La fête de St-Geneviève de Paris. - 26 Novembre 2018 - - (Images et Musique) - Tableau poétique des fêtes chrétiennes -

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La fête de St-Geneviève de Paris. - 26 Novembre 2018 - - (Images et Musique) - Tableau poétique des fêtes chrétiennes -

Message par MichelT le Lun 19 Nov 2018 - 22:27

La fête de St-Geneviève - patronne des villes de Nanterre et Paris. - 26 Novembre 2018 - (Images et Musique) - Tableau poétique des fêtes chrétiennes - Vicomte Walsh - 19 eme siècle – (St-Geneviève est aussi fêtée le 3 Janvier a Paris)



Sainte-Geneviève – patronne des villes de Nanterre et Paris (423 ap J.C a 512 ap J.C)

C'est à une jeune fille, à une pauvre bergère qu'est adressé ce grand et magnifique hommage. Des hommes qui ont tenu l'épée, la lance et le sceptre n'ont pu parvenir à établir leur mémoire durable parmi les peuples; et voilà qu'une fille des champs, qui n'a tenu que la houlette et la quenouille, traverse les siècles inoubliée !

Et comment Geneviève de Nanterre a-t-elle acquis tant de gloire? C'est qu'elle a eu beaucoup d'humilité. Le Dieu qui est puissant l'a regardée du haut du ciel, et ayant vu qu'elle était douce et humble, il a opéré en elle de grandes choses. Quelques chroniqueurs ont cru rehausser le nom de Geneviève en écrivant qu'elle était fille du seigneur de Nanterre, à trois lieues de Paris. La tradition la plus généralement répandue nous la fait voir filant sa quenouille dans les champs en gardant son troupeau, et j'aime bien mieux cette dernière version. Quand je vois Dieu choisir les petits et les faibles, je me réjouis toujours.


Paris a l`époque de Sainte-Geneviève au 5 ème siècle– L`Île de la cité au centre de la Seine.

Dans la longueur des jours, Geneviève, au milieu de ses brebis et de ses agneaux, levait les yeux au ciel ; son cœur montait avec son regard, et la jeune fille alors se sentait embrasée d'amour pour le Dieu qui avait créé le ciel avec ses infinis espaces et la terre avec sa beauté ; le livre où elle apprenait à louer le Créateur, c'était la nature.

Oh ! comme les louanges de Dieu devaient êtres douces à entendre, sortant d'une bouche si pure ! Ceux qui ont écrit la vie de la vierge de Nanterre racontent que bien souvent les anges s'arrêtaient et repliaient leurs ailes pour écouter la fille des champs, et quand ils avaient entendu ses ardentes prières, ses cantiques inspirés, quand ils avaient vu son regard si plein d'amour pour Dieu, ils se disaient : « Elle sera bientôt notre sœur. »



Un jour, saint Germain, évêque d'Auxerre, qui se rendait en Angleterre pour y soutenir la foi, passant dans les campagnes de Nanterre, y rencontra Geneviève: Elle était alors agenouillée devant une croix rustique.

Quand sa prière fut terminée, le saint évêque entra en conversation avec elle, et trouva dans ses paroles tant de foi et tant d'amour, tant de raison et tant de piété, qu'il vit soudain dans l'avenir la sainteté de cette jeune fille et ses hautes destinées.
« Mon enfant, lui dit le vieillard, vous êtes trop pure pour ne pas vous séparer des hommes.
— Je me suis donnée à Dieu, répondit Geneviève.
— Je vous en bénis, ma fille, répliqua saint Germain; et pour que vous vous souveniez de votre vœu, voici une médaille bénite. Gardez-la ; elle vous rappellera que vous
êtes l'épouse de Jésus-Christ. »


Saint Germain, évêque d'Auxerre donne sa bénédiction à Geneviève enfant.

Depuis ce jour, la fille de Nanterre porta constamment cette médaille, et par elle opéra plusieurs guérisons miraculeuses. Le père et la mère de Geneviève étant morts, la vierge
vouée à Dieu vint demeurer à Paris, chez la femme qui l'avait tenue sur les fonts de baptême. Dans le tumulte de la ville, elle regrettait souvent le calme et la paix de la campagne. Pour les âmes pieuses, le silence et la retraite ont tant de consolations ! La solitude, c'est comme un sentier écarté qui conduit vers Dieu. Mais la sainte, n'ayant plus de troupeaux à conduire dans les champs, passait ses journées occupées du travail de ses mains, et, regrettant la vie du hameau, se soumettait sans murmure au nouveau genre de vie qu'il lui fallait adopter. De bonne heure la sainte avait appris que la soumission et l'obéissance sont plus agréables au Seigneur que les plus riches offrandes. A cette douceur, à cette obéissance, Geneviève joignait de constantes prières et de grandes mortifications; ce corps si frêle, si chaste et si pur se macérait par les jeûnes et le cilice.

Aussi elle faillit mourir. Dans les visions du ciel qu'elle avait pendant sa maladie , elle se réjouissait , car elle croyait toucher au terme de son exil ; mais le jour de délivrance n'était pas venu : Dieu se plaît à éprouver ceux qu'il aime. Geneviève, si pieuse et si pleine de candeur, fut calomniée , accusée d'hypocrisie et de sortilèges. L'ange méconnu n'en loua pas moins Dieu. Aux méchancetés, aux mensonges des hommes, Geneviève n'opposa que de la patience et un redoublement de prière. Les épreuves, le malheur, ne faisaient que rendre sa piété plus fervente : ainsi l'arbre qui donne le baume ne répand jamais autant de parfums que lorsque l'orage agite, secoue et tourmente ses branches.

La calomnie dure quelquefois plus que la vie de ses victimes. Quelquefois cette fille du mensonge et de l'envie tue ceux après lesquels elle s'est acharnée comme un de ces vampires qui ne se détachent des corps des mourants et des morts que lorsqu'il n'y a plus une goutte de sang à sucer. Mais Geneviève vit s'user et mourir les bruits injurieux que l'enfer avait suscités contre elle. Et le peuple, qui pendant quelque temps avait écouté la voix des méchants, tomba à genoux devant la sainte, confessant la pureté de la vierge et racontant ses miracles. Cette admiration pour Geneviève devint telle , que plusieurs femmes, parmi lesquelles on distinguait des personnes de haut rang, se firent ses disciples et quittèrent les somptuosités de la fortune pour vivre sous le même toit qu'elle. Alors on avait reconnu qu'elle attirait la grâce, qu'elle la faisait descendre du ciel comme une céleste rosée, et pour en recevoir quelques gouttes, on se pressait autour de la bien-aimée de Dieu.


Pillage des villes par les Huns – c`était l`époque de la décomposition de l`empire romain et la Gaule était pillée par les tribus barbares.

Tout à coup, dans Paris effrayé un bruit sinistre retentit : « Attila! Attila! Voici venir le grand fléau de Dieu ! l'exécuteur des vengeances du Seigneur ! » Et quand les populations entendaient ces sinistres paroles, elles se mettaient à trembler, comme tremblent les feuilles des forêts alors que le vent s'élève; et les plus vaillants se disaient : « A quoi nous serviront nos framées et nos javelots contre un monstre sorti de l'abîme, contre Moloch fait homme?» Et les femmes se racontaient que des villes, pour fléchir l'infatigable destructeur, avaient envoyé au-devant de lui des députations de petits enfants, espérant que leur grâce et leur innocence pourraient toucher le roi barbare ; mais que celui-ci , préférant leurs cris de mort aux chants qu'on leur avait appris pour le désarmer, avait ordonné qu'on tuât du glaive ces jeunes ambassadeurs, qui étaient venus lui crier grâce et miséricorde, et lui apporter des fleurs et des clefs d'argent dans des bassins d'or.



Guerriers d`Attila



St-Geneviève encourageant les parisiens à se préparer contre l`invasion des Huns

L'enceinte de Paris était devenue trop petite, tant les habitants du dehors, saisis de peur, y arrivaient en nombre, et ceux qui venaient de loin ajoutaient encore aux épouvantes par leurs récits.. Beaucoup assuraient qu'Attila se nourrissait de chair humaine, et que chaque nuit un démon (un ange déchu) venait sous sa tente lui tracer ses plans de campagne, lui dire où il y avait beaucoup de sang à répandre, beaucoup d'autels à piller, de vierges à outrager, de richesses à conquérir et de victoires à remporter. De toutes ces exagérations, de toutes ces sinistres rumeurs, il était né un effroi général, un de ces effrois qui glacent et qui énervent toute une nation. Paris en était là, tremblant comme une femme, quand Geneviève se mit à parcourir les rues, une croix à la main et l'espérance dans le regard :

« Debout! criait-elle, debout! Voici venir le fléau de Dieu! Hommes vaillants et forts, où sont vos framées? Debout ! Regardez du haut des murailles : ne voyez-vous pas briller leurs lances? On dirait une forêt de feu qui marche. Debout! hommes vaillants et forts; debout! voici Attila ! D'où vient que vos bras restent sans mouvement? d'où vient que les lames de vos épées ne lancent pas d'éclairs? d'où vient que vos murailles ne se hérissent pas de lances? Avez-vous peur, hommes de Paris? Hommes de Paris, vous êtes chrétiens, et vous tremblez! Honte! honte sur vous! Moi, faible femme, je ne tremble pas ; je ne tremble pas, parce que Dieu est avec moi, parce que je tiens sa croix comme le meilleur étendard. Hommes de Paris, priez avec moi. Votre Dieu est le Dieu des armées ; implorons-le ensemble. Quelque fois le courage s'enfuit du camp; on le retrouve au pied des autels. Chrétiens, priez et levez-vous Attila aura peur de vous et de la croix ! »

Geneviève, en parlant ainsi, ramena au cœur de Paris ce qui sauve les nations : la foi, l'espérance et le courage; Attila, dans sa marche, s'arrêta : le torrent aux flots de fer rebroussa tout à coup.

L'envoyé des colères divines s'était vu, dans un songe, vaincu par une bergère, qui, le touchant du bout de sa houlette, lui disait, comme Dieu a dit à la mer : Tu n'iras pas plus loin. Quand le peuple vit s'accomplir la prédiction de la sainte, quand le fléau de Dieu ne poussa plus ses nations armées vers le cœur de la France, le nom de Geneviève fut porté aux nues par l'enthousiasme et la reconnaissance.

Ce qui augmenta encore la vénération que l'on avait pour elle, c'est que saint Germain ordonna, en mourant, qu'on portât de sa part à la fille de Nanterre quelques petits présents, et des choses bénites qu'on appelait eulogies. Geneviève était alors grandement respectée de tout le monde ; rois et princes, riches et pauvres, nobles et menu peuple, tous la vénéraient. Dieu avait récompensé sa vertu du don des miracles, et on venait de toutes parts implorer son secours. Saint Siméon Stylite, ce solitaire du pilier, au milieu des sables, écrivit à la sainte de Paris pour se recommander à ses prières. Enfin, remplie de mérites, elle mourut étant âgée de quatre-vingt-neuf ans, et son corps fut inhumé, avec grands honneurs, dans l'église de Saint-Pierre et de Saint-Paul, sur une des hauteurs de Paris.



Il y a des gloires qui s'éteignent avec la vie ; celle de Geneviève n'était pas de cette nature ; comme elle lui était venue du ciel, elle ne fit que croître, en partant d'une tombe... Un roi assis, puissant dans son palais, ne fait pas lever autant de foule qu'un saint couché dans sa châsse. Le lieu béni où Geneviève avait été enterrée devint l'endroit le plus visité de Paris, et bientôt la voûte de la chapelle où la fille des champs reposait n'eut plus assez d'espace pour les lampes d'or et d'argent que l'on y appendait, et qu'on faisait brûler en son honneur.

Dans cette église de Saint-Pierre et de Saint-Paul, commencée par Clovis I an 507, qui existe encore et qui est, sans contredit, un des plus gracieux monuments de Paris, on chantait nuit et jour les louanges de Dieu sur la tombe de la sainte, et la dévotion envers la bienheureuse Geneviève y était devenue si grande, que les noms de saint Pierre et de saint Paul se détachèrent des murs bâtis par Clovis, et que celui de la vierge, patronne des Parisiens, les remplaça. Dans un siècle où l'on bâtissait peu d'églises, sous Louis XV, alors que le philosophisme régnait dans toute son aride sécheresse, le pouvoir eut la pensée d'élever un grand et somptueux monument à l'humble fille de Nanterre.



L`Église construite sous le roi Louis XV pour St-Geneviève est devenu le Panthéon déchristianisé après la révolution


Le quartier de Paris qui domine tous les autres fut choisi, et des architectes de grand renom appelés ; pendant plus de vingt ans, pendant que les adeptes de Voltaire répandaient dans le monde que le catholicisme avait fait son temps, et que l'infâme allait être écrasé, plus de deux mille ouvriers travaillaient au temple, dont les murs, modelés sur ceux de la Grèce et de Rome, grandissaient pour porter dans les nuages le dôme aux cent colonnes. N'était-ce pas là un étrange spectacle pour le dix-huitième siècle? Alors que l'esprit du temps se faisait si orgueilleux, qu'il ne voulait plus se courber devant Dieu, voilà qu'au milieu de ce peuple d'incrédules, une merveille se construit et s'achève ; et qui dominera ce bel édifice? la croix. Et qui sera vénéré dans ce temple? Une vierge chrétienne Geneviève de Nanterre!

Depuis, nous le savons, Dieu et la sainte ont été chassés de ce beau sanctuaire, et l'on a fait de la magnifique église un magasin de tombeaux, et comme pour que l'on ne doutât plus que c'était bien là le temple du matérialisme, on a renversé la croix qui en couronnait la haute coupole, et ainsi déshérité les morts du signe de rédemption et d'espérance. Ce n'est pas tout : sur le fronton de leur Panthéon, les hommes qui crient par tout que le catholicisme va voir finir son influence ont fait sculpter l'image de Jean-Jacques Rousseau et celle de Voltaire, qui ne désignait Notre-Seigneur Jésus-Christ que par le nom d'infâme. Ce sacrilège de pierre, autorisé par le pouvoir actuel, existe encore. Mais ceci, voyez-vous, passera : la folie des peuples ne dure pas toujours, et dès qu'un instant lucide leur revient, ils courent se mettre à l'abri de la croix.


Église St-Étienne du Mont St-Geneviève

Dans toutes les grandes calamités, les Parisiens d'autrefois promenaient dans leurs rues désolées la châsse de sainte Geneviève, et la sainte obtenait souvent que la santé et le bonheur vinssent aux lieux où l'on avait porté ses reliques. Quand la châsse vénérée sortait de l'église, le recueillement était grand dans Paris; car la tradition avait appris au peuple que ce premier reliquaire, porté en grande pompe sur les remparts de la ville assiégée par les terribles Normands (Vikings), avait fait tomber l'épouvante au camp des ennemis, et que cette miraculeuse terreur avait délivré Paris.


Procession des reliques de St-Geneviève à Paris


Église St-Geneviève des Grande-Carrières à Paris dédiée à Saint-Geneviève


On se souvenait aussi que, du temps de Louis le Gros, un terrible fléau, le mal des ardents ,avait dû sa cessation à la vierge du hameau de Nanterre ; on ne pouvait oublier ce bienfait, car une fête avait été établie, et se célébrait chaque année, le 26 novembre, dans toutes les églises de Paris, en mémoire de ce miracle. Dans ces derniers temps, pendant les jours du choléra, alors que le gouvernement croyait pouvoir se passer de l'aide de Dieu pour vaincre le terrible fléau, la châsse de sainte Geneviève ne fut pas portée par les rues de Paris, mais un grand nombre de fidèles se rendaient à l'église de Saint-Etienne-du-Mont, et là entouraient de prières, de cierges et d'encens la tombe de granit de la patronne de nos pères... Enfin, ce roi des épouvantements, après avoir peuplé nos cimetières, s'éloigna pour aller s'abattre sur d'autres contrées. Les prières des justes ont sauvé alors ceux qui avaient honte de prier, et, malgré l'ingratitude de beaucoup envers elle. Geneviève, du haut des cieux, a étendu sa houlette protectrice sur la ville qu'elle était accoutumée à défendre. Gloire à Dieu! Reconnaissance à elle.



Musique: groupe Les Derniers Trouvères - Sainte Geneviève : ses appels écoutez !



The life of Sainte-Geneviève of Paris

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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