Le Jour des Morts ( 2 novembre)

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Le Jour des Morts ( 2 novembre)

Message par MichelT le Mer 1 Nov 2017 - 20:52

Le Jour des Morts ( 2 novembre)

Source: Tableau poétique des fêtes chrétiennes - Vicomte Walsh - 19 eme siècle.

La religion, non satisfaite de donner des prières et des bénédictions à chaque cercueil, a couronné les choses de l'autre vie par une cérémonie générale, où elle réunit la mémoire des innombrables habitants du sépulcre; vaste communauté des morts, où le grand est couché auprès du petit; république de parfaite égalité, où l'on n'entre point sans ôter son casque et sa couronne, pour passer par la porte abaissée du tombeau.



Dans ce jour solennel, où l'on célèbre les funérailles de la famille entière d'Adam, l'âme mêle ses tribulations pour les anciens morts aux peines qu'elle ressent pour ses amis nouvellement perdus. Le chagrin prend, par cette union, quelque chose de souverainement beau, comme une moderne douleur prend le caractère antique quand celui qui l'exprime a nourri son génie des vieilles traditions d'Homère. La religion seule était capable d'élargir assez le cœur de l'homme pour qu'il pût contenir des soupirs et des amours égaux en nombre à la multitude qu'il avait à honorer.

Le soir de la Toussaint, pendant que chaque famille, de retour des offices, reste rassemblée devant le foyer domestique, qui a repris sa flamme et sa douce chaleur, on entend descendre des tours et clochers, et se mêler au premier silence de la nuit, des tintements funéraires. C'est la voix des trépassés qui demandent que les vivants prient pour eux.



Cette voix de fer, comme dit Shakespeare, tombe d'en haut sur ceux qui s'en vont chercher des distractions, des spectacles et des plaisirs; elle tombe sur tous, donnant des pensées graves à ceux qui ne voudraient que rire et folâtrer : car, voyez-vous, cette fête des morts n'est pas comme les autres fêtes ; il y a des esprits qui ne veulent ni de Noël, ni de Pâques, qui ne croient ni à la naissance, ni à la résurrection du Christ ; mais qui sont bien forcés de croire à la mort de leur mère, de leur père..., de leurs enfants, peut-être!... Alors, la cloche du jour des trépassés leur dit quelque chose, et tout bas ils avouent que le catholicisme a des solennités qui parlent au cœur.


Cloche du glas funèbre



Admirez quelle connaissance la religion a du cœur humain ! Elle a voulu faire prier ses enfants pour le, morts; mais, pour qu'à la vue de tant de cercueils la tristesse et la douleur n'absorbassent pas trop leurs Ames, elle a montré les rayons du ciel à côté des ombres du sépulcre, la résurrection auprès de la mort. Le jour de la fête de tous les saints, elle n'a parlé que du bonheur des élus, que de leurs délices sans fin, que de leur gloire, afin que, le lendemain, nous priassions avec plus de ferveur, avec plus d'instances, pour que le Dieu des vivants et des morts donne à notre père, à notre mère, à nos amis, ce repos et cette félicité que l'orateur sacré nous a fait entrevoir.



Figurez-vous donc un jour des morts sans un reflet du ciel! 0 Dieu! que tout y serait noir et lugubre! Cercueil, destruction, pourriture, voilà ce qui viendrait à l'esprit, ce qui saisirait le cœur, quand oh serait rassemblé pour penser à ses parents, à ses amis morts; on reculerait épouvanté; car on ne verrait que vers et corruption. L'encens de cette cruelle fête ne serait que la puanteur du sépulcre ; ses cierges, que les torches des funérailles; ses chants, que des plaintes, et ses hymnes que des gémissements.



Dieu, qui a fait le cœur de l'homme, en connaît la faiblesse, en conçoit les terreurs: aussi quand il veut, pour notre bien, que nous songions à la mort, il fait tomber sur elle quelques lueurs de sa gloire; quand il nous commande de venir prier près des tombeaux, il fait descendre dans les régions funèbres deux filles des cieux, la foi et l'espérance; et ces saintes enchanteresses nous disent là des paroles si douces, que la terreur nous abandonne; et au lieu des épouvantements de la mort, nous ressentons un calme, une paix, qui consolent; à travers nos pleurs, nous voyons de beaux anges emportant sur leurs ailes les âmes délivrées de nos amis...; et dans le profond silence qui s'étend sur toutes les tombes, si un mot nous arrive, c'est celui de résurrection!

Jamais on ne nous a autant montré, enseigné la puissance de la prière et l'excellence de notre grand sacrifice, qu'auprès des autels tendus de deuil ; auprès du cercueil, l'Église a voulu nous faire voir la prière plus forte que la mort. C'est sur le corps glacé de notre mère, sur les restes de notre vieux père, sur les jeunes cadavres de nos enfants, sur la cendre de nos amis , que le christianisme nous dit : N'ayez pas peur, nolite timere ; la tombe, c'est le berceau de l'immortalité; levez la tête, regardez : vos amis, vos enfants, votre père, votre mère, n'ont laissé ici-bas que leurs dépouilles, que leurs vêtements usés; ils avaient eu foi dans le Christ, et le Christ, c'est la résurrection et la vie...



Admirable! mille fois admirable la religion qui console ainsi ! Sois donc bénie par tous les hommes, ô sainte foi catholique! c'est toi seule qui peux crier sur les tombeaux:

O mort! où est ta victoire?

0 mort! où est ton aiguillon?

C'est toi qui donnes à nos affections, à nos amitiés, une durée qui s'allonge par de là la vie; c'est toi qui renoues les liens que les années et les maladies avaient voulu rompre; c'est toi qui concèdes aux enfants le pouvoir de racheter du purgatoire les âmes de leurs pères et de leurs mères, et aux parents la puissance de donner une seconde fois la vie à leurs enfants. Pendant que le pauvre mendiant a vécu ses mauvais jours, pendant qu'il a souffert et gémi, qui a le mieux secouru ses douleurs, consolé ses souffrances?... Oh! nous le savons tous : c'est la religion.

Eh bien ! quand le mendiant aura fait son temps de misère ; quand son cadavre sans suaire et sans cercueil sera gisant sur la paille, qui viendra le garder comme un cadavre de roi? encore la religion.

Car, voyez-vous : Chez les anciens, les restes du pauvre ou de l'esclave étaient abandonnés presque sans honneurs; parmi nous, le ministre des autels est obligé de veiller au cercueil du villageois comme au catafalque du monarque. L'indigent de l'Évangile, en exhalant son dernier soupir, devient soudain (chose sublime!) un être auguste et sacré... A peine le mendiant qui languissait à nos portes, objet de nos dégoûts et de nos mépris , a-t-il quitté cette vie, que la religion nous force à nous incliner devant lui. Elle nous rappelle à une égalité formidable, ou plutôt elle nous commande de respecter un juste racheté par le sang de Jésus-Christ, et qui, d'une condition obscure et misérable, vient de monter à un trône céleste.

C'est ainsi que le grand nom de chrétien met tout de niveau dans la mort, et l'orgueil du plus puissant potentat ne peut arracher à la religion d'autre prière que celle-là même qu'elle offre pour le dernier manant de la cité.  Sous la croix de marbre qui étend ses bras sur les restes du riche, sous la croix de bois noir qui protège la fosse de gazon du simple villageois, le religion, quand, est venu le jour des morts, fait entendre les mêmes paroles. Écoutez : Bienheureux sont ceux qui dorment dans le Seigneur!



Le Seigneur parlera, et les morts entendront la voix du fils de Dieu. Celui qui écoute sa parole et qui croit en lui est passé de la mort à la vie. L'heure vient, et tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix ; et ceux qui auront bien fait sortiront pour ressusciter à la vie ; et ceux qui auront mal fait sortiront pour ressusciter à leur condamnation.
Quand cette heure dernière sera arrivée, heure à laquelle Dieu a résolu de réveiller les élus de leur sommeil, une voix sortira du trône et de la propre bouche du fils de Dieu, qui ordonnera aux morts de revivre : « Os arides! os desséchés! écoutez la parole du Seigneur! Ossa arida, audite verbum Domini! »



Au son de cette voix toute-puissante qui se fera entendre en un moment de l'orient jusqu'à l'occident, et du septentrion jusqu'au midi , les corps gisants, les os desséchés, la cendre et la poussière froide et insensible, seront émus dans le creux de leurs tombeaux. Toute la nature commencera à se remuer, et la mer, et la terre, et les abymes, se prépareront à rendre leurs morts, qu'on croyait qu'ils avaient engloutis comme leur proie, mais qu'ils avaient seulement reçus comme dépôt, pour le remettre fidèlement au premier ordre : car Jésus, qui aime les siens jusqu'à la fin, prendra soin de ramasser, de toutes les parties du monde , leurs restes toujours précieux devant lui. Il ne faut pas s'étonner d'un si merveilleux soin, c'est de lui qu'il est écrit qu'il porte tout l'univers par sa parole très-efficace.

Toute la vaste étendue de la terre et les profondeurs des mers, et toute l'immensité du monde, ne sont qu'un point devant ses yeux; il soutient de son doigt les fondements de la terre; l'univers entier est sous sa main. Et lui, qui a bien su trouver nos corps dans le néant même, d'où il les a tirés par sa parole, ne les laissera pas échapper à sa puissance au milieu de ses créatures; car cette matière de nos corps n'est pas moins à lui pour avoir changé de nom et de forme. Ainsi, il saura bien ramasser les restes dispersés de nos corps qui lui sont toujours chers, parce qu'il les a une fois unis à une âme qui est son image. En quelque coin de l'univers que la loi des changements ait jeté nos restes, il les gardera; et quand la violence de la mort les aurait poussés jusqu'au néant, Dieu ne les aurait pas perdus pour cela : Car il appelle ce qui n'est pas avec la même facilité que ce qui est. Et Tertullien a raison de dire que le néant est à lui.

Je le demande avec orgueil, y a-t-il sous le soleil un culte qui sache aussi bien consoler de la mort que le catholicisme? Eh! non, il n'y en a pas. Sans doute d'autres religions que la nôtre commandent de croire à la résurrection des corps; mais voilà tout; elles ne disent point que les vivants peuvent hâter le bonheur des morts. Tandis que nous, catholiques, avec nos prières, avec notre grand sacrifice d'expiation, nous délivrons les âmes de ceux que nous pleurons.

Aussi, le jour des trépassés est une des fêtes que le peuple comprend le mieux. Dans nos églises autour du catafalque, dans les cimetières parmi les monuments somptueux et les fosses où poussent les longues herbes et les mauves bleues, on le voit prier avec une tristesse mêlée d`espérance... Et comment l'espérance ne descendrait elle pas dans nos cœurs, quand nous demandons la paix et le repos pour nos proches, pour nos amis, passés de vie à trépas?

Dans les admirables prières de l'Église, tantôt ce sont des cris de douleur, tantôt des cris d'espoir ; la mort se plaint, se réjouit, tremble, se rassure, gémit et supplie :
« Le jour qu'ils ont rendu l'esprit, ils retournent à leur terre originelle, et toutes leurs vaines pensées périssent. 0 mon Dieu ! ne vous souvenez ni des fautes de ma jeunesse, ni de mes ignorances ! 0 Dieu ! cessez de m'affliger, puisque mes jours ne sont que néant !  Lorsque vous me chercherez le matin, vous ne me trouverez plus. La vie m'est lourde à porter ; la vie m'est pleine d'ennuis ; je m'abandonne aux regrets. Seigneur, vos jours sont-ils comme les jours des hommes mortels, et vos années éternelles comme nos passagères années ?»

Pourquoi, Seigneur, détournez-vous votre visage et me traitez-vous comme votre ennemi? Devez-vous déployer votre puissance contre une feuille que le vent emporte, contre une feuille séchée! L'homme né de la femme vit peu de temps, et il est rempli de beaucoup de misères ; il est comme une ombre qui ne demeure jamais dans un même état. Mes jours sont passés, toutes mes pensées sont évanouies, toutes les espérances de mon cœur dissipées... Je dis au sépulcre : Vous serez mon père ; et aux vers, vous serez ma mère et mes sœurs.»

Une voix dit : Mes jours se sont évanouis comme la fumée, mes os sont tombés en poudre. Une autre voix répond : Mes jours ont décliné comme l'ombre. « Qu'est-ce que la vie ? demande le prêtre. La foule répond : Une petite vapeur. « Les morts se sont endormis dans la poussière. Ils ressusciteront tous comme ils étaient. Ils se réveilleront. Oui, glorieux dans le Seigneur. Heureux ceux qui dorment dans le Seigneur ; car leurs bonnes œuvres les suivent, et dans le sein de Dieu ils se reposent de tous leurs travaux ! Du fond de l'abîme, nous crions vers vous, ô Seigneur ! Seigneur, écoutez notre voix ! Si vous comptez toutes nos iniquités, oh ! qui pourra soutenir votre jugement ? Mais la miséricorde est grande entre vos mains ; — Seigneur, soyez-nous miséricordieux; depuis le matin jusqu'au soir Israël espère en vous ! Ou une grande partialité m'aveugle, ou jamais la tristesse et la crainte, la douleur et l'espoir, n'ont eu de paroles plus saisissantes que celles de ces prières des morts.

— Il y a là plus que la tristesse de la terre, plus que les plaintes des vivants. —Aux voix qui gémissent dans le monde, — les voix de ceux qui n'y sont plus se mêlent et sortent du silence des tombes pour ce grand concert de larmes et de regrets.

Et du haut de la chaire, c'est le grand orateur de la mort qui parle : À la fin des siècles, tout le genre humain se lèvera comme une seule moisson. Mais, en attendant, il faut mourir et être assujetti à la corruption : car nous portons une chair de péché, chargée d'infirmités et de maladies. Allez dans les hôpitaux en ce triste jour, pour y contempler le spectacle de l'infirmité humaine : là, vous verrez en combien de sortes la maladie se joue de nos corps.

Là elle étend , là elle retire, là elle relâche, là elle engourdit , là elle cloue un corps perclus et immobile , là le secoue tout entier par le tremblement : pitoyable variété! diversité surprenante! Chrétiens, c'est la maladie qui se joue comme il lui plaît de nos corps, que le péché a abandonnés à ses cruelles bizarreries.

0 homme! considère le peu que tu es, regarde le peu que tu vaux ; viens apprendre la liste funeste des maux dont ta faiblesse est menacée. Et la fortune, pour être également outrageuse, ne se rend pas moins féconde en événements fâcheux. Le secours qu'on donne à nos corps est l'image du grand secours que leur donnera un jour Jésus-Christ en les affranchissant tout à fait.  Mais, en attendant, il faut qu'ils tombent pour qu'ils soient renouvelés. Ils ne laisseront à la terre que leur mortalité et leur corruption ; il faut que ce corps soit détruit jusqu'à la poussière ; la chair changera de nature, le corps prendra un autre nom; même celui de cadavre ne lui demeurera pas longtemps. La chair deviendra un je ne sais quoi, qui n'a plus de nom dans aucune langue ; tant il est vrai que tout meurt en eux, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ces malheureux restes : Post totum ignobililatis elogium caducae in originem terrant, et cadaveris nomen, et de isto quoque nomine periturae in nullum indè jam nomen, in omnis vocabuli mortem.  

Le roi David, Job, Tertullien, Bossuet, Chateaubriand, m'ont fourni les paroles avec lesquelles j'ai écrit sur la journée des morts. Si j'en appelais aux souvenirs de chacun de nous, je serais sûr d'émouvoir encore : car, parmi ceux qui liront ces pages, presque tous ont mené le deuil autour d'un tombeau; presque tous ont dit les prières des agonisants près d'un lit de moribond ; presque tous ont vu l' enlief d'un cercueil, ont récité le De profundis sous la voûte mortuaire du trépassé ; presque tous ont entendu les pelletées de terre tomber, et résonner si lugubres sur les planches de la bière; mais nous n'évoquerons point de si torturantes réminiscences : le jour des morts ne doit pas être un jour d'épouvante, mais un jour d'espérance et presque de consolation.

Musique chrétienne: Michel Richard Delalande - De Profundis



L'Église, dès son origine, a toujours prié pour ses enfants morts ; elle, qui connaissait les miséricordes du Seigneur, ne cessait d'offrir, pour les trépassés, le sacrifice qui rachète les âmes et qui leur ouvre les portes du ciel; mais saint Odilon, abbé de Cluny, a été un des premiers à établir une commémoration générale pour tous les fidèles, et pour cette solennité il choisit le lendemain de la fête de tous les saints.

En peu de temps, on vit adopter et pratiquer cette observation dans toute l'Église d'Occident par l'autorité du siège apostolique. Bientôt après, on la mit au nombre des fêtes dont l'observation est de précepte parmi le peuple et le clergé. Cette fête de regrets, de souvenirs et de prières, était déjà toute commune en Angleterre au commencement du treizième siècle, comme il paraît par le concile d'Oxford, tenu l'an 1222. Elle y est au rang des solennités de seconde classe.

Elle a été ordonnée comme de précepte pour la ville et le diocèse de Paris, par l'évêque Eustache du Bellay, dans ses statuts de l'an 1557. Maintenant, cette commémoration des morts est établie et enracinée dans les mœurs des peuples, et les hommes oublieraient bien des fêtes avant celle-là. Il y a dans cette pensée, que la prière pour nos amis morts peut assurer leur éternel bonheur, un si grand attrait, une si forte consolation, que nous avons vu des protestants attirés à la religion catholique par cette seule idée.

La prière, c'est la respiration de l'âme, surtout près des tombeaux ; là, les choses de la mort, la terre tombant sur le cercueil , le marbre scellé pesant sur le trépassé , les vers, la corruption venant, malgré tous nos efforts, malgré les châsses de bois de chêne et de plomb, dévorer le peu qui nous reste de nos proches et de nos amis ; toutes ces choses briseraient le cœur. Mais la prière soulève ces poids écrasants de dessus nos âmes, et les fait respirer.

Camille Saint Saëns Messe de Requiem, Op. 54 (1878)



La prière est comme une rosée qui reverdit le bonheur et qui rend plus douce la prospérité. La prière est comme une blanche aurore qui se lève sur nos chagrins pour en dissiper les ténèbres et pour faire voir le ciel aux yeux noyés de larmes. Aussi la religion l'a mêlée à toutes ses fêtes, et dans l'année chrétienne elle monte sans cesse vers Dieu avec les mérites des bonnes œuvres et la fumée de l'encens.

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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