Fête du Roi St-Louis - 25 Août 2018 - Tableau poétique des fêtes chrétiennes - Vicomte Walsh (Image et Musique)

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Fête du Roi St-Louis - 25 Août 2018 - Tableau poétique des fêtes chrétiennes - Vicomte Walsh (Image et Musique)

Message par MichelT le Mar 21 Aoû 2018 - 22:45

Fête du Roi St-Louis - 25 Août 2018 -  Tableau poétique des fêtes chrétiennes - Vicomte Walsh 19 eme siècle (Image et Musique)


Voilà un vieux jour français, un jour qui revient chaque année avec les souvenirs de notre histoire et les pompes de la religion : les révolutions ont beau se succéder, s'accumuler les unes sur les autres, et vouloir étendre l'oubli de ce qui a existé avant elles; il y a des solennités qui demeurent immuables dans la pensée des hommes. En France, la fête de saint Louis est de ce nombre, et il faut savoir gré à notre pays, si oublieux de sa nature, d'avoir gardé le souvenir d'une de ses gloires. Aujourd'hui, sans doute, la fête du vaillant roi, du roi courageux dans les batailles et fort dans les fers, du roi qui donnait à son peuple de sages lois et de bons exemples, n'est plus célébrée dans les palais et dans les camps. Aujourd'hui, les soldats ne sont plus conduits dans nos églises pour y entendre raconter la glorieuse vie et les exploits du saint couronné ; mais dans les familles qui aiment le Dieu et les rois de nos pères, il y a toujours de la joie quand revient la Saint-Louis.

Ce nom a été trouvé si beau, qu'il a été donné à beaucoup de Français. De là, bien des fêtes, bien des bouquets, bien des vœux quand arrive le 25 août. Louis, neuvième du nom, dit un vieux chroniqueur, n'avait parfait que sa douzième année, quand son père trépassa. Pour tout homme, c'est grand malheur d'être délaissé si jeune ; mais pour prince qui doit monter au trône, c'est plus pitoyable encore, car, pour bien porter la couronne, il faut être fort ; et qui donne la force au fils, si ce n'est le père?

Mais Dieu, qui avait fait la belle âme de Louis, avait mis, pour la garder pure et la façonner aux grandes choses, une femme forte, une reine habile, auprès du prince : Blanche de Castille veillait sur son fils, et l'élèverait si chrétiennement, qu'elle lui disait : Mon fils, j'aimerais mieux vous voir mourir devant mes yeux que de vous voir offenser Dieu mortellement ( faire un péché mortel).



Blanche de Castille, reine de France (1188 a 1252) et St-Louis enfant

Si précieuses semences de piété germèrent au cœur de Louis, et portèrent beaux et nombreux fruits de sainteté. Dès l'âge de vingt ans, le fils de Blanche était grave et appliqué aux devoirs de chrétien et de roi, simple et modeste dans ses habits, doux envers les hommes, humble envers Dieu, sévère envers les méchants, aumônier envers les nécessiteux, justicier envers tous, miséricordieux envers les pauvres malades


Le Roi St-Louis ( 1214 a 1270) cherchant à apaiser les conflits politiques

Dès qu'il eut établi la soumission parmi les grands, et la paix dans le menu peuple, il ne pensa qu'à faire servir sa puissance à la gloire du Roi des rois; il abolit le duel et le blasphème, chassa les bateleurs ; il ne donnait jamais les bénéfices qu'à des hommes capables de les bien remplir, et il n'en conférait jamais un second qu'on n'eût renoncé au premier.

L'amour pour la justice était si fort en lui, qui partout où il passait il se faisait informer de tous dommages que lui et sa suite avaient pu causer; et quand étaient advenus des dégâts, ils étaient incontinent royalement réparés. Il bâtit un grand nombre de monastères et d'hôpitaux, et il allait souvent en ceux-ci visiter les malades et les servir de ses propres mains. Il mortifiait son corps par le cilice et par le jeûne, et joignait la continence à ces pratiques, dans les jours consacrés à la pénitence ou aux solennités.


Le Roi St-Louis rendant la justice

Tous les jours, en quelque pays qu'il fût, plus de cent pauvres étaient nourris de sa table. Il fonda les abbayes de Royaumont, de Cîteaux, plusieurs maisons de frères mineurs et de frères prêcheurs, en divers lieux de son royaume; il augmenta les revenus de l'Hôtel-Dieu, et établit les hôpitaux de Compiègne et de Pontoise; il fonda aussi les Quinze- Vingts de Paris, où il assembla ce même nombre d'aveugles. Et, quand quelques-uns lui représentaient qu'il faisait de grandes dépenses pour toutes ces œuvres pies, il avait accoutumance de répondre : Puisqu'un roi doit dépenser, il vaut mieux que ce soit pour Dieu et le prochain que pour soi et la vanité.


Le Roi St-Louis nourrissant des pauvres

Dieu, pour l'éprouver, lui ayant envoyé de grandes souffrances et grave maladie, Louis fit vœu de se croiser pour la délivrance du saint sépulcre; et dès que la santé lui fut revenue, il s'embarqua avec une puissante armée, laissant à la reine sa mère le soin de son royaume, et passa en Syrie. Lorsqu'il se vit en présence des Sarrasins, qui l'attendaient rangés, innombrables, sur le rivage, il se jeta à la mer, l'épée à la main, avec si grand courage, qu'il les mit en fuite, et, sans retardement, entra victorieux dans Damiette.


St-Louis devant ses troupes

Mais la peste, comme alliée des infidèles, vint affaiblir l'armée française, et Louis, vaincu, fut fait prisonnier. Le Seigneur n'épargne point les tribulations à ses saints, car il sait que leur gloire sortira de leur adversité. Le saint roi captif fut si plein de mansuétude, de force et de majesté, que les Sarrasins lui offrirent la couronne. N'est-ce pas là un triomphe à nul autre pareil?

Nous l'avouons, plus nous lisons l'histoire, plus nous nous appliquons à connaître les différents rois des temps passés, et plus nous admirons le grand caractère de saint Louis. Ce caractère est grandit par les siècles, pour être offert en modèle aux rois d'aujourd'hui, époque de faiblesse et d'égoïsme, où tant de nobles traditions sont mises en oubli. Nous conseillons aux condamnés à la couronne de reporter souvent leurs regards sur le fils de Blanche de Castille.

En étudiant ce type de l'ancienne royauté, ils apprendront autre chose qu'à prier Dieu. Et cependant, prier Dieu, c'est déjà beaucoup pour un roi ; car on prie Dieu autant par ses actions que par ses paroles. Or, l'homme qui, pour se rapprocher de la Divinité, pour paraître moins nu en sa présence, se revêt de bonnes œuvres, a déjà chance de faire un bon roi.

Dans un livre de prières, il y a toute une politique sacrée : pour être juste, pour ne rien retenir à autrui, pour donner l'exemple des bonnes mœurs, pour être sage, chaste, économe, doux envers les malheureux, ferme envers les méchants, on n'a qu'à se souvenir de son catéchisme ; toute la vie de l`homme de bien se trouve là : pour être bon roi, avant tout, il faut être homme de bien.


Catéchisme catholique

Louis IX était essentiellement homme de bien; son âme était pure et ardente, son cœur noble et compatissant, son caractère ferme et élevé. Ce qu'il aimait le plus, c'était la franchise; il avait en horreur le mensonge et l'hypocrisie. Et Joinville dit quelque part que le saint roi aimait à regarder face à face ceux qui avaient affaire à lui. En tout homme, l'hypocrisie et la fausseté sont choses bien méprisables; mais, avec la corruption qui existe par le monde, on conçoit que la faiblesse y recoure quelquefois pour arriver à ses fins. L'hypocrisie, c'est le vice des faibles.

Les enfants mentent parce qu'ils ont peur d'être grondés. Mais, quand on est fort et puissant, l'hypocrisie et le mensonge se conçoivent plus difficilement, et pour que ces vices ignobles, ces deux péchés d`en bas, se trouvent au cœur d'un prince, il faut que ce cœur soit bien corrompu.

En étudiant saint Louis, on prend une grande haine, un profond mépris pour toute félonie, pour tout mensonge, pour tout roi qui rougit du Christ. Pour être homme de bien, il faut avoir le courage de son opinion. Car il est vil de ne pas confesser ce que l'on croit, de ne pas défendre ce que l'on aime.  Or, Louis IX était chrétien fervent, il aimait la croix avec l'ardeur et l'amour d'un chevalier; et si quelque politique de son temps était venu lui conseiller de cacher au dedans de lui cette ardeur religieuse ; lui dire que, pour garder sa couronne, il fallait en quelque sorte renier la croix; Louis, d'ordinaire si plein de douceur et de mansuétude, serait entré dans une grande et sainte colère, et aurait à jamais banni de sa présence le méchant conseiller. Oh! saint Louis était homme à briser sa couronne plutôt que de la porter avec une souillure !



Le Roi St-Louis s`occupant des pauvres

Lorsque saint Louis entreprit son second voyage d'outre-mer, il n'était plus jeune; sa santé affaiblie ne lui permettait ni de rester longtemps à cheval, ni de soutenir le poids d'une armure; mais Louis n'avait rien perdu de sa vigueur d'âme. Il assemble à Paris les grands du royaume, leur fait la peinture des malheurs de la Terre Sainte, et leur déclare qu'il est résolu d'aller au secours de ses frères les chrétiens; en même temps, il reçoit la croix des mains du légat, et la donne à ses trois fils aînés.

Une foule de seigneurs se croisant avec lui, les rois de l'Europe se préparent à prendre la bannière : Charles de Sicile, Edward d'Angleterre, Gaston de Béarn, les rois de Navarre et d'Aragon. Les femmes montrèrent le même zèle : la dame de Poitiers, la comtesse de Bretagne, Yolande de Bourgogne, Jeanne de Toulon, Isabelle de France, Amélie de Courtenay, quittèrent la quenouille que filaient alors les reines, et suivirent leurs maris outre-mer.

Saint Louis fit son testament ; il laissa à Agnès, la plus jeune de ses filles, dix mille francs pour se marier, et quatre mille francs à la reine Marguerite; il nomma ensuite deux régents du royaume : Mathila, abbé de Saint-Denis, et Simon, sire de Nesle; après quoi il alla prendre l'oriflamme. Cette bannière que l'on commence à voir dans nos armées sous le règne de Louis le Gros, était un étendard de soie attaché au bout d'une lance ; il était d'un vermeil samit, à guise de gonfanon à trois queues; il avait autour des houppes de soie verte ; on le déposait en temps de paix sur l'autel de Saint-Denis, parmi les tombeaux des rois, comme pour avertir que de race en race les Français étaient fidèles à Dieu, au prince, à l'honneur. Saint Louis prit cette bannière des mains de l'abbé, selon l'usage.




Il reçut en même temps l'escarcelle du voyage et le bourdon du pèlerin, que l'on appelait la consolation et la marque du voyage ; coutume si ancienne dans la monarchie, que Charlemagne fut enterré avec l'escarcelle d'or qu'il avait coutume de porter en Italie. Louis pria au tombeau des martyrs et mit son royaume sous la protection du patron de la France. Le lendemain de cette cérémonie, il se rendit pieds nus, avec ses fils, du Palais-de-Justice à l'église de Notre-Dame. Le soir du même jour, il partit pour Vincennes, où il fit ses adieux à la reine Marguerite, gentille, bonne reine, pleine de grande simplesse, dit Robert de Sainceriaux ; ensuite il quitta pour jamais ses vieux chênes, vénérables témoins de sa justice et de sa vertu.


Marguerite de Provence (1212 a 1295) - Reine de France et femme de St-Louis

Déjà les comtes de Nemours, de Montmorency et de Vendôme n'étaient plus ; le roi avait vu mourir dans ses bras son fils chéri, le duc de Nevers. Il se sentit lui-même frappé, et s'aperçut dès le premier moment que le coup était mortel, que ce coup abattrait facilement un corps usé par la fatigue de la guerre, par les soucis du trône, et par les veilles religieuses et royales qu'il consacrait à son Dieu et à son peuple.

Il tâcha néanmoins de dissimuler son mal et de cacher la douleur qu'il ressentait de la perte de son fils. On le voyait, la mort sur le front, visiter les hôpitaux, comme un de ces pères de la Merci consacrés dans les mêmes lieux à la rédemption des captifs et au salut des pestiférés ; des œuvres du saint, il passait aux devoirs du roi, veillait à la sûreté du camp, montrait à l'ennemi un visage intrépide ; ou, assis devant sa tente, rendait la justice à ses sujets comme sous le chêne de Vincennes.

La maladie faisant des progrès, Louis demanda l'extrême-onction ; il répondit aux prières des agonisants avec une voix aussi ferme que s'il avait donné des ordres sur un champ de bataille; il se mit à genoux au pied de son lit pour recevoir le saint viatique, et on fut obligé de soutenir par les bras ce nouveau saint Jérôme, dans cette dernière communion ; depuis ce moment, il mit fin aux pensées de la terre, et se crut acquitté envers ses peuples. Eh! quel monarque avait mieux rempli ses devoirs? Sa charité s'étendit alors à tous les hommes. Il pria pour les infidèles, qui firent à la fois la gloire et le malheur de sa vie; il invoqua les saints patrons de la France, de cette France si chère à son âme royale.


St-Louis gravement malade recevant le saint viatique

Le lundi 25 août, sentant que sa fin approchait, il se fit coucher sur un lit de cendres, où il demeura les bras croisés sur sa poitrine et les yeux levés vers le ciel. On n'a vu qu'une fois et l'on ne reverra jamais un pareil spectacle ; la flotte du roi de Sicile se montrait à l'horizon ; la campagne et les collines étaient couvertes de l'armée des Maures ; au milieu des débris de Carthage, le camp des chrétiens offrait l'image de la plus affreuse douleur, aucun bruit ne s'y faisait entendre ; les soldats moribonds sortaient des hôpitaux, et se traînaient à travers les ruines pour s'approcher de leur roi expirant.

Louis était entouré de sa famille en larmes, des princes consternés, des princesses défaillantes. Les députés de l'empereur de Constantinople se trouvaient présents à cette scène ; ils purent raconter à la Grèce la merveille d'un trépas que Socrate aurait admiré. Du lit de cendres où saint Louis rendait le dernier soupir, on découvrait le rivage d'Utique ; chacun pouvait faire la comparaison de la mort du philosophe stoïcien et du philosophe chrétien ; plus heureux que Caton, saint Louis ne fut point obligé de lire un traité sur l'immortalité de l'âme pour se convaincre de l'existence d'une vie future ; il en trouvait la preuve invincible dans sa religion, ses vertus et ses malheurs.

Enfin , vers les trois heures de l'après-midi, le roi , jetant un grand soupir, prononça distinctement ces paroles : « Seigneur, j'entrerai dans votre maison, et je vous adorerai dans votre saint temple. » Et son âme s'envola dans le saint temple, où elle était digne d'adorer.  Nous lisons dans le Traité des Fêtes : « Le corps du saint roi demeura exposé sous le pavillon jusqu'à ce que son fils, le roi Philippe, fût reconnu, et qu'il eût reçu les hommages accoutumés.»


La mort du Roi St-Louis

Comme les Européens n'avaient pas alors le secret d'embaumer les corps pour les conserver, on fit bouillir celui de saint Louis dans du vin, de l'eau et des aromates , pour séparer ainsi les chairs d'avec les os ; les os furent mis avec le cœur dans une caisse fort riche ; et Charles d'Anjou , roi de Sicile , fit tant d'instances auprès du nouveau roi, son neveu, qu'il obtint la permission de transporter les chairs et les entrailles à Palerme, où il les fit inhumer, avec grande solennité, dans l'abbaye de Montréal, à une lieue de la ville.




On y éleva d'abord un monument de marbre, auquel on joignit bientôt un autel, lorsque Dieu eut fait éclater la sainteté de ces reliques par plusieurs miracles.  A l'égard de la châsse qui renfermait les os et le cœur, le roi Philippe le Hardi porta ces précieux restes on France; ils furent d'abord déposés dans l'église de Notre-Dame de Paris, et ensuite, en grand et magnifique cérémonial, on les transporta à la royale abbaye de Saint-Denis.

En fils respectueux, et pour honorer la mémoire du saint, le roi Philippe porta lui-même le corps de son père sur ses épaules, et, à chaque station qu'il fit sur la voie, furent élevées des croix pour marquer les endroits de ses repos. Les os de saint Louis furent déposés près de ceux de son père, Louis VIII, dans un tombeau de pierre que la piété a depuis grandement enrichi.

La célébration de la fête de saint Louis date de l'année 1297, sous le pape Boniface VIII. Depuis ce temps elle est restée une des plus saintes journées de la France: la religion, la chevalerie, le trône et la patrie, y trouvent de grands souvenirs.



Aigues-Mortes, Fête de Saint-Louis 2015, défilé médiéval


Le défilé représentant l`époque du Roi St-Louis

Les chevaliers en blanc avec la Croix rouge sont ceux de l`ordre de chevalerie des Templiers fondé vers 1119 par Hughes de Payens et Geoffroy de St-Omer en terre sainte. Les hommes en habits noirs avec la Croix sont les frères sergents de l`ordre des Templiers. Cet ordre avait des maisons en France, en Espagne, en Angleterre, en Écosse, à Chypre et dans plusieurs autres pays. La majorité étaient en terre sainte et à Jérusalem. Cet ordre a été démantelé vers 1314 dans ses conditions dramatiques mais il était encore à l`ordre au temps du Roi St-Louis. On trouve aussi dans le défilé la remise des clés de la ville d`Aigues Mortes au Roi St-Louis et à la Reine,  les Universités, les prélats, la noblesse militaire, des jongleurs et amuseurs publics, des musiciens, des danseurs, des mercenaires, des chevaliers de l`ordre Hospitalier et Militaire de St-Jean de Jérusalem, des nobles dames, ect



MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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