La France fille ainée de l'Église

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La France fille ainée de l'Église

Message par Francesco le Lun 14 Jan 2008 - 15:24

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Francesco
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Re: La France fille ainée de l'Église

Message par Jordao le Jeu 28 Fév 2008 - 15:31

Je n'ai pas tout lu mais je connais un petit peu le testament de Louis XVI il est très beau.
Je ne m'y connais pas trop dans tout ce qui est "royauté" mais j'ai lu une fois que Louis XVI avait payé pour les autres rois avant lui...est ce vrai ?
Pour ce qui est de la prophétie de Marthe Robin, on est en plein dedans Very Happy

Jordao

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La Mission de la France commence à la Passion

Message par Hercule le Mar 4 Mar 2008 - 12:20

Bonjour Francesco,

J'ai trouvé ce message qui me convient pour cette thèse que je partage avec l'Abbé Bolo :

Posté le: Jeu 28 Juin 2007 - 15:00 Sujet du message: Ces gaulois qui crucifièrent le Christ: Répondre en citant
Bien avant le baptême de Clovis, la France avait~elle des titres annonciateurs à devenir la fille aînée de l'Église? Certains faits laissent penser que les rapports entre la Palestine du temps du Christ et ce qui était encore la Gaule la prédestinaient à tenir cette place.

Il y a près de cent ans, l'abbé Bolo énonçait une hypothèse en apparence étonnante: les soldats qui procédèrent à l'instigation des habiroux,à la flagellation et à la mise en croix de Jésus, disait-il, étaient très probablement des Gaulois. Mais aussi le centurion qui, témoin des prodiges survenus après que le Sauveur eut rendu le dernier soupir, s'écria: ",Vraiment cet homme était le Fils de Dieu!" Nos ancêtres les Gaulois auraient' donc été les instruments de la Passion, mais c'est également parmi eux que se trouvèrent les premiers convertis à la foi chrétienne le soir du Golgotha.

On peut se demander ce que les Gaulois faisaient là. Les sources historiques ne manquent pas pour justifier leur présence. Ils provenaient de deux contrées: de Galatie, en Asie Mineure, où une forte implantation gauloise avait eu lieu en 280 av. J.-C., et de la Gaule elle-même, non seulement de la Narbonnaise, mais du nord et de l'est du pays. " Les Galates, écrit l'abbé Bolo, étaient des Gaulois assez purs au point de vue. de la race. Quoiqu'ils fussent établis depuis deux cent cinquante ans environ sous le ciel d'Asie, ils n'avaient rien perdu de leur physionomie,. de leur langage ni de leurs mœurs. C'étaient de beaux hommes aux longs cheveux blonds, aux yeux bleus.; telle fut la résistance que cette race opposait à toutes les influences des Asiatiques que, plus de trois cents ans après la mort de Jésus-Christ, saint Jérôme reconnaissait que leur langage était toujours le langage gaulois. Aujourd'hui encore, les Arméniens ne se trompent pas sur l'origine du type grand, blond, au teint clair, qui se rencontre assez souvent dans ces pays et ils appellent ceux qui ont cette physionomie particulière .: les Français d'autrefois. Ces Français d'autrefois, intelligents et lettrés, étaient très recherchés par les principicules de Syrie et de Judée. Tandis que les Romains n'étaient qu'administrateurs, tandis que les métiers subalternes comme cuisiniers, perruquiers, étaient réservés aux Grecs, les Gaulois d'Asie Mineure étaient fort appréciés comme secrétaires, intendants, professeurs et même, au point de vue militaire, comme gardes du corps, à cause de leur honnêteté, de leur finesse et de leur courage.

" L'historien Josèphe nous montre aux funérailles du roi Hérode les troupes de ce petit souverain divisées en trois corps: les Scythes,' les Germains et les Gaulois. Le centurion Longin répondit au gouverneur de Cappadoce, Octavius, qu'il était d'Isaurie, c'est-à-dire d'un pays peuplé alors par les Gaulois d'Asie Mineure."

Longin, n'est-ce pas ce soldat qui perça de' sa lance le côté de Jésus?

Hérode le Grand, celui qui reçut les mages et ordonna le massacre des Saints Innocents, avait, écrit Daniel-Rops, « son armée à lui, formée de mercenaires germains, gaulois et thraces; sa garde, recrutée parmi la jeunesse galate, était splendide n. Son successeur éphémère, Archélaüs, héritier de la Judée, de la Samarie et de l'Idumée, évincé par les Romains, fut exilé par eux en Gaule, probablement à Vienne, et y mourut.

Hérode Antipas, qui avait eu en partage la Galilée - et devant qui le Christ comparut au cours de sa passion - devait connaître le même sort. Convaincu d'avoir comploté contre l'Empire, il fut destitué quelques années après la Résurrection et envoyé à Lyon où il fut probablement exécuté. Ponce Pilate connaîtra une fin analogue. La carrière de ce fonctionnaire frileux nous est à peu près connue. Il est vraisemblable qu'il se trouva en poste, dans ses débuts, à Lutèce. L'abbé Bolo va même plus loin: "On ne sait pas si Pontius Pilatus, Italien de race, était de naissance gauloise; mais on sait que la gens Ponti a avait des représentants à cette époque en Gaule et que le suffixe -atus qui termine le nom du Pontius dont il s'agit était fréquent dans notre pays. Il est certain que Pontius Pilatus avait une nombreuse parenté en Gaule; il est fort possible qu'il soit venu y mourir; il est très probable qu'il s'y est marié. Sa digne et généreuse femme qui fut seule à intervenir en faveur de Jésus, Claudia Pro cula, était, selon toutes les probabilités, une fille des Gaules."

Pilate allait accumuler les erreurs au cours de son procuratorat.
Les voici brièvement résumées. Tout frais nommé et fier de sa promotion, bien que la Palestine ne fût pas une sinécure du fait des problèmes religieux posés par la coexistence entre l'occupant païen et le peuple de Dieu, il déploie dans Jérusalem les enseignes impériales; d'où une manifestation massive des habiroux devant son palais de Césarée. Ces emblèmes étaient en effet décorés du portrait de l'Empereur, contrevenant au précepte qui interdisait les représentations humaines. A plusieurs reprises le gouverneur romain heurta de front les sentiments religieux de ses administrés; pour réprimer les émeutes soulevées par ses exactions, il faisait donner les légionnaires, qui chargeaient au glaive et à la lance. Sa prétention de puiser dans le trésor du Temple eut pour conséquence un bain de sang. Une trace de ces brutalités subsiste dans l'évangile de saint Luc: ({ En ce même temps, on racontait là ce qui venait d'arriver à des Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs sacrifices" (XIII. 1).

Le massacre du mont Garizim, montagne sacrée des Samaritains, mit fin à la carrière du procUrateur. C'était vers l'an 39; un faux prophète s'était levé, prétendant retrouver dans les flancs de cette aspérité naturelle les objets de culte qui avaient servi à Moïse. Les Samaritains, soucieux de pouvoir justifier leur dissidence religieuse "Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous dites, vous, que c'est à Jérusalem qu'il faut adorer" Jo. IV. 20) se rendirent en foule sur les lieux et gravirent en chantant, les pentes du mont; ils n'y retrouvèrent pas la tente de Moïse mais la police de Pilate, qui fit un carnage. Caligula, pourtant célèbre pour sa cruauté, n'apprécia pas celle de son subordonné. Il le fit convoquer puis l'exila en Gaule. On lit dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée qu'il s'y suicida.

L'abbé Bolo poursuit: "Le passage de Germanicus avait été une cause d'accroissement pour la société gauloise de Jérusalem. Il suffit d'avoir lu les admirables pages que Tacite consacre dans ses Annales à ce grand homme pour se rendre compte des liens indestructibles et profonds que son long séjour et ses glorieuses campagnes contre les Germains du Rhin lui avaient fait contracter avec la nation gauloise. Il avait vécu avec les soldats gaulois d'inoubliables journées. Ses légions composées en grande partie par nos ancêtres avaient voulu, à la mort d'Auguste, le proclamer empereur; et quand Tibère l'envoya en Orient et en Judée, remplir une mission qui devait lui être fatale, il n'est pas douteux qu'il dût entraîner à sa suite une colonie très considérable de Gaulois. Du reste, quatre ou cinq ans après sa mort, nous trouv,ons en Judée quatre légions dont l'effectif est gaulois en presque totalité: la VIe Ferrata, la Xe Fretensis, la XIIe Fulminata et la Ille Gallica dont le nom seul est décisif au point de vue qui nous occupe."

La mort de Germanicus, empoisonné par Pison, remontant à l'an 19 de notre ère, la présence de ces légions attestée par Tacite était effective en 23-24, à l'époque de Jésus.

Autre argument avancé par notre auteur: "La gens Claudia, qui tenait alors, dans la personne de Tibère, les rênes de l'empire, était aussi gauloise, c'est-à-dire aussi attachée que possible à la Gaule par tOutes sortes de liens, y compris les liens' de la naissance et du sang. On ne peut fouiller le passé de Lyon sans rencontrer partout l'empreinte de cette famille Claudia dont la ville de Lyon était la patrie d'adoption en attendant de devenir la patrie de l'empereur Claude lui même: Il en résultait évidemment, de la part de Tibère qui avait d'ailleurs séjourné assez longtemps en Gaule, une affection pour ce pays, une connaissance de ses habitants, une confiance en eux qui. devaient les signaler, plus que d'autres ,à l'attention du maître et leur attirer plus d'une haute fonction, plus d'une mission importante. Une administration intéressante et délicate comme celle de la Judée devait attirer les ambitions gallo-romaines."

Que des Gaulois aient été parmi les premiers à embrasser la foi du Christ devrait encourager les Français d'aujourd'hui à la conserver intacte, en relisant l'épître de saint Paul aux Galates : "Je m'étonne que vous quittiez si vite, pour passer à un évangile différent, Celui qui vous a appelés dans la grâce du Christ."
Marc DEM.

Hercule

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Mission divine de la France et Évangélisation de la Gaule

Message par Hercule le Mar 4 Mar 2008 - 12:34

Bonjour,

J'ai trouvé aussi ce travail intéressant :

Évangélisation de la Gaule
Extraits du "Premier siècle chrétien – Une approche scientifique de la naissance du Christianisme" – Jean Aulagnier – Éditions Résiac – 1989

Les romains en Gaule - Les Gallo-Romains en Palestine - Tibère appelle Pilate - Lazare en Provence - L'archéologie au service de l'Histoire - La contestation - Les Saintes-Maries-de-la-mer

L'origine du christianisme dans la province narbonnaise reste, pour beaucoup, aujourd'hui, une inconnue historique.[1]

Pour la plupart des Français, curieux de l'implantation de la foi chrétienne dans leur pays, c'est au deuxième siècle que la Gaule fut christianisée : les prémices de cette christianisation étant marquées par le martyre, à Lyon, de l'évêque Pothin, de la jeune Blandine et de nombre de leurs coreligionnaires, sous Marc-Aurèle en 177.

Or, si l'on veut bien se pencher attentivement sur le passé, on découvre une réalité bien différente :

Les romains en Gaule

Vous savez certainement que c'est dès le deuxième siècle avant notre ère, en 154, une première fois, puis en 125 que les romains eurent l'occasion d'intervenir en Gaule (transalpine), à la recherche d'une route entre leurs possessions lombardes et espagnoles sous le prétexte d'aider Marseille à se protéger des salyens. Dès 122 (avant Jésus-Christ), toute la région allant en gros de Toulouse au lac Léman, en contournant le Massif Central par le sud, allait ainsi devenir province romaine et le tracé de la Via Domitia, des Pyrénées aux Alpes, était entrepris.

Cet événement, en fait, allait avoir des conséquences bien méconnues aujourd'hui sur la naissance du Christianisme en Gaule.

Mais commençons par le commencement : Tout au long de ces quelque cent-cinquante ans qui séparent la création de la province narbonnaise de la vie publique de Jésus, de hardis pionniers romains, de toutes classes sociales, renforcés peu à peu par les vétérans de l'armée, s'installèrent dans la nouvelle province, protégés par les légions d'occupation et aussi profondément enracinés sur notre sol, que nos Pieds-Noirs pouvaient l'être, en 1950, en Algérie.

Et vous allez voir que l'analogie ne s'arrête pas là. En effet, les Romains devaient apprécier de la même manière les vertus guerrières des autochtones du sud de la Gaule que les Français apprécièrent, au cours de nos dernières guerres, celles des Maghrébins d'Afrique du Nord.

C'est ainsi que, lorsque, au cours des années 18, 19 de notre ère, soit quelques années à peine avant l'apparition en public de Jésus, Germanicus, né à Lyon, l'ami par excellence des gaulois, installa la domination romaine en Judée, il utilisa tout naturellement nos ancêtres. Et, cinq ans plus tard, en 24, 25, quelques trimestres donc avant le baptême de Jésus dans le Jourdain, on dénombrait en Palestine pas moins de quatre légions romaines, presque entièrement gauloises : la sixième Ferrata, la dixième Fretensis, la douzième Fulminata et la troisième Gallica,[2] soit plus de vingt mille hommes originaires de notre pays, pour l'essentiel.

Mais ce n'est pas tout ; il faut savoir aussi que la famille de l'empereur Tibère, la gens Claudia, faisait partie de ce que j'appellerai les Pieds-Noirs romains de Gaule ; la région de Lyon était sa patrie d'adoption. Tibère lui-même avait vécu longtemps en Gaule et avait grande confiance en les capacités administratives et militaires de ses habitants.

Or la femme de Pilate s'appelait Claudia, très exactement Claudia Procla ou Procula. L'évêché de Carcassonne possède depuis au moins un siècle une lettre fort intéressante, adressée par Claudia Procula elle-même à une certaine Fulvia Hersila : "Je ne te parlerai pas, y écrit-elle, de mes premières années passées à Narbonne sous l'égide de mon père et sous la garde de ton amitié. Tu sais que, ma seizième année accomplie, je fus unie à Pontius, romain d'une famille noble et antique", et la lettre continue sur des considérations personnelles, puis plus loin une mention importante : "tu sais que je rencontrai le centurion qui avait présidé à l'exécution de Jésus, un vétéran des guerres contre les parthes et les germains..."

Réfléchissons ensemble à tout cela : Procula ne pouvait porter le nom de la gens Claudia que si elle était parente, cliente ou affranchie de la famille impériale. Elle n'était sûrement pas affranchie, car elle n'aurait pu épouser Ponce Pilate, qui était chevalier romain. Simple cliente, on connaît assez Pilate, ambitieux par excellence, pour penser qu'il n'en aurait pas voulu. Par contre, parente de Tibère, cela explique beaucoup de choses,

- d'abord que Tibère ait confié à Pilate le gouvernement d'une province aussi importante que la Judée,

- ensuite que Claudia ait osé intervenir en faveur de Jésus au cours du procès, alors que le gouverneur siégeait à son tribunal (Matthieu 27,19),

- enfin que Pilate se soit fait réprimander par Tibère pour son attitude lors de ce même procès de Jésus, car on voit mal, sans une intervention précise de Claudia auprès de Tibère à cet égard, comment ce dernier aurait pu s'intéresser au sort de ce petit perturbateur juif à l'autre bout de l'Empire.

Mais revenons un peu sur ce mariage de Claudia avec Pilate. Notons d'abord que Pilate n'étant que chevalier, il n'aurait certainement pas obtenu la main de Claudia, si Tibère avait déjà été empereur ou sur le point de l'être. On peut donc penser que c'est peu avant, vers l'an 10 par conséquent, que ce mariage eut lieu. Si Claudia avait alors effectivement 16 ans, cela signifie qu'elle avait un ou deux ans de plus que Jésus, soit environ 32 ans lorsque son mari fut nommé en Judée. Notons aussi qu'à l'époque de ce mariage, vers l'an 10, Tibère était en Gaule, Claudia, nous l'avons vu, résidait à Narbonne. Quant à Pilate, dont la famille, la gens "Pontia", avait également des représentants dans notre pays, il est très probable aussi qu'il était originaire de la vallée du Rhône ; en effet le suffixe "atus" de son nom "Pilatus" était particulièrement caractéristique chez les "Pieds-Noirs" de la Narbonnaise. Les musées de Narbonne, Vienne, Genève, Arles, Nîmes, possèdent des amphores, vases d'argile et autres objets marqués du nom de la gens Pontia. Aussi pouvons-nous, sans laisser par trop notre imagination vagabonder, penser que ce mariage entre Procula de la gens Claudia et Pilatus de la gens Pontia eut lieu dans notre pays.

Les (Gallo)-Romains en Palestine

Pour ce qui concerne plus précisément notre sujet, comment alors ne pas penser que Pilate et sa femme devaient être particulièrement entourés, en Palestine, de romains de Gaule, comme eux, c'est-à-dire de gallo-romains de la Narbonnaise, dans l'administration et l'armée, et de grandes dames de cette société gallo-romaine autour de Claudia ?

Que se passa-t-il alors en Palestine ? On sait déjà que Claudia fut, sinon convertie, du moins fortement ébranlée par Jésus. On sait aussi qu'au sein même de la cour d'Hérode, qui ne pouvait pas ne pas avoir de contacts fréquents avec les romains, la femme du propre intendant du tétrarque, Jeanne, fut, elle, disciple de Jésus (Luc 8,3).

Et Manaën, le propre frère de lait d'Hérode Antipas — saint Luc dit : compagnon d'enfance (Actes 13,1) — ne fut-il pas un des principaux fondateurs et responsables de l'Église d'Antioche ?

Et dans l'entourage immédiat de Jésus n'y avait-il pas ce personnage énigmatique qu'était Lazare ? Juif certes, mais loin du Temple et du Sanhédrin ; riche pourtant, rappelons-nous le nombre de jérusalémites qui se sont déplacés pour ses funérailles (Jean 11,18-19), ou encore le parfum de grand prix répandu par sa sœur Marie au cours d'un banquet offert en l'honneur de Jésus (Jean 12,3) ; intouchable apparemment cependant, souvenons-nous des tracasseries, exercées par le Sanhédrin sur Sidoine, l'ex-aveugle-né de la piscine de Siloé, et sa famille, rien de tel contre Lazare, ni contre sa sœur Marie, qui pourtant devait être, avant sa conversion, un objet de scandale épouvantable pour les pharisiens du Temple.

Cette attitude de réserve vis-à-vis de Lazare et de sa famille est d'autant plus curieuse que c'est la résurrection de ce même Lazare qui déclencha la décision du grand Prêtre de faire mourir Jésus (cf. Jean 11,50).

Comment alors, dans ce bouillonnement des esprits autour du prêche de Jésus, de nombreuses dames au moins, sinon quelques hommes, de l'entourage de Claudia, en relation avec Jeanne, voire avec Marthe et sa sœur, n'auraient-elles pas, elles aussi, été touchées par l'enseignement de ce rabbi si captivant, en particulier après la Croix, face au constat de la Résurrection ?

N'est-ce pas d'ailleurs un des gardes au pied de la Croix (gaulois lui aussi, qui sait ?) qui osa dire avec le centurion : "vraiment, celui-là était le Fils de Dieu" ?

Tibère rappelle Pilate

Sautons maintenant six ans et arrivons à l'automne de l'année 36. A cette époque Tibère rappela Pilate à Rome. De fait, comme on évitait de naviguer, de ce temps, entre novembre et mars, ce n'est qu'en avril 37 que Pilate y arriva, alors que Tibère était mort quelques semaines auparavant. L'histoire dit que Pilate fut alors exilé, mais fut-ce vraiment un exil ? Et où ? En Gaule justement, dans la région de Vienne. Le mont Pilat y porte encore son nom.

On peut alors se poser les questions suivantes

- qu'est devenue Claudia en ces circonstances ?

- que sont devenus les fidèles de Pilate, administrateurs ou militaires, plus ou moins originaires de la Narbonnaise ? Où sont allées leurs épouses, de l'entourage de Claudia ? Tous, rappelons-le, plus ou moins imprégnés de l'enseignement de Jésus.

- N'est-il pas probable qu'ils sont, eux aussi, rentrés chez eux, en Gaule ? Mais alors, tout ce manteau de protection que représentait leur présence en Palestine pour les disciples du Christ, et que maintenait certainement Claudia, ne disparut-il pas du même coup ? Car, malgré le procès et son résultat, et peut-être plus encore à cause de lui d'ailleurs, les grands du Temple continuaient à se méfier des réactions possibles de Pilate et l'histoire nous montre qu'en dehors de la lapidation d'Etienne, l'un des leurs (revoir son discours devant le sanhédrin (Actes 7,1 à 53), dont la conversion avait entraîné la "désertion" d'une multitude de prêtres (Actes 6,7), aucune persécution notable n'intervint au cours de ces six années, de 30 à 36, c'est-à-dire tant que Tibère régna.

Dans ces conditions comment imaginer que l'énorme bouleversement, dans les données politico-religieuses, que constitua le départ de Pilate et de Claudia, resta sans répercussions sur la situation des disciples les plus proches à la fois de Jésus et des dirigeants ? Et je pense bien sûr à Lazare, ses sœurs, son intendant.

Lazare en Provence

Je vais maintenant sauter à nouveau non pas six ans mais de nombreux siècles pour en arriver à cette tradition, dont vous attendez que je vous parle, celle de Lazare, justement, de ses sœurs et de son intendant Maximin, venus évangéliser la Provence. Notez au passage que j'ai bien dit tradition et non pas légende. Il convient évidemment que je m'explique là-dessus ; la différence entre les deux est que la tradition, au contraire de la légende, est une transmission, de génération en génération, de faits réellement enracinés dans l'histoire des hommes.

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Hercule

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Mission divine de la France et Évangélisation de la Gaule - Suite du texte

Message par Hercule le Mar 4 Mar 2008 - 12:37

Bonjour,

Voici la suite du texte de Jean Aulagnier


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Voici donc ces faits que je vais tenter de reprendre dans l'ordre chronologique.

L'Archéologie au secours de l'Histoire

- 1er fait
un vestige archéologique : il est daté de l'époque de Néron, donc des années 60, à l'époque même où Pierre et Paul évangélisaient Rome et y mouraient en martyrs. Il s'agit d'une pierre funéraire, érigée en l'honneur de deux martyrs chrétiens, Volusianus et Fortunatus, martyrisés par le feu. Cette pierre a été retrouvée en 1837 lors des travaux d'agrandissement du bassin de carénage de Marseille. Donc dans les années 60, le christianisme était déjà implanté depuis assez longtemps à Marseille pour que des chrétiens aient pu être à ce point gênants, qu'une persécution soit déclenchée contre eux. Ainsi quelqu'un d'assez proche de Jésus, disciple ou apôtre, était déjà venu évangéliser la communauté juive (et probablement aussi païenne) phocéenne, avant peut-être que saint Paul n'évangélisât l'Asie Mineure, la Macédoine et la Grèce.

- 2e fait
une constante reconnaissance par les évêques d'Arles (qui désiraient pourtant avoir la primauté sur les Eglises de Provence, celles de la deuxième Narbonnaise) de l'antériorité des Eglises d'Aix, Marseille et Avignon sur la leur, que la Tradition veut avoir été fondée au 1er siècle pourtant, par Trophime. A cet égard il est de fait que dès son origine, les évêques de la deuxième Narbonnaise recevaient leur ordination des mains de l'évêque de Marseille. Pourquoi ? De même, au concile d'Arles, en 313, l'évêque de Marseille, Orose, eut l'honneur de signer le premier les conclusions des travaux. Pourquoi ?

Il est nécessaire, pour le comprendre, de rapprocher ces faits de la croyance constante des mêmes évêques d'Arles, dont j'ai parlé à l'instant en la fondation des Eglises d'Aix, Avignon et Marseille, par "un saint du groupe de Béthanie".

- 3e fait
la tradition se poursuit sans faille : Vers 600, l'évêque de Cahors, écrivant à une religieuse déchue, mentionne une "vie de sainte Madeleine" en Provence,

- 4e fait
un autre vestige archéologique : il s'agit cette fois-ci d'un morceau d'écorce lisse, roulé, de la largeur d'une main, à l'intérieur d'une boule de liège, contenant, en latin, l'inscription suivante : "en l'an 716 de Notre-Seigneur, en décembre, régnant Eudes, roi de France, du temps des perfides sarrasins, le corps de sainte Madeleine a été transporté très secrètement, pendant la nuit, de son sépulcre d'albâtre dans un de marbre, car il est plus en sûreté dans ce tombeau où reposait le corps de Sidoine que nous avons ôté".

Cette découverte eut lieu à l'occasion d'une fouille, le 9 décembre 1279, effectuée en présence des archevêques de Narbonne, Arles, Aix et Embrun, des évêques d'Adge, Maguelone et Glandève, et devant Charles II d'Anjou, neveu de saint Louis, qui avait ordonné les travaux. Et le moins extraordinaire de l'histoire n'est pas que cette opération eut lieu à la suite d'un songe où Marie-Madeleine révéla elle-même à Charles l'endroit où son tombeau était caché et que ce fut effectivement à cet endroit, "dans un champ voisin de l'église de Villelate" (je cite), l'actuel Saint Maximin, que les chercheurs découvrirent un tombeau d'albâtre et trois de marbre.

Il convient de noter aussi que Charles d'Anjou était très pieux et très méfiant à la fois, et qu'il avait longuement prié le Seigneur de lui indiquer cette cachette, qu'une constante Tradition locale affirmait être celle des ossements de sainte Madeleine depuis le huitième siècle.

Comment savons-nous tout cela ? De manière très simple : d'après un parchemin, longtemps conservé dans la chapelle du monastère de Saint Maximin, et d'après la narration de ces événements, à la suite d'une visite que rendirent, en 1447, le dauphin Louis, le futur Louis XI, et René d'Anjou, le roi René, au prieur de Saint Maximin, un certain Adhémar Fidélis, en se rendant en pèlerinage à la sainte Baume, pour la Pentecôte, les trois augustes personnages s'étant évidemment entretenus de tous ces faits, aussi réels que miraculeux.

Mais revenons à l'évolution chronologique de notre tradition

- 5e fait
au neuvième siècle, le martyrologe anglo-saxon du roi Alfred, que l'on ne saurait taxer de chauvinisme à l'égard de la Provence, confirme le séjour de Marie-Madeleine à la sainte Baume.

- 6e fait
les moines de Chypre, peu taxables eux non plus de partialité en faveur de notre région, ont de tout temps (et cela est concrètement attesté dès le 12e siècle) mentionné la présence et la sépulture en Provence des saints de Béthanie.

- 7e fait
aucun autre endroit au monde que la sainte Baume ne revendique une grotte de Marie-Madeleine. Or, en 1221., existait en Italie, dans la campagne romaine, une église, celle de la Nunziatella, qui vénérait depuis longtemps, comme relique, une pierre, (je cite) "de la grotte où Marie-Madeleine fit pénitence". Il convient de noter à cet égard, que la grotte où Marie-Madeleine se retira n'a rien à voir avec la "cathédrale souterraine" que l'on montre aux touristes sur le flanc nord du massif de la Sainte Baume, mais se trouve, à la taille normale d'un ermitage, sur le flanc sud de ce massif, du côté de la mer.

- 8e fait
enfin : pour terminer avec les faits irréfutables, dont le rapprochement autant que la matérialité, permettent à chacun de se forger une intime conviction, je dois citer le résultat de fouilles, concernant les très anciennes cryptes de Tarascon, de saint Victor à Marseille et d'Aix, où l'on découvrit des sarcophages, antérieurs au 4e siècle, et attestant du caractère vivace, pratiquement sans discontinuité depuis l'origine, de cette tradition de l'évangélisation de la Provence par les saints de Béthanie, puisqu'ils comportent des scènes sculptées mettant en œuvre (qui ?) Marthe, Lazare et Maximin.

Mais alors, allez-vous peut-être me dire, comment se fait-il que, pour tout le monde apparemment, même au sein de l'Eglise, on considère de nos jours que cette histoire relève exclusivement d'une pieuse légende ?

La contestation

C'est très simple : c'est l'œuvre d'un certain Launoy, janséniste au 17e siècle. Jean de Launoy, théologien de la maison de Navarre et philosophe, n'avait pas admis d'être exclu de la Sorbonne en même temps qu'Antoine Arnauld, le frère de la célèbre mère Angélique de Port-Royal. Et il se mit à pourfendre ce qui lui sembla le plus facile à attaquer dans l'Eglise, c'est-à-dire les traditions populaires. Et bien sûr la Tradition des saints de Béthanie était pour lui une cible de choix (cf. l'Introduction du Christianisme en Gaule 1659). Comme vous le savez, insinuez, insinuez, il en restera toujours quelque chose. Eh bien on peut dire que Launoy a parfaitement réussi. Et cela d'autant plus qu'il fut magnifiquement relayé par Monseigneur Duchesnes, académicien, directeur de l'Ecole française de Rome et qui fut bien imprudent dans cette affaire. Aussi, malgré les mises au point de nombreux exégètes méticuleux, dont Monseigneur Bellet et le Père Sicard, les assertions très orientées de ces deux illustres personnages firent des ravages et l'on en sait aujourd'hui le résultat. Pour vous éclairer je ne vous citerai que quelques-uns des arguments des contestataires et la réalité qu'on peut très facilement leur opposer :

- 1er argument
le texte de 716, que je vous ai mentionné tout à l'heure ne peut être qu'un faux : d'abord quel serait cet Eudes, roi de France ? Ensuite à cette époque on n'utilisait pas encore l'ère nouvelle, inventée par Denys le petit, peu de temps auparavant.

Réponse
pour le premier point, le "liber pontificatis" (livre historico­liturgique on ne peut plus officiel), du huitième siècle, dit : les sarrasins... tentèrent de passer le Rhône pour s'emparer de la partie de la France où Eudes régnait. En fait, cet Eudes régna bien sur la grande Aquitaine et au-delà du Rhône, jusqu'en 735, son règne étant officiellement reconnu par Chilpéric II. Cela est bien attesté aujourd'hui.

Pour le deuxième point, l'ère nouvelle : on en trouve la première trace en Italie en 567 (dans la chronique de Victor, évêque de Tumnone). Elle fut approuvée par Félix IV (pape de 526 à 530). Elle fut introduite en Angleterre en 587. Elle est utilisée en France à Dijon, en 632, dans un acte de donation fait à l'Eglise. Il n'y a donc pas à s'étonner qu'elle ait été utilisée en 716 en Provence.

- 2e argument des contestataires
Marie-Madeleine et Lazare auraient fini leur vie en Orient et leurs sépultures seraient à... Ephèse. Décidément Ephèse serait bien gourmande. Saint Jean ne lui suffirait pas ! Il lui faudrait aussi la mère et les amis du Seigneur !

Réponse
si Ephèse abrite bien, près d'une grotte d'ailleurs, dite des "sept dormants", la sépulture d'une Madeleine, cette dernière vécut au... sixième siècle !

Si Ephèse abrite bien la sépulture d'un certain Lazare, ce dernier vécut à Cithium, à Chypre, il était moine, mourut en... 832, et est bien connu pour sa participation à la défense du culte des saintes Images ! Il est d'ailleurs amusant à cet égard de voir que ce sont justement les moines de Chypre qui affirment la présence et la sépulture en Provence des saints de Béthanie, et que la présence de Lazare à Cithium n'est absolument pas mentionnée par saint Epiphane, évêque de Salamine, au quatrième siècle, qui traitait justement de Lazare, mort selon lui en 60 ; or ce saint n'était autre que le métropolite de... Cithium précisément. A citer aussi le silence sur ces présences, de Polycarpe, évêque d'Ephèse au deuxième siècle, énumérant pourtant dans une lettre bien connue au pape Victor toutes les gloires de son siège et ne soufflant mot, et pour cause, ni de Lazare, ni de Marie-Madeleine.

- 3e argument
ce n'est qu'après la vénération de Marie-Madeleine à Vézelay au douzième siècle que la légende provençale aurait pris naissance.

Réponse
outre le peu de sérieux d'une telle affirmation après tous les faits antérieurs au 12e siècle que nous avons évoqués tout à l'heure et dont les contestataires ne pouvaient pas ne pas avoir connaissance, s'ils avaient voulu étayer un peu soigneusement leurs affirmations, il est de notoriété publique que les moines de Vézelay eux-mêmes partaient du fait provençal pour affirmer, à une certaine époque, que la dépouille de la sainte aurait été transférée chez eux, confirmant ainsi au contraire l'existence antérieure du tombeau de la sainte en Provence.

Je ne m'étendrai pas davantage, laissant à chacun le soin de se faire sa propre opinion. Toutefois, vous êtes peut-être étonnés que je ne vous ai pas parlé dans tout cela des Saintes-Marie-de-la-Mer.[3] Eh bien, venons-y.

--/--

Hercule

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Re: La France fille ainée de l'Église

Message par Hercule le Mar 4 Mar 2008 - 12:40

Bonjour,

Voici la suite et la fin du texte de Jean Aulagnier, qui malheureusement oublie de pareler de St Paul-Serge à Narbonne, l'ancien proconsul Sergius-Paulus converti par St Paul à Chypre (Actes des Apôtres) :


--/--

Les Saintes Marie (de la Mer)

C'est encore le roi René qui nous conduit à elles. Je vous ai rappelé qu'il portait à Marie-Madeleine une vénération particulière. Et en 1448, l'année suivant son passage à saint Maximin avec le futur Louis XI, il s'y arrêta à nouveau en allant, pour le Carême, faire une retraite de neuf jours à la sainte Baume. C'est lors de cette halte que le prieur, Adhémar Fidelis, lui parla des saintes Maries, cette autre tradition fortement ancrée dans le sol de notre Midi méditerranéen.

Que pouvons-nous en dire ?

1.

L'évêque d'Arles, Saint Césaire, mort le 27 août 543 laissa dans son testament ces mots : "...Je désire et vous conjure, mon Seigneur Archevêque, de ne nommer proviseur ou aumônier de l'église de Sainte Marie de Rats (l'actuelle Saintes-Marie-de-la-Mer, alors à l'embouchure du Rhone de Saint Ferreol) que celui choisi par la sainte congrégation du monastère", étant donné l'importance particulière de cette église-sanctuaire.
2.

Le testament fut conservé précieusement par les successeurs de Césaire et par les comtes de Provence, notamment Guillaume, en 992, le vainqueur des sarrasins qui saccagèrent la Camargue tout au long du huitième siècle, avant et après la bataille de Poitiers, en 732. En 720, particulièrement (soit, je le rappelle, quatre ans après que les fidèles eurent transféré dans un autre tombeau la dépouille de Marie-Madeleine), ils ne laissèrent que des ruines du monastère de Psalmodi (sur la route de Nîmes à Aigues-Morte), dont dépendait le sanctuaire. Les chroniqueurs du temps ont laissé de nombreux récits de ces opérations meurtrières. Pourtant l'église des Saintes traversa intacte cette tempête. Or ce ne fut qu'au 11ème siècle que lui succéda l'église-forteresse romane que l'on connaît aujourd'hui. Après plusieurs changements de titulaires, elle fut confiée en 1080 aux bénédictins de Montmajour.

Ce sont eux qui furent, depuis lors, les gardiens vigilants de la Tradition. Mais quelle était exactement cette dernière ?:

D'autre part, deux femmes, très proches de Jésus, Marie-Jacobé, la propre belle-sœur de la Vierge et Marie-Salomé, la mère des apôtres Jean et Jacques, seraient enterrées sous l'église,

Enfin, quatre têtes auraient été ensevelies avec elles, leur emplacement formant une croix. Notons, cela est important, que ces détails, transmis par les moines de Montmajour, avaient été notés par le maréchal du royaume d'Arles, Gervais de Tilbury, et communiqués, en 1212, par écrit à l'empereur Othon IV .

3.

Un siècle plus tard, en 1315, la tradition orale s'enracine une nouvelle fois dans l'écriture, officiellement ; le nom des deux Marie apparaît alors en clair dans l'appellation de la confrérie réunissant tous les notables de la petite ville. Cette dernière compte à l'époque 2 500 à 3 000 âmes. La confrérie est dite "des saintes Marie Jacobé et Salomé".
4.

Enfin, de nombreux miracles attestés aidaient puissamment au maintien de la Tradition, vivace parmi les habitants de la région. Ces miracles, peu ou prou, n'ont d'ailleurs jamais cessé. Parmi les plus célèbres, on peut noter la guérison subite de Pierre de Nantes, évêque de saint Paul de Léon, en 1332, qui fit grand bruit à l'époque, à la suite d'une prière aux saintes et d'un voeu de pèlerinage.

Cependant il est probable qu'on ne parlerait plus de tout cela depuis longtemps si le roi René ne s'était pas montré aussi méfiant que son illustre ancêtre, Charles II d'Anjou. Très pragmatique, il voulut en avoir le cœur net, après son entretien avec le père Fidelis. Après sa retraite à la sainte Baume, il se rendit en Camargue pour y mener sa propre enquête. Elle lui sembla sûrement suffisamment positive, puisqu'il écrivit au pape Nicolas V, en juillet, pour solliciter l'autorisation d'effectuer des fouilles sous l'église. Cela se passait, vous ai-je dit, en 1448. Je passe sur le détail des travaux, réalisés sous le contrôle pontifical de l'archevêque d'Aix, Robert Damiani, et l'évêque de Marseille, Nicolas de Brancas, pour vous dire qu'on mit successivement à jour un premier corps entier, les mains pliées en croix, puis un deuxième dont les mains étaient jointes, ensuite un crâne humain, enveloppé de plomb, enfin trois autres têtes, beaucoup plus petites, dont les emplacements figuraient bien une croix, avec celui de la première, exactement comme deux cents ans plus tôt Gervais de Tilbury l'écrivait à l'empereur Othon IV. Le détail des procès-verbaux des fouilles ne présente ensuite aucun intérêt, si ce n'est celui, majeur, d'authentifier une fois encore la Tradition, n'en déplaise à ceux qui ne daignent pas s'abaisser à de telles "sornettes", à leurs yeux.

Maintenant :

*

Si vous me parlez des conditions dans lesquelles Lazare et les siens ou les Saintes Marie sont arrivés en Provence, je vous avouerai très humblement que je n'en sais rien.
*

Si vous me parlez de la source miraculeuse que les "Marie" auraient fait jaillir, je ne sais qu'une chose, c'est qu'il existe un puits d'eau douce à quelques mètres de l'endroit où les deux corps et les quatre têtes furent découverts.
*

Si vous me parlez de Sarah la noire et des gitans, je ne sais qu'une seule chose, c'est qu'une des servantes de Lazare s'appelait effectivement Sara. Elle lui aurait été confiée par Jésus, qui l'aurait guérie et recueillie lors de ses sermons au mont des Béatitudes.

Pour le reste, sans doute des légendes n'ont-elles pas manqué, ultérieurement de noyer le tout, comme les ors, les tapis, les marbres et les encens noient encore le saint Sépulcre à Jérusalem ou la grotte de la Nativité à Bethléem, les rendant certes méconnaissables, mais n'en altérant pas, pour autant, l'impérissable réalité.

Hercule

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Re: La France fille ainée de l'Église

Message par Cessounette le Mar 4 Mar 2008 - 19:45

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:j'ai lu une fois que Louis XVI avait payé pour les autres rois avant lui...est ce vrai ?
Oui, c'est moi qui t'ai dit ça, l'autre jour... Very Happy En fait j'ai dit ça parce que les rois avant lui on tous dilapidé l'argent de la France, soit avec des guerres, soit avec des favorites vénales... En comparaison, Marie-Antoinette (la femme de Louis XVI), que l'on a accusée de mettre les caisses de l'Etat à sec, dépensait en un an ce que Madame de Pompadour (favorite de Louis XV) dépensait en un mois...

En fait, à mon sens, Louis XVI et Marie-Antoinette ont payé les excès de leurs prédécesseurs parce que, au contraire de leurs ancêtres, qui auraient réprimé la moindre tentative de soulèvement populaire, eux ont voulu éviter de faire couler le sang du peuple...

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Re: La France fille ainée de l'Église

Message par Francesco le Mer 5 Mar 2008 - 0:35

Bonjour Hercule,content de te retrouver ici.
Il y a près de cent ans, l'abbé Bolo énonçait une hypothèse en apparence étonnante: les soldats qui procédèrent à l'instigation des habiroux,à la flagellation et à la mise en croix de Jésus, disait-il, étaient très probablement des Gaulois. Mais aussi le centurion qui, témoin des prodiges survenus après que le Sauveur eut rendu le dernier soupir, s'écria: ",Vraiment cet homme était le Fils de Dieu!" Nos ancêtres les Gaulois auraient' donc été les instruments de la Passion, mais c'est également parmi eux que se trouvèrent les premiers convertis à la foi chrétienne le soir du Golgotha.
Idées tres intéressantes.Mais,il me semble que ce centurion avait un nom et,est considéré dans l'église non?Je ne suis pas certains mais ca me dit quelque chose.Ce serait intéressant de voir ce qu'en dit Catherine Emmercih,la voyante la plus fameuse du catholicisme.Mais avec la domination des romains sur les peuplades,il est presque certains que des gaulois faisaient partis de l'armée romaine.Dans le film :Gladiator,avec Russel Crow,il joue un général de l'armée romaine mais ayant une terre en provence il me semble alors,si ce personnage a déja existé(plusieurs films ont des bases historiques),il pourrait avoir été francais..... Very Happy

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Re: La France fille ainée de l'Église

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