Fête de la Nativité de la St-Vierge ( 8 septembre)

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Fête de la Nativité de la St-Vierge ( 8 septembre)

Message par MichelT le Ven 8 Sep 2017 - 12:16

La Nativité de la St-Vierge ( 8 septembre)

Source : tableau poétique des fetes chrétienne – Vicomte Walsh – 19 eme siècle.


Depuis le péché d'Adam , et par suite de ce péché, depuis la malédiction qui alors tomba sur l'homme et sur toute sa postérité, la naissance des enfants d'Ève n'est plus que leur entrée dans une vallée de larmes, dans une terre de misère, dans une région de douleurs, de ténèbres et de mort.

Aussi l'Église catholique, cette inspirée de Dieu, n'a pour la naissance temporelle ni cérémonies saintes, ni accents d'allégresse, ni cantiques de joie. Pour elle, la vraie naissance c'est celle du baptême, celle qui nous fait enfants de Dieu, membres du Christ et héritiers du ciel , c'est celle par laquelle nous passons de la mort du péché à la vie de la grâce. C'est encore celle par laquelle les saints, sortant de ce monde, entrent dans la vie véritable, dans cette vie sans fin où il n'y aura plus ni souffrances, ni mort.

Le dernier soupir du juste, le jour pour lui si beau où, secouant les chaînes de notre mortalité, il s'élance dans le sein de Dieu, voilà ce que l'Église appelle son jour natal, natalis, le jour de sa naissance à l'éternelle vie des cieux, le jour de son entrée dans la sainte Sion, dans la cité permanente. Et voilà aussi pourquoi elle n'honore généralement dans la vie des saints que le jour de leur mort.




Cependant, trois fois chaque année elle nous appelle près d'un berceau; mais, hâtons-nous de dire que ces berceaux autour desquels la joie nous réunit, le péché ne les souille point, le démon (l`ange déchu) n'y fait point sentir son souffle empoisonné. A Noël, dans la saison des neiges, des glaces et des souffrances du pauvre, c'est auprès du berceau divin de l`étable de Bethléem, près du berceau de l'Emmanuel Fils de Dieu dans l'éternité, et fils de l'homme dans le temps, que l'Église rassemble la multitude de ses enfants.

Plus tard, dans les plus longs jours de l'été, quand les moissons sont déjà jaunies par l'été, quand elles tombent déjà sous le tranchant de la faucille, les cloches retentissent ; c'est la nativité de Jean le précurseur, du prophète, de l'ange du nouveau Testament, du plus grand des enfants des femmes, de celui dont Dieu a fait dire qu'un jour la multitude se réjouira de sa naissance.

Aujourd'hui que l'été a dépouillé nos champs et séché les feuilles de nos arbres, au moment où la vigne va nous donner son fruit, et que la Providence fait mûrir sur nos coteaux le vin du sacrifice, les cloches s'agitent encore, et c'est encore une naissance que notre foi va honorer, c'est celle de Marie, celle de l'enfant incomparable que Dieu destine à devenir la mère du Saint des saints.

Mais auprès du berceau de ce saint par excellence, si je vois de la pauvreté, de l'abandon, du dénuement, je vois aussi de pieux bergers en adoration, je vois des anges environnés d'un éclat tout céleste, je vois des rois, des mages venus de l'Orient avec l'or, l'encens et la myrrhe.


St-Anne et St-Joachim a la naissance de la St-Vierge Marie

Près du berceau de Jean-Baptiste se groupent à la fois et un archange qui est un des esprits assistants devant Dieu, et un saint Zacharie de la race d'Abia, la plus excellente des races lévitiques, et une sainte Élisabeth de la tribu d'Aaron, aussi distinguée, dans la tribu de Lévi que la tribu de Lévi était elle-même élevée parmi les tribus d'Israël.

L'apparition soudaine de l'ange Gabriel au côté droit de l'autel, alors que Zacharie exerçait la plus pure des fonctions sacerdotales en faisant brûler l'encens sur l'autel des parfums, l'émotion de tout un peuple qui attend avec anxiété, avec inquiétude, que le sacrificateur ait achevé son auguste et sacré ministère, le trouble dont est saisi Zacharie à la vue de l'ange, les promesses de cet ange, les hautes et sublimes destinées réservées au fils qu'il annonce, la punition du vieillard qui perd l'usage de la parole, et qui reste muet parce qu'il n'avait pas sur-le-champ ajouté foi à ce que lui annonçait le messager de Dieu, la conception miraculeuse d'une femme âgée et regardée généralement comme stérile, le tressaillement de Jean-Baptiste dans le sein de sa mère à la voix de Marie, l'affluence des voisins, des parents, qui accourent en foule pour recevoir dans leurs bras l'enfant d'Élisabeth, la joie, l'admiration et les exclamations de tous, les cris : Que pensez-vous que sera cet enfant, car la main du Seigneur est visiblement avec lui, le miracle qui rend soudainement à Zacharie et la parole et l'ouïe, et le cantique de ce sacrificateur touchant le règne du Christ, qui déjà était venu, et qui bientôt allait paraître ; toutes ces circonstances extraordinaires, merveilleuses , relèvent, rehaussent et ennoblissent singulièrement le berceau et la naissance de saint Jean.

Mais, rien de tout cela ne se voit à la naissance de Marie. Elle a été, il est vrai, annoncée dès le commencement comme devant écraser la tête du serpent; elle a été, il est vrai, figurée en mille manières. Ève, Sara, Débora, Judith, Esther, la mère de Salomon, l'épouse des Cantiques, et l'arche d'alliance faite d'un bois incorruptible et revêtue d'un or pur au dedans et au dehors, et la colombe de Noé portant le rameau d'olivier, symbole de la paix et de la fin du déluge, et le buisson ardent qui brûle sans se consumer, et le faible et léger nuage qui, petit dans le principe comme le pied d'un homme, produit ensuite une grande pluie ; toutes ces figures, et beaucoup d'autres, étaient l'annonce et l'emblème de la Vierge à laquelle était réservé l'honneur de concevoir et d'enfanter sans cesser d'être vierge.


St-Anne apprenant a la St-Vierge Marie a lire

Oui , s'écrie avec son esprit et sa grâce accoutumée l'éloquent abbé de Clairvaux, « c'est elle que figurait cette verge sacerdotale d'Aaron qui fleurit sans avoir de racines, cette toison de Gédéon que la rosée trempa seule au milieu d'une aire sèche, cette porte orientale que vit Ézéchiel et qui jamais n'avait été ouverte pour personne. C'est elle enfin qu'Isaïe surtout annonçait tantôt comme le rejeton qui devait sortir de la tige de Jessé, tantôt et plus clairement encore comme la vierge qui devait enfanter. »

L'Ancien Testament est plein d'elle! et pourtant, quand elle paraît, rien de plus caché que son berceau, rien de plus obscur que sa naissance, rien de plus inconnu que le jour, que le lieu où elle vint au monde. Aucune des circonstances qui accompagnèrent sa naissance ne nous a été révélée. Le nom même de ses parents ne nous est pas certainement connu.

L'Évangile se tait sur eux. Et pourquoi ce silence ? pourquoi cette mystérieuse obscurité? Ah ! c'est qu'il entrait dans les desseins adorables de Dieu que tout fût humble, modeste dans la naissance, dans la vie comme dans la mort de Marie. On ne la voit paraître dans l'histoire évangélique que là ou elle est en rapport direct et immédiat avec le Christ, dans l'incarnation, dans la Visitation, dans la naissance du Sauveur, dans la fuite en Égypte, à Cana et sur le Calvaire.

C'était une fleur qui ne devait s'épanouir qu'à l'ombre, une perle qui devait être déposée sur notre terre sans que les hommes sussent ni par qui ni comment, un astre qui ne devait se faire apercevoir, briller et resplendir, que lorsqu'il serait mis en rapport avec le soleil. Dans cette existence à part, tout est grand et tout est humble. Et pourtant nous entendons l'Église s'écrier aujourd'hui : Quelle est cette enfant qui s'avance radieuse comme l'aurore naissante, belle comme la lune, éblouissante comme le soleil , terrible et redoutable comme une armée en bataille? Mais cette beauté, cette force, sont tout intérieures.

L'éclat de la fille du Roi est tout entier dans les vertus, dans les grâces qui ornent son âme. Rien de plus poétique que les noms que l'Église donne à la Vierge, rien de plus ingénieux que les emblèmes sous lesquels l'Église envisage, honore et salue la Vierge. Dans le style de la liturgie, qui est celui de la Bible, Marie est le temple bâti en l'honneur du Très-Haut, le trône du sage Salomon, la ville de la vérité, la montagne sacrée, la montagne du Dieu des armées; Marie est le miroir de la justice, le siège de la sagesse, le vaisseau d'honneur et de choix; Marie est la rose mystique et le lis parmi les épines ; elle est aussi la tour d'ivoire, la maison d'or, l'étoile du matin et la porte du ciel.

Et, en effet, la Sainte Vierge est tout cela pour les chrétiens. Écoutons les chants de l'Église au jour de la Nativité de cette Vierge bien-aimée ; voici l'hymne du matin : Céleste aurore, mère et fille tout à la fois du Soleil de justice, qu'il est beau, qu'il est heureux pour nous le jour que votre naissance fait éclore !

« Ce divin Soleil vous revêt de sa lumière, la lune est sous vos pieds, et sur votre tête auguste brille une couronne de douze étoiles. Les chœurs des anges, tous les esprits bienheureux forment votre cortège, et l'Esprit saint par lequel vous devenez mère vous environne de toute sa divinité. Telle qu'une armée puissante, vous êtes, Vierge sainte, la terreur de nos ennemis, et Dieu, en vous couvrant de son ombre, vous rend formidable à tout l'enfer. Vous écrasez la tête du serpent qui nous avait infectés de son poison ; désormais sa rage est impuissante; il ne se relèvera pas du coup mortel dont vous l'avez, frappé. »



Et à la messe : « Qu'heureux est le jour de votre naissance, ô Vierge qui devez enfanter un Dieu sauveur! jour tant désiré de nos pères, tu brilles, enfin sur nous! Nous gémissions dans une nuit profonde. Voici l'aurore qui nous amène le vrai Soleil! 0 Marie! que tous les peuples vous proclament bienheureuse ! Qu'ils vous appellent l'arche de la nouvelle alliance; le temple que doit remplir toute la Divinité, la nouvelle Ève qui réparera avec avantage le mal que nous fit la première. Ève rendit ses enfants esclaves du démon ; par vous nous renaissons enfants de Dieu ; Ève fut la cause de notre mort, et vous nous donnez le salut. »

Il y a près de douze cents ans que cette fête se célèbre solennellement dans l'Église romaine, puisqu'en l`an 688 le pape Serge avait lui-même désigné les homélies et les litanies qu'on y devait dire, et qu'il la mit au nombre des quatre fêtes de la Vierge auxquelles il ordonnait que la procession des fidèles partirait de l'église de Saint-Adrien pour aller faire la station et l'office à celle de Sainte-Marie.

En France, la Nativité de la Sainte Vierge fut longtemps appelée Angevine, parce que la ville d'Angers fut une des premières du royaume qui la célébra. Les habitants de l'Anjou ont conservé une grande dévotion à la Sainte Vierge, et aucune loi, aucun concordat n'ont pu les empêcher de chômer ses fêtes ; dans l'Anjou, comme dans le Poitou, comme dans la Bretagne, les soldats des armées catholiques et royales allaient affronter les balles républicaines avec le sacré cœur de Jésus sur la poitrine et le chapelet au cou.

L'obligation de la chômer paraît aussi établie dès le dixième siècle en Angleterre, où elle s'est maintenue avec grande solennité jusqu'au temps du schisme. Les protestants l'ont retranchée de leur liturgie ; mais ils en ont retenu le nom dans leur calendrier réformé. En Orient, saint Jean de Damas disait dans le huitième siècle: « Peuples, accourez; accourez, hommes de tout âge, de toute langue, de toute condition et de tous les pays du monde. Célébrons tous avec joie l'heureux jour où commence notre félicité ; célébrons avec des transports d'amour la naissance de la Mère de Dieu qui, par son Fils, a procuré le rétablissement du genre humain Aujourd'hui naît une vierge qui sera la porte céleste par laquelle le Très-Haut, le Dieu-Homme entrera dans le monde. Aujourd'hui s'élève de la tige de Jessé un rejeton qui produira, par la vertu d'en haut, cette divine fleur qui sera le salut des hommes. »

Jetons donc, jetons des fleurs sur le berceau de Marie.... Et vous, belle fleur de Jessé, jetez, jetez à votre tour vos racines en nos coeurs : In electis mitte radices.



hymne à la Très Sainte Mère de Dieu Marie : choeur "Saint Siméon" Église Saint Sava de Paris sous la direction de Nana Péradzé



Dernière édition par MichelT le Sam 6 Jan 2018 - 2:38, édité 2 fois

MichelT

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Re: Fête de la Nativité de la St-Vierge ( 8 septembre)

Message par Rémi le Ven 8 Sep 2017 - 15:16

Bonne fête de la Nativité de notre sainte Mère la Vierge Marie à toi Michel et à tous les membres et visiteurs du forum Arche de Marie.

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Re: Fête de la Nativité de la St-Vierge ( 8 septembre)

Message par Lys le Ven 8 Sep 2017 - 15:55

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Marie Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen
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Re: Fête de la Nativité de la St-Vierge ( 8 septembre)

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