L`Avent – Préparation pour la Fête de Noël

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L`Avent – Préparation pour la Fête de Noël

Message par MichelT le Dim 3 Déc 2017 - 0:50

L`Avent – Préparation pour la Fête de Noël

Source : tableau poétique des Fêtes Chrétiennes – Vicomte Walsh

Pour préparer à la joyeuse fête de Noël, qui vient comme un beau jour réjouir la saison des neiges, l'Église, en mémoire du grand avènement du Sauveur (adventus) a institué l`Avent. Ce temps de jeûne, de prière et de préparation, se compose de quatre semaines, c'est-à-dire de quatre dimanches, hors ce qui reste de la quatrième semaine jusqu'à Noël.  L'institution de l'Avent est aussi ancienne que celle de la fête de la Nativité du Sauveur.




Pendant plusieurs siècles, l`Avent fut tout à fait un autre carême; il durait quarante jours, pendant lesquels on jeûnait et on se mortifiait, comme pendant la quarantaine qui précède Pâques. Cet Avent est mentionné dans les Capitulaires de Charlemagne (année 802). L'Église de Milan, fidèle à ces anciens usages, a conservé les six semaines de l`Avent primitif, qui avaient été adoptées par les Églises d'Espagne, ainsi qu'on peut en juger par un missel mozarabe.

En Angleterre et en Irlande, l`Avent était de quarante jours, pendant lesquels les moines ne faisaient qu'un repas, comme en carême. Ce fut vers le dixième siècle que ce temps de préparation fut réduit à quatre semaines, comme il l'est aujourd'hui. Au huitième siècle, l'Avent était encore de quarante jours, et ceci est prouvé par une pensée de table que des annales historiques ont conservée; Astolphe, roi des Lombards en 753, ayant concédé les eaux de Nonantula à l'abbaye de ce nom, s'était réservé quarante brochets pour l'usage de sa table pendant les quarante jours maigres du carême de la Saint-Martin.




Abbaye de Nonantula dans le nord de l`Italie

Le pape Nicolas I, dans ses réponses aux Bulgares, parle des quatre semaines de l'Avent observées de son temps par l'Église romaine. Baillet, dans son Histoire de l'Avent, pense  que l'on ne peut guère trouver d'essai ou de prélude de l'Avent, qui remonte plus haut que la seconde moitié du cinquième siècle, époque à laquelle saint Perpet, évêque de Tours, ordonna, pour l'usage de son diocèse, trois jours de jeûne par semaine, depuis la fête de St-Martin jusqu'à celle de Noël.

Pendant les quatre semaines de l'Avent, l'Église ne prononce dans le sanctuaire que des paroles de repentir et de pénitence ; l` alléluia ne termine plus ni ses prières, ni ses hymnes; et, comme nous l'avons dit, les autels ont pris les ornements de deuil. Les prêtres répètent alors au peuple :« Repentez-vous, faites pénitence ; car voilà que Dieu approche ; car la cognée est près d'atteindre la racine de l'arbre. Revêtez la robe blanche, la robe de pureté ; car voici venir l'époux. Une voix s'élève dans le désert et crie : Voici le Rédempteur qui avance. Jetez des fleurs et des palmes sur ses voies, et préparez de nouveaux cantiques, car une vierge a conçu, et un enfant va nous naître à tous ! »

L'Église, en empruntant ainsi aux vieux prophètes leurs paroles inspirées, veut faire voir aux fidèles combien ils seraient coupables s'ils restaient froids quand la venue du Messie approche. Cet avènement, désiré par les patriarches; cet avènement, que tous les justes de la loi de Moïse ont invoqué, doit réjouir les chrétiens; et, pour que leur joie soit pure, il faut qu'ils s'y préparent par la pénitence. L'innocence : c'est là la robe blanche qu'il faut revêtir pour assister dignement aux fêtes de la religion.

Dans l'épître de la messe du premier dimanche, le diacre chante : «La nuit est déjà avancée, le jour approche. Quittons les œuvres de ténèbres et revêtons-nous d'une armure brillante de lumière ; marchons purement au grand jour, et ne nous laissons point aller aux vices. Revêtons-nous de Notre-Seigneur Jésus-Christ »Et puis dans l'évangile de ce premier dimanche, écoutez ! c'est celui que les prophètes ont annoncé pendant quatre mille ans ; c'est le désiré des nations lui-même qui parle ; il veut amener les hommes à la pénitence par les terreurs du dernier jour : «Il y aura des prodiges au soleil, la lune et les étoiles se troubleront aussi. Et, en voyant ces choses, les nations seront saisies d'effroi ; la mer s'agitera et soulèvera tout les flots ; et les hommes sécheront dans l'attente de ce qui doit advenir à l'univers; car les voûtes des cieux seront ébranlées; alors, ils verront le fils de l'homme, en grande puissance et en grande majesté, paraître sur les nuées.»

« Or, au commencement de ces prodiges, levez vos têtes et regardez, parce que votre rédemption approche. Lorsque vous voyez le figuier et tous les autres arbres pousser leurs premières feuilles, vous dites que l'été va venir; de même, quand vous verrez ce que je vous annonce, dites-vous que le royaume de Dieu est proche. En vérité, je vous le dis, cette génération ne s'écoulera pas sans que ceci s'accomplisse ; le ciel et la terre changeront de face, mais ma parole ne changera pas. Prenez donc garde ; ne vous abandonnez ni aux viandes, ni au vin , et ne laissez point aller vos cœurs aux inquiétudes de cette vie, pour que ce jour ne vienne point vous surprendre ; car il enveloppera comme un filet tous ceux qui habitent sur la surface de la terre. Veillez donc et priez, afin que vous soyez dignes d'éviter les vengeances et de paraître pur devant la face du fils de l'homme. »

Commençant l'Avent par la lecture de cet évangile, l'Église ne pouvait faire autrement que de commander aux fidèles le jeûne, la mortification et la prière. Et le religieux qui du fond de son cloître composa l'hymne Statuta decreto Dei, qui se chante aux approches du jour de la naissance du Sauveur, a été bien inspiré.

« Voici venir les temps marqués par les décrets du Seigneur ; Voici venir le jour qui s'est fait attendre tant de siècles. La postérité d'un père coupable gisait souffrante et désolée sur un lit de douleurs. Les hommes étaient sans force, découragés, couchés dans l'ombre de la mort ;  Les terreurs de la tombe, les tourments de l'enfer, c'était là leur partage ; les enfants d'Adam tremblaient et se desséchaient dans l'attente du souverain juge. Hélas! qui pouvait les délivrer de si grands maux? quelle main est assez puissante pour guérir une si profonde plaie?» Toi seul! ô Christ! toi seul... Cieux, ouvrez-vous! ouvrez-vous, et laissez descendre votre précieuse rosée ; que la terre fécondée donne au monde son Sauveur ! »

Il y a là, ou nous nous trompons, plus de vraie poésie que dans bien des pages de nos poètes d'aujourd'hui. Et le solitaire qui, dans sa modeste cellule, a écrit ces stances, a pris le bon moyen pour que son œuvre vécût longtemps ; il l'a donnée à la religion à garder. Au dernier dimanche de l'Avent, l'Église redouble d'exhortations pour que le grand jour de la naissance du Christ ne se lève que sur des vertus. Dans l’épître, on répète ces paroles :« Nous vous supplions, mes frères, de reprendre ceux qui sont déréglés, de ramener dans la bonne voie ceux qui s'égarent, de consoler ceux qui ont le cœur abattu, de soutenir ceux qui défaillent de faiblesse, et d'être patients envers tous. »


L`Avent est un temps pour intensifier nos actes de Charité. St-Élizabeth de Hongrie donnant a manger aux démunis.

Certes, s'il y a des fêtes qui doivent être chômées à jamais par les peuples, s'il y en a qui doivent être respectées et conservées par les gouvernants, ce sont celles qui commandent de semblables préparations. Figurez-vous donc les hommes obéissants aux préceptes que nous venons de transcrire, et dites-nous si la terre, devenue toute chrétienne, toute aimante, toute charitable, ne serait pas déjà un lieu de repos où l'on pourrait, attendre en paix les délices du ciel.




Le Psaume 51 - Miserere - La prière du Pécheur Pénitent



Dernière édition par MichelT le Dim 3 Déc 2017 - 1:08, édité 1 fois

MichelT

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