La Fete de Noël – Tableau poétique des Fêtes chrétienne - Vicomte Walsh - (Musique et Images)

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La Fete de Noël – Tableau poétique des Fêtes chrétienne - Vicomte Walsh - (Musique et Images)

Message par MichelT le Mar 12 Déc 2017 - 14:37

La Fête de Noël ( 25 décembre) – Tableau poétique des Fêtes chrétienne - Année 1843 - Vicomte Walsh


Quand la saison des neiges est venue, quand toute la nature est attristée par un aspect de mort, les sonneries des grandes villes, les petites cloches des villages, se mettent tout à coup à retentir joyeusement au milieu des ténèbres de la nuit. Et à ces sons sacrés qui semblent descendre du ciel, des cris se mêlent en s'élevant des cités et des hameaux.



Noël ! Noël ! crient les enfants qui annoncent par leur joie la naissance de l'Enfant-Dieu. Une grande, une sainte allégresse est survenue aux âmes chrétiennes à cette fête de la Nativité du Sauveur. Sous le plus misérable toit il y a eu du bonheur, quand les cloches ont annoncé que le divin Enfant nous est né. Cette belle fête de Noël ! il n'y a pas une pauvre mère qui ne la comprenne pas un enfant qui ne la désire. Mais avant d'en dire toute la beauté, essayons d'en montrer l'origine.

César-Auguste, au faîte de la puissance, voulut savoir combien de millions d'hommes étaient courbés sous son sceptre, et il ordonna un recensement général de toutes les nations composant l'immense empire romain. Pour faire ce dénombrement, Auguste nomma vingt-quatre commissaires, qu'il envoya sur tous les points du globe. Publius Sulpitius Quirinus, et, selon les Grecs, Cyrinus, fut chargé du gouvernement de Syrie, dont dépendait la Judée.



César-Auguste empereur romain devant le Sénat de Rome.



César-Auguste ordonne le recensement des provinces romaines



La ville de Rome, cœur de l`empire romain à l`époque de la naissance du Christ.

Saint Luc nous apprend que ce fut là le premier dénombrement fait dans le pays pour les Romains. Le même Quirinus eut ordre d'en faire un second onze ans plus tard, étant toujours gouverneur de Syrie, lorsque l'empereur Auguste réduisit la Judée en province romaine, après en avoir chassé le roi Archélaus, fils d'Hérode, et l'avoir relégué dans les Gaules.



L`Empire romain à l`Époque de César-Auguste



La Palestine, province romaine au temps de la naissance de Jésus-Christ


L'édit promulgué pour ce dénombrement général ordonnait à chacun, au plus riche comme au plus pauvre, au plus puissant comme au plus faible, de se rendre en la ville où il était né, ou dont sa famille était originaire, pour se faire inscrire sur le contrôle romain. Or, Joseph et Marie, qui étaient tous les deux de la royale lignée de David, se rendirent en la ville de David, appelée Bethléem.


St-Joseph et la St-Vierge Marie doivent quitter la ville de Nazareth en Galilée pour se faire enregistrer à Bethléem en Judée car ils sont de la descendance du Roi David qui venait de Bethléem.

Là, la vierge Marie, qui avait été saluée pleine de grâce par l'archange Gabriel, et qui, aux yeux des hommes, passait pour l'épouse de Joseph , après avoir vainement cherché un logement dans une hôtellerie, fut obligée de se réfugier dans une partie du hameau toute pleine de rochers, où l'on avait creusé des maisons et des étables. Et ce fut ce lieu, si dédaigné et si humble, qui reçut , à son entrée dans ce monde , le roi du ciel , celui à qui appartient toute splendeur et toute gloire.



La crèche de Bethléem


Au moment où ce prodige s'opérait, où une vierge enfantait un sauveur dans le voisinage de Bethléem en un lieu nommé la Tour d'Ader , des bergers qui restaient dans les champs, veillant tour à tour à la garde de leurs troupeaux, aperçurent tout à coup une vive splendeur au milieu des ténèbres, et dans cette gloire un ange leur apparut et leur dit : «Ne craignez point, car je viens vous apporter une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie : c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un sauveur qui est le Christ, le Seigneur, Voici la marque à laquelle vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans crèche.»



L`Ange annonce la naissance du Christ aux bergers de Bethléem

A l'instant même, il se joignit à l'ange une troupe de l'armée céleste, louant Dieu et disant:« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! »



La Chorale des Anges chante le Gloria In Exelcis Deo – Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.



Johanne Blouin  - Les anges dans nos campagnes

Quand la miraculeuse apparition fut passée, quand la nuit eut repris ses ténèbres, les bergers se dirent entre eux : Allons à Bethléem voir le Verbe qui nous a été annoncé. Et sans perdre un instant ils se hâtèrent vers l`étable où ils devaient trouver l'enfant nouveau-né. Il était là enveloppé de langes, couché dans une crèche. Marie et Joseph étaient près de lui. Les bergers, voyant que tout ce qu'avait dit l'ange était  accompli, reconnurent dans cet enfant le Sauveur prédit à Israël; ils se mirent à louer et à glorifier Dieu. Marie, la Vierge mère, écoutait tout ce que disaient les pasteurs, et gardait dans son cœur mémoire de leurs paroles. Tel est, en peu de mots, tout l'historique de la fête de Noël. Saint Luc a été le narrateur de cette nativité, d'où date l'ère chrétienne.

Que de choses se voient dans cette courte histoire ! Rome, orgueilleuse de son pouvoir (qu'elle croit éternel), veut non-seulement connaître tous les peuples, toutes les nations qui relèvent d'elle, elle veut plus : elle prétend, pour ainsi dire, connaître par leurs noms chacun de ses esclaves! Et voilà qu'un commissaire romain est envoyé en Judée pour forcer chaque homme et chaque femme à venir s'inscrire sur la longue liste des vaincus.

Auguste veut savoir tout ce qui naît, tout ce qui vit sous son sceptre. Eh bien ! voilà un enfant qui vient augmenter le nombre de ses sujets ; car cet enfant, devenu homme, dira un jour : Rendez à César ce qui est à César. Mais cet enfant qui vient au monde si pauvre et si humble, qui naît dans une étable, qui dort dans une crèche, renversera tous les faux dieux de Rome, tous les dieux d'Auguste et de César. Cet enfant est le Seigneur des seigneurs, Emmanuel, fils du Très-Haut, roi des rois et des empereurs, maître des empires et des mondes.  Et si une Rome nouvelle vit dans les siècles après la Rome antique, c'est qu'elle aura adoré, c'est qu'elle adorera l'enfant annoncé aux bergers, l'enfant né à Bethléem !


Le Vatican a Rome

Au temps où les oracles disaient les dieux s'en vont, dans les souterrains de la ville éternelle, dans les catacombes creusées sous les temples de Jupiter et de Mars, de Vénus et de Minerve, Jésus, né à Bethléem, était déjà adoré, et trois ou quatre siècles au plus après sa naissance, la fête que je décris aujourd'hui était déjà chômée.


Catacombes de Rome

Dans cette fête, que l'on pourrait nommer la fête des mères, des enfants et des pauvres, que d'encouragements pour tous ; mais, spécialement, que de consolations pour ceux que le monde ne compte pas parmi ses favoris ! Avant le Christ, tous les honneurs, tous les respects étaient accordés à la puissance et à la prospérité; la bonne fortune avait des temples.


Temple païen romain



L`esclavage dans l`Empire romain



Marché aux esclaves a Rome

Avant le Christ, le pauvre pouvait gémir, l'esclave pouvait se plaindre ; mais il n'y avait personne dans le monde païen pour les écouter. L'Olympe n'était peuplé que de riantes divinités : la richesse, la gloire, la volupté, y avaient leurs dieux ; mais l'adversité et l'infortune n'avaient pas le leur. A présent que Jésus-Christ est né dans une étable ; qu'enfant encore il a été forcé de fuir dans l'exil ; que plus tard il a été persécuté, couronné d'épines et mis à mort ; à présent, toutes les douleurs ont une oreille attentive qui les écoute, et l'espérance qui les console est une vertu qui leur est commandée.



Combats de Gladiateurs dans le Colisée de Rome



Cruauté des Romains. A la suite de l'échec de la révolte de Spartacus, Marcus Crassus crucifie 6000 esclaves rebelles sur la Via Appia, entre Rome et Capoue, en 71 avant JC.

C'est du jour de la naissance du divin fils de Marie, que découlent toutes les consolations du christianisme. De la petite montagne de Bethléem sont sorties les sources d'eaux
vives qui guérissent nos plaies et allègent nos souffrances.





Les peuples font donc bien de se réjouir quand la grande nuit ramène ses étoiles et sa messe des cierges, ses cantiques et sa sainte, veillée ; car ce jour â été un jour de liberté et d'allégresse pour tous. Aussi, je ne me figure rien de plus beau, rien de plus poétique qu'une nuit de Noël célébrée dans un pays de foi, par de pieux chrétiens. Les cloches qui chantent au-dessus des têtes, et dont les volées, joyeusement sonores, éveillent la cité, ce sont les voix des anges qui nous crient des nuages : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix aux hommes de bonne volonté ! »






Cathédrale Notre Dame de Paris - Cloches de Noel


Cette grande lueur qui s'étend dans la vaste église ; cette lumière qui monte jusqu'aux pointes des ogives, qui tourne à l'entour des faisceaux de colonnes, qui les
embrasse et qui les dote ; pour les âmes pieuses et croyantes, c'est l'éclat miraculeux qui apparut dans le ciel, et qui montra aux pasteurs l'étable de Bethléem.




Ces voix claires et pures qui partent du sanctuaire, ces sons graves et majestueux qui s'élancent des orgues, ce sont le paradis et la terre, les chérubins et les hommes
qui s'unissent pour louer Dieu. Dans cette chapelle toute verdoyante des arbustes que l'hiver n'a pu dépouiller, parmi ces fleurs habilement imitées, voyez ce berceau : l'enfant Jésus y repose; ce sont les saintes sœurs des hospices ou des couvents qui l'ont orné. Là, les mères qui ont quelque enfant malade viennent prier; la joie de tous a diminué leur inquiétude ; elles invoquent la mère du Sauveur avec plus de confiance que de coutume. Marie a été mère, elle doit les comprendre : elle les exaucera.

Après les trois messes qui ont commencé au premier coup de minuit, et qui ont été dites au milieu de mille cierges et de nuages d'encens, les fidèles remplis d'une sainte allégresse, rentrent dans leurs maisons, et, avant de se livrer au sommeil s`assoient a ce joyeux repas que nos pères ont appelé réveillon de Noël, et qui, dans les familles chrétiennes, n'a rien que de très-innocent. Quand la sainte nuit est au moment de finir, quand le ciel commence à blanchir du côté de l'orient, alors sonne la messe du point du jour; et ceux qui ont gardé le logis pendant l'office de la nuit sortent pour aller prier à leur tour. Plus tard , quand le soleil est déjà haut , toutes les joyeuses cloches de la cathédrale et des paroisses de la grande ville sont en branle : c'est un grand concert dans les airs ; et les oiseaux qui ont coutume d'habiter dans les vieux clochers et les antiques tours, sont chassés de leurs nids de pierre, et volent en tourbillonnant au-dessus des églises.



La vieille basilique est si remplie de foule, que l'on ne peut plus apercevoir les dalles de granit et les pierres tombales qui la pavent. C'est d'une mosaïque vivante de têtes rapprochées et contrastantes de couleurs, que les hauts faisceaux de colonnes ont l'air de partir pour s'élancer vers la voûte. Cependant les flots de cette multitude se fendent, reculent à droite et à gauche, et laissent un passage au prince de l'Église, qui officie et qui va célébrer la grand'messe. Vêtu de sa chape de drap d'or, la mitre au front, sa crosse à la main, il marche lentement et bénit les fidèles, qui s'inclinent à mesure qu'il avance. La croix d'argent de la paroisse, la croix de vermeil du chapitre, des acolytes, des thurifères, des chantres, des diacres, des prêtres, de vieux chanoines, tous portant des cierges allumés, le précèdent en chantant : « Une vive lumière a brillé sur nous, parce que le Seigneur nous est né. Il est né le Seigneur, et il sera appelé l'Admirable, le Prince de paix, le Père du siècle à venir. Le règne du Seigneur n`auras pas de fin.»





« Béni soit celui qui vient au nom de Dieu! Dieu nous est apparu ! Cieux, chantez des cantiques de louanges ; terre, sois dans l'allégresse, parce que le Seigneur a eu pitié de son peuple et l'a consolé, parce qu'il a eu compassion de ses enfants affligés. »

Quand la procession a fait le tour de l'église, quand elle est rentrée dans le sanctuaire, alors commence la messe solennelle : tantôt ce sont les voix des chantres accompagnées d'instruments sonores ; tantôt les sons de l'orgue qui retentissent sous les voûtes ; puis, par moments, il y a des silences qui ont aussi leur majesté. Au-dessus de ces milliers de chrétiens qui prient agenouillés ensemble, on voit un nuage bleuâtre et léger qui flotte : c'est la fumée de l'encens ; on en a tant brûlé pendant la nuit, tant à la messe de l'aurore, que l'église en est toute parfumée ! Ce jour-là, si l'organiste comprend bien son devoir, il fera redire à l'orgue de vieux airs d'autrefois, de ces vieux Noëls que nos pères aimaient tant, et que nous avons entendus dans notre enfance. Pour aider à la prière, rien de mieux que d'éveiller des souvenirs; comment ne pas prier avec foi, quand on pense à sa mère et à ses premières années?

Que les organistes n'aillent donc plus chercher leurs motifs dans des réminiscences d'opéra, mais bien dans ces vieux airs nationaux qui n'ont point passé par le sang des révolutions, mais que les pierres de nos églises savent depuis longtemps. La fête ne se passe pas seulement devant les autels : le foyer a aussi ses réjouissances de Noël. Ce jour-là , les familles s'assemblent, et les petits enfants dînent à table ; car c'est leur fête à eux.

Cette fête a un grand charme à l'époque où elle arrive aux hommes ; alors ils sont assemblés et dans les villes et dans les hameaux ; alors les jours sont tristes et froids et les veillées longues. Pour ranimer la nature, qui semble morte sous son suaire de neige, il faut la main de la religion : c'est elle qui répand de saintes joies sur la tristesse de la saison, et qui fait, pour ainsi dire, pousser des fleurs parmi les frimas. Il y aurait comme une sévérité puritaine à blâmer les plaisirs de famille qui égayent alors nos foyers ; car il est de nature et de sagesse de se réjouir quand un grand bienfait nous est accordé. Or, jamais fut-il donné aux hommes ce que la nuit de Noël leur a apporté dans ses ombres?





Laissez donc les hommes se réjouir dans le Seigneur, comme la terre se réjouit chaque matin quand le soleil se lève pour la délivrer des ténèbres. Noël, c'est la grande aurore de notre délivrance ; Jésus-Christ naissant, c'est le soleil de justice, qui se lève sur le monde pour en écarter les ombres de la mort.





Voyez aussi quel enthousiasme, quel saint délire règne dans l'office que chantent nos prêtres ! écoutez-les. « Colline de Sion, tressaille d'allégresse... Filles de Jérusalem, revêtez vos habits de fêtes, et chantez, chantez de nouveaux cantiques. Jérusalem, lève-toi, secoue la poussière de tes cheveux, romps la chaîne de ton cou; lève-toi, ton Sauveur est venu! « Tu avais été vendue, et voici que le Seigneur t'a rachetée : chante, Jérusalem.»

« Le Seigneur a dit : Assur a opprimé mon peuple, l'injustice et la cruauté ont pesé sur lui : il faut que je le délivre ; autrefois je parlais, à présent me voici. L'abondance et la paix se lèvent avec le jour du Seigneur.  La vérité est sortie de la terre, et du haut du ciel la justice nous a regardés.»

« Chantons donc, chantons donc de nouveaux hymnes  Seigneur; que toute la terre chante avec nous! « Chantons au Seigneur et bénissons son nom.  Annonçons à l'univers le jour de son salut.»

«Que les nations se redisent les prodiges qu'il a faits et que les peuples soient dans la joie! »

Car, véritablement, notre Dieu est grand, son nom est digne de louanges, et sa puissance domine tout ce qui existe. Que sont les dieux des nations étrangères, auprès de notre Dieu! Des démons de l'abîme. Mais notre Dieu, à nous, c'est celui qui a fait le ciel et la terre, le firmament avec ses étoiles, et la mer avec ses flots. Que le ciel se réjouisse donc, que la terre s'exalte de joie, que la mer s'agite et soulève ses grandes eaux en signe d'allégresse, et que les champs et toutes les plantes qui y croissent tressaillent de plaisir ; car voici venu le jour du Seigneur!

La veille de Noël était la plus solennelle de toutes. On lisait, à vêpres, le capitule Gaudete, pour inviter les fidèles à une joie spirituelle. Les versets de ces vêpres expriment les soupirs les plus ardents des anciens patriarches. Le Veni ad liberandum était chanté par deux enfants de chœur, et le Rorate coeli, par un seul.


GAUDETE - CELTIC THUNDER


Rorate caeli.



Cantique médiéval Gaudete - Chorale de Clare College Cambridge


On le voit, dans les maisons de retraite et de prière, où l'on conçoit mieux que dans le monde les choses saintes, au jour de Noël, c'était à des enfants qu'on laissait chanter les premiers hymnes de la fête, et là je trouve une pensée de convenance et de justice : n'était-ce pas aux enfants à saluer les premiers, de leurs voix jeunes et pures, l'enfant divin qui venait de naître pour le salut de tous.


Hark the Herald Angels sing - Cathédrale St-Paul de Londres

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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