Explication de « N’appelez personne votre Père » (Matthieu XXIII, 9)

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Message par Titi le Dim 26 Aoû 2018 - 14:27



Les contempteurs de la religion catholique accusent celle-ci de trahir l’Évangile car elle fait appeler les prêtres par ses fidèles « mon Père » ou « monsieur l’abbé » (abbé venant de abba, ce qui veut dire père en araméen) et le Pape « Saint Père » alors que l’Écriture Sainte proclame :
« N’appelez personne votre « père » sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père Céleste. » (Mathieu XXIII, 9).

Mise en abîme biblique
À cela nous répondrons que ceux qui font ce reproche à l’Église n’hésitent pas à désigner leur géniteur comme leur « père ». Quel motif peuvent-ils invoquer pour une telle dérogation au principe ? Aucun ! Ils répondront que la chose est pourtant évidente, mais lorsque vous leur demanderez de développer, il en seront incapables. Certains tenteront peut être de dire que le Nouveau Testament lui-même offre des exemples de géniteurs appelés « pères ». En effet, en Luc I, 31, l’ange annonce à Marie que le fils qu’elle concevra se verra remettre par Dieu « le trône de David son père », c’est-à-dire son ancêtre, en Matthieu X, 37, le Christ parle de ceux qui ne sont pas dignes de Lui car ils l’aiment moins que – entre autres – leurs pères et leurs mères, le père étant ici à l’évidence le père biologique; ou encore en Matthieu XV, 4 où Il réprimande les pharisiens qui ne prennent pas soins de leurs parents. Nous pourrions ainsi multiplier les exemples: Matthieu III, 9; XV, 6; XIX, 5, 19, 19; XXI, 31; Marc XIII, 12; Luc IX, 42; XI, 11; XII, 53; I Thessaloniciens II, 11… Mais alors pourquoi le Nouveau Testament et parfois Jésus Lui-même se permettraient-ils de faire une telle entorse à la règle posée par ce dernier ? Nos adversaires ne sauront pas répondre, mais ironie de l’affaire: c’est nous qui leur fournirons plus tard dans cet article sur le motif pour lequel nous pouvons et devons appeler notre géniteur ainsi que d’autres personnes « père ».
Pour l’heure, montrons que le Nouveau Testament n’appelle pas seulement « pères » les géniteurs biologiques, mais qu’il emploie aussi ce mot en d’autres sens. En retrouvant Jésus au Temple, Marie lui dit :
« Mon enfant, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous ? Votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés. » (Luc II, 48)
Or, saint Joseph dont il est question ici comme « père », n’est pas le père biologique de Jésus, ni même son père spirituel, il est cependant son père au sens que nous expliquerons plus bas. Jésus accuse ceux qui refuse de croire en Lui, d’avoir pour père le diable (Jean VIII, 44). Saint Étienne, le premier martyr de la Nouvelle Alliance, alors même qu’il est à ce moment là
« plein de grâce et de force, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. » (Actes VI, 8)
Il appelle les Juifs « pères et frères » (Actes VII, 2). Saint Paul fera de même en Actes XXII, 1. Saint Pierre, au sujet de l’Ancienne Loi, parle d’ « un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter » (Actes XV, 10), Paul quant à lui, en évoquant son passé juif dit qu’il surpassait :
« dans le judaïsme beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant à l’excès partisan jaloux des traditions de mes pères. » (Galates I, 14)
Saint Pierre et saint Paul appelleront leurs « fils » saint Marc (I Pierre V, 13) pour le premier et saint Timothée (I Timothée I, 4, 12; II Timothée I, 2; I Corinthiens IV, 17; Phillipiens II, 19-22) ainsi que saint Tite (Tite I, 4) pour le second. Ici, Pierre est le père de Marc et Paul, celui de Tite et Timothée, mais au sens spirituel, comme les prêtres par rapport aux fidèles. C’est déjà au sens spirituel que Jésus parlait en Jean VIII, 44. Saint Paul nous donne deux autres exemples éclatants de la chose. D’abord en s’adressant au Corinthiens :
« Car, eussiez-vous dix mille maîtres dans le Christ, vous n’avez pas cependant plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile. » (I Corinthiens IV, 15)

« le Père, de qui tire son nom toute paternité dans les cieux et sur le terre » (Ephésiens III, 14-15)
S’ils n’ont pas plusieurs pères [dans le Christ] puisque c’est lui qui les y a engendré, cela veut bien dire qu’il est leur père en Jésus-Christ. L’autre exemple est celui qui donne la clé du problème :
« À cause de cela, je fléchis le genou devant le Père, de qui tire son nom toute paternité dans les cieux et sur le terre » (Ephésiens III, 14-15)
C’est clair : il y en a qui doivent être appelés « pères » au Ciel et sur le terre, au sens biologique ou non, en participation à la paternité unique et absolu de Dieu ! Certains contesterons que Paul parle de « paternité » et diront qu’il parle en réalité de « famille », nous invitons le lecteur à lire notre réponse à cette objection en cliquant ici. Nous pouvons d’ailleurs noter que Saint Paul dit également au Corinthiens qu’il est – lui, Paul – leur père dans le Christ puisque c’est lui les a engendré en Jésus-Christ par l’Evangile :
« vous n’avez pas cependant plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile. » (I Corinthiens IV, 15)

Paternité absolue et paternité relative
Jésus veut ici nous inviter à vivre avec Dieu comme un enfant vis-à-vis de son père. C’est-à-dire dans la gratitude, l’humilité, l’obéissance et la confiance. Mais encore nous révéler la première personne de la Sainte Trinité comme étant « Le » Père en un sens absolu, c’est-à-dire père de Lui-même et en Lui-même, principe sans principe, de qui « de qui tire son nom toute paternité dans les cieux et sur le terre » (Ephésiens III, 15). En sorte que « Père » est son nom propre. De même donc que l’homme devient père en communiquant la vie humaine, de même l’Église appelle « Pères » les prêtres parce que eux aussi, par le moyen de la prédication et des sacrements, communiquent la vie, mais non pas la vie naturelle et mortelle, mais la vie divine et éternelle.
C’est une dénonciation de ceux qui utilisent leurs titres pour exercer une autorité illégitime sur leurs proches et pour en tirer orgueil au lieu de les servir (Matthieu XXIII, 4-7). Jésus ne voulait donc pas interdire l’usage du mot ‘père’, mais rappeler qu’il est tout en référence au Père céleste, et faire remonter à Celui qui est l’origine de tout, la paternité de tout père terrestre. Tout un programme pour tous ceux qui doivent porter ce titre de ‘père’.

Dieu fait participer à sa vie divine par sa grâce
N’oublions pas que ce n’est pas le seul endroit du Nouveau Testament où nous voyons qu’une dignité, un titre ou une fonction appartenant en propre à Dieu ou au Christ est communiquée à d’autres : Dieu seul peut pardonner les péchés (Marc II, 7) et pourtant le Christ donne ce pouvoir à ses Apôtres (Jean XX, 23); Il détient les Clefs de David (Apocalypse III, 7) mais Il les confie à ce même Pierre (Matthieu XVI, 19); Il dit être le Bon Pasteur (Jean X, 14) et pourtant Il confie toujours à ce même saint Pierre le soin de paître ses agneaux et brebis (Jean XXI, 15-17) ; Il est la lumière, mais il dit à ses Apôtres qu’ils sont la lumière du monde (Matthieu V, 14) ; Il est le constructeur (Matthieu XVI, 18) mais les Apôtres sont aussi bâtisseurs (I Corinthiens III, 11) ; Il est la pierre d’angle (Actes IV, 11) mais les Apôtres sont aussi des pierres (I Pierre II, 4) ; Il est le temple (Apocalypse XXI, 22) mais les Apôtres aussi sont des temples (Ephésiens II, 21) ; Il est « le pasteur et l’évêque [des] âmes » (I Pierre II? 25), et pourtant il y a de nombreux membres de l’Eglise qui sont appelés à exercer les rôles de « pasteur » et « évêque »,  et à être des « anciens » qui doivent « paître le troupeau de Dieu » et à qui les chrétiens doivent « être soumis » (Actes XX, 28 ; I Corinthiens XII, 28 ; Ephésiens IV, 11 ; Philippiens I, 1 ; I Timothée III, 2 ; Tite I, 7 ; I Pierre I, 1-5),  Enfin, n’oublions pas l’épisode du Buisson Ardent: Dieu s’adresse à Moïse par le Buisson Ardent, Moïse qui ne sait pas qu’il a affaire à Dieu et ne comprend pas comment un buisson peut brûler sans se consumer et surtout parler comme un homme, il lui demande donc qui il est (Exode III, 13), et Dieu lui répond : « Je suis celui qui suis » (Exode III, 14). Or si moi, administrateur du site j’ai écrit cet article et si vous internaute le lisez, c’est bien que vous et moi avons l’existence, et pourtant ni vous ni moi ne sommes Dieu alors que seul ce dernier est l’être, mais il nous le communique… N’est-il pas écrit que « Puisque sa divine puissance nous a accordé tous les dons qui regardent la vie et la piété, en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, et qui par elles nous a mis en possession de si grandes et si précieuses promesses, afin de vous rendre ainsi participants de la nature divine, en vous soustrayant à la corruption de la convoitise qui règne dans le monde. » (II Pierre I, 3-4)

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Titi
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Date d'inscription : 28/09/2012

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