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Prophétie du vénérable Barthélémi Holzhauser

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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 0:16

Dans son livre :Interprétation de l'Apocalypse:page 115.Ainsi,dans le 5 age(le notre),une tres grande partie de l'église latine abandonnera la vraie foi et tombera ds les hérésies ,ne laissant en Europe qu'un petit nombre de bons catholiques.

page 126:Les barbarres et les tyrans entreront en Italie,ils dévasteront Rome ,ils bruleront les temples et mineront tout......

page 129-130:Le 6 age de l'église commencera avec le Monarque puissant et le saint pontife et durera jusqu'a l'apparition de l'antéchrist.Ce sera un age de consolation......(Ici l'auteur fait référence a l'Ere de paix apres les Tribulations ....).


Dieu seul suffit,l'aimer,le suivre et faire sa volonté.
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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 1:59

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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:03

LE 5e AGE DE L'ÉGLISE:Dans une lettre au bienheureux Amédée, le vénérable, Barthélémy HOLZHAUSER (né à Langnau – Bavière) en 1613, ordonné prêtre en 1639, mort à Bingen en 1658, prophétisa très exactement la première guerre mondiale, l'assassinat du Tzar de Russie, et les périls de ce que la nouvelle doctrine, le Communisme, signifierait pour le monde, ainsi que la seconde guerre mondiale.

Le point le plus extraordinaire de cette prophétie est que le bienheureux HOLZHAUSER établit une relation entre les signes, qu'il donne comme caractéristique de la fin des temps (en quoi il ne diffère pas des autres prophètes, et la date de la naissance de l'Antéchrist qu'il fixe en l'an 1954.

Il affirme de plus que, à la fin du XXème sièce, il y aura un chatiment de Dieu spectaculaire, tel que personne n'aurait pu l'imaginer. Il parle encore de l'union des catholiques et des protestants, ainsi que de la naissance en Palestine de l'Antéchrist qui sera reconnu par les Juifs comme le véritable Messie.

Cette dernière prophétie nous rappelle les paroles de Jésus, citées par saint Jean :

“Je suis venu au nom de mon Père et vous ne m'avez pas reçu, mais si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez”.






«Trois jours durant, la terre sera plongée dans l'obscurité la plus complète ; comme jadis en Egypte, l'Ange exterminateur abattra tous ceux qui se sont dressés contre Dieu et contre la religion ou bien ont poursuivi l'Eglise et les prêtres de leur haine satanique».




Voici le texte du vénérable Barthelemy Holzhauser correspondant à notre époque.

Du cinquième âge de l'Église militante, appelé âge d'affliction, commençant depuis Léon X et Charles-Quint, jusqu'au Pontife saint et au Monarque puissant.


Chap. III



Vers. 1-6 de l'Apocalypse






VERS. 1.
Écris à l'ange de l'Église de Sardes : Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes oeuvres



I. Le cinquième âge de l'Eglise commenca sous l'empereur Charles-Quint et le pape Léon X, vers l'an 1520, il durera jusquau Pontife saint et au Monarque puissant qui viendra dans notre âge et sera appelé le secours de Dieu c'est-à-dire rétablissant toutes choses. Le cinquième âge est un âge d'afflixion, de désolation.


sous l'empereur Charles-Quint et le pape Léon X, vers l'an 1520. Il durera jusqu'au Pontife saint et au Monarque puissant qui viendra dans notre âge et sera appelé le secours de Dieu c'est-à-dire rétablissant toutes choses. Le cinquième âge est un âge d'affliction, de désolation,

d'humiliation et de pauvreté pour l'Église, et il peut être appelé avec raison un âge purgatif (purgativus). Car c'est dans cet âge que Jésus-Christ a épuré et épurera son froment par des guerres cruelles, par des séditions, par la famine et la peste, et par d'autres calamités horribles, en affligeant et en appauvrissant l'Eglise latine par beaucoup d'hérésies, et aussi par les mauvais chrétiens qui lui enlèveront ungrand nombre d'évêchés, des monastères presque innombrables, de très riches prévôtés, etc., etc. L'Eglise se verra accablée et appauvrie par les impositions et les exactions des princes catholiques, de telle sorte que c'est avec raison que nous pouvons gémir maintenant, et dire avec le prophète Jérémie :






livre des Lamentations I, 1.
«La reine des cités est tributaire».


Car l'Eglise est humiliée et avilie, parce qu'elle est blasphémée par les hérétiques et par les mauvais chrétiens, ses ministres sont méprisés et il n'y a plus pour eux ni honneur, ni respect. C'est par là que Dieu épurera son froment et en jettera la paille au feu, tandis qu'il rassemblera le bon grain pour le mettre dans son grenier.

Enfin, ce cinquième âge de l'Eglise est un âge d'affliction, un âge d'extermination, un âge de défection rempli de calamités. Car il restera peu de chrétiens sur la terre qui auront été épargnés par le fer, la famine ou la peste. Les royaumes combattront contre les royaumes, et tous les états seront désolés par les dissensions intestines. Les principautés et les monarchies seront bouleversées ; il y aura un appauvrissement presque général et une très grande désolation dans le monde. Ces malheurs sont déjà en partie accomplis, et ils s'accompliront encore. Dieu les permettra par un très juste jugement, à cause de la mesure comble de nos péchés que nous et nos pères auront commis dans le temps de Sa libéralité à nous attendre à la pénitence.

L'Eglise de Sardes est un type de ce cinquième âge. Car le mot Sardes signifie principe de beauté, c'est-à-dire principe de la perfection qui suivra dans le sixième âge. En effet, les tribulations, l'appauvrissement et les autres adversités sont le commencement et la cause de la conversion des hommes, comme la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. Or, nous craignons Dieu et nous ouvrons les yeux, lorsque les eaux et les flots des tribulations nous assaillent. Au contraire, pendant que nous sommes dans la félicité, chacun sous son figuier, dans sa vigne, à l'ombre des honneurs, dans les richesses et le repos, nous oublions Dieu notre créateur, et nous péchons en toute sécurité. Voilà pourquoi la divine providence a ordonné avec sagesse que Son Église, qu'Il veut conserver jusqu'à la consommation des siècles, fût toujours arrosée par les eaux des tribulations, à l'instar du jardinier qui arrose ses plantes dans le temps de la sécheresse. A cet âge se rapporte aussi le cinquième esprit du Seigneur, qui est l'esprit de conseil. Car il se sert de cet esprit pour conjurer les calamités, ou pour empêcher de plus grands maux.

Il s'en sert aussi pour conserver le bien ou pour procurer de plus grands biens encore. Or, la divine sagesse communiqua l'esprit de conseil à son Église, principalement dans le cinquième âge :

1° En l'affligeant, pour qu'elle ne se corrompît pas entièrement par les richesses, les voluptés et les honneurs, et pour l'empêcher de périr.

2° En interposant le Concile de Trente comme une lumière dans les ténèbres, afin que les chrétiens qui la verraient sussent ce qu'ils devaient croire dans la confusion de tant de sectes que l'hérésiarque Luther répandit dans le monde. Sans ce Concile de Trente, un beaucoup plus grand nombre de chrétiens auraient abandonné la foi catholique, tant était grande alors la divergence des opinions. C'était à peine si les hommes savaient ce qu'ils devaient croire.

3° En opposant diamétralement à cet hérésiarque et à la masse des impies de cette époque saint Ignace et sa société qui par leur zèle, leur sainteté et leur doctrine, empêchèrent que la foi catholique ne s'éteignit tout-à-fait en Europe.

4° Par son sage conseil, Dieu fit aussi que la foi catholique et que l'Eglise, qui avaient été bannies de la majeure partie de l'Europe, fussent transportées dans les Indes, la Chine, le Japon, et dans d'autres contrées éloignées où elle fleurit maintenant, et où le saint nom du Seigneur est connu et glorifié, etc. Ce cinquième âge est aussi figuré par la cinquième époque du monde, qui dura depuis la mort de Salomon jusqu'à la captivité de Babylone inclusivement. En effet :



De même qu'à cette cinquième époque du monde Israël tomba dans l'idolâtrie par le conseil de Jéroboam, et qu'il ne resta que Juda et Benjamin dans le culte du vrai Dieu ; ainsi, dans le cinquième âge, une très grande partie de l'Eglise latine abandonna la vraie foi et tomba dans les hérésies, ne laissant en Europe qu'un petit nombre de bons catholiques.



Comme à cause de sa conduite la synagogue et toute la nation juive fut affligée par les gentils et fut souvent livrée à la rapine ; de même aussi maintenant, les chrétiens, l'empire romain et les autres royaumes, de quelles calamités ne sont-ils pas affligés ? Est-ce que l'Angleterre, la Bohème, la Hongrie, la Pologne, la France et les autres États de l'Europe ne nous servent pas de témoins, et n'ont pas à déplorer leur maux par des larmes amères, et même par des larmes de sang ?

De même qu'Assur vint de Babylone avec les Chaldéens pour s'emparer de Jérusalem, détruire son temple, incendier la ville, dépouiller le sanctuaire et conduire en captivité le peuple de Dieu, etc. ; ainsi, dans ce cinquième âge, n'avons-nous pas à craindre que les Turcs fassent sous peu irruption, et qu'ils ourdissent des plans sinistres contre l'Eglise latine ; et cela à cause de la mesure comble de nos crimes et de nos abominations les plus grandes ?

Comme à la cinquième époque le royaume d'Israël et le royaume de Juda furent considérablement affaiblis et s'affaiblirent toujours de plus en plus, jusqu'à ce qu'enfin, d'abord le royaume d'Israël, puis ensuite celui de Juda fussent entièrement

Détruits, de même aussi, dans ce cinquième âge, nous voyons que l'empire romain fut divisé, et il est tellement agité maintenant, que nous devons craindre qu'il périsse comme l'empire d'Orient périt l'an 1452.



Enfin, à ce cinquième âge se rapporte aussi le cinquième jour de la création du monde, lorsque Dieu dit que les eaux produisissent toutes sortes de poissons et de reptiles, et qu'il créa les oiseaux du ciel. Or, ces deux sortes d'animaux figurent la plus grande liberté ; car qu'y a-t-il de plus libre que le poisson dans l'eau, et que l'oiseau dans l'air ? Ainsi trouvons-nous métaphoriquement dans ce cinquième âge la terre et l'eau pleines de reptiles et d'oiseaux. Car ils abondent, les hommes charnels qui, ayant abusé de la liberté de conscience et ne se contentant pas des concessions qui leur ont été accordées naguère dans le traité de paix, rampent et volent après les objets de leur volupté et de leur concupiscence. Chacun croit et fait ce qu'il veut.


Dernière édition par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:09, édité 1 fois


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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:05

C'est à eux que se rapportent les paroles de l'apôtre saint Jude, v. 10, dans son Épître catholique, lorsqu'il dit :

«Ceux-ci blasphèment tout ce qu'ils ignorent, et ils se corrompent en tout ce qu'ils connaissent naturellement, comme les bêtes irraisonnables... Le désordre règne dans leurs festins ; ils mangent sans retenue, ils ne songent qu'à se nourrir eux-mêmes, véritables nuées sans eau que le vent emporte ça et là, arbres d'automne, arbres stériles deux fois morts et déracinés, vagues furieuses de la mer répandant leur confusion comme l'écume ; astres errants, auxquels un tourbillon de tempêtes est réservé pour l'éternité... Murmurateurs inquiets, marchant selon leurs désirs, et dont la bouche profère l'orgueil ; admirateurs des personnes selon le profit qu'ils en espèrent... Hommes qui se séparent eux-mêmes, hommes sensuels n'ayant point l'esprit de Dieu».


Or, c'est ainsi que, dans ce misérable âge de l'Eglise, on se relâche sur les préceptes divins et humains et que la discipline est énervée ; les saints Canons sont comptés pour rien, et les lois de l'Eglise ne sont pas mieux observées par le clergé que les lois civiles parmi le peuple. De là nous sommes comme des reptiles sur la terre et dans la mer, et comme des oiseaux dans l'air : chacun est entraîné à croire et à faire ce qu'il veut, selon l'instinct de la chair. D'où il suit :


Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles




Ces sept esprits de Dieu sont les sept dons du Saint-Esprit, que Jésus-Christ envoya par tout le monde, et qu'Il révéla aux nations dans la vérité de la foi. Les sept étoiles désignent l'universalité des évêques et des docteurs, comme il est démontré plus haut. Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles



c'est-à-dire, que Jésus, Fils de Dieu à qui toute puissance a été donnée dans le ciel et sur la terre, a en son pouvoir les sept esprits de la vérité de la foi, et les sept étoiles ; les prélats et les docteurs, qu'il peut nous enlever et transporter aux nations lointaines à cause de nos grands crimes, et à cause de la dureté de nos coeurs et de notre incrédulité. C'est ce qu'Il fit, lorsqu'Il permit que la lumière de la foi abandonnât la plus grande partie de l'Europe, pour être transportée aux extrémités des Indes, qui étaient plongées dans les ténèbres du paganisme. Il éclaira ces nations par le ministère de saint François Xavier et d'autres docteurs.

Si nous ne faisons pas pénitence au plus tôt, en conformant notre vie à celle de Jésus-Christ, il est à craindre que cette lumière de la foi nous soit tout-à-fait enlevée.

Par ces paroles, le Christ veut donc exciter Son Église par une crainte salutaire, parce que la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. Et comme Dieu ne peut pas nous envoyer un plus grand fléau que celui d'aveugler Son peuple, en lui enlevant le don de la vraie foi par le moyen des faux docteurs, qu'Il suscite à la place des vrais, et cela en punition de nos abominations et de nos coeurs impénitents, voilà pourquoi, touchés par une sainte crainte et couverts du sac et de la cendre, nous devons venir nous prosterner humblement aux pieds de Jésus-Christ, et lui dire avec le Roi-Prophète :


Ps., L, 13 :

«Ne me rejetez pas de devant Votre face et ne retirez pas de moi Votre esprit. Rendez-moi la joie qui naît de Votre salut, et affermissez-moi en me donnant un esprit de force, etc.»


Je connais tes oeuvres. Par ces paroles Il reproche les oeuvres de ce cinquième âge. Je connais, c'est-à-dire tes oeuvres mauvaises ne Me sont pas cachées, tes oeuvres pleines d'imperfections, tes oeuvres fausses et hypocrites, qui ont le dehors de la piété, et qui n'ont pas la vérité de la charité. Tes oeuvres c'està-dire, ta pompe, ta splendeur et ta sainteté extérieure. Je connais tes oeuvres : je n'ignore pas, Moi qui suis le scrutateur des coeurs, qu'en général tes oeuvres apparaissent bonnes extérieurement, mais, qu'à l'intérieur, elles sont mauvaises et donnent la mort. C'est pour cela qu'Il dit et qu'Il ajoute : Tu as le nom de vivant, mais tu es mort. Or nous pouvons avoir le nom de vivre spirituellement en Jésus-Christ,



principe de vie, en trois manières :

Par la foi en Jésus-Christ, et c'est de là que nous portons le nom de Chrétiens ;

Par les oeuvres de justice et de charité en Jésus-Christ, de la vie duquel vit quiconque n'est pas en état de péché mortel, et se trouve dans la grâce de Dieu;

Par l'observance des conseils évangéliques, par les ordres sacrés de l'épiscopat, du sacerdoce, etc.; Par les voeux que l'on fait en se dévouant spécialement à la vie religieuse, en abandonnant les pompes, les richesses et les plaisirs du siècle, et en se consacrant à Dieu seul et à son Christ.

Or, Jésus-Christ reproche surtout au cinquième âge d'être entaché du vice particulier de s'attribuer faussement le nom de vivre en Lui, tandis qu'on vit tout autrement. Ceci se prouve par induction :

1° Tous les hérétiques qui, dans le cinquième âge, sont à peu près aussi nombreux que les sauterelles sur la terres se glorifient du nom du Christ ; ils disent être de vrais chrétiens et vivre en Jésus-Christ, et cependant tous sont morts et mourront éternellement, s'ils ne font pénitence et s'ils ne rentrent en eux-mêmes. Ils n'ont Dieu et son Fils Jésus que sur les lèvres, tandis qu'ils ont le démon dans le coeur et le monde sur les bras.

2° Combien de milliers de chrétiens refroidis dans ce siècle de calamité, qui, ne considérant que l'heureux succès obtenu en toutes choses par les hérétiques, et observant malignement les moeurs des ecclésiastiques et leur manière d'être, conservent à la vérité le nom de catholiques, à cause d'une certaine crainte et du respect humain, mais qui sont morts intérieurement dans l'athéisme et l'indifférentisme, dans le calvinisme et le pseudopoliticisme et dans leur haine contre les prêtres ? Ils ont le nom de vivants, parce qu'ils feignent la piété ; ils font semblant d'avoir de la religion, ils se donnent comme des gens consciencieux en communiquant avec les catholiques et confessant d'appartenir à la vraie foi, en présence des princes et des grands. Et même ils se laissent employer dans les oeuvres pies et les favorisent ; ils voient les religieux et les fréquentent, ils font ostentation de zèle dans leurs paroles, par leurs conseils, et même par un certain zèle extérieur pour la construction des monastères et des collèges, par exemple ; mais ils font tout cela pour avoir le nom d'êtres vivants, et pour se mettre en faveur auprès des hommes et des grands. Ils cherchent à gagner la confiance du monde par cette apparence de piété et de religion, pour pouvoir ensuite réussir avec plus de facilité dans leurs trames et dans leurs projets obscurs.

3° Si nous examinons en détail le petit nombre des catholiques, leur justice nous apparaîtra aussi dégoûtante qu'un linge sale; car la plupart ne s'adonnent qu'aux voluptés, et sont morts dans le péché. Ils ne servent qu'à l'oeil ; ils se glorifient dans les choses extérieures, et ils paraissent ignorer qu'on ne reçoit pas la brebis sans laine; car leur charité chrétienne s'est refroidie, et ils ne recherchent que leurs aises et leur avantage personnel. On ne trouve ordinairement ni justice, ni équité dans les tribunaux; mais bien l'acception des personnes et des présents, ce qui fait que les procès sont interminables. L'humilité est presque inconnue dans ce siècle, et elle a dû céder sa place au faste et à la vaine gloire, qu'on excuse par les convenances et le rang. On tourne en ridicule la simplicité chrétienne, qu'on traite de folie et de bêtise , tandis qu'on regarde comme sagesse le savoir élevé, et le talent d'obscurcir par des questions insensées et par des arguments compliqués tous les axiomes de droit, les préceptes de morale, les saints canons et les dogmes de la religion ; de telle sorte qu'il n'y a plus aucun principe si saint, si authentique, si ancien et si certain qu'il puisse être, qui soit exempt de censures, de critiques, d'interprétations, de modifications, de délimitations et de questions de la part des hommes, etc. On fréquente à la vérité les églises, mais on n'y montre pas de respect en présence du Dieu tout-puissant, on y rit, on y parle, on y regarde çà et

là, on y plaisante, on s'y provoque par des regards, etc. On orne son corps de beaux habits, tandis que l'âme est tachée par les souillures du vice. La parole de Dieu est négligée, méprisée, tournée en ridicule. On n'a plus d'estime pour la sainte Écriture; c'est Machiavel, Bodin et tous leurs semblables qu'on estime seuls et qu'on apprécie. On ne cultive que l'esprit, et non le coeur dans l'éducation des enfants, qu'on rend désobéissants, dissolus, beaux-parleurs, babillards et irréligieux.

Les parents les aiment d'un amour désordonné, dissimulant leurs défauts, et ne les corrigeant pas, et ne faisant pas observer la discipline domestique. On devrait faire de l'enfant un fils simple, bon, aimant la vérité, un vrai chrétien droit et juste ; mais on a beaucoup plus soin qu'il devienne un politique ou un savant. Ce ne sera que lorsqu'il parlera plusieurs langues et qu'on l'aura formé aux moeurs étrangères, qu'on l'envisagera comme un jeune homme de bonne espérance et un citoyen accompli. On exigera de plus qu'il sache feindre, dissimuler, parler et sentir d'une manière nouvelle, se faire à tout et imiter tout, comme un histrion. Enfin il ne devra chercher ses plaisirs que dans les nouveautés, etc. Or, c'est ainsi que ce siècle fait consister sa justice et sa vie dans la fausseté, dans la pompe extérieure, dans la mode et les applaudissements des hommes, tandis qu'il néglige la justice vraie et intérieure, qui seule peut plaire à Dieu.

4° Je ne dirai rien des ecclésiastiques et des religieux, combien ils sont misérables ; car beaucoup d'entre eux ont le nom de vivants, et ils sont morts, etc,.

Ce détail doit suffire pour prouver que c'est avec raison que Jésus-Christ adresse des reproches à ce cinquième âge de l'Eglise, en lui disant : Tu as le nom de vivant, mais tu es mort. Oh! Qu'il y a peu d'hommes dans ce siècle qui soient vraiment vivants, en servant le Seigneur leur Dieu et en étant les amis de Son Christ !

Le sens de ces paroles est donc :

Tu as le nom de vivant, mais tu es mort dans la fausse doctrine ;

Tu es mort dans l'athéisme et le pseudopoliticisme ;



Tu es mort dans l'hypocrisie et la justice simulée ;

Tu es mort dans tes péchés occultes, dans le secret de tes abominations ;

Tu es mort dans les voluptés et les délices ;

Tu es mort dans l'effronterie, la jalousie et l'orgueil ;

Tu es mort dans les péchés de la chair, dans l'ignorance des mystères et des choses nécessaires au salut ;

Tu es mort enfin dans l'irréligion et le mépris de la parole de Dieu ; car toute charité, qui est la seule et véritable vie en Jésus-Christ, s'est refroidie en toi.






VERS. 2. - Sois vigilant, et confirme tous ceux qui étaient près de mourir

Par ces paroles Il exhorte les pontifes, les prélats et les docteurs à la vigilance et à la sollicitude pastorale, qui doivent être d'autant plus grandes, que les temps sont plus mauvais et plus difficiles, et qu'il s'est glissé dans le monde beaucoup de loups parmi les brebis : par cela même, celles-ci sont plus exposées à la corruption, à la rapacité et au danger de périr, si elles ne trouvent pas un appui solide dans la vigilance et la sollicitude des prélats. C'est donc à dessein qu'il dit :

Sois vigilant à prier Dieu pour ceux qui te sont confiés, et pour les faibles dans lafoi ;

Sois vigilant dans l'amour pour les pécheurs.

Or, le fondement de la vraie vigilance, et de la sollicitude pastorale, consiste à prier fréquemment, humblement et dévotement pour ses ouailles : pour les bonnes, afin qu'elles se conservent ; pour les faibles, afin qu'elles soient soulagées et fortifiées ; pour les mauvaises enfin, dans le but de les ramener à la vérité et à la justice, etc.

Sois vigilant sur ta personne, afin que tes pensées, tes paroles et tes oeuvres soient saintes et irrépréhensibles ; afin que tu sois chaste, sobre, modeste; et que tu ne sois pas colère, emporté et tyran.

Sois vigilant sur ta maison et ta domesticité ; afin que ta demeure soit sainte et pure de toutes fornications et de scandales.



Sois vigilant à conserver une doctrine saine et orthodoxe pour la prêcher aux adultes, et l'enseigner aux enfants.

Sois vigilant ; et que chacun fasse son devoir ; l'évêque, le prélat, etc.

Sois vigilant et aie soin de visiter, d'examiner, de corriger, d'exhorter, de consoler et de protéger les prélats, les curés et les prédicateurs qui sont sous ta juridiction.

Sois vigilant à procurer à tous tes subordonnés qui sont dans la saine doctrine, de bons évêques, de bons prélats, de bons curés et autres bons pasteurs des âmes.

Sois vigilant contre la malice des hérétiques, contre les mauvais livres, contre les faux chrétiens, les moeurs dépravées, les vices publics, le scandale, le vol, l'adultère, etc.

Et confirme ; c'est-à-dire : conserve ce qui reste de catholiques qui, en tombant peu-à-peu dans l'hérésie et l'athéisme, meurent, faute de vigilance pastorale, etc,. Le texte dit à dessein dans un sens conditionnel : Confirme tous ceux qui étaient près de mourir ; car :

1° comme on l'a dit, les restes des catholiques furent conservés en Europe par le secours du concile de Trente, de la société de Jésus et d'autres hommes pieux ; et sans ces remèdes tous seraient tombés dans l'hérésie, et seraient morts

spirituellement.

2° Ces paroles sont mises dans un sens conditionnel, afin que les évêques, les prélats et les autres pasteurs des âmes comprennent que ce n'est pas du hasard ou d'une aveugle prédestination de Dieu, que dépend le salut ou la mort des âmes rachetées par le sang précieux de Jésus-Christ, comme les lâches et les impies peuvent se l'imaginer ; mais qu'ils sachent au contraire, que la vie des âmes dépend de la vigilance et de la sollicitude, et que la mort éternelle provient duscandale et de l'incurie des pasteurs.




Sois vigilant, et confirme tous ceux qui étaient près de mourir

Ici encore Jésus-Christ nous intime et fait retentir à nos oreilles, par la voix du prophète, la nécessité de veiller, parce que nous nous trouvons dans des temps mauvais, et dans un siècle plein de dangers et de calamités. L'hérésie reprend partout le dessus et relève la tête ; son corps se fortifie plus que jamais, et ses adeptes ont obtenu le pouvoir presque partout. Ils sont triomphants dans l'empire, dans les royaumes et dans les républiques, et ils se sont enrichis des dépouilles de l'Église. Voilà ce qui fait que beaucoup de catholiques deviennent tièdes ; que les tièdes font défection ; et qu'un grand nombre conçoivent du scandale dans leurs coeurs.

La guerre est aussi une cause de l'ignorance, même dans les choses essentielles de la foi. La corruption des moeurs va croissant dans les camps et parmi les soldats à qui sont rarement accordés de bons pasteurs, de bons prédicateurs et de bons catéchistes. De là vient que la génération se maintient rude, grossière et inflexible ; ignorant tout ou presque tout ; ne s'embarrassant ni de Dieu, ni du ciel, ni de ce qui est honnête. Ne connaissant que la rapine, le vol, le blasphème et le mensonge, elle ne s'étudie qu'à circonvenir le prochain, etc.

Dans la foi catholique, la plupart sont tièdes, ignorants, circonvenus par les hérétiques, qui s'applaudissent de leur félicité, s'en réjouissent, et tournent en dérision les vrais fidèles, qu'ils voient d'ailleurs affligés, appauvris et désolés. En même temps, personne n'étudie les sciences sacrées ; parce que les parents sont pauvres, et qu'il n'y a que désolation dans la plupart des séminaires, qui ne jouissent plus de leurs revenus et des rentes de leurs fondations. Par ce qu'on vient de dire, et pour d'autres misères encore, on comprend d'une manière évidente, combien est grand le danger qui menace la foi catholique dans l'empire romain. Soyez donc, vigilants, ô vous, Évêques et Prélats de l'Église de Dieu ! Prenez conseil de vous-mêmes, et réfléchissez mûrement avec vos ouailles sur les moyens de leur procurer, dans cette nécessité urgente, des prêtres pieux, zélés et instruits qui, par leur saine parole et par leurs bons exemples brillent comme une lumière aux yeux de leurs brebis, pour les conduire dans un bon pâturage, et les confirmer dans la foi catholique.

Sois vigilant et confirme tous ceux qui étaient près de mourir ; car Je ne trouve pas tes oeuvres pleines devant Dieu

Ici Notre-Seigneur Jésus-Christ parle comme homme et comme le chef invisible de l'Église. La Divinité, dans l'abîme infini de Sa prescience éternelle, Lui révéla les défauts et les péchés des pasteurs et des autres membres à venir de l'Eglise, et Lui conféra en même temps la mission de les corriger. Jésus-Christ fonde donc Son reproche sur le défaut de vigilance et de sollicitude pastorale dont il est parlé plus haut, que Dieu exige cependant des évêques et des prélats de l'Église. Voilà pourquoi il se sert de la conjonction car qui unit ce qui précède avec ce qui suit ; savoir : Sois vigilant... ;

Car je ne trouve pas tes oeuvres pleines devant mon Dieu. C'est-à-dire tu n'accomplis pas ton devoir comme tu pourrais et comme tu devrais le faire ; tu n'es pas assez vigilant, et tu n'as pas assez de sollicitude pour les brebis qui te sont confiées ;

car tes oeuvres ne sont pas pleines, c'est-à-dire, parfaites de charité ; et parce que tu as peu de soin du salut des âmes.

Car je ne trouve pas tes oeuvres pleines, par rapport aux ordinations, aux institutions, aux promotions, aux visites pastorales, et à la discipline.

Je ne trouve pas tes oeuvres pleines ; parce que tu ne marches pas comme J'en ai reçu le commandement de Mon père, et comme J'ai marché Moi-même dans l'humilité, la pauvreté et l'abnégation des pompes du siècle.

Voilà donc pourquoi Jésus-Christ dit : Car Je ne trouve pas tes oeuvres pleines, pour exprimer qu'elles ne plaisent pas à Sa volonté, contre laquelle tu agis, en ne prenant soin que de toi-même, en usant d'indulgence envers ta personne dans l'aveuglement de ton amourpropre et de tes voluptés. Tu affectes le faste, tu es enflé d'honneurs, tu prodigues mon patrimoine dans le luxe de la table, le brillant des cours, la splendeur des palais, une domesticité nombreuse ; dans le luxe des chevaux et des équipages ; dans les moyens d'exalter et d'enrichir tes parents ; en un mot, dans la pompe du siècle. Tandis qu'au contraire, tu devrais employer tes revenus à nourrir les pauvres, à consoler les veuves et les orphelins, et à secourir les catholiques dans les pays où ils ont été appauvris et dépouillés par les déprédations des hérétiques et des autres ennemis de la religion, et où ils gémissent sous le joug, faute des secours humains. Tu devrais aussi employer ton bénéfice à favoriser les études des jeunes gens qui manquent de moyens, dans le but de suppléer à la pénurie de bons pasteurs ; et aussi pour restaurer les églises en ruines. Et parce que toutes ces oeuvres appartiennent au devoir pastoral, et que cependant tu ne les accomplisses pas, Je ne trouve pas tes oeuvres pleines devant Mon Dieu, qui connaît tes fautes, lesquelles te rendront inexcusable à son jugement


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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:07

VERS. 3. - D'où il suit : Souviens-toi donc de ce que tu as reçu et de ce que tu as entendu, et garde-le, et fais pénitence.

Ici il applique le remède au mal. Ce remède est composé de cinq choses :

1°) Souviens-toi donc. Ces paroles recommandent la fréquente méditation d'une vérité sérieuse et importante, et le souvenir constant et ferme du devoir pastoral. Ce souvenir, cette méditation sont un devoir aussi grave qu'important pour les évêques, les prélats et les autres pasteurs, qui doivent en faire le sujet habituel de leurs réflexions et les graver profondément dans leur mémoire. Le fondement et le premier remède est donc, pour les prélats, de se corriger de leurs défauts et de leurs négligences, d'étudier et de connaître les devoirs de leur charge.

2°) C'est pourquoi il dit en second lieu : Souviens-toi donc de ce que tu as reçu.

Par ces paroles, Jésus-Christ désigne la qualité de la charge et du devoir épiscopal et pastoral qui sont saints, et ont été reçus par le ministère des anges ; et que Dieu a confiés aux hommes, non pas comme un royaume ou un avantage terrestre, mais pour le salut des âmes, pour qui Moi, dit-il, le Fils éternel de Dieu, le Roi des rois et le Dominateur des dominateurs, Je suis descendu des cieux, Je me suis fait homme, Je suis né dans une étable, J'ai logé parmi les animaux, J'ai vécu dans la pauvreté et l'humilité, conversant avec les hommes sur la terre pendant 33 ans ; enfin, Je fus crucifié entre deux voleurs. O toi, prélat et pasteur, tu n'as donc pas reçu cet office pour te faire honorer et encenser des hommes, pour te livrer aux voluptés et aux délices des festins, pour amasser l'or et l'argent, pour exalter et enrichir ta parenté, ni pour rechercher les pompes du siècle ou la vanité du monde, mais bien pour que tu fusses Mon imitateur. Si tu veux être admis au nombre de Mes élus, tu dois te produire pur et immaculé parmi les hommes, dont tu dois être un modèle d'autant plus distingué que le ministère que tu as reçu en héritage est plus élevé, plus saint et plus parfait. Ton fardeau est lourd, plein de travaux, de sollicitudes et de dangers. Il exige donc une exacte vigilance, la crainte de Dieu, une prière continuelle et infatigable, une chaste sobriété, etc.

Souviens-toi donc de ce que tu as reçu ; c'est-à-dire, pour quelle fin tu as été institué pontife, évêque, prélat, savoir : pour faire paître le troupeau qui t'a été confié, pour briller comme une lumière dans l'obscurité, pour être le sel de la terre, et pour assaisonner spirituellement les âmes et les esprits des hommes ; enfin, pour être la tête ou le chef qui vivifie les membres et le corps ecclésiastique.

Souviens-toi donc de ce que tu as reçu de Mon Dieu : tant de dons de la nature, de la fortune, et de la grâce donnée gratuitement, non pas pour jouir arbitrairement de ces avantages, mais pour les faire fructifier comme un serviteur fidèle et utile. Tu n'as pas reçu ces dons pour les cacher dans le linge1 de ton amour propre, ou pour les enfouir dans la terre des voluptés et des honneurs, mais pour les faire fructifier et profiter spirituellement à Mon Dieu, par tes oeuvres de miséricorde et de charité : tu dois t'en servir pour les veuves et les orphelins, et pour entretenir les pauvres et les indigents à l'exemple de Mes saints.

3°) De là vient le troisième ingrédient du remède :

Souviens-toi donc... de ce que tu as entendu dans Mon évangile. Comment Je me comportai parmi les hommes, et Je donnai Ma vie pour Mes brebis.

Souviens-toi... de ce que tu. as entendu dans les actes et la vie de Mes apôtres, quelle conduite ils ont tenue.

De ce que tu as entendu de tes pères, tes prédécesseurs : les pontifes, les évêques et les prélats de Mon Église. Tu sais en effet qu'ils furent humbles, pauvres, prudents sobres, chastes, pleins de sollicitude et ornés de toutes les vertus. Ainsi donc, à l'exemple de ton Seigneur et ton Maître, des apôtres, des autres saints et amis de Mon Dieu, tu dois vivre comme ils ont vécu, et te comporter comme ils se sont comportés dans ce monde.

Souviens-toi... de ce que tu as entendu, de la vie et de la conduite que les saints Canons, les écrits des saints Pères, les conciles généraux, provinciaux et diocésains prescrivent.

Souviens-toi... de ce que tu as entendu nouvellement dans le concile de Trente, de tous ses statuts sur la vie, l'honnêteté et la réforme qu'on doit observer.

4°) C'est pourquoi il ajoute aussitôt le quatrième remède : Et garde-le. Ces paroles nous excitent à observer ce qui a été dit plus haut, et elles renferment en même temps un reproche particulier sur le vice de ce siècle, qui consiste en ce que l'on n'observe presque plus rien de tous ces devoirs indiqués. Car notre siècle est charnel et délicat ; il se glorifie de beaucoup de choses, particulièrement de ses sciences sublimes. Et parce qu'il sait beaucoup, il se croit en droit de ne rien observer. Nous avons en effet tant de saints Canons, tant de salutaires conciles généraux et synodaux, tant de bonnes lois civiles, de livres spirituels, d'interprètes des saintes Ecritures, tant d'écrits des saints Pères remplis de force et de doctrine ; enfin, tant d'exemples des saints. Et cependant nous agissons si peu en bonnes oeuvres ! Ah ! c'est que nous sommes les enfants d'un siècle charnel ! Voilà pourquoi le Christ nous exhorte et nous presse d'imiter et de suivre par nos actes la voie droite que nous connaissons, et dans laquelle Lui et Ses saints ont marché, en nous servant d'exemple.

V°) Le cinquième remède est contenu dans les paroles qui suivent : Et fais pénitence.

La pénitence qu'il nous prescrit ici renferme trois points, savoir :

L'homme doit reconnaître et confesser sa faute.

Il doit en demander pardon à Dieu avec un coeur contrit et humilié.

Il doit se corriger de ses péchés, réformer sa vie et sa conduite, et s'acquitter de la satisfaction due pour ses fautes.

Or, comme la génération perverse de ce cinquième âge de I'Eglise ne fait rien moins que tout cela, voilà pourquoi le Christ exhorte par-dessus tout Son Église à faire une pénitence salutaire qu'Il nous propose, non seulement comme l'unique remède nécessaire pour rendre à la vie spirituelle notre âme morte dans le péché, mais encore comme le moyen d'apaiser la colère de Dieu, de détourner de nous les maux qu'il a répandus sur cette génération, et qu'il versera encore par torrents jusqu'à l'infini, si nous ne faisons pénitence.

Malgré tout cela, personne ne veut se convertir, comme on peut le prouver par induction. En effet,

1° les hérétiques qui sont morts dans leurs erreurs méprisent la pénitence, et ils ne reconnaissent pas ou ne veulent pas reconnaître leur misérable état ; et même ils s'en glorifient, et disent qu'ils agissent bien quoiqu'ils soient morts.

2° Parmi les catholiques, on en trouve peu qui reconnaissent leurs défauts et leurs péchés.

Tous les évêques, les prélats et les pasteurs des âmes disent qu'ils accomplissent toujours bien leur devoir, qu'ils veillent et qu'ils vivent comme il convient à leur état.

De même les empereurs, les rois, les princes, les conseillers et les juges, se glorifient d'avoir bien agi et de continuer à bien agir.

Tous les ordres sacrés prétendent être innocents.

Enfin, le peuple lui-même, depuis le premier jusqu'au dernier, a coutume de dire : Qu'ai-je fait de mal, et quel mal fais-je ?

Or, c'est de cette manière que tous s'excusent. Ainsi donc, pour que la divine Sagesse et Bonté pût ramener à la pénitence cette génération pervertie et corrompue au plus haut degré, elle envoya presque continuellement sur elle les maux de la guerre, de la peste, de la famine et d'autres calamités. C'est encore pour cela qu'elle affligea tout nouvellement l'Allemagne entière par 30 ans de continuelles et étonnantes calamités, afin de nous faire ouvrir enfin les yeux, et de nous obliger à reconnaître nos péchés ; et à implorer le pardon et la miséricorde de Dieu avec un coeur contrit et humilié ; et aussi pour nous engager à réformer notre vie et notre conduite, chacun selon les obligations de son état. Mais au lieu de tout cela, nous sommes devenus pires, et nous sommes tellement aveuglés, que nous ne voulons pas même croire que nous sommes plongés dans ces maux à cause de nos péchés, tandis que la sainte Écriture dit cependant : «Il n'y a pas de maux en Israël que le Seigneur n'ait envoyés». D'où il est à craindre que le Seigneur s'exaspèreencore davantage dans Sa colère, dont Il nous menace par les paroles qui suivent.


Car si tu ne veilles, je viendrai à toi comme un voleur, et tu ne sauras à quelle heure je viendrai

1° Après la prescription du remède suit une menace terrible contre l'Église de Dieu. Car si tu ne veilles, après être sorti enfin du sommeil profond de tes voluptés, de ta paresse, de tes péchés dans lesquels tu t'es endormi jusqu'ici, Je viendrai à toi en te suscitant des malheurs. Il s'exprime au futur, parce que, comme il a été dit souvent, la colère de Dieu, dans la longanimité de Sa bonté, nous menace souvent de loin et longtemps. Mais de peur qu'à cause de sa lenteur nous ne pensions être à l'abri de Ses coups, il dit : Je viendrai à toi, d'une manière certaine et infaillible. L'Écriture nous avertit de la même manière,


Habacuc, II, 3
«Attendez-le; Il viendra, et Il ne tardera pas»


2° Je viendrai à toi... comme un voleur. Il compare ici Sa visite et l'envoi de Ses maux à l'arrivée d'un voleur. Car,

Le voleur a coutume d'arriver tout-à-coup et à l'improviste ;

Il vient pendant le sommeil ;

Il fait infraction dans la maison ;

Enfin, il pille et vole tout.

Or, tel sera le caractère du mal que Dieu suscitera contre Son Église. Ce mal ce seront les hérétiques et les tyrans, qui viendront tout-à-coup et à l'improviste, qui feront infraction dans l'Eglise pendant le sommeil des évêques, des prélats et des pasteurs ; qui prendront le dessus et raviront ou pilleront les évêchés, les prélatures, les biens ecclésiastiques, comme nous voyons de nos propres yeux qu'ils firent en Allemagne et dans le reste de l'Europe. Il est même dangereux qu'ils continuent à dominer et à ravir tout ce qui reste.

Je viendrai à toi comme un voleur, en suscitant contre vous les nations barbares et les tyrans, qui viendront comme un voleur, tout-à-coup et à l'improviste, pendant que vous dormirez dans vos vieilles habitudes de voluptés, d'impuretés et d'abominations. Ils feront infraction et pénétreront jusque dans les forteresses et les garnisons. Ils entreront en Italie, ils dévasteront Rome, ils brûleront les temples et mineront tout, si vous ne faites pénitence et si vous ne vous éveillez enfin du sommeil de vos péchés.
Et tu ne sauras à quelle heure Je viendrai. Jésus-Christ fait ici remarquer, comme en passant, l'aveuglement dont Dieu a coutume de frapper les princes du peuple, afin qu'ils ne puissent ni prévoir, et conséquemment ni prévenir les maux qui les menacent. Car il cache à leurs yeux, appesantis par le sommeil des voluptés, les maux et les vengeances qui doivent les assaillir. C'est donc en ce sens qu'Il dit :

Et tu ne sauras à quelle heure Je viendrai ; c'est-à-dire, que le temps de Sa visite sera caché à tes yeux; et tu ne pourras plus prévenir le mal, ni te préparer au combat, parce que l'ennemi viendra rapidement et inondera tout comme les eaux d'un fleuve impétueux, comme la flèche lancée dans l'air, comme la foudre, comme un chien rapide.


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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:08

VERS. 4. - Tu as un petit nombre d'hommes à Sardes qui n'ont point souillé leurs vêtements

Suit maintenant l'éloge ordinaire d'un petit nombre, relativement à la multitude d'hommes qui sont sur la terre. Car quelque affligée et désolée que soit l'Église, et quelque méchant que soit le monde, le Seigneur Dieu s'est toujours réservé et se réserve toujours des saints Ses amis, qui brillent comme une lumière ou comme un phare au milieu du monde, pour empêcher que tout se corrompe et que tout soit enveloppé par les ténèbres. Tu as un petit nombre d'hommes à Sardes qui n'ont point souillé leurs vêtements.

Par ces paroles, il indique l'espèce d'iniquité dont tout l'univers est souillé et infecté, à peu d'exceptions près. Il désigne cette espèce d'iniquité par sa ressemblance avec des vêtements souillés. Or, on souille ses vêtements :

Par la boue et le fumier qu'on trouve en circulant dans les rues ;



Par les ordures de diverses immondices qu'on emploie pour la conservation de sa vie ;

Par la peste et la lèpre.

Ces trois métaphores signifient l'universalité des péchés graves et des iniquités dans lesquelles le monde presqu'en entier est misérablement plongé, et dans lesquelles il languit de maladies même mortelles. En effet, cette génération est tout-à-fait pervertie, délicate, efféminée, molle, charnelle, avare et superbe. C'est de là qu'elle est enfoncée dans la boue des voluptés et des délices, dans l'hérésie et dans l'oubli de Dieu Son Créateur.

Sur une si grande quantité d'états divers, et une si grande multitude d'hommes qui sont dans le monde, il n'y en a qu'un petit nombre qui font exception, et qui croient encore de tout leur coeur au Seigneur Dieu, qui est dans les cieux. Il en est peu qui espèrent dans Sa providence, qui servent Jésus-Christ selon l'état de leur vocation, et qui aiment Dieu et le prochain. C'est pourquoi il dit : Un petit nombre d'hommes. Le texte latin exprime les noms (nomina), c'est-à-dire, un si petit nombre, qu'on peut facilement les appeler par leurs noms. Comme il est dit dans l'Écriture:





«Ceux dont les noms sont inscrits dans le livre de vie», à cause du petit nombre de ceux qui seront sauvés. «Car il y aura beaucoup d'appelés et peu d'élus»


Et ils marcheront avec Moi revêtus de blanc, parce qu'ils en sont dignes

L'apôtre indique ici la conduite du Christ sur la terre, dont ce petit nombre d'amis suivra l'exemple. Le Christ marcha vêtu de blanc,

Car il vécut parmi les hommes dans la plus grande douceur, pureté, humilité, pauvreté, patience et abandon ; et toutes ces vertus de Jésus sont représentées par Son vêtement blanc ;

Il marcha vêtu de blanc, lorsqu'étant méprisé par Hérode dans Sa passion bénie, celui-ci le fit revêtir d'une tunique blanche, et L'ayant fait passer pour fou, il Le renvoya à Pilate.

Or, c'est ainsi que le petit nombre des élus qui se conservent immaculés au milieu du siècle, marchent, à l'exemple du Christ sur la terre, dans une grande humilité, dans le mépris, la pauvreté, la mansuétude, et gémissent dans leur coeur auprès du Seigneur leur Dieu. Ils ont beaucoup à souffrir, et sont méprisés et mis en dérision par le monde, parce que leur vie et leur conduite ne sont considérées que comme une folie. C'est ainsi en effet que le monde a coutume de traiter les saints de Dieu ; c'est ainsi qu'il les a toujours jugés, et qu'il n'a pas rougi de juger le Fils unique de Dieu Lui-même, venu du ciel pour le salut des hommes. Voilà pourquoi Jésus-Christ dit, pour consoler ses amis :




Jean, XV, 17

«Ce que Je vous ordonne, c'est de vous aimer les uns les autres. Si le monde vous hait, sachez qu'il M'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui ; mais parce que vous n'êtes point du monde, et que Je vous ai choisis au milieu du monde, c'est pour cela que le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que Je vous ai dite : le serviteur n'est pas plus grand que le Maître. S'ils M'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi». En effet, l'amitié de ce monde est en inimitié devant le Seigneur, et l'amitié avec Dieu est en inimitié avec le monde.


De là le texte dit :




Ils marchent avec Moi revêtus de blanc, parce qu'ils en sont dignes.

L'amitié et l'estime de Dieu pour Ses justes et Ses amis nous étonne, en ce qu'Il veut et permet qu'ils errent dans le monde, couverts de peaux de brebis, méprisés, appauvris.Vils, au milieu des tribulations, des persécutions, des injures, des outrages, des tentations, du froid, de la nudité, etc.

Au contraire, le monde et ceux qui sont du monde prospèrent dans les délices, vivent dans la gloire et les richesses, rient et se réjouissent dans l'abondance de tous les biens. Or, telle est l'amitié de Dieu pour Ses élus , dont le monde n'est pas digne. De là ce passage de :


saint Paul aux Hébreux, XI, 35

«Les uns ont été cruellement tourmentés, ne voulant point racheter leur vie présente, afin d'en trouver une meilleure dans la résurrection. Les autres ont souffert les outrages et les fouets, les chaînes et les prisons ; ils ont été lapidés, ils ont été sciés, ils ont été mis aux plus rudes épreuves ; ils sont morts par le tranchant du glaive ; ils ont mené une vie errante, couverts de peaux de brebis et de peaux de chèvres, abandonnés, affligés, persécutés, eux dont le monde n'était pas digne».

C'est là ce que savaient fort bien les saints apôtres de Dieu, qui s'en retournaient pleins de joie du conseil, parce qu'ils avaient été trouvés dignes de souffrir des outrages pour le nom de Jésus.


VERS. 5. - Celui qui vaincra sera ainsi vêtu de blanc

Ces paroles contiennent la promesse d'une récompense, d'une rétribution et d'une pleine consolation dans l'autre vie. C'est par cette promesse qu'il nous exhorte nous, Ses soldats, et qu'Il nous stimule à la victoire. Celui qui vaincra le monde, la chair et le démon ;

Celui qui vaincra en s'esquivant du joug du démon, à qui il était auparavant soumis par ses péchés et ses voluptés, et qui fera pénitence ;

Celui qui vaincra en pratiquant envers Dieu et le prochain la charité, qui efface la multitude de nos péchés ;

Celui qui vaincra en persévérant dans la vraie foi catholique, au milieu de tant de défections, de scandales et d'afflictions des chrétiens ;

Celui qui vaincra les persécutions, les tribulations, les angoisses et les calamités intentées par les hérétiques et par les mauvais chrétiens ;

Celui qui vaincra les ruses, les déceptions, les faussetés, dans la prudence et la vraie simplicité chrétienne ; enfin,



Celui qui vaincra, persévérant dans la sainte doctrine, par des moeurs saintes et par la sincérité de la charité :

celui-là sera ainsi vêtu de blanc; c'est-à-dire, qu'il lui sera pleinement rétribué, selon la mesure de ses souffrances. Car autant on aura été méprisé dans ce monde, autant on aura de gloire dans l'autre ; autant de tribulations, autant de consolations. Plus on aura été opprimé dans l'humilité, la pauvreté, la nudité, la soif, la misère, les persécutions, les tribulations et les adversités de ce monde, plus on sera exalté dans l'autre vie. On abondera de richesses célestes, on sera revêtu de l'étoile de l'immortalité, rassasié de la plénitude de toutes les délices, qui ne seront plus jamais enlevées. C'est donc, pour la plusgrande consolation des affligés qu'il ajoute la particule :






Le livre de la vie, c'est la prédestination,
soit la prescience éternelle de Dieu, par laquelle Il a disposé Son royaume pour Ses élus, de toute éternité, d'une manière certaine et infaillible, selon les oeuvres de chacun. Ainsi, telle est la promesse qu'il fait ici pour la consolation de Ses amis et des justes : Et Je n'effacerai point son nom du livre de la vie ; c'est-à-dire, qu'il restera inscrit comme héritier dans le testament de l'héritage éternel ; ce que personne ne lui enlèvera plus, dans les siècles des siècles.



Et Je confesserai son nom devant Mon Père et devant Ses anges


La confession du Christ sera le plus grand honneur des saints dans le ciel. Cette confession, qui est d'ailleurs souvent répétée chez les évangélistes, est ici promise à ceux qui auront confessé Son saint Nom sur la terre, et qui l'auront gardé non seulement de bouche, mais encore de coeur et en actions. Or, cette confession des hommes pour le saint Nom de Jésus devant le monde est tout-à-fait étrangère à la génération perverse de notre époque, car presque tous confessent de bouche qu'ils connaissent le Christ, et le renient par leurs actes. Mais cette confession du Christ devant son Père n'est promise ici qu'à Ses fidèles serviteurs, comme une récompense spéciale, comme un stimulant de Ses soldats à la victoire, et comme le plus grand honneur qu'Il leur réserve, d'être loués et confessés par Lui, même devant Son Père le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, et en présence de millions d'anges et de tous les saints de Dieu.


de Ses soldats à la victoire, et comme le plus grand honneur qu'Il leur réserve, d'être loués et confessés par Lui, même devant Son Père le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, et en présence de millions d'anges et de tous les saints de Dieu.


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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:11

Le 6e AGE DE L'ÉGLISE::Du sixième âge de l'Eglise, qui sera un âge de consolation, et qui commencera au Pontife saint et au Monarque puissant, et durera jusqu'à l'apparition de l'Antéchrist.



CHAPITRE III.

Verset 7-13 de l'Apocalypse



VERS. 7. - Écris aussi à l'ange de l'église de Philadelphie.


II. Le sixième âge de l'Eglise commencera avec le Monarque puissant et le Pontife saint dont on a déjà parlé, et durera jusqu'à l'apparition de l'Antéchrist.


Cet âge sera un âge de consolation (consolativus), dans lequel Dieu consolera Son Église sainte de l'affliction et des grandes tribulations qu'elle aura endurées dans le cinquième âge. Toutes les nations seront rendues à l'unité de la Foi catholique. Le sacerdoce fleurira plus que jamais, et les hommes chercheront le royaume de Dieu et sa justice en toute sollicitude. Le Seigneur donnera à l'Eglise de bons pasteurs. Les hommes vivront en paix, chacun dans sa vigne et dans son champ. Cette paix leur sera accordée parce qu'ils se seront réconciliés avec Dieu même. Ils vivront à l'ombre des ailes du Monarque puissant et de ses successeurs.


Nous trouvons le type de cet âge dans la sixième époque du monde, qui commença avec l'émancipation du peuple d'Israël, et la restauration du temple et de la ville de Jérusalem, et dura jusqu'à la venue de Jésus-Christ. Car, de même qu'à cette époque le peuple d'Israël fut consolé au plus haut degré par le Seigneur son Dieu, par la délivrance de sa captivité ; que Jérusalem et son temple furent restaurés ; que les royaumes, les nations et les peuples soumis à l'empire romain furent vaincus et subjugués par César Auguste, monarque très puissant et très distingué, qui les gouverna pendant 56 ans, rendit la paix à l'univers et régna seul jusqu'à la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et même après ; ainsi, dans le sixième âge, Dieu réjouira Son Église par la prospérité la plus grande.


Car bien que dans le cinquième âge nous ne voyions partout que les calamités les plus déplorables : tandis que tout est dévasté par la guerre ; que les catholiques sont opprimés par les hérétiques et les mauvais chrétiens ; que l'Eglise et ses ministres sont rendus tributaires ; que les principautés sont bouleversées ; que les monarques sont tués, que des sujets sont rejetés, et que tous les hommes conspirent à ériger des républiques, il se fait un changement étonnant par la main du Dieu tout-puissant, tel que personne ne peut humainement se l'imaginer.


Car ce Monarque puissant, qui viendra comme envoyé de Dieu , détruira les républiques de fond en comble ; il soumettra tout à son pouvoir (sibi subjugabit omnia) et emploiera son zèle pour la vraie Église du Christ. Toutes les hérésies seront reléguées en enfer. L'empire des Turcs sera brisé, et ce Monarque régnera en Orient et en Occident. Toutes les nations viendront et adoreront le Seigneur leur Dieu dans la vraie foi catholique et romaine. Beaucoup de saints et de docteurs fleuriront sur la terre. Les hommes aimeront le jugement et la justice.


La paix régnera dans tout l'univers, parce que la puissance divine liera Satan pour plusieurs années, etc.; jusqu'à ce que vienne le fils de perdition, qui le déliera de nouveau, etc.




C'est aussi à ce sixième âge, qu'en raison de la similitude de sa perfection se rapporte le sixième jour de la création, lorsque Dieu fit l'homme à Sa ressemblance, et lui soumit toutes les créatures du monde pour en être le seigneur et le maître. Or, c'est ainsi que dominera ce monarque sur toutes les bêtes de la terre ; c'est-à-dire, sur les nations barbares, sur les peuples rebelles, sur les républiques hérétiques, et sur tous les hommes qui seront dominés par leurs mauvaises passions.




C'est encore à ce sixième âge que se rapporte le sixième esprit du Seigneur, savoir : l'esprit de sagesse, que Dieu répandra en abondance sur toute la surface du globe, en ce temps-là. Car les hommes craindront le Seigneur leur Dieu, ils observeront Sa loi et Le serviront de tout leur coeur. Les sciences seront multipliées et parfaites sur la terre. La sainte Écriture sera comprise unanimement, sans controverse et sans erreur des hérésies. Les hommes seront éclairés, tant dans les sciences naturelles que dans les sciences célestes.




Enfin l'Eglise de Philadelphie est le type de ce sixième âge ; car Philadelphie signifie amour du frère (amor fratris salutans), et encore gardant l'héritage, dans l'union avec le Seigneur (hereditatem salvans adhærente Domino). Or, tous ces caractères conviennent parfaitement à ce sixième âge, dans lequel il y aura amour, concorde et paix parfaite, et dans lequel le Monarque puissant pourra considérer presque le monde entier comme son héritage. Il délivrera la terre, avec l'aide du Seigneur son Dieu, de tous ses ennemis, de ruines et de tout mal.




Voici ce que dit le Saint et le Véritable, qui a la clef de David, qui ouvre, et personne ne ferme ; qui ferme, et personne n'ouvre


Comme il a l'habitude de le faire dans la description de chaque âge, saint Jean désigne encore ici, par ces premières paroles, quelques insignes de Notre-Seigneur Jésus-Christ, insignes qu'il porte non seulement en Lui-même, mais qu'il fait aussi briller extérieurement dans Ses membres et dans Son corps, qui est l'Eglise, d'une manière particulière au sixième âge. Voici ce que dit le Saint des saints et le vrai Dieu et homme. C'est à cause de ces insignes infinis, qui sont la sainteté et la vérité, et qui appartiennent à Notre-Seigneur Jésus-Christ par l'hypostase divine, que tout genou doit fléchir devant Lui, dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, etc. Il est aussi appelé ici Saint et Vrai, en qualité de chef de Ses membres et de Son corps, qui est l'Eglise, et aussi parce que Son Église sera particulièrement sainte et vraie dans le sixième âge. Elle sera sainte, parce que les hommes marcheront alors de tout leur coeur dans les voies du Seigneur, et qu'ils chercheront le royaume de Dieu en toute sollicitude. L'Eglise sera vraie, parce qu'après que toutes les sectes auront été reléguées en enfer, elle sera reconnue pour vraie sur toute la surface de la terre.


Qui a la clef de David. On entend par ces mots la puissance royale et universelle que possède le Christ sur Son Église, puissance qu'il conservera jusqu'à la consommation du siècle, en exécution de la volonté et des conseils de Dieu le Père.


Matth., XXVIII, 18 :

«Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre»



Voir là-dessus le livre II, chap. 4. De plus, il est dit ici que le Christ a la clef de David, parce que David et son règne furent la figure de Jésus-Christ et de Son royaume, comme on le voit dans les livres des prophètes.




Qui ouvre et personne ne ferme ; qui ferme et personne n'ouvre. Ces paroles expriment quel est le pouvoir de cette clef du Christ. C'est un pouvoir illimité et constitué sur Sa seule puissance, pouvant distribuer les biens et les maux selon Sa volonté. C'est pourquoi il est dit : Qui ouvre la porte aux biens en les répandant, et qui ouvre la porte aux maux en les permettant.




Et personne ne ferme, c'est-àdire que personne ne peut empêcher que les décrets de Sa divine volonté ne s'accomplissent et dans le ciel, et sur la terre, et dans les enfers. Les méchants ne peuvent pas empêcher le bien, et les bons ne sauraient empêcher les maux.




Car il est dit des méchants :


saint Matthieu, XVI, 18 :

«Les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle»


Et des justes :


Ezéchiel, XIV, 14 :

«Que si ces trois hommes, Noé, Daniel et Job, se trouvent au milieu de ce pays-là (d'une nation qui aura péché contre le Seigneur), ils délivreront leurs âmes par leur propre justice,dit le Seigneur des armées, etc.»


Qui ferme et personne n'ouvre, c'est-à-dire que, par contre, Il fait disparaître en son temps les maux de Son Église et lui rend les biens. Ensuite Il permet de nouveau les châtiments, et il n'y a personne qui puisse les ôter de Sa main ou les empêcher, selon qu'il est écrit


Ps. CIII, 28 :

« ...Quand Vous la leur donnez (la nourriture), ils recueillent aussitôt.

Que Vous ouvriez Votre main, ils sont tous remplis de Vos biens.

Mais si Vous détournez d'eux Votre face, ils seront troublés.

Vous leur ôterez l'esprit, et ils tomberont dans la défaillance, et

ils retourneront dans leur poussière. Vous enverrez Votre esprit, et ils seront créés,

et Vous renouvellerez la face de la terre, etc."



Je connais tes oeuvres. Ces paroles sont une louange générale des oeuvres du sixième âge, comme elles exprimaient plus haut un blâme sur les oeuvres du cinquième. Je connais tes oeuvres, qui sont toutes saintes, bonnes, parfaites et pleines de charité, comme la suite le fera voir.


Dieu seul suffit,l'aimer,le suivre et faire sa volonté.
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Prophétie du vénérable Barthélémi Holzhauser Empty Re: Prophétie du vénérable Barthélémi Holzhauser

Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:13

VERS. 8. - J'ai ouvert une porte devant toi, que personne ne peut fermer, parce que tu as peu de force; et cependant tu as gardé Ma parole, et tu n'as point renoncé à Mon nom, etc.


Ces paroles sont pleines de consolation ; elles décrivent la félicité à venir du sixième âge, félicité qui consistera :


1° dans l'interprétation vraie claire et unanime de la sainte Écriture.


Car alors les ténèbres des erreurs et les fausses doctrines des hérétiques, qui ne sont pas autre chose que la doctrine des démons, seront dissipées et disparaîtront.

Les fidèles du Christ, répandus sur toute la surface du globe, seront attachés à l'Église de coeur et d'esprit, dans l'unité de la foi et dans l'observance des bonnes moeurs.



Voilà pourquoi il est dit : J'ai ouvert une porte devant toi, c'est-à-dire, l'intelligence claire et profonde de la sainte Écriture. Que personne ne peut fermer, voulant dire, qu'aucun hérétique ne pourra plus pervertir le sens de la parole de Dieu, parce que dans ce sixième âge il y aura un concile oecuménique, le plus grand qui ait jamais eu lieu ; dans lequel, par une faveur particulière de Dieu, par la puissance du Monarque annoncé, par l'autorité du saint pontife et par l'unité des princes les plus pieux, toutes les hérésies et l'athéisme seront proscrits et bannis de la terre. On y déclarera le sens légitime de la sainte Écriture, qui sera crue et admise par tout le monde, parce que Dieu aura ouvert la porte de Sa grâce.


2° Cette félicité consistera dans un nombre immense de fidèles ; car en ce temps-là, tous les peuples et les nations afflueront vers une seule bergerie, et y entreront par la seule porte de la vraie foi. C'est ainsi que s'accomplira la prophétie


saint Jean, X, 16 :

«Il y aura un seul pasteur et un seul bercail»


Et aussi cette autre


saint Matthieu, XXIV, 14 :

«Cet évangile du royaume sera prêché dans tout l'univers, comme un témoignage pour toutes les nations, et alors la fin arrivera»


Or, c'est aussi dans ce sens qu'il est dit ici : J'ai ouvert une porte devant toi, la porte de la foi et du salut des âmes, porte qui était fermée à une quantité innombrable d'hommes dans le cinquième âge, à cause des hérésies et des abominations des pécheurs. C'est pour cela qu'alors la bergerie était restreinte, avilie, humiliée et méprisée au plus haut degré. Mais maintenant, la porte est ouverte devant toi, elle est ouverte à tous, comme le grand portail d'un palais royal, lorsqu'il y a ni ennemis, ni sédition à redouter.




3° Cette félicité consistera dans la multitude des prédestinés. En effet, un grand nombre de fidèles seront sauvés dans ce temps-là, parce que la vraie foi éclatera de splendeur, et que la justice abondera. J'ai ouvert une porte devant toi, la porte du ciel, que personne ne peut fermer jusqu'au temps fixé. Le texte latin commence par la particule ecce, voici, parce que, comme on l'a déjà dit ailleurs, ce mot excite notre esprit à concevoir quelque chose de grand et d'admirable dans cette oeuvre que Dieu opérera pour notre consolation, pour notre bonheur et notre joie spirituelle. Parce que tu as peu de force, et cependant tu as gardé Ma parole.




Ce passage indique trois causes ou trois mérites particuliers pour lesquels Dieu aura pitié de Son Église, et ouvrira la porte de Sa miséricorde dans ce sixième âge.




Le premier mérite est mis au présent : Parce que tu as peu de force.

Ces paroles expriment l'industrie des serviteurs de Dieu qui emploieront avec prudence et avec zèle le peu de force qu'ils auront reçu de Lui, et obtiendront ainsi de très grands fruits par la conversion des pécheurs et des hérétiques. Et c'est ce grand effort qu'ils auront fait, surtout au commencement du sixième âge, pour opérer ces conversions, que Jésus-Christ récompensera par une grande prospérité.




Le second et le troisième mérites sont mis au passé : Tu as gardé Ma parole, et tu n'as point renié Ma foi.




Par là il désigne la constance et la persévérance de Ses serviteurs dans Son amour et dans Sa foi. Car, vers la fin des temps du cinquième âge, ceux-ci, ayant peu de force, s'élèveront néanmoins contre les pécheurs qui auront nié la foi à cause des biens terrestres. Ils s'élèveront aussi contre certains prêtres qui, s'étant laissé séduire par la beauté et par les attraits des femmes, voudront abandonner le célibat. Or, au temps où le démon jouira d'une liberté presque absolue et universelle, et où la plus grande tribulation sévira sur la terre, ces serviteurs fidèles, unis entre eux par les liens les plus forts, protégeront le célibat en se conservant purs au milieu du siècle. Ils passeront pour vils aux yeux des hommes, et se verront méprisés et repoussés du monde, qui les tournera en ridicule. Mais le Sauveur Jésus-Christ, dans Sa bonté, regardera d'un oeil propice leur patience, leur industrie, leur constance et leur persévérance, et il les récompensera dans le sixième âge, en secondant et favorisant leurs efforts dans la conversion des pécheurs et des hérétiques.


Parce que tu as peu de force, que tu es méconnu et sans puissance, sans richesses et sans gloire ; et parce que la grâce de Dieu ne t'a été donnée et distribuée qu'avec mesure ; néanmoins tu as fait les plus grands efforts dans ton zèle et ta charité ardente pour le saint nom de Jésus, pour Son Église et pour le salut des âmes. Voilà pourquoi le Christ, dans Sa miséricorde, viendra enfin à ton secours, et ouvrira la porte de la vraie foi et de la pénitence aux hérétiques et aux pécheurs. Et cependant tu as gardé Ma parole. La parole du Christ est prise ici pour la doctrine spéciale et la connaissance d'un précepte ou d'un conseil qui n'était pas contenu dans l'ancienne loi, et qui était tout-àfait contraire au monde.




Or, l'Évangile contient trois paroles de ce genre :




La première, c'est le précepte de l'amour des ennemis et de la charité fraternelle. Matth.,V.

La seconde, c'est le conseil de la continence et du célibat



Matth. XIX, 12 :

«Il y en a qui se sont fait eunuques eux-mêmes




La troisième parole, c'est la patience que nous devons pratiquer.


Matth., V, 39 :

«Si quelqu'un vous a frappé sur la joue droite, présentez-lui encore l'autre. Et à celui qui veut disputer en jugement avec vous et vous enlever votre tunique, abandonnez encore votre manteau




Or il est, dit dans le texte : Et cependant tu as gardé Ma parole, c'est-à-dire la parole de la charité fraternelle, du célibat, de la patience et de la douceur ; parole que Dieu a prononcée de Sa bouche bénie, et qu'Il a observée Lui-même. Et tu n'as point renoncéà Mon Nom.




Le texte latin dit : Tu n'as point renié Ma foi. Or on renie la foi le plus souvent à cause des richesses, des honneurs et des voluptés. Mais les serviteurs du Christ mépriseront ces trois concupiscences vers la fin du cinquième âge, et ils mèneront une vie humble, sans rechercher les dignités, ni le pouvoir. Ils seront méprisés et ignorés des grands, et ils s'en réjouiront. Ils sacrifieront leurs revenus pour les pauvres, et pour l'édification et la propagation de l'Eglise catholique qu'ils aimeront comme leur mère. Ils marcheront dans la simplicité de leur coeur en présence de Dieu et des hommes ; et c'est pour cela que leur vie retirée sera considérée comme une folie. La sagesse de ce monde consiste à retenir ce qu'on possède et à l'augmenter ; ces vrais fidèles, au contraire, mépriseront les biens et les honneurs terrestres, et se préserveront de souillures avec les femmes. Leur conversation sera conforme à la sainteté de leur vocation. Lors donc qu'ils verront leurs semblables apostasier et renier la foi de Jésus-Christ à cause des richesses, des honneurs et des plaisirs, ils en gémiront dans leur coeur devant leur Dieu, et ils persévéreront dans les vrais principes de la foi catholique. C'est donc avec raison que Jésus-Christ leur adresse ces louanges : Et tu n'as point renié ma foi


VERS. 9. - Je te donnerai quelques-uns de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs, et ne le sont point, mais qui sont des menteurs. Je ferai qu'ils viennent et qu'ils se prosternent à tes pieds, et ils connaîtront que Je t'aime, etc.


Suit maintenant la promesse d'une grâce très abondante de Dieu, qui a coutume d'aider et de couronner de succès les pieux efforts de Ses serviteurs, et de récompenser leur fidélité, leur constance et leur persévérance dans le bien qu'ils entreprennent. Le texte latin, cité plus haut, renferme trois fois la particule ecce, voici :






1° Ecce dedi coram te ostium apertum. Je t'ai ouvert.

2° Ecce dabo. Je te donnerai.



3° Ecce faciam. Je ferai.




C'est pour élever notre esprit et nous faire concevoir combien sont grandes et admirables les oeuvres de la miséricorde divine, qui va manifester les richesses de Sa gloire, de Sa grâce et de Sa bonté infinie.




1° Ecce, voici. Il s'adresse d'abord à Ses serviteurs, et leur dit : Voici les fruits de ton travail et de tes oeuvres.



2° Ecce dabo. Je te donnerai ce que tu as si longtemps appelé par tes larmes et par tes pieux gémissements.

3° Ecce. Voici que Je vais faire ce que personne ne croyait. Console-toi donc maintenant, etc.; car Je te donnerai quelques-uns de la synagogue de Satan qui se disent Juifs et ne le sont point ; mais qui sont des menteurs.


Or, dans la synagogue de Satan sont les Juifs et ceux qui errent dans la foi en admettant la fausse doctrine du démon, le père du mensonge. De même par les Juifs, on entend aussi, au figuré et par allégorie, les hérétiques et les schismatiques qui se disent chrétiens, mais qui ne le sont point, et qui sont des menteurs.




Jésus-Christ promet donc ici la conversion des hérétiques, des schismatiques et de tous ceux qui errent dans la foi. Et cette conversion aura lieu au sixième âge, lorsque l'Eglise grecque s'unira de nouveau à l'Eglise latine.




Je ferai qu'ils viennent et qu'ils se prosternent à Tes pieds. Ces paroles expriment la force, l'efficacité et l'abondance de la grâce et de la bonté de Dieu, qui fera que des nations entières, et même, tous les peuples viennent L'adorer en se soumettant à l'Église catholique qui deviendra leur mère.

Et je ferai, par la lumière de Ma grâce, qu'ils viennent spontanément et non plus forcés par la guerre et par le fer.

Je ferai qu'ils se prosternent à Tes pieds, c'est-à-dire, qu'ils s'humilient et qu'ils se soumettent à Ta puissance spirituelle.




On voit, par ce qui vient d'être dit, quelle foi et quelle confiance tous les prélats et les pasteurs des âmes doivent avoir dans la grâce de Dieu, sans laquelle tout chancelle et rien ne se fait. Voilà bientôt cent ans qu'on combat contre les hérétiques, non seulement par des discussions fortes et chaleureuses et par les plus savants écrits, mais encore par la force des armes : on a essayé tous les moyens, sans cependant obtenir aucun succès ! Il ne nous reste donc rien d'autre chose à faire que de recourir au Seigneur notre Dieu, de nous humilier, de mener une vie sainte, et de travailler avec ardeur pour conserver les restes du catholicisme jusqu'à ce qu'il plaise à Jésus-Christ d'avoir enfin pitié de Son Église, qu'Il ne peut oublier, et d'avoir égard aux efforts de Ses serviteurs, qui continuent de Le craindre et de Le servir. Mettons donc notre espérance et une vive confiance dans la grâce toute-puissante de Jésus-Christ, qui peut éclairer les esprits aveuglés des misérables pécheurs et des hérétiques par un seul rayon de Sa lumière.


C'est cette confiance que nous recommande le Psalmiste


Ps. XXX, depuis le verset 3 jusqu'au verset 7.

Et ils connaîtront que je t'aime





c'est-à-dire, ils confesseront que tu es Ma seule épouse choisie et chérie, la vraie Église et héritière du royaume céleste, hors de laquelle il n'y a point de salut. Car dans le sixième âge l'Église catholique sera élevée à l'apogée de sa gloire temporelle, et elle sera exaltée d'une mer à l'autre : il n'y aura plus alors de controverses ni de questions parmi les hommes pour savoir quelle est la véritable Église. C'est pourquoi il est dit : ils connaîtront, c'est-àdire que ce qui, dans notre cinquième âge, est tant controversé et discuté, sera mis au grand jour dans le sixième. C'est ainsi que la divine bonté sait tirer le bien du mal en permettant les hérésies et les tribulations, afin que Son saint Nom soit mieux connu. Nous en avons un exemple dans toutes les erreurs qui parurent à diverses époques, et qui, si redoutables qu'elles fussent, disparurent de nouveau par la puissance de la vérité divine. Nous ne citerons que celle d'Arius contre la divinité de Jésus-Christ. En fut-il une semblable pour l'opiniâtreté ? Or, l'hérésie moderne peut bien certainement lui être comparée.


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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:14

VERS. 10. - Parce que tu as gardé la parole de Ma patience, et Moi Je te garderai de l'heure de la tentation qui doit venir, dans tout l'univers, éprouver ceux qui habitent sur la terre









L'heure de la tentation qui doit venir, et qui est prédite ici, c'est le temps de la persécution de l'Antéchrist, que Notre Seigneur a prophétisée dans saint Matthieu, XXIV, et dans Daniel, XI et XII.

Il l'appelle l'heure de la tentation, parce qu'elle durera peu, et que le septième âge de l'Eglise sera court, comme nous le verrons plus loin.


La divine bonté a coutume de préserver ses élus de l'heure de la tentation et des temps de calamités, par deux moyens :




1° en les appelant à elle en paix, par une mort naturelle, avant que les maux et les tribulations les surprennent ; elle accorda cette grâce à Ezéchias, à Josias et à d'autres saints de l'ancien et du nouveau Testament.




2° Elle préserve aussi les siens, sans les enlever de ce monde, mais en les délivrant du mal


Jean., XVII, 18 :

«Je ne vous prie point de les ôter du monde, mais de les préserver du mal»



c'est ainsi que Jésus-Christ envoya Ses apôtres et Ses disciples au milieu des loups. Or, c'est par ces deux moyens que Dieu préservera son Église, au sixième âge, de l'heure de la tentation de l'Antéchrist.


En l'appelant à Lui, parce que, à la fin du sixième âge, la charité se refroidira, les péchés commenceront à se multiplier, et il s'élèvera peu à peu une génération perverse et des enfants infidèles. Les justes, les saints, les bons prélats et les bons pasteurs seront alors enlevés, en grand nombre, par une mort naturelle, et il viendra, à leur place des hommes tièdes et charnels, qui n'auront soin que d'euxmêmes, et qui seront comme des arbres sans fruits, des astres errants et des nuages sans eau.


Jésus-Christ préservera Son Église du mal sans l'enlever de ce monde ; car l'Eglise durera jusqu'à la consommation des siècles, et il n'y restera, en comparaison d'une si grande multitude de méchants que peu de saints et de docteurs, que Dieu enverra au milieu des loups, pour enseigner à plusieurs la vérité et la justice. Ceux-ci tomberont sous le glaive, dans les flammes, dans les fers et dans la ruine. Dan., XI. Dieu préservera ainsi ces derniers élus de l'heure de la tentation, en les délivrant du mal, c'est-à-dire, en les empêchant de consentir à l'impiété du tyran en fureur, et en les aidant à mourir pour la vérité, pour la justice et pour la foi de Jésus-Christ.


VERS. 11. - Je viendrai bientôt, garde ce que tu as, de peur que quelque autre ne reçoive ta couronne


Ces paroles contiennent un salutaire avertissement de l'arrivée subite et inopinée de Jésus-Christ, en même temps qu'une exhortation, pour les fidèles, à continuer dans la bonne voie. Et ce sont là comme deux boucliers de première nécessité, qu'il nous présente tout d'abord contre la dernière tribulation décrite en saint Matthieu, XXIV.


1° Car alors les hommes estimeront que le règne de l'Antéchrist sera d'une durée excessive, à cause de la grande félicité et de la puissance de ce tyran. Les Juifs et les autres infidèles qui le recevront comme le Messie, croiront son règne éternel. Or, c'est pour abattre cette présomption, et pour détruire cette fausseté, qu'il dit ici : Je viendrai bientôt.


2° Comme dans le temps de l'horrible persécution de Dioclétien, qui fut le prototype vivant de l'Antéchrist, plusieurs fidèles renoncèrent à la foi de Jésus-Christ, et sacrifièrent aux idoles ; parmi lesquels le saint Pape Marcellin lui-même, qui fit ensuite pénitence, et subit le martyre courageusement. Comme aussi, sur les quarante martyrs du temps de l'empereur Licinius, il y en eut un qui fit défection, dont la couronne fut ensuite donnée à Janitor ; c'est ainsi qu'il arrivera dans la persécution de la fin des temps, et pis encore ; car elle surpassera toutes les précédentes. Voilà pourquoi Jésus-Christ, comme un général en chef, a soin de prévenir Ses soldats à l'avance, en les armant du bouclier souverainement nécessaire, de la force, de la constance et de la persévérance. Il les exhorte donc en leur disant :


VERS. 12. - Garde ce que tu as, de peur que quelque autre ne reçoive ta couronne. Quiconque sera victorieux, J'en ferai une colonne dans le temple de Mon Dieu, et il n'en sortira plus ; et J'écrirai sur lui le nom de Mon Dieu, et le nom de la ville de Mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de Mon Dieu, et Mon nouveau nom.


Pour donner plus de force à Ses soldats chéris, et pour les confirmer davantage dans la dernière et la plus terrible des persécutions, Notre-Seigneur Jésus-Christ fait suivre dans le contexte, la promesse des plus grands biens, comme une récompense proportionnée aux victoires difficiles que les justes auront remportées sur le tyran.




La première de ces victoires sera la fermeté et la constance, par lesquelles ils seront comme des colonnes de persévérance dans l'Église du Christ. Ils résisteront à la fureur du tyran, à ses faux miracles et à ses inventions diaboliques, et ils sacrifieront leur corps, leur sang et leur vie, pour la vérité et pour la justice.


La seconde victoire sera la confession du vrai Dieu, qui créa le ciel et la terre, et tout ce qu'ils renferment ; et c'est contre cette confession que l'Antéchrist sévira principalement, et se constituera le dieu des dieux.


La troisième victoire sera la foi ferme et la fidélité de l'Eglise du Christ, que l'Antéchrist rejettera comme une imposture, et dispersera dans sa fureur aux quatre vents du ciel, sur les montagnes arides, et dans les cavernes.


La quatrième, enfin, sera la confession du nom de Jésus-Christ, contre laquelle le tyran s'élèvera. Il se glorifiera dans ses faux miracles, qu'il fera à l'aide d'artifices diaboliques. Il se dira le Messie, et il sera reçu comme tel par les Juifs , selon les paroles de Jésus-Christ même, en saint Jean, V, 43 : «Je suis venu au nom de Mon Père, et vous ne Me recevez point ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez».




A ces quatre vertus, mérites et victoires insignes des justes, Dieu promet, en proportion, quatre sortes de récompenses et de gloires.




La première est contenue dans ces paroles : J'en ferai une colonne dans le temple de Mon Dieu, et il n'en sortira plus. On place des colonnes dans les palais des rois pour soutenir la masse de l'édifice, pour en être la gloire et l'ornement, et pour en rehausser la splendeur : or, c'est ainsi que les justes de Dieu, qui dans le temple du Christ, c'est-à-dire, dans l'Eglise militante, auront été, par la fermeté de leur foi, des colonnes de la vérité et de la justice de Jésus-Christ, en les défendant, en les prêchant, en combattant et en mourant pour elles ; c'est ainsi, disons-nous encore, que, dans le temple de Dieu et dans l'Eglise triomphante, les justes seront aussi des colonnes éternelles, éclatantes de gloire, en présence de tous les saints et de tous les anges du ciel. Ensuite, comme ces justes seront fidèlement et constamment demeurés dans le temple de Dieu sur la terre, c'est-à-dire, dans l'Eglise catholique, sans en jamais sortir pour aller dans les sectes de l'Antéchrist et des

autres hérétiques, en abandonnant la vraie foi ; ainsi demeureront-ils dans le temple éternel de Dieu, sans jamais en sortir. Ils seront immortels, impeccables, stables et immuables, pour l'éternité. Ils n'auront plus de douleurs à souffrir, et ne verseront plus de larmes. Enfin la mort, la faim, la soif, et toutes les autres misères du corps et de l'âme, n'auront plus de prise sur eux.






La seconde récompense se trouve dans ces paroles : J'écrirai sur lui le nom de Mon Dieu. Car ils seront semblables à lui, selon saint Jean, III, 3 : et ils seront même appelés des Dieux, comme on le voit


Psaume LXXX, 6:

«Je l'ai dit vous êtes des Dieux, vous êtes tous les fils du Très- Haut»



La troisième récompense est exprimée ainsi : Et j'écrirai sur lui... le nom de la ville de Mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de Mon Dieu. C'est-à-dire, que les justes seront le temple de Dieu, dans lequel le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs daignera habiter, et ils le posséderont pendant toute l'éternité, par la vision béatifique.




La quatrième récompense, enfin, se trouve dans ces mots : J'écrirai sur lui... Mon nouveau nom ; voulant dire qu'Il honorera les justes de Son nom ; car ils seront appelés les fils de Dieu, selon saint Jean, III, 1.





VERS. 13. - Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Églises




Même explication que plus haut. § III1 Du sixième ange qui sonna de la trompette.




CHAPITRE IX - VERSET 13-20 de l'Apocalypse




VERS – 13.- Et le sixième ange sonna de la trompette


Lors donc que le règne des Lombards et des Goths eut été détruit, et que l'hérésie d'Arius eut été reléguée en enfer, l'Eglise du Christ jouit d'un repos parfait, et n'eut aucune hérésie à déplorer depuis l'an 800 de l'ère chrétienne, jusqu'à l'apparition du diacre Bérenger dans les Gaules, l'an 1048, qui osa nier la présence réelle de Jésus-Christ dans la très Sainte Eucharistie. L'an 1117, Durandus de Wandoch enseigna avec un autre sectaire, dans l'Aragon, que le mariage n'est qu'un concubinage déguisé ; mais ils furent brûlés l'un et l'autre, et par là on, mit fin à cette hérésie naissante, C'est ainsi que furent supprimées dès leur origine toutes les hérésies qui parurent ; de sorte que l'Eglise latine et l'empire d'Occident n'eurent aucun malheur considérable à déplorer jusqu'en I517, où parut en Allemagne Martin Luther, qu'on peut considérer comme le prince des hérésiarques. Le saint prophète ne décrit pas tous les moindres maux qui arriveront dans l'Eglise, mais il se borne aux principaux, laissant de côté ces hérésiarques intermédiaires et de peu d'importance qui ne furent que, comme nous l'avons dit, le prodrome du grand malheur que nous allons décrire. Et voilà pourquoi il s'applique à dépeindre dans ce cinquième âge, et sous la figure du sixième ange sonnant de la trompette, le plus grand et le plus terrible des hérésiarques, avec tous ses caractères et avec toutes les conséquences de ses erreurs. Il suffit d'examiner le contexte, la nature, et le caractère de cet hérésiarque et de ses erreurs, pour être convaincu que c'est bien Martin Luther que saint Jean désigne à la lettre par le sixième ange qui sonna de la trompette.




Et voilà pourquoi il s'applique à dépeindre dans ce cinquième âge, et sous la figure du sixième ange sonnant de la trompette
le plus grand et le plus terrible des hérésiarques, avec tous ses caractères et avec toutes les conséquences de ses erreurs. Il suffit d'examiner le contexte, la nature, et le caractère de cet hérésiarque et de ses erreurs, pour être convaincu que c'est bien Martin Luther que saint Jean désigne à la lettre par le sixième ange qui sonna de la trompette.





1° Comme Lucifer, le roi des ténèbres trouva dans Luther un instrument utile pour l'exécution de ses plans, il le choisit pour chef dans la guerre d'extermination qu'il allait déclarer à l'Eglise latine. Lucifer donna à ce moine, pour le diriger, un docteur d'une malice et d'une astuce consommée, que saint Jean appelle avec raison l'ange de l'abîme et le docteur de tous les hérésiarques, comme on l'a vu plus haut, et dont le nom en latin signifieExterminateur. Or, on sait que Luther se glorifiait souvent lui-même de ce nom qui lui convient en effet.


2° En conséquence, Martin Luther doit être considéré comme le plus mauvais et le plus dangereux de tous les hérésiarques, puisqu'il vomit contre l'Eglise latine des erreurs si perverses et si nombreuses, qu'il n'y a pas un seul point de la foi ou de la morale que cet hérétique ou ses adeptes aient laissé intact. Il s'ensuivit une telle confusion dans les idées, et les esprits furent si divisés entre eux, qu'on peut considérer ce mal comme allant jusqu'à l'infini. Du moins on ne trouvera pas une province, une ville, un hameau, une famille, que dis-je, pas même deux hommes de la même maison qui pensent l'un comme l'autre et qui soient d'accord sur tous les points de leur croyance. Le principe fondamental de ce malheur a sa source dans la libre interprétation et dans l'examen particulier de la sainte Écriture.




Et c'est de ce principe que découlèrent une infinité de sectes diverses dont les principaux et les premiers chefs furent Thomas Münzer, Jean OEcolampade, André Carlostadt, Zwingle, Jean Calvin, George David, Christophe Schapler, Philippe Mélanthton, Martin Bucer, Jean de Westphalie, Balthasar Parimontanus , Jean de Leide , Jean Spangenberg, Michel Servet, Jean Brenz , Théodore Bèze, Luc Sterenberg, qui furent déistes ou trinitaires ; Louis Alemann qui fut athée, etc. Voir le catalogue de Lindau, évêque de Ruremonde, sur Martin Luther, et sur l'origine et la patrie de tous les hérésiarques de ce temps.


Et c'est de ce principe que découlèrent une infinité de sectes diverses dont les principaux et les premiers chefs furent Thomas Münzer, Jean OEcolampade, André Carlostadt, Zwingle, Jean Calvin, George David, Christophe Schapler, Philippe Mélanthton, Martin Bucer, Jean de Westphalie, Balthasar Parimontanus , Jean de Leide , Jean Spangenberg, Michel Servet, Jean Brenz , Théodore Bèze, Luc Sterenberg,

qui furent déistes ou trinitaires ; Louis Alemann qui fut athée, etc. Voir le catalogue de Lindau, évêque de Ruremonde, sur Martin Luther, et sur l'origine et la patrie de tous les hérésiarques de ce temps.




3° Nous n'avons que trop appris à connaître, pour notre malheur, le caractère particulier de cette hérésie, qui est d'exciter à la guerre et à la sédition comme Luther lui-même prenait plaisir à le publier dans ses discours et dans ses écrits, et selon cette expression favorite de Zwingle : L'Évangile demande du sang. Cette doctrine séditieuse et sanguinaire de Luther, proclamée hautement et répandue publiquement par des libelles et des prédications contre Dieu et les monarques, provoqua en effet une terrible effusion de sang. Excités par la voix de Luther, et poussés à la révolte par Münzer, Carlostadt , Bucer, et par d'autres encore , une masse d'hommes égarés, connus sous le nom de paysans, envahirent les monastères et les églises de la Souabe, de l'Alsace, de la Thuringe et de la Franconie, pour les piller et les détruire. Dans la seule Franconie, il y eut jusqu'à 300 cloîtres et 180 châteaux féodaux saccagés. Ces rebelles n'épargnèrent pas plus les personnes que les propriétés, et ils se livrèrent à de tels excès dans le massacre qu'ils faisaient des nobles, qu'il en résulta une guerre ouverte, que ceux-ci entreprirent contre les paysans, et dans laquelle tombèrent plus de 130 000 de ces insensés.




Combien de victimes durent payer de leur sang les fureurs de Zwingle dans la guerre civile qui affligea si cruellement la Suisse ! Vinrent ensuite les guerres de France et de la Belgique, qui durèrent depuis l'an 1595 ; puis la guerre de Smalkade, l'an 1547 ; la guerre de Livonie ; le massacre de la Saint-Barthélemi, ou la guerre civile excitée par Calvin qu'on eût pris pour un dictateur ; enfin la guerre des protestants proprement dite ou de 30 ans, qui commença l'an 1618, et dura presque sans interruption jusqu'au déplorable traité de paix qui fut si funeste à la religion catholique, l'an 1650. Combien de milliers et même de millions de victimes tombèrent en Europe par le fer, par le feu et par la peste ? Combien de milliers de catholiques perdirent la vie en Angleterre, surtout au temps d'Élisabeth, par la peine capitale et par d'autres supplices ? L'esprit de cette hérésie fut si sanguinaire, qu'il n'épargna pas même ses propres rois et ses propres princes : nous en trouvons un horrible exemple donné tout récemment par les Écossais, qui trahirent et livrèrent leur souverain légitime, Charles Stuart, et par les Anglais qui le firent décapiter par sentence publique, sans même l'avoir entendu.


4° L'hérésie de Luther causa à l'Eglise et à l'empire romain trois grands et horribles maux qu'on pourrait comparer à trois pestes :




Le premier fut la confusion et l'obscurcissement des vérités de la foi provenant d'erreurs opposées entre elles, et dont la variété étonne autant que le nombre. Le sens légitime de l'Écriture fut presqu'entièrement corrompu par Luther et ses impies adeptes ; les versions de la Bible furent éditées en si grand nombre et si peu conformes les unes aux autres, qu'on ne savait plus ce qu'on devait croire ou rejeter.




Le second mal fut comme un grand incendie allumé dans les esprits des hommes qui arrivèrent à un tel degré d'irritation, qu'on les vit s'insurger les uns contre les autres ; les états contre les états, les royaumes contre les royaumes. Tant d'horribles et de si cruels massacres qui se succédaient les uns aux autres presque sans interruption, et pendant si longtemps, coûtèrent la vie à des centaines de mille hommes. Telle fut la terrible conséquence de cette liberté ou plutôt de cette licence qu'on prêchait aux peuples pour les persuader que ni les hommes, ni même les anges n'avaient aucun droit de leur imposer des lois, qu'autant qu'ils voulaient bien les accepter. Le célibat était appelé une tyrannie. On livrait au mépris le pouvoir et la juridiction du souverain Pontife, des évêques et des prélats de l'Eglise et l'on violait tous les préceptes ecclésiastiques. On attribuait aux princes temporels le droit de s'emparer des biens des principautés et des dignités de l'Eglise, ne réservant aux prêtres que le seul droit d'être entretenus. Les inférieurs se révoltaient contre leurs supérieurs et secouaient le joug du Seigneur. Les ecclésiastiques eux-mêmes se dépouillaient de leur costume pour se marier. Les princes et les nobles se mirent à haïr le souverain Pontife, les évêques et les prêtres, dépouillèrent les évêchés, les prébendes, les bénéfices et les monastères, etc.; et lorsque l'empereur voulut les en empêcher, ils prirent les armes et se révoltèrent contre lui. Que celui qui désire mieux connaître cette infâme tragédie, lise l'histoire des faits qui se succédèrent depuis 1525 jusqu'à l'an 1650. Mais nous n'avons pas encore vu la fin de ces maux en Angleterre, en Écosse et en Irlande, et l'Allemagne ne sera pas en paix de longtemps. Or, quiconque examinera attentivement et sans passion la cause de ces malheurs, sera forcé de l'attribuer uniquement à cette affreuse hérésie.




Le troisième mal qu'elle produisit fut la corruption de toute morale et de toute discipline tant ecclésiastique que civile ; car on sait qu'il n'y a pas un seul point de la morale et de tout ce qui a rapport aux bonnes moeurs que Luther n'ait empoisonné de son souffle pestilentiel. D'où l'on peut conclure que cet hérésiarque ne fit pas seulement une guerre spirituelle ou morale, mais qu'il attaqua et bouleversa même, politiquement parlant, presque tout l'empire romain.




5° Le langage de Luther et de ses adeptes fut présomptueux, superbe et audacieux, à un tel point qu'il n'épargna aucune chose, si sainte qu'elle fût, ni aucune vérité, même la plus ancienne et la mieux établie. Sa bouche, semblable à la gueule du lion, déchirait et dévorait tout ; il vomissait, pour ainsi dire, le sarcasme, le mépris et la calomnie contre l'autorité du souverain Pontife, et contre la science et la vertu des saints Pères, n'épargnant dans sa fureur ni les hommes, ni les anges, pas même la très Sainte Trinité. Qu'on lise pour s'en convaincre ses écrits, et surtout les discours publics qu'il prononça dans les assemblées de Worms, et en particulier celui De Destructione, lib. contre le roi d'Angleterre.




6° Cette hérésie envahit en peu de temps non seulement toute l'Allemagne, à l'exception de la Bavière et du Tyrol, mais encore presque tous les peuples du Nord. Elle se répandit en France, en Belgique, en Hongrie et en Pologne. L'Angleterre, l'Écosse, le Danemark, la Suède et presque toutes les villes impériales se séparèrent de l'Eglise latine. Comme un torrent dévastateur, elle entraîna après elle les princes de l'empire, et prit un tel accroissement de force et d'extension, qu'elle se propagea en peu de temps, et s'étendit et continue de s'étendre sur terre et sur mer, parce que sa doctrine flatte la puissance et l'avarice des princes, et le goût dépravé d'une génération charnelle. Satan, ne pouvant rien par lui-même sur le monde, se servit de Luther par la permission divine, et celui-ci ne réussit que trop dans l'exécution de ses plans infernaux, parce que toute chair avait corrompu ses voies, et que personne n'était plus content de vivre selon sa condition. Le peuple recherchait la licence, les princes et les nobles ambitionnaient les honneurs et les richesses, et le clergé étant dégoûté du célibat, se livrait aux voluptés. Faut-il donc s'étonner si tous ces états acceptèrent avec tant d'empressement la doctrine flatteuse, mais perverse de Luther ? C'est à cette génération pervertie que saint Paul adresse ces paroles si pleines de vérité,



II Tim., IV, 3 :

«Un jour viendra que les hommes ne supporteront plus la saine doctrine et qu'ils multiplieront au gré de leurs désirs les maîtres qui flatteront leur orgueil; et ils fermeront l'oreille à la vérité et l'ouvriront à des fables»



Les assertions de Luther étaient si extravagantes, que tout homme sensé doit être saisi d'étonnement de voir de si grands monarques en être épris ; mais, hélas ! ces princes multiplièrent au gré de leurs désirs de tels maîtres, qui flattaient leur orgueil et leur convoitise, comme ils continuent encore de le faire.




7° Enfin cette hérésie de Luther distilla un poison plus funeste encore dans le pseudopoliticisme et l'athéisme dont les principaux propagateurs furent Machiavel, Bodin et d'autres encore. En effets leurs ouvrages sont en vénération chez les princes, chez les nobles, et parmi beaucoup d'hommes illustres qui se glorifient cependant d'être catholiques. Et ce nouveau poison déguisé sous des apparences flatteuses pour les sens, infecte et envenime dans les esprits tout ce que les premières erreurs, qui en sont les éléments, y avaient laissé d'intact. Son essence pestilentielle s'est glissée jusque dans les conseils des princes, des états et des républiques, qu'il inspire, qu'il gouverne et qu'il dirige. C'est par elle qu'on parle, qu'on sent, qu'on tolère, qu'on permet et qu'on agit tout au contraire de la vérité et de la justice. Et c'est là la queue et les dernières conséquences de ce dragon et de sa funeste doctrine.


Car Machiavel et Bodin, et surtout les adeptes de Calvin, recueillirent cette essence de poison sur les plantes du champ de l'erreur, et en firent un mélange avec l'esprit infernal, afin de produire sur les âmes l'effet que Luther lui-même n'avait pu obtenir. Ce fut en effet, par l'infusion de cette essence dans les esprits et les coeurs, que Lucifer parvint à empêcher la vraie réforme et la conversion du monde à la foi catholique.

Par ce moyen il rendit impossible la restitution des biens de l'Eglise, il enseigna aux hommes à dissimuler la foi, et imbiba de faux et abominables principes une grande partie de la noblesse. C'est par là qu'il rendit inutiles tous les efforts qu'on tenta par la discussion et même par la force des armes, pour guérir l'Europe et particulièrement l'Allemagne. Tant il est vrai que la sagesse ou plutôt l'astuce de ce monde prévaut facilement sur les hommes !




Luc, XVI, 8 :

«Les enfants de ce siècle sont plus habiles dans la conduite de leurs affaires que les enfants de lumière»



Nous ne vîmes que trop s'accomplir en Allemagne cet oracle de Jésus-Christ


Matth., XII, 43 :

«Lorsque l'esprit immonde sort d'un homme, il erre dans des lieux arides, cherchant le repos ; et il ne le trouve pas. Et il dit : Je reviendrai dans ma maison d'où je suis sorti ; et revenant, il la trouve vide, nettoyée et ornée. Alors il va et prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui, et entrant, ils y habitent, et le dernier état de cet homme devient pire que le premier ; et il en sera ainsi de cette génération criminelle»



Nous voyons en effet toutes les hérésies modernes se résoudre en une seule et aboutir au pseudopoliticisme et à l'a- théisme. Chacun se forme à son gré une conscience et une religion qu'il base pour la forme sur ses principes politiques. Qu'est-elle autre chose, la religion des pseudopolitiques et des athées, sinon une pure hypocrisie ? Car ils disent dans leur coeur : que m'importe la religion ? Dieu n'existe pas, c'est un mot; il n'y a point d'autre vie que la présente. Et c'est ainsi qu'ils se moquent des plus grandes vérités. C'est de cette race impie que parle le saint roi David quand il dit :



Ps. XIII, 1 : «L'insensé a dit dans son coeur : il n'y a point de Dieu. Ils se sont pervertis ; ils se sont corrompus, et sont devenus abominables dans toutes leurs affections : il n'en est pas un qui fasse le bien, pas un seul... Leur gosier est un sépulcre ouvert, ils se sont servi de leurs langues pour tromper avec adresse ; le venin des aspics est sous leurs lèvres. Leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume ; leurs pieds se hâtent pour répandre le sang. Toutes leurs voies ne tendent qu'à affliger et qu'à opprimer les autres ; ils n'ont pas connu le sentier de la paix; la crainte du Seigneur n'est pas devant leurs yeux, ne comprendront-ils pas enfin, ces ouvriers d'iniquité, qui dévorent Mon peuple comme un morceau de pain? etc.»


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Message par Francesco le Lun 9 Nov 2009 - 2:16

Pour la suite,voir le liens ci haut ou achetez vous le livre:Interprétation de l'apocalypse de Barthélémi Holzhauser.


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Message par Francesco le Mar 2 Fév 2010 - 0:10

Prophétie du vénérable Bartholémi Holzhauser:Dans son livre :Interprétation de l'Apocalypse:page 115.Ainsi,dans le 5 age(le notre),une tres grande partie de l'église latine abandonnera la vraie foi et tombera ds les hérésies ,ne laissant en Europe qu'un petit nombre de bons catholiques.

page 126:Les barbarres et les tyrans entreront en Italie,ils dévasteront Rome ,ils bruleront les temples et mineront tout......

page 129-130:Le 6 age de l'église commencera avec le Monarque puissant et le saint pontife et durera jusqu'a l'apparition de l'antéchrist.Ce sera un age de consolation......(Ici l'auteur fait référence a l'Ere de paix apres les Tribulations ....).


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