Un voyageur catholique en Italie: Art, Architecture, culture catholique, ect ( Images et vidéos)

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Un voyageur catholique en Italie: Art, Architecture, culture catholique, ect ( Images et vidéos)

Message par MichelT le Mer 13 Juin 2018 - 13:04

Un voyage catholique en Italie: Art, architecture, peinture, musique, poésie, culture catholique, ect


Source: Souvenirs d`Italie par un catholique – Le Marquis de Beaufort en 1839


Un voyage de découverte au 19 eme siècle dans un pays qui est le cœur de la foi catholique dans le monde.

Le voyageur catholique entre par le nord de l`Italie et va dans les villes suivantes – Le Lac Majeur – Le Lac de Côme - Milan – Pavie – Gênes sur la côte nord-ouest – la ville de Pise – Lucques – Florence - Pérouse – Rome – Notre-Dame de Lorette – Bologne – Venise - Parme.






1 – Le Lac de Côme

Le voyageur catholique entre par le Lac de Côme dans le nord de l`Italie



Le Lac de Côme dans les alpes italiennes



Le Lac de Côme au piano - Lago di Como



2 – La ville de Milan ( Milano)


Une cathédrale gothique est véritablement la maison universelle, le centre et l'expression de toute la civilisation d'une nation. C'est une véritable école pour tous les hommes, à quelque condition qu'ils appartiennent : le chrétien, le citoyen, l'artiste, y retrouvent les plus beaux souvenirs de la religion, de la patrie et des arts. Là, les pères ont prié pour leurs enfants et les enfants pour leurs pères; là sont nés, instruits, unis, réconciliés, consolés et enfin préparés pour leur passage dans l'éternité, tous les fidèles de la communion catholique. Là, l'innocence, le repentir, les regrets, l'espérance, la joie et la douleur, tous les sentiments qui remplissent le cœur de l'homme trouvent à s'épancher, se purifient, s'élèvent, montent vers le Dieu, père des humains ; là seulement nous sommes dans la vérité, car notre vie n'est qu'un douloureux pèlerinage.


La ville de St-Ambroise (340 à 397 ap J.C.) – Évêque de Milan, Docteur de l`Église, un des quatre Père de l`Église d`Occident, Poète et Écrivain


Nous sommes bien faibles, bien petits devant celui qui seul est, et cependant bien grands par notre origine et notre fin : l'église nous rappelle tout cela, elle est l'expression de tout cela. Le demi-jour qui éclaire les fidèles et qui, dans l'ordre gothique, passe à travers les vitraux tout couverts de saints et de représentations de la vie de l'Homme-Dieu , comme pour nous faire entendre que ce n'est que par l'intermédiaire de Jésus-Christ et de ses saints que nous recevons la lumière mystérieuse qui nous éclaire ici-bas; la hauteur de ces voûtes qui montent et s'élancent vers le ciel; ces nefs immenses et hospitalières qui accueillent tous les hommes, même ceux qui ne croient pas; ces chants, ces gémissements de l'âme qui retracent les souvenirs du passé, les glorieuses espérances de l'avenir, et enfin les douleurs du présent , tous ces apanages des églises chrétiennes , si je puis m' exprimer ainsi , ne sont-ils pas la véritable expression de l'humanité dans ce qu'elle a de meilleur et de plus élevé?

Qu'elle est belle cette cathédrale de Milan ! Imagine-toi une montagne de marbre blanc, sculptée, ciselée, découpée à jour, d'un symbolisme sublime! Qu'elles sont charmantes, ces petites flèches vives, élancées, ces tiges légères qui portent à leur sommet les statues des anges et des saints! Cent vingt aiguilles ou flèches en marbre sont surmontées par des statues d'anges , de saints et de guerriers.



La cathédrale gothique de la Nativité de la St-Vierge Marie - Duomo di Milano – Le dôme de Milan construite entre 1386 et 1572



Intérieur du Duomo di Milano



Opéra Moise a la cathédrale de Milan - Gioachino Rossini


La Sainte-Vierge, statue colossale en bronze doré, domine et couronne la pointe la plus élevée du dôme. Là, elle paraît réellement, comme dans les cieux, reine des anges et des saints, reine de tous les fidèles adorateurs de son divin Fils. Autour d'elle, sur la partie intérieure la plus élevée du dôme, des Chérubins et des Séraphins font retentir les airs de leurs joyeux concerts ; un peu plus bas, sur les aiguilles moins élevées, une couronne d'anges, puis, sur les aiguilles immédiatement inférieures, les statues des saints ; enfin les guerriers, qui sont les avoués et les défenseurs extérieurs de l'Église, entourent la plateforme. N'est-ce pas là une vive image de la hiérarchie de l'église catholique? Mais ceci n'est qu'un léger aperçu de ce merveilleux édifice. Autour de chaque aiguille, entourées et surmontées d'ornements gothiques très élégants, sont sculptées des statues de saints, plusieurs avec beaucoup de soin et de goût.

Si toutes étaient achevées, il y en aurait, dit-on, près de cinq mille. Tous les arcs-boutants qui unissent ces aiguilles entre elles et avec l'église, toutes les plates-formes sont sculptés en arabesques gracieuses.  Que l'on dise, après cela, que l'église de Cologne est d'un gothique beaucoup plus pur, j'en conviendrai sans peine; mais la hauteur de la cathédrale de Milan, sa largeur , ( elle a cinq nefs très vastes ), l'immense travail qu'elle suppose, le sens symbolique de ce travail , enfin l'imposante masse de l'ensemble et la délicatesse des détails , feront toujours de cette église une des merveilles de l'Europe.


Peintres Italiens

Au musée Brera, un délicieux tableau du Guerchin, représentant Abraham au moment où il renvoie Agar. Agar est charmante, et sa physionomie exprime bien la douleur et les vifs regrets. Abraham, armé d'une feinte sévérité a l'air de commander, mais il obéit à Sara qui, derrière lui, le dos à demi tourné, attend qu'Agar et son époux lui-même obéissent à ses injonctions; voilà ce que le peintre a parfaitement fait sentir. Parmi une foule de beaux tableaux, j'ai remarqué un Saint-Jérôme à genoux devant la croix,
au milieu du désert , parfait de dessin , de couleur et d'expression. Quelle poésie que la peinture quand elle atteint à une pareille hauteur !


Guercino (Guerchin - 1591 a 1666) : Abraham renvoyant Agar et Ismaël ( Genèse 21-14)



Guercino (Guerchin) : St-Jérôme devant la Croix dans sa retraite du désert en Terre Sainte


Je ne m'étonne pas de la foi qui règne en Italie ; elle entre ici par les yeux , elle pénètre dans l'âme par tous les sens : en veux-tu des preuves? Dans l'église des Dominicains se trouvent de belles fresques de Gaudentio Ferrari , représentant la flagellation et le crucifiement. Des anges portent les instruments de la passion : les verges, le roseau, la lance. L'expression de ces anges est sublime. Navrés de douleur, ils regardent le ciel et semblent dire à Dieu : Quoi! Seigneur, c'est votre fils bien-aimé que vous livrez à de tels supplices !



Gaudentio Ferrari (1471 a 1546) : La Crucifixion - Des anges portent les instruments de la passion : les verges, le roseau, la lance. L'expression de ces anges est sublime. Navrés de douleur.

L'étonnement mêlé au respect, à l'adoration la plus profonde, sont exprimés sur ces figures avec une telle puissance, que les larmes m'en venaient aux yeux. Mais puis-je oublier les fresques plus belles encore de Daniel-Crespi à la chartreuse du Garignano? Sur les murs et à la voûte de l'église le peintre a retracé les souvenirs de la vie de saint Bruno. Comme ces têtes de chartreux sont belles, graves, recueillies! La figure de notre Seigneur et toute sa pose sont d'une beauté, je dirais même d'une divinité que l'on ne peut se lasser de contempler.



Daniele Crespi (1591-1630): la descente de la Croix (Pietà)



Daniele Crespi:  Il sogno di San Giuseppe ( Le rêve de St-Joseph)



Les peintures de la Chartreuse de Garegnano de Milan



Rencontre avec Alessandro Manzoni.

Notes recueillies à la suite de conversations avec Alessandro Manzoni. Nous avons si souvent lu et admiré ensemble les beaux ouvrages de cet excellent homme, que je ne doute pas de l'intérêt que tu mettras à me lire; mais je t'en préviens, ce ne sont point des conversations suivies que je te retrace, ce sont quelques mots saillants, quelques idées exquises qui m'ont frappé; libre à toi d'en former un bouquet, une couronne de perles.





Je disais à Manzoni que j'avais été touché de la piété des Italiens, surtout parmi les gens du peuple. Il me dit que les paysans l'avaient souvent étonné par les idées élevées qu'ils ont de la religion. Et à ce propos, il me conta cette anecdote. « Je me rappelle, me dit-il , un temps de sécheresse qui inquiétait beaucoup les pauvres paysans; on désirait ardemment la pluie; enfin, elle arriva au moment le plus opportun. Un paysan regardait sérieusement le ciel qui versait la fécondité sur les campagnes. — Vous n'avez pas l'air content lui dis-je. — Je vous demande pardon, monsieur, me répondit-il; mais je pensais en voyant cette pluie si heureuse, que nous ne l'avions pas méritée.»





Il y a un proverbe très répandu chez le peuple Milanais : Les pauvres se sauvent par la patience, et les riches par la charité. Le confessionnal, me dit Manzoni, est le gouvernement même, et cela entendu dans le sens le plus pur, sans que le prêtre se mêle le moins du monde de la politique, par la seule influence de la religion sur les actions humaines.



A propos de notre magnifique foi catholique, Manzoni me dit : « La partie obscure d'un flambeau nourrit sa lumière; ainsi c'est le côté mystérieux, la partie obscure des vérités révélées, qui nourrissent notre foi. » (Les mystères ne sont obscurs pour nous qu'à cause de leurs trop vives clartés. Nos faibles yeux n'en peuvent supporter l'éclat.)


Mottetto eucaristico a 2 voci dispari - Cappella musicale del Duomo di Milano - Chorale de la cathédrale de Milan


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MichelT

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Message par MichelT le Ven 15 Juin 2018 - 12:00



3 – La ville de Pavie (Pavia)


J'ai vu aujourd'hui la Chartreuse, près de Pavie, étonnante de richesses, de peintures, de sculptures exquises, de bas-reliefs en marbre. C'est ici que l'on peut juger de la protection que la religion donne aux arts : elle seule offre aux artistes des sujets aussi nobles que touchants, nombreux comme les étoiles du ciel. Des religieux, qui n'ont aucune dépense à faire pour eux-mêmes, peuvent seuls consacrer aux travaux des artistes des sommes aussi considérables que celles prodiguées par les chartreux à l'érection et à l'embellissement de leur église. Enfin la perpétuité des ordres religieux possède seule l'unité de vue et le long temps nécessaire à une succession d'artistes pour composer, continuer et achever de pareils travaux. J'ai été étonné du nombre d'excellents peintres et d'excellents sculpteurs inconnus dont les noms ne sont révélés qu'aux amateurs des arts qui vont, sur les lieux, les admirer dans leurs œuvres.



La Chartreuse de Pavie est un ancien monastère de moines-ermites chartreux datant du 14e siècle. La Chartreuse de Pavie fut construite par la volonté de Jean Galéas Visconti, Seigneur de Milan. Il répondait peut-être à un vœu de sa femme. Caterina Visconti. Le chroniqueur Bernardino Corio rapporte en effet dans son Histoire de Milan (1554) qu'en 1390, Caterina, qui vivait une grossesse difficile, « faisant un vœu sous forme de testament, ordonna que dans la ville de Pavie, où elle se rendait souvent, on construisit un monastère de chartreux pour douze frères, et au cas où elle mourrait en couches, elle pria son mari de bien vouloir exécuter cet ordre. »




Caterina Visconti, duchesse de Milan vers l`an 1390



La Chartreuse de Pavie



Chartreuse de Pavie



Chartreuse de Pavie



Ancien Château des Visconti a Pavie - les ducs de Milan



Basilique St-Michel Majeur (San-Michele-Maggiore) de Pavie construite au 11 eme siècle dans le style roman.



4 – La ville de Gênes (Genova)






Je ferais tout un traité de philosophie sur ce texte. Donc ce qui m'intéresse c'est la physionomie d'un peuple, c'est son caractère réfléchi dans ses mœurs, dans ses habitudes journalières, dans tous ses arts; c'est son histoire, commentée, expliquée, vivifiée par mille petites observations que dédaigne le touriste. La physionomie est l'âme visible. Or, plus j'observe ce peuple, plus je le crois bon, religieux, grave beaucoup plus qu'on ne le pense, spirituel et patient.

Combien de figures à la fois vives et calmes, animées et cependant recueillies, et cela, chez les gens de la campagne! Puissance de conception, vivacité d'imagination, réunies à cette gravité, à ce recueillement que la religion donne à ceux qui la pratiquent avec amour, voilà ce que je remarque sans cesse.



Albergo di poveri de Gênes - En Italie, l'Albergo dei Poveri est l'appellation de plusieurs édifices historiques dédiés à l'accueil de personnes indigentes.



Albergo di poveri de Gênes



Chapelle de l`Albergo di poveri de Gênes


Les palais Doria, Spinola, Durazzo, Balbi, sont admirablement beaux. Comme toutes ces colonnades, comme tous ces portiques en marbre sont hardis, légers, majestueux ! et dans l'intérieur, partout de belles galeries ; grand nombre de portraits en pied des anciens doges.



Le palais Doria



Palais Doria Spinola





Je commence par cette déclaration formelle, je n'admire point, ou bien peu du moins, l'architecture des églises en Italie, je ne la compare nullement à l'incomparable architecture gothique ; mais, ceci bien établi, voici ce que je me demande : les églises en Italie n'ont point du tout le caractère mystérieux et même un peu sombre des églises gothiques ; elles sont brillantes de lumière, resplendissantes de beauté, elles ont un air de fête qu'elles n'ont point ailleurs. Pourquoi cette différence entre les églises d'Italie et celles du reste de l'Europe?



Chiesa del Gesu (Église de St-Ambroise -St-André et de Jésus) de Gênes construite au 16 eme siècle.


La voici, je pense. Rome est le centre lumineux et triomphant du catholicisme. C'est sur elle que le ciel projette d'abord sa lumière, c'est d'elle qu'elle se répand pour éclairer l'univers. Le catholicisme à Rome se pare d'habits de fête, comme en un jour de triomphe; ses églises, et j'ajoute celles de l'Italie qui forment le premier orbite de Rome, se ressentent de cette impression lumineuse.


4 – Portofino

Quand je suis descendu des hauteurs de Portofino, et que je me suis trouvé en face du golfe de Rapallo, je me suis écrié: Te Deum laudamus! J'étais ravi. Dieu est un grand peintre! Je venais d'admirer avec délices de magnifiques Titiens, qui n'ont pas la magie de couleurs dont la Méditerranée enchantait mes regards. Et ces montagnes, ondulant comme les vagues de la mer, se dessinant en courbes, formant entre elles des espèces de golfes, comme par émulation avec les véritables golfes ! Tu ne t'imagines pas combien elles sont jolies , vert gris de lin ; je ne trouve pas d'autre expression pour rendre leur couleur vive et légère.






Portofino


Dernière édition par MichelT le Dim 17 Juin 2018 - 21:38, édité 1 fois

MichelT

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Message par MichelT Hier à 21:07

5  – La ville de Pise (Pisa)


Le Campo-Santo (cimetière de Pise) pourrait fournir à des études pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois. C'est là que l'on voit pour ainsi dire la renaissance de l'art; les peintures à fresque sur les murs du beau cloître, qui renferme la terre sainte rapportée de Jérusalem par les Pisans, sont du quatorzième et du quinzième siècle.



Le Campo-Santo est le vieux cimetière monumental de Pise qui date du 12 eme siècle

Bien que dégradées, on ne peut s'empêcher d'admirer la vérité et la noblesse d'expression , la vivacité des couleurs et l'originalité d'invention de ces tableaux à fresque du Giotto, de Gozzoli, d'Orgagna.



Fresque de Buffamalco (Campo-Santo) - Le triomphe de la Mort (1336-1341)



Le triomphe de la Mort de Clusone au Campo Santo (1485)



Fresque du Jugement dernier au Campo Santo

De beaux bas-reliefs de Nicolas et de Jean de Pise, surtout au Baptistère et à la cathédrale, attestent la splendeur, l'ancienneté, et presque la perpétuité de l'art en Italie. La belle cathédrale a aussi bien de l'intérêt; sa façade est originale et d'un effet gracieux; j'ai admiré la richesse et le bon goût des détails de l'intérieur. Là, j'ai vu de beaux tableaux d'André del Sarto, entre autres sa Sainte-Agnès, presque digne de Raphaël, et les ouvrages admirables de peintres dont nous ne connaissons pas même les noms en France et en Belgique , de Sogliani , de Luti , de Sorri , de Roselli , de Riminaldi, de Ventura Salimbeni.



Sainte Agnès ( martyre à Rome au temps des empereur paiens) par Andrea del Sarto ( peinture du 16 eme siècle)



Adoration des Rois-Mages par Benedetto Luti  (18 eme siècle)



St-Jean l`Évangéliste écrivant l`Apocalypse par Pietro Sorri ( 17 eme siècle)



Cosimo Rosselli – adoration des mages (16 eme siècle)



La sybille de Rome montrant à l`empereur romain César-Auguste a naissance du roi des rois Jésus-Christ par Ventura Salimbeni (16 eme siècle)



La cathédrale Notre-Dame de l`Assomption (Cattedrale di Santa Maria Assunta) de Pise construite de 1063 à 1118 et la Tour de Pise.



Cathédrale Notre-Dame de l`Assomption (Cattedrale di Santa Maria Assunta) de Pise


Une chose me frappe toujours en Italie, c'est la noblesse d'expression , la dignité et la piété empreinte sur toutes les figures de vierges, d'anges et de saints. Il n'y a pas de peintre, si inconnu qu'il soit, qui ne rende mille fois mieux que ne pourraient le faire tous nos peintres modernes, la pureté, la suavité , la maternité divine de la Vierge, la foi et le sentiment de profonde adoration des saints dont ils retracent la vie.


Fresque par Sogliani

En général, le paysage ne se trouve que comme accessoire dans les tableaux religieux, il est traité d'une manière grandiose et tout-à-fait remarquable, tel que le paysage du Saint-Jérôme du Titien, à Milan, et celui de Sogliani représentant Abel gardant ses troupeaux, exposé dans la cathédrale de Pise ; Rubens n'a pas fait mieux ; je n'ose pas dire qu'il n'a pas fait si bien.

Et quelles délicieuses arabesques en marbre d'après les dessins de Michel-Ange, et surtout quelle admirable tête de ce grand artiste! C'est son propre portrait sculpté par lui-même au Campo-Santo. Ah! quel homme que Michel-Ange! Le peu que j'ai vu de ses ouvrages m'a frappé d'étonnement et d'admiration.



6 - La ville de Lucques ( Lucca en Italien)


Située au centre d'un vaste cercle de montagnes, sur les bords du Serchio, Lucques offre , de la hauteur de ses remparts si larges et plantés de beaux arbres, des points de vue ravissants.


La ville médiévale de Lucques ( Lucca) au nord de Pise.



La ville médiévale de Lucques


Mais regarde comme ces vignes unissent les arbres par de charmants réseaux. Aurais-tu imaginé ces draperies vivantes , ces tapisseries de vignes tendues d'un arbre à l'autre ,
ces beaux bois blancs nous offrant de vastes espaliers tout couverts de grappes du plus beau raisin? Nous montons par une pente douce ; peu à peu les collines s'approchent des montagnes qui les couronnent à l'horizon.


La ville médiévale de Lucques en Toscane

J`ai vu deux chefs-d’œuvre de Fra-Bartholoméo , la Vierge implorant le Christ pour le peuple de Lucques; Le Père Éternel , Sainte Marie Magdelaine et Sainte Catherine de
Sienne. Dessin, couleur , expression , grâce , sublimité, une harmonie inexprimable, tout se trouve réuni dans ces chefs-d’œuvre.  Je savais que Fra-Bartholoméo était un grand peintre , mais je n'avais pas l'idée d'une telle perfection : il dessine comme Raphaël, il a la palette du Titien.



Fra-Bartholoméo – la St-Vierge adorant le Christ (15 eme siècle)



Fra-Bartholoméo – le Père Éternel




Fra-Bartholoméo – St-Catherine de Sienne


Et comme ces anges sculptés en marbre par le grand Civitali de Lucques, au quatorzième siècle, tous deux en adoration devant le saint Sacrement, sont beaux, divins d'expression ! Je ne puis me lasser d'admirer le sentiment de foi vive , de piété profonde qui respire dans une foule de tableaux de maîtres excellents dont nous ne connaissons pas même les noms dans nos impoétiques contrées. Beaucoup d'entre eux pourraient placer au bas de leurs tableaux cette touchante inscription que j'ai lue à Pise au bas d'un tableau d'Aurèle-Lomi : « Que vous rendrai-je, ô bon Jésus, pour tout ce que vous m'avez donné? Ce n'est ni de l'or, ni de l'encens, ni de la myrrhe, mais mon cœur , et du trésor de mon cœur , cet ouvrage de mes mains. »



Anges par Matteo Civitali (15 eme siècle)



La St-Vierge aux candélabres de Raphael – Italie vers l`an 1513


J'ai vu les bains de Lucques, intéressants non seulement par leur situation, mais encore par la jolie route qui longe le Serchio au fond des vallées situées entre de hautes montagnes. J'ai remarqué à quelque distance des bains, un pont bâti il y a plus de cinq cents ans et dont l'arche du milieu est si élevée, qu'elle dépasserait en hauteur des maisons de sept étages.


Les bains de Lucques

Sur la cime des monts on aperçoit de vieilles tours en ruines qui servaient jadis de fanaux ; en temps de guerre on allumait des feux sur le haut de ces tours, et tous les citoyens du pays étaient obligés de courir aux armes.



la suite bientôt

MichelT

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