La Fête de St-Denis - Évangélisateur de Paris - 9 oct 2018 - Tableau poétique des Fêtes chrétiennes (Images et Musique)

Aller en bas

La Fête de St-Denis - Évangélisateur de Paris - 9 oct 2018 - Tableau poétique des Fêtes chrétiennes (Images et Musique)

Message par MichelT le Dim 30 Sep 2018 - 23:00

La Fête de St-Denis et ses compagnons Rustique et Éleuthère Évangélistes et Martyrs de Paris (Lutèce) -   9 octobre 2018 - Tableau poétique des Fêtes chrétiennes ( Images et Musique) – Vicomte Walsh – 19 eme siècle



Saint-Denis



L`Empire romain vers l`an 250 Ap J.C. au temps de St-Denis – Évangélisateur et martyr de Paris (Lutèce) en Gaule romaine.

Voilà des noms mêlés aux vieilles annales de France: la mémoire de ceux qui les ont portés sera éternelle, car si les archives du royaume perdaient les récits qui ont été faits de saint Denis, de sainte Geneviève et de saint Louis, leur histoire vivrait encore, parce que la religion s'est chargée de la perpétuer parmi les chrétiens. Et quand il n'y a plus de livres, les traditions qu'elle a enseignées vont toujours. Les siècles, dans leurs tourmentes, dans leur incessante marche, dérangent, bouleversent et emportent des souvenirs historiques et profanes. Mais les annales sur lesquelles le catholicisme a mis la main ne sont point enlevées dans les tempêtes, ne sont point perdues dans la longue suite des âges : le sceau apposé par la religion à ces souvenirs les maintient perpétuels.

Il y a bien des noms de conquérants que la gloire a voulu garder, bien de puissants monarques qui ont fait de grandes choses et dont les peuples ne savent seulement pas les noms. Cependant, pour se perpétuer dans la mémoire de leurs nations, ces rois avaient élevé des monuments, et sur le marbre et le bronze avaient fait inscrire les faits et gestes de leurs règnes. Tout cela a été perdu, tandis que le souvenir de trois missionnaires envoyés de Rome pour prêcher la foi dans les Gaules est conservé et vivra toujours.


Lutèce (Paris) à l`époque de la Gaule Romaine vers l`an 200 Ap J.C.

Dieu donne à ses saints quelque chose de son immortalité. C'est une opinion commune en France que parmi les missionnaires qui vinrent prêcher aux premiers Français la loi de Jésus-Christ, saint Denis fut celui qui porta le plus loin le flambeau de l'Évangile. Après avoir fait plusieurs éclatantes conversions sur sa route, après avoir prêché avec succès à Arles, il arriva à Paris, à la Lutèce, que les Romains avaient imprégnée de leurs vices et de leur idolâtrie.

Alors la ville française était loin de s'étendre comme elle fait de nos jours. En ce temps son enceinte était resserrée entre les deux bras de la Seine, et se bornait à cet espace nommé la Cité, C'est dans ce vieux cœur de Paris que la parole chrétienne s'est d'abord fait entendre Depuis, que de bruits divers ont retenti là où s'était élevée la voix de notre premier apôtre ! Et cependant ses paroles n'ont point été oubliées : le Dieu qu'il adorait, nous l'adorons, et là où il avait planté des croix de bois, se voient aujourd'hui des églises. Les enseignements et les miracles de Denis et de ses compagnons Rustique et Éleuthère ont été reproduits par de naïves sculptures, et la pierre s'est chargée, comme nos vieilles chroniques, de redire au peuple la vie et la mort des trois martyrs.



Lutèce (Paris) gallo-romaine – La Gaule faisait partie de l`empire romain, les gaulois étaient païens et adoraient les dieux romains et celtes

Denis savait le beau langage et de Rome et d'Athènes ; son éloquence était reconnue parmi les hommes de son temps. Mais ce n'est pas au miel de sa parole qu'il faut attribuer les nombreuses conversions qu'il opérait chaque jour. Non, l'éloquence humaine la plus fleurie, la plus étudiée, la plus habile, n'aurait pu persuader à nos ancêtres, fils des Francs et des Gaulois, qu'il valait mieux vivre en paix que de gagner des batailles; qu'il fallait être doux et humbles et savoir pardonner : les idées de fierté, de gloire, de rancune étaient trop enracinées dans les cœurs de nos rudes devanciers, pour qu'une voix humaine les en chassât. Il fallait pour rendre humbles les orgueilleux, pour rendre humains les cruels, il fallait la voix de Dieu. Dieu parla donc par la bouche de son apôtre.

Le nombre des chrétiens augmentant partout où Denis prêchait la nouvelle loi, les adorateurs de Jupiter et de Vénus, de Mars et d'Apollon, prirent ombrage du saint missionnaire et le firent arrêter, alors que Maximilien Hercule ( aussi appelé Maximien) était empereur. Denis, Rustique, Éleuthère, furent amenés devant le gouverneur Fescennius, que d'autres appellent Sisinnius.

« Sacrifiez à nos dieux immortels! leur cria le Romain.
— Nous adorons Jésus-Christ ; nous ne pouvons sacrifier à vos idoles.
— La mort vous attend si vous n'obéissez aux ordres de César.
— Nous désobéissons à César pour obéir à Dieu.
— Vous allez à l'instant être mis à mort.
— Nous allons à l'instant être reçus dans le ciel. »

Confessant ainsi Jésus-Christ, les trois apôtres furent jetés dans un cachot, et, selon une tradition, ce cachot est devenu une église et a été appelée, dans la suite des temps, Saint-Denis-de-la-Chartre.


L`ancienne église de St-Denis de la Chartre dans l`île de la Cité a Paris était sur le lieu ou St-Denis et ses compagnons furent gardés en prison par les romains et existait entre le début de l`an mille jusqu`en 1810 ou elle est démolie.

Après de longues tortures, le proconsul fit trancher la tête aux trois chrétiens, et ordonna que leurs corps, privés de sépulture, fussent abandonnés aux oiseaux du ciel et aux bêtes des bois qui vivent de cadavres. Mais une femme chrétienne, qui avait de l'or à répandre, trouva le moyen de s'emparer des corps des martyrs, et les fit enterrer à six milles de la ville, dans un village que l'ont croit être Saint-Denis-de-l' Estrée, et que l'on appelait alors Catheuil.


Exécution de Saint Denis – du prêtre Rustique et du diacre Éleuthère vers l`an 257 ou 272 Ap J.C. lors des persécutions ordonnées par les empereurs romains. (Possiblement celles de Dèce, de Valérien ou de Dioclétien – cela reste inconnu)

Plus tard les chrétiens, à la voix d'une bergère renommée pour sa piété et qui paissait ses moutons dans les environs de Paris (sainte Geneviève), élevèrent une église à saint Denis et à ses compagnons sur le lieu même de sa sépulture. Cette église, où s'opéraient beaucoup de miracles, fut enrichie et ornée des largesses de Dagobert.


Le roi Dagobert posant la première pierre sur l`abbaye de St-Denis à Paris. (  602 à 639 Ap J.C.)

Des extrémités du royaume, la foule chrétienne venait en pèlerinage à Saint-Denis. Dans les procès, on y venait aussi faire serment sur la châsse des saints pour déclarer la vérité que l'on ne pouvait découvrir par les voies ordinaires. Une fois un parjure osa lever la main sur les saintes reliques, et comme sa bouche jurait à faux, il tomba et mourut à l'instant dans d'affreuses souffrances.

Ce sépulcre était un monument bâti en forme de tour, ou plutôt un faisceau de tours. Saint Eloi prit plaisir à l'enrichir, et saint Ouen assure que de ses jours l'église aimée de Dagobert était une merveille de la terre, une vraie pourtraiture du paradis. La piété de Dagobert fit exhumer les corps saints des trois martyrs et les fit transporter en grande et magnifique pompe à la nouvelle abbaye.


Basilique-Cathédrale de St-Denis à Paris


Basilique-Cathédrale de St-Denis à Paris

Depuis cette translation des reliques de saint Denis et de ses glorieux compagnons, les murs de l'antique église ont vu bien de splendides cérémonies : à elle les grandeurs de la mort, à elle les royales funérailles! C'est à la garde du premier apôtre de la France que sont confiées les cendres des rois français. Aujourd'hui, quand une capitale est menacée par l'ennemi, vous voyez une grande agitation autour du palais de la banque; on charge de lingots d'or et d'argent les chariots de l'État : le siècle emporte son Dieu. Autrefois, quand les nations barbares, quand les terribles Normands serraient de leur immense cercle de fer une cité chrétienne, alors il y avait aussi un grand émoi dans la ville ; mais c'était aux églises que le peuple effrayé se portait. Les trésors qu'il s'occupait, en ces moments de terreur, de soustraire à l'ennemi, c'étaient les reliques de ses saints, la châsse bénite du patron du pays : dans la pensée de la foule chrétienne, ce soin passait avant tous les autres.



Régions de France dévastées par les raids des Vikings au 9 eme siècle

En 859, dit un vieux moine chroniqueur, les hommes des épouvantements, les féroces Normands (Vikings), vinrent faire leurs ravages en France ; la terre s'émut sous leurs pieds et trembla. Alors les religieux de l'abbaye furent aussi saisis de crainte, et, prenant sur leur dos les reliques de leur saint patron, cheminèrent en grande hâte vers Nogent-sur-Seine. Les hommes du Nord, ayant pris goût au beau pays de France, revinrent en l'an de grâce 887, et derechef les reliquaires de l'abbaye furent emportés ; mais cette fois, ce fut à la ville de Reims qu'ils furent donnés en garde.

Oh ! il y avait dans cet amour pour les choses sacrées des autels, dans cet empressement à les soustraire aux mains des profanateurs, quelque chose de touchant! Le patron d'un pays devenait comme le père de tous, et pour racheter les ossements de leur protecteur, les chrétiens de ces temps primitifs auraient donné tout leur or. Parmi les hommes de France qui vénéraient le plus saint Denis, il faut mettre avant tous les autres nos anciens rois. Ils venaient souvent avec les chevaliers et les grands de leur royaume s'agenouiller sur les dalles, au-dessus des caveaux où ils devaient dormir un jour; et quand une guerre éclatait, c'était à la royale abbaye qu'ils accouraient chercher l'oriflamme ; puis, après que Dieu avait béni leurs armes, c'était encore à l'autel de saint Denis qu'ils revenaient appendre l'étendard victorieux Et alors que le conquérant, vaincu à son tour par la mort, gisait dans les régions funèbres, deux choses se voyaient au-dessus de ses cendres : l'image du patron de la France, et la noble bannière qu'un ange avait apportée du ciel.


Siège de Paris par les Vikings païens en l`an 845

La fête de saint Denis a toujours été célébrée, dans le royaume très-chrétien, avec beaucoup de solennité; dans plusieurs diocèses, elle était chômée comme fête d'obligation. Aujourd'hui de grands changements sont survenus en toutes choses, et la face du monde a été renouvelée : des puissants sont tombés, des petits se sont élevés, des empires ont croulé, des États nouveaux ont surgi au soleil ; et dans la vieille église de Dagobert, c'est aujourd'hui comme par le passé : on y prie encore Saint-Denis, et sur les tombes restaurées des rois on chante toujours l'office des trépassés. On le voit, des souvenirs de la patrie se rattachent au nom de l'apôtre des Gaules. Nos valeureux ancêtres avaient pris pour cri de guerre : MONTJOIE ET SAINT DENIS! Et les prêtres qui ont succédé aux religieux de la noble abbaye répètent aujourd'hui le même nom, en priant sur les tombes des reines et des rois.






Le martyre de Saint-Denis



Sanctorum Meritis - hymne des vêpres pour les Martyrs


O fidèles, joignons ensemble nos voix, et chantons avec allégresse les mérites et les glorieuses actions des Saints; car j'ai le cœur tout brûlant du désir de louer par des hymnes cette courageuse troupe de vainqueurs. Ce sont des hommes que le monde a eus en horreur, parce qu'ils en ont foulé aux pieds la beauté sèche et stérile, et qu'ils vous ont suivi, ô Jésus, aimable Roi du ciel. Ils ont méprisé pour l'amour de vous la fureur et la rage des hommes, et toute la rigueur des fouets : ils ont triomphé des ongles de fer qui déchiraient leur corps, et qui n'ont rien pu sur leur cœur. On les égorgeait comme des brebis, sans qu'ils fissent entendre la moindre plainte; et leur âme innocente, pleine de confiance, conservait dans un cœur tranquille une patience que rien ne pouvait ébranler. Quelle voix, quelle langue pourra exprimer les récompenses que vous préparez aux saints martyrs? Empourprés du sang qu'ils ont répandu pour vous, ils reçoivent de votre main des couronnes que le temps ne peut flétrir. O Dieu en trois Personnes, nous vous supplions d'effacer les péchés de vos serviteurs; d'éloigner d'eux ce qui leur peut nuire ; de leur donner votre paix, et de les rendre dignes de vous glorifier dans tous les siècles. Ainsi soit-il.



- Litanies des saints - Chorale de La Maison Des Etudiants Catholiques De Lyon, Laurent Grégoire



Le Notre-Père chanté en araméen en Géorgie devant le Pape

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum