Fête de la Circoncision de l`enfant Jésus - 1 Janvier - Tableau Poétique des Fêtes Chrétiennes - (images et musique)

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Fête de la Circoncision de l`enfant Jésus - 1 Janvier - Tableau Poétique des Fêtes Chrétiennes - (images et musique)

Message par MichelT le Lun 1 Jan 2018 - 13:53

Fête de la Circoncision de l`enfant Jésus – Premier Janvier.

Tableau Poétique des Fêtes Chrétiennes - Vicomte Walsh - 19 eme siècle


Une fête aussi solennelle que celle de la naissance du Sauveur devait avoir une octave. Aussi, pendant plusieurs siècles, le huitième jour après la nuit de Noël était chômé sous le titre d'octave de la Nativité de Jésus. On croit que ce fut vers l'année 660 que l'on donna à cette fête le nom de fête de la Circoncision de Notre-Seigneur.

Un vieux livre dit, à propos de la célébration de ce jour : « Jésus-Christ a voulu nous faire voir dans ce mystère que quoique la divinité fût jointe à son humanité, il n'était pas venu pour se dispenser de la loi. » Quand l'année commence, l'Église offre aux méditations des fidèles un exemple de soumission à la loi établie, comme pour leur dire: « Pendant les jours qui vont vous venir, restez obéissants à qui vous commande au nom de Dieu . Voyez celui  qui n'avait sur sa divine personne aucune marque du péché, n'avait besoin ni de la circoncision ni du baptême; mais comme il venait enseigner l'humilité, il s'est humilié sous le joug commun »



Dans la loi de Moïse, il n'y avait rien de prescrit sur le lieu où la circoncision devait être faite; l'on peut donc croire que le fils de Marie fut circoncis dans Bethléem, où il était né, puisque les Mages trouvèrent ce divin enfant dans ce même lieu quand ils vinrent l'adorer. C'était le jour où l'on faisait couler le sang de l`enfant nouveau-né, qu'on lui donnait le nom qu'il devait porter parmi les hommes. Le fils de Dieu avait bien le droit de prendre les noms les plus glorieux, ceux qui avaient été illustrés par les grands rois et les conquérants ; mais non, ce fut celui de Jésus, qui veut dire Sauveur, qu'il préféra à tous les autres.

Aussi on lit ces paroles dans l'hymne de la Circoncision : « Pour ajouter à leur gloire, les conquérants prennent les noms des nations soumises par leurs armes. — Mais vous, ô Jésus ! vous prenez un nom qui annonce la délivrance; vous aimez mieux délivrer que conquérir. » Quand j'étais au collège, je me souviens que nos maîtres nous recommandaient d'écrire à la première page de nos cahiers d'études une pensée à la gloire de Dieu, pour sanctifier et rendre notre travail meilleur. Eh bien! dans ce nom de Jésus, mis au premier jour de l'année chrétienne, je trouve quelque chose de semblable, pour que les jours qui vont suivre cette première journée nous soient bons, la religion en a marqué la première heure par un nom de rédemption et de salut.

Ainsi, l'homme des champs, qui veut que ses prairies aient de bons pâturages, fait partir et découler tous les ruisseaux qui les arrosent d'une source pure et bienfaisante. Avec les usages tels que l'habitude nous les a faits, les premiers jours de l'an sont en général peu sanctifiés.

Les devoirs de société empiètent trop sur les devoirs religieux. — En cette journée de visites, il y a souvent un bienfaiteur oublié c'est Dieu, celui qui envoie les années à la terre pour savoir ce que valent les hommes. L'Église s'est souvent affligée des restes du paganisme qui signalent cette première journée du nouvel an.  Les étrennes, si aimées de nous tous quand nous en recevons, et plus douces encore quand nous pouvons en donner, ces étrennes si attendues des enfants, ont été anathématisées par les saints Pères à cause de leur origine païenne.



Le concile de Tours, tenu l`an 566, nous apprend qu'au premier jour de janvier il était ordonné d'apposer le chant des litanies aux chants impies et superstitieux des païens, ce qui marque que ce premier jour de l'an était moins un jour de fête et de joie qu'un jour de pénitence et d'expiation, un jour sans Alléluia à l'office. Vers la fin du septième siècle, l'Église abrogea les trois jours de jeûne que les conciles avaient prescrits pour la fin de l'année et le commencement de l'année suivante Elle exhorta vivement les fidèles à substituer les pauvres à la place des amis, et à convertir les étrennes en aumônes.

Toute la charité chrétienne se retrouve dans ce précepte; les siècles, dans leur marche, peuvent bien amener quelques changements dans le cérémonial des fêtes religieuses, mais ils ne changent rien à l'esprit du catholicisme; il reste toujours pur, élevé, plein d'amour et de mansuétude, de miséricorde et de justice. Et quand les temps seront accomplis, il retournera vers Dieu qui l'a fait, comme ces anges qui venaient visiter les patriarches et les saints remontaient au ciel sans que leurs pieds d'ivoire eussent été souillés de la poussière du monde, sans qu'une plume fût tombée de leurs ailes!—Les étrennes, les souhaits de bonne année, étant restés un usage établi, la religion y a mêlé sa sagesse, et ses conseils. Je me souviens qu'un jour du premier de l'an, vers les neuf heures du matin,—j'étais alors à Rouen,—j'entrai dans l'église de Saint-Maclou; elle était pleine de fidèles, et son vieux et respectable curé était en chaire.

C'était bien aux pauvres habitants de ce pauvre quartier de venir, la première matinée du nouvel an, demander à Dieu de la force pour travailler et de la résignation pour souffrir; car en cette paroisse, que les riches habitent peu, résignation et force sont des vertus de première nécessité.

Le bon pasteur parlait à son troupeau avec un ton paternel qui allait à l'âme, et je restai debout dans la foule, trouvant si grand bonheur à l'entendre, que je n'ai point oublié ses paroles: « Beaucoup d'entre vous, disait le vénérable curé, beaucoup d'entre vous sont venus me souhaiter une bonne année, je les en remercie, et, pour que l'année
qui commence aujourd'hui me soit bonne et heureuse, il faut qu'elle ne vous soit pas mauvaise; à vous donc, mes chers enfants, à mon tour, je souhaite une bonne année,
une année sans misère, sans fléau de Dieu, une de ces années de vertu qui mènent aux années éternelles.


Christe Redemptor Omnium

« A vous donc, qui m'écoutez, et qui n'avez ni splendides habits, ni de somptueux atours, à vous je souhaite résignation et patience Oh! portez en chrétiens soumis les pauvres vêtements que je vous vois, et si les bonnes années que je vous souhaite vous adviennent, là-haut Dieu vous échangera ces habits contre des manteaux de pourpre, semblables à des manteaux de rois. » Comme j'étais dans la foule, je vis l'émotion qui y régnait : il y avait alors, je vous assure, entre le troupeau et le pasteur, entre les enfants et le père, entre les chrétiens et le prêtre, une union de charité si intime, que ce n'était plus qu'un cœur et qu'un esprit.

Dans tous ces premiers de l'an que j'ai vus passer sur ma tête, et aux jours de bonheur, et aux jours d'adversité, dans les maisons des grands où je suis allé avec la foule offrir des voeux de bonheur aux heureux de ce monde, j'ai vu bien des choses! je les ai oubliées ; et comment se fait-il que j'aie gardé le souvenir de cet échange de souhaits entre le curé de Saint-Maclou et ses pauvres paroissiens?... Oh! je le sais, c'est que la religion avait imprimé son sceau sur cette scène, et rien n'a pu l'effacer.

Il y a bien, des gens qui passent d'une année à une autre sans rien ressentir, et qui se prennent à sourire de dédain quand vous leur dites que vous ne finissez pas une année, que vous n'en commencez pas une autre sans émotion : moi, j'avoue que ce n'est jamais sans saisissement que, dans la nuit du 31 décembre, je compte les douze coups de minuit; quand le dernier coup a sonné, j'écoute toujours, car le son qui vibre pendant quelques secondes, et qui est tout ce qui reste de l'année expirante, lui appartient encore; ce ne sera que lorsque cette vibration ne tremblera plus dans l'air que la nouvelle année commencera.



Je trouve qu'à ce moment de transition il faut appeler près de soi une pensée religieuse; sans cela, l'âme serait saisie de trop de tristesse; car, cette année qui s'en est allée tomber dans le gouffre de l'éternité, combien de nos amis n'a-t-elle pas emportés dans leurs suaires!

Avec de l'espérance pour l'avenir, avec de la résignation pour le passé, je dis à l'année qui commence : « Salut, fille naissante du temps ! salut, inconnue qui nous arrives ! tu nous viens tout enveloppée de voiles ; nous ne pouvons voir si ton visage est riant ou sévère, si tes mains encore fermées nous apportent bonheur ou infortune, si tu as dans les plis de ton manteau la paix ou la guerre ; tu es mystérieuse pour nous ; mais tu nous viens de Dieu, et nous te donnons la bienvenue ; salut !.. .»

«Béni soit celui qui nous vient au nom du Seigneur. » Le jour qui commence l'année me semble si solennel, que je voudrais que la part de la religion y fût plus grande. Quelquefois, quand une fontaine va être ouverte aux habitants d'une ville, vous voyez un pontife venir bénir les eaux qui vont couler. Eh bien! je voudrais qu'il y eût aussi, des marches de l'autel, une bénédiction des jours qui vont nous venir.

Sous le soleil, y a-t-il quelque chose qui se ressemble plus que les eaux qui coulent et que nos jours qui passent? Les eaux vont à l'océan, les jours à l'éternité. Mais si le vieil océan ne dit point aux ondes qui lui arrivent : Pourquoi êtes-vous troublées et bourbeuses? Dieu dira à nos jours : Pourquoi n'avez-vous pas été purs?... Tâchons donc qu'ils ne soient pas souillés.

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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