Les débuts de la Foi catholique en Nouvelle-France et au Québec ( image et musique)

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Les débuts de la Foi catholique en Nouvelle-France et au Québec ( image et musique)

Message par MichelT le Ven 13 Juil 2018 - 12:40

Les commencements de la Foi catholique en Nouvelle-France et au Québec


Source : Histoire des premiers travaux des pères Récollets en la Nouvelle France. 1615-1629  
La Nouvelle-France – Robert Lahaise et Noel Vallerand -  
Le rêve de Champlain – David Hackett Fisher


LES RÉCOLLETS SONT CHOISIS POUR VENIR AU CANADA

Que ce fut un motif pieux qui porta Isabelle la Catholique à encourager l'expédition de Colomb, et qui guida celui-ci dans la découverte d'un Nouveau-Monde est un fait historique incontestable.



Isabelle de Castille, (1451-1504) reine d`Espagne encourage les voyages de découverte de Christophe Colomb et la conversion des âmes des peuples païens.



Christophe Colomb quitte l`Espagne pour son voyage vers l`ouest en 1492



Artefactum ( Espagne) - Musique en Espagne au temps de la reine Isabelle la catholique (15 eme siècle)


Il est aussi démontré, l'histoire en mains, que François 1, lorsqu'il chargea Jacques-Cartier de son expédition outre-mer, voulait aussi l`avancement de la religion chrétienne. Le navigateur malouin témoigna toujours, tant par sa conduite que par ses écrits, qu'il partageait le zèle de son souverain pour la diffusion des lumières de l'Évangile.



François 1er , roi de France (1494 -1547)



En 1534, Jacques Cartier fait son premier voyage d`exploration à partir de St-Malo en France.



St-Malo en Bretagne (France)



St-Malo sur la côte Nord-est de la Bretagne



À SAINT-MALO BEAU PORT DE MER - Lucie Therrien (2012)



A son arrivée en 1534, l`explorateur Jacques Cartier plante une Croix à Gaspé ( Hongedo) pour rendre grâce a Dieu. Des Iroquois et leur chef Donnaconna qui viennent pêcher dans la région de la Gaspésie rencontre les français. Le deuxième voyage ( 1536) mènera Cartier en exploration a Stadacona ( Près de la ville de Québec)  et a Hochelaga ( Ile de Montréal).



Le Fleuve St-Laurent en Gaspésie



Le Fleuve St-Laurent en Gaspésie





Mais les espagnols semblent avoir oublié plus Vite que les français le but premier des expéditions entreprises. Éblouis par la découverte des mines d'or, de missionnaires qu'ils devaient être, ils devinrent des trafiquants avides et des maîtres cruels pour les naturels de ces plages récemment découvertes. Si les français, de leur côté, oublièrent quelque peu quel était leur but, et se livrèrent avec trop d'ardeur au commerce des fourrures, il y eut toujours parmi eux de nobles cœurs qui, fidèles à leur mission, méprisèrent les richesses périssables de la terre pour amasser des trésors incorruptibles dans le ciel.



Le commerce des fourrures en Amérique du Nord

Champlain, entre autres, ne perdit jamais de vue la fin qu'il fallait atteindre. Par son attachement sincère à la religion catholique, il s'est acquis des titres immortels à la reconnaissance des Canadiens.



Samuel de Champlain (1574-1637)  explorateur et fondateur de la ville de Québec



Retour de Champlain à Québec



Champlain à Québec

A peine les larmes que sa mort fit répandre étaient-elles séchées que Paul de Chomedey surgissait pour continuer l'œuvre commencée. Le fondateur de Montréal ne fut pas moins ardent que le père de la colonie à répandre la foi et à étendre le royaume de-Dieu dans les forêts vierges de l'Amérique du Nord.



Paul de Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal (1612-1676)


Il est vrai que les rois de France imposaient aux marchands associés pour la traite des pelleteries l'obligation de faire prêcher la foi catholique aux tribus autochtones, ainsi qu'il appert aux commissions et lettres patentes accordées par eux. Mais les marchands, loin de se conformer à cette obligation, s'opposèrent autant qu'ils le purent à la conversion des autochtones. Par suite de ce mauvais vouloir la colonie demeura sans secours religieux jusqu'en 1615, époque de l'arrivée des premiers religieux récollets.

Louis Houel, était contrôleur, général des salines du Brouages en France et secrétaire du roi et ce fut grâce à son influence que quatre religieux de l'ordre de St-François vinrent en Canada en 1615; la compagnie consentant enfin à conduire quelques missionnaires à Québec.

Ce fut le père Denis Jamay, en qualité de commissaire, le père Jean d'Olbeau qui devait lui succéder en cas de mort, le père Joseph Le Caron et le frère Pacifique Du Plessis.

Note :  Les Frères mineurs récollets étaient les membres de l’Ordo fratrum minorum  - Ordre des frères mineurs recueillis. Ils appartenaient à la tendance dite « observante » des franciscains, l'ordre religieux inspiré par saint François d'Assise. Le premier récollet a été l'Aquitain François Doziech (mort à Alcalá de Henares en Espagne), qui a fondé l'ordre vers 1583, à Rabastens.



Frères mineurs récollets

Il fallait enfin pourvoir à l'entretien de ces bons pères. Champlain fit appel à la générosité des cardinaux, des archevêques et des évêques de France. Ceux-ci, ainsi qu'ils l'avaient promis au prince de Condé, protecteur de la Nouvelle-France, lors de l'assemblée des États-Généraux au mois d'octobre précédent, s'empressèrent de contribuer à ce religieux dessein et remirent à Champlain environ quinze cents livres. La Compagnie des Marchands, de son côté, cédant aux instances réitérées de Champlain, promit de nourrir les religieux désignés pour la mission.



Honfleur en Normandie, le port de départ des Récollets pour Québec en 1615


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MichelT

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Message par MichelT le Ven 13 Juil 2018 - 13:36

Les frères Mineurs, et s'embarquèrent à Honfleur,  le 24 d'avril 1615. La traversée fut heureuse et ne dura qu'un mois. Le 25 mai, ils mouillaient l'ancre dans le port de Tadoussac. C'était le jour anniversaire de la translation de St François, fondateur de leur ordre. Cette coïncidence leur fit bien augurer de l'avenir. Cependant l'aspect désert et stérile du pays les frappa tout d'abord. Ils trouvèrent la contrée sèche et rocailleuse, et la grande étendue de terres semblables qu'ils avaient vue leur fit croire que le reste du Canada n'était pareillement qu'une solitude déserte. La pénible impression qu'ils en ressentirent ne dura pas.



Le Fleuve St-Laurent près de Tadoussac



La rivière Saguenay près de Tadoussac


Champlain désirait se rendre au Sault St-Louis pour y faire le commerce des pelleteries avec les amérindiens. C'était le lieu du rendez-vous convenu. Il fit appareiller les barques sans retard et partit le lendemain de son arrivée à Tadoussac. Entraîné par son zèle et par le désir de connaître cette partie du pays, le P. d'Olbeau partit avec lui, et devança ses compagnons de quatre ou cinq jours. Parvenu au cap Tourmente, le missionnaire fut enchanté du spectacle qui s'offrait à lui; les prairies alors en fleurs, la végétation puissante, lui prouvèrent que cette contrée était bien plus agréable et plus fertile qu'il ne l'avait cru d'abord.



Le Cap Tourmente et le fleuve St-Laurent avec au loin l`Ile d`Orléans en direction de la ville de Québec

Le premier soin du père d'Olbeau arrivé à Québec, fut de déterminer l'emplacement qu`occuperaient le couvent et la chapelle. Il en traça les plans, aidé de Champlain;
celui-ci donnant surtout ses soins à la disposition du couvent, celui-là au contraire, concentrant toute son attention sur la structure de la future chapelle.



Les quatre Récollets arrivent à Québec en 1615



L`Habitation de Québec vers 1610, un poste de traite des fourrures.


Pendant ce temps, le P. Joseph Le Caron, était descendu au Sault St-Louis. L'entrevue qu'il eut avec des hurons venus pour la traite, le convainquit de suite qu'il ne pourrait être d'aucune utilité pour enseigner l`Évangile tant qu'il ne connaîtrait pas leur langue. Car à se servir d'interprètes pour leur expliquer les mystères de la Religion il n'y avait pas à y penser. Heureusement plusieurs tribus huronnes étaient sédentaires et il résolut d'aller passer l'hiver au milieu d'elles. En conséquence, il revint à Québec s'occuper des préparatifs nécessaires à son voyage.



Chasseur Huron au 19 eme siècle



Maison-Longue des villages Hurons


Le P. d'Olbeau de son côté avait conçu le dessein d'hiverner avec les tribus nomades des environs de Tadoussac. Ces peuples vivent de racines, de pêche et de chasse. L'élan, leur principale nourriture, ne se prend que pendant les grandes neiges d'hiver qui tombent en abondance dans les montagnes du nord. De la vient le nom de Montagnais qu'on donne au peuple qui les habite.



Les Peuples Montagnais au 17 eme siècle



L`orignal, (Élan d`Amérique) nourriture essentielle des amérindiens comme les Montagnais



Les Laurentides en hiver



Le Golfe St-Laurent en Hiver



Le fleuve St-Laurent en hiver devant la ville de Québec


Le père commissaire devait rester à Québec pour desservir la petite colonie de français. Le frère Du Plessis l'aiderait dans cette tâche et donnerait ses soins aux Trois-Rivières.
Une chapelle et une maison avaient été construites à ce dernier endroit, car la traite y réunissait nombre d`amérindiens et quelques français.



C'est l'aviron - La Bonne Chanson


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MichelT

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Message par MichelT le Ven 13 Juil 2018 - 14:27


Le petit poste de traite des fourrures de Trois-Rivières et sa chapelle



Trois-Rivières a l`intersection du Fleuve St-Laurent et de la rivière St-Maurice


Il nous reste à parler de la première messe célébrée en Canada par les Récollets. Les P.P. Jamay et Le Caron, ayant remonté le fleuve, rencontrèrent, au commencement de l'île de Montréal, Champlain en compagnie de plusieurs amérindiens. Ces deux religieux dressèrent un autel portatif, et, le 24 juin, jour de Saint-Jean-Baptiste, chantèrent la messe en plein air sur le bord de la rivière des Prairies. Ce fut une grande joie pour Champlain et pour les missionnaires en même temps qu'un sujet d'étonnement  pour les amérindiens.

C'était la première fois depuis Jacques Cartier ( 1534) que le saint sacrifice de la messe était offert sur le sol de la Nouvelle-France. A Québec, la chapelle étant terminée avec diligence, le père d'Olbeau y célébra le 25 juin, un mois après son arrivée au Canada. Pour remercier Dieu d'avoir voulu procurer les lumières de la Foi aux amérindiens, on chanta le Te Deum après l'office. La petite habitation de Québec prit ce jour-là un air de fête, et l'artillerie du fort réveilla par ses détonations les échos des forêts environnantes. Enfin, le 26 juillet 1615, la messe fut célébrée pour la première fois aux Trois-Rivières, si l'on en croit le P. Le Clerq, non par le P. Le Caron, comme il le dit, mais probablement par le P. Jamay. La moisson était grande, les ouvriers étaient rares, aussi, pour remédier au nombre, les religieux redoublaient de zèle et de dévouement.

Douze ans après la fondation de Québec, (en 1620) il n'y avait, en cet endroit, que soixante Français, hommes, femmes et enfants ; encore comprenait-on dans ce nombre les Récollets et les hommes à leur solde. Ce nombre restreint, loin d'augmenter, diminua et se trouva réduit à cinquante-et-un en 1624.



Consécration du Canada à St-Joseph a la chapelle de Québec en 1624



St-Joseph, patron du Canada et l`enfant Jésus

Un tel état de choses finit par éveiller l'attention de la cour. Pressés d'instances et de menaces, les associés promirent de mettre Québec en état de défense et d'y entretenir quatre-vingts personnes. C'était peu, en comparaison des bénéfices immenses que retirait la Compagnie du trafic des fourrures; c'était beaucoup eu égard à l'abandon dans lequel on avait laissé le Canada jusqu'à cette époque.



La première ferme de Nouvelle France au Cap Tourmente construite en 1626


Cette amélioration fut due en grande partie au zèle des Récollets et à celui de Champlain, qui furent les seules personnes dans ces temps à s'occuper des véritables intérêts du roi de France dans ses possessions nouvelles. Le P. Huet et le F. Du Plessis avaient en effet renouvelé, en 1619, les tentatives déjà faites auprès de la cour et des marchands sans plus de succès apparents; toutefois il est à présumer que ces demandes réitérées contribuèrent puissamment à obtenir les secours nécessaires.

Depuis longtemps les missionnaires projetaient la construction d'une église et d'un couvent. Ce dernier édifice surtout faisait l'objet de leurs vœux les plus ardents. Ils sentaient qu'une fois le couvent construit, ils pourraient vivre d'une manière plus conforme à leur règle. Comme ces religieux ne pouvaient posséder d'autres biens que leur maison et leur enclos, ce fut à leurs compatriotes charitables de France qu'ils demandèrent les fonds nécessaires à cette fin.

Ils avaient, par de là les mers, deux protecteurs aussi puissants que généreux. Le sieur Houel dont il a déjà été parlé, et le sieur Charles de Ransay des Boues, grand vicaire de Pontoise, qui fut nommé, l'an suivant, syndic général des missions franciscaines. Ce dernier leur donna, pour première aumône, six cents livres qu'il remit entre les mains de Champlain, alors en France depuis près de deux ans. Informés de cette bonne nouvelle, les religieux commencèrent à réunir et à préparer les matériaux requis. On les fit transporter durant l'hiver sur l'emplacement désigné pour la nouvelle construction.

C'était sur les bords de la rivière appelée Ste-Croix, sur le terrain défriché par Louis Hébert à une demi lieue de l'habitation. Cet endroit était aussi le site projeté de la future ville. Sur cet emplacement s'élève aujourd'hui l'hôpital général. Ils échangèrent ce terrain contre celui qu'ils avaient eux-mêmes mis en culture. La construction devait être en pierres calcaires dont abondait le pays. Ils firent bâtir un four à chaux, le second dont il soit fait mention dans nos annales. Le 3 juin 1620, le P. d'Olbeau posa solennellement la première pierre de l'église.



L`Hôpital-Général de Québec bâti plus tard en 1692 sur le site du couvent des Récollets

Douze ouvriers y travaillèrent dans les commencements, mais ce nombre fut augmenté à l'arrivée de Champlain en compagnie du  P. Jamay. On fit si bien diligence que l'église parachevée fut bénite, le 25 mai 1621, sous le titre et patronage de Notre Dame des Anges.  La rivière Ste-Croix prit alors le nom de Saint-Charles, en l'honneur du père et du fondateur de leur mission, M. Charles de Ransay. C'était la première tentative d'établir un séminaire en Canada, et, s'il eut été permis aux Récollets après la cession du pays à la France, en 1632, de venir travailler de nouveau en ce pays il est probable que cette entreprise eut pleinement réussie.

Le couvent, de trente-quatre pieds de longueur et vingt-deux de largeur, était à deux étages. Au-dessous, il y avait une cave de cent quarante pieds en superficie. Le premier étage comprenait la chapelle et une chambre servant de cuisine; le second, une grande et quatre petites chambres, dont deux étaient destinées à recevoir les malades. Trois tourelles et un fossé en défendaient l'abord.

L'année 1623, le P. Nicolas Viel vint au Canada en compagnie du F. Gabriel Sagard Théodat, le premier historien du Canada. Selon l'usage des religieux de leur ordre, ils firent nu-pieds le voyage de Paris à Dieppe, lieu de l'embarquement. Depuis longtemps le F. Sagard désirait venir au Canada. La traversée dura plus de trois mois et fut très orageuse. Le 28 juin 1623, le navire jetait l'ancre à Tadoussac.

Moins de deux mois après leur arrivée en Canada, le P. Viel et le F. Sagard partirent accompagnés du P. Le Caron pour le pays des Hurons. lls suivaient les quatorze employés de la traite qui allaient résider parmi ces tribus. Plusieurs de ces derniers étaient huguenots, les autres, quoique catholiques, ne valaient guère mieux. La vie scandaleuse qu'ils menaient nuisit à l'œuvre des missionnaires; ce qui importait peu à la Compagnie, mais désolait les Récollets, qui ne pouvaient travailler à la conquête des âmes aussi efficacement qu'ils le désiraient.

Toutes les remontrances étaient inutiles. Pour qui connait les circonstances difficiles où ils se trouvaient, il n'y a pas à s'étonner que les religieux n'aient pas eu plus de succès. Les employés français contredisaient par leurs paroles et par leur exemple les dires des missionnaires.

Arrivés chez les Hurons le 20 août, le père Le Caron et le frère Gabriel revinrent à Québec en juin l'année suivante. Le P. Viel y demeura jusqu'en 1625, époque de sa mort tragique. A peine de retour de la mission, le frère Sagard repassa en France pour ne plus revenir en ce pays (1624). La même année, 1624, les Récollets choisirent St-Joseph pour patron et protecteur de l'église naissante du Canada. On fit à cette occasion une grande solennité à laquelle catholiques et amérindiens assistèrent en grand nombre. Cette dédicace du pays à ce saint protecteur fut renouvelée solennellement, en 1637, parles PP. Jésuites. Il y eut à ce sujet grande réjouissance parmi la population. On fit des décharges d'artillerie, et le soir un feu d'artifice splendide. Le gouverneur et l'autorité civile prirent part à la démonstration. Tous les détails de cette cérémonie sont racontés au long dans la relation de 1637. Le secours que Champlain avait prêté aux Hurons, dans les expéditions guerrières de 1609 à 1615, lui avait aliéné les Iroquois.



Chanson: Sur la route de Berthier


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Message par MichelT le Ven 13 Juil 2018 - 14:58

Les Précurseurs

En 1604, un prêtre parisien, l`abbé Nicolas Aubry, faisait parti de l`expédition du Sieur de Monts en Acadie. En 1610, l`abbé Jessé Fléché prenait contact avec les Amérindiens d`Acadie a Port Royal, établissement fondé par le baron de Poutrincourt. En 1611, sur ordre du roi de France Louis XIII et aux frais de la couronne, deux Jésuites, les pères Pierre Briard et Ennemond Massé arrivent a Port Royal. Mais suite aux destructions des postes français en Acadie par les Virginians du capitaine Argall, ils retournèrent en France.


Le petit établissement de Port Royal en Acadie (en Nouvelle-Écosse )


Pays de Mission

La Nouvelle-France connait au début de la colonie des difficultés apparemment insurmontables. Il faut reconnaître le dévouement extraordinaire que lui portait sans défaillance quelques religieux et religieuses militants dans la foi catholique.

Cet intérêt particulier des communautés religieuses à l`égard de la colonie prend racine en France même, ou les écrits de Champlain et les premières Relations des jésuites ont fait connaitre le pays. Le contexte religieux de la France du 17 eme siècle explique aussi bien des choses. La Réforme de l`Église catholique par le Concile de Trente et amplifiée par la création de la Compagnie de Jésus a non seulement rétabli l`ordre et la discipline dans l`Église catholique, mais a réveillée chez elle le zèle et le militantisme de la Foi.

C`est l`époque des innombrables sociétés pieuses et des organismes de charité, monde fascinant au sein duquel se meuvent entre autres et pour la France, St-Vincent de Paul, le cardinal de Bérulle, et Louise de Marignac.


St-Vincent de Paul (1581-1660) - est une figure du renouveau spirituel et apostolique du 17e siècle français, prêtre, fondateur de congrégations qui œuvra tout au long de sa vie pour soulager la misère matérielle et morale. Il a été canonisé en 1737.



Le cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629) - homme d'Église et homme d'État français. Fait cardinal par le pape Urbain VIII le 30 août 1627, il est un représentant majeur de l'École française de spiritualité et le fondateur de la Société de l'Oratoire.



St-Louise de Marignac (1591-1660) - est une femme de la noblesse française, fondatrice avec saint Vincent de Paul des Filles de la Charité. Béatifiée en 1920, reconnue sainte par l'Église catholique et canonisée en 1934.


Pareille atmosphère ne peut aussi que favoriser l`apport désintéressé de plusieurs «Grands du Royaume» à l`œuvre d`Évangélisation en terre lointaine.

Le travail des missionnaires et la fondation de Ville-Marie (Montréal) témoigne du très-grand zèle spirituel déployé a ce moment en Nouvelle-France.

Après les Récollets, les Jésuites arrivent à Québec en 1625. Les pères Charles Lalemant, Jean de Brébeuf  et Ennemond Massé découvrent l`ampleur du travail a accomplir en Nouvelle-France.



Les Récollets accueillent les Jésuites à Québec en 1625

En 1628, la minuscule colonie de Québec tombe aux mains de mercenaires anglais, les frères Kirke qui avaient obtenu une commission de roi d`Angleterre Charles 1 pour intercepter tout navire français sur le Saint-Laurent.



Capitulation de la ville de Québec devant les Frères Kirke et l`Angleterre en juillet 1628. Il y avait entre 70 à 100 habitants à Québec a cette époque. La ville fut rendue à la France après des traités diplomatiques en 1633.

Après le retour de la colonie à la France en 1633, seul les Jésuites reviennent exercer un ministère paroissial, l`enseignement et l`Évangélisation.


Chapelle Notre-Dame de la Recouvrance que Champlain fit construire à Québec en 1633 après le départ des corsaires anglo-écossais, les frères Kirke.



Notre-Dame de la Recouvrance


Une veuve et chrétienne militante, Marie-Madeleine de la Peltrie, conseillée par St- Vincent de Paul, veut fonder une maison d`éducation pour jeune amérindienne. Après avoir convaincu les Ursulines de Tours en France, elle arrive à Québec en 1639 avec quatre religieuses dont mère Marie de l`Incarnation qui va s`illustrer par 32 ans d`éducation des filles amérindiennes et canadiennes en Nouvelle-France.



L’arrivée des Augustines et des Ursulines à Québec en 1639



Marie-Madeleine de la Peltrie, née en 1603 à Alençon, France, et morte en 1671 à Québec, est une éducatrice au Canada et bienfaitrice pour la création du couvent des Ursulines de Québec.



St- Mère Marie de l`Incarnation (1599 – 1672) - Marie Guyart, en religion Marie de l'Incarnation, née le 28 octobre 1599 à Tours est décédée le 30 avril 1672 à Québec, est une mystique ursuline et missionnaire catholique fondatrice des ursulines de la Nouvelle-France.



L'École des Ursulines de Québec au 19 eme siècle

Marie-Madeleine Vignerot, duchesse d`Aiguillon, la nièce du cardinal de Richelieu, décide par Charité chrétienne et sur le conseil de St-Vincent de Paul de fonder un hôpital en Nouvelle-France. Elle ne vient pas au pays mais y envoi en 1639, trois hospitalière augustine de Dieppe en charge de fonder à ses frais, l`Hôtel-Dieu de Québec.



Marie-Madeleine Vignerot, duchesse d`Aiguillon



L`Hôtel-Dieu de Québec au 19 eme siècle


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MichelT

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Message par MichelT le Ven 13 Juil 2018 - 15:23

La fondation de Ville-Marie ( Montréal)

Des 1633, les Jésuites avaient conçu le projet de fonder un poste sur cette ile stratégique au confluent du St-Laurent et de la rivière des Outaouais. En 1636, un percepteur d`impôt d`Anjou en France, Jérôme le Royer de la Dauversière décide d`y fonder un poste de dévotion. La Dauversière et un jeune abbé, Jean-Jacques Olier avec la collaboration des Jésuites fondèrent la Société Notre-Dame de Montréal et l`on dédia l`ile à la St-Vierge Marie. Le groupe choisit Paul de Chomedey de Maisonneuve, un militaire de carrière comme chef de l`expédition. A partir de 1641, ils reçoivent le puissant appui de la Société du Saint-Sacrement, une fédération d`œuvres pieuses appuyées par le roi de France Louis XIII.



Le père Jean-Jacques Olier (1608-1657) - Il a créé le premier séminaire français, à la suite du concile de Trente, et a fondé la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice. Sa communauté a participé à l'essor des missions dans les campagnes de France, aux développements des séminaires en France et à l'évangélisation du Canada.



Société Notre-Dame de Montréal

La petite expédition de fondation arrive à Québec en août 1641. Au printemps de 1642, le groupe arrive à Ville-Marie (Montréal). On y célèbre d`abord une messe et le groupe se met au travail. En novembre 1642, la bourgade est entourée d`une palissade de 100 mètres et abrite 70 personnes.


Arrivée à Ville-Marie ( Montréal) au printemps de 1642



Paul-Chomedey de Maisonneuve (1612-1676)



Ville-Marie ( Montréal) en 1642 avec une petite chapelle







J'ENTENDS LE MOULIN -Édith Butler & Jacqueline Lemay (1992)



Montréal vue du Mont-Royal


Hospitalières et congréganistes à Ville-Marie (Montréal)

Ville-Marie ne cesse de grandir et devient progressivement un village fortifié. La communauté ne peut se passer d`un hôpital et éprouve la nécessité de construire une école a mesure que le nombre des enfants augmente.  L`hôpital est construit en 1644 grâce a l`initiative d`une célibataire originaire de Champagne, Jeanne Mance, recrutée par la Société Notre-Dame de Montréal et financée par la veuve d`un contrôleur-général des finances de France, Mme Angélique Faure, duchesse de Bullion.


Jeanne Mance, fondatrice de l`Hôtel-Dieu de Montréal

Jeanne Mance, dirigea l`institution jusqu`en 1659, après quoi la direction fut confiée au Hospitalières de la Flèche, que la fondatrice était allée chercher elle-même en France. A demi-retraitée, Jeanne Mance continua à se dévouer à l`hôpital jusqu`a sa mort en 1673.


Arrivée des Hospitalières a Ville-Marie (Montréal)

La première école, logée dans une étable de pierre, ouvre ses portes aux garçons et filles en 1657. C`est l`œuvre de Marguerite Bourgeoys, célibataire originaire de Champagne. Elle avait été amenée au pays en 1653 par Maisonneuve. En 1658, elle retourne en France et recrute trois compagnes capables de l`assister. Ces femmes forment leur propre communauté et étendent l`œuvre dans toute la vallée du St-Laurent.  



Marguerite Bourgeoys et le première école de Ville-Marie ( Montréal) vers 1657


Arrivée des Sulpiciens


L`un des instigateurs en France de la Société Notre-Dame de Montréal, l`abbé Jean-Jacques Olier, avait fondé une communauté de prêtres séculiers connue sous le nom de Société du St-Sulpice. En 1657, il envoi quatre sulpiciens à Ville-Marie (Montréal). Les Jésuites qui s`occupaient de servir les populations cédèrent la place au supérieur des Sulpiciens, l`abbé Gabriel de Queylus. En 1665, l`abbé Gabriel Souart ouvre une école pour les garçons à Ville-Marie. En 1663, la Société Notre-Dame de Montréal appauvrie et ne comptant qu`une dizaine de membres avaient vendu aux sulpiciens la seigneurie et la propriété de l`Ile.



Le domaine des Sulpiciens à flanc de montagne a Ville-Marie au 17 eme siècle



La première église de Ville-Marie ( Montréal), au nord de l'actuelle basilique Notre-Dame de Montréal, dans l'axe de la rue Notre-Dame, était le lieu de culte de la paroisse, de 1682 à 1829. On l'appellera d'abord église de Ville-Marie ou Sainte-Marie, puis église Notre-Dame. Elle était animée par les Sulpiciens. Elle fut dessinée par le Supérieur des Sulpiciens de l'époque, François Dollier de Casson en 1672.


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MichelT

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Message par MichelT le Sam 14 Juil 2018 - 17:54

François de Montmorency de Laval

Depuis 1658, la Nouvelle France avait été érigée en vicariat apostolique, et en 1659, François de Montmorency de Laval devenait le titulaire du siège vicarial de Québec. Il fit ses études chez les Jésuites et fut ordonné prêtre en 1647. Pendant quelques années, il fut archidiacre de la ville d`Évreux en Normandie et administra consciencieusement ses 160 paroisses. La cour le désigna comme le chef de l`Église canadienne dont il fut un des organisateurs. En 1663, il fonde la Grand Séminaire de Québec destiné a la formation des prêtres au Canada. La partie la plus importante de son œuvre, s`inscrit au chapitre de l`organisation paroissiale de 1659 à 1681, il élève de trois a 25 le nombre de paroisses pourvues de curés résidents. En 1684, il est remplacé par Jean-Baptiste de St-Vallier.



Msg François de Montmorency de Laval ( 1623-1708)



Le Séminaire de Québec


Msg de St-Vallier

Le successeur de François de Montmorency Laval, Jean-Baptiste de Saint-Vallier, est né à Grenoble en 1653 d`une famille hautement considérée. Docteur en Sorbonne en 1653 a 19 ans, promu aumonier a la cour de Versailles, il refusa les évêchés de Tours et de Marseille, pour enfin accepter celui de Québec dont personne ne voulait. Méticuleux, exigeant, énergique et dévoué il doubla le nombre des paroisses, tint quatre synodes, fonda trois hôpitaux, ordonna 90 prêtres, collabora à la mise sur pied d`un grand nombre de couvents dirigés par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, favorisa un certain essor des missions, révisa la structure du clergé canadien et par son catéchisme imposa à la Nouvelle-France ses bases doctrinales. D`une grande générosité, il affecta 200,000 livres de son avoir aux soins des pauvres et des malades alors que n`existait aucune forme de sécurité sociale et ou seule la charité apportait quelque soulagement a la misère. Il mourut à l`Hôpital-Général de Québec en 1727.



Msg de St-Vallier


Œuvres hospitalière

Les hospitalières de Dieppe et Jeanne Mance avaient respectivement fondés au 17 eme siècle l`Hôtel-Dieu de Québec et l`Hôtel-Dieu de Montréal. Bientôt, ces institutions ne suffisaient plus à la tâche. Aussi en 1694, François Charon de la Barre, fils de commerçant qui, a la suite d`une grave maladie avait fait le vœu de consacrer sa vie au soin des indigents obtint du roi l`autorisation pour établir un hôpital général à Montréal.



L`Hôtel-Dieu de Montréal


Il fonde à cet effet la communauté des frères hospitaliers de Saint-Joseph-de-la-Croix, mieux connus sous le nom de frères Charon. Lorsque le fondateur meurt en 1719, sa communauté dirige l`Hôpital général et quelques petites écoles. Mais une mauvaise administration financière entraîne la communauté dans de nombreuses difficultés.



Hôpital Général des Frères Charon a Montréal


L`Hôpital-Général languissait au bord de la faillite quand en 1747, la direction en est confié a la Congrégation des sœurs de la Charité, communément appelées sœurs grises. Cette communauté avait été fondé en 1737 par Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d`Youville. Particulièrement douée pour les affaires, cette femme pieuse et charitable avait d`abord habilement géré un petit commerce avant de consacrer sa vie aux soins des indigents.



Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d`Youville

Les compagnes de mère d`Youville, au prix de labeurs et de grandes privations, remirent l`Hôpital général en bon état.

Fin

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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