BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

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BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

Message par MichelT le Sam 16 Déc 2017 - 0:33

Un Saint et Joyeux Noel a tous!


BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS
PETITES VISITES A LA CRÈCHE POUR LE TEMPS DE NOËL
D'APRÈS SAINT ALPHONSE DE LIGUORI


Par Mgr GAUME

Transcamus usque Bethleem.
(Luc, 2, 15.)
Allons à Bethléem
Année 1884

1° VISITE

NAISSANCE DE L'ENFANT JÉSUS.

Je vous annonce une nouvelle
qui remplira de joie tout le peuple
il vous est né aujourd'hui un Sauveur. (Luc, 2, 10.)



Aller dire à un peuple de pauvres exilés, bannis loin de leur pays et tous condamnés au dernier supplice : Il vous est né un Sauveur qui, non seulement vous délivrera de
la mort, mais encore vous reconduira dans votre patrie : quelle nouvelle plus agréable? Telle est, mot pour mot, celle qui nous est annoncée cette nuit par les anges :
Jésus est né. Il est né pour nous délivrer de la mort éternelle et nous rouvrir le ciel.  Voulons-nous dès aujourd'hui aimer, comme il le mérite, ce Rédempteur qui vient de naître? Remettons-nous devant les yeux le lieu où il naît et la manière dont il naît ; cherchons où il est cette nuit, afin d'aller le trouver et de le remercier de tant d'amour. Voici en peu de mots l'histoire de la naissance de ce Monarque du monde, descendu du ciel pour notre salut.

Octave Auguste, empereur de Rome, voulant connaître les forces de son empire, ordonna un dénombrement général de tous ses sujets. En conséquence, il fut enjoint aux gouverneurs de province, et entre autres à Cirinus, gouverneur de Judée, de faire venir chacun des habitants s'inscrire sur les registres publics et payer un tribut en
signe de dépendance (Luc 11,1).

L'édit publié, Joseph s'empresse d'obéir. Sans attendre l'enfantement très prochain de sa sainte Épouse, il part. Avec Marie, qui porte le Verbe incarné dans son chaste
sein, il se met en marche pour Bethléem, la cité de ses pères (Luc 2,5). Le voyage fut de quatre jours : voyage long et pénible à travers les montagnes, par des chemins scabreux et dans la saison la plus rigoureuse. Quand un roi fait sa première entrée dans une ville de son royaume, quels honneurs on lui prépare ! Quelles démonstrations de joie ! Combien d'arcs de triomphe ! Prépare-toi donc, heureuse Bethléem, à recevoir avec honneur ton Roi, le Roi non seulement de la Judée, mais du monde entier. Entends le Prophète qui te dit : « Bethléem Ephrata, tu n'es qu'un enfant parmi les mille cités de Juda ; néanmoins tu es la plus glorieuse, car c'est de toi que sortira le dominateur d'Israël (Prophète Michée 5,2). »

Voici qu'arrivent à Bethléem ces deux grands pèlerins, Joseph et Marie, qui portent avec eux le Sauveur du monde. Ils entrent dans la ville ; ils vont au palais du ministre de l'empereur ; ils payent le tribut ; ils s'inscrivent sur le registre des sujets de César, au nombre desquels doit figurer le Fils de Marie, le maître de César et de tous les monarques de la terre. Mais qui les reconnaît? Qui va à leur rencontre pour les honorer? Qui les salue? Qui les accueille?  Ils paraissent pauvres, et comme pauvres on les méprise. Que dis-je? on les traite plus mal que les autres pauvres. Partout où ils se présentent, on les repousse, car le terme de l'enfantement était arrivé pour Marie (Luc 2,6).

L'auguste Vierge le comprend. Elle connaît que le Verbe incarné a choisi ces lieux et cette nuit, pour prendre naissance et se montrer au monde : elle en avertit Joseph.
Joseph s'empresse de chercher quelque logement dans les maisons particulières, et ne veut pas que sa sainte Épouse soit exposée à enfanter dans l'hôtellerie publique, ce qui était d'autant moins convenable, que Marie était jeune et qu'en ce moment l'hôtellerie était remplie de monde.

Vaines recherches ! il ne trouva personne qui voulût l'écouter. Il est même vraisemblable que plusieurs le traitèrent d'imprudent et d'insensé, pour voyager durant la nuit avec une épouse au moment d'accoucher et dans un si grand concours de monde. Afin de ne point passer la nuit dans la rue, il fut donc forcé de se rendre à l'hôtellerie publique.

Ils s'y présentent. Mais quoi ! De là encore ils sont repoussés. A toutes leurs instances on répond : Il n'y a point de place pour vous (Luc 2,7). Il y avait place pour tous, même pour les gens du peuple, même pour les mendiants et les bêtes de somme ; mais pour le Fils de Dieu il n'y en a point ! Cette hôtellerie est la figure de ces cœurs ingrats, dans lesquels il y a place pour tout, excepté pour Dieu. Combien aiment leurs parents, leurs amis, les plus viles créatures, les bêtes elles-mêmes ; mais n'aiment pas Notre-Seigneur Jésus-Christ, et ne font aucun cas de sa grâce ni de son amour!

« Au reste, dit la sainte Vierge à une de ses bien-aimées : c'est par une disposition particulière de Dieu que nous manquâmes, mon Fils et moi, de logement parmi les hommes. La Providence voulait apprendre aux âmes dévouées à mon Fils, qu'elles devaient s'offrir elles-mêmes à lui servir de demeure et l'inviter tendrement à loger chez elles. »


Mendelssohn - I waited for the Lord
Académie vocale de Paris


PETITE COURONNE A OFFRIR A L'ENFANT JÉSUS, A LA FIN DE CHAQUE VISITE.

Divin Enfant Jésus, qui pour le salut du monde avez voulu naître dans une étable, et être couché dans une crèche, sur un peu de paille : ayez pitié de moi. Marie et Joseph, priez l'Enfant Jésus pour moi. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit : comme il était au commencement et maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Dernière édition par MichelT le Sam 24 Mar 2018 - 18:36, édité 8 fois

MichelT

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Re: BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

Message par MichelT le Sam 16 Déc 2017 - 1:00

2e VISITE

Il est venu dans son héritage et
les siens ne l'ont pas reçu. ( Jean 1,11)


Une circonstance ajoute à la dureté des habitants de Bethléem et la rend plus odieuse, s'il est possible. L'édit de l'empereur portait que les habitants de la Judée se feraient inscrire dans la ville originaire de leurs pères. Ainsi les habitants de Bethléem et les nombreux étrangers qui remplissaient alors la ville, étaient de la tribu de Juda. Sans connaître Marie et Joseph, tous savaient qu'ils étaient leurs parents.

Cette circonstance, jointe à l'état de la sainte Vierge, devait leur faire trouver facilement un asile. Mais non : Il est venu dans son héritage, dans la ville de ses pères, au milieu de sa famille; et les siens ne l'ont pas reçu.

La conduite des habitants de Bethléem nous indigne. Combien de fois, peut-être, le divin Enfant ne s'est-il pas présenté à la porte de notre cœur, demandant à y loger! Nous le connaissions pour notre frère : comment l'avons-nous accueilli?

Continuons l'histoire. Se voyant partout rebutés, les pauvres voyageurs sortent de la ville, afin de trouver quelque abri hors de son enceinte. Ils marchent dans l'obscurité, ils tournent, ils cherchent. Enfin, ils découvrent une grotte creusée dans un rocher, au-dessous de la ville, et qui sert de retraite aux animaux.

N'allons pas plus loin, dit Marie à Joseph. Entrons dans cette grotte et arrêtons-nous-y. Mais comment! répond Joseph, ne voyez-vous pas que cette grotte est ouverte de tous côtés, froide et humide ; que ce n'est pas un séjour pour les hommes, mais pour les animaux? Comment voulez-vous y passer la nuit et y donner le jour au Fils de Dieu? Il est pourtant vrai, reprend Marie, que cette étable est le palais royal dans lequel veut naître en terre le Verbe éternel.

Qu'auront dit les Anges en voyant la divine Mère entrer dans cette grotte, pour y mettre au monde le Fils de Dieu et le sien ? Les enfants des rois naissent dans des appartements dorés, enrichis de superbes tentures. On leur prépare des langes précieux, de magnifiques berceaux, ornés de pierreries ; un brillant cortège de princes,
de dames et de seigneurs les attend.

Et, pour naître, le Roi du ciel aura une étable froide et sans feu ! de pauvres langes pour le couvrir, un peu de paille pour lit et une crèche grossière pour berceau ! « Où est la cour, où est le palais, où est le trône pour le Roi des Rois? s'écrie saint Bernard. » Je ne vois que deux animaux pour lui faire compagnie, et une crèche pour le recevoir. O heureuse grotte, à qui il fut donné de voir naître le Verbe divin!

O heureuse crèche qui eus le bonheur de recevoir le maître du Ciel ! O heureuse paille qui servis de couche à celui qui est assis sur les ailes des Séraphins ! Mais combien plus heureux les cœurs embrasés d'amour pour le divin Enfant, qui le reçoivent avec ferveur et qui l'accueillent avec tendresse dans la sainte Communion ! Comment dire l'empressement et la joie avec lesquels il vient reposer dans un cœur qui l'aime ?

Marie, entrée dans la grotte, se met aussitôt en prière. L'heure de l'enfantement étant venue, elle dénoue ses cheveux en signe de respect et les laisse retomber sur ses épaules. Tout à coup, une grande lumière l'environne. Elle sent dans son cœur une joie ineffable ; elle baisse les yeux. Que voit- elle? O Dieu! Elle voit à terre un petit enfant si beau, si aimable, qu'il ravit d'amour; mais qui tremble, qui pleure et qui, étendant vers elle ses petites mains, fait signe de vouloir être pris dans ses bras (Révélation de St-Brigitte).

Marie appelle Joseph : Venez voir, lui dit-elle ; le Fils de Dieu est né. Joseph vient, contemple le divin Enfant, se prosterne et l'adore en le baignant de larmes (Révélations de St-Brigitte). Alors la douce Vierge prend avec révérence son Fils bien-aimé et le place sur son sein. Elle cherche à le réchauffer en l'approchant de ses joues et de sa poitrine, avec les délicieuses tendresses de sa compassion maternelle.

Comment exprimer l'indicible amour de Marie, lorsqu'elle vit dans ses bras et sur son sein le Maître du monde, le Fils du Père éternel, devenu son propre fils, en la choisissant pour mère entre toutes les femmes ! Elle l'adore comme son Dieu ; elle lui baise les pieds comme à son roi, et le visage comme à son Fils. O Marie ! que c'est avec raison que toutes les générations vous appellent Bienheureuse ! Dans votre félicité n'oubliez pas que vous êtes ma Mère et que je suis pauvre. Demandez pour moi à mon petit Frère un peu de cet amour dont il embrase votre cœur, afin que je puisse entrer dans la grotte sans le contrister et l'adorer avec vous.


Tomas Luis de Victoria - O magnum mysterium ( O Grand Mystère! - Matines de Noel)
Académie vocale de Paris


Petite couronne : Divin Enfant Jésus, qui pour le salut du monde avez voulu naître dans une étable, et être couché dans une crèche, sur un peu de paille : ayez pitié de moi. Marie et Joseph, priez l'Enfant Jésus pour moi. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit : comme il était au commencement et maintenant et toujours et aux siècles des
siècles. Ainsi soit-il.


Dernière édition par MichelT le Sam 6 Jan 2018 - 20:20, édité 2 fois

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Re: BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

Message par MichelT le Sam 16 Déc 2017 - 2:38

IIIe VISITE

Je suis la fleur des champs et le lis des vallées. (Cantiques, 2, 1.)

Venez, monarques! venez, princes, et vous tous, grands de la terre, venez adorer votre Maître, né pour l'amour de vous dans une pauvre étable. Qui vient d'entre eux? Personne. Le Fils de Dieu est venu dans le monde qu'il a créé, parmi les grands qu'il a comblés de ses bienfaits, et ni le monde ni les grands n'ont voulu le reconnaître.

Mais si les hommes ne viennent pas, les Anges s'empressent de venir adorer leur Seigneur. Ainsi le commande le Père éternel pour l'honneur de son fils (Que tous les Anges de Dieu l`adorent! – Hébreux 1,6).

Toute la milice céleste accourt et loue Dieu en chantant avec transport : Gloire à Dieu dans les hauteurs; et sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté (Luc 2,14). Gloire à la divine miséricorde qui, au lieu de punir les hommes révoltés, fait que Dieu même prend sur lui leur châtiment et les sauve !

Gloire à la divine sagesse, qui a trouvé le moyen de satisfaire en même temps à l'éternelle justice et de délivrer l'homme de la mort! Gloire à la divine puissance, qui abat les forces de l'enfer d'une manière si admirable, par les abaissements et la pauvreté du Verbe éternel!

Gloire enfin au divin amour, qui a réduit un Dieu à se faire petit enfant, pauvre et humble, à vivre dans la souffrance et à mourir sur une croix, pour montrer à l'homme l'amour qu'il a pour lui et obtenir le sien ! Si les grands et les rois demeurent insensibles, allons contempler le spectacle que nous donne cette nuit bienheureuse. Petits et pauvres, justes et pécheurs, Marie nous invite tous à entrer dans la grotte de Bethléem, pour adorer son divin Fils et lui baiser les pieds. Allons contempler sur la paille le Créateur du Ciel et de la terre, sous la forme d'un petit enfant.

Maintenant qu'il est né et qu'il repose dans sa crèche, la grotte n'a plus rien d'horrible; elle est devenue un paradis. N'ayons pas peur. Jésus est né ; et il est né pour tous, pour quiconque veut de lui. Je suis, nous dit-il, la fleur des champs et le lis des vallées (Cantiques 2,1). Qui a peur d'une fleur? Il s'appelle le lis des vallées, pour nous dire que, naissant humble et petit, les petits et les humbles ont auprès de lui un facile accès.

Rois, grands, riches et savants du monde, vous ne le trouverez qu'autant que vous de viendrez vous-mêmes humbles et petits. Il s'appelle la fleur des champs, parce qu'il demeure accessible à tous. Les fleurs des jardins sont fermées et défendues par des murs ; il n'est pas donné à tout le monde de  les trouver, moins encore de les cueillir. Au contraire, les fleurs des champs s'offrent à tous : qui veut les prend. Tel est Jésus dans sa crèche.

Entrons donc ; la porte est ouverte. Point de garde qui dise : on n'entre pas; ce n'est pas l'heure (St-Pierre Chrysologue). Les rois demeurent enfermés dans leurs palais, et les palais sont environnés de soldats , il n'est pas facile d'y pénétrer.

Qui veut avoir audience des princes doit y prendre peine. Il faut qu'il s'attende à être congédié plusieurs fois, à faire longuement antichambre et à s'entendre dire : Revenez à une autre heure ; ce n'est pas le moment de l'audience.

Il n'en va pas de même avec le divin Roi. Il demeure dans une grotte, et il y demeure petit enfant, pour encourager quiconque vient à lui. La grotte est ouverte, sans gardes et sans portes, afin que chacun puisse y entrer librement, quand il veut, pour trouver ce petit Roi, lui parler, et même l'embrasser s'il le désire.

Puisqu'il en est ainsi, pourquoi, mon âme, n'entrerions-nous pas nous-mêmes? Regarde; vois dans cette crèche, sur cette pauvre paille, ce petit Enfant qui pleure. Vois comme il est beau et comme il inspire la tendresse et la confiance ! Pour qui sait ai mer ses regards sont des flèches, ses vagissements des flammes d'amour. « La grotte elle-même, nous dit saint Bernard, la crèche, la paille nous crient : Aimez celui qui vous aime tant .»

Que ta confiance égale ta tendresse. Afin de pénétrer le grand mystère que tu as sous les yeux, profite de la liberté qu'il donne à tous et demande-lui : Mon beau petit Enfant, de qui êtes-vous fils ? — Il te répond : Ma mère est cette belle et pure jeune vierge qui est près de moi.Et votre Père, qui est-il? — Mon père c'est Dieu. — Comment ? vous êtes le Fils de Dieu, et vous êtes si pauvre, si humble ! En cet état, qui vous reconnaîtra ? qui vous respectera ? —

La foi me fera connaître pour ce que je suis; elle me fera aimer des âmes que je suis venu racheter. Je ne suis pas venu pour me faire craindre, mais pour me faire aimer. C'est pour cela que j'ai voulu paraître la première fois au milieu de vous, sous la forme d'un petit enfant si pauvre et si humble, afin que vous m'aimiez davantage en voyant combien je vous aime.

— Mais, dites-moi, divin Enfant, pourquoi vous promenez vos regards autour de vous : que voulez-vous voir? Je vous entends soupirer : dites-moi, pourquoi soupirez-vous? O Dieu! je vous vois pleurer : pour quoi pleurez-vous ? — Jésus répond : Je regarde autour de moi, parce que je cherche quelque âme qui me désire. Je soupire par le désir de voir un cœur qui brûle d'amour pour moi, comme je brûle d'amour pour lui.

Je pleure, et je pleure uniquement, parce que je ne vois pas, ou bien peu, d'âmes et de cœurs qui me cherchent et qui veuillent m'aimer.

Du moins, cher petit Enfant, je vous apporte le mien. Voudrez-vous le recevoir? car je dois vous dire qu'il est bien pauvre et qu'il a été bien coupable. Mais, en vous voyant dans votre crèche, il se sent disposé à vous aimer. Je le mets donc à vos pieds ; je vous le laisse : je n'en veux plus, changez-le et gardez-le. Ne me le rendez pas, autrement j'ai peur qu'il ne vous trahisse de nouveau.

Petite couronne : Divin Enfant Jésus, qui pour le salut du monde avez voulu naître dans une étable, et être couché dans une crèche, sur un peu de paille : ayez pitié de moi. Marie et Joseph, priez l'Enfant Jésus pour moi. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit : comme il était au commencement et maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Hymne arabe chrétien pour la Fête de Noel


Dernière édition par MichelT le Mar 27 Mar 2018 - 12:04, édité 4 fois

MichelT

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Re: BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

Message par MichelT le Sam 16 Déc 2017 - 3:44

IVe VISITE

NOM DE JÉSUS.

Dieu lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom. (Philippiens 2, 9.)

Je sais déjà, tendre petit Enfant, que Dieu est votre Père. Mais je voudrais connaître votre nom : comment vous appelez-vous?

— Je m'appelle Jésus. — Ce nom retentit doucement à mon oreille; mais j'en ignore l'origine et la signification. Si je les connaissais, quelque chose me dit que je vous aimerais davantage. «Daignez m'instruire; car votre serviteur écoute».

Le grand nom de Jésus est d'origine céleste, et n'a pas été trouvé par les hommes : il a été donné de Dieu lui-même. Chargé de l'apporter à la terre, l'archange Gabriel le révèle à Marie en lui annonçant le mystère de l'Incarnation. « Le Fils qui naîtra de vous, lui dit-il, vous l'appellerez Jésus, et vocabis nomen ejus Jesum. » Le premier qui prononça le nom de Jésus, ajoute saint Bernard, c'est Dieu le Père.

Ce nom adorable est un nom nouveau et éternel. Nouveau; Dieu seul pouvait le donner à celui qu'il destinait pour être le Sauveur du monde ( Alors les nations verrons ton salut. Et tous les Rois ta gloire. Et l`on t`appellera d`un nom nouveau, que la bouche de l`Éternel déterminera – Isaïe 62,2)

Éternel; de toute éternité avait été rendu le décret de la Rédemption, ainsi de toute éternité le Rédempteur avait eu son nom : voilà ce qui existait dans le ciel. Sur la terre, ce nom fut imposé à l'Enfant de Bethléem, le jour de sa circoncision. « Et après que les huit jours furent écoulés afin de circoncire l'Enfant, on lui donna le nom de Jésus (Luc 2,21). »

C'est alors que le Père éternel voulut récompenser l'humilité de son Fils en lui donnant ce nom de gloire. Quoi de plus juste ? Pendant que vous vous humiliez, divin Enfant, vous l'égal de votre Père, jusqu'au dernier degré de l'abaissement, votre Père vous honore en vous donnant un nom qui surpasse la dignité et la hauteur de tout autre nom : Dieu lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom. (Philippiens 2, 9.)

En conséquence, il commande qu'à ce nom tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers, c'est-à-dire qu'il soit adoré avec un égal respect par les anges, par les hommes et par les anges déchus (Philippiens 2,9).

Si toutes les créatures, divin Enfant, adorent votre nom, combien plus devons-nous l'adorer et l'aimer, nous autres pauvres pécheurs, puisque c'est pour nous qu'il vous a été imposé ! Votre nom signifie Sauveur; c'est pour le vérifier que vous êtes descendu du ciel parmi nous et à cause de nous.

Adorer votre nom est notre premier devoir : remercier votre Père de vous l'avoir donné, est le second ; car c'est pour notre bien que vous le portez. Votre nom console, il défend, il enflamme. Oh! Que j'avais raison de désirer de le savoir! Votre nom console. Voulons-nous trouver de l'adoucissement à nos peines, de quelque nature qu'elles soient? Invoquons le nom de Jésus. Celui qui le porte veut et peut nous consoler. Il le veut ; car il nous aime. Il le peut; car il est tout-puissant. Il n'est pas seulement homme, mais il est Dieu et homme tout ensemble. Sans cette double qualité il ne mériterait pas, à proprement parler, le grand nom de Sauveur.

« Le nom de Jésus, dit saint Bernard, implique celui d'une puissance infinie, d'une sagesse infinie, d'un amour infini. Si ces trois choses ne se trouvaient pas dans l'Enfant de Bethléem, il n'aurait pas pu nous sauver.»

En parlant de la circoncision, le grand docteur ajoute : qu'il fut circoncis comme enfant d'Abraham; mais qu'il fut appelé Jésus, comme fils de Dieu. Enfant de l'homme, il reçoit en sa chair le signe du pécheur, parce qu'il s'est chargé des péchés du monde et que, dès son enfance, il veut les laver dans son sang. Fils de Dieu, il s'appelle Jésus, parce qu'à Dieu seul il appartient de sauver.

Ainsi, divin Enfant, lorsque j'invoque votre adorable nom, j'invoque la puissance, la sagesse, la charité infinies. Je les sens couler dans mon âme ; elles se répandent au dedans de moi comme un baume qui adoucit, comme une huile qui éclaire, qui nourrit, qui guérit. Voilà pourquoi le Saint-Esprit lui-même dit que votre nom est une
huile répandue : Tes parfums ont une odeur suave. Ton nom est un parfum qui se répand.  (Cantiques 1,3).


C'est à juste titre, reprend saint Bernard : l'huile sert tout à la fois de lumière, de nourriture et de remède. Le nom de Jésus fait tout cela. Il éclaire, lucet praedicatum.

Aux jours de l'Église naissante, la lumière de la foi se répandit avec tant de rapidité sur le monde entier, qu'en très peu de temps une multitude de gentils connurent et adorèrent le vrai Dieu. Quelle pensez-vous que fut la cause de ce prodige ? La prédication du nom de Jésus.

C'est par ce nom que nous-mêmes avons eu le bonheur d'être faits enfants de la vraie lumière, c'est-à-dire de la sainte Église. Par une faveur refusée à la plupart des hommes qui naissent idolâtres, mahométans ou hérétiques, nous sommes nés dans le sein de l'Église romaine et notre berceau a été placé au milieu des peuples chrétiens et catholiques. Sentons le prix de ce bienfait.

Le nom de Jésus nourrit, pascit recogitatum. Il donne aux chrétiens la force surhumaine de trouver la paix et la consolation au milieu des misères de cette vie, au plus fort même des persécutions. Maltraités et bafoués, les saints apôtres tressaillaient d'allégresse, fortifiés qu'ils étaient par le nom de Jésus (Les apôtres se retirèrent de devant le Sanhédrin joyeux d`avoir été jugés de subir des outrages pour le nom de Jésus – Actes des Apôtres 5,41).

Tant de martyrs, tant d'enfants, tant de jeunes vierges, qu'on voyait comme impassibles sous les ongles de fer, sous la dent des lions, ou dans les flammes des bûchers; où trouvaient-ils leur force ? Dans le nom de Jésus. Où la trouvent encore tant de malheureux aux prises avec l'indigence, tant de malades qui, sur leur lit de douleur, sourient à ceux qui les entourent ? Dans le doux nom de Jésus.

Le nom de Jésus guérit. Si une pauvre âme est tombée dans le péché, et sent le découragement ou la défiance s'emparer d'elle, qu'elle invoque ce nom de vie : aussitôt elle sentira renaître l'espérance du pardon. En nommant Jésus, elle nomme celui qui est venu pour lui apporter le pardon et se faire la caution des pécheurs.

« Si Judas, dit Euthymius, lorsqu'il fut tenté de désespoir, avait invoqué le nom de Jésus, il n'eût pas péri. Nul pécheur, si misérable qu'il soit, n'arrivera jamais à la dernière ruine, s'il invoque ce nom d'espérance et de salut . »

Mais les pécheurs n'invoquent pas ce nom tout-puissant, parce qu'ils ne veulent pas sortir de leurs péchés. Jésus peut guérir toutes nos plaies, mais il ne les guérira pas malgré nous. La vénérable sœur Marie du Crucifix vit un jour l'Enfant de Bethléem comme dans un hôpital, portant des remèdes et allant de lit en lit pour guérir les malades ; mais ces malheureux, au lieu de le remercier et de l'appeler, le repoussaient. Ainsi font un grand nombre de pécheurs.

Quant, à l'âme qui, après ses chutes, recourt à l'Enfant Jésus, que peut-elle craindre ? Puisque l'offensé lui-même, l'Enfant Jésus, s'offre à lui obtenir son pardon, et qu'il a d'avance payé pour elle. Sa promesse est infaillible : « Tout ce que vous demanderez en mon nom, ne cesse-t-il de répéter dans l'Évangile, mon Père le fera et je le ferai moi-même (Jean 16,23). »



Musique Sacrée de Noel - chorale britannique the Sixteen et Harry Christophers

Petite couronne : Divin Enfant Jésus, qui pour le salut du monde avez voulu naître dans une étable, et être couché dans une crèche, sur un peu de paille : ayez pitié de moi. Marie et Joseph, priez l'Enfant Jésus pour moi. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit : comme il était au commencement et maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.


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Re: BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

Message par MichelT le Dim 17 Déc 2017 - 14:01

Ve VISITE

Il sera appelé le Dieu fort. ( Isaïe 9,6)

Oui, le petit Enfant que j'ai là sous mes yeux est le Dieu fort, le Fort par excellence, et sa force est dans son nom. Nous avons vu que ce nom adorable peut seul consoler, et que seul il console efficacement toutes les douleurs des enfants d'Adam, guérit toutes leurs infirmités, sèche toutes les larmes dont ils arrosent la route de leur pèlerinage.

Ce nom est encore un bouclier impénétrable qui nous protège. Le nom de Jésus défend. Il nous défend contre les ruses et les assauts de nos ennemis. De là vient que le prophète Isaïe appelle l'Enfant de Bethléem le Dieu fort, Deus fortis; et que le sage ajoute : son nom est comme une tour imprenable (Le nom de l`Éternel est une tour forte; le juste s`y réfugie et se trouve en sureté. - Proverbes 18,10).

Quelle est la source de cette puissance? L'Apôtre nous l'apprend : « Le Fils de Dieu, dit-il, s'est humilié au point de se rendre obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. » Cela veut dire, ajoute saint Anselme : au point de ne pouvoir descendre plus bas. Voilà pourquoi le Père éternel, voulant récompenser dignement l'humilité et l'obéissance de l'Enfant de Bethléem, l'a tellement élevé, qu'il ne saurait l'élever
plus haut.

Comme signe de cette élévation et de cette puissance incomparable, Dieu son Père lui a donné un nom supérieur à tout autre nom : nom si grand et si puissant qu'il est adoré du ciel, de la terre et de l'enfer. Nom puissant au ciel, parce qu'il peut nous obtenir toutes les grâces; puissant sur la terre, parce qu'il peut sauver tous ceux qui l'invoquent avec confiance ; puissant dans l'enfer, parce qu'il fait trembler tous les démons (anges déchus).

Malgré leur nombre, leur puissance et leur rage, les anges rebelles tremblent au seul bruit de ce nom divin. Ils se souviennent que Celui qui l'a porté est le fort armé dont le bras a brisé leurs forces et détruit leur empire. ( Les empires païens et particulièrement l`empire romain païen) « Ils tremblent, écrit saint Pierre Chrysologue, parce que dans ce nom sacré ils doivent adorer toute la majesté de Dieu. »

Le Sauveur lui-même disait à ses disciples que c'est par la vertu de ce nom tout-puissant qu'ils chasseraient les démons (Marc 16, 17). Fidèle héritière des enseignements de l'Enfant de Bethléem, l'Église catholique se sert encore de ce nom adorable pour chasser les esprits infernaux du corps des possédés. Les prêtres qui assistent les mourants emploient également le nom de Jésus, pour les délivrer des assauts du démon (anges déchus), plus terribles en ce dernier moment que pendant le reste de la vie.

Qu'on lise l'histoire de saint Bernardin de Sienne, on y verra combien de pécheurs il convertit, combien d'abus il corrigea, combien de villes il sanctifia, en prêchant l'invocation du nom de Jésus. Ces prodiges n'ont rien d'étonnant. L'apôtre saint Pierre n'a-t-il pas dit qu'il n'y a sous le ciel aucun autre nom que celui de Jésus, par qui nous puissions être sauvés? (Il n`y a de salut en aucun autre; car il n`y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvé – Actes des Apôtre 4,12).

Le nom de Jésus ne nous a pas sauvés une fois seulement ; chaque jour encore il nous sauve des périls qui nous environnent, lorsque nous l'invoquons avec confiance (Afin que ce que vous demandez à mon Père en mon nom, il vous le donne – Jean 15,16).

De là cet encouragement du grand apôtre, qui nous dit sans hésiter : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé (Romains 10,13). » Si donc les démons (anges déchus) vous attaquent, si les hommes vous persécutent ou vous portent au péché, invoquez le nom de Jésus et vous serez délivrés ; si les tentations continuent de vous assaillir, continuez d'invoquer le nom de Jésus et vous ne tomberez pas.

L'expérience prouve que les âmes fidèles à cette pratique demeurent fermes et sortent toujours victorieuses du combat. Au nom de l'Enfant de Bethléem, joignons celui de sa douce Mère. Le nom de Marie aussi épouvante l'enfer. « Cette courte prière : Jésus, Marie, facile à retenir, est toute-puissante pour nous protéger, dit le pieux Thomas à Kempis . »

En troisième lieu, le nom de Jésus enflamme d'amour ceux qui le prononcent avec dévotion. Comment n'en serait-il pas ainsi, puisque votre nom, aimable Enfant de la crèche, nous rappelle tout ce que vous avez fait et souffert pour le salut du monde ? De là cette tendre parole d'un pieux auteur: « O Jésus, qu'il vous en a
coûté d'être Jésus ! »


Pénétré de cette vérité, il est impossible qu'un chrétien nomme par son nom l'Enfant de Bethléem, sans se sentir disposé à aimer celui qui l'a tant aimé. « Lorsque je nomme Jésus, disait saint Bernard, je me représente un homme doux, humble, affable, bon, miséricordieux, rempli de toutes les vertus ; et en même temps un Dieu tout-puissant, venu pour me guérir, me fortifier et me sauver au prix des plus grands sacrifices »

O mon âme ! que le nom de Jésus soit donc toujours dans ton cœur ; qu'il soit ta nourriture et ta consolation. Redis-le souvent ; que le matin il soit le premier, et le soir le dernier sur tes lèvres. « Miel à la bouche, harmonie à l'oreille, joie au cœur; tel est le nom de l'Enfant de Bethléem, dit saint Bernard. »

Le répéter souvent avec dévotion est une source intarissable de grâces. « Nul, dit saint Paul, ne peut prononcer le nom de Jésus si ce n'est par le secours du Saint- Esprit (1 Corinthiens 12,3). » Ainsi le Saint-Esprit se communique à tous ceux qui prononcent dévotement le nom de Jésus. A quelques-uns ce nom paraît étrange, peut-être fastidieux?

Pourquoi ? Parce qu'ils n'aiment pas l'Enfant de Bethléem, Jésus, leur Sauveur. Plaignons-les, et imitons les saints qui avaient toujours à la bouche ce nom de salut et d'amour. Les apôtres saint Paul et saint Jean ne semblent pouvoir écrire une page sans le nommer.

Vous qui êtes tout-puissant, écrivez votre nom bien-aimé jusqu'au fond de mon âme, afin que rien ne puisse effacer en moi votre nom ni votre amour.  Combien d'autres saints ont fait la même chose ! L'enfant de Bethléem n'en demande pas autant de nous. Il nous demande d'avoir foi en son nom. Êtes-vous affligés, nous dit-il : invoquez mon nom et il vous consolera. Êtes-vous tentés? Invoquez mon nom, et il vous rendra victorieux de tous vos ennemis. Êtes-vous arides et froids ? Invoquez mon nom, et il vous enflammera. Heureuses les âmes qui ont toujours sur les lèvres et dans le cœur ce très saint et très aimable nom : nom de paix, nom d'espérance, nom de salut et d'amour! heureux nous-mêmes, si nous avons le bonheur d'expirer en le
prononçant.


O Come, O Come Emmanuel - Hymne Latin du 12 eme siècle chanté en anglais.

Petite couronne : Divin Enfant Jésus, qui pour le salut du monde avez voulu naître dans une étable, et être couché dans une crèche, sur un peu de paille : ayez pitié de moi. Marie et Joseph, priez l'Enfant Jésus pour moi. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit : comme il était au commencement et maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Ainsi soit- il.


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Re: BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

Message par MichelT le Dim 17 Déc 2017 - 19:10

VIe VISITE

VISITES DE L'ENFANT JÉSUS.

Transeamus usque Bethleem.
Allons à Bethléem. (Luc, 2, 15.)



Le palais d'Hérode est rempli de courtisans et de serviteurs empressés. Dans Jérusalem s'agitent des milliers de personnes de tout âge et de toute condition, occupées de leurs plaisirs et de leurs affaires.  Bethléem elle-même regorge de voyageurs, venus des différentes parties de la Judée. Le divin Enfant reste seul. Pendant toute la durée de son séjour dans la grotte qui lui sert de palais, il ne reçoit de la part des hommes que deux visites : celle des Bergers et celle des Mages. Demandons-lui l'explication de ce mystère.

Il y avait, dit l'Évangile, dans la campagne voisine de la grotte, des bergers qui veillaient à la garde de leurs troupeaux. L'Ange du Seigneur, tout brillant de lumière, leur apparut et leur dit : «Il vous est né aujourd'hui un Sauveur, à Bethléem, cité de David. » Pourquoi, divin Enfant, voulez-vous que de pauvres bergers soient les premiers témoins de votre naissance et vos premiers adorateurs?

Vous le voulez, afin de rendre incontestable votre avènement sur la terre, en le faisant annoncer par des hommes simples et incapables de tromper, ou de se faire croire s'ils avaient voulu tromper. Vous le voulez, afin d'apprendre au monde, dès le premier instant de votre naissance, que vous êtes de préférence le Dieu des petits et des pauvres, et que pour vous trouver les grands et les riches doivent se faire pauvres de cœur et petits.

Vous le voulez, afin de révéler la nature de l'œuvre réparatrice que vous venez accomplir. En bouleversant le plan divin, le péché avait mis en haut ce qui doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut. Esclave volontaire de l'esprit d'orgueil, l'homme s'était fait son Dieu : son règne reposait sur la force et il opprimait tout ce qui était faible, pauvre et petit. Les enfants, les femmes, les esclaves, les trois quarts du genre humain, traités comme des bêtes, gémissaient sous le joug le plus dur.

Réparateur de toutes choses, l'Enfant-Jésus vient remettre en haut ce qui doit être en haut, et en bas ce qui doit être en bas. Il vient briser l'orgueil et son sceptre de fer. Il vient dire aux hommes :  Vous êtes tous frères, tous les enfants du même Père, et les membres de la même famille. Toutes les distinctions odieuses de Grecs et de Barbares, d'hommes et de femmes, de libres et d'esclaves, sont abolies. (Il n`y a plus ni Juif, ni Grec, il n`y a plus ni esclave, ni libre, il n`y a plus ni homme, ni femme; car vous êtes tous un en Jésus-Christ – Galates 3,28).  

Comme gage et comme prémices de cette heureuse révolution, il choisit pour ses premiers courtisans ce qu'il y a de plus méprisable aux yeux du monde ; des bergers, et des bergers juifs, nation réputée la dernière de toutes par les peuples d'alors.  Comprends-tu, mon âme, la profonde sagesse et l'immense bonté de ton Sauveur ?

Avertis par l'Ange, les Bergers se disent entre eux : Passons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé. Point d'hésitation, point de délai. Rien ne les arrête : ni l'obscurité de la nuit, ni le soin de leurs troupeaux. Ils accourent à la grotte, éclairés par leur foi, d'autant plus sublime qu'elle est plus simple. Ils adorent, dans ce pauvre petit enfant, le Roi du ciel et de la terre, le Fils de Dieu, le Messie annoncé par les Prophètes, le Désiré des nations, le Rédempteur du monde.

La nuit de Noël, les Anges nous ont dit à nous-mêmes : un Sauveur vous est né à Bethléem, cité de David. Que l'exemple des Bergers nous serve de modèle. Comme eux accourons à la crèche ; comme eux reconnaissons avec transport, malgré la faiblesse et la pauvreté qui l'environnent, le Dieu qui s'est fait enfant pour nous. La foi, mais la foi humble et simple des Bergers, doit nous conduire à la grotte, l'amour nous y retenir.

Sans la foi nous entrerons dans cette grotte bénie, qui est le paradis de la terre, avec un simple sentiment de curiosité et de compassion naturelle. Nous ne verrons dans le divin Enfant qu'un enfant pauvre, né au cœur de l'hiver, couché dans une crèche, sans feu, et placé au milieu d'une caverne froide, numide, ouverte de toutes
parts : sans l'amour, nous en- sortirons aussi froids que la grotte elle-même. Mais si la foi nous conduit, nous verrons dans ce petit enfant ce que les Bergers virent eux-mêmes : notre Sauveur et notre Dieu.

Sa vue nous embrasera d'amour, et comme les Bergers, nous ne cesserons de glorifier Dieu et de le bénir, de ce que nous aurons vu et entendu (Et les bergers s`en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu`ils avaient entendu et vu et qui était conforme a ce qui leur avait été annoncé – Luc 2, 20).

Aux Bergers succèdent les Rois. Le genre humain tout entier avait été enveloppé dans la ruine originelle. Non-seulement en Judée, mais dans toutes les parties de la terre, ce grand Lazare avait besoin d'un Rédempteur qui le tirât des ombres de la mort, et qui avec la vie lui rendît la santé. Créateur de tous les hommes, le Verbe éternel veut être le Rédempteur de tous. Un ange appelle à son berceau les Bergers de Bethléem, prémices des Juifs ; une étoile miraculeuse appelle les Mages, prémices de la gentilité ( des non-juifs).

Telle est la première et la plus grande grâce qui nous ait été accordée. Notre vocation à la foi dans la personne des Mages fut suivie de la vocation à la grâce, dont nos malheureux ancêtres étaient privés. Divin Enfant, que vous êtes bon ! et que vous êtes puissant! Comme aux Bergers, vous parlez aux rois : et les uns comme les autres s'empressent de répondre à votre appel. Les Bergers ont quitté leurs troupeaux, les Mages quittent leurs royaumes. Les Bergers ne se laissent point effrayer par les ténèbres de la nuit; les Mages affrontent les fatigues et les périls d'un long voyage.

Les uns et les autres arrivent à Bethléem. Le même spectacle s'offre aux yeux de leur corps et aux yeux de leur foi. « Les Mages dit l`Évangile trouvèrent l`Enfant avec Marie sa mère (Matthieu 2,11). » Une pauvre jeune vierge, un petit enfant enveloppé de pauvres langes, sans personne qui leur tienne compagnie et qui les assiste : voilà pour les yeux du corps.

Mais sous ces humbles apparences, la foi des Mages, comme celle des Bergers, découvre des merveilles. Désabusés par la grâce des fausses idées de la grandeur, ces Rois comprennent que la royauté de Celui qui est venu pour détruire l'orgueil, le faste, l'ambition et toutes les cupidités, doit être pauvreté, souffrance et humiliation. A ces signes, ils reconnaissent le Messie promis au monde et le médecin de tous ses maux.

Pénétrés de reconnaissance et de joie, ils se prosternent aux pieds du divin Enfant. Dans le silence de l'adoration ils lui offrent, comme expression de leur foi et comme gage de leur dépendance, de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Le voyage des Mages n'est pas une leçon moins éloquente, que la visite des Bergers. II nous apprend que tous ont besoin de venir à la crèche : les rois encore plus que les sujets, les riches encore plus que les pauvres. Si la négligence nous empêchait de venir adorer dans sa grotte l'Enfant de Bethléem, ou si nous venions les mains vides et sans rien donner à ce pauvre petit Roi, l'exemple des Mages serait notre condamnation.

Je promets bien, aimable Enfant, d'être fidèle à vous visiter pendant ces jours bénis : mais que vous donnerai-je? Je n'ai rien, je ne possède ni l'or de la charité, puisqu'au lieu de vous aimer, j'ai donné mon cœur aux créatures ; ni l'encens de la prière, puisque j'ai vécu dans l'oubli de Dieu; ni la myrrhe de la mortification,
puisque je n'ai rien refusé ni à mes penchants ni à mes caprices. Que vous offrirai- je donc? mon cœur, tout pauvre et tout souillé qu'il est. Le voilà : acceptez-le et changez-le.

Du moins, je vous promets d'imiter les Mages, qui, avertis en songe de ne pas revenir auprès d'Hérode, s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin (Puis divinement avertis de ne pas retourner vers le roi Hérode, ils regagnèrent leurs pays par un autre chemin - Matthieu 2,12). J'ai perdu ma première ferveur, peut-être votre grâce, parce que j'ai fréquenté la dissipation, la paresse, certaines compagnies mondaines et dangereuses, Hérodes perfides et cruels, qui de nouveau vous crucifieraient dans mon cœur, si j'avais l'imprudence de retourner dans le pays qu'ils habitent : Adieu pour toujours.


Chanson de Noel - Minuit Chrétien - Ginette Reno

Petite couronne : Divin Enfant Jésus, qui pour le salut du monde avez voulu naître dans une étable, et être couché dans une crèche, sur un peu de paille : ayez pitié de moi. Marie et Joseph, priez l'Enfant Jésus pour moi. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit : comme il était au commencement et maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.


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Re: BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

Message par MichelT le Lun 18 Déc 2017 - 12:38

VIIe VISITE

COMPAGNIE DE L'ENFANT JÉSUS.

Ils trouvèrent l'Enfant avec
Marie sa mère. ( Matthieu 2,11)


Après la visite des Bergers et des Mages, la grotte de Bethléem demeure solitaire. L'Enfant Jésus, le Roi du Ciel, n'a d'autre compagnie que celle de Marie, sa Mère, et de Joseph, son père nourricier. Il n'en sera plus ainsi. Pendant les jours heureux qui nous rappellent les mystères et les bienfaits de votre naissance, divin Enfant, vous ne serez pas seul. Que le monde coure à ses fêtes; que les uns se livrent à la dissipation habituelle de leurs pensées, et les autres aux préoccupations fiévreuses de ce qu'ils appellent leurs affaires; que toutes ces âmes égarées aient du temps pour tout et pour tous, excepté pour elles et pour vous : loin de nous entraîner à leur suite, cette ingratitude sera pour nous un nouveau motif de vous tenir assidûment compagnie.

Mais comment ferons-nous pour être des visiteurs agréables à l'Enfant Jésus? Sans doute, il est notre frère, car il est homme, et la contrainte est bannie des visites fraternelles. Mais il est notre Roi, car il est Dieu. Or, pour se présenter à la cour des rois, il faut en connaître les usages; et, pour être bien reçu, il faut être recommandé
par les ministres ou les amis du prince.

Voulons-nous réunir ces deux conditions? Adressons-nous à Marie et à Joseph. Ils forment la compagnie la plus fidèle et la plus chère du divin Roi : ils sont toute sa Cour. Par eux, allons à Jésus, voyons ce qu'ils font, comment ils le font ; écoutons ce qu'ils disent, et imitons-les.

La plus tendre des mères, Marie, aime son divin Fils, elle le soigne, elle l'écoute. Marie aime son divin Fils. Quand nous parlerions toutes les langues des hommes et des Anges, il nous serait impossible d'exprimer la tendresse de la Sainte Vierge pour l'Enfant Jésus. Si l'Apôtre saint Paul pouvait dire que Notre-Seigneur était le principe de sa vie, l'âme de son âme, à tel point que ce n'était plus lui, Paul, qui vivait, mais Notre-Seigneur qui vivait en lui (Galates 2,29) à combien plus forte raison ce langage convient-il à Marie!

En voyant l'Enfant Jésus, en le pressant sur son cœur, en le couvrant de ses baisers, elle peut dire : c'est l'os de mes os, le sang de mon sang, la chair de ma chair. Ainsi, par un privilège unique, en aimant son Fils, Marie aime son Dieu, et en aimant son Dieu elle aime son Fils. L'amour maternel s'unissant à la charité, la grâce et la nature concourent ensemble à faire du cœur de Marie un foyer, près duquel les Séraphins avec toutes leurs ardeurs peuvent paraître de glace.

Ce qui augmentait les tendresses ineffables de Marie, c'est la connaissance qu'elle avait des destinées de son divin Fils. En acceptant le titre de Mère de Dieu, elle avait accepté celui de Reine des Martyrs. Avant que le saint vieillard Siméon lui ait annoncé le glaive de douleurs dont son âme sera transpercée (Luc 2,35), la tendre Mère de Jésus a vu se dérouler devant ses yeux toute la vie d'humiliation, de pauvreté et de souffrance de l'adorable Enfant.

Après le dénuement de l'étable, l'exil en Égypte, les privations et les fatigues de Nazareth, elle a vu les cordes, les épines, les clous, la croix. Elle a entendu les insultes, les blasphèmes, les dérisions sacrilèges qui, sur le Calvaire, doivent ajouter tant de douleurs aux douleurs du supplice. Ces pensées lui sont toujours présentes. Comme le Sauveur lui-même, elle peut dire : ma douleur est toujours devant moi.

Quand elle enveloppe de langes les petits pieds et les petites mains du divin Enfant, elle songe aux liens dont il sera chargé, aux clous dont il sera percé. Quand elle regarde ce visage dont la beauté ravit les Anges, elle le voit couvert d'abominables crachats. Quand ses mains virginales lui préparent ses petits vêtements, elle voit les bourreaux mettre à nu son corps adorable; et quand elle lui tisse sa robe sans couture, elle la voit ensanglantée et tirée au sort par les soldats. Ainsi, même à Bethléem, le cœur de Marie est plein d'amertume.

Amour et compassion, tels sont les deux sentiments qui doivent remplir notre cœur en entrant dans la grotte, si nous voulons qu'il soit à l'unisson de celui de la sainte Vierge. Cette condition est de rigueur pour être bien reçu à la cour de l'Enfant-Roi. Marie soigne son fils. L'amour n'est pas stérile. Il se manifeste par les œuvres. Marie, qui ne vit que pour Jésus, est sans cesse occupée de pourvoir à ses besoins.

Que sa tendresse ne lui fait-elle pas inventer, pour adoucir les privations et les souffrances auxquelles le condamne sa naissance dans une étable, loin de la maison maternelle! Elle le nourrit, elle le réchauffe, elle essuie ses larmes, elle le porte sur ses bras. Pendant le jour elle est à ses côtés ; la nuit, elle veille près de la crèche qui lui sert de berceau. Rien ne peut la distraire de ses chères occupations. Hors de la grotte, elle ne voit rien, elle n'entend rien, elle ne connaît rien : le monde est pour elle comme s'il n'était pas.

Ames qui venez à la crèche, voilà votre modèle : soyez mères, mères pour l'Enfant Jésus. Il est pauvre, vêtez-le; il pleure, essuyez ses larmes; il a froid, réchauffez-le; il a faim, nourrissez-le; il est seul, tenez-lui compagnie; il est mal couché, donnez-lui un berceau. Votre amour, s'il est réel, vous rendra ingénieuses à lui rendre tous ces soins. Marie écoute son Fils. Tout parle dans la grotte de Bethléem, et cependant tout y est silence.

La crèche, la paille, les langes, le dénuement de toutes choses; cet enfant qui est le Créateur du monde, le Dieu du ciel et de la terre, le Désiré de toutes les nations, et qui n'a ni voix, ni mouvement, ni volonté; cette jeune Vierge, de race royale, si gracieuse et si douce, mais si pauvre qu'elle est réduite à mettre au monde dans une étable le Fils de Dieu et le fils de David; le saint Patriarche qui veille sur l'Enfant et la Mère, et dont la perfection lui a mérité, à l'exclusion de tous les hommes, l'honneur de partager avec Dieu même le titre de Père du Messie : quoi de plus éloquent qu'un pareil spectacle !

Le silence de Bethléem n'est interrompu que deux fois : par la visite des Bergers et par l'arrivée des Mages. Encore l'Évangile nous donne-t-il à entendre que, même dans ces deux occasions, le silence mystérieux de la grotte ne fut pas troublé. Il ne cite aucune parole ni des Bergers, ni des Rois, ni de Marie, ni de Joseph.
Hors d'eux-mêmes, les Bergers ne peuvent parler qu'après être sortis de la grotte ; et les Mages, accablés sous le poids du Mystère qu'ils contemplent, ne publient ce qu'ils ont vu que longtemps après leur départ, lorsqu'ils sont rentrés dans leur pays.

L'Enfant Jésus montre un doux visage aux Rois et aux Bergers ; c'est ainsi qu'il leur témoigne la joie avec laquelle il accepte leurs cœurs et leurs présents. Les Bergers et les Mages lèvent les yeux sur Marie. Un regard, où respire la douceur du Paradis, porte dans leur âme le remercîment de la divine Mère. Tout est silence, respect, adoration, dans la grotte de Bethléem.

Ce silence, nous ne devons point le troubler. Avant de franchir le seuil de ce Paradis terrestre, disons à nos pensées, à nos occupations, à nos sollicitudes. Restez à la porte; il faut que je sois seul pour adorer, pour aimer, pour écouter mon Maître et mon Dieu. Entrer tout entiers dans cette sainte retraite, y rester tout seuls, est, suivant saint Bernard, l'unique moyen d'en sortir tout autres.

Là, nous serons fidèles à imiter Marie. Tout ce qu'elle voyait, tout ce qu'elle entendait, elle le renfermait soigneusement au fond de son cœur et elle le méditait (Luc 2,19). Oui; c'est dans notre cœur et non pas seulement dans notre esprit et dans notre imagination, que nous aurons soin de garder les enseignements de Bethléem. Conservés dans notre cœur, ils deviendront la vie de notre vie ; nous les goûterons, nous les aimerons, nous les pratiquerons avec courage et persévérance. Peu à peu ils nous transformeront; car ils remplaceront en nous le vieil homme par l'homme nouveau, et nous deviendrons d'autres Jésus et d'autres Marie.

Si nos péchés, notre ignorance, nos misères nous font craindre de ne pas réussir, adressons-nous avec confiance à la Mère de Jésus. Elle est intéressée à ce que son divin Fils ne reçoive que des visites agréables, et sa toute-puissante bonté nous obtiendra les dispositions nécessaires aux succès des nôtres.



Luciano Pavarotti - Montréal - 1978 - Adeste Fideles


Petite couronne : Divin Enfant Jésus, qui pour le salut du monde avez voulu naître dans une étable, et être couché dans une crèche, sur un peu de paille : ayez pitié de moi. Marie et Joseph, priez l'Enfant Jésus pour moi. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit : comme il était au commencement et maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.


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Re: BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

Message par MichelT le Mer 20 Déc 2017 - 0:58

VIIIe VISITE

Allez à Joseph. ( Genèse 41,55)

Quand, au milieu des rigueurs de la famine, les Égyptiens assiégeaient le palais de Pharaon pour demander du pain, ce Roi leur disait : allez à Joseph ; je l'ai établi chef de ma maison et intendant de toutes mes richesses. Les Égyptiens s'adressaient donc à Joseph avec confiance, et il pourvoyait abondamment à leurs besoins. ( Ancien Testament – Le Joseph qui devint le bras droit du Pharaon d`Égypte vers 1400 av J.C.)

Le divin Roi de Bethléem nous dit la même chose. Nous voici, pauvres et remplis de désirs, devant la grotte qui lui sert de palais. Combien nous avons de choses à lui demander pour nous et pour les autres! Notre inexpérience de la prière, peut-être nos ingratitudes passées, et même nos dispositions présentes sont-elles pour nous un sujet de crainte et de défiance. Ne nous décourageons pas.

Si nous entrons dans la grotte les mains vides, il ne tient qu'à nous d'en sortir les mains pleines et le cœur content. Pour cela qu'avons-nous à faire ? Écouter la voix qui part de la crèche et qui nous dit : Adressez-vous à Joseph ; je l'ai établi chef de ma maison et intendant de toutes mes richesses (Psaumes 104,21).

Après Marie, saint Joseph est donc notre plus sûr introducteur à la cour du jeune Roi de Bethléem et le modèle le plus accompli de nos visites. La meilleure qualité d'un introducteur auprès d'un Roi, est d'être immensément aimé du prince et d'avoir ainsi tout pouvoir sur son cœur. Tel est saint Joseph à l'égard de l'Enfant Jésus. Après son divin Père dans le ciel, et sur la terre Marie sa mère, personne n'a été et ne sera jamais autant aimé de l'Enfant de Bethléem, que saint Joseph, son Père nourricier.

Pourquoi ? Parce que personne n'a eu des rapports aussi intimes avec l'Enfant Jésus, que notre saint patriarche. C'est lui qui l'a nourri de ses sueurs; qui l'a sauvé en Égypte, qui lui a appris son état à Nazareth. C'est lui seul qui, avec Marie, a eu le bonheur de le porter sur ses bras, de recevoir ses premières caresses, d'essuyer ses premières larmes, de partager toutes les privations de son enfance, toutes les humiliations et tous les travaux de sa vie cachée.

Pourquoi encore ? Parce que personne n'a aimé Marie, la mère de Jésus, et n'en a été aimé comme saint Joseph. Qui dira la tendre sollicitude du glorieux patriarche, pour l'auguste et douce Vierge devenue son épouse ? C'est lui qui, dans les limites de sa pauvreté, lui procure le moyen de se rendre à Bethléem, où l'appelle l'accomplissement des prophéties.

C'est lui qui cherche, quoique en vain, un logement pour elle dans la ville; qui, se voyant rebuté partout, la conduit dans la campagne, au milieu des ténèbres d'une nuit d'hiver, souffrant mille fois moins pour lui que pour elle. C'est lui, et lui seul, qui partage avec Marie les souffrances, les privations, les humiliations, le dénuement de la grotte de Bethléem. N'est-ce pas lui encore, et lui seul, qui la sauve avec le divin Enfant de la fureur d'Hérode, la protège dans le voyage et le séjour en Égypte; qui, à Nazareth, travaille péniblement pour subvenir à ses besoins?

Or, l'Enfant de Bethléem a dit : « Tout ce que vous ferez au dernier des pauvres, qui sont mes frères, c'est à moi-même que vous le faites (Matthieu 25,40). » Comment donc regardera- t-il ce qu'on fait à sa mère ? Jugeons par-là de sa reconnaissance pour saint Joseph, et nous aurons la mesure du pouvoir de saint Joseph sur son cœur. Ce n'est pas tout. Non seulement saint Joseph a été le bienfaiteur de la sainte Vierge et de l'Enfant Jésus, il a été leur supérieur.

Époux de Marie et père de l'Enfant Dieu, il a commandé à l'une et à l'autre, et, pendant trente ans, l'une et l'autre lui ont docilement et respectueusement obéi. De là cette doctrine de saint Bernardin de Sienne, qui s'exprime en ces termes : « Le Seigneur qui a dit : Honorez votre père et votre mère; celui qui n'honore pas son père est maudit de Dieu, ne peut pas aller contre sa propre loi. Ainsi, nous ne devons pas en douter, la tendresse et la soumission filiales que l'Enfant de Bethléem, pendant qu'il était sur la terre, a eues pour saint Joseph, il n'a pas cessé de les avoir dans le ciel. Que dis-je ? Elles sont devenues plus parfaites encore, s'il est possible. »

Pour Jésus assis au plus haut des Cieux, ajoute Gerson, les désirs de saint Joseph sont des ordres. Dans tous les siècles, les saints ont réglé leur conduite d'après cette consolante doctrine. Tous ont eu pour saint Joseph une tendre dévotion et une confiance sans bornes. Nous ne saurions donc avoir auprès de l'Enfant Jésus un introducteur plus sûr et mieux disposé. Prosternés sur le seuil de la grotte, appelons le saint patriarche et disons-lui : Parlez pour nous au roi; introduisez-nous en sa présence; faites-lui part de nos demandes ; appuyez les de votre intercession toute-puissante et nous serons exaucés.

L'amour de saint Joseph pour l'Enfant Jésus, dont la gloire est étroitement liée au salut des âmes, lui fera un devoir de venir nous prendre par la main et de nous conduire devant la crèche, où repose son fils et notre Roi.

Dans nos visites, saint Joseph lui-même nous servira de modèle. Il est humble, il est patient, il est soumis à la volonté de Dieu, et d'un dévouement sans bornes à Jésus et à Marie. Tels nous devons être ou nous efforcer de devenir, nous qui venons visiter le Roi de Bethléem.

Saint Joseph est humble. Il est le confident des secrets les plus admirables de Dieu ; il est l'homme le plus grand et le plus honoré qui ait été ou qui sera jamais. Néanmoins, de sa part, pas un mot, pas un acte qui soit de nature à faire soupçonner ce qu'il est devant Dieu. Pendant toute sa vie il consent à n'être aux yeux des hommes qu'un pauvre artisan. Il est patient ; époux et père, tout ce qu'un père et un époux peut souffrir, saint Joseph le souffre pour Jésus et pour Marie, et il le souffre en silence.

Jamais le plus léger nuage de mauvaise humeur ne vient altérer la sérénité de son visage, ou troubler la paix de son cœur. Il est soumis, à la volonté de Dieu. Partez, lui dit l'Ange, pour Bethléem, et il part. Partez pour l'Égypte sur-le-champ, pendant la nuit, sans ressource et sans guide, avec une jeune mère et son enfant à la mamelle, et il part. Partez de l'Égypte pour la Palestine, et il part.

Partez pour Nazareth, et restez-y caché jusqu'à votre mort dans le travail, l'humiliation et la pauvreté, et il part. Il est d'un dévouement sans bornes à Jésus et Marie. Sa vie entière est pour eux, ses pensées sont pour eux, ses fatigues sont pour eux ; le salaire qu'il gagne à la sueur de son front est pour eux. Leurs dangers sont les siens, leurs souffrances les siennes, Jésus et Marie sont tout à Joseph, et Joseph est tout à Jésus et à Marie.

Visiteurs de la crèche, voilà, disons-le de nouveau, ce que nous devons être ou devenir. Que la sollicitude paternelle de saint Joseph pour sauver l'enfant Jésus de la fureur d'Hérode nous serve particulièrement de modèle : jamais cette sollicitude ne dut être plus grande qu'aujourd'hui.

La vénérable sœur Jeanne de Jésus et Marie, de l'ordre de Saint-François, méditait un jour sur l'Enfant Jésus persécuté par Hérode. Tout à coup elle entend un grand bruit, comme celui d'une troupe de gens armés qui poursuivent quelqu'un. Devant ses yeux apparaît un petit enfant d'une beauté ravissante, mais hors d'haleine et fuyant éperdu, qui lui dit : « Jeanne, à mon secours ! sauve-moi ! Je suis l'Enfant Jésus. Je me sauve des pécheurs qui veulent m'ôter la vie et qui me poursuivent avec plus d'acharnement qu'Hérode, sauve-moi. »

La sainte religieuse, lui ouvrant aussitôt ses bras et son cœur, lui dit : « Venez chez moi, cher petit Enfant ; avant de vous avoir, il faudra qu'ils me mettent en pièces. »

Si nous le pouvons, imitons encore l'exemple rapporté par saint Vincent Ferrier. Un marchand de Valence, en Espagne, avait coutume, chaque année, le jour de Noël, d'inviter à sa table un vieillard et une femme nourrice, avec son petit enfant. C'était en l'honneur de Jésus, de Marie et de Joseph. Après sa mort, le bon marchand apparut à un de ses amis qui priait pour lui. « Ne prie pas pour moi, lui dit-il; dans mes derniers moments, Jésus, Marie et Joseph sont venus me visiter et m'ont dit : Pendant votre vie, vous nous avez reçus, en la personne de trois pauvres, dans votre maison : nous venons vous chercher et vous conduire dans la nôtre : et je suis en Paradis. »


Johanne Blouin - Sainte nuit

Petite couronne : Divin Enfant Jésus, qui pour le salut du monde avez voulu naître dans une étable, et être couché dans une crèche, sur un peu de paille ayez pitié de moi. Marie et Joseph, priez l'Enfant Jésus pour moi. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement et maintenant et toujours et aux siècles des siècles

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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Re: BETHLÉEM ou L'ÉCOLE DE L'ENFANT JÉSUS - avec MUSIQUE DE NOEL

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