LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690

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Message par MichelT le Dim 1 Oct 2017 - 20:22

LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT

Paris 1690  ( extraits)

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J'ai lu ce Manuscrit qui porte pour titre les Heures de la journée Chrétienne, ou sont les Voies du Salut, En Sorbonne ce 8 Juillet 1692 -
signé , PIROT. Approbation des Docteurs en Théologie de la Faculté de Paris.

Table des matières

Prières du Matin et du Soir
Règle et maximes pour toute les actions de la journée
Explication du CREDO de la Foi
Explication de la prière le Notre-Père
Explication des 10 Commandements de Dieu
Explication des Sacrements de l`Église (Baptême- Confirmation – Mariage – Pénitence – Eucharistie – Extrême-Onction – Sacrement de l`Ordination religieuse)





PRIERES DU MATIN ET DU SOIR.

EXERCICE DU MATIN.

INSTRUCTIONS.

1-En s' éveillant.

Le réveil d'un Chrétien est bien moins pour le remettre dans l'exercice ordinaire de ses sens avec les hommes, que pour lui rendre l'usage actuel de sa foi avec Dieu. II est donc important qu'au moment que les yeux du corps s'ouvrent à la lumière sensible, ceux de l'âme s'ouvrent en même temps aux lumières spirituelles et divines; et que le Chrétien se souvienne que Dieu, lui rendant la vie, que le sommeil , qui est l`image de la mort, lui avait ôtée; il doit la lui consacrer entièrement, et s'offrir à lui de tout son cœur , pour employer à son service l'être, la vie, et la capacité qu'il peut avoir, en regrettant d'y avoir manqué jusqu'à présent , et se proposant chaque jour une fidélité nouvelle
et inviolable. Combien y a-t-il de Chrétiens donc le corps est éveillé longtemps avant l'âme; c'est-à-dire,  qui ont fait plusieurs actions corporelles, et qui se sont entretenus avec le monde, avant que d`avoir fait une seule élévation de cœur à Dieu?

Dans ces premiers moments du réveil, où la raison n'a pas encore une pleine connaissance de ce qu'elle sait, l'âme se laisse aller du côté de sa plus forte inclination. Ceux qui aiment le monde et les créatures plus que Dieu, sont premièrement remplis des pensées du monde; ceux qui aiment Dieu plus que les créatures, se trouvent occupés tout d'abord des pensées de Dieu. L'exemple d'un avare est pour nous un grand sujet de confusion; la passion d`amasser des richesses périssables le réveille la nuit, le fait lever de grand matin, et le hâte de s'appliquer au travail, sans lui permettre ni repos, ni divertissement, occupant dès qu'il s'éveille toutes ses pensées et toutes ses affections.

Notre âme n'est-elle pas obligée d'aimer Dieu plus ardemment que cet homme n'aime ses biens ? Cependant son ardeur pour l'argent le réveille, et nôtre amour pour Dieu nous laisse dormir ; ses désirs le rendent diligent, et nos obligations nous laissent languir dans la paresse. Faut-il qu'il ait plus d'empressement à perdre Dieu, que nous n'en avons à le trouver !

2 -  En se levant.

La fidélité que nous devons à Dieu nous oblige à lui consacrer nôtre première Pensée et notre première Parole, et notre première Action

Notre première pensée, au moment que nous nous éveillons, doit être : Que Dieu est présent qu`il remplit tout, qu'il est dans notre cœur, ou plutôt que nous sommes en lui.

LITANIE DES SAINTS



Seigneur, prends pitié. Seigneur, prends pitié. Ô christ, prends pitié. Ô christ, prends pitié. Seigneur, prends pitié. Seigneur, prends pitié. Sainte Marie, priez pour nous. Sainte Mère de Dieu, priez pour nous. Sainte vierge des vierges, priez pour nous. Saints Michel, Gabriel et Raphaël, priez pour nous. Vous tous, saints anges de Dieu, priez pour nous. Saint Abraham, priez pour nous. Saint Isaac et Saint Jacob, priez pour nous. Saint Joseph, priez pour nous. Saint Moïse, priez pour nous. Saint David, priez pour nous. Saint Job, priez pour nous. Saint Isaïe et Saint Jérémie, priez pour nous.

Saint Élie et Saint Élisé, priez pour nous. Saint Jean-Baptiste, priez pour nous. Saint Joseph, époux de Marie, priez pour nous. Vous tous, saints patriarches et saints prophètes, priez pour nous. Saint Pierre et Saint Paul, priez pour nous. Saint André, priez pour nous. Saint Jean et Saint Jacques, priez pour nous. Saint Thomas, priez pour nous. Saint Matthieu, priez pour nous. Vous tous, saints Apôtres, priez pour nous. Saint Luc et Saint Marc, priez pour nous. Saint Barnabé, priez pour nous. Sainte Marie-Madeleine, priez pour nous. Vous tous, Saints disciples du Seigneur, priez pour nous. Saint Étienne, priez pour nous.
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Saint Ignace d’Antioche, priez pour nous. Saint Polycarpe de Smyrne, priez pour nous. Saint Justin, priez pour nous. Saint Pothin et Sainte Blandine, priez pour nous. Saint Irénée de Lyon, priez pour nous. Sainte Perpétue et Sainte Félicité, priez pour nous. Saint Laurent, priez pour nous. Saint Cyprien de Carthage, priez pour nous. Sainte Agnès, priez pour nous. Saint Thomas Becket, priez pour nous. Saint Thomas More, priez pour nous. Sainte Maria Goretti, priez pour nous. Saint Maximilien Kolbe, priez pour nous.

Vous tous, saints martyrs, priez pour nous. Saint Léon le grand, priez pour nous. Saint Grégoire le grand, priez pour nous. Saint Ambroise de Milan, priez pour nous. Saint Jérôme, priez pour nous. Saint Augustin, priez pour nous. Saint Athanase d’Alexandrie, priez pour nous. Saint Basile le Grand, priez pour nous. Saint Grégoire de Nazianze, priez pour nous. Saint Jean Chrysostome, priez pour nous. Saint Hilaire de Poitiers, priez pour nous. Saint Martin de Tours, priez pour nous. Saint François de Sales, priez pour nous. Saint Pie X, priez pour nous. Vous tous, saints évêques et saints docteurs, priez pour nous. Saint Antoine d’Égypte, priez pour nous.

Saint Benoît, priez pour nous. Saint Bernard, priez pour nous. Saint François d’Assise, priez pour nous. Saint Antoine de Padoue, priez pour nous. Saint Dominique, priez pour nous. Saint Thomas d’Aquin, priez pour nous. Sainte Catherine de Sienne, priez pour nous. Saint Ignace de Loyola, priez pour nous. Saint François Xavier, priez pour nous. Sainte Thérèse d’Avila, priez pour nous. Saint Jean de la Croix, priez pour nous. Sainte Rose de Lima, priez pour nous. Saint Vincent de Paul, priez pour nous. Saint Jean-Marie Vianney, priez pour nous. Sainte Bernadette Soubirous, priez pour nous. Saint Jean Bosco, priez pour nous. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, priez pour nous.

Vous tous, saints prêtres, religieux ou religieuses, priez pour nous. Sainte Anne, mère de Marie, priez pour nous. Sainte Monique, priez pour nous. Saint Louis de France, priez pour nous. Saint Nicolas de Flüe, priez pour nous. Sainte Élisabeth de Hongrie, priez pour nous. Sainte Jeanne d’Arc, priez pour nous. Vous tous, saints et saintes de Dieu, priez pour nous.  Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, pardonne-nous Seigneur. Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, exauce-nous Seigneur. Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde, aie pitié de nous Seigneur. Père très Saint, tu le sais, sans ton aide, nous sommes tous de pauvres pécheurs cependant, pleins de confiance dans les mérites de ton fils et de ses Saints, nous te Prions de nous rendre dignes dès aujourd’hui du royaume céleste que tu nous as préparé depuis la fondation du monde. Amen.

EXERCICE DU SOIR

INSTRUCTIONS

Le Soir quand on se retire, il faut avoir grand soin de se souvenir de Dieu, et de le remercier de ce qu'il nous a fait la grâce d'arriver à ce moment.  C'est en effet par sa grâce que nous avons passé la journée, et sans cette même grâce nous ne saurions arriver au Lendemain. Rappelons la pensée de la mort, en faisant réflexion que le sommeil en est sa vraie image, et que notre lit est comme un cercueil, ou un tombeau où nous allons mettre notre corps, après l'avoir déshabillé. Considérons que ce serait une grande témérité, après avait offensé Dieu, que d'oser s'abandonner au sommeil sans lui avoir demandé pardon de nos fautes.

Représentons-nous enfin que cette même nuit que Dieu a destinée à notre repos, est peut-être celle qu'il a choisie pour nous demander compte de toutes nos actions. Plusieurs personnes mourront cette nuit, qui se couchent en aussi bonne santé que nous, et nous ne savons pas si nous ne serons point du nombre. Examinons donc si nous sommes en état d`aller rendre compte à Dieu, et  voyons après nous être examinés, si nous voudrions lui entendre prononcer la Sentence qui décidera de notre éternité.

PRIÈRES POUR LE SOIR

Rendre grâces à Dieu

JE vous rends grâces, ô mon Dieu, de tous les biens que vous m'avez faits aujourd'hui, et durant toute ma vie passée. Je m'en sens tellement indigne, que je reconnais les devoir uniquement à votre seule bonté, qui est infinie. Faites qu'avec tous vos Élus, et toutes les créatures du Ciel et de la Terre, je vous en rende des louanges éternelles.

Demander les lumières nécessaires pour l’examen de la conscience.

JE vous ai beaucoup offensé, mon Dieu, mais je ne puis connaitre la qualité de mes offenses, si je ne suis éclairé de votre divine lumière. Ne me la refusez pas, Seigneur, afin que je voie et que je connaisse jusqu'au moindre de mes défauts. Malheureux pécheur que je suis, j'ai péché contre le Ciel et contre vous, ô mon Dieu! Vous connaissez mon cœur, vous pénétrez les plus secrets replis de ma conscience, et vous voyez combien mes péchés l'ont noircie. Faites, mon Dieu, que je puisse en voir toute la laideur, et que repassant dans mon esprit tout ce que j'ai pensé, tout ce que j'ai dit, et tout ce que j'ai fait aujourd'hui contre votre Loi, j'en fasse ressentir à mon cœur une douleur vive et sincère.

II faut examiner ici sa conscience, repassant dans sa mémoire; suivant le cours de la journée, les endroits où l'on a été, les personnes à qui l'on a parlé et ce qu`on a pensé, ce qu'on a dit et ce qu'on a fait depuis le matin. Mais surtout il faut s 'examiner par rapport à son état; à sa profession  et a ses inclinations particulières afin de mieux découvrir si on a péché ou fait ce qu'on ne doit pas faire, ou en ne faisant pas ce qu'on était obligé de faire. Il faut aussi très sérieusement examiner si nos fautes ne se tournent point en habitudes, si l'on a eu plus de soin que par le passé de pratiquer la vertu dont on reconnait avoir plus de besoin, et de détruire le vice auquel on est le plus attaché.

Demandez pardon de ses péchés.

Regardez-moi, mon Dieu, selon toute l`étendue de votre miséricorde, vous qui êtes le Père des miséricordes, et qui ne vous réjouissez jamais de la perte des pécheurs. Je remets tous mes péchés dans l'abîme de cette charité éternelle, par laquelle vous m'avez tant aimé, et je tâche d'exciter en moi une vraie douleur d'avoir payé d'ingratitude tous les biens que vous m'avez faits, et de vous avoir si souvent offensé, vous qui êtes mon seul et souverain bien. Je vous prie donc, mon Dieu, de pardonner à ce misérable pécheur, qui se prosterne à vos pieds, et d'oublier pour jamais tout ce qui s'est passé aujourd'hui  en moi, contre vous, contre mon prochain, et contre moi-même.

Renoncer au péché.

Dieu tout-puissant et tout bon, sans le secours de qui l'homme ne peut rien, je proteste aujourd'hui devant vous, en présence de toute la Cour céleste, et de tout ce que vous avez créé, de suivre exactement les règles que vous m'avez prescrites et; de les étudier chaque jour, de corriger mes mœurs, de m'attacher particulièrement aux devoirs de mon état, et de fuir le péché, et toutes les occasions du péché. Mais, mon Dieu, le désir que j'en ai; quelque sincère qu'il soit, est toujours inutile si vous ne m'aidez. C'est vous-même, qui me le donnez ce désir ; donnez-moi donc aussi la force de l'accomplir. Faites que je puisse exécuter ce que vous ordonnez, et ordonnez-moi tout ce qu’ il vous plaira, afin qu'en cette vie, toutes mes actions soient accompagnées de la modération, de la justice, et de la piété que vous inspirez, et qu'en l'autre j'accompagne tous vos Élus pour vous louer éternellement.

A la très sainte Vierge, a l`Ange Gardien, et aux Saints.

J'ai recours à vous, Vierge sainte, Mère de Jésus mon Sauveur, à vous Saint Ange qui prenez soin de moi à vous St Joseph, St Jean, St Pierre et St Paul, et à vous Saints que j'ai choisis pour mes intercesseurs particuliers. Je vous demande la grâce de vouloir bien prendre soin de mon âme dans le temps de son repos. Faites que Dieu prenne ma défense contre les ennemis de mon salut, et que je sois préservé des pièges qu'ils pourraient me tendre pendant le sommeil.

Pour tous les besoins.

Faites, ô mon Dieu, que mon âme croisse tous les jours en Foi, en Esperance, et en Charité et que les ressentiments, l'infidélité , l'erreur et les fausses idées en soient arrachées avec toutes les racines du vice et du péché.

Pour les Infidèles et les Hérétiques

Faites connaître bonne voie à ceux qui en sont écartés. Convertissez les Hérétiques et Infidèles. Réunissez à vôtre Église tous ceux qui se sont séparés, éclairés-les des lumières de votre grâce.

Pour les gens d'Église

Préservez de tous les maux du corps et d’âmes les Pasteurs de votre Église. Préservez-en aussi les Princes Chrétiens et surtout celui donc vous nous avez fait sujets.

Pour les pécheurs, et pour les justes.

Ramenez les pécheurs à une véritable pénitence. Conservez les justes dans leur justice, et confirmez-les dans leurs saints désirs, dans leurs sages entretiens, et dans leurs bonnes actions.

Pour tous.

Faites miséricorde à tous, mon Dieu, et fortifiez ceux qui se sont entièrement donnez à votre service.

Pour les Artisans.

Donnez aux Artisans et aux Ouvriers les moyens de subsister.

Pour les affligés, les malades, les pauvres, les voyageurs, les gens de Mer, les femmes en grossesse, les esclaves et les prisonniers.

Relevez le courage des affligés. Guérissez les malades. Donnez aux pauvres le nécessaire! aux voyageurs un prompt retour ; aux gens de mer une heureuse arrivée au port,  aux femmes grosses un accouchement favorable; et la liberté aux esclaves et aux prisonniers.

Pour ceux qu'on fréquente.

Pardonnez, ô mon Dieu, à tous ceux qui vous ont offensé en ma compagnie, par mon conseil, ou à mon exemple.

Pour ceux à qui on a fait tort ou injure.

Rendez le centuple a ceux à qui j'ai fait quelque tort, soit en leur bien, ou en leur réputation, et ceux à qui j'ai fait quelque injure, ou causé quelque scandale.

Pour ses parents, ses supérieurs, ses amis et pour ceux qui nous rendent service, ou ceux qui nous veulent du bien.

Mettez et conduisez dans la voie de leur salut tous ceux avec qui le sang, l'amitié, la supériorité, ou la dépendance  m` ont donné quelque liaison, tous ceux qui m'ont aidé, ou qui m`aident de leur bien, de leur conseil, et leur protection, ou de leurs services, et tous ceux qui se sont recommandé à mes prières, qui en font pour moi, ou qui ont de bons sentiments pour moi. Écoutez-les dans les leurs prières, Seigneur, et secourez- les toutes les fois qu`ils imploreront votre assistance.

Pour les ennemis.

Donnez à mes ennemis, et à moi-même, une charité persévérante, qui nous porte les uns et les autres à la patience, à la douceur, et à la miséricorde, et qui nous éloigne de tout ce qui peut être ressentiment, envie, colère ou aigreur.

Pour les Défunts.

Ayez aussi pitié, Seigneur , de ceux qui sont morts en Jésus-Christ, particulièrement de ceux qui étaient mes parents, ou de qui je suis l`héritier; de tous ceux qui ont été mes amis, ou de qui je tiens quelque bien; et de tous ceux que j'ai fréquenté, ou de qui j'ai reçu quelque instruction. Donnez-leur un éternel repos, et faites les jouir de cette lumière éternelle, à laquelle nous aspirons. Ainsi soit- il.

Réciter un Notre-Père – Un AVE MARIA (Je vous salue Marie) et le CREDO de la foi

LITANIES DE LA VIERGE MARIE

Seigneur, prends pitié. (bis)
Ô Christ, prends pitié. (bis)Seigneur, prends pitié. (bis)
Ô Christ, écoute-nous. (bis)
Ô Christ, exauce-nous. (bis)
Père céleste, toi qui es Dieu, prends pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, toi qui es Dieu, prends pitié de nous.
Esprit Saint, toi qui es Dieu, prends pitié de nous.
Trinité Sainte, toi qui es un seul Dieu, prends pitié de nous.
Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte Vierge des vierges, priez pour nous.
Mère du Christ, priez pour nous.
Mère de la divine grâce, priez pour nous.
Mère de l’Église, priez pour nous.
Mère très pure, priez pour nous.
Mère très chaste, priez pour nous.
Mère toujours Vierge, priez pour nous.
Mère sans tache, priez pour nous.
Mère aimable, priez pour nous.
Mère admirable, priez pour nous.
Mère du bon conseil, priez pour nous.
Mère de Créateur, priez pour nous.
Mère du Sauveur, priez pour nous.
Vierge très prudente, priez pour nous.
Vierge vénérable, priez pour nous.
Vierge digne de louange, priez pour nous.
Vierge puissante, priez pour nous.
Vierge clémente, priez pour nous.
Vierge fidèle, priez pour nous.
Miroir de justice, priez pour nous.
Trône de la sagesse, priez pour nous.
Cause de notre joie, priez pour nous.
Vase spirituel, priez pour nous.
Vase d’honneur, priez pour nous.
Vase insigne de la dévotion, priez pour nous.
Rose mystique, priez pour nous.
Tour de David, priez pour nous.
Tour d’ivoire, priez pour nous.
Maison d’or, priez pour nous.
Arche d’alliance, priez pour nous.
Porte du ciel, priez pour nous.
Étoile du matin, priez pour nous.
Salut des infirmes, priez pour nous.
Refuge des pécheurs, priez pour nous.
Consolatrice des affligés, priez pour nous.
Secours des chrétiens, priez pour nous.
Reine des Anges, priez pour nous.
Reine des Patriarches, priez pour nous.
Reine des Prophètes, priez pour nous.
Reine des Apôtres, priez pour nous.
Reine des Martyrs, priez pour nous.
Reine des Confesseurs, priez pour nous.
Reine des Vierges, priez pour nous.
Reine de tous les Saints, priez pour nous.
Reine conçue sans le péché originel, priez pour nous.
Reine élevée aux Cieux, priez pour nous.
Reine du très Saint Rosaire, priez pour nous.
Reine de la paix, priez pour nous.
Agneau de Dieu, qui portes le péché du monde, pardonne-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui portes le péché du monde, exauce-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui portes le péché du monde, prends pitié de nous, Seigneur.
V. Priez pour nous, Sainte Mère de Dieu.
R. Afin que nous soyons dignes des promesses du Christ.

PRIONS

Seigneur, daigne nous accorder, à nous tes serviteurs,
de jouir toujours de la santé de l’âme et du corps ;
et par la glorieuse intercession de la bienheureuse Vierge Marie,
délivre-nous des tristesses de la vie présente,
et donne-nous d’avoir part aux joies éternelles.
Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

RÈGLES ET MAXIMES POUR TOUTES LES ACTIONS DE LA JOURNÉE.

Toutes les actions qui occupent chaque moment de notre vie peuvent se réduite aux sept suivantes, qui nous rendraient heureux en ce monde et en l'autre, si nous en usions comme nous devons ; puis qu'il est facile de voir que nous ne sommes justes ou coupables devant Dieu , qu'autant que nous en faisons un bon ou mauvais usage.

Ces choses sont :

1. La Prière, dont la fin doit être de tenir notre âme unie à Dieu.
2. Le Travail, pour nous occuper, remplir nos devoirs, et subir la peine imposée à l'homme.
3. Le Boire et le Manger, pour le soutien de la vie.
4. La Conversation, pour nous former le jugement et la raison.
5. Le Repos, pour redonner des forces au corps.
6. Le Divertissement, pour délasser l'esprit.
7. Les Peines du corps et d'esprit, pour nous faire penser à l'Éternité.

Voulant donc établir des Règles pour passer chrétiennement la journée, on a crû devoir les ranger sous cet ordre, et on a tâché de les tirer de l'Écriture sainte.

POUR LA JOURNÉE.

RÈGLES TOUCHANT LA PRIÈRE.

Préparation.

Avant que de prier ayez soin de préparer votre âme, et de lui faire connaitre à qui elle va parlé, afin que vous ne soyez pas du nombre de ceux qui tentent Dieu, et qui veulent que tout vienne de lui, sans y rien contribuer de leurs soins. « Préparez votre âme avant la prière, et ne soyez pas comme un homme qui tente Dieu» (Ecclésiastique  18,23.)


Le pardon des ennemis doit précéder la Prière. Lorsque vous vous présenterez, pour prier, si vous avez quelque chose sur le cœur contre quelqu'un, pardonnez- lui, afin que votre Père, qui est dans le Ciel, vous pardonne aussi vos péchés. Que si vous ne pardonnez pas aux autres leurs offenses, votre Père, qui est dans le Ciel, ne vous pardonnera pas non plus les vôtres. «Et lorsque vous faites votre prière, et que vous avez quelque chose contre quelqu`un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les Cieux pardonne vos offenses.» (Marc 11,25)

Il  faut  demander les lumières du St-Esprit.

Nous ne savons ce qu'il faut demander, ni nous ne le savons pas faire comme il faut, mais le St Esprit demande pour nous avec une affection et des soupirs qu'on ne peut exprimer. «L`Esprit-Saint  nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu`il nous convient de demander dans nos prières. Mais l`Esprit même intercède par des soupirs inexprimables.» ( Romains 8,26)

Moyens de rendre la Prière efficace.

1. Présenter a Dieu un cœur pur et soumis à ses lois.

Nous savons que Dieu n'écoute point ceux qui persistent dans le péché; et qu'il n'y a que ceux qui le servent, et qui font sa volonté, qui soient écoutés.  « Nous savons que Dieu n`exauce point les pécheurs; mais si quelqu`un l`honore, et fait sa volonté, c`est celui-là qu`il exauce.» (Jean. 9, 31)

Celui qui ferme ses oreilles aux Commandement divins, et qui n'écoute pas la Loi de Dieu avec le profond respect qu'il doit, ne mérite pas que ses prières soient exaucées; aussi Dieu fermera-t`il ses oreilles a ses vœux, et les sacrifices qu`il offrira seront odieux et exécrables. «Si quelqu`un détourne l`oreille pour ne pas écouter la Loi, Sa prière même est une abomination.»  (Proverbes 28,9)

Prier avec confiance.

Si quelqu'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui est libéral envers tous, et qui ne reproche point ses dons, et il la lui donnera; mais il faut qu'il la demande avec confiance, sans mettre en doute s'il l'obtiendra, parce que celui qui doute ne doit pas espérer de rien obtenir. « Si quelqu`un d`entre vous manque de sagesse, qu`il la demande a Dieu, qui donne a tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée.» (Jacques 1. 5.)

Tout ce que vous demanderai avec foi vous sera accordé. (Marc 11,24)

Nous obtiendrons de Dieu tout ce que nous lui demanderons, si nous gardons ses Commandements, et si nous faisons ce qui lui est agréable. ( 1 Jean 3,22)

Le Seigneur nous exauce en tout ce que nous lui demandons qui est conforme à sa Loi, et sa volonté. ( 1 Jean 5,14)

Prier au nom de Jésus-Christ

Si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera.  (Jean 26,23)

Prier avec humilité.

La prière  d'un homme qui s'humilie percera les nuées. Il ne se consolera point qu'elle n'ait été jusqu'à Dieu, et il ne se retirera point que le Très-Haut ne l'ait regardé. (Ecclésiastique 25,31)

Lorsque vous priez n'imitez pas les hypocrites  qui se plaisent à faire leurs prières en se tenant debout dans les assemblées, et aux coins des rues pour être vus des hommes. En vérité ils ont déjà reçu leur récompense. Mais vous, quand vous voudrez prier, entrer dans votre cabinet, fermez la porte, et priez votre Père en particulier. Il voit tout ce qui se passe dans le secret, il vous en rendra la récompense. (Matthieu 6, 5)

Prier avec attention.

Dieu est Esprit, et ceux qui l'adorent doivent l'adorer en esprit et en vérité, c'est à dire, avec attention d'esprit et de cœur. (Jean 4,24)

Prier avec persévérance.

Il faut toujours prier Dieu, et ne point se relâcher. (Luc 18,1)

Comme je ne puis rien, disait le roi Salomon, sans le secours de Dieu, je me suis adressé à lui et je le lui ai demandé de toute mon affection. (Sagesses 8,21)

Dieu veut être poursuivi,  sollicité, importuné. Poursuivez-le, pressez-le, soyez importun, et soyez-le avec persévérance.

Prier pour tous, et particulièrement, pour LES ROIS.  (Les dirigeants politiques)

Faites des supplications, des instances, des prières, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les Rois, et pout tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous vivions en paix et dans la tranquillité.(1 Timothée  1,2)

POUR LES MORTS.

C'est une sainte et salutaire pensée de prier pour les défunts,  afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés. (2 Macchabé 12,46)

POUR NOS ENNEMIS MÊME.

Bénissez ceux qui vous maudissent, et priez, pour ceux qui vous calomnient. (Luc. 6 )

RÈGLES TOUCHANT LE TRAVAIL ET LES AFFAIRES.

L'Homme est né pout le travail, comme l'oiseau pour le vol. (Job 5, 7)

Vous travaillerez pendant six jours, et vous ferez dans ces six jours, tout ce que vous aurez  à faire. (Exode 20,9)

Pour faire ce que vous avez à faire, il faut connaitre à quoi votre état et votre profession vous engagent tant envers Dieu, qu'à l'égard de vos emplois. Envers Dieu tout se réduit à ces deux points :
1 - Ne rien faire de ce qui est défendu.
2 - Ne rien omettre de ce qui est ordonné.

Quant au Travail on peut observer les règles suivantes :

N'entreprenez jamais rien que vous n'ayez auparavant bien examiné si vous avez trois choses absolument nécessaires pour l'exécution d'une entreprise:  L'INCLINATION,  LA CAPACITÉ ET LE POUVOIR.

Travaillez pour vous occuper; ne vous occupez qu'à des choses utiles; faites ces choses avec ordre, et finissez-les avec diligence, et avec soin.

L' homme prudent n'est jamais oisif. (Ecclésiastique 18-27)

L'avare s'occupe uniquement pour gagner du bien; l'ambitieux pour gagner et mériter de l'honneur; le Sage travaille pour gagner du travail. II vaut mieux manquer de nourriture que d'emploi. L'exemple de ceux qui trouvent l'abondance dans l`assiduité du travail, et la misère dans la fainéantise doit vous exciter à embrasser l'un avec courage, et à éviter l'autre avec soin. «Celui qui cultive son champ est rassasié de pain. Mais celui qui poursuit des choses vaines est rassasié de pauvreté.» (Proverbes 28, 19)

Touchant les affaires, plusieurs choses sont nécessaires.

La confiance en Dieu.

Dans toutes vos entreprises espérez en Dieu seul, attendez tout de son secours, et ne vous promettez rien de votre prudence, qui, quelque grande qu'elle soit, sera toujours faible et incertaine. (Proverbes 3,5)

Ayez toujours Dieu présent dans votre esprit et dans votre cœur, quittez tous les dessins opposés à celui de lui plaire uniquement; il prendra d'autant plus de soin de votre conduite, que vous vous serez abandonné à la sienne avec une résignation plus parfaite.    « Confie-toi en l`Éternel de tout ton cœur. Et ne t`appui pas sur ta sagesse; reconnais-le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers.» (Proverbes 3,5,6).

Les créatures sont trompeuses, et n'ont de force que pour nous trahir et pour nous détruire. Leur premier présent, sont des promesses; le second, des excuses; le troisième, des mépris et le quatrième et le dernier, des trahisons.

Croire, espérer, et aimer, qui sont trois perfections souveraines quand elles regardent Dieu,  sont trois vices les plus honteux de l'esprit humain quand ils regardent les créatures.

La grandeur de courage.

N'oubliez jamais ce que Dieu exige de vous, et il vous donnera le cœur et le courage qu'il faut dans les affaires. (Ecclésiastique  6, 37)

La tranquillité d'esprit

L'envie, l'emportement, et la tristesse abrègent nos jours, et les inquiétudes avancent la vieillesse. (Ecclésiastique  30,26)

L'excès d'affection et d'application, mêmes pour les bonnes choses n'est pas moins dangereux que les autres inquiétudes. Il ne faut jamais trop se plaire à quoi que ce soit, pas même à son devoir. Entreprenez les affaires avec raison, travaillez y avec inclination et avec plaisir, et voyez en le succès avec indifférence. Faites qu'on voie une ardeur magnanime dans vos actions et dans vos désirs, mais jamais de précipitation ni d'emportement.

N'abandonnez point votre âme à la tristesse, et ne vous affligez point vous-même du succès de vos affaires. Que vos pensées vous éclairent, mais qu'elles ne vous consument point. Que les affaires vous occupent, mais qu'elles ne vous affligent et ne vous inquiètent jamais. Elles vous sont données comme un emploi pour votre esprit, n'en faites pas son supplice. C'est un excellent remède contre les inquiétudes, et pour tenir vos passions dans l'obéissance, et dans l'ordre, que d'élever souvent vos pensées à Dieu, et de lui apprendre vos peines.

L` Indifférence pour les honneurs.

Ne cherchez point les places d'honneur.( Ecclésiastique 7) Les moindres charges offertes avec amour doivent être reçues. Les plus grandes sont trop peu de chose pour être recherchées; à l'égard des honneurs, c'est cesser de mériter que de demander ce qu'on mérite. L'ambition ne sied pas bien à la sagesse, et l'honneur sied très-mal à la folie.

Proposez-vous cet honnête but de vos travaux, de fuir l'indigence, et de subsister dans la simplicité et la modestie, sans porter vos désirs au-dessus de votre condition, et sans prétendre à de vains honneurs, et à des richesses inutiles et dangereuses. « Ne te tourmente pas pour t`enrichir. N`y applique pas ton intelligence.»( Proverbes 23,4)

La Droiture d'intention.

Celui qui agit avec sincérité est accompagné d'une assurance et d'un repos qui ne se peut trouver que dans le témoignage de la bonne conscience,  car quelque adresse, quelque dissimulation dont se peut se servir celui qui a dessein de tromper, et qui n'a pas les intentions droites, il ne sentira jamais la tranquillité que donne l'innocence, et ses artifices seront découverts lorsqu'il s'y attendra le moins. (Proverbes 10,9).

La Retenue

C'est plutôt un effet de la prudence et de la connaissance du sage d'éviter les périls, qu'une marque du défaut de son courage; et quand le fou s'y expose témérairement, son assurance ne vient pas tant d'une valeur qui l'empêche d'appréhender les dangers, que du peu de lumière et de jugement qu'il a pour les connaitre. La précipitation et l'impatience ruinent les plus beaux desseins, et les entreprises les mieux concertées ne peuvent avoir de succès, si elles ne sont conduites par la modération et par la prudence mais il faut que cette prudence soit exempte de fourberie, autrement en nous procurant d'un côté quelque avantage, elle nous attirerait de l'autre le mépris et l'aversion publique. (Proverbes 14, 16, 17)

Le plus honteux des malheurs est de périr par témérité, et c'est une belle science que de savoir s'arrêter et se reposer bien à propos. Par ce moyen on conduit heureusement et diligemment les affaires.

Le Conseil.

Celui qui a reçu de Dieu une grande prudence, qui trouve son conseil en lui-même, se défie ordinairement de ses propres lumières, et ne néglige aucuns avis pour sa conduite, mais celui qui étant aveuglé de sa présomption, s'abandonne à son propre sens, fait remarquer son imprudence dans toutes les actions de la vie. (Proverbes 13,16)

Le Secret.

Ne découvrez pas votre cœur à tout le monde. (Ecclésiastique 8,22)

Soyez secret sans être dissimulé. Un dessein découvert ne vaut guère mieux qu'un dessein échoué. Le temps gâte tout ce qui est fait, et la langue tout ce qui est à faire. Ne découvrez rien de ce qui est désavantageux à autrui, ayez du déplaisir de connaitre les défauts, aversion d'en parler, horreur de vous en divertir. Étudiez-vous à vous taire : ne publiez point les bons offices que vous avez faits, ou que vous voulez faire, faites avant que de parler. Cachez vos sentiments, et ne parlez non plus de vos propres desseins, que des défauts d'autrui.

RÈGLES TOUCHANT LES ENTRETIENS.

On s'entretient avec les Livres, et c'est étudier. Qu`avec les personnes, et c'est converser.

A l'égard de l'Étude, il saut s'appliquer :

L' Étude de la vérité et de la sagesse.

N'épargnez rien quand il faudra travailler à la connaissance de la vérité; mais quand vous l'aurez acquise, soyez libéral de ce qui vous aura tant coûté; et prodiguez la sagesse, la doctrine et l'intelligence que vous aurez achetée au prix de vos travaux et de vos veilles. (Proverbe 23. 23)

Le caractère d'un homme sage et sincère est de ne rien croire et de ne rien dire qui ne soit vrai. Il est assez franc pour ne point tromper, et assez prudent pour n'être pas trompé par les autres. Pour connaitre cette vérité, et pouvoir apprendre cette sagesse, apprenez vos défauts et vos misères par les lumières de la conscience; les pensées et les intentions des hommes, par les lumières de l'expérience et du jugement; les secrets et les merveilles de la nature par les lumières de la Philosophie chrétienne, la grandeur de Dieu et les Mystères de la Religion par les lumières de la Foi.

La curiosité de savoir

Ne tachez point d'atteindre ce qui est au-dessus de vous, ni de comprendre des mystères qui passent la force de votre esprit. (Ecclésiastique 3)
Contentez-vous de savoir ce que Dieu vous commande, et ce qui est nécessité à votre salut.

L`Étude de l`Univers

La sagesse passe sur les montagnes, et dans les grands chemins, à la porte des Villes, au milieu des rues, et en tous les endroits où elle trouve le plus de monde (Proverbes 8,1)

RÈGLES TOUCHANT LA CONVERSATION.

Conduite générale envers le prochain.

Pour être du nombre des enfants de Dieu, soyez sensible à la pitié, et charitable envers ceux qui souffrent. (Ecclésiastique 4, 10,11)

Pour vivre en homme d'honneur et de vertu, soyez dans une perpétuelle égalité d'esprit; présent à vous-même, et attentif à vos affaires; tranquille durant les divers mouvements de la fortune, équitable et affable envers vos domestiques, officieux envers vos amis, obligeant envers tout le monde.

Parlez à Dieu comme esclave, aux simples comme frère, aux superbes comme Maître.

Humbles sentiment de soi-même.

Les humiliations courent après le superbe, et la gloire cherche les esprits humbles. ( Proverbes 29)

Ne vous vantez et ne vous blâmez point ; observez les lois de la sagesse ne dites de vous ni bien, ni mal. Ne vous considérez pas comme un homme plus imparfait que les autres; mais comme un rien dont il n'y a rien à dire, et dont il ne faut jamais parler. Apprenez de votre propre conscience ce que vous êtes.

Douceur à répliquer.

Une douce réponse peut apaiser l'esprit le plus irrité; mais des paroles pleines de rudesse peuvent aigrir l'homme le plus doux, et le plus modeste. «Une réponse douce calme la fureur. Mais une parole dure excite la colère.»( Proverbes 15,1)

Une langue douce, discrète et éloquente guérit toutes les plaies de notre âme, mais la langue téméraire est une épée qui blesse jusqu'au fonds du cœur.

Ne soyez pas comme ceux qui savent tout ce qu'il y a de honteux dans chaque maison, et dans chaque particulier, et qui en parlent sans cesse, ni comme ceux qui durant les entretiens ont toujours la bouche ouverte, et qui répandent une rivière de paroles, et une goutte de bon sens, ni comme ceux qui ne peuvent parler, ni même souffrir qu'on leur parle d'autres choses que de leurs propres louanges, ni enfin comme ceux qui se vantent, ou qui ne peuvent parler sans railler, ni railler sans offenser.

Honnêteté de paroles.

Le bonheur de se faire aimer dépend de la façon de conduire sa langue. «Le sage se rend aimable dans ses paroles; mais ce qu`il y a d`agréable dans les insensés s`écoulera comme l`eau.» (Ecclésiastique. 20. 13.)

N'ayez point de peine ni à bien dire, ni à vous taire, et autant que la sagesse et le devoir vous le permettront parlez toujours au goût des gens.

Nécessité de parler

Une science qui ne parait point n'est pas plus utile qu'un trésor caché. «Si la sagesse demeure cachée, et que le trésor ne soit pas visible, quel fruit tirera-t-on de l`un et de l`autre?» (Ecclésiastique 20. 32.)

Des richesses cachées et une science muette sont également inutiles. Touchant la conduite de la langue, le dernier et le moindre degré de la sagesse est de savoir se taire; le second, de savoir parler peu; le troisième, de savoir parler beaucoup sans parler mal, et sans parler trop. Il ne faut pas que les autres soupçonnent, ni connaissent par notre silence que nous voulons nous taire. Car un secret, comme un trésor, est à demi découvert quand on sait qu'il est caché. Que tout ce que vous dites paraisse parfaitement examiné ; mais ne dites rien qui semble cherché, ni choisi.

Précipitations à parler

Celui qui répond avant que d'entendre, ne répond que pour dire qu'il est un fou. «Celui qui répond avant d`avoir écouté fait un acte de folie et s`attire la confusion. » (Proverbes 18.13)

C'est un témoignage assuré de légèreté et de folie, qui ne mérite que la confusion et le mépris, de répondre sans avoir donné à celui qui nous parle, le temps d'expliquer sa pensée, et sans s'être donné le loisir à soi-même de la comprendre.

Ne dites jamais rien sans être bien assuré que vous ne serez point obligé de vous en dédire. Comme on ne doit point être lent dans ce qu`on fait, il ne saut point aussi être précipité dans ce qu'on dit. « Ne soyez pas prompt à parler, et en même temps lâche et négligent dans vos œuvres.»(Ecclésiastique 4,34)


RÈGLES TOUCHANT, LE BOIRE ET LE MANGER

Fuyez de tout votre pouvoir ces repas dangereux, d'où l'honnêteté des mœurs, et la sincérité des paroles est bannie; où se pratiquent toutes sortes de débauches, et où se débitent toutes sortes de mensonges.

Évitez ces assemblées qui n'ont pour fin que la débauche, et où l'on ne fait consister son plaisir, que dans ces excès qui vont jusqu'à la perte de la raison. Non seulement les préceptes divins vous le défendent, mais encore l'oisiveté qui accompagne la débauche et la pauvreté qui suit la fainéantise doivent vous en détourner pour votre propre intérêt. (Proverbes 20 et 21)

Soit que vous mangiez, ou que vous buviez, ou quelque autre chose que vous faisiez, faites tout pour la gloire de Dieu. (1 Corinthiens 10,31)

Ne permettez pas à vos yeux de considérer seulement la couleur du vin, lors qu'il brille dans le cristal et que votre goût ne se laisse point séduire par la douceur d'une liqueur qu'il trouvera d'abord si agréable. Son amertume se fera sentir; et puisqu'il répand son poison jusques dans l'âme, il n'y a point de Serpent dont les morsures soient plus dangereuses, ni de Basilic donc le poison doive être plus redoutable. A mesure que le vin bannira la raison de votre âme, il allumera dans votre cœur un amour dérèglé; vos yeux se laisseront éblouir à tous les appâts dangereux des femmes impudiques, et votre langue ne sera pas moins extravagante, que vos yeux serons égarés. Vous ne serez pas exposé à un moindre danger qu'un Matelot endormi dans son vaisseau au milieu de la tempête qui le menace d'un prochain naufrage ou qu'un Pilote, qui ayant perdu son gouvernail par l'impétuosité des vents , n'a plus moyen de résister à la violence de la Mer. (Proverbes- 23, 31 – 35)

Nourrissez-vous pour vivre, et ne mangez que pour vous nourrir. Ne prenez que ce qui est nécessaire a la nature pour soutenir ses forces et sa vie, et ne donnez rien à la convoitise.

N'excitez point à boire ceux qui aiment le vin, car le vin en a perdu plusieurs Le vin pris avec tempérance est une espèce de vie; si vous en prenez modérément vous serez sobre. Le vin a été créé dès le commencement pour être la joie de l'homme, et non pour l'enivré. Le vin pris modérément est la joie de l`âme et du cœur. La tempérance dans le boire est la santé de l'âme et du corps. (Ecclésiastiques 31, 30-31)

Que l'heure de vos repas soit reglée, et que votre table soit nette et propre, honnête et commune à vos amis.

RÈGLES TOUCHANT LE REPOS.

Donnez au sommeil le temps nécessaire pour réparer les forces du corps abattu par le travail de la journée; mais ne dormez pas jusqu'à satisfaire à la paresse, puisque la pauvreté en est le fruit, comme l'abondance est celui de la diligence et du travail. « N`aime pas le sommeil, de peur que tu ne deviennes pauvre; Ouvre les yeux, tu seras rassasié de pain.» (Proverbe 20, 13)

Comme on ne goûte jamais mieux le plaisir du repos qu'après la fatigue du travail; si les jours sont plus pénibles à ceux qui travaillent, les nuits leur sont bien plus douces, et leur corps endurci par le travail à la souffrance, supporte l'excès ou le défaut de la nourriture sans que leur sommeil en soit interrompu, mais celui des riches est troublé par la diversité des viandes, donc la quantité accable la nature, et rend enfin les corps infirmes et languissants.  « Le sommeil du travailleur est doux, qu`il ait peu ou beaucoup à manger; mais le rassasiement du riche ne le laisse pas dormir.» (Ecclésiaste 5,11)

Priez avant et après le sommeil, et n'employez pas plus de sept ou huit heures à dormir. Prenez ce temps dans la nuit, qui est faite pour le repos, et non pas dans le jour que la providence a destiné au travail.

RÈGLES TOUCHANT LES DIVERTISSEMENTS.

Donnez-vous du relâche, jouez et délassez-vous de vos soins, mais que ce soit sans crime, et avec honneur. (Ecclésiastique 32)

Choisissez les divertissements propres à un homme qu' ne veut pas déplaire à Dieu, ni rien faire où sa réputation et sa conscience soient intéressées. Jouez, mais ne jouez qu'après avoir fait toutes vos affaires. Ne riez point quand vous gagnez et ne vous fâchez point en perdant. Jouez mais évité le trop d'attache. Travaillez pour conserver votre bien, jouez et divertissez-vous pour conserver votre santé.

Conservez votre santé, votre innocence et votre vie, pour plaire à Dieu, et pour obéir aux lois de la Providence. Souvenez-vous dans les divertissements que nos plaisirs finiront, nos actions seront jugées, nos péchés seront punis, nos peines seront éternelles.

L'homme inconsidéré rit avec éclat, mais à peine le sage rit tout bas, il n'y a que le vice trompé inopinément par soi-même qui fasse rire les sages. On se divertit en bête quand on suit sa passion, en homme quand on suit l'inclination, en Philosophe quand on suit la raison; mais il faut se divertir en Chrétien, en suivant l'Évangile.


RÈGLES TOUCHANT LES PEINES DE CORPS ET D' ESPRIT

Si Dieu veut éprouver la fidélité et la fermeté de votre cœur en retirant de vous ses faveurs, et faisant succéder l'adversité au bonheur, soyez tellement soumis à ce qui vous viendra de sa part que vous considériez bien davantage la main qui vous frappe, que les maux qu'elle vous envoi.

Ses châtiments sont plus souvent des marques de son amour, que des effets de sa colère. Lorsqu'il prend des verges pour vous châtier, c'est toujours son cœur qui conduit sa main, et ce cœur a pour vous tous les sentiments que la tendresse met dans l'âme d'un bon Père pour son cher enfant. Heureux celui qui sait profiter de l'épreuve et de l'affliction où Dieu le met; c'est en cet état qu'il recevra les plus pures lumières de la sagesse, et qu'il sera plus parfaitement éclairé par celles de la prudence. « Mon fils, ne méprise pas la correction de l`Éternel. Et ne t`effraie pas de ses châtiments. Car l`Éternel châtie celui qu`il aime. Comme un père l`enfant qu`il chérit. Heureux l`homme qui a trouvé la Sagesse. Et l`homme qui possède l`intelligence.»(Proverbes  3, 11, 12, 13)

Le juste se soumettant aux ordres du Ciel ne reconnait point ceux de la fortune, et la même vertu qui lui donne de la modération dans le plus grand éclat de son bonheur, sait fort bien dompter l'adversité, et en repousser les plus actuelles attaques avec une fermeté digne de la grandeur de son âme. Pendant que les méchants sont en butte à tous les coups de la mauvaise fortune. « Aucun malheur n`arrive au juste, mais les méchants sont accablés de maux.» (Proverbes 12,21)

Comme on guérit les plaies par l'incision et comme on sauve quelquefois la vie par la douleur; de même Dieu guérit souvent les maux de l'âme par les blessures et les maladies du corps, et par les remèdes rudes et fâcheux à la nature; mais qui sont néanmoins très utiles pour la sainteté de l`homme. «Les plaies d`une blessure sont un remède pour le méchant.»(Proverbes 20. 30)

Un homme juste et dévot ne s'afflige de rien. Les pécheurs, les pénitents et les justes sont obligés de souffrir. C'est une nécessité juste pour le pécheur, c'est une nécessité satisfactoire pour le pénitent; c'est une nécessité méritoire pour le juste. Il n'y a point d'homme qui n'endure, point de vrai Chrétien qui n'endure avec patience, point de vrai Saint qui n'endure avec plaisir.

L’adversité est appelée une verge qui veille, parce qu'elle nous fait veiller à notre salut, penser à nous et à Dieu. L'adversité nous approche de Dieu, et la prospérité nous en éloigne. Il est plus à propos que nous soyons châtiés de Dieu que des hommes, parce que Dieu nous punit en père, et que les hommes nous châtient en juges. La main de Dieu est moins pesante que celle des hommes.

L'humilité, l'obéissance et la fidélité sont trois vertus nécessaires à l'homme affligé. Il faut qu'il soit humble pour se soumettre à la peine, obéissant pour la supporter, et fidèle pour ne s'en jamais lasser.


Dernière édition par MichelT le Lun 15 Jan 2018 - 3:27, édité 9 fois

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690 Empty Re: LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690

Message par MichelT le Lun 2 Oct 2017 - 21:05

LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690 Eden_2451380b
Genèse

EXPLICATION DU SYMBOLE DES APÔTRES QUI NOUS APPREND CE QUE NOUS DEVONS CROIRE. ( LE CREDO DE LA FOI)

Le Salut des hommes consistant à connaitre Dieu, et à l'aimer en préférant ses volontés Saintes à toutes choses, il faut commencer à le connaitre par l'instruction de la Foi, qui est le premier rayon de la Lumière divine, par lequel Dieu se fait connaitre à l'homme et l'attire à lui.

Cette instruction nous est donnée dans le Symbole, qui renferme l'abrégé des principaux points de la Foi, sans laquelle on ne peut être sauvé; et ce mot de Symbole signifiant la marque à laquelle on connait une chose, la confession du Symbole fait connaitre ceux qui ont la Foi de Jésus-Christ , et qui veulent être ses vrais Disciples, ce qui est impossible sans avoir la Foi.

ARTICLE PREMIER

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du Ciel et de la Terre.

Je crois qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu, incompréhensible aux sens et à l'entendement humain, juste et saint dans toutes ses œuvres, véritable dans ses paroles, qui est le Père et l'Auteur de toutes choses; puisqu'ils créé le ciel, la terre, et tout ce que l'un et l'autre renferment, qui m'a fait aussi son enfant; et comme Créateur, en me formant au sein de ma mère un corps parfaitement organisé, dans lequel il a mis une âme capable de le connaitre; et comme Bienfaiteur, remplissant depuis à mon égard, tous les soins et toute la tendresse d'un bon Père.

C'est lui qui pourvoit non-seulement à tous mes besoins temporels, en donnant à mon corps la nourriture et le vêtement, et en le commettant à la garde des Anges, pour le garantir de tous les dangers de cette vie; mais encore à toutes mes nécessités spirituelles, puisqu'après avoir lavé mon âme de toutes ses souillures dans le sang de son Fils unique par le Baptême, il s'applique sans cesse à l'enrichir de jour en jour par de nouvelles grâces, pour la rendre digne de l'Éternité bienheureuse.

C'est par lui que je suis, et que je puis quelque chose; et pour comble de bienfaits, il a destiné le ciel, la terre, les éléments, et les animaux à mon usage et à mon utilité. Convaincu par tant de témoignages qu'il m'a donné de sa bonté et de sa puissance, je crois en lui, je mets toute mon espérance en lui seul, et je m' abandonne entièrement à sa Providence et à ses soins paternels, sachant qu'il m'aime et qu'il est toujours prêt à me faire du bien; puisqu'il est mon père, et qu'il en aura toujours le pouvoir, aussi bien que la volonté; puisqu'il est Tout-Puissant, et qu'il a en sa disposition tout ce qui peut servir, en quelque manière que ce soit, à la conservation de ma vie corporelle et spirituelle. C'est pour cela que me reposant tranquillement sur la conduite d'un Père si bon et si puissant, je marche en sûreté à travers les dangers de ce monde, et les embûches du Démon, ( des anges déchus) en disant avec confiance : Si Dieu est pour moi, qui est-ce qui sera contre moi?

ARTICLE 2

Et en Jésus-Christ son Fils Unique Notre Seigneur.

Je crois que Jésus-Christ est le vrai fils de Dieu, engendré de son Père de toute éternités qu'il est une même substance avec son Père, auquel il est égal en puissance, en éternité; en sagesse, en bonté; qu'il est le fils unique de Dieu par nature, car nous autres nous sommes ses enfants seulement par adoption et par grâce; les frères et les cohéritiers de Jésus-Christ, par la Rédemption; qu'il est le Seigneur et le Maître de toutes choses; mais particulièrement le nôtre, puisqu'étant devenus les esclaves du péché, dignes d'être éternellement damnés, nous avons été affranchis par le Sang de Jésus-Christ du triste et dur esclavage de la mort et du Démon, (de l`ange déchu) et appelés à partager avec Dieu son éternelle félicité.

ARTICLE 3

Qui a été conçu du saint Esprit, qui est né de la Vierge Marie.

Jésus-Christ, fils unique et éternel du père, touché de nos maux, de nous voir dépouillés de la justice originelle, devenus enfants de colère, et dignes d'une éternelle mort, est descendu sur la terre, prenant un corps comme le nôtre dans le sein d'une Vierge pure et sainte, sans le commerce d'aucun homme, par la seule opération du saint Esprit; il est né vrai homme, pour nous purifier des souillures de notre coupable origine, et pour nous élever à la dignité d'enfants de Dieu, en nous retirant des abîmes de l'enfer, où le péché d'Adam notre père nous avait précipités.

ARTICLE 4

Qui a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli.

Jésus-Christ, comme vrai homme, ayant vécu sujet aux infirmités de notre nature, et dans cet état ayant enduré le chaud, le froid, la faim, la lassitude, les opprobres, souffrit enfin qu'on l'attacha à la Croix pour l'expiation de nos péchés, Ponce Pilate étant Gouverneur de la Judée. Tout innocent qu'il était, il voulut mourir pour les coupables, afin de rendre la vie éternelle à ceux que la mort avait assujettis. Il fut aussi enseveli, pour nous faire connaitre, que sa mort n'était pas une illusion, mais une mort réelle et véritable, voulant nous apprendre par cette circonstance, que nous devons mourir avec lui au péché, et reprendre une nouvelle vie, après avoir renoncé à toutes les actions de la vie ancienne, et avoir été comme ensevelis à toutes les habitudes du vieil homme.

ARTICLE 5

Qui est descendu aux enfers, et le troisième jour est ressuscité des morts.

Il est descendu aux enfers non comme coupable, mais comme vainqueur , non pour y endurer des supplices, mais pour en délivrer les hommes, non pour y être chargé de fers sous la tyrannie du Démon ( Ange déchu), comme criminel , mais pour triompher glorieusement de la puissance des enfers qu'il venait de vaincre sur la Croix, et pour orner son triomphe par le cortège nombreux des anciens Patriarches qui avoient crû en son avènement, les faisant monter avec lui dans le Ciel, après avoir brisé les chaînes qui les retenaient dans l'esclavage du Démon. Ce fut aussi pour garantir désormais des tourments de l'enfer tous ceux qui croiraient en lui.

Jésus-Christ donc a porté nos péchés dans son propre corps et les attachant à l'arbre de la Croix , lorsqu'il y fut attaché lui-même, il a souffert une mort très cruelle pour les expiés. Mais lorsqu'il est ressuscité , il a donné des preuves incontestables de la victoire qu'il a remportée sur la mort et sur le Diable (l`ange déchu), pour nous obtenir le pardon de nos péchés, dont il avait payé le prix par sa mort, afin que mourant aussi de notre côté au péché, et nous conduisant par le même esprit qui l'a fait ressusciter des morts , nous marchions dans le chemin d'une vie nouvelle, nous persévérions en Jésus-Christ avec le secours de sa grâce , et nous soyons revêtus un jour de sa gloire.

ARTICLE 6

Qui est monté aux Cieux, qui est assis à la droite de Dieu le père Tout-Puissant

Jésus-Christ montant au Ciel avec son corps, nous a monté le chemin; puisque comme membres de ce divin Sauveur, nous avons droit d'espérer que nous arriverons un jour en ce lieu, où notre chef est arrivé le premier; pourvu que nous demeurions unis à son corps mystique, vivant en ce monde avec tempérance, avec justice et avec piété dans l'attente du bonheur que nous espérons, et de l'avènement de Jésus-Christ. Tandis néanmoins que nous sommes retenus dans ce lieu d'exil; Jésus-Christ qui est notre Avocat et notre Intercesseur auprès de son Père, ne cesse point de veiller pour nous, et de pourvoir à nos besoins, nous envoyant du Ciel tout ce qui est utile et nécessaire à nos âmes et à nos corps.

Mais comme Jésus-Christ du haut de son Trône, a les yeux sur nous pour observer toutes nos actions, il faut que nous ayons grand soin de ne rien faire, de ne rien dire, et de ne rien penser qui puisse déplaire à celui qui doit être un jour notre Juge.

ARTICLE 7

De là il viendra juger les vivants et les morts.

C'est-à-dire que Jésus-Christ viendra jugé tous les hommes en général, non-seulement ceux que le jour du Jugement dernier trouvera encore vivants sur la terre; mais aussi tous ceux qui sont morts depuis le commencement du monde, et qui mourront jusqu'à ce jour-là. Ainsi tous les morts en un moment, en un clin d' œil, au dernier son de la trompette, reprenant chacun leur corps, quittant leurs tombeaux, paraîtrons ensemble devant le Tribunal de ce redoutable Juge, pour y recevoir la récompense du bien ou du
mal, que chacun d'eux aura fait durant sa vie.

Alors les reprouvés étant condamnés à des supplices éternels; et les bons au contraire étant pour jamais délivrés de l'oppression des méchants et de toutes sortes de misères, et ils iront jouir avec Dieu de la félicité éternelle. Si nous pensions attentivement à ce jour, pourrions-nous jamais nous résoudre à offenser Dieu?


DEUXIÈME PARTIE

ARTICLE 8

Je crois au saint Esprit.

Je fais pareillement profession de croire au saint Esprit, vrai Dieu, qui procède du Père et du Fils, et qui est égal à l'un et à l'autre en toutes choses. C'est lui qui nous sanctifie en nous lavant des souillures du péché par le Baptême, lui qui allume le feu de la charité dans nos cœurs, lui qui calme les mouvements de notre concupiscence et qui nous inspire la volonté de faire de bonne œuvres. Que s'il arrive dans la suite que la concupiscence prévale et nous fasse retomber dans le péché; c'est encore le saint Esprit qui fait naître en nous le désir de la pénitence, qui nous accorde le pardon de nos fautes, et nous rend notre première innocence.

ARTICLE 9

La sainte Église Catholique, la Communion des Saints.

LE saint Esprit, qui par des opérations différentes, sanctifie chacun en particulier, rassemble en un même corps tous les Fidèles, quelques dispersés et éloignés qu'ils puissent être les uns des autres. Il en compose une assemblée, que nous appelons l'Église, laquelle consiste en ce que tous les Fidèles séparés de ce corps, mais unis d'esprit et de volonté, concourent d'un commun accord à faire tous ensemble profession d'une même Foi, et à se servir des mêmes Sacrements. Par le droit de cette Communion, et de cette Société spirituelle, tous, comme membres de ce corps, s'entraident mutuellement par des secours, des mérites et des prières réciproques; et cette Église, cette famille sacrée, est la seule sur la terre, en qui l'on trouve ce Dieu qui a tout créé, qui nous a racheté, et qui est encore l’Auteur de notre sanctification.

Elle est appelée Catholique, c'est-à-dite universelle; en ce que tous les Fidèles, quoique répandus en divers endroits du monde, et vivants dans des temps différents, tiennent néanmoins d'un commun consentement la même doctrine et la même confession de Foi, et ont les mêmes Sacrements; ce qui se fait par le même esprit de vérité que Jésus-Christ a promis de donner pour toujours à son Église.

ARTICLE 10

La rémission des péchés.

Je crois aussi, que dans l`Église Catholique on reçoit une fois par le Baptême, accompagné de la Foi, le pardon général de ses péchés, et que ceux qui ont été commis
après le Baptême, sont effacés par la Pénitence, et par les autres Sacrements que Jésus-Christ a institué pour cela dans son Église.

ARTICLE 11

La résurrection de la chair.

Lorsque le Seigneur, au premier signal donné par la voix de l`Archange, et par le son de la trompette de Dieu, descendra du Ciel, pour juger les vivants et les morts, tous les hommes paraîtront en un instant devant son Tribunal, avec le même corps qu'ils ont apporté en naissant, et avec lequel ils ont fait toutes leurs actions sur la terre.


ARTICLE 12

Et  la Vie éternelle.

Jésus-Christ donc, de qui le jugement sera souverainement équitable, rendra à chacun selon ses œuvres. Alors les Réprouvés seront tourmentés par un feu qui ne s'éteindra jamais. Ils auront les entrailles rongées par ce ver de la conscience qui ne meurt point; toujours morts et toujours vivants par un continuel prodige, ils survivront éternellement aux plus grands supplices. Les Prédestinés au contraire, seront enlevés en corps et en âme dans le Royaume du Père céleste, pour y jouir de la vie et de la félicité éternelle dont le seul espoir peut rendre aux gens de bien les afflictions de cette vie plus supportable! Amen : C'est la vérité.

De toutes les choses dent j'ai parlé dans cette explication du Symbole, je crois fermement que les unes sont accomplies, et que les autres arriveront infailliblement, et pour marquer la fermeté de ma Foi, sur la vérité de tous ces Articles, j'y ajoute ce mot C'est la vérité.


LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690 S-00312


Explication de la prière LE NOTRE-PÈRE – (PATER NOSTER)

Notre Père qui êtes aux Cieux.

Nous disons notre Père, parce que Jésus-Christ nous a appris à le dire, et qu'il a voulu par cette expression montrer, que pour prier Dieu utilement et chrétiennement, nous devons avoir dans le cœur un vrai ressentiment de la charité que Dieu a pour nous, en nous regardant tous comme ses enfants, comme il est notre père commun. Et il veut que nous nous unissions en même temps entre nous, en l'honorant pour nous et pour tous nos frères, en lui recommandant leurs besoins comme les nôtres; et qu'ainsi nous soyons devant lui, comme un même cœur et une même âme, sans nous rien approprier, et souhaitant que nos frères jouissent avec nous des mêmes grâces que nous lui demandons pour nous.

C'est pourquoi cette prière ne parle jamais en singulier ; mais toujours au pluriel, et ne demande rien de particulier pour personne; mais tout pour tous les Fidèles en général, sans distinguer les uns des autres, et les considérant tous comme un seul homme, et comme une même personne depuis le commencement jusqu'à la fin. Car nous ne disons pas à Dieu, je vous demande mon pain pour moi, ni pour quelqu'autre seulement; mais notre pain quotidien, ni la rémission de mes péchés, ou de ceux d'un autre ; mais celle de nos péchés sans restriction, ni délivrez-moi de la tentation et du mal, ou mes parents et mes amis; mais délivrez-nous-en tous tant que nous sommes du nombre de vos enfants.

Ces paroles, qui êtes au Ciel, signifient qu'encore que Dieu soit en tous lieux, par son essence et par son immensité, il n'y est pas néanmoins clairement comme dans le Ciel, où il habite et se rend visible. D`ailleurs Jésus-Christ a voulu nous représenter par ces paroles que le Ciel est notre pays puisque c'est la demeure de notre Père, et que nous ne sommes dans ce monde que comme étrangers et passants; et qu'ainsi nous ne devons pas nous y arrêter, mais porter ailleurs nos désirs et nos prétentions, et n'en avoir que pour le Ciel, qui est notre patrie, le Royaume de notre Pape, et le lieu de notre repos.

PREMIERE DEMANDE.

Que votre nom soit sanctifié.

Il faut entendre par le nom de Dieu, sa grandeur et sa Majesté; c'est-à-dire, tout ce qu` on peut concevoir de grand, d'éminent et de parfait. Car on ne saurait nommer aucune excellence, ni aucun degré éminent de puissance ou de perfection qui ne marque proprement Dieu et son essence. De sorte qu'en priant que son nom soit sanctifié; nous le prions de sanctifier non seulement quelqu'une de ses perfections et de ses merveilles; mais généralement tout ce qu'il y a en lui de grand et d'excellent; c'est-à-dire toute son essence, et tout ce qu'il est sans rien excepter.

Cette sanctification consiste dans l'honneur et le culte souverain qui lui est dû. Car sanctifier signifie dans l’Écriture rendre un devoir et un honneur non commun ni profane; mais sacré et religieux, et c'est dans ce langage de l'Écriture que Jésus-Christ nous apprend que la première de toutes les demandes que nous ferons à Dieu doit être que son nom soit sanctifié; c'est-à-dite saintement honoré; premièrement pour nous faire voir que nous devons préférer son honneur à toutes choses; et que si nos prières ne tendent à ce but comme à leur première fin, et ne partent de ce mouvement de respect et d'amour, elles ne peuvent lui être agréables, ni mériter d'être écoutées.

Il  nous apprend en second lieu, que Dieu n'a point besoin de nos honneurs, ni de nos adorations, et qu'il n'en tire aucun avantage; puisqu'il faut que nous les lui demandions comme une grâce, dont le fruit est tout à nous, et que nous sommes incapables de le produire, s'il ne nous en donne la force, et s'il ne s'honore et ne se sanctifie lui-même dans nous par sa bonté et par sa miséricorde; pour nous rendre participants de son bonheur. Nous désirons donc par cette demande, qu'il soit saintement honoré de tous les Chrétiens et de tous les Fidèles; c'est-à-dire, par une vraie Foi, et par l'accomplissement des promesses qu'ils lui ont faites au Baptême; qu'ils connaissent la grâce qu'ils y ont reçues; qu'ils la conservent en suivant exactement les règles de l'Évangile; qu'ils ne laissent point perdre par négligence et par oubli ; qu'ils aient soin d'éviter les relâchements pour prévenir les chutes, qui en sont comme inséparables; enfin que tous ceux qui sont dans son Église, se purifient et se sanctifient de plus en plus, pour le pouvoir honorer et servir en vrais enfants et en serviteurs fidèles, non à la vue du monde par des actions plausibles et agréables aux hommes; mais du fond du cœur par une humilité et une charité effective qui plaise à ses yeux, auxquels rien ne plaît que l’obéissance à ses commandements et à ses volontés et le mépris de toutes les autres choses.

Nous désirons encore qu'il plaise à Dieu de donner son esprit, à tous ceux de son Église quels qu'ils soient, en convertissant les uns et perfectionnant les autres et nous le prions de sanctifier son Église, afin Qu'elle soit capable de le sanctifier lui-même, et de l'honorer dignement; de la rendre tous les jours plus nette et plus forte; de la purifier, afin qu'elle lui puisse porter plus de fruit, et qu'elle paraisse continuellement à ses yeux plus agréable, plus belle, plus sainte, et plus digne d'être aimée; comme son Épouse fidèle et sans tache.

SECONDE DEMANDE.

Que votre Règne arrive.

Par ces paroles, nous prions Dieu de ne se contenter que nous le regardions, et que nous le révérions, comme ses serviteurs et ses enfants; mais qu'il lui plaise de venir pour régner comme notre Roi et de régner en nous pleinement et sans borne.  Et quoi qu'il soit vrai que Dieu règne dès à présent sur les Justes, et qu'ils soient son Royaume, comme il est dit plusieurs fois dans l'Écriture, et que le Royaume de Dieu soit dans eux selon les termes de l'Évangile, il est certain néanmoins, qu'il ne règne pas encore parfaitement, ni dans nos âmes, ni dans nos corps, et que son esprit n'y est pas absolument le maître, puisque la chair lui résiste, et lui fait continuellement la guerre, et souvent même avec avantage.

C'est pourquoi ses serviteurs l'appellent incessamment à leur secours, et implorent sa miséricorde, afin qu'il achève de briser en eux les chaînes du péché, et de leur donner la liberté entière des enfants de Dieu, en sorte qu'ils ne soient qu'à lui seul, qu'il n'y ait rien dans eux qui ne soit soumis à son empire,  et qu'il y soit obéi sans opposition et sans résistance. Et comme nous ne pouvons être pleinement dégagé de nos passions en cette vie sujette à la servitude de la corruption et de la mort, nous demandons encore par ces paroles, qu'il plaise à Dieu de nous tirer de ce siècle malheureux, non à cause des peines et des incommodités que nous y souffrons; mais à cause que nous n'y pouvons être assez soumis à sa domination, ni entièrement exempts de péché.

C'est pourquoi tous les Saints et les Justes désirent de sortir de ce monde à proportion de leur vertu, se plaignant que leur pèlerinage dure, et qu'ils demeurent ici longtemps parmi ceux qui méprisent Dieu impunément. Et si tous les Fidèles ne sont pas dans cette disposition de vouloir sortir de cette vie pour aller servir Dieu dans le Ciel; et lui obéir mieux qu'ils ne font ici, il faut qu'ils désirent pour le moins d'y être, et qu'ils fassent ce qu'ils peuvent pour y parvenir.

Il faut qu'ils tâchent de se dégager peu à peu de l'amour des choses présentes, et ensuite de celui de la vie de ce monde, qu'il faut être prêt de perdre pour Dieu, n'aimant que la seule vie éternelle pour laquelle l'homme a été créé. Ceux qui aiment beaucoup la vie, qui ont peine de se résoudre à la quitter, et qui appréhendent extrêmement la mort doivent travailler avec soin pour se défaire de cette faiblesse, qui est dangereuse, en se détachant peu à peu des choses qu'ils aiment dans cette vie, et dans eux-mêmes. Car c'est l'affection qu'on a pour diverse créatures, et l'amour de soi-même, qui est cause de cette attache à la vie, et de cette grande appréhension de la mort, étant clair que l'on sortirait aisément de ce monde si l'on n'y aimait rien, et que Dieu remplit seul notre cœur, comme il le devrait remplir selon l'Évangile.

TROISIÈME DEMANDE.

Que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel.

On entend par ces paroles, toutes les volontés de Dieu sans exception, et l'on désire qu'elles s'accomplissent toutes en la manière qu'il le veut en sorte qu'il ne soit pas seulement obéi et honoré parfaitement dans le Ciel, mais aussi sur la terre, et que tout soit absolument assujetti à ses Commandements. On désire qu'en toutes choses sa volonté soit faite, et non pas la nôtre, parce que le plus grand et le plus agréable Sacrifice, qu'on lui puisse offrir, est l'obéissance absolue, en préférant ses volontés à toutes les nôtres, quelques justes et saintes qu'elles nous paraissent, et quoique nous pensions y chercher plutôt ses intérêts que les nôtres. Car il n'a pas besoin de nos biens, ni de nos vœux, et il ne nous demande que la soumission, et la dépendance de ses volontés.

L'on prie Dieu de se faire rendre une obéissance et une soumission si pleine et si accomplie, non seulement dans l'Église et dans tous ses membres; mais aussi dans toute la terre, qu'il y soit reconnu et traité selon sa grandeur, et que le souhait du Prophète et de tous les Saints arrive : Que toute la terre vous adore, Seigneur, et qu'elle retentisse de vos louanges.

On demande encore par cette prière, non seulement que Dieu convertisse tous les hommes; mais aussi qu'il les assujettisse entièrement a ses volontés, comme ceux qui sont dans le Ciel. Et, enfin l'on demande que toutes les volontés de Dieu généralement, tant de sa justice que de sa miséricorde, soient accomplies dans la terre, puisqu'il doit être obéi et glorifié, dans les unes et dans les autres.

QUATRIÈME DEMANDE

Donnez-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.

Nous demandons à Dieu par ces paroles le pain de ses enfants, dont ils ont besoin continuellement dans le cours de cette vie. Car après avoir reçu de lui la renaissance spirituelle et divine dans le Baptême, ensuite de laquelle il a voulu que nous eussions l'honneur de l'appeler notre Père; et après nous avoir appris à lui témoigner l'affection, et lui rendre le respect que nous lui devons, comme ses vrais enfants, en le servant et lui obéissant du fond du cœur, et en souhaitant l'avènement de son Règne, et l'accomplissement de toutes ses volontés; qui est tout ce que nous pouvons désirer pour lui, et tout ce qu'il peut désirer de nous, il nous a aussi appris à lui demander le pain et la nourriture nécessaire pour conserver, et pour augmenter la vie qu'il nous a donnée au Baptême.

En disant qu'il nous donne ce pain aujourd'hui, nous le prions de nous le donner toujours. Car ce mot aujourd'hui ne signifie pas dans l'Écriture un seul jour de notre vie; mais cette vie toute entière, et tout le temps qu'elle doit durer, selon l'explication de saint Paul, et après lui de saint Augustin, qui dit que demander à Dieu le pain de ses enfants, ou sa grâce pour aujourd'hui, c'est le demander pour tout le temps de la vie présente, à quoi se rapporte ce que le même Père dit avec les autres, que nous demandons par ces paroles la persévérance, comme presque par toutes les autres de l'Oraison Dominicale. Nous appelons ce pain quotidien, ou de chaque jour, parce que nous en avons besoin tous les jours, et tous les moments. Car il ne suffit pas de le recevoir une fois si Dieu ne le communique tous les jours, et à toutes les heures du jour, sans discontinuer jamais.  Or il ne fait cette faveur qu'à ceux qui la demandent, et qui rendent leur prière aussi continuelle que leur besoin.

Ce pain n'est autre que l'esprit de Dieu et la grâce qui nous est absolument nécessaire, et de laquelle nous dépendons tellement, que nous ne pouvons faire un seul pas, ni subsister un moment dans la bonne voie sans elle. Et nous demandons ce pain à Dieu, comme ses enfants, par ce que nous ne pouvons être nourris que du même esprit dont nous avons été formés et engendrés par sa grâce, ni subsister autrement.


CINQUIÈME DEMANDE

Pardonnez-nous nos offenses , comme nous pardonnons a ceux qui nous ont offensés.

Cette demande est une suite et une dépendance inséparable de la précédente. Car la nourriture spirituelle, et le pain de vie que Dieu nous donne en ce monde, ne nous fortifie jamais si parfaitement, qu'il ne nous laisse toujours dans une faiblesse qui nous fait tomber à tout moment, de quoi les plus Saints et les plus Justes se plaignent et gémissent sans cesse devant Dieu.

Il faut donc se relever continuellement de ces chutes, en priant Dieu de nous faire miséricorde et de nous les pardonner. Les péchés qui paraissent petits, ou peu dangereux à ceux qui n'aiment guères Dieu, et qui pour cette raison sont négligés, affaiblissent la charité, et menacent de mort les âmes qui s'y accoutument, si elles ne s'en relèvent promptement par la pénitence, en priant Dieu de leur pardonner, comme elles pardonnent les fautes des autres. Et parce que cela se doit faire tous les jours et à tous moments, les Pères ont appelé cette prière : Medicina quotidiana, la Médecine de chaque jour.

Les péchés sont appelés dettes, parce qu'ils sont des injustices contre Dieu, ou contre les hommes, qui nous engagent à restituer ce que nous avons ôté injustement à Dieu ou aux hommes. Ce que nous avons ôté à Dieu est l'honneur et l'obéissance qui lui est due dans toutes les rencontres, et dans toutes les actions des hommes, et à laquelle les créatures mêmes insensibles ne manquent point, puisqu'elles le louent et font ses Commandements.

Or comme il n'y a point d'homme qui ne pèche tous les jours, il n'y en a point aussi qui ne soit redevable envers Dieu, et ne le pouvant payer par nous-mêmes, il faut nécessairement que nous le prions de nous remettre nos dettes, en nous donnant la grâce de faire pénitence, laquelle il n'a promise qu'à ceux qui la demandent. Et les péchés dont on demande ici la rémission ne sont pas les péchés mortels qui ruinent la sainteté et la justice, et qui tuent l'âme d'un seul coup; ce sont les péchés que commettent ordinairement les Justes dans cette vie, c'est-à-dite, des péchés légers qui procèdent de la fragilité commune de notre nature, et qui sont les seuls qui sont effacés par cette prière de chaque jour, lorsqu'on s'en repent véritablement et qu'on tâche de s'en corriger. Celui qui confessera ses péchés et les quittera, dit le Sage, en obtiendra grâce, et non pas celui qui y persistera et y demeurera attaché.

Quoi que cet Article de l'Oraison Dominicale ne nous oblige pas à demander pardon a ceux qui nous ont offensé, il veut que nous n'ayons point d'aigreur contre eux, et que nous leur remettions dans le fond du cœur les offenses qu'ils ont commises contre nous sans attendre qu'ils nous en prient. Et comme Dieu nous pardonne nos péchés, non seulement en ne se vengeant point, et en nous déchargeant de la punition que nous avons méritée; mais aussi en nous comblant de ses dons, et nous élevant au bonheur éternel, il faut aussi que nous traitions de même celui à qui nous pardonnons, et que non content de ne nous pas venger de lui, nous lui faisions le bien que nous pouvons, et lui donnions des marques d'une réconciliation parfaite, et d'une affection réelle et effective.

Autrement nous n'accomplissons pas la condition de la prière que Jésus-Christ nous a prescrite, et nous prions contre-nous mêmes, puisque nous demandons à Dieu le même traitement que nous faisons à notre frère, c'est-à-dire, non la même grâce, mais plutôt la même rigueur et la même dureté. Cette clause de l'Oraison Dominicale est si générale qu'elle oblige de pardonner non seulement aux Chrétiens et aux Fidèles; mais à tout le monde sans exception. Car elle ne met aucunes bornes à cette charité, puisqu'elle nous oblige de dire que nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé, sans considérer s'ils sont païens ou Chrétiens, Fidèles ou Infidèles, Hérétiques ou Catholiques.

SIXIÈME DEMANDE

Ne nous laissez pas entrer en tentation. ( De nos jours : Ne nous soumettez pas à la tentation)

La tentation étant proprement une épreuve, il y en a de deux sortes, l'une bonne, l'autre mauvaise. La bonne est celle qui se fait pour découvrir le bien ou le mal, qui est dans un esprit, afin de fortifier l'un et d'ôter l'autre. Dieu tente ses serviteurs en cette manière, comme il tenta Abraham, pour faire paraitre sa Foi et son obéissance; et pour la rendre encore plus parfaite par cet exercice.

La seconde qui est la mauvaise, est celle qui procède d'une mauvaise disposition, ou qui a pour but de séduire et de corrompre les esprits. Or par cette Demande nous ne prions point Dieu de ne permettre pas que nous soyons tentés parce que les tentations nous sont utiles, quoi qu'il y en ait qui sont mauvaises d'elles-mêmes. Car sans elles nous ne pourrions combattre, ni vaincre nos ennemis, ni mériter la récompense que Dieu nous a promise dans le Ciel. Nous ne pourrions-nous purifier des vices, ni augmenter les vertus, ni devenir humbles et patients, ni témoigner à Dieu la fidélité et l'amour désintéressé que nous avons pour lui.

Nous n'aurions pas le bonheur que l’Écriture dit qu'il y a de souffrir les tentations. Nous serions même privés à présent de la grande joie que nous devons ressentir des diverses tentations qui nous arrivent par les afflictions et les autres peines de la vie, si nous les supportons courageusement, c'est-à-dite, humblement. Enfin nous ne connaîtrions, ni Dieu, ni nous-mêmes, nous ne saurions, ni quelle est sa grandeur et sa bonté; ni quelle est notre misère, et nous serions dans un aveuglement et une ignorance de toutes choses.

Nous demandons seulement par ces paroles a notre Père céleste de nous préserver de la tentation qui fait pécher, qui vient du démon ( de l`ange déchu), ou de l'inclination
au mal; et nous le prions de faire par sa grâce que nous n'y consentions point. Nous le prions aussi de ne nous envoyer, ni nous accorder rien du tout, ni prospérité, ni adversité, ni bien, ni mal  quelconque qu’il prévoit nous devoir être un sujet de scandale, et une occasion de péché; mais de faire en sorte que nous ne soyons jamais ingrats et méconnaissant de ses dons, et qu'il ne nous arrive rien qui ne nous serve pour le louer, et pour lui rendre l'honneur que nous lui devons.


SEPTIÈME DEMANDE

Mais délivrez nous du mal.

Par ces paroles nous entendons toutes sortes de maux, parce qu'ils viennent tous du péché, sans lequel les hommes n'en auraient aucun, ni dans l'âme , ni dans le corps. Comme tous les effets et toutes les peines du péché dans l'homme, consistent en la privation du bien qu'il avait reçu de Dieu dans sa création; ils sont aussi tous compris sous le nom de mal quand on dit à Dieu, libera nos a malo; et on le prie proprement par ces paroles de nous délivrer de toutes ces suites malheureuses du péché. Le mal n'est autre chose que la privation du bien en général.

Ainsi le mal de l'homme est la privation du bien de l'homme qui est la justice, la pureté, l'innocence, et tous les avantages qui l'accompagnent dans l’esprit et dans le corps.
Mais le principal et le plus grand de ces maux, et qui est comme la source de tous les autres dans l'état présent, est la concupiscence.


Elle n'est pas seulement une peine du péché, mais une inclination et une disposition à pécher, qui produit de mauvais mouvements, et même des péchés dans les plus Saints. Et ainsi elle les dispose à toutes les disgrâces, et à toutes les rigueurs que Dieu peut exercer en ce monde sur eux selon sa justice. Car il n'y a point de maux temporels que le moindre péché ne mérite, si la miséricorde de Dieu n'arrête le cours de sa justice.

C'est donc de la concupiscence, comme de leur source, que procèdent tous les maux des Fidèles en ce monde, non-seulement ceux qui sont des peines de leurs péchés, mais aussi tous les péchés que les Justes même commettent chaque jour, puisque s'ils n'avaient pas en eux la concupiscence , ils n'en commettraient point. De sorte que la concupiscence est l'origine de tous les maux et de toutes leurs misères. Et pour cette raison elle est particulièrement marquée dans la dernière partie de l'Oraison Dominicale, où les Fidèles disent à Dieu : Délivrez-nous du mal.

Et c'est ainsi que saint Augustin l'a expliquée plusieurs fois, entendant par ce mal, dont on demande d'être délivré, la concupiscence, comme étant la racine et la cause originaire, d'où naissent tous les maux et toutes les misères des Saints sur la terre. Considérant donc dans la concupiscence tous ces maux qu'elle enferme, on peut dire que nous prions Dieu de nous les ôter tous, en le priant de nous délivrer de celle qui est en nous le mal des maux; parce que quand nous en serons délivrés il ne restera plus en nous aucune source, aucune marque, ni aucune trace du péché, ni par conséquent aucun autre mal.


Dernière édition par MichelT le Mar 9 Jan 2018 - 4:14, édité 3 fois

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690 Empty Re: LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690

Message par MichelT le Mer 4 Oct 2017 - 21:45

LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690 23b9ddec2bf28479e31e8d0bd576a895


EXPLICATION DES COMMANDEMENTS DE DIEU

Qui nous apprennent ce que nous devons faire.

Il ne suffit pas d'avoir appris par le Symbole à connaitre Dieu, et à croire en lui, ni d'avoir été instruit par l’Oraison Dominicale de la manière dont il faut lui demander sa grâce; il faut encore que nous devenions capables de lui rendre tous nos devoirs, en nous soumettant entièrement à sa conduite et à ses ordonnances.

C'est ce qu'on apprendra dans l'explication du Décalogue qui suit.

EXPLIC ATION DU PREMIER COMMANDEMENT.

Je suis le Seigneur votre Dieu, vous n'aurez  point d'autres Dieux que moi , et vous ne ferez aucune idole taillée pour l'adorer

Les premières paroles de ce Précepte nous obligent à reconnaitre que Dieu est le Seigneur absolu, souverain et unique de toutes choses sans exception; et qu'il n'y a rien, ni dans le Ciel, ni dans la Terre, qui ne soit à lui, qui ne lui donne hommage, et dont il ne puisse disposer comme il lui plaît.

Les suivantes nous défendent de reconnaitre aucun autre Dieu que lui, qui est le seul véritable, tous les autres ne pouvant être que de faux Dieux. Et les dernières nous marquent que les images qui sont défendues, sont les images d'idolâtrie, comme sont celles que les Païens se figuraient pour leur rendre des honneurs divins, et non pas celles qui ne représentent que des choses vraie, et à qui on n'attribue aucune divinité, ni aucun honneur divin. Car les Images de sculpture  de peinture qui sont en usage dans l'Église, ne sont point des Images qu'on adore, en leur donnant son amour et son affection; l'honneur même qu'on rend aux Saints qu'elles représentent, soit en paroles, soit en actions, en louanges, en soumission, ne s'arrête point à eux, mais se rapporte à Dieu pour lequel on les honore, et lequel seul on honore en eux, sans considérer autre chose que les vertus, les dons, et les marques de sa divinité qu'il leur a imprimées, et qui paraissent en eux.

Ce Précepte nous oblige donc à ne reconnaître qu'un seul Dieu, c'est-à-dire, à croire qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu, source de tout bien; à mettre en lui notre confiance, en sorte que nous n'ayons de consolation que de lui, et que nous ne Craignions que lui; à l'aimer seul, de manière que notre cœur ne se laisse jamais entraîner par l'amour d'aucune autre chose; que notre entendement pense à lui avant toutes choses, et que tous nos sens soient tellement occupés de lui, que tout ce qui se présente à nous pour s'en faire aimer n'en soit aimé qu'à cause de lui seul, qui doit être le premier mobile et le centre de notre dilection;  il nous oblige enfin à l'honorer par-dessus toutes choses, à n'adorer que lui, à lui consacrer notre culte, et lui vouer tous nos services, comme celui qui seul est le maître absolu de notre corps et de notre âme.

Ceux-là pèchent contre ce premier Commandement qui donnent la divinité ou l'honneur divin a d`autres qu'au vrai Dieu, ou qui honorent le vrai Dieu d'une manière profane et contraire à sa parole et à sa volonté. Ce qui convient à tous les superstitieux qui veulent rendre à Dieu, non pas l'honneur qu'il demande, mais celui qu'il ne demande point, et qu'il condamne. Tels sont ceux qui s'imaginent qu'on déshonorerait Dieu en faisant des choses qu'il ne défend pas, ou en ne faisant pas celle qu'il ne commande point, ou qu'il
défend; comme serait, par exemple de cracher dans l'Église, de faire certaines cérémonies nouvelles, de nouvelles prières qui ne sont pas autorisées, se formant ainsi des Commandements de Dieu selon leur humeur et leur fantaisie.

Il faut aussi mettre en même rang ceux qui n'adorent pas Dieu en esprit et en vérité, et ne lui rendent que des honneurs extérieurs, car ne l'aimant pas, et ne lui obéissant pas véritablement, ils ne l'adorent pas en effet et ne lui rendent point le culte qu'il demande dans ce premier Commandement. II faut dire la même chose des mauvais Chrétiens, qui sont encore plus criminels en ce qu'étant plus obligés d'honorer et de révérer Dieu sincèrement, ils ne le font néanmoins qu'en apparence, et aux yeux des hommes; parce que n'ayant point son amour et sa crainte dans le cœur, ils ne peuvent l`adorer en vérité, et que leurs adorations, leurs révérences, et leurs soumissions, ne sont que des illusions, et des outrages véritables.

On pèche aussi contre ce Commandement par une certaine idolâtrie intérieure et spirituelle, lorsque se glorifiant de ses vertus, et de ses bonnes œuvres, on s'en s`attribue à soi-même le mérite.  Lorsqu'on attribue à son industrie les heureux succès de ses entreprises, et l'acquisition des richesses et de la science, comme si tout cela venait de cette industrie, et non de la bonté de Dieu; Lorsqu'on met sa confiance ailleurs qu'en Dieu, comme quand on se fie sur ses richesses,  qu'en vue de cette confiance on ne craint point d`offenser Dieu. Lorsque détourné par les promesses, ou par les menaces des hommes on néglige de faire la volonté de Dieu; Lorsqu'on suit l'oisiveté, le luxe, la volupté; que l'on prend soin de son corps avec excès, et qu'on fait son Dieu de son ventre.


SECOND COMMANDEMENT

Vous n'emploierai pas vainement le nom du Seigneur votre Dieu.

Ce mot vainement, a plusieurs significations dans l`Écriture; mais il marque d'ordinaire ce qui est faux, et ce qui trompe. Et c'est dans ce sens qu'il saut prendre les paroles du second Commandement de Dieu, qui défendent de se servir de son nom in vanum; c'est-à-dire, pour appuyer des choses fausses en trompant les autres. Car toutes les expressions de l'Écriture montrent que Dieu veut dire qu'il ne faut pas abuser de son nom pour autoriser la fausseté ou le mensonge. Et ce n'est pas seulement une offense, mais une insulte et un mépris de Dieu tout visible et inexcusable de se servir de son nom pour confirmer le mensonge et la malice; et il est impossible qu'il dissimule ce crime, et qu'il ne le châtie sévèrement et avec ardeur.

On abuse du nom de Dieu en trois manières pour faire recevoir le mensonge. En jurant ce qui est faux; en ne voulant pas tenir ce qu'on a promis et en assurant pour certain ce dont on n'est pas assuré soi-même. Faire ces choses devant Dieu, et désirer qu'il les approuve et qu'il les confirme par son témoignage, c'est sans doute l'offenser et le déshonorer en abusant de son nom et de son autorité pour confirmer l'erreur et le mensonge, et par conséquent c'est en quelque sorte combattre et anéantir sa nature, par laquelle il est essentiellement la première vérité; c'est-à-dire, celle qui rend vrai tout ce qui est vrai, et condamne tout ce qui ne l`est pas.

On ne prend pas toujours Dieu expressément à témoin quand on jure, comme quand on dit : Aussi vrai que Dieu est, ou qu'il est au Ciel, ou qu'il nous voit. Il est clair qu'en parlant de la sorte on ne dit pas en termes formels qu'on prend Dieu à témoin, mais on le fait réellement,  car on assure devant Dieu, qui est partout comme Dieu, et spécialement dans le Ciel, d'où il voit tout, que la chose est vraie. Or, dire qu'on assure une chose en la présence d'un autre, c'est le prendre à témoin de ce que l'on soutient, et l'engager à soutenir ce qu'on dit. On prend donc Dieu pour témoin, et on l'engage à soutenir ce qu'on dit, assurant qu'il est aussi vrai que les plus grandes vérités et excellences de sa nature Divine, et par conséquent qu'elles ne subsisteront plus, et qu'il sera permis de les désavouer, s'il permet que ce qu'on dit soit contesté. Et c'est la raison pourquoi le serment est la fin de tous les différents, et de toutes les contestations qui naissent parmi les hommes, parce qu'il n'y a point de vérité après celle de Dieu, et qu'on ne peut récuser son témoignage sans rejeter ceux de tous les autres, et sans bannir du monde toutes les vérités, et tous ceux de qui on les peut apprendre.

Il faut dire la même chose de ceux qui jurent par leur foi ( si par-là ils entendent les vérités de la foi que Dieu a révélées) par le sang ou par la tête de Jésus-Christ, ou en d'autres termes semblables. Car alors ils prennent les mystères de la Religion pour garants de leurs paroles, en voulant qu'ils soient tenus pour faux, et méprisables, si ce qu'ils disent est faux. On prend aussi Dieu à témoin, quand on jure par les créatures; parce que quand on jure par les créatures, par le soleil, par la lumière, par le ciel, par la terre, par sa propre vie, ou par celle des autres, on s'oblige à être puni de la privation de ces choses, et à vouloir qu'elles soient détruites, si ce qu'on dit se trouve faux. C'est pourquoi Jésus-Christ dit dans l'Évangile que nous ne devons jurer ni par le ciel, ni par la terre, ni par le temple de Dieu, ni par nos têtes mêmes, parce que ces choses ne sont pas à nous, et ne dépendent pas de nous. Car quand on jure par les créatures, on s'adresse à Dieu comme à celui qui les tient dans sa main, et qui nous en donne la jouissance; et on proteste qu'on veut bien qu'il les détruise, ou qu'il nous les ôte pour nous punir, s'il voit que notre jurement ne soit pas vrai et sincère.

L'injure qu'on fait à Dieu par un faux serment, consiste proprement en ce qu'on a l'impudence d'assurer devant lui une fausseté, et de le prier de l'approuver comme s'il ne la voyait pas, ou que la voyant, il pût la dissimuler, et ne la pas punir sévèrement. Ceux qui jurent croyant que ce qu'ils disent est vrai, quoiqu'il soit faux, ne pèchent pas tant que ceux qui jurent faussement avec connaissance, et par pure malice. Mais ils ne laissent pas de pécher; et puisque ce qu'ils ont juré est faux, il s'ensuit qu'ils ont fait un faux serment. L'ignorance avec laquelle ils l'ont fait, peut bien diminuer leur péché, si elle ne vient pas de leur aveuglement, et de leur passion; mais elle ne suffit pas pour les excuser entièrement, parce qu'ils doivent savoir ce qu'ils sont dans une action si importante, et ne s'engager point dans des serments téméraires qui ne peuvent jamais être innocents.

Il est toujours permis de jurer avec raison, et avec discrétion, mais non pas sans raison et indiscrètement et nous ne devons jamais nous porter nous-mêmes à jurer pourquoi que ce soit ,mais l'éviter autant que nous pouvons, et ne nous y résoudre en aucun cas que par nécessité, de peur que la facilité de jurer ne nous fasse tomber dans le parjure qui est un serment faux et indiscret. II faut donc être entièrement assuré de ce qu'on jure, et celui qui ne l'est point, ne rend pas à Dieu le respect, et la révérence qu'il lui doit, puisqu'il s'expose à soutenir des faussetés en sa présence, et a mentir au saint Esprit. Ceux qui certifient, ou attestent une chose, en doivent être assurés aussi bien que ceux qui la jurent, puisque s'ils ne la savent certainement, ils ne la peuvent certifier, ou attester avec sincérité.

Le mensonge est aussi défendu par ce Commandement, parce qu'il défend généralement d'offenser Dieu en paroles, et de blesser son nom, et son autorité par des discours vains et inutiles; ce qu'on ne fait pas seulement en jurant, ou vouant avec fausseté ou témérité, mais aussi en disant des mensonges. Car ils combattent directement la Vérité, qui est, pour ainsi dire, l’essence même de Dieu, comme il le dit dans l'Évangile : EGO SUM VERITAS. Et s'il a dit qu'il jugera si rigoureusement les moindres paroles inutiles, combien plus rigoureusement jugera-t-il les mauvaises ? Et combien plus encore celles qu'on aura prononcés contre lui-même, et contre l'honneur et la révérence qui lui est due.

Il ne faut donc jamais jurer sans sujet, sans besoin et sans quelque raison considérable. Et il est clair que cette raison ne doit pas être légère et de peu d'importance, mais grande et proportionnée à la Majesté de Dieu, qui est invoquée et engagée dans le serment. Enfin le serment pour être bon et conforme aux règles de l'Écriture et de la foi, doit être rare, accompagné de beaucoup de crainte et de retenue, et employé seulement pour des choses grandes et importantes, selon la Loi de Dieu, et du Christianisme, qui sont principalement les spirituelles, et qui concernent le salut éternel et un bien général et public.  En un mot, c'est violer ce commandement que de se servir du nom de Dieu pour d'autres sujets que pour ceux qui regardent son honneur, ou l'utilité évidente du prochain.


TROISIÈME  COMMANDEMENT

Souvenez-vous de sanctifier le jour du Dimanche.

Ce précepte peut être pris en deux sens différents; le spirituel et le littéral. Le spirituel qui regarde les pécheurs et les justes ne s'entend point d'un jour particulier de la semaine, mais de tous les jours de notre vie. Pour les pécheurs la sanctification et le repos du jour du Seigneur que Dieu leur commande est de cesser de pécher; parce qu'alors ils entrent dans le repos de la vie, et quittant le mal, ils commencent de reposer en Dieu, et dans le vrai bien. De sorte que le pécheur célèbre spirituellement selon ce troisième Commandement ; quand il se repose, et s'abstient de ses œuvres qui sont les péchés, comme Dieu s'est reposé des siennes, après avoir créé le monde. Et ce repos du pécheur est le repos de Dieu, non seulement parce que c'est une imitation de celui de Dieu, mais aussi parce que c'est Dieu qui le donne, et qui le produit, en lui faisant la grâce de ne plus pécher. C'est le saint Esprit qui fait par sa miséricorde qu'on ne pèche plus, et qu'on sanctifie ainsi le jour du Seigneur.

Les justes satisfont spirituellement à ce Commandement en plusieurs manières. Premièrement en s'humiliant sous la puissante main de Dieu, et ne s'attribuant pas leurs bonnes œuvres, mais reconnaissant qu'elles viennent toutes de Dieu. Car le repos qu'il leur commande de célébrer saintement, ne les oblige pas à demeurer sans rien faire; mais ils doivent travailler continuellement comme ouvriers de Dieu, combattre le péché, et marcher et s'avancer tous les jours comme voyageurs du Ciel, sans s'arrêter nulle part jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à leur patrie qui n'est autre que le Paradis. L 'action des Saints consiste donc à faire ce que Dieu leur commande; et leur repos spirituel à le faire humblement en retenant leur propre esprit, et ne lui permettant pas de prévenir Dieu, mais de le suivre seulement  et de le laisser faire en eux ce qu'il veut.

Secondement les justes gardent spirituellement le repos de Dieu dans leurs bonnes œuvres en les rapportant toutes à Dieu, et au bonheur éternel sans prétendre rien sur la terre. Et cette manière de garder spirituellement le repos, et d'accomplit le troisième Commandement, est la plus excellente de toutes celles dont les hommes sont capables en ce monde, parce que c'est un dégagement, et une élévation par-dessus toutes les choses présentes, et une vraie imitation du repos de Dieu.

Il est donc vrai que les Chrétiens commencent d'observer spirituellement le repos que Dieu exige d'eux, quand ils se convertissent, et cessent de pécher; qu'ils continuent , et s'avancent dans ce saint repos, quand ils se portent humblement et purement aux bonnes œuvres sans intérêts, et sans présomption; et qu'ils ne l'achèvent, et consomment entièrement que dans le Ciel par le repos parfait de Dieu en eux, et d'eux en Dieu où ils vivent sans aucun travail, sans aucune peine , et sans aucun mouvement en se tenant simplement , et immuablement attachés à lui comme à leur centre par un amour, et une joie ineffable.

D'où il s'ensuit que ceux qui n'ont pas assez de soin de quitter leurs péchés grands et petits, et de détruire leurs inclinations, et leurs mauvaises habitudes; ceux qui font les bonnes œuvres par cupidité, par vanité, par plaisir, avec présomption, ou avec attache, et opiniâtreté; en sorte qu'ils ont peine de les interrompre, et de les laisser, lorsque l'ordre de Dieu, et la charité les y oblige; ceux qui ne travaillent pas purement pour Dieu, et pour le repos éternel, mais avec des vues humaines et particulières n'observent pas comme il faut le troisième Commandement, parce qu’ils contentent, et éblouissent les yeux des hommes par leurs actions.

Quant au sens littéral de ce précepte qui regarde le culte que nous devons rendre à Dieu, il regarde en même temps l'amour du prochain, puisque les œuvres manuelles et serviles doivent cesser non seulement, afin que les hommes libres des embarras, et des affaires du monde puissent vaquer plus aisément aux devoirs de la piété, et se donner entièrement au culte de Dieu; mais aussi, afin que les serviteurs, les servantes, et les animaux de labeur à qui autrement la dureté de leurs maîtres n'accorderait pas un jour de repos, si Dieu ne faisait cesser leur travail par le jour du Dimanche, puissent trouver quelque relâche à leurs fatigues. Or ceux-là observent parfaitement le jour du Seigneur qui s’abstenant de tout péché font encore cesser toute œuvre manuelle et servile, et emploient les jours de fête à chanter les louanges de Dieu, à penser à leur salut, et à exercer la charité envers leur prochain; qui écoutent avec attention la parole de Dieu, assistent avec édification et avec piété aux divins Offices, s'exercent en prières et en actions de grâces, font des aumônes aux pauvres, pratiquent envers eux les Œuvres de miséricorde, et s'emploient utilement à soulager le prochain dans ses différents besoins.

( Note : Œuvres de miséricorde corporelle : Donner à manger aux pauvres, Donner à boire  a ceux qui ont soif, Vêtir les pauvres, Visiter les malades, Racheter les prisonniers, Ensevelir les morts, Loger les pèlerins. Œuvres de Miséricorde spirituelle : Enseigner les ignorants de la foi, Corriger les défaillants dans la foi, Donner de bons conseils, Consoler les désolés, Porter patiemment les injures, pardonner les offenses, prier pour les vivants et les morts et pour ceux et ceux qui nous persécutent.)

Ceux-là pèchent contre ce Commandement qui négligent de se trouver les Dimanches, et les jours de fête aux lieux où les fidèles s'assemblent, d'assister à la Messe Paroissiale, aux Sermons, et aux Instructions qui s'y font, qui par paresse ou par mépris ne se trouvent point aux autres cérémonies de l'Église; ou qui venant à l'Église se moquent de Dieu en s'y comportent d'une manière indécente et profane, et troublent en même temps la dévotion des autres fidèles.

Ceux qui les jours de Dimanche ou de Fête travaillent sans y être obligé ni par la nécessité, ni par aucune utilité évidente du prochain. Ceux qui à la vérité ne travaillent point en ces jours-là, mais qui les passent en l'oisiveté au lieu de les employer à des exercices de piété. Mais ceux-là commettent un bien plus grand péché qui les emploient à des actions infâmes, ou qui donnent ce saint loisir aux désordres d'une vie sensuelle, passant en débauches, en festins, en danse, en spectacles, et en d'autres semblables occupations des jours dédiés à servir et honorer Dieu.

QUATRIÈME COMMANDEMENT.

Honoré votre Père, et votre Mère.

L'Honneur que Dieu veut qu'on rende aux Pères et aux Mères est un honneur entier et parfait qui ne consiste ni dans des œuvres extérieures sans une vraie affection intérieure; ni en des sentiments intérieurs d'affection sans des effets extérieurs, mais dans tous les deux ensemble. Car Dieu veut qu'on ait pour eux dans le cœur un amour qui ne soit point stérile, mais qui produise en son temps tous les fruits qu'il peut et qu'il doit, et tous les témoignages d'une amitié fidèle. Ce Commandement ne s'entend pas seulement des pères et mères charnels, il s'entend encore de tous ceux qui instruisent les autres, ou par leurs conseils ou par leur exemple, ou en quelque autre manière que ce soit, étant pères de ceux qu'ils instruisent, et qu'ils forment, selon le langage de l'Écriture.

Car on les doit croire, on leur doit obéir, et préférer leurs sentiments, et leurs avis aux siens propres, et ce serait non seulement orgueil et présomption, mais aussi méconnaissance et folie de ne leur vouloir pas céder, et de s'égaler même à eux dans les choses, dont ils ont plus d'intelligence, et d'expérience que nous, et enfin de ne leur témoigner pas de reconnaissance des instructions, des services, et des bons avis qu'on a reçu d'eux, en les aidant selon son pouvoir dans leurs besoins, et les préférant aux autres nécessiteux, à qui nous n'avons pas tant d'obligations, de sorte que la vertu, et l'humilité Chrétienne va jusqu'à s'abaisser et se soumettre aux moindres hommes qui ont quelque avantage par-dessus nous dans les choses les plus communes, Dieu les ayant établis nos Supérieurs et nos Pères dans ces choses, en les préférant à nous, en les rendant plus habiles que nous, et les ayant choisis pour instruments des faveurs et des biens qu'il nous a voulu communiquer, lesquels nous devons tous recevoir jusqu'aux plus petits avec une gratitude, et une humilité entière.

Ce devoir d'honorer les pères et mères s'entend encore des maîtres, des seigneurs et des princes, puisqu'ils ont toujours été considérés dans toutes sortes de peuples, et même dans l'Écriture sainte comme des pères à l'égard de leurs serviteurs et de leurs sujets. Or l'honneur que nous devons à nos pères et mères n'exige donc pas seulement de nous un grand respect pour eux, mais aussi que nous leur fassions du bien. Il nous oblige à les respecter véritablement et du fond du cœur, à n'avoir pour eux que des sentiments avantageux et remplis d'estime, en sorte qu'il ne se trouve personne sur la terre pour qui nous ayons tant d'amour et tant de vénération, puisque c'est par eux que Dieu nous a mis au monde.

Il demande aussi de nous que nous leur parlions avec douceur, que nous ayons pour eux toute sorte de déférence, que nous nous levions devant eux, que nous leur cédions les places honorables, et que nous craignions plus que toutes choses de laisser échapper la moindre parole ou le moindre geste qui puisse déplaire à leurs yeux ou les offensé. Il exige enfin une obéissance prompte et exacte à faire tout ce qu'ils vous commandent qui n'est pas contre les ordres de Dieu. L'obligation de leur faire du bien nous engage à leur fournir la nourriture; et le vêtement, lorsqu'ils sont devenus pauvres et vieux, à les soulager et les servir dans leurs infirmités, à supporter patiemment leur humeur chagrine, et les égarements de leur esprit, s'il vient par malheur à s'affaiblir.

Enfin nous devons seulement considérer en eux la qualité de père et de mère, sans envisager d'ailleurs les imperfections qu'ils peuvent avoir. On pèche contre ce Commandement, lorsqu'on manque de respect pour ses père et mère, lorsqu'on leur parle avec aigreur, ou qu'on les regarde de mauvais œil, qu'on les méprise secrètement, qu'on les charge d'injures et d'imprécations, ou qu'on les outrage de quelque manière que ce soit. Mais ceux dont les mains impies et sacrilèges frappent leur père et mère, et ceux qui leur refusent les aliments, lorsqu'ils sont pauvres et avancés en âge, sont plus cruels que les bêtes féroces.


CINQUIÈME COMMANDEMENT

Vous ne tuerez point

Ce précepte ne défend pas seulement de rien entreprendre contre la vie du prochain, il oblige encore à faire ce qu'on pourra pour la conserver. Car ceux qui négligent de secourir le prochain dans les besoins de la vie, qui n'ont pas soin de lui fournir les choses nécessaires, ou qui sont cause qu'il en manque, le tuent en quelque façon, et sont appelés par les Pères et par les Conciles, meurtriers des pauvres. Ceux qui pouvant donner ces choses nécessaires à ceux qui en ont besoin, ne les leur donnent pas, sont coupables comme s'ils le leur ôtaient; ils retiennent le pain des pauvres et celui qui pouvant sauver un homme en le nourrissant, n'a pas eu soin de le faire, est à son égard comme s'il l'avait tué.

On pèche encore contre la Loi qui défend l'homicide; en engageant le prochain à des dangers de mort, par intérêt ou par quelque autre passion, en l'excitant à des débauches qui le font périr peu après, et quelquefois sur le champ; ou qui lui causent des maladies incurables; en lui suscitant des querelles mortelles; en se déréglant soi-même dans le boire ou le manger, ou dans les plaisirs, en sorte qu'on en devienne dangereusement malade, qu'on en demeure abattu ou qu'on s'expose au danger d'en mourir, comme en effet on en meurt assez souvent.

Cela arrive quelquefois tout d'un coup et par un seul désordre, et souvent aussi dans une suite et une continuation de petits excès, dont la multitude et la durée ne laisse pas d'être périlleuse et meurtrière, et quelquefois beaucoup plus que de grands excès qui ne durent point, et ne blessent pas si profondément la nature, au lieu que ceux qui reviennent tous les jours, la minent insensiblement.

Dieu voulant donc par ce précepte que les hommes aient réciproquement soin les uns des autres, non - seulement nous défend de tuer et de blesser notre prochain; mais il nous commande encore de bannir de notre cœur tous les mouvements d'envie et de haine, qui peuvent nous porter à lui faire tort;  de lui souhaiter du bien, et même en cas de besoin, de le protéger, et de lui conserver la vie, tant par nos bons avis, que par nos bienfaits.

Ce Commandement exige de nous une grande douceur d'esprit, qui nous empêche non seulement de nuire à notre prochain, de parole, ou de fait, mais même de lui désirer du mal; une prompte réconciliation avec ceux avec lesquels il nous est survenu d'avoir quelque différends et une patience invincible à souffrir le tort qu'on nous fait, étant
prêt d'en souffrit encore davantage, si cela peut contribuer de quelque chose à la conversion et au salut des autres;  enfin un cœur tendre et bienfaisant, en sorte que loin de songer à ôter la vie à notre prochain, pour défendre notre propre vie, notre bien, ou notre honneur, nous soyons portez d'affection à la lui conserver.

On viole donc ce Commandement, lorsque de propos délibéré on commet soi-même un meurtre, ou qu'on y engage quelqu'un par force, par conseil, ou en lui prêtant la main; lorsqu'on refuse le secours que l'on peut donner à ceux qui sont en danger de mourir ou de faim, ou par quelque autre accident que ce soit; lors qu'on nourrit dans son cœur des désirs et des sentiments de vengeance contre son prochain et qu'on lui porte une haine secrète et obstinée, et qu'on ne peut se résoudre à pardonner à ceux qu'on a une fois haï.  On met au nombre des homicides les femmes qui nuisent volontairement à leur fruit, et le font périr.

Il y a pourtant une colère utile, qui ne cherche point à nuire, qui a en vue non la perte du prochain, mais son salut, qui n'en veut pas à l'homme, mais à ses vices. C'est elle qui autorise l'homicide, quand, selon l'esprit des lois on fait mourir les scélérats, pour conserver la justice, et mettre à couvert de leurs violences les gens de bien, qui se reposent sur la sureté publique.

SIXIÈME COMMANDEMENT.

Vous ne commettrai point le péché de la chair

Ce sixième Commandement condamne tout commerce charnel contraire à la raison, et aux lois en quelque condition que l'on soit, et il défend même aux gens mariés de s'aimer, et de se rendre le devoir du mariage par le seul mouvement de la cupidité, de la concupiscence, de l'amour propre, de la sensualité, qui sont une même chose, et ne regardent que le plaisir de l'homme; comme il est défendu de boire et de manger par sensualité, et de faire, quoi que ce soit, par amour propre et pour son plaisir; mais pour la gloire de Dieu. Cette loi nous oblige à bannit de notre cœur toutes les affections impures et illicites de la volupté charnelle, et à nous acquérir la chasteté, et la continence par le jeûne, les veilles, la prière, et les autres saints exercices, par lesquels nous pouvons obtenir, et conserver en nous ces vertus.

Elle défend aussi les pensées qui regardent les choses déshonnêtes avec complaisance en les goûtant, et les agréant; et c'est pécher contre ce précepte que de tenir des discours impudiques, de chanter des chansons déshonnêtes, de provoquer les autres, et soi-même à l'impureté par des représentations, des peintures, des habillements lascifs, de ne pas éviter l'ivrognerie et toutes sortes d'occasions capables de porter dans ce péché.

SEPTIÈME COMMANDEMENT

Vous ne déroberez point.

Ce Commandement défend généralement d’ôter aux hommes ce qui leur appartient en quelque manière que ce soit tant en secret qu’ouvertement, soit par finesse ou par force, et de ne prendre absolument rien de ce qui est à eux sans leur consentement. Il nous enjoint de secourir notre prochain dans tout ce qui regarde le soutient de la vie; de soulager la misère des pauvres par nos bienfaits et nos aumônes, ou si nous n'avons pas le moyens de leur en faire, du moins de leur prêter sans intérêt. Il nous ordonne aussi de chercher notre subsistance par notre travail, et notre industrie, pour ne pas être à charge au prochain par la mendicité; mais plutôt en état de pouvoir donner du nôtre à ceux qui en ont besoin.

Ceux-là pèchent contre ce précepte qui prennent en cachette le bien d'autrui; qui gâtent ce qui lui appartient, quoi qu'ils n'en profitent pas; les serviteurs qui par leur négligence laissent perdre, ou endommager le bien de leurs maîtres; les ouvriers, et les artisans qui pour un ouvrage mal fait ou pour une marchandise de peu de valeur exigent le salaire tout entier, ou se font payer au-delà du juste prix. Les maîtres qui frustrent leurs serviteurs de leurs gages, et les ouvriers de leurs salaires. Les sujets qui ne payent jamais les décimes, les tailles, et les autres charges légitimes sans quelques malices, et sans quelque fraude. Les Magistrats et les grands qui dissipent les deniers publics par leurs plaisirs, leurs parties de divertissements et de chasse, leurs folles dépenses.

Les Juges qui vendent la justice, et qui corrompus par des présents jugent contre les lois; les usuriers qui pillent et ruinent le menu peuple par les intérêts qu'ils en exigent; ceux qui volent impunément sur les grands chemins; les Princes qui gagne par présents autorisent tacitement les concussions et les usures; les Marchands qui usent de finesse, et de tromperie pour s'attirer le bien d'autrui; ceux qui achètent des marchandises pour en faire des magasins, et ne les vendre que dans une grande cherté; les voleurs sacrilèges qui prennent le bien des Églises, qui démolissent les temples, qui emploies à des usages profanes , et à l'entretien de leur luxe les revenus de l'Église qui sont le patrimoine des martyrs et des pauvres; qui s'emparent des ornements destinés à des usages sacrés pour en parer leurs femmes, leurs filles, et même les compagnes de leurs débauches ; ceux qui ne veulent rien donner du leur pour soulager les misère du prochain; ceux qui rendent avec altération, et de mauvaise foi ce qu'on leur avait prêté en bon état; ceux qui ayant été secourus dans leurs besoins payent d'ingratitude leurs bienfaiteurs; ceux qui ayant des forces suffisantes pour travailler, se sont gueux de profession; ceux qui aimant la fainéantise et le plaisir, dissipent dans le luxe les biens que leurs parents leur ont laissés; d'où il arrive qu'étant réduits à la mendicité, ils s'accoutument à vivre aux dépens d'autrui, et n'ont point de honte d'être à charge à leur prochain.


HUITIÈME COMMANDEMENT

Vous ne rendrez point de faux témoignage contre votre prochain.

Quoique ce Commandement s'entende directement du faux témoignage qu'on rend au préjudice de son prochain, on y peut comprendre toute sorte de faux témoignage tant avantageux que désavantageux, tant particulier que public, et généralement de tout ce qu'on dit, et affirme du prochain. Car tout cela doit être conforme à la vérité, et ne contient rien de faux. Dieu ne défend donc pas seulement ici les fausses accusations, mais aussi les fausses louanges; et l'on est aussi bien faux témoin en disant faussement du bien du prochain en particulier, qu'en disant faussement du mal de lui en public; et soit qu'on parle bien ou mal du prochain contre la vérité en particulier ou en public, on est faux témoin devant Dieu et devant ceux à qui on parle.

Ce précepte défend toute sorte de médisance, de flatterie, de tromperie, et de mensonge; et oblige en un mot à respecter et honorer en toutes choses la vérité qui est présente partout, et la suivre, et s'y attacher entièrement jusqu'aux moindres paroles, qui ne doivent pas seulement procéder de la raison , et de la justice commune à tous les hommes, mais aussi de la foi Chrétienne, qui regarde toujours Dieu comme son objet, et doit conduire toutes les paroles et les actions des Chrétiens, puisque : le juste vit par la foi.

D'où il s'ensuit que tout ce qui est contraire à la sincérité, et à la simplicité de cœur, tous les déguisements, les équivoques, la duplicité dans les discours, et dans la conduite,  et tout ce qui n'est pas conforme aux règles de la vérité est défendu par ce huitième Commandement. Car il oblige proprement à observer exactement, et à révérer la vérité dans le commerce, et la société humaine, sans la blesser jamais le moins du monde, et sans tromper le prochain en aucune manière.

On pêche donc contre ce Commandement, lorsqu'en justice on rend un faux témoignage contre quelqu'un pour lui faire perdre la vie, les biens, l'honneur, ou que par quelque moyen que ce puisse être on fait paraitre sa cause mauvaise devant les Juges, lorsqu'elle est bonne. Lorsque dans les conversations, ou par des libelles diffamatoires on noircit la réputation de son prochain par des calomnies, ou en interprétant mal ses intentions; lorsqu'on prête volontiers l'oreille aux médisances; lorsqu'on fait des rapports des uns aux autres de ce qu'ils ont dit, ou de ce qu'ils ont fait, d'où il arrive des dissensions et des querelles. On met dans ce rang les flatteurs qui s'insinuent chez les Grands en les louant même du mal qu'ils font; et qui par ces sortes de flatteries et de discours empoisonnés achèvent d'entraîner dans le vice des gens qui n'y sont déjà que trop enclins. Enfin ceux qui profèrent quelque mensonge que ce soit.

NEUVIÈME COMMANDEMENT

Vous ne désirerai point la femme de votre prochain.

Ce Commandement défend d'avoir aucun dessein sur la femme du prochain en quelque manière que ce soit, tant pour l'ôter a son mari vivant, que pour la prendre après sa mort. Et quoique Dieu ait défendu dans le Commandement suivant généralement tous les mauvais désirs, il a voulu faire une loi spéciale pour le mariage, parce que c'est la chose la plus importante à la vie civile, et à la société humaine, n'y ayant rien en quoi on la puisse plus troubler, qu'en voulant ôter à un mari sa femme, et le séparer en quelque façon de soi-même, et de sa propre personne.

Ce Commandement ne défend pas moins à la femme de désirer le mari d'une autre femme, et on peut dire même davantage. Car si la passion d'un mari qui désire d'épouser la femme d'un autre mari est meurtrière, et porte naturellement à désirer, et à procurer la mort du mari de celle qu'il aime, la passion d'une femme, qui veut épouser le mari d'une autre femme, est d'autant plus dangereuse et plus sujette à ce même crime.
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DIXIÈME COMMANDEMENT

Vous ne désirerez point la maison de votre prochain, ni sa terre, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne , ni rien de tout ce qui est à lui.

Quoique le septième Commandement défende non-seulement de dérober actuellement, mais d'en avoir la volonté; il a été nécessaire d'ajouter celui-ci pour défendre généralement toutes sortes de désirs du bien du prochain, parce qu'on peut désirer beaucoup de choses qui lui appartiennent sans avoir dessein de les dérober. Il y a plusieurs autres manières d'avoir le bien d'autrui, comme par achat, par échange , par arrangement. Et Dieu déclare par ce dixième Commandement qu'il n'est pas toujours permis de le vouloir acquérir par ces voies-là, quoique bonnes et justes en elles-mêmes. Car il ne suffit pas de vouloir des choses justes; il les faut vouloir justement.

Il faut que ce désir soit conforme à la volonté du prochain, en telle sorte que s'il ne veut pas se défaire de ce qu'il a, on le laisse en paix, et qu'on n'y pense plus, ne voulant rien faire contre son gré. On ne doit donc point désirer le bien du prochain absolument par avarice, par envie, et pour son seul avantage, sans avoir égard à celui de son frère, sans considérer sa volonté, et ne pensant qu'à s'accommoder, quoique sans une injustice qui paraisse, et en gardant les formes ordinaires, mais avec une telle disposition que si le prochain n'y veut pas donner son consentement, on tâchera de l'y engager avec adresse, en sorte qu'il lui soit difficile de s'en défendre. Celui qui est propriétaire d'un bien doit avoir la liberté d'en disposer. La possession n'appartient qu'à lui seul, et elle ne peut lui être ôtée sans injustice. Ainsi celui qui s’oppose à ce droit, et à cette liberté, ou qui la prévient par sa passion, et par sa cupidité, lui sait tort, et s'élève contre la justice aussi bien que contre la raison, contre l'équité naturelle, et contre la loi de la charité qui défend de faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fit.

Dieu ne s'est pas contenté de dire simplement qu'il ne faut désirer rien de ce qui est au prochain, mais il a voulu encore exprimer le bœuf et l'âne, l'esclave et la servante, pour l'instruction des plus grossiers, afin de leur faire mieux entendre qu'il ne leur est pas permis d'avoir aucune pensée de s'approprier quoique ce soit qui appartienne à leurs frères, quoiqu'il paraisse peu considérable, comme est un bœuf, ou un âne , un esclave, ou une servante. Comment donc y en a-t-il qui s'imaginent qu'il n'est pas défendu de désirer, et de tâcher d`avoir par des détours, et par des voies qui ne sont pas ouvertement justes, ce qu'il y a de beau et de rare chez les autres, de solliciter leurs valets, ou leurs servantes, et d'attirer généralement ce qui les peut accommoder ? Mais Dieu a voulu faire voit clairement, que s'il n'est pas permis de préférer ses intérêts à ceux du prochain, en de si petites choses, il le doit être beaucoup moins en de plus grandes et plus précieuses.

Il montre donc visiblement à tous qu'il veut qu'on n'ait pas seulement la pensée d'ôter rien au prochain en quelque manière que ce soit ; mais qu'on le considère toujours comme soi-même, regardant tout ce qu'il a sans aucune cupidité, et conservant avec lui une paix et une union inviolable en toutes choses sans exception. Dieu nous défend encore ici de posséder avec trop d'attache ce qui est légitimement à nous, parce que ceux qui sont attachés à leur bien, sont dans l'avarice; et il veut que ceux qui ont un bien, ceux qui l'acquièrent, et ceux qui en jouissent en soient aussi peu touchés, que ceux qui ne l'ont point, et qui n'en jouissent point.

Enfin pour obéir d'une manière parfaite aux deux derniers Commandements, il faudrait n'aimer point du tout le bien, ni la chair , et être entièrement pur et exempt de cupidité, et des désirs de la concupiscence. Mais si nous ne sommes pas dans cette perfection, il faut au moins se souvenir, que ces deux préceptes condamnent la convoitise, et nous défendent de rien faire de pensée ou de volonté qui puisse préjudicier à notre prochain; c'est-à-dire que l'on interdit ici non-seulement les commerces illicites, mais aussi le dessein de s'emparer de la femme d'autrui, ou de son bien, ou de lui nuire, quand même on le pourrait faire sous quelque couleur de justice, et avec quelque apparence de raison aux yeux des hommes, par exemple, user de finesse pour épouser une fille que l'on sait être promise à un autre; redemander à contretemps l'argent qu'on a prêté à quelqu'un, afin que ne se trouvant pas en état de restituer ce qu'il a emprunté, on se serve de ce prétexte pour l`obliger malgré lui à nous vendre sa maison ou sa terre dont notre avarice nous fait désirer ardemment la possession. En un mot ce précepte condamne tous les mauvais moyens d'acquérir, de s'enrichir, et d'avancer ses affaires aux dépens du prochain, quelques spécieux et autorisés qu'ils soient d'ailleurs parmi les hommes.


Dernière édition par MichelT le Mar 9 Jan 2018 - 20:24, édité 2 fois

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690 Empty Re: LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690

Message par MichelT le Sam 7 Oct 2017 - 20:40

EXPLICATION DES SACREMENTS.

Musique chrétienne: Graduel d' Aliénor de Bretagne - Orbis factor



IL ne suffit pas pour l'instruction des Chrétiens de leur avoir montré dans le Symbole ce qu'ils doivent CROIRE, dans le Notre-Père ce qu'ils doivent DEMANDER, et dans le Décalogue ce qu'ils doivent FAIRE, il saut encore leur apprendre dans l'explication des sept Sacrements ce qu'ils doivent RECEVOIR.

L'homme n'étant capable de rien sans la grâce de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ qui ne veut pas qu'aucun des siens périsse faute de moyens de se sauver, lorsqu'il a formé son Église, a aussi institué des Sacrements qui sont des canaux et des instruments ordonnés pour recevoir la grâce et la sainteté. Ces Sacrements ne sont pas de simples signes extérieurs et visibles de la grâce intérieure et invisible de Dieu; ils sont encore des signes efficaces, qui non-seulement nous marquent la grâce, mais qui se produisent encore dans l'âme de ceux qui les reçoivent dignement. Ils sont composés de la matière et de la forme; la matière consiste en ce qui se voit, et en ce qu'il y a de corporel, comme le pain et le vin dans la sainte Eucharistie, et l'eau dans le Baptême; et la forme de certaines paroles, et de certaines cérémonies avec lesquelles ils sont administrés.

En telle sorte que la parole qui est la forme du Sacrement, s'insinuant dans notre esprit par l'oreille, nous fait connaitre la volonté  et  les promesses de Dieu; et la matière qui tombe naturellement sous nos sens, nous offre une image de la chose qu'elle si signifie : si bien que la grâce de Dieu qui nous est signifiée dans le Sacrement par la parole, nous est aussi déclarée, et rendue sensible par le rapport que ces signes matériels ont avec les choses qu'ils nous représentent. Ainsi dans le Baptême, l'eau par sa qualité naturelle de nettoyer toutes les ordures du corps, nous donne à connaitre la netteté intérieure que la grâce et la promesse divine produisent en nous.

Les Sacrements que Jésus-Christ a institués dans son Église, sont au nombre de sept.

1. Le Baptême pour faire renaître l'homme en Jésus-Christ,
2. La Confirmation pour nous donner le saint Esprit, et avec lui, et par lui la force de résister aux tentations.
3. L'Eucharistie pour nous nourrir de Jésus-Christ sous les espèces du pain et du vin.
4. La Pénitence pour nous faire recouvrer la grâce perdue par le péché commis depuis le Baptême.
5. L'Extrême-Onction, pour nous fortifier au temps de la mort, et pour nous délivrer des restes du péché.
6. L'Ordre, pour donner aux hommes la puissance d'exercer les fonctions Ecclésiastiques, et la grâce du saint Esprit pour s'en acquitter saintement.
7. Le Mariage, pour la génération légitime des enfants, qui renaissant par le Baptême, puissent vivre Chrétiennement, et entretenir la succession de l`Église.

Du Baptême.

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Le baptême

Le Baptême est la première chose nécessaire pour sortit de l'état de notre naissance entachée du péché originel, et passer à celui de la grâce et de l'innocence. C'est la porte par laquelle nous entrons dans l`Église. C'est un Sacrement qui nous dispose à la réception de tous les autres, qui nous ouvre les trésors de la miséricorde, et qui nous donne droit à l'héritage du ciel par le caractère d'enfants de Dieu que ce mystère nous imprime.

La matière du Baptême est l'eau naturelle et élémentaire, soit de la mer ou d'une rivière, d'un étang, d'un puits, ou d'une fontaine. Dieu qui agit sagement en tout, a voulu choisir cette matière plutôt que les autres éléments, afin que le Baptême étant un Sacrement si nécessaire, et l'eau une chose si commune, il pût être très-aisément administré. Mais quoique l'eau seule suffise pour faire le Baptême, quand la nécessité le requiert néanmoins l` Église Catholique, suivant la tradition des Apôtres, a saintement observé les autres cérémonies que l'on y a apporté, et qu'on expliquera ci-après.

La forme est contenue en ces paroles essentielles: Je te baptise au Nom du Père et du Fils, et du saint Esprit. Le mot Je, regarde la personne et l` intention de celui qui baptise; le mot Je, regarde la personne de celui qui reçoit le Baptême; le mot baptise, regarde la chose; et ceux-ci, au Nom du Père et du Fils, et du saint Esprit, regardent la cause efficiente de la sanctification, qui est inséparable du Sacrement.

OBLIGATIONS GÉNÉRALES

La première institution du Baptême, fut lorsque Notre Seigneur le voulut recevait par les mains de saint Jean le Baptiste dans le Jourdain, et alors par l'attouchement de son saint et sacré Corps, l`eau fut sanctifiée pour servir à l'usage de ce Sacrement; mais comme ce Sacrement tire toute sa force de la Passion du Sauveur, il est constant que la Loi qui oblige tous les hommes de le recevoir, n’a été établie par lui qu'après sa glorieuse Résurrection, lors qu'envoyant ses Apôtres par toute la terre, il leur commanda de prêcher sa doctrine à toutes les Nations, et de les baptiser.

Pour en faciliter l'usage qui est si important, il a voulu que personne ne fût exclus de ce ministère; car outre les Prêtres à qui cette fonction appartient proprement, tous les hommes, et toutes les femmes de quelque condition qu'elles soient le peuvent donner, lorsque la nécessité s'y rencontre; même les Hérétiques, les Juifs, et les Infidèles, pourvu que leur intention soit de faire en cela ce que fait l’Église Catholique.

La coutume d'appeler des parrains à cette action sainte, est aussi très-louable, et très-ancienne; il n'en faut qu'un, ou deux au plus; et par l'ordonnance du Concile de Trente, il est défendu d'y en employer davantage. Leur charge est de prendre soin du nouveau baptisé, de l'instruire, lorsqu'il est en âge de comprendre, ce qu'on a promis pour lui à son Baptême, et de tenir la main à le lui faire fidèlement observer, et conserver. Saint Augustin dit que les parrains doivent avertir le baptisé de conserver la chasteté, d'aimer la justice, et de demeurer dans la charité, qu'ils lui doivent apprendre avant toutes choses, le Symbole des Apôtres, l'Oraison Dominicale, les Commandements de Dieu, et les premiers éléments de la Religion Catholique.

Les enfants sont baptisés en la foi de leurs parents, et en la foi de toute l'Église qui fait la société, et la communion des Saints. Ceux qui ont l`usage de la raison ne doivent point être reçus à ce divin Sacrement sans avoir été instruits des mystères de notre sainte Religion, sans avoir fait une bonne et sérieuse détestation des péchés passés, et sans qu'ils aient clairement déclaré leur volonté sur les demandes que leur fait l'Église.

Tous les péchés, quels qu'ils soient, l'originel, et les actuels, sont effacés, et entièrement remis, avec toute la peine qui leur est due, par la vertu admirable de ce même Sacrement. Que si après le Baptême, la concupiscence demeure en nous, qui nous incline au péché; néanmoins elle n'est nullement péché, au contraire elle est un sujet d'exercice et de mérite à ceux qui la combattent, et qui l'assujettissent à la raison et à la Loi divine.

Ce Sacrement ne donne pas seulement la grâce qui nous fait justes et héritiers du salut éternel; il en conserve encore une autre particulière, que l'on nomme la Grâce sacramentelle et baptismale, par laquelle l'âme des baptisés avec le caractère effectif et permanent qui l'accompagne, reçoit une lumière et une capacité pour assujettir l'entendement aux choses de la Foi, qui d'elles-mêmes paraissent incroyables aux sens et à la chair, et pour les comprendre autant que la nature de la Foi, et l' état de cette vie présente le peuvent permettre.

De la Confirmation.

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La Confirmation

Le Baptême est un Sacrement qui remet tous les péchés; mais comme il n'est pas moins nécessaire de persévérer dans la grâce, que de l'acquérir, Notre Seigneur en a institué un autre pour fortifier l'âme contre ceux dont elle pourrait être attaquée à l' avenir.

Ce Sacrement s'appelle la Confirmation, et celui qui en est l’Auteur y a attaché une grâce spirituelle, par laquelle les Chrétiens sont rendus forts pour s'opposer à leurs ennemis visibles et invisibles, et pour soutenir la Foi qu'ils ont reçue au Baptême.

Par le Sacrement de Baptême, dit un Pape, les fidèles sont enrôlés dans la milice Chrétienne, ils sous le drapeau de Jésus-Christ : mais la Confirmation leur donne des armes, et fortifie leurs cœurs pour le combat contre le péché; cette grâce s’opère par l’effusion du saint Esprit, et c'est ce dont on a vu des effets si prodigieux sur les Apôtres, et sur les Disciples au temps de l'Église naissante.

Notre Seigneur qui a institué le Sacrement de la Confirmation, en a aussi prescrit la forme, et la manière à ses Apôtres; c'est-à-savoir, les paroles, et l'onction du saint Chrême. La manière donc de ce Sacrement, est le saint Chrême, qui est une onction composée de l'huile, et du baume consacré par l'Évêque. Ces liqueurs représentent les diverses sortes de grâces que le saint Esprit conserve avec le Sacrement. Car l` huile dont autrefois l'on oignait le corps des Athlètes, les rendait plus robustes, et les mettait hors de prise à l'égard de leurs adversaires ; le baume qui ne se gâte point, est la marque de l'incorruption, et l`emploi qui se fait de l'un et de l'autre dans la Confirmation, démontre que ces mêmes effets sont opérés par leur application dans l'âme de celui qui reçoit ce Sacrement.

La forme consiste en ces paroles solennelles : Je te marque du signe de la Croix, et je le confirme, du Chrême de salut. Le seul Évêque est le Ministre ordinaire de ce Sacrement, et cette vérité est de tradition Apostolique confirmée de tout tems par l'usage, et par la pratique de l'Église. Il n'est pas de nécessité de salut de recevoir la Confirmation, ses excellences néanmoins sont si grandes, que nous ne pouvons l`omettre sans nous rendre coupables d'une très blâmable négligence.

Elle ne se réitère point, parce qu'elle imprime, un caractère. L'âge pour la recevoir est l'âge de discrétion  car quoi qu'elle pût être conférée aussitôt après le Baptême, néanmoins comme c'est un Sacrement qui dispose à soutenir les vérités de la Foi, et à exposer sa vie pour la défendre; l'Église a jugé qu'il était à propos que l'on attendit que ceux qui la recevraient, eussent l'usage de la raison, et qu'ils eussent atteint l'âge de douze ans, ou au moins de sept ans.

OBLIGATIONS GÉNÉRALES

On sait le signe de la Croix sur notre front, pour nous apprendre à confesser hardiment et sans honte, la Foi de Jésus-Christ. Et le soufflet qu'on nous applique sur la joue, est pour nous inspirer l'exercice de la patience, afin qu'ayant eu part aux souffrances du Sauveur en cette vie, nous ayons part à sa gloire en l'autre.

De l'Eucharistie

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Le troisième des Sacrements en ordre, mais le plus grand et le plus auguste en dignité, est celui de l'Eucharistie; parce que si les autres nous donnent la grâce, celui-ci nous donne la source et l'Auteur de la grâce.

II a été institué par Notre Seigneur aux dernières heures de sa vie. Ayant aimé les siens  comme parle l'Évangéliste saint Jean, il les a aimé jusqu'à la fin : Et leur voulant laisser quelque grandet mémorable gage de cet amour, sachant qu'il s'éloignait d'eux pour s'en aller à l'on Père, afin de n'être jamais absent de ses chers enfants, il établit après le dernier souper qu'il fit avec ses Apôtres, le Sacrement de la divine Eucharistie, par lequel tous les espèces du pain et du vin, qu'il consacra, il leur donna réellement, et substantiellement son Corps à manger, et son précieux sang à boire. Sa charité ne s'arrêta pas là, mais allant plus avant, il les fit Prêtres au même temps, il leur donna pouvoir sur son propre Corps, leur ordonnant de faire la même de ce qu'il venait d'accomplir; et afin que tous les Fidèles y eussent part, il perpétua en eux, et en leurs successeurs la puissance de faire, et d'administrer ce Sacrement.

Il est appelé Eucharistie, qui signifie Action de grâce, pour plusieurs raisons; et entr'autres, parce que comme les hommes ne sont pas capables de rendre des grâces à Dieu qui aient quelques proportion avec ses bienfaits, leur impuissance est suppléée abondamment par les mérites de son Fils, de qui il reçoit dans ce Sacrement une oblation très-pleine et très suffisant, en reconnaissance de toutes ses grâces, et de toutes ses faveurs. On l'appelle encore Communion, parce que comme saint Paul nous l' enseigne, et comme l'ont expliqué les Pères, ce Sacrement nous unit à Jésus-Christ qu'il nous communique son Sang et sa divinité; qu'il conjoint tous les Chrétiens en  lui; et que de lui et des fidèles il fait un même corps. On le nomme un Sacrifice de paix, parce que Jésus-Christ a réconcilié par son Sang, et a pacifié toutes choses au ciel et en la terre, et a éteint et étouffé en lui les anciennes inimitiés par lesquelles le péché retirait des hommes des grâces de Dieu, et rendait les enfants d'Adam opposés à leur Auteur.

Enfin on le nomme le Mystère de la Foi par excellence; parce que comme de tous les Mystères, c'est celui qui est le plus éloigné du sens humain, c'est lui qui porte aussi la Foi au plus haut point, et au plus grand mérite où elle puisse arrivée.

La matière de ce Sacrement est le pain et le vin; et quoi qu'ils soient deux choses différentes, néanmoins au saint Sacrement de l'Autel, ils ne sont qu'une même matière sous de différentes espèces. La forme sont les paroles que Notre Seigneur prononça pour cet effet au dernier souper, lorsqu'il dit en consacrant le pain : Ceci est mon Corps.
Et en consacrant le vin: Ceci est le Calice de mon Sang, du nouveau et éternel Testament, le Mystère de la Foi, qui sera répandu pour vous et pour plusieurs, pour la rémission des péchés, ou par ces mots ( le Calice de mon Sang ) il faut entendre que c'est ici son propre Sang qui est contenu dans ce Calice: par ceux-ci ( du Nouveau Testament ) il faut entendre que ce Sang est bien diffèrent de celui des victimes de l'Ancien Testament, qui n'étaient que les figures de son sang; au lieu que dans le Nouveau, il est son sang en vérité et en effet; et par le mot ( d`Éternel ) il faut entendre que par là nous sommes appelés à l'immortalité et à l`héritage du Ciel, qui nous a été acquis par la Passion de Jésus-Christ, et par l'effusion de ce précieux Sang.

Dans ce Mystère si caché, mais si adorable, la Foi nous propose quarre choses à croire : La première , que le vrai Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce même Corps qui est né de la Vierge, et qui est assis dans le Ciel à la droite de son Père, avec toute sa divinité et son humanité, se trouve tout entier dans la très-sainte Eucharistie, par ce changement extraordinaire qui se fait par la toute-puissance de Dieu, de la substance du pain en la substance de Jésus-Christ, et ce par une voie ineffable que l`Église Catholique, à qui le saint Esprit enseigne son langage aussi-bien que ses vérités, nomme Transubstantation.

La seconde, que le Corps de Jésus-Christ n'est pas là comme dans un lieu, qu'il n'y est grand ni petit, ce qui tomberait sous les règle de la quantité, mais qu'il y est en substance, et comme substance, car ainsi que nous venons de dire, la substance du pain est convertie en la substance de Jésus-Christ, mais non dans la quantité, et dans l'étendue qu'à Jésus-Christ ce qui ne doit pas sembler fort surprenant , puisqu'il se voit quelque chose de pareil, même dans l`ordre de la nature; étant véritable que la substance de l'air, et sa nature toute entière est aussi-bien contenue dans une petite partie de l'air, que dans une grande; et qu'une simple fiole renferme aussi bien toute la nature de l'eau, que le lit d'une grande rivière. La troisième est, qu'il n'y demeure pas la moindre chose de la substance du pain qui est changé, quoi qu'il en conserve les apparences. Et la quatrième, que les accidents qui se remarquent avec les yeux, et avec les autres sens, subsistent par le même infini pouvoir de Dieu, sans être arraché à aucun sujet.

Selon la doctrine des Pères de l`Église, ce précieux Corps de Jésus-Christ laisse dans les notres une source, et une semence de vie, de gloire, et d'immortalité, lorsqu'il est reçu dignement. C'est pourquoi on ne peut apporter une assez grande préparation pour se présenter à la Table Sacrée, comme Notre Seigneur nous l'a enseigné lui-même par sa conduite. Il lava les pieds à ses Apôtres avant que de les communier, et nous marqua par cette action qu'il faut nous nettoyer de nos moindres fautes, et de nos moindres imperfections, avant que de participer à ce mystère de grâce et d'amour.

Tous les Chrétiens devraient vivre si saintement, qu'ils pussent tous les jours recevoir le Corps de Notre Seigneur, comme faisaient ceux qui vivaient avec tant de pureté dans les premiers siècles de l'Église; mais depuis ce temps heureux, les choses ont tellement changé, et les mœurs se sont tellement relâchées, qu'il a fallu que la même Église ait fait un précepte pour les obliger à communier au moins une fois l'an à la Fête de Pâques. Le Concile de Latran et le Concile de Trente, ont imposé cette Loi à tous les Fidèles.

Et personne ne peut s'en dispenser sans pécher, à moins que son Pasteur ne le juge autrement pour des raisons particulières. Les personnes Laïques ne doivent communier
que sous l'espèce du pain. Et quoique l'on en ait usé autrement dans l'antiquité, ce n'a été que par l'ordre de l'Église; parce que l'usage de la coupe et du calice n'est pas de l'essence du Sacrement.

De la Pénitence

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La grâce est donnée aux hommes avec la justification par le Sacrement du Baptême. Mais comme ils la peuvent malheureusement perdre par leurs péchés qui les rendent ennemis de Dieu, et les font tomber dans son indignation et dans la damnation éternelle: Jésus-Christ par son infinie bonté a mis dans son Église le Sacrement de Pénitence, que les Peres ont nommé une seconde table après le naufrage, parce qu'il n'y a que ce seul moyen de se sauver après avoir perdu l`innocence du Baptême.

Le mot de pénitence est général, et signifie repentir. Mais pour l’appliquer à la pénitence Chrétienne, et à celle qui est nécessaire au salut, elle est distinguée en deux branches; l'une intérieure, et l'autre extérieure. Par l'intérieure on entend une douleur sincère, une horreur ou une détestation du péché commis à cause que Dieu en est offensé, avec une forme résolution de ne pécher plus à l'avenir. Et c'est ce que l'on peut nommer la véritable Pénitence. La pénitence extérieure, est ce qui se passe à nos yeux. C'est le Sacrement même, la pénitence qui nous est imposée selon la qualité de nos fautes, et l'absolution qui nous est donnée par le Prêtre en la manière que Notre Seigneur l'a instituée dans son Église. La pénitence intérieure est une vertu surnaturelle, parce qu'elle a Dieu pour son motif, et par ce qu'il est impossible de l'avoir sans un particulier mouvement de Dieu.

La pénitence extérieure est un véritable Sacrement, qui consiste en l`application et en l'usage et elle contient en soi deux choses sensibles, comme les autres Sacrements, par lesquelles elle signifie ce qui se passe intérieurement dans l'âme. Notre Seigneur, suivant sa grande bonté, a voulu introduire ce Sacrement de la rémission des péchés pour deux raisons principales. L'une, par ce que si l'abolition de nos fautes n'eût dépendu que de la pénitence intérieure, elle eût été souvent fort douteuse, et fort mal assurée, à cause de la pente naturelle qu'ont les hommes à se flatter, et que d'ailleurs il n'était pas juste qu'ils fussent leurs juges en leur propre cause, et l'autre parce que ce sage Législateur a arrêté qu'une grande partie de ses grâces découlât sur nous par la voie des Sacrements, et que celui-ci fût un signe visible de l’application invisible de son précieux sang, par la vertu duquel sont effacés les péchés que l'on a commis depuis le Baptême et qu'ainsi les pécheurs reconnussent qu'ils sont redevables de leur réconciliation à celui qui est l'auteur de cette insigne faveur.

La matière du Sacrement de la Pénitence sont les péchés que l'on a confessés; les parties intégrantes et nécessaires, afin que le Sacrement soit reçu utilement, et que les péchés soient remis, sont la douleur sincère que l'on en a, la confession entière que l'on en fait, et la satisfaction qui nous est imposée par les Ministres de l'Église. Quant à la forme elle consiste en ces paroles que le Prêtre prononce : Je vous absous de vos péchés par lesquelles ces mêmes péchés sont réellement et actuellement remis; et l'Église sert très proprement de ce mot: Je vous absous, qui est, comme si elle disait : Je vous délie. Car comme les péchés sont des liens qui retiennent les hommes dans la captivité du Diable ( de l`ange déchu), ils en sont heureusement déliés par la force de ce Sacrement.

C'est aussi l'effet de ces paroles , dont Notre Seigneur usa, lorsqu'il dit à saint Pierre : Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel. Et de ces autres, lorsque dans saint Jean le Sauveur dit encore en instituant le même Sacrement: Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez.  Sur quoi il faut remarquer qu'il ne donna pas à ses Disciples, ni par eux aux Prêtres qui leur ont succédé, un simple pouvoir de déclarer que les péchés étaient remis; mais qu'il leur laissa la puissance de les remettre en effet comme ses Ministres.

Ils exercent donc cette puissance comme les délégués de ce souverain Juge, et ce qu'ils font sur la terre, est approuvé et ratifié dans le ciel. Or comme il faut qu'un pénitent pour être ainsi délié, conçoive une grande douleur de ses péchés; il ne suffit pas qu'il se propose de ne plus offenser, ni qu'il s'abstienne seulement de ses premiers crimes, et vive dans la vertu; mais il doit avoir ce déplaisir dans le cœur qui lui fasse haïr le péché en général comme contraire à Dieu, et qui l'excite à faire une réflexion sérieuse sur tous ceux de sa vie passée, pour lui faire produire des fruits dignes de pénitence, c'est-à-dire, selon saint Grégoire Pape, proportionnés aux péchés qu'il a commis, et satisfaire Dieu qu'il a offensé.

II n'est pas néanmoins absolument nécessaire que cette douleur passe jusques dans les sens; car la contrition n'est pas un acte de sentiments extérieurs, mais c'est un mouvement de la volonté. La douleur, dit saint Augustin, n'est pas la pénitence, mais elle accompagne la pénitence. Ainsi quoi qu'un pécheur converti ne témoignât pas son déplaisir en versant beaucoup de larmes, il pourrait bien sans cela néanmoins avoir une véritable contrition dans le cœur.

Cela n'empêche pas que ce ne soit une circonstance qui est merveilleusement à souhaiter. Car il est vrai que la contrition doit être la plus grande douleur qu'une âme puisse concevoir, puisque l'on ne peut douter que le plus grand de tous les maux ne soit celui qui doit causer la plus grande affliction. Or il n'y a point de mal comparable à celui d'avoir offensé Dieu, puisque la perte des biens de la fortune, de la santé, des amis, n'a nulle proportion avec la perte de la grâce de Dieu, qui est le plus grand de tous les biens. Et delà il s'ensuit que rien ne nous doit être si sensible que de faire une telle perte, outre qu'elle ne se peut faire sans notre faute, et sans nous rendre coupables d'ingratitude et d'aveuglement, qui sont des maux que toute âme chrétienne pleurera toujours avec des larmes de sang.

La seconde partie du Sacrement de la Pénitence, est la Confession des péchés ou l'accusation que l'on en fait, avec intention d'en obtenir de Dieu le pardon, par la puissance des clefs, et par l`autorité qu'il a donnée à son Église. Cette accusation ne consiste pas en un simple récit, ou même dans une déclaration exacte de nos offenses; mais ce doit être une accusation sincère, et telle qu'un bon et fidèle sujet devait faire à son Roi, s'il l'avait offensé. Elle doit être accompagnée d'un grand regret, et d'une véritable reconnaissance de sa faute, et d'un désir violent de l'expier et de la punir par toute sorte de moyens. L'âge ordonné pour se confesser, est celui auquel on commence à avoir l'usage de la raison, et où l'on peut faire le discernement du bien et du mal.

L'Église, à cause de la dureté du cœur des Chrétiens d'aujourd’hui, ne les oblige par précepte de se confesser qu'une fois chaque année vers le temps de Pâques. Ce serait pourtant une négligence très-blâmable de ne recourir pas plus souvent à ce sacré remède. Pour faire une confession entière et parfaite, il faut se confesser de tous les péchés mortels dont on se sent coupable, il les faut tous déclarer en particulier avec les circonstances qui les augmentent moralement, ou qui changent d'espèce. On peut omettre les péchés véniels, quoi qu'il soit bon de s'en accuser, et ils sont une matière suffisante de l`absolution. Si un pénitent dans la Confession n'a pas déclaré quelque chose d'important, il est obligé de s'en confesser de nouveau.

Quant au Ministre de ce Sacrement, il est clair selon les Constitutions de l' Église, que ce sont les Prêtres, et qu'en eut réside la puissance ordinaire ou déléguée d'absoudre des péchés; car pour exercer légitimement ce haut emploi, il est nécessaire qu'ils aient non-seulement la puissance de l'Ordre, mais aussi celle de la juridiction. C'est ce que marquent évidemment ces paroles de Notre Seigneur que j'ai déjà rapportées : Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrai; et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrai.

Quoique ce Sacrement soit institué pour nous réconcilier avec Dieu, et quoique celui qui en est le Ministre en doive user avec toute la circonspection et la douceur possible; néanmoins il doit employer la sévérité en certaines occasions, et refuser même d'admettre à la Confession diverses sortes de personnes. Ceux qui sont coupables de péchés dont l'absolution est réservée au Pape, ou à l'Évêque, sont de ce nombre, lorsque l'on n'a pas le pouvoir de les absoudre. Ceux sur qui le Prêtre qui confesse n'a point de juridiction. Ceux qui n'ont aucune connaissance les principaux Mystères de la Foi, comme de la Trinité, de l`Incarnation, du Sacrement auquel ils se présentent; et il est de la prudence du Confesseur de les renvoyer jusqu'à ce qu'ils aient été instruits, s'il n'a lui-même le temps de les instruire. Ceux qui ne se sont pas assez examinés, et viennent au Confessionnal avec précipitation.

Ceux qui sont encore dans la chaleur toute récente de leurs crimes, si ce n'est qu'ils fussent dans un danger tout apparent: Ceux qui après en avoir été avertis, ne restituent point le bien d'autrui, le pouvant faire, ou retombent dans les mêmes péchés dont ils ont souvent été repris. Ceux-là, dis-je , doivent être remis pour un temps, jusqu'à ce qu'ils soient bien préparés. La Confession des péchés serait fort inutile, si elle n'était suivie d'une prompte et exacte satisfaction. Car si lorsque les hommes ont été offensés, toutes les lois humaines ordonnent de les satisfaire, il est beaucoup plus juste et plus raisonnable de contenter Dieu, et de réparer les injures qu'il a reçues.

La satisfaction, à proprement parler, est le paiement, ou la compensation d'une dette, ou d'un préjudice que l'on a causé à quelqu'un, et en ce sens l'Église Catholique reconnait trois manières de satisfactions pour réparer les offenses faites contre Dieu par ses créatures. La première qui est la générale, pleine, abondante, et surabondante, et qui contente et satisfait Dieu entièrement, et en toute rigueur de justice, est l’oblation que Jésus-Christ Notre Seigneur a faite de lui-même à son Père, l'effusion de tout son sang, et sa mort sur la croix, par laquelle il a payé les dettes de tous les hommes, et satisfait très parfaitement pour tous leurs péchés à la Justice Divine.  La seconde est celle que l'on nomme Canonique, laquelle est imposée selon les lois de l'Église aux pénitents, en considération de leurs péchés. La troisième consiste dans les peines, et dans les œuvres de mortification que les pécheurs s'imposent eux-mêmes pour se punir de leurs crimes, et pour venger sur leur personne les outrages commis contre Dieu.

L'effet de cette pénitence et de cette satisfaction que l`on nomme Canonique, est de Purger les restes du péché qui peuvent demeurer encore en l'âme du pénitent, et de lui remettre par la vertu du Sacrement les peines temporelles qui lui étaient dues. Que si elle n'a pas le même effet que le Baptême qui efface entièrement toute sorte de crimes sans autre satisfaction qui le suive; c`est qu`il y a grande différence entre celui qui a Péché avant que d'être baptisé, et celui qui ayant été délivré du péché, et de la servitude du démon par Baptême, et ayant été régénéré et nouveau en Jésus-Christ, a été assez ingrat et assez malheureux pour violer le temple de Dieu et retourner, pour user de ces terme d`un Apôtre, à ses vomissements.


De l'Extrême Onction

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L'Extrême-Onction est un sacrement que Notre Seigneur a institué dans son Église pour être administré aux Fidèles dans les maladies, ou, ils sont jugés être en danger de leur vie. Pour cette raison il est appelé Extrême-Onction, l'Onction des infirmes, ou le Sacrement de ceux qui partent de ce monde. Sa matière est l'huile pure tirée des olives, et consacrée par l'Évêque. Sa forme consiste aux paroles avec lesquelles il est appliqué sur les parties du corps du malade. On doit y faire les Onctions séparément sans omettre aucune de ces mêmes parties ; néanmoins s'il arrivait que le malade mourût après avait reçu la première des Onctions, le Sacrement serait bon, et il l'aurait véritablement reçu. Celui qui a le pouvoir de l'administrer, est le propre Pasteur, ou un Prêtre ayant charge de lui.

Son effet est de procurer la santé de l'âme et du corps même s`il est utile pour le malade. Mais il regarde plus particulièrement la santé de l'âme, qu'il purge ses souillures qui lui restent de ses péchés, et qu`il fortifie dans ce redoutable passage pour résister aux tentations que l'ennemi nous livre avec plus de violence que jamais, à l'heure de la mort.

L' Apôtre saint  Jacques nous a laissé dans son Épître Canonique,  un illustre témoignage de ce Sacrement : «Si quelqu`un d'entre vous est malade, qu'il appelle les prêtres de l`Église, et qu'ils prient pour lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur, et la prière de la Foi sauvera le malade, et le Seigneur le soulagera, et s`il a commis des péchés, ils
lui seront remis.» ( Épitre de St-Jacques 5,13)



Du Sacrement de l`Ordre

LES HEURES DE LA JOURNÉE CHRÉTIENNE, Où sont enseignées LES VOIES DU SALUT - France - année 1690 788px-Pietro_Antonio_Novelli_Sakramente_Priesterweihe

L' Ordre est un sacrement très-excellent et très nécessaire dans l'Église parce que les autres dépendent tellement de lui, que sans lui, ou ils ne peuvent être faits ou administrés; ou au moins ils manquent  du culte des cérémonies religieuses et solennelles qui les doivent accompagner. C'est un véritable Sacrement, en ce qu'il contient les propriétés et les qualités qui constituent un Sacrement. Car la consécration extérieure qui se fait en la personne du Prêtre, signifie et opère la grâce et le pouvoir qu'il reçoit intérieurement pour l'exercice de son ministère.

L'effet du Sacrement de l`Ordre, est premièrement de mettre en l'âme de celui qui le reçoit une grâce particulière et sanctifiante, par laquelle il est rendu propre à exercer dignement son ministère. Et en second lieu, de le faire le premier et principal ministre du très-divin Sacrement de l`Eucharistie; puisque c'est lui seul qui a le pouvoir de produire le Corps et le Sang de Jésus-Christ;  et cette puissance est accompagnée d'une certaine marque ou impression dans l'âme, que l'on nomme caractère, par laquelle le ministre qui la reçoit, est appliqué et consacré à cet usage, et distingué du reste des fidèles.


Du Sacrement de Mariage

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La sainteté parmi les Chrétiens, n'est pas renfermée dans le seul Sacrement de l'Ordre, et ne réside pas seulement dans la personne de ceux qui y sont appelés, auxquels la continence est commandée. Cette sainteté peut passer à ceux qui vivent dans l'état du mariage, qui est, selon saint Paul, un grand Sacrement en l`Église, et est le septième de ceux qu'elle reconnait.

Voici comment on le définit. Le Mariage est le lien légitime d'un homme et d'une femme, qui vive ensemble, qui renferme une obligation étroite de passer leur vie ensemble sans se pouvoir séparer; d'où l'on voit que la nature et l'effet du Mariage consiste dans l'obligation, et dans le nœud qui les assemble, et que ce n'est pas parler assez significativement que le consentement suffit pour faire un Mariage.  Car il faut qu'il y ait une stipulation formelle et précise entre les époux, de laquelle le consentement n'est que la cause efficiente. C'est pourquoi, pour faire qu'un mariage soit valable, il faut que les paroles portent un consentement au temps présent entre les parties ,et que ce soit elles-mêmes qui les prononcent.

Tout autre consentement ne peut passer que pour promesse qui véritablement doit être observée; mais qui ne peut faire un vrai et légitime mariage. La conjonction des corps n'est pas requise pour le rendre tel, et c'est en ce sens que les Jurisconsultes ont dit que le consentement et non la consommation, faisait le mariage, et que saint Augustin dit que le mariage d'entre saint Joseph et la sainte Vierge a été véritable. Dieu a été le premier Instituteur de cette liaison si étroite, lorsqu'au commencement du monde il créa l`homme et la femme de deux sexes différents, et leur dit: Croissez et multiplié. Et ensuite : Il n` est pas bon que l'homme soit seul , donnons-lui une aide semblable a lui. Et ainsi il établit entr'eux un lien perpétuel et indissoluble.

Notre Seigneur Jésus-Christ en a fait un Sacrement dans son Église et  comme les œuvres de la grâce perfectionnent celles de la nature; au lieu qu'au commencement le mariage n'avait été institué que pour la multiplication nécessaire des hommes ; il a maintenant une fin beaucoup plus relevée, qui est d'élever un peuple destiné pour rendre le vrai culte et le souverain honneur à Dieu et à son Fils notre Sauveur, et pour représenter l'étroite et incomparable union qui est entre lui et son Église, dont le mariage est le symbole. Ce Sacrement donne la grâce, et son effet particulier est une mutuelle affection entre les époux, qui se bornent tellement dans leur amitié réciproque, qu'ils s'abstiennent religieusement d'en recevoir d'étrangères. Aussi selon le précepte de Notre Seigneur, ils ne doivent plus être deux ou quoi qu'ils soient deux, ils ne doivent plus se considérer que comme une même chose.

En cela Notre Seigneur a rétabli ce lien dans sa pureté originelle qui avait été corrompue en la Loi de nature et en la Loi de Moïse, par la multiplicité des femmes, contre l'institution de Dieu qui avait voulu qu'un homme fut le seul mari d'une seule femme, et que rien ne les pût séparer. Le divorce parmi les Juifs était une condescendance et non pas une loi, et il leur fut permis  à cause de la dureté de leur cœur, comme parle le Fils de Dieu.

Entre les Chrétiens il peut y avoir une séparation de demeure à cause du mauvais traitement ou de l'adultère, mais le divorce ne leur a jamais été accordé. L'Église a toujours espéré et toujours procuré la réconciliation entre ses enfants, quelques causes de dégoût et de discorde qui puissent naitre entre eux;  et leur mariage étant une image de l'union de Jésus-Christ  et de son Église, comme il est impossible qu'il se sépare d'elle, ainsi aucune chose ne peut rendre légitime le divorce du mari et de la femme , surtout après qu'il a été consommé.

Les Mariages clandestins sont défendus par le Droit Ecclésiastique, aussi bien que par le Droit civil et tout Mariage est nul et invalide qui n`a point été contracté en la présence du propre curé, ou d`un autre prêtre qui a pouvoir sur lui ou de l'Ordinaire à cet effet, et d'un certain nombre de témoins.

FIN

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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