité, et les échafauds se sont dressés de toutes parts, et les bourreaux ont crié à ceux qui s'étaient faits juges : Nous sommes fatigués, accordez-nous du repos. Ils avaient dit : la mort, et cette fois ils ont tenu parole ; car, alors que les hommes veulent se passer de Dieu, ils ne peuvent donner que cela.

Espérons que les temps de délire et de vertige passeront. Déjà on a l'air de s'apercevoir que Dieu manque aux affaires humaines, et qu'il faut l'y rappeler. Lors que le terrible choléra est venu s'abattre sur Paris, comme un immense oiseau de proie pour manger des morts, des hommes qui se croyaient habiles et qui étaient écoutés dans les conseils , furent d'avis de ne pas faire demander officiellement des prières publiques; et alors on parla aux populations alarmées de sachets de camphre, d'ablutions et de chlorure de chaux; mais de Dieu, pas un mot!

Aujourd'hui, il y a progrès, et nous n'avons montré le mal que pour faire voir que de meilleures pensées commencent à poindre; aujourd'hui, on ose de temps en temps prononcer le mot de Providence, et parfois même demander des Te Deum.

Nous, chrétiens, qui n'avons pas la main aux affaires publiques, nous n'en avons pas moins une sainte mission à remplir ; nous écrivons pour la gloire de Dieu et la paix du monde. Mais pour atteindre ce but, il faut qu'un Esprit-Saint nous anime, il faut que nos cœurs brûlent de l'amour du bien. II faut que la langue de feu ait brillé sur nos têtes , et que nous ayons ressenti quelque souffle nous venir du ciel; sans cela, nos efforts seraient vains, et nos paroles ne seraient pas comprises.

Mais si le père des pauvres (pater pauperum) est avec nous, ceux qui souffrent et qui pleurent, en nous lisant ressentiront quelque soulagement (in fletu solatium), et trouveront comme une main amie pour essuyer leurs larmes.

Si nous avons puisé à la source des dons célestes (dator munerum), nous pourrons soulager bien des misères. Si la lumière des coeurs (lumen cordium) a dardé sur
nous quelques-uns de ses divins rayons , un reflet d'en haut brillera sur nos pages.

Si le consolateur par excellence (consolator optime) a répandu en nous quelques-unes de ses joies ineffables, les infortunés viendront à nous comme à des amis. Si le doux hôte des âmes (dulcis hospes animae) s'est reposé chez nous, oh! il y aura de la paix et du calme dans nos pages, et nous serons, pour ceux qui arrosent de leurs sueurs les durs chemins de la vie, comme une suave brise rafraîchissante (dulce refrigerium) au milieu des ardeurs de l'été; comme le repos (in labore requies) pour l'ouvrier qui travaille depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher.

Avec l'aide de cet Esprit qui est descendu sur les apôtres au grand jour de la Pentecôte, nous pourrons peut-être laver (lava quod est sordidum) et faire disparaître ces taches et ces souillures que l'impiété a faites au monde: l'aridité (riga quod est aridum) que le scepticisme a étendue sur les sciences, les lettres et les arts, disparaîtra sous nos efforts. Le malaise (sana quod est saucium) qui fait languir les nations cessera, si nous sommes tous animés d'un seul et même esprit, d'un seul et même amour, l'amour du bien; l'amour du bien, c'est l'amour de Dieu.

A l'œuvre! hommes de bonne volonté, hommes de cœur, de savoir et de talent; à l'œuvre! Ce n'est pas pour rien que Dieu a fait descendre sur vos têtes la langue de feu! Ce n'est pas pour rien qu'il vous a accordé le don des langues, la puissance d'émouvoir et d'élever les cœurs.

Écoutez! n'entendez-vous pas comme le bruit d'un vent violent et impétueux? Oh ! je l'entends , moi ; mais cette fois il ne vient pas du ciel, il vient de la terre; ce sont les mauvaises passions déchaînées qui rugissent et qui hurlent... On dirait une tourmente qui approche...

Eh bien ! dans cette effrayante rumeur il y a de quoi s'inspirer. A l'œuvre donc! hommes de bonne volonté; à l'œuvre ! répandons dans la terre vierge qui est devant nous, répandons à pleines mains la bonne semence, les paroles sages et les principes purs, et cultivons si bien le champ qui nous a été confié, que lorsque la tempête et l'ouragan s'élèveront, rugiront, et viendront se ruer contre la terre, il y ait quelque chose qui résiste, que ce soit nos enseignements !

Autrefois c'était une belle et imposante cérémonie qu'une messe solennelle du Saint-Esprit; quand les parlements faisaient leur rentrée, quelque haut dignitaire de l'Église était prié, par les premiers présidents, de monter à l'autel, et d'implorer, pour les juges qui allaient reprendre leur place sur les fleurs de lis, les lumières de l'Esprit-Saint.

Alors, il était rassurant, il était majestueux de voit tous ces hommes vieillis dans le sacerdoce de la justice, revêtus de leurs longues robes rouges herminées, venir s'agenouiller humblement devant le Dieu qui juge les juges. Toutes ces lumières des tribunaux venaient implorer les lumières du Ciel; et le peuple, qui voyait ainsi la foi et la piété des juges établis sur lui, prenait de la confiance, et se disait : « Ils prononceront sur nos différends avec conscience; car ils ont invoqué Dieu, qui est, bien plus que les rois, source de toute justice.

Ces messes s'appelaient messes rouges, à cause des ornements des prêtres, qui étaient couleur de feu, et des robes rouges des hauts magistrats qui y assistaient. Le jour de la Pentecôte a été longtemps, en France, une grande solennité pour nos rois; car ils avaient appelé les splendeurs du Saint-Esprit en aide aux splendeurs de leur trône, déjà si rayonnant de gloire! Et chaque année, pendant l'octave de la Pentecôte, un chapitre solennel de l'ordre du Saint-Esprit devait être tenu.

Grande et imposante assemblée de rois, de princes, de chevaliers, de prélats, de grandeurs des cours, d'illustrations des armées, qui se réunissaient pour aviser aux intérêts de l'ordre, et pour chercher de grands mérites à honorer, ou de grands services qui n'eussent pas encore de récompense.

Quoique les évêques donnent la confirmation dans tous les temps de l'année, cependant la fête de la Pentecôte a toujours été regardée comme la plus convenable pour l'administration de ce sacrement.

Les évêques, par l'imposition des mains, renouvellent en quelque sorte le prodige de la descente du Saint-Esprit : ils le font descendre dans les cœurs purifiés, comme il est descendu dans les âmes des apôtres L'esprit qu'ils communiquent par le sacrement de la confirmation est le même que celui qui embrasa les disciples, esprit de foi et d'amour, de constance et de fortitude.

En sortant de leur retraite, les apôtres ne furent retenus par aucune crainte; leur ancienne pusillanimité s'était changée en courage; mille morts se seraient présentées à eux , qu'ils n'auraient pas reculé. Les chrétiens qui ont reçu les dons du Saint-Esprit, les chrétiens qui se relèvent de la confirmation, doivent être de même. Ils sont maintenant assez forts pour le combat.

Dans la chevalerie, quand les poursuivants d'armes avaient fait assez de preuves de vaillance, ils étaient reçus chevaliers, on leur chaussait l'éperon, et ils recevaient de leur parrain une brillante armure. Le néophyte peut être comparé au poursuivant d'armes : dans la confirmation, il a aussi été armé. Un casque, une cuirasse, un bouclier et une lance lui sont tombés du ciel; armes bénites, et que le fer de l'ennemi ne saura ni rompre, ni transpercer.

Un beau génie, un grand caractère, le Démosthène, le Cicéron du Christianisme, saint Paul, transporté par le Saint-Esprit, a décrit tous les dons que les apôtres et les disciples reçurent d'en haut, au moment où la langue de feu s'arrêta sur leurs tètes; dons qui ne se bornaient pas à eux, mais qu'ils transmettaient par l'imposition des mains, et qui sont restés dans les trésors de l'épiscopat, pour être répandus, par les évêques, sur nous et sur nos enfants.

Il y a des munificences que les siècles épuisent (ils dessèchent bien les plus grands fleuves). Mais il y a des sources qui ne peuvent tarir : ce sont celles de la grâce, pour ces eaux vives qui découlent du ciel ; il n'y a ni ardeurs, ni sécheresses capables de les arrêter; la main de Dieu, les blanches ailes des anges s'étendent sur elles, et leur gardent l'abondance et la fraîcheur.

Saint Paul dit : qu'il faut ranger parmi les dons extérieurs que l'Esprit-Saint a répandus sur les apôtres et les disciples : « Le langage de la sagesse et la science des vérités sublimes de la révélation, avec le talent de les propager; la parole de science, ou la faculté d'interpréter le sens mystique et voilé des saintes Écritures; La foi, qui donne le courage au milieu des dangers et des tourments; le don de guérir par des moyens surnaturels; le don de chasser les démons et de ressusciter les morts, et de faire , au nom de Dieu , des choses hors du cours de la nature ; le don de prophétie; le don de savoir discerner les esprits, ou de juger si ceux qui se disent inspirés sont en effet éclairés des lumières du Saint-Esprit, ou s'ils ne sont que des imposteurs ; une sagacité surnaturelle qui fait démêler les subtilités de Satan d'avec les impulsions divines; une prudence qui assigne à chacun la place, l'office ou la fonction qu'il peut remplir dans l'Église. Le don des langues, ou l'aptitude subite à parler différentes langues sans les avoir apprises; et enfin, le don d'interpréter les langues : car les uns pouvaient les parler sans pouvoir les traduire , et les autres pouvaient les entendre sans pouvoir les parler. »

Ces dons si prodigieux, si surnaturels, durent rencontrer plus que de la surprise dans le grand concours des différents peuples que la soleil ni té de la Pentecôte avait attirés à Jérusalem ; car il y a eu dans tous les temps et il y aura toujours des hommes orgueilleux qui s'irriteront contre ceux qui sont au-dessus d'eux , qui chercheront à déverser du ridicule sur tout ce que leur esprit ne peut ni comprendre ni expliquer; aussi, dans la multitude qui voyait le saint enthousiasme des apôtres , et qui écoutait leurs paroles inspirées, il y avait des incrédules, des esprits forts du temps, qui disaient : Ces Galiléens sont ivres, c'est le vin qui les fait parler ainsi.

Oh! que de gens encore qui ressemblent à ces sceptiques de la Judée ! gens au cœur froid et à l'imagination endormie ; gens qui , ne ressentant rien d'élevé, croient que tout végète terre à terre ; âmes glacées qui ne veulent pas croire au feu ; tristes oiseaux de nuit , qui ne comprennent pas l'amour de l'aigle pour le soleil.  Oh! tout homme qui a un peu vieilli doit avoir rencontré sur son chemin bien de ces gens, qui s'en vont répétant à ceux qui ont de la chaleur et de l'enthousiasme ce que les incrédules de Jérusalem disaient des disciples inspirés : Ils sont ivres!

Depuis dix-huit siècles, bien des races ont péri ; mais celle-là n'est pas éteinte ; elle subsiste au milieu de nous, pour douter, railler et insulter encore.

Nous lisons dans le Traité des Fêtes mobiles: Saint Luc dit que les apôtres se tenaient, en attendant le Saint-Esprit, dans une chambre haute; et le terme qu'il emploie dans les Actes des apôtres, signifie la partie la plus élevée de la maison. Le toit des édifices, dans la Palestine, étant plat, la chambre la plus haute était la plus grande comme la plus retirée.  Les juifs avaient leurs oratoires particuliers dans cette partie de leurs demeures, appelée alijoth. Daniel avait son alijoth où il avait coutume de prier, et que les Septante traduisent par chambre haute. Telle était celle où saint Paul prêchait à Troas, lorsqu'il ressuscita le jeune Eutychus, qui, accablé de sommeil, était tombé du troisième étage ; et telle était probablement aussi celle où les apôtres s'étaient réunis après l'Ascension.

Quelques-uns ont pensé que la chambre où se rassemblaient les apôtres était située au-dessus du Temple; il est certain qu'il y avait des appartements dans la partie supérieure de ce vaste édifice. Josèphe nous dit qu'Esdras s'assit dans une chambre haute du Temple , avec les pères du peuple.

Comment de pauvres pêcheurs, comment des Galiléens, devenus odieux à cause de leur maître, auraient-ils pu occuper une de ces salles? Saint Luc , d'ailleurs , fait assez entendre que leur cénacle n'était pas au temple, puisqu'il dit : « Que Pierre et Jean montèrent au Temple à l'heure de la prière, et que les disciples rompaient le pain de maison en maison.»

Baronius, Jansenius, Canisius, Lorinus, Menochius et autres écrivains érudits, prétendent que c'était dans la maison de Marie, mère de Jean et Marc, que se tenaient les premières assemblées. L'impératrice Hélène fit bâtir une basilique au lieu même où avait été cette maison, qui avait servi d'église aux apôtres, et qui avait été consacrée par les apparitions du Sauveur et par la descente du Saint-Esprit.

Ce temple, élevé par la pieuse mère de Constantin, ayant été détruit par les infidèles, une reine de Sicile l'a fait reconstruire : je ne sais s'il en existe vestige aujourd’hui.

En parlant des hymnes de la solennité de la Pentecôte, j’ai cité le Veni Sancte Spiritus; un pape, Innocent III selon plusieurs biographes, a composé cette belle prière. D'autres savants prétendent que son auteur est un saint moine nommé Notker; ils ajoutent qu'ayant envoyé son œuvre à Charles le Gros, il reçut en retour le Veni Creator, que la piété avait inspiré au prince. En ce temps-là, les rois ne croyaient pas déroger en louant Dieu ; Robert le Pieux a écrit plusieurs prières que l'Église répète encore aujourd'hui ; l'hymne de l'Ascension : Rex omnipotens, die hodierna, est de lui. Ainsi , des voix s'élevaient du silence des cloîtres et de l'agitation des cours, de l'humble cellule et du somptueux palais, pour rendre hommage au Dieu du cénobite et du puissant monarque , et pour implorer cet Esprit-Saint qui inspirait David dans les splendeurs de Sion, et Elie dans sa grotte du Carmel .

Source: Tableau poétique des Fetes chrétiennes - Vicomte Walsh - 19 eme siècle.


Veni Sancte Spiritus: Hymne au St-Esprit




La Fête de la Pentecôte au Moyen-Âge

Le roi tenait souvent une cour de chevalerie - De nouveaux chevaliers étaient assermentés - Messes - cérémonies - tournoi - repas - danses et fêtes.


















MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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