Poésie sur la Charité - Montréal - 1861

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Poésie sur la Charité - Montréal - 1861

Message par MichelT le Ven 1 Sep 2017 - 3:13

POÉSIE.



LA CHARITÉ.

Amis, lorsqu'en ces temps de misère profonde,
On recueille partout les mille bruits du monde
Avec avidité ;

Dans mon cœur un seul mot d'une vertu divine,
Retentit au milieu des clameurs qu'il domine :
charité ! charité !

Votre égoïsme, en vain, veut chasser l'infortune
Qui trouble vos plaisirs de sa voix importune,
Et pleure à vos genoux !

Philanthropes rêveurs, vous la verrez renaître :
Car vous aurez toujours, a dit le divin Maître,
Des pauvres parmi vous !

Des pauvres ! pour qu'au sein de vos brillantes fêtes,
Vous conserviez toujours suspendu sur vos têtes
Le glaive du malheur ;

Et pour que vous ayez cette image chagrine,
Toujours auprès de vous, comme une rude épine.
A côté de la fleur !

Pour que, l'esprit frappé de leur triste passage,
Vous vous disiez tout bas : notre pèlerinage
N'est autre que le leur!

Et nos palais dorés, comme leur humble tente,
Ne sont ici dressés que dans la même attente
D'un avenir meilleur!

Dans le code divin qui gouverne la terre,
Une loi m'apparaît immuable et sévère :
C'est l'inégalité;

L'on voit partout la force unie à la faiblesse,
Et de cette union découlent la richesse
Et la fécondité!

Ainsi Dieu l'a voulu, pour que dans la nature
La tâche fût laissée à chaque créature
D'achever son dessein ;

Et que, par le concours de sa volonté libre,
Chaque homme pût servir au parfait équilibre
De cet ordre divin.

Vit-on jamais en vain la fertile campagne
Réclamer le tribut des eaux que la montagne
Recelle dans ses flancs?

Vit-on le beau soleil refuser à la terre
Son utile chaleur ? Vit-on la tendre mère
Manquer à ses enfants ?

Oh ! ne faudrait-il pas avoir un cœur de pierre,
Pour détourner la tête et dire à la misère :
Va, passe ton chemin !

Dans les trésors publics j'ai porté mon offrande ;
On saura bien ailleurs écouter ta demande,
Et te tendre la main!

Non, non ! l'esprit chrétien d'un tel don n'a que faire,
Il faut que le puissant offre au pauvre, son frère,
Un cordial appui.

Il faut que, non content de donner son obole,
Il lui porte de plus le pain de la parole,
Et le rompe avec lui !. . .

Quand, pour résoudre enfin cet effrayant problème,
Chacun vient à l'envi présenter son système,
Chrétiens, il faut agir!

Par les moyens humains la tâche est difficile ;
Mais à guérir nos maux la loi de l'Évangile
Peut seule réussir !. . .

J. Blanchon.
Source : L`Écho du Cabinet de Lecture Paroissiale – Montréal – Bas-Canada – 9 février 1861



MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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