L`Épiphanie – Le Jour des Rois. ( 6 janvier) - Tableau Poétique des Fetes Chrétiennes - (Images et musique)

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L`Épiphanie – Le Jour des Rois. ( 6 janvier) - Tableau Poétique des Fetes Chrétiennes - (Images et musique)

Message par MichelT le Sam 6 Jan 2018 - 4:20

L`Épiphanie – Le Jour des Rois. ( 6 janvier)

Source: Tableau Poétique des Fetes Chrétiennes - Vicomte Walsh - année 1843

Si le printemps parsème les champs de fleurs quand rient le riant mois de mai, le catholicisme répand sur la triste et froide saison de l'hiver, sur les mois de décembre et de janvier, de saintes fêtes, qui sont comme des fleurs dans la vie du peuple chrétien. Voyez quelle succession de jours joyeux : Noël, les saints Innocents, le premier de l'An, et les Rois!...



Le jour des Rois a surtout un grand attrait ; mais, avant de nous laisser aller au plaisir de peindre les beautés poétiques de cette fête religieuse, qui est devenue une des plus douces fêtes de famille, disons son origine et l'adoration qu'elle rappelle.

En faisant venir autour du berceau de l'enfant Sauveur les étrangers et les gentils  (non-juifs), Dieu a voulu montrer que tous les hommes, que toutes les nations, étaient destinés à le connaître, à l'aimer, à le servir. L'Épiphanie, c'est la manifestation de Jésus- Christ à tous :  dès ce jour où les Mages de l'Orient sont venus adorer le fils de Marie, il n'y a plus eu de privilège de nation, plus de peuple de Dieu à part. Le peuple de Jésus-Christ, ç'a été tous les peuples; la nation choisie, ç'a été toutes les nations de la terre.



Ainsi, la fête de l'Adoration des Mages est notre fête à tous, car nous descendons de ceux qui sont venus de loin pour adorer le Désiré des nations; nos pères n'étaient pas possesseurs de la terre de Chanaan : pour les y conduire, une étoile s'est levée dans le ciel, a marché devant eux, comme la colonne de feu avait jadis guidé les tribus de Moïse. Nous devons reconnaissance à Dieu de ce prodige. Sans l'étoile qu'il a fait briller à leurs yeux , nous serions restés dans les ténèbres et l'ombre de la mort. Nous devons donc chaque année, quand le jour des Rois revient, aller au pied de ces autels qui représentent la crèche de Bethléem, adorer celui qui est né pour le salut de tous. Et si nous n'avons ni myrrhe, ni encens, ni or à offrir, ne nous décourageons pas ; souvenons-nous que les bergers ont adoré le fils de Marie avant les mages ou les rois. Et, eux, qu'avaient-ils à lui porter en hommage, hors leur pureté et leur foi?...




Dans les premiers siècles, depuis la nuit de Noël jusqu'au jour de l'Épiphanie, ce n'était qu'une fête continuelle, et dans cette sainte joie que ressentaient nos devanciers , ils n'avaient pu trouver une place pour la mortification ; la vigile des Rois n'avait point de jeûne , et voici ce que nous lisons à ce sujet dans l'Histoire des fêtes de l'Église :

«La veille de l'Épiphanie, quoique des plus célèbres depuis son institution, n'avait rien dans les commencements qui la distinguât des autres. On passait la nuit à l'église, en prières et en lectures ; et ce qui la rendit en suite plus auguste que toutes les autres en Orient, ce fut la grande cérémonie du baptême des catéchumènes, et le grand nombre des luminaires, en quoi elle égalait les veillées de Pâques et de Noël. Lorsqu'on changea l'usage de veiller la nuit dans l'église, on se trouva partagé sur l'observation du jeûne qui semblait devoir être observé le jour précédent, comme on en usait aux autres veilles de fêtes ; mais parce que ce jour était compris dans l'espace d'entre Noël et de l'Épiphanie, qui était considéré comme une fête continuelle, cette considération fit qu'en plusieurs endroits l'on se crut dispensé de jeûne, sous prétexte d'honorer la fête, ce qui s'étendit même jusqu'aux religieux. »


Bethlehem of Noblest Cities (Stuttgart) Christian Friedrich Witt (1660-1716)

L'auteur du livre dont j'extrais ce passage s'appuie de l'autorité de saint Pierre Damien et de saint Grégoire. Tout usage qui réunit les familles au nom de Dieu, toute fête qui rapproche les parents, toute réjouissance qui est partagée par les maîtres et les  serviteurs, par les riches et les pauvres, sont bonnes. Écoutez Chateaubriand : « Ceux qui n'ont jamais reporté leurs cœurs vers ces temps de foi où un acte de religion était une fête de famille, et qui méprisent des plaisirs qui n'ont pour eux que leur innocence ; ceux-là , sans mentir, sont bien à plaindre.»

Les cœurs simples ne se rappellent point sans attendrissement ces heures d'épanchement où ils se rassemblaient autour des gâteaux qui retraçaient les présents des mages. L'aïeul, retiré pendant le reste de l'année au fond de son appartement, reparaissait dans ce jour comme la divinité du foyer paternel. Ses petits-enfants, qui depuis longtemps ne rêvaient que la fête attendue, entouraient ses genoux et le rajeunissaient de leur jeunesse; les fronts respiraient la gaieté, les cœurs étaient épanouis, la salle du festin était merveilleusement décorée, et chacun prenait un vêtement nouveau.

Au choc des verres, aux bruyants éclats de joie, on tirait au sort ces royautés, qui ne coûtaient ni soupirs ni larmes ; on se passait ces sceptres, qui ne pesaient point dans la main de celui qui les portait.  Souvent une fraude qui redoublait l'allégresse des sujets et n'excitait que les plaintes de la souveraine, faisait tomber la fortune à la fille du lieu et à un fils du voisin dernièrement arrivé de l'armée. Les jeunes gens rougissaient, embarrassés qu'ils étaient de leur couronne ; les mères souriaient, et l'aïeul vidait sa coupe, à la nouvelle reine.




Or, le curé, présent à la fête, recevait, pour la distribuer avec d'autres secours, cette première part, appelée la part des pauvres. Des jeux de l'ancien temps, un bal, dont quelque vieux serviteur était le premier musicien , prolongeaient les plaisirs ; et la maison entière , nourrices, fermiers, domestiques et maîtres, dansaient ensemble la ronde antique. En lisant cette délicieuse description d'une fête que nous avons tous célébrée, chacun de nous rappelle ses souvenirs d'enfance. C'était une belle fête sous le toit paternel. Ce jour-là, on mettait des allonges à notre grande table; car notre père y conviait nos parents et nos amis.

Dès le matin, le boulanger qui, de père en fils, servait la maison, avait fait hommage d'un gâteau feuilleté, grand et rond comme le bouclier d'Achille. Il avait peut-être dit tout bas au maître d'hôtel dans quelle partie se trouvait la fève devait donner la royauté ; mais personne de nous ne le savait. Le curé, invité à la fête, quand nous étions tous autour de la table, avant que nous fussions assis , disait le Bénédicité. Notre sœur aînée était assise en face de notre père, car notre mère avait été appelée à Dieu, et, depuis plusieurs années, célébrait toutes les saintes fêtes dans le ciel.

Je me souviens que ce jour-là nous trouvions que le premier et le second service duraient bien longtemps ; l'ambition des enfants appelait le dessert, car c'était le moment du gâteau. Depuis que nous avons vieilli, nous avons vu des ambitieux désirer des troubles et des bouleversements, pour avoir la chance de gagner des sceptres et des couronnes. Nous, nous étions plus innocents dans nos désirs : c'était à travers le plaisir que nous voulions parvenir au pouvoir Et puis, la couronne que nous ambitionnions n'appartenait à personne. On apportait l'immense gâteau devant le curé, et notre sœur, celle qui remplaçait notre mère, priait le vieux pasteur qui lui avait fait faire sa première communion , et qui lui avait enseigné la charité , de marquer la part des pauvres , et lui recommandait de la faire bien grande.


La fête des Rois – la part du pauvre

Cette part était mise de côté, et si par hasard la fève ne se trouvait pas dans les portions qui avaient été offertes cachées sous un napperon blanc, et portées par le plus jeune d'entre nous à chacun des convives ; alors, pour avoir le droit de la chercher dans la part des pauvres, qui s'appelait aussi la part à Dieu, il fallait la racheter du curé par une aumône envers les nécessiteux et les malades de la paroisse.

Quand cette fève était enfin trouvée, quand un de nous, fier de l'avoir obtenue du sort, la montrait aux acclamations libres, franches, sincères, sans solde, sans arrière-pensée , saluaient le nouveau roi ! Et, quand cette légère couronne de la fève tombait sur le front d'un enfant..., la royauté s'embellissait encore de grâces, d'innocence et d'espoir, et l'on souriait d'amour en criant vive le roi !

Puis, il fallait que le jeune monarque partageât son trône, et qu'il choisît une reine pour venir s'y asseoir auprès de lui ; ou bien, si le sort, sans égard pour notre vieille loi salique, avait tout d'abord donné la royauté a une jeune fille , c'était à elle à désigner qui elle prêtait pour roi. Un échanson était aussi nommé ; c'était à lui à emplir la coupe du roi et de la reine, et alors que leurs riantes et gracieuses majestés buvaient, quels cris de le roi boit! le roi boit! la reine boit! la reine boit!  Les murs de la salle du festin , ornés des portraits de famille, répétaient ces bruyants élans de plaisir; et les vieux serviteurs se sentaient tous réjouis de la joie de leurs jeunes maîtres.


La Fête des Rois au Bas-Canada

Dans les campagnes, les enfants se mettent à courir quand l'obscurité de la douzième nuit arrive ; ils tiennent et agitent dans leurs mains des baguettes d'osier pelé et séché, auxquelles ils ont mis le feu ; cet usage est d'un effet fantastique dans les champs. Ces flammes qui courent, qui montent et qui descendent, qui apparaissent et dans la plaine et sur la montagne, et dans les bois et près des eaux ; les cris de joie, les chants d'allégresse des enfants qui promènent ces feux, ont pour but de rappeler cette lumière miraculeuse qui guidait à travers les campagnes d'Israël les Mages de l'Orient. Dans quelques pays, une étoile toute scintillante de petites bougies, ou de lampions allumés, part de dessous le porche de l'orgue, et, à l'aide de poulies et de cordes, file le long de la nef du milieu, et ne s'arrête qu'au-dessus de l'autel, pour dire que celui qui doit être adoré est là !...

Quelques esprits austères se réjouissent quand ces vieux usages, qu'ils appellent superstitieux, viennent à s'effacer des mœurs du peuple; dans leur rigidité, ils ne voudraient rien de ces choses matérielles et extérieures: je pense qu'il y a là une sorte de sécheresse puritaine, qui ne va point au catholicisme, toujours sage, mais toujours tendre, toujours appuyé sur la raison, mais toujours plein de poésie. Sans doute il ne faut pas permettre que les choses qui ressemblent aux jeux des théâtres viennent se mêler à nos saintes cérémonies; mais quand ces ressouvenirs naïfs d'un mystère ont traversé les siècles, et sont venus des anciens jusqu'à nous, à travers l'encens du sanctuaire, je crois qu'ils sont bons à conserver.

Dans cette journée de l'Épiphanie, l'Église a réuni trois commémorations, celle du baptême de Jésus-Christ, celle de son premier miracle aux noces de Cana, et celle de l'adoration des Mages. La réunion de ces trois commémorations le même jour est d'un usage fort ancien : il parait que l'Église, dans l'établissement de cette triple fête de l'Épiphanie, a eu égard à l'opinion de quelques anciens pères, qui ont cru que les trois mystères pouvaient être arrivés en un même jour.



La fête, telle qu'elle est aujourd'hui, était célébrée très-solennellement dans les Gaules dès le milieu du quatrième siècle, puisqu'au rapport d'Ammien Marcellin, l'empereur Julien, surnommé l'Apostat, n'osa se dispenser d'assister à l'office de ce jour, étant alors à Vienne en Dauphiné, et ne s'étant pas encore ouvertement déclaré contre la religion de Jésus-Christ au commencement de l'an 361.

Avant l'union des trois mystères de l'Épiphanie, la fête de l'adoration des Mages s'appelait Théophanie. La pensée du Sauveur adoré dans sa crèche par les rois ou les Mages est celle qui domine dans l'office et dans les hymnes de la fête du 6 janvier ; ainsi l'Évangile ne parle que du voyage des Mages guidés par l'étoile : « Jésus étant né dans Bethléem, ville de Juda, au temps du roi Hérode, des Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, et ils demandèrent : Où est le roi des Juifs qui est nouvellement né? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer.»

« Ce que le roi Hérode ayant entendu, il fut troublé, et toute la ville de Jérusalem avec lui. Et ayant assemblé tous les princes des prêtres et les docteurs du peuple, il s'enquit d'eux où devait naîtra le Christ.  Ils lui dirent que c'était dans Bethléem, de la tribu. de Juda, selon qu'il a été écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la dernière parmi les principales villes de Juda; car de toi sortira le chef qui conduira mon peuple d'Israël !  Alors Hérode ayant appelé les Mages en secret, s'enquit d'eux, avec un grand soin, du temps que l'étoile leur était apparue ; et les envoyant à Bethléem, il leur dit : Allez, informez-vous exactement de cet enfant, et, lorsque vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille aussi l'adorer.»

«Ayant ouï ces paroles du roi, ils partirent ; en même temps l'étoile qu'ils avaient vue en Orient reparut, et elle allait devant eux, jusqu'à ce qu'étant arrivée sur le lieu où était l'enfant, elle s'y arrêta. «Lorsqu'ils virent l'étoile arrêtée, ils furent transportés d'une extrême joie; et, entrant dans la maison, ils trouvèrent l'enfant et sa mère, et se prosternant en terre , ils l'adorèrent ; puis , ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent pour présents de l'or , de l'encens et de la myrrhe ; et ayant reçu en songe un avertissement du Ciel de n'aller point retrouver Hérode , ils s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin.»

Tel est le récit fait par saint Matthieu, et du voyage des Mages et des terreurs d'Hérode. Le mot de Roi n'est pas prononcé dans l'Évangile, et cependant la tradition a fait
de ces Mages de l'Orient des Rois; serait-ce parce que dans l'office de la fête l'Église répète ces paroles des prophètes : « Les rois de Tharsis et des îles viendront lui
apporter des présents ; les rois d'Arabie et de Saba lui feront des offrandes , et tous les peuples seront sous sa domination.»



La  Marche Des Rois Mages - Marie Michèle Desrosiers

« L'Église , dit l'auteur de l` Histoire des Fêtes chrétiennes, fait profession de ne savoir autre chose des Mages que ce qu'elle en a appris de l'Évangile ; et il ajoute : Elle croit seulement qu'après être retournés en leur pays, ils eurent grand soin de conserver et de faire profiter la grâce qu'ils avaient reçue ; et qu'ils sont parvenus à la gloire du ciel, après avoir annoncé Jésus-Christ à la terre et par leurs instructions et par l'exemple de leur vie. »

La tradition et de parole et de peinture a réduit le nombre des Mages à trois; mais encore, à cet égard, l'Évangile ne fixe rien, et nous avons de la peine à voir qui a pu établir si généralement dans les esprits le nombre trois, comme ayant été celui des Mages voyageurs. Don Calmet, saint Léon, saint Césaire, Eusèbe, Bède, l'abbé Rupert, et après eux une foule de commentateurs, enseignent que les Mages étaient trois. Ce sentiment paraît fondé principalement sur les trois sortes de présents : l'or, la myrrhe et l'encens, qui sont marqués dans l'Évangile. Nous leur donnons les noms de Gaspar, Melchior et Balthasar; mais ces noms sont inconnus à l'antiquité, aussi bien que ces autres qu'on leur attribue dans des livres peu autorisés.

On est assez partagé sur la profession des Mages, écrit don Calmet; les uns ont cru qu'ils exerçaient les arts curieux et diaboliques de la divination, de l'astrologie et des enchantements. L'ancien Évangile de l'enfance du Sauveur dit qu'ils étaient disciples de Zoroastre ; mais d'autres ont porté un jugement plus favorable : ils ont cru que leur magie était permise et naturelle. Saint Épiphane croit qu'ils étaient de la race d'Abraham et de Céthura.

L'abbé Rupert leur donne le nom de prophètes et d'hommes inspirés. Origène a cru que les Mages s'étant aperçus, dans leurs opérations magiques, que le pouvoir du démon (ange déchu) était fort affaibli, s'appliquèrent à en découvrir la cause, et qu'ayant remarqué dans le même temps un nouvel astre dans le ciel, ils jugèrent que c'était cet astre dont avait parlé Balaam, et qui désignait la naissance d'un nouveau roi d'Israël ; c'est ce qui les détermina à l'aller chercher pour lui rendre leurs adorations.

Saint-Basile et saint Ambroise ont eu à peu près la même pensée. Saint Jérôme dit qu'ils apprirent des démons ( des anges déchus), ou plutôt de la prophétie de Balaam, que le Christ était né. Tertullien semble dire que c'est par l'astrologie qu'ils apprirent la naissance du Messie, puisqu'il avance que jusqu'à Jésus-Christ, cette science était permise, mais que depuis ce temps elle est défendue, afin que personne ne cherche plus dans les astres l'horoscope de quelqu'un.

Il est édifiant et curieux de voir quelle importance les chrétiens primitifs mettaient à connaître le nombre et la profession des Mages quand la miraculeuse étoile apparut à leurs yeux et les décida à quitter leur pays, à traverser des contrées inconnues, pour venir adorer un roi des Juifs, au berceau. Pour prouver jusqu'à quel point nos devanciers portaient leur pieux désir de savoir tout ce qui se rattachait aux grands événements du christianisme,

Je vais citer des extraits sur la fête de l'Épiphanie. On lit, à la fin du troisième volume des ouvrages du vénérable Bède, dans un livre intitulé Extraits des Pères, que Melchior, le premier des Mages, était un vieillard chauve, ayant une grande barbe, et de longs cheveux blancs ; qu'il portait, quand il s'est prosterné devant l'enfant annoncé par l'étoile, une robe couleur d'hyacinthe, ou de bleu céleste, un manteau jaune ou orangé (sagomelino), une chaussure de couleur mêlée de bleu et de blanc , et un manteau royal de différentes couleurs ; il offrit de l'or au roi Jésus-Christ.



Le second Mage s'appelait Gaspar ; il était jeune, sans barbe, vermeil, vêtu d'une robe orangée et d'un manteau rouge. Sa chaussure était couleur d'hyacinthe ; il offrit de l` encens pour reconnaître la divinité de Jésus-Christ. Le troisième s'appelait Balthasar ; il était brun, portait une grande barbe, était vêtu d'une robe rouge, d'un manteau bariolé; sa chaussure était jaune ; il offrit de la myrrhe au Sauveur pour marquer sa mortalité. Nous avons vu, dans plus d'une église, des tableaux de l`Adoration des Mages, faits d'après cette description de costumes, que l'on pourrait croire avoir été écrite par un témoin oculaire.

D'autres livres du même genre disent que les Mages avaient été douze, pris dans toute leur nation, et se succédant de père en fils depuis bien des siècles, pour observer le moment de l'apparition de l'étoile prédite par le prophète Balaam.  Enfin, l'étoile leur apparut portant un enfant au milieu de ses rayons. Le connétable d'Arménie écrivait à saint Louis que les trois rois Mages étaient venus de Tangat dans l'Arménie. Venons à présent, dit en terminant don Calmet, à l'étoile qui apparut aux Mages. Quelques anciens ont avancé que c'était un astre nouveau, créé exprès pour annoncer aux hommes la naissance du Messie.

Origène (livre I), contre Celse, Maldonat et Grotius, croit que c'était une espèce de comète qui avait paru extraordinairement dans l'air; d'autres ont prétendu que c'était un ange au corps lumineux, en forme d'étoile. Quelques-uns m'en voudront peut-être de toutes les conjectures, de toutes les opinions que j'ai rapportées ici sur les Mages; mais j'avouerai que j'ai trouvé de la naïveté dans tous ces commentaires, et, de plus, une preuve du respect que portaient nos devanciers à ces hommes choisis de Dieu pour venir de loin adorer son fils.

On ne s'enquiert autant de quelqu'un que lorsqu'on veut l'honorer beaucoup; quand on va si loin pour trouver de la pierre blanche et saine; quand on fait venir les ouvriers les plus habiles ; quand on abat les cèdres les plus beaux ; quand on scie et façonne les marbres les plus précieux; quand on élève une forêt de colonnes, c'est que l'on veut que le temple que l'on construit soit noble et magnifique, et digne du Dieu qui y sera adoré.


Hymne arabe chrétien ( Hymne Byzantin a la Nativité du Christ)

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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