Le Samedi Saint - 20 Avril 2019 – (Images et Musique) - Tableau Poétique des Fêtes Chrétienne – Vicomte Walsh 19 eme siè

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Message par MichelT le Ven 12 Avr 2019 - 12:26

Le Samedi Saint - 20 Avril 2019 – (Images et Musique) - Tableau Poétique des Fêtes Chrétienne – Vicomte Walsh 19 eme siècle


Le Samedi Saint - 20 Avril 2019 – (Images et Musique) - Tableau Poétique des Fêtes Chrétienne – Vicomte Walsh 19 eme siè Samedi.saint


Quand on s'est enfoncé dans les profondeurs de la grande semaine, quand on a laissé aller son esprit aux inspirations que les cérémonies, que les offices de ce temps font naître, on est vraiment comme accablé de tant de grandeur. Les psaumes qu'on a lus, les hymnes qu'on a entendu chanter, les lamentations d'Isaïe et de Jérémie que l'on a écoutées, ont nourri notre âme d'émotions fortes et de grandes pensées. On a pour ainsi dire vécu avec les prophètes et les rois d'Israël ; on s'est élevé avec eux bien au-dessus des choses de la terre, et l'on éprouve quelque peine à revenir aux paroles vulgaires de la vie.


Palestrina - Lamentations pour le Samedi Saint - Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525 a1594) est un compositeur italien de la Renaissance


Mais le Samedi saint nous fait rester encore dans ces hautes régions; peu de jours dans l'année chrétienne sont aussi remplis de symboles que celui-ci. L'Église honore en ce jour le repos mystérieux que Jésus-Christ a gardé dans le sépulcre, et rappelle en même temps la descente aux enfers du vainqueur de la mort, alors qu'il alla retirer des ténèbres des limbes les âmes des patriarches et des justes qui avaient attendu et annoncé le Messie. La sépulture de Notre-Seigneur, dit l'historien des fêtes catholiques, est un mystère que l'Église semble n'avoir voulu célébrer que par son silence, car l'office relatif à cette sépulture se termine à l'heure de None. D'ailleurs, comme la veille de Pâques est la première de toutes les veilles en dignité, et qu'elle est plus chargée de pratiques et d'observations, l'on a avancé les offices de cette nuit au jour qui la précède.

Dans les premiers siècles de l'Église, cette veille se continuait jusqu'au point du jour du dimanche par les fidèles de tout état, la plupart à jeun depuis le vendredi, et  quelques uns du jeudi depuis le souper. On avait grand soin de recommander de ne point finir les offices de cette célèbre veille avant le chant du coq.

C'était alors que l'on offrait le sacrifice, que l'on communiait, et que l'on rompait enfin le jeûne du Carême. Ainsi les fidèles passaient dans l'église d'un soleil à l'autre. Cet usage a cessé chez les Latins depuis que l'on a commencé les offices de la veille de Pâques dès le matin à l'heure de Tierce du samedi ; mais cette coutume subsiste toujours chez les Grecs.

Aujourd'hui cette fête du Samedi saint est presque partout remise à la dévotion des particuliers, elle n'est plus chômée. Pour être célébré avec pompe, le Samedi saint est trop voisin de la plus grande des fêtes chrétiennes. Aussi, si vous entrez ce jour dans une de nos églises, malgré la poésie et les images des cérémonies, vous n'y trouverez pas la foule des journées précédentes. Ce qui attirait autrefois beaucoup de monde à l'office du Samedi saint, c'était le baptême des catéchumènes. Vers le midi, on les amenait à l'église ; là on les catéchisait pour la dernière fois, et ils devaient prouver qu'ils étaient suffisamment instruits pour être admis dans la communion des fidèles.

Ils récitaient à haute voix le Symbole des apôtres et l'Oraison dominicale ; puis l'évêque allait par les rangs faisant le signe de la croix sur le front de chacun, et après cela, leur imposant les mains, il les exorcisait. Dans cette cérémonie, il imitait ce qu'avait fait le Sauveur ; il leur touchait les yeux et les oreilles avec de la salive, leur disant : epheta, ce qui signifie : ouvrez-vous. Alors les yeux qui avaient été fermés aux clartés divines, alors les oreilles qui ne s'étaient pas encore ouvertes aux paroles du salut, voyaient et entendaient; et ceux qui avaient désiré avec ferveur et qui avaient vécu avec pureté, étaient admis à nos sacrés mystères. Et pour prouver à tous que ces nouveaux chrétiens étaient prêts à combattre pour la foi qu'ils embrassaient, et qu'ils étaient devenus des athlètes du Christ, sur leurs poitrines, sur leurs épaules nues, l'évêque répandait l'huile de l'onction, l'huile qui rend fort dans l'arène !

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Vigile pascale du Samedi Saint

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Un peu plus tard, après la bénédiction des fonts, le baptême par immersion avait lieu ; les parrains présentant les jeunes garçons, et les marraines amenant les jeunes filles, les prêtres recevaient les catéchumènes de leurs mains, puis avec la chasteté du sanctuaire savaient éloigner les inconvenances ; et la triple immersion pour ceux qui étaient forts, et la simple immersion pour ceux qui étaient débiles et faibles, avaient lieu en toute pureté. Au sortir de la piscine régénératrice, tous les baptisés étaient présentés au ministre de l'autel, qui leur donnait l'onction du saint-chrême, leur faisant, avec le pouce, le signe de la croix sur le haut de la tête. Puis les nouveaux chrétiens revêtaient de longues robes blanches, sans taches et sans souillures, emblème d'innocence et de virginité. Ainsi vêtus, et purs comme des anges, ces jeunes hommes et ces jeunes filles étaient amenés devant l'évêque, qui faisait sur eux la prière de la confirmation, invoquant sur ces enfants de l'Église les sept dons du Saint-Esprit!

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Les sept dons du St-Esprit

Purifiés par le baptême, fortifiés par la confirmation, les néophytes venaient en chantant les litanies des saints, des saints dont ils étaient devenus les frères, assistera la messe, où ils communiaient tous. Ces cérémonies du baptême et de la confirmation se pratiquaient, dès le huitième siècle, le Samedi saint; et c'était une des choses qui donnaient le plus de pompe religieuse à cette journée. Aujourd'hui qu'il n'y a plus de ces jeunes catéchumènes avec leurs robes blanches et leurs bandeaux de lin; aujourd'hui que l'on ne baptise plus par immersion, et que nos temples n'ont plus de ces grandes piscines où l'on se plongeait par trois fois, l'office de la veille de Pâques est très-simplifié ; cependant il lui reste encore la bénédiction des fonts et du feu nouveau, et le cierge pascal : toutes choses qui rappellent une haute antiquité.

La bénédiction du feu nouveau vient après None. Alors le prêtre officiant, revêtu d'une chape violette, descend de l'autel, et, accompagné du diacre et du sous-diacre, traverse l'église dans toute sa longueur, et près du porche d'entrée, bénit ainsi la flamme qui n'a servi à aucun usage profane, la flamme qui doit brûler dans la lampe, devant le Saint des saints : « 0 Dieu! qui par votre Fils, pierre angulaire de l'Église, avez allumé le feu de votre charité dans les cœurs, daignez sanctifier ce feu nouveau que nous venons de tirer d'un caillou pour servir à nos usages, et faites que durant ces fêtes de Pâques nous soyons enflammés de désirs tout célestes, afin qu'étant purs, nous puissions arriver à la solennité des fêtes de votre éternelle gloire, par Jésus-Christ, Notre-Seigneur.»

« Créateur de toutes lumières, bénissez celle-ci!  Seigneur, vous avez été la lumière d'Israël ! Seigneur, vous avez été la colonne de feu dans le désert ; Seigneur, bénissez ce feu nouveau ! »

Alors un acolyte met le feu dans l'encensoir, et le prêtre répand dessus quelques gouttes d'eau bénite en disant : Asperges me, Domine, hyssopo, et mundabor : lavabis
me, et super nivem dealbabor.
Le diacre en dalmatique prend un cierge à trois branches et formant un triangle; puis, l'ayant allumé, il retourne vers l'autel en chantant : Lumen Christi!

Il demande ensuite au célébrant de le bénir, pour qu'il soit digne d'annoncer la Pâque. Puis vient la bénédiction du cierge pascal. Le cierge pascal remonte au sixième siècle, et voilà son origine :pour éclairer la veillée de Pâques, la plus solennelle de toutes les veillées saintes, les fidèles plaçaient au milieu de l'église une haute colonne de cire , et de sa grosse mèche enflammée s'élevait et tombait la lumière.

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Le Christ descendit le samedi saint aux enfers pour retirer des ténèbres des limbes les âmes des patriarches et des bons

On regardait cette torche, ou ce cierge, comme le symbole de Jésus-Christ debout au milieu de son Église pour l'éclairer et la guider. Les prières dites à cette bénédiction sont pleines d'enthousiasme poétique : « Que les anges du ciel, que la milice d'en haut se réjouisse et tressaille d'allégresse, et que le son des trompettes annonce nos sacrifices de joie ! Que la terre soit dans le bonheur et qu'elle jouisse de la lumière glorieuse qui lui est venue !» «Et toi, notre mère, Église sainte, réjouis-toi aussi; te voilà rayonnante de la lueur du flambeau divin, du flambeau qui éclaire le monde ! Que le lieu saint retentisse des transports de la joie des peuples ; que les acclamations de la terre montent vers le ciel!, Ensuite le prêtre enfonce dans la cire du cierge cinq grains d'encens bénit.»

Dans les premiers siècles, le cierge pascal ne servait que dans la nuit de la veille de Pâques. A présent on le laisse dans le sanctuaire, en face de l'autel, jusqu'à la fête de l'Ascension ; ce flambeau symbolique représentant Jésus-Christ, on ne le retire de l'église que lorsque le Sauveur est remonté au ciel. Dans quelques pays, alors que l'année commençait à Pâques, on écrivait sur le cierge pascal les cycles, les principales époques, les grands anniversaires d'événements religieux. Quand le prêtre avec le triple flambeau allume le cierge pascal et les lampes de l'église, il dit : « Seigneur, que ce cierge et ces lampes, qui sont consacrés en l'honneur de votre nom, brûlent pendant toute cette nuit pour en dissiper l'obscurité, et que, s'élevant comme un parfum agréable, leurs lumières se mêlent avec celles des flambeaux célestes. Que l'astre du matin les retrouve encore allumés! »

Après cette cérémonie, les prêtres, en ornements violets, lisent les prophéties. Dans ces pages inspirées, quelle suite de magnifiques tableaux ! C'est Dieu assis dans sa puissance, et avant les temps, fécondant le chaos pour en tirer le monde : la terre avec ses arbres, ses fleuves et ses montagnes ; la mer avec ses profondeurs et ses abîmes, le firmament avec ses étoiles, la lune et le soleil, et la lumière naissant d'un mot!


C'est le patriarche Noé sauvé du déluge, et les grandes eaux qui montent, et l'arche qui surnage, et le corbeau qui se perd, et la colombe qui revient avec le rameau d'olivier !

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L`Arche de Noé (Genèse  6,9)

C'est Dieu demandant à Abraham un sacrifice qu'il n'eût pas exigé d'une mère ; c'est l'ange arrêtant le bras du père d'Isaac; c'est Isaac sauvé.

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Dieu demande à Abraham de quitter son pays vers 2,100 av J.C. (Genèse 12,1)

C'est le Dieu des armées lui-même, l’Éternel, qui sème la terreur et la mort parmi les Égyptiens, et engloutissant dans les flots les cavaliers, les chevaux, les chars, le roi,
et l'armée tout entière!

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L`armée de pharaon d`Égypte est engloutie dans la mer Rouge lors de la tentative de destruction des hébreux au temps de Moise vers 1300 av J.C. (Exode 14,23)

C'est le Seigneur, disant à Israël que l'impie abandonne sa voie, et le méchant ses pensées d'injustice; qu'il revienne à Dieu, et Dieu lui fera miséricorde, car les pensées de Dieu ne sont pas les pensées des hommes, et les voies du ciel ne sont point semblables aux chemins de la terre ; autant le ciel est au-dessus de la terre, autant les pensées de Dieu sont au-dessus des pensées des hommes. Et comme les pluies et les neiges, quand elles sont tombées des nuages, ne remontent plus, mais restent sur les champs pour les fertiliser, ainsi la parole du Seigneur, quand elle est une fois sortie de sa bouche, doit porter ses fruits.

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Les Hébreux esclaves en exil à Babylone (Baruch 3)

Plus loin, c'est le prophète Baruch qui s'écrie ( Baruch 3,10) : « D'où vient, Israël, que tu habites parmi tes ennemis? d'où vient que tu as vieilli dans une terre étrangère? » Pourquoi es- tu semblable à un mort qui pourrit dans le sépulcre? « Pourquoi es-tu pareil aux habitants des tombeaux? « Oh! je le sais bien, c'est que tu as éloigné tes pas des sources de la sagesse, c'est que tu as cessé de marcher dans les sentiers du Seigneur! Si tu étais resté fidèle, la paix éternelle eût été ton partage, ô Israël ! Apprends où sont les trésors, la prudence, la force et l'intelligence; apprends-le pour savoir où est la durée de la vie; apprends-le pour savoir d'où viennent la vraie lumière des yeux et la vraie paix de l'âme. Dis, où sont les princes des nations qui commandaient aux hommes et qui domptaient les animaux, qui se jouaient avec les oiseaux du ciel, et qui entassaient l'or et l'argent dans leurs trésors; où sont-ils? Ils sont disparus de la terre, ils sont descendus aux enfers, et d'autres ont pris leur place!»

«0 Israël! que la maison du Seigneur est belle et vaste ! que son étendue est immense ! C'est là que furent, dès les premiers temps, ces géants renommés d'une si haute taille et si forts dans la guerre. Le Seigneur ne les a point gardés, et ils n'ont point trouvé la sagesse, et eux aussi ont disparu de la terre!  Qui est monté au ciel pour prendre la sagesse? Ou qui l'a fait descendre des nuées? Qui a traversé les mers pour la chercher, et qui l'a préférée à l'or? »


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Le prophète Ézéchiel avec les juifs exilés à Babylone par Nabuchodonosor vers l`an 587 av J.C.

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Les Juifs déportés à Babylone après la conquête de Jérusalem par le roi  Nabuchodonosor en 586 av J.C.

Après Baruch c'est Ézéchiel (Ézéchiel 37,1)! Ézéchiel qui a sa grande vision des morts Écoutez! « En ce jour-là la main du Seigneur me toucha, sa voix me dit : « Lève-toi. » Je me levai, et, ravi en esprit, l'ange de Dieu me porta au milieu d'un champ tout couvert d'ossements de morts; et le Seigneur m'ayant fait tourner autour de tous ces os blancs et desséchés, me dit : « Fils de l'homme, crois-tu que tous ces ossements
puissent reprendre la vie?
— « Seigneur, mon Dieu, vous le savez.
— « Prophétise sur eux , et dis à ces ossements :
«Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur.
« Il a dit : je vais vous ranimer, et vous vivrez de nouveau; je vous rendrai des nerfs, et je vous recouvrirai de chair; vous vous tiendrez debout, et vous reconnaîtrez que je suis le Seigneur! » Je me mis à prophétiser pour obéir au Seigneur, et pendant que ma voix s'élevait sur les morts, voici tout à coup qu'un grand bruit retentit dans le champ : c'était celui que faisaient tous ces ossements qui se mouvaient, se cherchaient, se heurtaient, s'emboîtaient et reprenaient leur place ; puis les squelettes reprirent des nerfs et se revêtirent de chair et de peau. Mais ainsi revêtus ils demeuraient couchés et immobiles,
car ils étaient encore inanimés. « Le Seigneur me dit : « Fils de l'homme , prophétise encore, et dis à l'esprit : Voici ce que commande le Seigneur :
« Esprit, viens du midi et du septentrion, du couchant et de l'aurore ; viens des quatre régions des vents , viens et souffle sur ces morts pour les rendre à la vie. »

« Je prophétisai pour obéir au Seigneur, et à l'instant l'esprit entre dans tous ces os revêtus de chair, les anime; et les voilà qui se meuvent, qui se dressent, qui se lèvent
et qui se tiennent debout sur leurs pieds, tous rangés dans le champ comme une grande armée! « Alors le Seigneur me dit : « Fils de l'homme, tous ces os représentent les enfants d'Israël : Nos os, disent-ils, sont desséchés, c'en est fait de nous, nous n'avons
« plus d'espérance. Prophétise donc encore, et dis-leur: Voici ce que dit le Seigneur :
« 0 mon peuple ! je vais ouvrir tes sépulcres , et je ferai sortir tes morts de leurs tombeaux , et je vous emmènerai dans la terre d'Israël ; et quand je vous aurai ainsi délivrés de la mort, vous connaîtrez que je suis votre Dieu, et vous vivrez dans la paix! »

Après cette vision, un autre prophète succède à Ézéchiel.

Celui-là voit la terre dépeuplée d'hommes, et les femmes pleurant sur leur viduité ; mais bientôt le rejeton du Seigneur poussera du milieu des ruines, et fera éclater sa puissance et sa gloire ; et ceux d'entre les enfants d'Israël qui n'auront pas succombé aux malheurs de leur nation seront comblés de joie. Ceux qui seront demeurés dans Jérusalem, ceux qui ne seront point descendus de la colline de Sion seront appelés saints, et leurs nom? seront inscrits par l'ange dans le livre de vie !

Jonas vient à son tour; ( Jonas 3,1) le Seigneur lui a dit d'aller crier malheur, malheur à Ninive : le voilà... Or, Ninive était une grande ville de trois journées de chemin. (Ninive ville importante du puissant royaume d`Assyrie – Irak actuel).  Jonas marcha un jour entier dans la ville, répétant dans les rues, sur les places, en face des palais, en face des temples : Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Ces paroles furent entendues du peuple ; le peuple crut à la parole du prophète, et, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, tous se mirent à jeûner, tous se revêtirent de sacs et se couvrirent de cendres.

Et le roi, ayant appris ce qui se passait dans sa ville, descendit de son trône, et, ayant dépouillé ses habits royaux, se couvrit aussi d'un sac et s'assit sur la cendre. Par son ordre, un héraut alla criant par la ville, que les hommes, que les chevaux, que les bœufs et tous les animaux, soient privés de nourriture, et que l'eau même ne leur soit pas donnée pendant les jours de pénitence. Et Ninive tout entière ayant jeûné, pleuré et prié, le Seigneur eut égard à son repentir et à sa pénitence, et elle fut sauvée; Dieu prit compassion de son peuple.

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Les habitants de la ville de Ninive en Assyrie font pénitence pour leurs péchés après les avertissements du prophète Jonas

Les paroles de Moïse viennent après celles de Jonas. Après que Moïse eut écrit dans un livre les sentences de la loi, il dit aux lévites qui portaient l'arche d'alliance :
Prenez ce livre et placez-le à côté de l'arche d'alliance du Seigneur; placez-le là, afin qu'un jour il serve de témoignage contre vous, ô enfants d'Israël ! . . car je connais votre
opiniâtreté et votre amour de la rébellion ; tandis que j'ai vécu au milieu de vous, vous vous êtes souvent révoltés contre le Seigneur : que sera-ce quand je n'y serai plus!

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Moise sur le mont Sinaï avec les tables de la Loi vers 1200 av J.C

Assemblez donc les anciens et tous les docteurs des tribus ; je leur ferai entendre mes paroles, et je prendrai à témoin le ciel et la terre contre ceux qui les transgresseront...
Mon âme devient triste quand je pense qu'après ma mort vous quitterez la voie dans laquelle je vous conduisais, Israël! Israël! ton iniquité allumera la colère du Seigneur !

Nous ne sommes plus à Ninive, plus dans le camp de Moïse; l'esprit nous a portés à Babylone la superbe, à Babylone, la prostituée des nations. Écoutez : En ces jours-là, le roi Nabuchodonosor fit faire une statue d'or de soixante coudées de haut et large de six. Il la fit placer dans le champ de Dura, en la province de Babylone. Et quand elle fut là élevée, Nabuchodonosor ordonna aux princes, aux magistrats, aux juges, aux capitaines, aux intendants, aux gouverneurs des provinces, aux peuples des villes et des campagnes, aux riches et aux pauvres, aux grands et aux petits, de s'assembler et d'assister à la dédicace de cette statue.

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L`adoration de la statue du roi Nabuchodonosor à Babylone vers 560 av J.C (Daniel 3,5)

Et quand toute cette multitude fut réunie dans la plaine de Dura, les hérauts du roi se mirent à crier : Peuples et tribus de différentes contrées et de langues diverses, il
vous est ordonné de vous prosterner et d'adorer la statue du grand Nabuchodonosor ; vous tomberez donc la face contre terre quand vous entendrez le son des trompettes,
des cythares, des flûtes, des tympanons, des timbales et d'autres instruments. Et si quelqu'un d'entre toute la foule ne se prosterne pas et n'adore pas la statue du roi, il sera pris et jeté incontinent dans une fournaise ardente.

A peine donc les peuples eurent-ils entendu le son des trompettes, des harpes, des cythares, des flûtes, des tympanons, des timbales et d'autres instruments de musique, qu'ils se prosternèrent tous et adorèrent, la face contre terre, la statue de Nabuchodonosor. Mais les Chaldéens vinrent au roi et lui dirent : 0 grand roi ! que tes jours soient éternels! Tu as ordonné que tout homme se prosternerait et adorerait, la face contre terre, ta statue, alors que retentiraient les trompettes, les harpes, les cythares, les flûtes, les tympanons et les timbales; tu as ordonné que celui qui n'obéirait pas sera pris et jeté incontinent dans une fournaise ardente. Et bien, trois Juifs, que toi, ô grand roi! tu as établis intendants de la province de Babylone, Sidrach, Misachet Abdenago, méprisant ton édit, n'ont point adoré ta statue d'or.

Alors Nabuchodonosor, entrant dans une grande colère, ordonna qu'on lui amenât Sidrach, Misach et Abdenago.  Et quand ils furent devant lui, Nabuchodonosor leur dit :

Est-il vrai que vous ne vouliez adorer ni mes dieux, ni la statue d'or que j'ai fait élever?... Les trompettes, les harpes, les cythares, les flûtes, les tympanons et les timbales vont de nouveau se faire entendre, et si vous ne vous prosternez pas, et si vous n'adorez pas, vous serez pris et jetés incontinent dans la fournaise ardente. Quel Dieu pensez-vous
qui puisse alors vous délivrer de mes mains ? Sidrach, Misach et Abdenago répondirent au roi : Il ne nous appartient pas de répondre à ce que vous nous demandez. Seulement, nous vous disons que le Dieu que nous adorons peut nous arracher de vos mains et nous sauver de la fournaise ardente ; mais il ne voudrait pas étendre sa main sur nous pour nous délivrer, que nous n'adorerions encore ni vos dieux ni votre statue.

A ces mots, un grand changement se montra sur le visage de Nabuchodonosor, et tout de suite il ordonna que la fournaise fût allumée sept fois de plus que de coutume ; et par les plus vigoureux soldats de son armée il fit lier les pieds à Sidrach, Misach et Abdenago, et commanda qu'ils fussent ainsi tous les trois jetés dans les flammes.

Le Samedi Saint - 20 Avril 2019 – (Images et Musique) - Tableau Poétique des Fêtes Chrétienne – Vicomte Walsh 19 eme siè Fournaise
Les trois hébreux dans la fournaise ardente de Nabuchodonosor ( Daniel 3,21)

Comme le roi l'avait ordonné, les trois enfants d'Israël furent pris, garrottés, et, encore avec leurs robes de fêtes, leurs chaussures et leurs tiares, précipités dans la fournaise, plus ardente qu'elle ne l'avait jamais été. Elle était si embrasée, que les soldats qui s'en étaient approchés pour y jeter Sidrach, Misach et Abdenago, furent à l'instant consumés.
Mais les trois Israélites qui avaient été précipités tout liés dans la fournaise, se mirentà marcher libres au milieu des flammes, louant et bénissant Dieu!

Certes, voilà une suite de tableaux assez remplis de poésie ! j'ai pris plaisir à les redire, car il y a bien des catholiques qui entrent le Samedi saint dans nos églises, et qui ne se doutent pas de la sublimité des offices de ce jour, Quand on lit cet office avec attention, on dirait que l'Église, au moment de célébrer la grande fête de la résurrection, veut prouver, par les faits du passé, la puissance du Dieu qui va briser la pierre du tombeau et triompher de la mort. Pour mieux faire adorer Jésus-Christ, elle redit l'histoire de Dieu, et met les prodiges de l'ancienne loi auprès des miséricordes et des espérances de la loi nouvelle.

Après cette longue suite de prophéties entremêlées d'oraisons, le célébrant de l'office procède à la bénédiction des fonts : là encore les prières sont belles et touchantes.
« 0 Dieu, dont l'esprit était porté sur les eaux, à la naissance du monde, pour imprimer dès lors à cet élément la vertu de purifier les âmes ! . . . » Dieu qui, en lavant les iniquités du monde criminel, avez montré dans le déluge même une image de la régénération, afin que par un admirable mystère le même élément fît mourir les vices et naître les vertus ; «ô Seigneur ! jetez les yeux sur ces eaux, et sanctifiez-les ! » Puis, touchant l'eau avec la main, et faisant sur elle le signe de la croix, le prêtre ajoute : « Que cette eau, innocente et sainte créature, soit à couvert des entreprises de l'ennemi, et qu'elle soit purifiée par ton souffle, ô Seigneur! Qu'elle soit une source de vie, une source de grâce et de régénération. Et que celui qui sera lavé dans cette eau soit purifié par le Saint-Esprit !  Eau, je vous bénis par le Dieu vivant, par le Dieu véritable, par le Dieu saint, par ce même Dieu qui, au commencement des temps, vous sépara de la terre par sa parole ; ce Dieu dont l'esprit était porté sur les eaux ! »

A ces mots, le célébrant divise l'eau avec la main, et en jette vers les quatre points cardinaux, disant : « Je te bénis encore, par ce Dieu qui te fit couler en quatre fleuves dans le paradis terrestre, en t'ordonnant d'arroser toute la terre. Je te bénis par ce Dieu qui te fit jaillir d'un rocher ; je te bénis aussi par Notre-Seigneur Jésus-Christ qui te changea en vin, aux noces de Cana ; je te bénis par le Sauveur qui marcha sur les flots ; je te bénis par celui que Jean baptisa dans le Jourdain ; je te bénis par Jésus-Christ sur la croix qui te fit couler de son côté avec du sang, et qui commanda à ses disciples de baptiser en toi ceux qui croiraient en lui. »

Soufflant sur l'eau, le célébrant ajoute : «Seigneur, bénissez vous-même ces eaux pures, afin qu'elles ne lavent pas seulement les corps, mais qu'elles aient encore la vertu de purifier les âmes. » Plongeant par trois fois le cierge bénit dans l'eau, le prêtre répète : « Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute la substance de cette eau, et qu'elle lui communique la fécondité et la puissance de régénérer! »

L'officiant prenant le cierge, et faisant couler trois fois de la cire dans l'eau, en forme de croix, dit : «Que ces fonts soient sanctifiés et rendus féconds, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ! » Puis, y versant trois fois de l'huile des catéchumènes ; « Que le mélange de l'huile d'onction et de l'eau baptismale se fasse au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ! » Répandant du saint-chrême dans l'eau : « Que le mélange du chrême de sanctification, de l'huile d'onction, et de l'eau du baptême, se fasse au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ! » Et les fidèles répondent : ainsi soit-il.

Ce mot est peut-être prononcé légèrement par beaucoup; et cependant, si ceux qui le disent y réfléchissaient, ils le trouveraient bien grave en cette circonstance : car cette eau qui vient d'être sanctifiée en leur présence, et à la bénédiction de laquelle ils ont aidé par leurs prières, cette eau sera versée sur le front de leurs enfants, à leur venue dans le monde ; quand eux-mêmes seront gisants sur leur lit de mort, quand le râle de leur agonie fera souffrir et pleurer autour d'eux, une main pieuse aspergera de cette même eau leurs membres déjà glacés. Oh ! il n'y a rien de futile, rien qui ne doive faire méditer dans les cérémonies du catholicisme ; cette eau qui se trouve à la porte de nos églises, ou dans des coupes de
marbre, ou dans de vastes coquilles, ou dans des piscines de pierre , est destinée aux berceaux et aux tombes, aux vivants et aux morts.

Quand la bénédiction des fonts est terminée, les litanies de tous les saints sont chantées à l'autel ; l'Église convie ainsi tous les saint; du ciel à la grande fête de la terre. Depuis le Jeudi saint, depuis le moment où l'hostie a été portée à la chapelle du tombeau, toutes les tours, tous les clochers, toutes les flèches des églises ont fait silence ; aucune sonnerie ne s'est fait entendre dans les villes; mais quand le prêtre entonne le Gloria in excelsis, alors de joyeuses volées partent de toutes les paroisses, et accompagnent les alléluia, qui préludent déjà à la fête du lendemain... Cet instant est la vraie fin du deuil des quarante jours; car l'Évangile a annoncé la résurrection.

Autrefois, les nouveaux baptisés communiaient tous après le prêtre et le clergé, et ils étaient suivis de tout le peuple. Ce que l'on observait à l'égard des petits enfants à la mamelle que l'on baptisait la veille de Pâques avec les autres, était de ne leur point, donner le corps de Jésus-Christ sous l'espèce du pain, quand ils ne mangeaient pas encore. On se contentait de les faire communier du sang précieux, que l'on prenait pour eux dans le calice avec une cuiller, pour le leur verser dans la bouche ; on leur faisait ensuite prendre du vin ordinaire, comme aux autres baptisés, ce qui était en usage dans le quatrième siècle.

Dans cet usage de faire communier les tout petits enfants, on retrouve tout de suite un vif souvenir de cette tendresse que le Sauveur montrait aux petits enfants; les apôtres, les disciples, les contemporains de Jésus-Christ, l'ayant vu pendant son passage sur la terre laisser venir jusqu'à lui les petits enfants, les prenant sur ses genoux et les bénissant, avaient voulu , après sa mort, continuer cette prédilection envers les innocentes créatures que le fils de Marie avait aimées, et que le baptême venait de rendre aussi pures que des anges. Un enfant baptisé et qui n'a pu pécher encore, c'est un ange de la terre; son innocence vaut mieux que bien de nos vertus !

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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