Fête de la Sainte-Trinité

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Fête de la Sainte-Trinité

Message par MichelT le Dim 11 Juin 2017 - 14:27

Le vrai Dieu, un dans la Trinité, et Trinité dans l`Unité, Venez, adorons-le.


Hymne Iam sol recedit igneus: Voici que s`en va le soleil de feu; o toi, lumière éternelle, Unité, Trinité bienheureuse, verse l`amour en nos cœur.




La  Sainte-Trinité

Source: Tableau poétique des Fêtes chrétiennes par le Vicomte Walsh - 19 eme siècle.


La sainte Trinité a été invoquée sur nous à notre naissance. La sainte Trinité sera invoquée sur nous à notre mort. Aux fonts baptismaux , le prêtre nous a dit : Au nom
du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, allez et marchez dans la vie.
Aux portes de la tombe , quand nous serons étendus défaillants sur notre lit d'agonie, le prêtre nous dira : Partez, âme chrétienne, au nom du Père qui vous a créée, au nom du Fils qui a souffert pour vous, au nom du Saint-Esprit qui vous a sanctifiée!

Ainsi, c'est entre deux invocations à la Trinité que la religion a placé tous les jours de l'homme; et comme ces jours, semblables à des flots qui s'égarent, auraient pu perdre de leur pureté en ne coulant plus sous les yeux de Dieu , le catholicisme a voulu que le souvenir de la Trinité nous revînt, non-seulement dans toutes les circonstances graves de la vie, mais encore souvent dans la même journée.

Les sacrements qui se trouvent entre le baptême et l'extrême onction sont tous administrés au nom de Dieu en trois personnes, et l'Église tient tellement à ce que les chrétiens ne perdent pas de vue ce mystère, qu'elle le mêle à ses prières du matin et du soir, à ses prédications, à ses hymnes et à son sacrifice. Sur la terre elle répète :
Gloire au Père, gloire au Fils, gloire au Saint-Esprit! comme les Séraphins, dans leurs éternelles extases, répètent: Saint! saint! saint! le Dieu des armées! Gloire
au plus haut des deux!

Le Gloria patri, c'est l'hosannah des hommes, l'hymne sans fin de ce monde.

Musique: Gloria Patri de Handel



Le grand mystère de la Trinité écrase tellement l'esprit, que, pour en parler avec convenance, il faut se servir des paroles que les saints ont dites avant nous ; sans
cette prudence, vous courez risque de vous égarer. La gloire de Dieu en trois personnes vous éblouit et vous trouble ; aussi nous, profanes, nous bornerons-nous à répéter l'admirable symbole de saint Athanase ; le voici dans toute sa sublime simplicité.

«La foi catholique consiste à adorer un Dieu en trois personnes, et trois personnes en un seul Dieu. Sans confondre les personnes, sans séparer la substance. Car, autre est la personne du Père, autre est la personne du Fils, autre est la personne du Saint-Esprit. Mais la divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit est une ; leur gloire égale leur coéternelle majesté. Tel qu'est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit. Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé. Le Père est immense, le Fils est immense, immense est le Saint-Esprit. Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel.

Et néanmoins ce ne sont pas trois éternels, mais un seul Éternel. Comme aussi ce ne sont pas trois incréés, trois immenses, mais un seul immense, un seul incréé. De même le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, le Saint-Esprit est tout-puissant. Ainsi, le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu. Ainsi, le Père est le Seigneur, le Fils est le Seigneur, le Saint-Esprit est le Seigneur. Car, ainsi que la vérité chrétienne nous oblige de reconnaître et de confesser que chacune des trois personnes est Dieu et Seigneur, aussi la religion catholique nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs. Le Père n'a été fait, ni créé, ni engendré d'aucun autre. Le Fils n'a été fait, ni créé, mais engendré du Père seul. Le Saint-Esprit n'a été ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède du Père et du Fils. Il n'y a donc qu'un seul Père, et non trois Pères ; un Fils, et non trois Fils; un Saint-Esprit, et non trois Saints-Esprits.  Et, dans cette Trinité , il n'y a ni plus ancien, ni moins ancien ; ni plus grand, ni moins grand ; mais les trois personnes sont coéternelles et égales entre elles. De sorte qu'en tout, comme il a été dit, on doit adorer l'unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'unité.»

Quand saint Athanase a écrit ces paroles, il était inspiré de la lumière d'en haut; aussi l'Église, qui veut que le dogme de la sainte Trinité reste immuable parmi-nous, fait un devoir aux prêtres de répéter ce symbole tous les dimanches. Si nous imposons silence à nos sens, dit Bossuet, et que nous nous renfermions pour un peu de temps dans notre âme, c'est-à-dire dans cette partie, où la vérité se fait entendre, nous y verrons quelque image de la Trinité que nous adorons. La pensée, que nous sentons naître comme le germe de notre esprit, comme le fils de notre intelligence, nous donne quelque idée de Dieu, conçu éternellement dans l'intelligence du Père céleste. C'est pourquoi ce Fils de Dieu prend le nom de Verbe, afin que nous entendions qu'il naît dans le sein du Père, non comme naissent les corps, mais comme naît dans notre âme cette parole intérieure que nous y sentons quand nous contemplons la vérité.

Voilà, s'écrie Chateaubriand, un assez beau commentaire à propos d'un seul mot de la Genèse: Faisons l'homme. En vérité, n'est-ce pas pitié que d'entendre des hommes qui n'ont médité que le plaisir, des imaginations qui ne sont nourries que de pensées de cuivre et d'argent, que de lucre et de négoce ; n'est-ce pas pitié de les entendre rire et se moquer des mystères du christianisme, quand des génies comme ceux de Tertullien et de Bossuet se sont arrêtés à contempler, à admirer leur grandeur et leur sublimité!

Saint Ambroise, Origène, saint Augustin, en écrivant sur le dogme de la sainte Trinité, n'hésitent pas à dire que les saints patriarches avaient connaissance de ce mystère. Et en effet, eux qui étaient assez purs, assez saints, assez rapprochés de Dieu pour converser avec lui, ne devaient rien ignorer de sa grandeur.





Mais arrêtons-nous avec respect devant ces impénétrables profondeurs. S'il est donné aux anges de contempler face à face le triangle de feu qui resplendit au plus haut du ciel; si, ainsi que l'aigle qui va regarder de près le soleil, ils peuvent soutenir tant de splendeur et d'éclat sans mourir ; à nous, il n'appartient pas de nous élever si haut, et c'est dans la poussière que nous adorons.

Je me souviens d'une histoire qui m'a été racontée il y a bien longtemps, car j'étais encore au collège à Stonyhurst, dans le nord de l'Angleterre ; là, ceux qui nous enseignaient avaient un art merveilleux pour se faire écouter par des enfants, alors même qu'ils parlaient des choses les plus graves et les plus sublimes.

Un saint docteur, un homme qui avait cherché la solitude pour pouvoir se livrer, loin de tout bruit et de toute distraction, à la prière et à la méditation, un jour se promenait seul sur les bords de la mer; là, livré à ses graves pensées, tantôt il regardait le ciel, tantôt il portait ses yeux sur l'immensité des flots.

La vue du ciel avec son azur et ses nuages, la vue de la mer avec son mouvement et ses vagues, sont deux grands aspects qui plaisent aux âmes méditatives; il y a de l'infini dans ces deux spectacles, et l'infini mène à Dieu . Ce qui préoccupait le saint dans sa promenade solitaire, c'était le mystère de la Trinité. Accoutumé dans sa retraite aux plus profondes méditations, bien des choses qui nous arrêteraient n'étaient plus des obstacles pour lui. La sainteté de sa vie et l'habitude de la prière lui avaient, pour ainsi dire, donné des ailes qui l'emportaient souvent dans de hautes régions... Aussi, ce jour-là, manquant d'humilité, il ne recula pas devant le plus impénétrable des mystères; il crut que le savoir humain pourrait comprendre le Dieu en trois personnes et expliquer la Trinité... Pensée d'orgueil!

Il s'était dit : Mon génie va me révéler ce qui n a pas été appris aux autres Hommes; moi, créature, je vais mesurer le Créateur... Déjà, par les idées qui se succédaient lucides et claires dans son esprit, il croyait se faire comme des échelons pour aller voir dans le ciel les mystères sacrés. Mais tout à coup comme des vertiges lui vinrent, et, renonçant à regret à monter si haut, humilié, il regarda la terre...

Alors, à quelques pas de lui, il aperçut tout à coup un jeune et joli enfant assis sur le rivage. Cet enfant avait creusé près de lui un trou dans le sable, et chaque fois que la vague arrivait à ses pieds, avec une coquille rose et nacrée, il prenait de l'eau de la mer et la versait dans le creux qu'il avait fait avec ses petites mains. Le sable buvait cette eau. Mais à la prochaine vague, il en prenait d'autre, et toujours ainsi

Le saint, après l'avoir examiné longtemps, lui dit : «Mon enfant, que faites-vous là? je vous vois tout en sueur; quel est ce jeu? A la constance que vous y mettez, on dirait un travail que vous vous êtes imposé.
— Aussi est-ce un travail, répliqua l'enfant sans discontinuer.
— Et quel est ce travail?
— Je veux vider la mer.
— Vider la mer! où mettrez-vous ses eaux?
— Dans ce creux que j'ai fait là.
— Mon enfant, reposez-vous, votre travail est folie.
— Folie! repartit l'enfant, moins folie que le travail
que vous faisiez tout à l'heure dans votre pensée...
— Comment?
— Oui , tout à l'heure vous cherchiez à comprendre le mystère de la Trinité, et, en vérité, je vous le dis, j'aurai plus tôt vidé la mer et mis toutes ses eaux dans le creux que j'ai fait là; j'aurai plus tôt compté tous ces grains de sable, tous ces débris de coquillages qui bordent l'Océan et que roulent les vagues, que vous n'aurez conçu le mystère que, dans votre orgueil, vous prétendiez expliquer.

Après ces mots, le jeune enfant déploya deux petites ailes qui jusqu'alors étaient restées invisibles, et, s'élevant du rivage, remonta au ciel. Le solitaire s'humilia alors, et se prosterna à la place où il avait vu le chérubin, et adora avec foi et simplicité de cœur.




L'office du dimanche de la Trinité, les prêtres chantent à la procession : Seraphim clamabant alter ad alterum : Sanctus, sanctus, sanctus Dominus Deus exercituum !
Plena est omnis terra gloria ejus. Tres sunt qui testimonium dant in coelo : Pater, Verbum et Spiritus sanctus! Et hi tres unum sunt. »

Les séraphins ( Les Anges les plus puissants de la première hiérarchie des milices célestes) chantaient et se répondaient entre eux : Saint, saint, saint le Seigneur Dieu des armées! Toute la terre est remplie de sa gloire. Ils sont trois dans le ciel qui rendent témoignage : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois ne sont qu'un.

« 0 Seigneur notre Dieu! que tu es admirable ! Tu t'asseois sur les chérubins, et tu vois jusqu'au fond des abîmes. Sois loué dans le firmament, et jusqu'à la fin des siècles !  Dieu trois fois saint! Dieu trois fois puissant! incompréhensible Trinité; lumière éclatante, éternelle ; unité toujours vraie; vérité toujours une; charité toujours la même, soyez louée et bénie ! vous êtes la joie des anges et des hommes.» « Vous êtes environnée de nuées impénétrables ; vous habitez une lumière inaccessible; les archanges et toutes les milices ailées des cieux vous adorent; les dominations, les vertus, les puissances tremblent en votre présence, ô Seigneur trois fois saint! »

L'évangile de ce jour investit les apôtres de leur grande mission. En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : «Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre : allez donc et instruisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai commandées ; et soyez assurés que je serai moi-même avec vous jusqu'à la fin des siècles. »




Trèfle irlandais

Le jour commémoratif de cette mission donnée par le Sauveur à ses apôtres devait être célébré par l'Église, car c'est l'évangile de ce jour qui lui donne le monde : «Allez et instruisez tous les peuples, je serai avec vous jusqu'à la fin des siècles! » Quelle grande investiture et quelle consolante promesse !

Un évêque de Liège, Etienne, dès l'année 920, avait composé un office en l'honneur de la sainte Trinité. Le concile d'Arles ordonne, en 1620, la célébration de la fête de la Trinité; mais ce ne fut qu'au quatorzième siècle, sous le pontificat de Jean XXII, que cette solennité devint générale dans toute la chrétienté.

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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