Fête de la Dédidace de l`Église - 9 novembre 2018 – (Images et Musique) - Tableau poétique des fêtes chrétiennes

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Fête de la Dédidace de l`Église - 9 novembre 2018 – (Images et Musique) - Tableau poétique des fêtes chrétiennes

Message par MichelT le Dim 4 Nov 2018 - 21:12

Fête de la Dédidace de l`Église -  9 novembre 2018 – (Images et Musique) - Tableau poétique des fêtes chrétiennes - Vicomte Walsh - 19 eme siècle


Du moment où les hommes ont eu la pensée d'élever des temples au Roi du ciel, ils ont dû vouloir consacrer ces demeures, destinées à recevoir sous leurs voûtes celui qui s'assied sur les nuées. Avant que Dieu daignât descendre sur un autel d'or et de marbre, il a fallu que le marbre et l'or fussent mieux que de la matière ; pour les purifier et sanctifier, la religion fut tout d'abord invoquée ; elle seule, par sa consécration, était capable d'agrandir assez nos églises pour que le Tout-Puissant, créateur de l'univers, pût y faire sa résidence.

Quand elle met sa main sur le front de l'enfant qui vient de naître, quand elle verse l'eau du baptême sur sa tête, elle le purifie de la souillure originelle. Quand l'homme est prêt à quitter la vie, elle lui donne l'huile des mourants, et l'âme chrétienne qui va partir est consacrée pour les régions d'outre-tombe. Eh bien, aussi, quand elle touche la pierre de nos temples avec son saint-chrême, elle la rend assez sainte pour que la sainteté même puisse s'y asseoir.



Esprit éternel, immense, incompréhensible, Dieu ne peut, à bien parler, que demeurer en lui-même; lui seul est son lieu, son monde, son trône, son temple. Je suis dans mon Père, et mon Père est en moi, disait Jésus- Christ. Les hommes auraient donc pu se contenter de ce beau temple que l'Éternel s'était bâti lui-même l'univers; pour autel, les globes lumineux qui brillent au firmament; pour étendue, l'infini. Mais la pensée humaine se serait égarée dans les espaces sans bornes, et Dieu, se mesurant à notre faiblesse, a bien voulu venir habiter les maisons que nous lui avons bâties.

Il était digne de sa bonté de se rabaisser jusqu'à prendre une habitation parmi nous; consentant par son incarnation à devenir notre frère, il a voulu se rapprocher de nous; et, pour mieux entendre nos demandes et pour être plus proche de nos douleurs, il n'a pas eu peur de notre vallée de larmes.



L`Arche d`Alliance construite par Moise et le peuple hébreu sur l`Ordre de Dieu vers 1200 Av J.C. ( Exode 35,10)  


La première habitation que l'Éternel Seigneur eut parmi les hommes, fut le Tabernacle, le saint des saints du désert, cette tente portative, sous laquelle Dieu ne dédaignait pas de venir partager, pour ainsi dire, la vie voyageuse de son peuple. Pour nous mieux assurer que Dieu avait pour agréable cette demeure au milieu d'Israël, nous le voyons lui-même, dans les livres saints, tracer à Moïse toutes les proportions, toutes les dispositions de son tabernacle. ( Livre de l`Exode 35-10)



Le Tabernacle, le saint des saints du désert, cette tente portative, sous laquelle Dieu ne dédaignait pas de venir partager, pour ainsi dire, la vie nomade de son peuple vers 1200 Av J.C. (Ancien Testament - Exode 35,10)


Roi, législateur, guide d'un peuple voyageur, Dieu consent à descendre sous la tente, jusqu'au moment où ce peuple aura conquis l'héritage promis à ses pères. Alors il aura un plus digne sanctuaire, et la montagne de Sion sera signalée par les anges comme le lieu le plus agréable au Seigneur. Le roi David, à qui cette révélation sera faite, voudra élever cette somptueuse demeure; mais cette gloire ira à son fils ( le roi Salomon), et tous les siècles rediront la magnificence de ce temple, la merveille des hommes.

Tout ce que la nature a de plus précieux est employé à cette vaste construction, par son étendue, ses péristyles et ses parvis, semblable à une ville. La pierre et le marbre, le cèdre et l'ivoire, le porphyre et le jaspe, l'argent et l'or, se touchent, se portent, se mêlent, s'unissent, s'entr'aident pour sa décoration; ce n'est pas le ciel, mais c'est ce qu'il y a de plus beau sous le ciel.



Le Temple de l`Éternel construit par le Roi Salomon à Jérusalem vers l`an 900 Av J.C. ( 1 Rois 6)


Quand Salomon eut achevé son œuvre, quand rien ne manqua plus à la beauté du temple, le roi d'Israël, plein de confiance dans le Seigneur, assembla les douze tribus pour la solennelle dédicace de la maison du Seigneur. Pour rendre cette cérémonie plus auguste, le fils de David choisit le huitième jour du septième mois de l'année sainte, qui était le premier de l'année civile, et qui correspond à notre mois d'octobre. La dédicace dura sept jours, et quand ces sept journées de saintes réjouissances furent passées, la fête des tabernacles commença, de manière que tout Israël demeura à Jérusalem et dans les campagnes environnantes pendant quinze jours. Jamais le Seigneur n'avait répandu tant de joie, tant de gloire, tant de bonheur sur son peuple.

Depuis le 8 jusqu'au 22 du septième mois, Salomon fit venir près de lui tous les anciens, tous les princes des tribus, pour conférer avec eux du cérémonial de la sainte journée. Les prêtres et les lévites portèrent dans le temple tous les présents, toutes les richesses que le roi David avait destinés à l'embellissement de la demeure de Dieu.



La fronde de David, l`armure et l`épée du géant philistin Goliath était dans le temple de Jérusalem

Parmi ces objets consacrés se voyaient l'armure et l'épée de Goliath et la fronde du berger; et lorsque tous les vases, tous les ornements nécessaires aux sacrifices furent placés près des autels; quand les piscines et la mer d'airain furent remplies d'eau pour les ablutions des sacrificateurs; lorsque les parfums, l'encens, la myrrhe, l'aloès, le cinnamome, furent déposés à côté de l'autel à treillage d'or; quand les victimes furent amenées sur les dalles que leur sang devait rougir ; quand l'immense multitude fut rangée sur les marches de marbre et sous les portiques, alors entra l'arche d'alliance, le trône de l'Éternel.



Le Temple de l`Éternel construit par le Roi Salomon à Jérusalem vers l`an 900 Av J.C. (1 Rois 6)

Et à mesure que l'arche, respectueusement portée par les prêtres, avançait sous les voûtes étincelantes d'or, les victimes tombaient immolées. Vingt-deux mille bœufs, cent vingt mille moutons, ou hosties pacifiques, furent offerts en sacrifice. L'arche étant parvenue au milieu de l'encens et des holocaustes jusqu'au saint des saints, tout à coup une nuée lumineuse emplit tout l'espace du temple ; cette nuée était si rayonnante de la gloire du ciel, que les yeux des hommes ne pouvaient en supporter l'éclat miraculeux.


Dédicace du Temple de Jérusalem par le roi Salomon et les prêtres juifs vers 900 Av J.C. ( 1 Rois 8)

Salomon se prosterna la face contre terre, et tout son peuple l'imita. Les prêtres eux-mêmes, éblouis de tant de splendeur, furent obligés de suspendre les sacrifices. Alors, au milieu du grand et religieux silence qui régnait dans le temple, Salomon, se relevant et se tournant vers le sanctuaire, pria Dieu à haute voix, le suppliant d'avoir pour agréable la maison qu'il lui avait bâtie, de la bénir, et d'exaucer les prières qui s'en élèveraient.



Le Roi Salomon recevant la reine de Saba (Premier Livre des Rois 10 – Ancien Testament)


Après cette prière, le jeune roi, le plus beau, le plus sage entre tous les hommes couronnés, étendit les mains sur son peuple et le bénit. Dans la nuit qui suivit cette magnifique dédicace, le Seigneur apparut en songe à Salomon, et lui dit : « Fils de David, j'ai exaucé ta prière, et j'ai choisi le temple que tu m'as bâti pour en faire ma maison de sacrifice ; mes yeux seront ouverts et mes oreilles attentives à la prière de celui qui m'invoquera en ce lieu... »

Ces paroles, que le Seigneur Dieu d'Israël a fait entendre à Salomon, nous pourrions les sculpter, les graver sur toutes les portes de nos églises, dont le temple de Jérusalem n'était, en quelque sorte, que le péristyle. Sans doute cette merveille des merveilles, ce chef d'œuvre de Hyram et du plus savant et du plus habile de tous les rois, était digne des regards de Dieu. Mais la plus modeste de nos églises doit être plus chère à l'Éternel que le temple de Sion.




Dans nos sanctuaires, il y a plus que l'arche d'alliance, il y a le Fils de Dieu lui-même, l'objet des éternelles complaisances du Père, assis au plus haut des cieux. Dans nos églises, tout est digne de méditation, rien d'y doit être indifférent au chrétien; de tous les objets muets qui décorent leur intérieur, il s'élève une voix pour ceux qui savent réfléchir.

Cette corde qui pend sous le porche, c'est le conducteur avec lequel la main indifférente du sacristain ou du sonneur répand la joie ou la tristesse dans la contrée; avec elle il va réveiller, jusque dans les hauteurs de la tour ou de la flèche, la cloche qui sommeillait silencieuse.

Alors, d'après l'impulsion qu'elle reçoit, elle élève sa voix sonore ; tantôt lente et vibrant par trois fois, au milieu des lueurs naissantes du crépuscule, elle sonne l'Angélus..., et cette première voix de la terre, ce premier soupir après le repos de la nuit, dit à ceux qui ont dormi sous des tentures de soie, et à celui qui a couché sur la dure : « Voici le jour qui commence, élève ton âme à Dieu! »



Sonnerie de l'Angélus

Et quand la lumière s'éteint, quand les ombres descendent du ciel, elle dit encore : « Voici venir l'heure du repos, voici venir la nuit avec toutes ses étoiles; homme fatigué, réjouis-toi, et bénis celui que tu as prié ce matin.»  A solis ortu usque ad occasum laudabile nomen Domini. Du lever du soleil jusques à son couchant, le nom du Seigneur est digne de louange. (Psaume 113,3)

Cette cloche, donnée à la paroisse par ses anciens seigneurs, est toute couverte d'armoiries et de noms titrés. Cette cloche est très-noble et très-bénite, baptisée comme un chrétien. Haut et puissant seigneur a été son parrain ; haute et puissante dame a été sa marraine ; et quand une pauvre femme vient de mettre au jour un pauvre enfant, la cloche sonne joyeuse, pour dire les transports ineffables de la mère, pour dire à tous : Un enfant nous est né.

Et quand le vieillard n'a plus que de lentes pulsations, quand sa vie s'en va seconde par seconde, la cloche n'a plus que de lents tintements, comme les soupirs entre coupés de l'agonisant. La religion mêle ainsi sa voix d'airain à toutes nos émotions, à toutes nos joies, à toutes nos prières, à toutes nos alarmes, à toutes nos douleurs ; elle chante sur nos berceaux, crie dans les dangers, dans les incendies, dans les inondations, et gémit quand nous allons mourir.

La cloche est aimée de toute la paroisse ; les fidèles sont fiers et orgueilleux de sa taille et des sons pleins qu'elle jette au loin; et puis elle leur est chère, parce qu'elle a annoncé tous les événements de leurs familles; c'est pour eux comme une vieille amie qui sait tout ce qui les concerne. Oh ! je suis comme ces paysans, j'aime ma cloche natale, ma mère l'a aimée avant moi!... Et vous, habitants des grandes cités, n'aimez-vous pas ces belles et majestueuses volées, ces sonneries harmonieuses, qui, dans vos solennités, semblent des voix du ciel pour voua appeler aux autels de Dieu?


Sonnerie des cloches en Allemagne - Plenum


Tout à côté, attaché à un des piliers du porche, Voici le Bénitier ; l'homme qui marche aujourd'hui dans toute la force de l'âge et de la santé y trempe le doigt et se signe d'eau bénite. — Quand il sera étendu sur son lit de mort, le prêtre l'en aspergera pour laver les souillures de sa vie, pour éloigner de son chevet les esprits malfaisants... Et quand, un peu plus tard, il sera gisant dans son cercueil et descendu dans sa fosse, un peu de cette eau, qu'il prend aujourd'hui sans y trop penser, tombera sur lui avec les larmes de ses enfants et de ses proches ! Memento, homo, quia pulvis es!  - Souviens-toi homme que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. ( Genèse 3,19)


Bénitier

Et cette piscine de pierre, placée devant ce tableau de saint Jean répandant l'eau du Jourdain sur la tête du Christ, ce sont les fonts baptismaux. C'est là que l'on nous apporte tous. C'est pour venir là que notre parrain et notre marraine ont pris ces habits de fête, ces gros bouquets, ces boîtes de dragées, et ces gants blancs...



Le Baptême du Christ par St-Jean le Baptiste dans le Jourdain ( Matthieu 3,13)



Fonts baptismaux


Comme si tous les hommes devaient être heureux, il y a toujours plus ou moins de joie à leur baptême ; ce sont les mères qui ont inventé cette joie-là !.. . Ont-elles eu raison? en vérité, je ne sais. Car enfin, de ces fonts baptismaux, tous apprendront-ils à marcher pour aller vers le bonheur?



Baptème


En voici, petits anges de la terre, qui, encore tout mouillés de l'eau de leur baptême. Et ceux qui sont destinés à grandir, à vieillir, ne sera ce que de la félicité qu'ils trouveront entre la pierre de la sainte piscine et la pierre de la tombe?

La religion qui ne trompe pas, elle, fait entendre à ceux qui apportent un enfant aux eaux du baptême, qu'il y aura pour le chrétien de l'amertume dans la vie : dès son premier jour, elle lui met du sel sur les lèvres, comme pour lui faire pressentir que tout ne sera pas douceur dans l'avenir ; elle lui montre encore qu'il lui faudra de la force dans le chemin qu'il va avoir à parcourir, et pour cela, elle lui donne l'onction d'huile et de saint-chrême, qui fortifie... Une autre fois, le chrétien recevra encore cette onction ; aujourd'hui c'est à l'arrivée, demain ce sera au départ.

Oh ! vous voyez bien, il y a beaucoup à réfléchir devant des fonts baptismaux ! C'est la première borne milliaire du chemin, bon ou mauvais, qui s'allongera devant nous. Pas loin de la piscine sacrée, voici la chapelle des saints anges. C'est là où les enfants qui ont atteint l'âge de raison viennent apprendre le catéchisme. C'est sur ce bancs de bois que s'asseyent et les riches et les pauvres ; c'est là la première école de la bonne et vraie égalité, de l'égalité chrétienne. . . Pour que la terre ne fût pas attristée, déchirée par les divisions et les haines, pour qu'elle ne fût pas souillée par les vices, pour qu'elle ne fût pas arrosée de larmes et de sang, il ne faudrait qu'une chose : c'est que les hommes se souvinssent toujours du petit livre qui leur a été enseigné sur ces bancs.



Chapelle des St-Anges

C'est tout à côté de cette chapelle, où le prêtre a appris aux enfants leurs devoirs, qu'il va s'asseoir pour écouter l'aveu de leurs fautes. Voici le confessionnal. Je ne puis passer outre sans me souvenir de la paix qu'on y trouve, sans regretter l'innocence qu'on s'y fait. Que d'hommes, tout courbés sous le poids de l'or, tout vêtus de pourpre, ont cherché par toute la terre un peu de paix pour leur cœur, et qui n'ont pu en trouver que là!



Le Confessionnal

La fortune leur avait jeté à pleines mains tous ses dons, le monde tous ses honneurs; le hasard leur avait départi sa force et la santé ; et cependant la vie leur était lourde; ils la portaient comme un fardeau ; ils sont venus s'agenouiller là, et en fouillant dans leur mémoire, dans les replis de leur âme, en relevant ce qui était caché comme un crocodile au fond du puits des Apulaches, ils ont obtenu à l'instant ce que leurs recherches à travers toutes les régions de la terre n'avaient pu leur faire avoir, le premier, le plus enviable des biens, le calme de la conscience.

De par le monde, il y a encore de jeunes et de vieux esprits forts qui vont sourire des pensées que m'inspire la vue d'un confessionnal. Armés à la Voltaire ou à la Jean-Jacques Rousseau, ils vont me lancer les traits acérés du ridicule, et les vieilles redites de l'impiété... Mais, dans leur injustice, ils ne me rappelleront pas tout ce que Jean-Jacques et Voltaire ont dit sur la confession. Rousseau s'écrie quelque part :« Que de restitutions, que de réparations ne fait-elle pas faire chez les catholiques ! »


Le Confessionnal – la paix de la conscience pour ceux qui évitent le péché

Voltaire dit à son tour : La confession est une chose très-excellente, un frein au crime, inventé dans l'antiquité la plus reculée : on se confessait dans la célébration de tous les anciens mystères; nous avons sanctifié cette sage coutume : elle est très-bonne pour engager les cœurs ulcérés de haine à pardonner.

Ce que nous préférons aux paroles de nos philosophes pour faire aimer la confession, c'est notre expérience à tous ; souvenons-nous du bonheur que le prêtre nous a donné quand il nous a dit : Mon enfant, allez en paix et ne péchez plus!... Oh! dans ce peu de mots, il y avait plus de paix que dans tous les discours des hommes. . . Sans la confession, dit Chateaubriand, sans cette institution salutaire, le coupable tomberait dans le désespoir. Dans quel sein déchargerait-il le poids de son cœur?

Serait-ce dans celui d'un ami? Eh! qui peut compter sur l'amitié des hommes? Prendra-t-il les déserts pour confidents? Les déserts retentissent toujours, pour le crime, du bruit de ces trompettes que le parricide Néron croyait entendre autour du tombeau de sa mère.

Quand la nature et les hommes sont impitoyables, il est bien touchant de trouver un Dieu prêt à pardonner ; il n'appartient qu'à la religion chrétienne d'avoir fait deux sœurs de l'innocence et du repentir.

0 vous, jeunes gens qui lirez les lignes que j'écris aujourd'hui pour vous, je ne sais quels succès, quelles joies, quels bonheurs vous sont réservés dans le monde. Je ne sais si votre amabilité, vos talents, vous feront briller bien plus que tous vos compagnons. Je ne sais si votre savoir doit vous placer plus haut que tous vos émules ; je ne sais si les arts, la science ou le génie vous gardent de leurs couronnes.

Mais je sais une chose ; c'est que, si un de ces bonheurs ou si tous ces bonheurs ensemble vous sont réservés, le jour où vous serez tout entourés d'hommages, tout étourdis de louanges, tout enivrés d'encens, tout palpitants de gloire, ce jour-là vous serez moins heureux que l'homme qui, après avoir été coupable et bourrelé de remords, se relève du confessionnal ! . . . Oh ! alors il trouverait des anges sur la route, et pourrait leur dire : Anges, je suis votre frère. Mais, en nous éloignant de la porte de l'église, nous avons oublié ce qui est placé dans la tribune du porche : les orgues. On a beau vieillir, on n'oublie pas les puissants, les saisissants accords des orgues que l'on a entendus dans son enfance, alors que notre mère nous conduisait aux grandes solennités ou de Pâques ou de Noël.



L`orgue d`Église

Lequel d'entre nous n'a senti tout son cœur inondé de suaves et ineffables délices, alors qu'après l'Hosanna du Sanctus, les voix fortes des chantres venant à cesser, au milieu des nuages d'encens, au milieu du silence qui précède l'Élévation, l'orgue s'est mis à chanter son hymne, à soupirer avec ses notes les plus douces, les plus célestes, un 0 salutaris hostia?



O salutaris Hostia (Ô réconfortante Hostie) par St-Thomas d`Aquin -  13 eme siècle - Musica Sacra - Pologne - Paweł Bębenek

Traduction: « Ô réconfortante Hostie, qui nous ouvre les portes du ciel, les armées ennemies nous poursuivent, donne-nous la force, porte-nous secours. Ô vraiment digne Hostie, unique espoir des fidèles, en Toi se confie la France, donne-lui la paix, conserve le lys. Au Seigneur unique en trois personnes soit la gloire éternelle ; qu'Il nous donne en son Royaume la vie qui n'aura pas de fin. Amen. »



Te Deum - (Dieu nous te louons) -  musique liturgique et hymne chrétien - Notre-Dame de Paris


En vérité, l'homme qui resterait sans émotion à pareil moment, à semblable harmonie, je n'envierais pas son amitié! Maintenant, me voici en face de la chaire... : il y a encore là bien des pensées qui nous viennent. Connaissez-vous de plus belle tribune que celle-là? En connaissez-vous une d'où l'on parle de plus haut?


Chaire de l`Église

Une où l'on soit plus en droit de faire retentir les mots de liberté et d'indépendance? une où, comme là, on puisse, sans manquer de respect, donner des enseignements aux peuples et aux rois? Démosthène à Athènes, Cicéron à Rome, n'ont pu avoir, n'ont pas eu à leur usage les puissantes paroles qui appartiennent, dans nos églises, au dernier curé de campagne.

Et du haut de cette chaire, à nos Chrysostômes de village, à nos Bossuets champêtres, il ne faut pas, pour toucher et remuer fortement la multitude qui les écoute, il ne faut pas de grands événements, des catastrophes, des coups de foudre du destin ; eh ! mon Dieu, non ! l'Évangile à la main, ils font trembler le riche et espérer le pauvre, exaltent l'humilité et terrassent l'orgueil!

J'ai entendu des hommes d'État, à leur tribune de marbre, agiter des questions de vie et de mort pour les empires; sans doute, leur éloquence était saisissante alors..., mais, en vérité, il lui manquait ce qui ne manque pas à l'éloquence sacrée. Un ministre parle à une nation : Le prêtre parle à toutes les nations. Un ministre s'occupe des intérêts d'un moment : Le prêtre se voue aux intérêts de l'éternité. Un ministre s'appuie du nom du roi : Le prêtre s'appuie du nom de Dieu. De cette chaire, dont le dôme, surmonté de la croix, est porté par deux anges, que de consolations sont découlées ! . . .

Que de fois la misère, la douleur, la souffrance, auront été attentives autour de cette sainte tribune! Que de fois elles auront senti l'espérance leur venir comme la rosée qui fait reverdir les plantes desséchées..., alors que le vieux curé, avec ses cheveux blancs, leur aura répété . « Mes enfants, mes chers enfants, j'ai été jeune, et me voilà vieux; mais, en vérité, je vous le dis, je n'ai pas encore vu le juste abandonné ni délaissé du Seigneur...»

En face de la chaire, cette petite chapelle plus ornée que les autres, et dont les murs noircis d'encens sont couverts d'un grand nombre de peintures d'ex-voto , c'est celle de NOTRE-DAME-DE-BON-SECOURS... Oh! combien de lampes et de cierges brûlent devant son autel !



Autel de NOTRE-DAME-DE-BON-SECOURS

Que de bouquets blancs brillants de paillettes, de boules de verre et de nœuds d'argent, déposés aux pieds de la statue! Que de chapelets avec leurs médailles bénites, que de scapulaires appendus aux deux colonnes qui encadrent ces tableaux, où l'on voit un frêle navire battu des vagues, frappé de la foudre..., et miraculeusement sauvé par Marie, Etoile des mers, apparaissant radieuse sur les nuées, et calmant la tempête par un sourire d'elle et de son divin Fils!



La St-Vierge Marie - étoile de la mer - Stella Maris - Protectrice des marins




Certes, les fidèles vont s'agenouiller devant le maître autel, qui reluit de marbre et de dorures, et qui a, de chaque côté de son tabernacle, deux beaux anges adorateurs; mais ses degrés sont moins usés par la prière que ceux de l'autel de Notre-Dame-de-Bon-Secours; car nous nous sentons si peu de chose en face de la grandeur de Dieu, que nous éprouvons le besoin de chercher un intermédiaire plus rapproché de notre faiblesse.



Anges adorateurs

Les femmes surtout viennent prier la Vierge; on dirait qu'elles craignent la majesté du Tout-Puissant, et qu'elles aiment mieux s'adresser à une mère ; dans leur simplicité, une mère leur semble devoir mieux les comprendre; aussi elles viennent en foule à l'autel de Marie !

Tout près de cet autel, on a placé un tronc pour les malheureux. Soyez tranquille, celui-là ne chômera ni de liards, ni de sous, ni même de pièces blanches! Comme à cette chapelle on vient demander beaucoup, on donne beaucoup ; comme on dit à la Consolatrice des affligés : secourez-moi, on secourt les autres. L'aumône et la prière sont deux sœurs qui se tiennent par la main...


Tronc pour les aumônes : Celui qui a pitié du pauvre prête a l`Éternel et il lui rendra son bienfait

Voilà que nous avons parcouru la longueur de l'église. . . ; nous voici presque sous la lampe qui ne s'éteint jamais; lampe sacrée que je me suis pris quelquefois à envier! En effet, sainte destinée que la sienne! Allumée devant l'autel, elle brûle devant l'autel ; les vents du dehors no tourmentent point sa flamme; on dirait une âme loin du souffle des passions..


La lampe du sanctuaire

Cette lampe est un symbole de l'amour de Dieu pour les hommes ; elle veille toujours ; comme une étoile tombée du firmament, elle brille dans la nuit pour redire la bonté de Jésus-Christ, pendant que ses sœurs, restées dans les plaines d'azur, racontent la puissance du Très- Haut!...

Souvent quand je voyage la nuit, et qu'en passant dans un village je viens à apercevoir, à travers les vitraux de l'église, la lueur de la lampe du sanctuaire, je me dis : les hommes peuvent dormir, la religion veille. Et c'est vrai : que la nuit soit sans lune et sans étoiles, que les vents et l'orage grondent dans l'obscurité, que la neige tombe sur le noir des ténèbres, que le givre glace les étangs et fasse craquer la terre du chemin; si un malade meurt, si un impie se convertit, si un adolescent s'en va d'auprès de sa mère, c'est proche de l'église, à la porte du curé, que l'on vient frapper d'abord. Et puis, à la lueur de cette lampe dont nous parlions tout à l'heure, le prêtre monte à l'autel, et y prend, pour celui qui le demande, le pain de la vie.



Porte de la sacristie

Cette porte, toute sculptée et tout ornée de moulures gothiques, conduit à la sacristie... C'est dans la sacristie que se signent et les baptêmes et les mariages. Autrefois, on avait établi ainsi les choses; on avait voulu que la religion fût vraiment comme une mère, et qu'elle prît part à tous les événements de la famille.

Cette balustrade qui sépare le sanctuaire de la nef, et à laquelle est attachée une nappe de fin lin, c'est la table sainte; c'est là que les chrétiens s'agenouillent au divin banquet; c'est là que les anges qui veillent sur nous nous envient : car le grand mystère ne s'est point opéré pour eux.



Balustrade

Là, que d'émotions, que de souvenirs vous viennent en foule ! Et ce grand jour de la première communion, et la mémoire de notre mère que nous avons vue, prosternée sur cette marche de pierre, priant pour ses enfants!... Toutes ces réminiscences montent au cœur et le font battre vivement; l'esprit, se reportant en arrière, évoque les années écoulées...

Oh! que de calme, que de paix dans les années de foi, d'innocence et de ferveur ! Et depuis que nous nous sommes échappés de dessous l'aile du Seigneur, depuis que nous avons repoussé le souvenir de la première communion, comme pensée gênante, qui pourra compter les inquiétudes qui ont, ainsi que des glaives acérés, transpercé nos âmes?



Première communion en France au 19 eme siècle


Pour cette grande journée de la première communion. Que de soins, que de peines le vieux curé a pris dans la chapelle du catéchisme ! que de sainte ténacité il lui a fallu pour faire entrer dans les mobiles intelligences des enfants les hautes et graves vérités de la religion!... Et puis, quand la fin de ses travaux est arrivée, quand les jeunes chrétiens ont été jugés dignes, et par leur pureté, et par leur instruction, de venir s'agenouiller à la table où le pain des forts est donné, alors les prêtres de la paroisse ont eu un autre soin : ç'a été de solliciter la charité des fidèles, pour que les enfants des pauvres ne fussent pas vêtus des haillons de la misère au plus grand jour de leur vie.

Dans nos campagnes bretonnes, chaque enfant porte à la procession de la première communion un drapeau de mousseline ou de percale blanche, et rien n'est plus pittoresque à voir à travers la verdure des champs que tous ces étendards déployés et flottant à la brise. Dans le sanctuaire, pour qui ces deux prie-Dieu avec ces deux coussins et cette espèce de pompe? Un vieux couple, après cinquante ans d'union, va venir célébrer la cinquantaine devant l'autel du Dieu d'Abraham et de Jacob. Habitants de la paroisse, tous deux ont été baptisés sous les voûtes de l'église que nous explorons; tous deux, beaux de jeunesse, y ont été mariés il y a un demi-siècle; maintenant, tous deux, chargés de vertus et d'années, reviennent au même Dieu, Dieu d'Isaac et de Rachel, lui dire : « Seigneur, bénissez-nous encore une fois ! »

Pensant à ces deux vieux époux , moi, je prie, et je dis: « 0 vous, mon Dieu, qui ne voulez pas que l'on désunisse ce que vous avez uni, accordez-leur encore quelques années de bonheur, mais appelez-les à vous le même jour, ne séparez pas ce qui a été si longtemps uni .»

Dans un coin obscur, non loin de la sacristie, est relégué le matériel de la mort; Oh! que cette misère de la tombe me fait mal! et qu'il y a loin des pensées qui me serrent le cœur maintenant, à celles que j'avais tout à l'heure! mais je ne les repousse pas; elles sont venues à la fin de mon exploration, comme la mort au bout de la vie C'est dans l'ordre J'ai parcouru toute l'église, que l'on dédie à Dieu, et l'on a pu voir combien tout ce qui s'y trouve était digne d'être consacré par la religion. Rien de ce que je viens de passer en revue n'est inutile ; tout y rappelle des souvenirs graves, tout y donne des enseignements sérieux; la vie du chrétien tout entière est là, entre la piscine des fonts baptismaux et la chapelle des trépassés.


Messe pour les funérailles

Le catholicisme a donc bien fait de rendre saintes toutes ces choses qui avoisinent l'autel de Dieu et qui lient ensemble tous les jours de l'homme. Avant de réunir ses enfants dans le ciel, dit un pieux écrivain, Dieu veut les rassembler ici-bas dans des temples. Une impression secrète et naturelle de vénération, que chacun porte au fond de son cœur pour la Divinité, a introduit chez tous les peuples, même parmi ceux qui avaient oublié le Dieu vivant et véritable, l'usage de consacrer les temples, de séparer ces édifices de l'usage commun et vulgaire, pour les dédier spécialement à la majesté suprême, pour lui en approprier la possession de la manière la plus solennelle. Dans tous les lieux et dans tous les temps, on a regardé comme des sacrilèges et des impies ceux qui profanaient ces lieux consacrés à la Divinité.

Celui qui aime le temple du Seigneur et qui y vient méditer la loi, dit l'Écriture, ressemble à un arbre placé par la main de la nature sur le bord d'un ruisseau; son feuillage est toujours frais, le soleil le féconde sans le dessécher, ses fleurs ne se fanent pas, et ses fruits sont pleins de saveur; la rosée du ciel ne tombe sur lui que pour nourrir ses racines et entretenir sa verdure toujours fraîche : ainsi prospère le juste sur la terre ; il fleurit comme le palmier dans la maison de Dieu!

Le jour de la Dédicace, l'Église chante dans ses offices :
« Que ce lieu est terrible, que ce lieu est saint! C'est ici la maison de Dieu et la porte du ciel ! Le Seigneur, roi des cieux, est véritablement dans ce lieu-ci. Que vos tabernacles sont aimables, ô Seigneur des armées ! Mon âme languit et se consume du désir d'entrer dans la maison du Seigneur. Dieu, qui écoutes les anges dans le ciel, sois attentif à la prière des hommes qui viendront t'implorer ici.»

Puis, à l'épître, on lit cette vision : « En ces jours-là, je vis la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, qui, venant de Dieu, descendait du ciel, assise sur des nuages ; elle était parée comme une épouse pour son époux Et j'entendis une grande voix qui disait : « Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes , et il demeurera avec eux, et ils seront son peuple; Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux, et la mort ne sera plus. Les pleurs, les cris et les travaux cesseront, parce que ce qui a précédé sera passé; et celui qui était assis sur le trône, dit : Je m'en vais faire toutes choses nouvelles.»

Voici l'évangile qui commande le respect dans le lieu saint : « En ce temps-là , Jésus étant entré dans Jérusalem, toute la ville fut émue, et chacun demandait : Quel est celui-ci? Le peuple disait : C'est Jésus le prophète, Jésus de Nazareth en Galilée. Jésus entra dans le temple de Dieu, et en chassa tous ceux qui y vendaient et qui y achetaient ; il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient des pigeons, et il leur dit : « Il est écrit :  Ma maison sera appelée la maison de prière, et vous en avez fait une, caverne de voleurs.»

En même temps, des aveugles et des boiteux vinrent à lui dans le temple, et il les guérit.
« Mais les princes des prêtres et les docteurs de la loi, voyant les miracles qu'il avait faits, et les enfants qui priaient dans le temple : Hosannah au fils de David ! en furent indignés, et ils lui dirent : Entendez-vous ce que crient ces enfants? Oui, leur répondit Jésus, c'est de la bouche des enfant et de ceux qui sont à la mamelle que vous avez tiré la louange la plus parfaite.» Et, les laissant, il sortit de la ville et alla à Béthanie.

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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