L'imitation de Jesus Christ

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L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 20 Oct 2010 - 1:04

Rappel du premier message :

http://ijc.reseau.org/ijc.pdf

1. Qu'il faut imiter Jésus-Christ, et mépriser toutes les vanités du
monde
1. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, dit le Seigneur. Ce sont les
paroles de Jésus-Christ, par lesquelles il nous exhorte à imiter sa conduite et sa vie,
si nous voulons être vraiment éclairés et délivrés de tout aveuglement du coeur.
Que notre principale étude soit donc de méditer la vie de Jésus-Christ.
2. La doctrine de Jésus-Christ surpasse toute doctrine des Saints: et qui posséderait
son esprit y trouverait la manne cachée.
Mais il arrive que plusieurs, à force d'entendre l'Evangile, n'en sont que peu touchés,
parce qu'ils n'ont point l'esprit de Jésus-Christ.
Voulez-vous comprendre parfaitement et goûter les paroles de Jésus-Christ ?
Appliquez-vous à conformer toute votre vie à la sienne.
3. Que vous sert de raisonner profondément sur la Trinité, si vous n'êtes pas humble, et
que par-là vous déplaisez à la Trinité ?
Certes, les discours sublimes ne font pas l'homme juste et saint, mais une vie pure
rend cher à Dieu.
J'aime mieux sentir la componction que d'en savoir la définition.
Quand vous sauriez toute la Bible par coeur et toutes les sentences des philosophes,
que vous servirait tout cela sans la grâce et la charité ?
Vanité des vanités, tout n'est que vanité, hors aimer Dieu et le servir lui seul.
La souveraine richesse est de tendre au royaume du ciel par le mépris du monde.
4. Vanité donc, d'amasser des richesses périssables et d'espérer en elles.
Vanité, d'aspirer aux honneurs et de s'élever à ce qu'il y a de plus haut.
Vanité, de suivre les désirs de la chair et de rechercher ce dont il faudra bientôt être
rigoureusement puni.
Vanité, de souhaiter une longue vie et de ne pas se soucier de bien vivre.
Vanité, de ne penser qu'à la vie présente et de ne pas prévoir ce qui la suivra.
Vanité, de s'attacher à ce qui passe si vite et de ne pas se hâter vers la joie qui ne finit
point.
5. Rappelez-vous souvent cette parole du Sage: L'oeil n'est pas rassasié de ce qu'il voit,
ni l'oreille remplie de ce qu'elle entend.
Appliquez-vous donc à détacher votre coeur de l'amour des choses visibles, pour le
porter tout entier vers les invisibles, car ceux qui suivent l'attrait de leurs sens
souillent leur âme et perdent la grâce de Dieu.
http://ijc.reseau.org/
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Dernière édition par Francesco le Ven 7 Jan 2011 - 1:43, édité 1 fois

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Jeu 16 Déc 2010 - 1:25

Je lis a chaque jour une page de l'imitation qui est un des livres spirituels qui contient la plus grande sagesse....et vous,méditez vous et priez vous sur le net?

Pourquoi ne pas commencez...2 minutes par jour ce n'est pas bcp.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Ven 17 Déc 2010 - 2:06

23. De la méditation de la mort
C'en sera fait de vous bien vite ici-bas: voyez donc en quel état vous êtes.
L'homme est aujourd'hui, et demain il a disparu, et quand il n'est plus sous les yeux, il passe bien vite de l'esprit.
O stupidité et dureté du coeur humain, qui ne pense qu'au présent et ne prévoit pas l'avenir !
Dans toutes vos actions, dans toutes vos pensées, vous devriez être tel que vous seriez s'il vous fallait mourir aujourd'hui.
Si vous aviez une bonne conscience, vous craindriez peu la mort.
Il vaudrait mieux éviter le péché que fuir la mort.
Si aujourd'hui vous n'êtes pas prêt, comment le serez-vous demain ?
Demain est un jour incertain: et que savez-vous si vous aurez un lendemain ?
Que sert de vivre longtemps puisque nous nous corrigeons si peu ?
Ah ! une longue vie ne corrige pas toujours; souvent plutôt elle augmente nos crimes.
Plût à Dieu que nous eussions bien vécu dans ce monde un seul jour !
Plusieurs comptent les années de leur conversion; mais souvent, qu'ils sont peu changés, et que ces années ont été stériles !
S'il est terrible de mourir, peut-être est-il plus dangereux de vivre si longtemps.
Heureux celui à qui l'heure de sa mort est toujours présente, et qui se prépare chaque jour à mourir !
Si vous avez vu jamais un homme mourir, songez que vous aussi vous passerez par cette voie.
Le matin, pensez que vous n'atteindrez pas le soir; le soir, n'osez pas vous promettre de voir le matin.
Soyez donc toujours prêt, et vivez de telle sorte que la mort ne vous surprenne jamais.
Plusieurs sont enlevés par une mort soudaine et imprévue: car le Fils de l'homme viendra à l'heure qu'on n'y pense pas.
Quand viendra cette dernière heure, vous commencerez à juger tout autrement de votre vie passée, et vous gémirez amèrement d'avoir été si négligent et si lâche.
Qu'heureux et sage est celui qui s'efforce d'être tel dans la vie qu'il souhaite d'être trouvé à la mort.
Car rien ne donnera une si grande confiance de mourir heureusement, que le parfait mépris du monde, le désir ardent d'avancer dans la vertu, l'amour de la régularité, le travail de la pénitence, l'abnégation de soi-même et la constance à souffrir toutes sortes d'adversités pour l'amour de Jésus-Christ.
Vous pourrez faire beaucoup de bien tandis que vous êtes en santé; mais, malade, je ne sais ce que vous pourrez.
Il en est peu que la maladie rend meilleurs, comme il en est peu qui se sanctifient par de fréquents pèlerinages.
Ne comptez point sur vos amis ni sur vos proches, et ne différez point votre salut dans l'avenir; car les hommes vous oublieront plus vite que vous ne pensez.
Il vaut mieux y pourvoir de bonne heure et envoyer devant soi un peu de bien, que d'espérer dans le secours des autres.
Si vous n'avez maintenant aucun souci de vous-même, qui s'inquiétera de vous dans l'avenir ?
Maintenant le temps est d'un grand prix. Voici maintenant le temps propice, voici le jour du salut.
Mais, ô douleur ! que vous fassiez un si vain usage de ce qui pourrait vous servir à mériter de vivre éternellement !
Viendra le temps où vous désirerez un seul jour, une seule heure, pour purifier votre âme, et je ne sais si vous l'obtiendrez.
Ah ! mon frère, de quel péril, de quelle crainte terrible vous pourriez vous délivrer si vous étiez à présent toujours en crainte de la mort !
Etudiez-vous maintenant à vivre de telle sorte qu'à l'heure de la mort vous ayez plus sujet de vous réjouir que de craindre.
Apprenez maintenant à mourir au monde afin de commencer alors à vivre avec Jésus-Christ.
Apprenez maintenant à tout mépriser, afin de pouvoir alors aller librement à Jésus-Christ.
Châtiez maintenant votre corps par la pénitence afin que vous puissiez alors avoir une solide confiance.
Insensés, sur quoi vous promettez-vous de vivre longtemps, lorsque vous n'avez pas un seul jour d'assuré ?
Combien ont été trompés et arrachés subitement de leur corps !
Combien de fois avez-vous ouï dire: Cet homme a été tué d'un coup d'épée; celui-ci s'est noyé, celui-là s'est brisé en tombant d'un lieu élevé; l'un a expiré en mangeant, l'autre en jouant; l'un a péri par le feu, un autre par le fer, un autre par la peste, un autre par la main des voleurs !
Et ainsi la fin de tous est la mort, et la vie des hommes passe comme l'ombre.
Qui se souviendra de vous après votre mort, et qui priera pour vous ?
Faites, faites maintenant, mon cher frère, tout ce que vous pouvez, car vous ne savez pas quand vous mourrez, ni ce qui suivra pour vous la mort.
Tandis que vous en avez le temps, amassez des richesses immortelles.
Ne pensez qu'à votre salut, ne vous occupez que des choses de Dieu.
Faites-vous maintenant des amis, en honorant les saints et en imitant leurs oeuvres, afin qu'arrivé au terme de cette vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels.
Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger à qui les choses du monde ne sont rien.
Conservez votre coeur libre et toujours élevé vers Dieu, parce que vous n'avez point ici-bas de demeure permanente.
Que vos gémissements, vos larmes, vos prières, montent tous les jours vers le ciel afin que votre âme, après la mort, mérite de passer heureusement à Dieu.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Lun 20 Déc 2010 - 1:59

24. Du jugement et des peines des pécheurs
1. En toutes choses regardez la fin, et reportez-vous au jour où vous serez là, debout
devant le Juge sévère à qui rien n'est caché, qu'on n'apaise point par des présents,
qui ne reçoit point d'excuses, mais qui jugera selon la justice.
Pécheur misérable et insensé ! que répondrez-vous à Dieu, qui sait tous vos crimes,
vous qui tremblez quelquefois à l'aspect d'un homme irrité ?
Par quel étrange oubli de vous-même vous en allez-vous, sans rien prévoir, vers ce
jour où nul ne pourra être excusé ni défendu par un autre, mais où chacun sera pour
soi un fardeau assez pesant ?
Maintenant votre travail produit son fruit: vos larmes sont agréées, vos
gémissements écoutés, votre douleur satisfait à Dieu et purifie votre âme.
2. Il a ici-bas un grand et salutaire purgatoire, l'homme patient qui, en butte aux
outrages, s'afflige plus de la malice d'autrui que de sa propre injure; qui prie
sincèrement pour ceux qui le contristent, et leur pardonne du fonds du coeur; qui,
s'il a peiné les autres, est toujours prêt à demander pardon; qui incline à la
compassion plus qu'à la colère; qui se fait violence à lui-même, et s'efforce
d'assujettir entièrement la chair à l'esprit.
Il vaut mieux se purifier maintenant de ses péchés et retrancher ses vices, que
d'attendre de les expier en l'autre vie.
Oh ! combien nous nous trompons nous-mêmes par l'amour désordonné que nous
avons pour notre chair.
3. Que dévorera ce feu, sinon vos péchés ?
Plus vous vous épargnez vous-même à présent, et plus vous flattez votre chair, plus
ensuite votre châtiment sera terrible et plus vous amassez pour le feu éternel.
L'homme sera puni plus rigoureusement dans les choses où il a le plus péché.
Là les paresseux seront percés par des aiguillons ardents, et les intempérants
tourmentés par une faim et une soif extrêmes.
Là les voluptueux et les impudiques seront plongés dans une poix brûlante et dans
un soufre fétide; comme des chiens furieux, les envieux hurleront dans leur douleur.
4. Chaque vice aura son tourment propre.
Là les superbes seront remplis de confusion, et les avares réduits à la plus misérable
indigence.
Là une heure sera plus terrible dans le supplice, que cent années ici dans la plus dure
pénitence.
Ici quelquefois le travail cesse, on se console avec ses amis: là nul repos, nulle
consolation pour les damnés.
Soyez donc maintenant plein d'appréhension et de douleur pour vos péchés, afin de
partager, au jour du jugement, la sécurité des bienheureux.
Car les justes alors s'élèveront avec une grande assurance contre ceux qui les
auront opprimés et méprisés.
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Page 36
Alors se lèvera pour juger celui qui se soumet aujourd'hui humblement aux
jugements des hommes.
Alors l'humble et le pauvre auront une grande confiance; et de tous côtés l'épouvante
environnera le superbe.
5. Alors on verra qu'il fut sage en ce monde, celui qui apprit à être insensé et
méprisable pour Jésus-Christ.
Alors on s'applaudira des tribulations souffertes avec patience, et toute iniquité sera
muette.
Alors tous les justes seront transportés d'allégresse, et tous les impies consternés de
douleur.
Alors la chair affligée se réjouira plus que si elle avait toujours été nourrie dans les
délices.
Alors les vêtements pauvres resplendiront, et les habits somptueux perdront tout
leur éclat.
Alors la plus pauvre petite demeure sera jugée au-dessus du palais tout brillant d'or.
Alors une patience constamment soutenue sera de plus de secours que toute la
puissance du monde; et une obéissance simple, élevée plus haut que toute la
prudence du siècle.
6. Alors on trouvera plus de joie dans la pureté d'une bonne conscience que dans une
docte philosophie.
Alors le mépris des richesses aura plus de poids dans la balance que tous les trésors
de la terre.
Alors le souvenir d'une pieuse prière vous sera de plus de consolation que celui d'un
repas splendide.
Alors vous vous réjouirez plus du silence gardé que de longs entretiens.
Alors les oeuvres saintes l'emporteront sur les beaux discours.
Alors vous préférerez une vie de peine et de travail à tous les plaisirs de la terre.
Apprenez donc maintenant à supporter quelques légères souffrances afin d'être alors
délivré de souffrances plus grandes.
Eprouvez ici d'abord ce que vous pourrez dans la suite.
Si vous ne pouvez maintenant souffrir ce peu de chose, comment supporterez-vous
les tourments éternels ?
Si maintenant la moindre douleur vous cause tant d'impatience, que sera-ce donc
alors des tortures de l'enfer ?
Il y a, n'en doutez point, deux joies qu'on ne peut réunir: vous ne pouvez goûter icibas
les délices du monde, et régner ensuite avec Jésus-Christ.
7. Si vous aviez vécu jusqu'à ce jour dans les honneurs et les voluptés, de quoi cela vous
servirait-il, s'il vous fallait mourir à l'instant ?
Donc tout est vanité, hors aimer Dieu et le servir lui seul.
Car celui qui aime Dieu de tout son coeur ne craint ni la mort, ni le supplice, ni le
jugement, ni l'enfer, parce que l'amour parfait nous donne un sûr accès près de Dieu.
Mais celui qui aime encore le péché, il n'est pas surprenant qu'il redoute la mort et le
jugement.
Cependant, si l'amour ne vous éloigne pas encore du mal, il est bon qu'au moins la
crainte du feu vous retienne.
Celui qui est peu touché de la crainte de Dieu ne saurait longtemps persévérer dans
le bien, mais il tombera bientôt dans les pièges du démon.
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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Lun 20 Déc 2010 - 2:02

Il a ici-bas un grand et salutaire purgatoire, l'homme patient qui, en butte aux
outrages, s'afflige plus de la malice d'autrui que de sa propre injure; qui prie
sincèrement pour ceux qui le contristent, et leur pardonne du fonds du coeur; qui,
s'il a peiné les autres, est toujours prêt à demander pardon; qui incline à la
compassion plus qu'à la colère; qui se fait violence à lui-même, et s'efforce
d'assujettir entièrement la chair à l'esprit.
Il vaut mieux se purifier maintenant de ses péchés et retrancher ses vices, que
d'attendre de les expier en l'autre vie.
Oh ! combien nous nous trompons nous-mêmes par l'amour désordonné que nous
avons pour notre chair.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mar 21 Déc 2010 - 0:05

25. Qu'il faut travailler avec ferveur à l'amendement de sa vie
1. Soyez vigilant et fervent dans le service de Dieu et faites-vous souvent cette
demande: Pourquoi es-tu venu ici, et pourquoi as-tu quitté le siècle ?
N'était-ce pas afin de vivre pour Dieu et devenir un homme spirituel ?
Embrasez-vous du désir d'avancer parce que vous recevrez bientôt la récompense de
vos travaux, et qu'alors il n'y aura plus ni crainte ni douleur.
Maintenant un peu de travail, et puis un grand repos; que dis-je ? une joie éternelle !
Si vous agissez constamment avec ardeur et fidélité, Dieu aussi sera sans doute fidèle
et magnifique dans ses récompenses.
Vous devez conserver une ferme espérance de parvenir à la gloire; mais il ne faut pas
vous livrer à une sécurité trop profonde de peur de tomber dans le relâchement ou la
présomption.
2. Un homme qui flottait souvent, plein d'anxiété, entre la crainte et l'espérance, étant
un jour accablé de tristesse, entra dans une église; et, se prosternant devant un autel
pour prier, il disait et redisait en lui-même: Oh ! si je savais que je dusse persévérer !
Aussitôt il entendit intérieurement cette divine réponse: Si vous le saviez, que
voudriez-vous faire ? Faites maintenant ce que vous feriez alors, et vous jouirez de la
paix.
Consolé à l'instant même et fortifié, il s'abandonna sans réserve à la volonté de Dieu
et ses agitations cessèrent.
Il ne voulut point rechercher avec curiosité ce qui lui arriverait dans l'avenir; mais il
s'appliqua uniquement à connaître la volonté de Dieu et ce qui lui plaît davantage,
afin de commencer et d'achever tout ce qui est bien.
3. Espérez en Dieu, dit le Prophète, et faites le bien; habitez en paix la terre, et vous
serez nourri de ses richesses. Une chose refroidit en quelques-uns l'ardeur d'avancer
et de se corriger: la crainte des difficultés, et le travail du combat.
En effet, ceux-là devancent les autres dans la vertu, qui s'efforcent avec plus de
courage de se vaincre eux-mêmes dans ce qui leur est le plus pénible et qui contrarie
le plus leur penchant.
Car l'homme fait d'autant plus de progrès et mérite d'autant plus de grâce, qu'il se
surmonte lui-même et se mortifie davantage.
4. Il est vrai que tous n'ont pas également à combattre pour se vaincre et mourir à euxmêmes.
Cependant un homme animé d'un zèle ardent avancera bien plus, même avec de
nombreuses passions, qu'un autre à cet égard mieux disposé, mais tiède pour la
vertu.
Deux choses aident surtout à opérer un grand amendement: s'arracher avec violence
à ce que la nature dégradée convoite, et travailler ardemment à acquérir la vertu
dont on a le plus grand besoin.
Attachez-vous aussi particulièrement à éviter et à vaincre les défauts qui vous
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déplaisent le plus dans les autres.
5. Profitez de tout pour votre avancement. Si vous voyez de bons exemples ou si vous
les entendez raconter, animez-vous à les imiter.
Que si vous apercevez quelque chose de répréhensible, prenez garde de commettre la
même faute; ou, si vous l'avez quelquefois commise, tâchez de vous corriger
promptement.
Comme votre oeil observe les autres, les autres vous observent aussi.
Qu'il est consolant et doux de voir des religieux zélés, pieux, fervents, fidèles
observateurs de la règle !
Qu'il est triste, au contraire, et pénible d'en voir qui ne vivent pas dans l'ordre et qui
ne remplissent pas les engagements auxquels ils ont été appelés !
Qu'on se nuit à soi-même en négligeant les devoirs de sa vocation, et en détournant
son coeur à des choses dont on n'est point chargé !
6. Souvenez-vous de ce que vous avez promis, et que Jésus crucifié vous soit toujours
présent.
Vous avez bien sujet de rougir, en considérant la vie de Jésus-Christ, d'avoir jusqu'ici
fait si peu d'efforts pour y conformer la vôtre, quoique vous soyez depuis si
longtemps entré dans la voie de Dieu.
Un religieux qui s'exerce à méditer sérieusement et avec piété la vie très sainte et la
passion du Sauveur, y trouvera en abondance tout ce qui lui est utile et nécessaire, et
il n'a pas besoin de chercher hors de Jésus quelque chose de meilleur.
Ah ! si Jésus crucifié entrait dans notre coeur, que nous serions bientôt
suffisamment instruits !
7. Un religieux fervent reçoit bien ce qu'on lui commande et s'y soumet sans peine.
Un religieux tiède et relâché souffre tribulation sur tribulation et ne trouve de tous
côtés que la gêne, parce qu'il est privé des consolations intérieures et qu'il lui est
interdit d'en chercher au-dehors.
Un religieux qui s'affranchit de sa règle est exposé à des chutes terribles.
Celui qui cherche une vie moins contrainte et moins austère sera toujours dans
l'angoisse; car toujours quelque chose lui déplaira.
8. Comment font tant d'autres religieux qui observent, dans les cloîtres, une si étroite
discipline ?
Ils sortent rarement, ils vivent retirés, ils sont nourris très pauvrement et
grossièrement vêtus.
Ils travaillent beaucoup, parlent peu, veillent longtemps, se lèvent matin, font de
longues prières, de fréquentes lectures, et observent en tout une exacte discipline.
Considérez les chartreux, les religieux de Cîteaux, et les autres religieux et religieuses
de différents ordres, qui se lèvent toutes les nuits pour chanter les louanges de Dieu.
Il serait donc bien honteux que la paresse vous tînt encore éloigné d'un si saint
exercice lorsque déjà tant de religieux commencent à célébrer le Seigneur.
9. Oh ! si vous n'aviez autre chose à faire qu'à louer de coeur et de bouche,
perpétuellement, le Seigneur notre Dieu ! Si jamais vous n'aviez besoin de manger,
de boire, de dormir, et que vous puissiez ne pas interrompre un seul moment ces
louanges ni les autres exercices spirituels ! Vous seriez alors beaucoup plus heureux
qu'à présent, assujetti comme vous l'êtes au corps et à toutes ses nécessités.
Plût à Dieu que nous fussions affranchis de ces nécessités et que nous n'eussions à
songer qu'à la nourriture de notre âme, que nous goûtons, hélas, si rarement !
10. Quand un homme en est venu à ne chercher sa consolation dans aucune créature,
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Page 39
c'est alors qu'il commence à goûter Dieu parfaitement, et qu'il est, quoiqu'il arrive,
toujours satisfait.
Alors il ne se réjouit d'aucune prospérité et aucun revers ne le contriste; mais il
s'abandonne tout entier, avec une pleine confiance, à Dieu qui lui est tout en toutes
choses, pour qui rien ne périt, rien ne meurt, pour qui au contraire tout vit, et à qui
tout obéit sans délai.
11. Souvenez-vous toujours que votre fin approche et que le temps perdu ne revient
point. Les vertus ne s'acquièrent qu'avec beaucoup de soins et des efforts constants.
Dès que vous commencerez à tomber dans la tiédeur, vous tomberez dans le trouble.
Mais si vous persévérez dans la ferveur, vous trouverez une grande paix et vous
sentirez votre travail plus léger, à cause de la grâce de Dieu et de l'amour de la vertu.
L'homme fervent et zélé est prêt à tout.
Il est plus pénible de résister aux vices et aux passions que de supporter les fatigues
du corps.
Celui qui n'évite pas les petites fautes tombe peu à peu dans les grandes.
Vous vous réjouirez toujours le soir, quand vous aurez employé le jour avec fruit.
Veillez sur vous, excitez-vous, avertissez-vous; et quoiqu'il en soit des autres, ne vous
négligez pas vous-même.
Vous ne ferez de progrès qu'autant que vous vous ferez violence.
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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 22 Déc 2010 - 0:16

En effet, ceux-là devancent les autres dans la vertu, qui s'efforcent avec plus de
courage de se vaincre eux-mêmes dans ce qui leur est le plus pénible et qui contrarie
le plus leur penchant.
Car l'homme fait d'autant plus de progrès et mérite d'autant plus de grâce, qu'il se
surmonte lui-même et se mortifie davantage.

Comment font tant d'autres religieux qui observent, dans les cloîtres, une si étroite
discipline ?
Ils sortent rarement, ils vivent retirés, ils sont nourris très pauvrement et
grossièrement vêtus.
Ils travaillent beaucoup, parlent peu, veillent longtemps, se lèvent matin, font de
longues prières, de fréquentes lectures, et observent en tout une exacte discipline.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Ven 24 Déc 2010 - 0:46


1. De la conversation intérieure
Le royaume de Dieu est au dedans de vous, dit le Seigneur.
Revenez à Dieu de tout votre coeur, laissez là ce misérable monde, et votre âme trouvera le repos.
Apprenez à mépriser les choses extérieures et à vous donner aux intérieures, et vous verrez le royaume de Dieu venir en vous.
Car le royaume de Dieu est paix et joie dans l'Esprit Saint, ce qui n'est pas donné aux impies.
Jésus-Christ viendra à vous et il vous remplira de ses consolations, si vous lui préparez au-dedans de vous une demeure digne de lui.
Toute sa gloire et toute sa beauté est intérieure; c'est dans le secret du coeur qu'il se plaît.
Il visite souvent l'homme intérieur et ses entretiens sont doux, ses consolations ravissantes; sa paix est inépuisable, et sa familiarité incompréhensible.
Ame fidèle, hâtez-vous donc de préparer votre coeur pour l'époux, afin qu'il daigne venir et habiter en vous.
Car il a dit: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. Laissez donc entrer Jésus en vous, et n'y laissez entrer que lui.
Lorsque vous posséderez Jésus, vous serez riche et lui seul vous suffit. Il veillera sur vous, il prendra de vous un soin fidèle en toutes choses, de sorte que vous n'aurez plus besoin de rien attendre des hommes.
Car les hommes changent vite et vous manquent tout d'un coup; mais Jésus-Christ demeure éternellement: inébranlable dans sa constance, il est près de vous jusqu'à la fin.
On ne doit guère compter sur un homme fragile et mortel, encore bien qu'il vous soit utile et que vous soyez chers l'un à l'autre, et il n'y a pas lieu de s'attrister beaucoup si quelquefois il vous traverse et s'élève contre vous.
Ceux qui sont aujourd'hui pour vous pourront être demain contre vous et réciproquement: les hommes changent comme le vent.
Mettez en Dieu toute votre confiance: qu'il soit votre crainte et votre amour; il répondra pour vous et il fera ce qui est le meilleur.
Vous n'avez point ici de demeure stable; en quelque lieu que vous soyez vous êtes étranger et voyageur, et vous n'aurez jamais de repos que vous ne soyez uni intimement à Jésus-Christ.
Que cherchez-vous autour de vous ? Ce n'est pas ici le lieu de votre repos.
Votre demeure doit être dans le ciel et vous ne devez regarder toutes les choses de la terre que comme en passant.
Tout passe, et vous passez avec tout le reste.
Prenez garde de vous attacher à quoi que ce soit de peur d'en devenir l'esclave et de vous perdre.
Que sans cesse votre pensée monte vers le Très-Haut, et votre prière vers Jésus-Christ.
Si vous ne savez pas encore vous élever aux contemplations célestes, reposez-vous dans la passion du Sauveur, et aimez à demeurer dans ses plaies sacrées.
Car, si vous vous réfugiez avec amour dans ces plaies et ces précieux stigmates, vous sentirez une grande force au temps de la tribulation; vous vous inquiéterez peu du mépris des hommes et vous supporterez aisément les paroles médisantes.
Jésus-Christ aussi a été méprisé des hommes en ce monde, et dans les plus extrêmes angoisses, abandonné des siens, de ses amis, de ses proches, au milieu des opprobres.
Jésus-Christ a voulu souffrir et être méprisé; et vous osez vous plaindre de quelque chose !
Jésus-Christ a eu des ennemis et des détracteurs, et vous voudriez n'avoir que des amis et des bienfaiteurs !
Comment votre patience méritera-t'elle d'être couronnée s'il ne vous arrive rien de pénible ?
Si vous ne voulez rien souffrir, comment serez-vous ami de Jésus-Christ ?
Souffrez avec Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, si vous voulez régner avec Jésus-Christ.
Si une seule fois vous étiez entré bien avant dans le coeur de Jésus, et que vous eussiez ressenti quelque mouvement de son amour, que vous auriez peu de souci de ce qui peut vous contrarier ou vous plaire ! Vous vous réjouiriez d'un outrage reçu parce que l'amour de Jésus apprend à l'homme à se mépriser lui-même.
Celui qui aime Jésus et la vérité, un homme vraiment intérieur et dégagé de toute affection déréglée, peut librement s'approcher de Dieu et, s'élevant en esprit au-dessus de soi-même, se reposer en lui par une jouissance anticipée.
Celui qui estime les choses suivant ce qu'elles sont et non d'après les discours et l'opinion des hommes, est vraiment sage; et c'est Dieu qui l'instruit plus que les hommes.
Celui qui vit au-dedans de lui-même et qui s'inquiète peu des choses du dehors, tous les lieux lui sont bons et tous les temps pour remplir ses pieux exercices.
Un homme intérieur se recueille bien vite parce qu'il ne se répand jamais tout entier au-dehors.
Les travaux extérieurs, les occupations nécessaires en certain temps, ne le troublent point; mais il se prête aux choses selon qu'elles arrivent.
Celui qui a établi l'ordre au-dedans de soi ne se tourmente guère de ce qu'il y a de bien ou de mal dans les autres.
L'on n'a de distractions et d'obstacles qu'autant que l'on s'en crée soi-même.
Si vous étiez ce que vous devez être, entièrement libre et détaché, tout contribuerait à votre bien et à votre progrès.
Mais beaucoup de choses vous déplaisent et souvent vous troublent, parce que vous n'êtes pas encore tout à fait mort à vous-même et séparé des choses de la terre.
Rien n'embarrasse et ne souille tant le coeur de l'homme que l'amour impur des créatures.
Si vous rejetez les consolations du dehors, vous pourrez contempler les choses du ciel et goûter souvent les joies intérieures.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Ven 24 Déc 2010 - 0:50

Le royaume de Dieu est au dedans de vous, dit le Seigneur.

Car les hommes changent vite et vous manquent tout d'un coup; mais Jésus-Christ demeure éternellement: inébranlable dans sa constance, il est près de vous jusqu'à la fin.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 29 Déc 2010 - 0:19

2. Qu'il faut s'abandonner à Dieu en esprit d'humilité
Inquiétez-vous peu qui est pour vous ou contre vous; mais prenez soin que Dieu soit avec vous en tout ce que vous faites.
Ayez la conscience pure et Dieu prendra votre défense.
Toute la malice des hommes ne saurait nuire à celui que Dieu veut protéger.
Si vous savez vous taire et souffrir, Dieu sans doute vous assistera.
Il sait le temps et la manière de vous délivrer: abandonnez-vous donc à lui.
C'est de Dieu que vient le secours, c'est lui qui délivre de la confusion.
Il est souvent très utile, pour nous retenir dans une plus grande humilité, que les autres soient instruits de nos défauts et qu'ils nous les reprochent.
Quand un homme s'humilie de ses défauts, il apaise aisément les autres et se concilie sans peine ceux qui sont irrités contre lui.
Dieu protège l'humble et le délivre, il aime l'humble et le console, il s'incline vers l'humble et lui prodigue ses grâces, et après l'abaissement, il l'élève dans la gloire.
Il révèle à l'humble ses secrets, il l'invite et l'attire doucement à lui.
Quelque affront qu'il reçoive, l'humble vit encore en paix, parce qu'il s'appuie sur Dieu et non sur le monde.
Ne pensez pas avoir fait de progrès si vous ne vous croyez au-dessous de tous les autres.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 29 Déc 2010 - 21:27

3. De l'homme pacifique
Conservez-vous premièrement dans la paix: et alors vous pourrez la donner aux autres.
Le pacifique est plus utile que le savant.
Un homme passionné change le bien en mal, et croit le mal aisément. L'homme paisible et bon ramène tout au bien.
Celui qui est affermi dans la paix ne pense mal de personne; mais l'homme inquiet et mécontent est agité de divers soupçons: il n'a jamais de repos, et n'en laisse point aux autres.
Il dit souvent ce qu'il ne faudrait pas dire, et ne fait pas ce qu'il faudrait faire.
Attentif aux devoirs des autres, il néglige ses propres devoirs.
Ayez donc premièrement du zèle pour vous-même, et vous pourrez ensuite avec justice l'étendre sur le prochain.
Vous savez bien colorer et excuser vos fautes, et vous ne voulez pas recevoir les excuses des autres.
Il serait plus juste de vous accuser vous-même et d'excuser votre frère.
Si vous voulez qu'on vous supporte, supportez aussi les autres.
Voyez combien vous êtes loin encore de la vraie charité et de l'humilité, qui jamais ne s'irrite et ne s'indigne que contre elle-même.
Ce n'est pas une grande chose de bien vivre avec les hommes doux et bons, car cela plaît naturellement à tous; chacun aime son repos, et s'affectionne à ceux qui partagent ses sentiments.
Mais vivre en paix avec des hommes durs, pervers, sans règle, ou qui nous contrarient, c'est une grande grâce, une vertu courageuse digne d'être louée.
Il y en a qui sont en paix avec eux-mêmes et avec les autres.
Et il y en a qui n'ont point la paix, et qui troublent celle d'autrui: ils sont à charge aux autres, et plus à charge à eux-mêmes.
Il y en a, enfin, qui se maintiennent dans la paix et qui s'efforcent de la rendre aux autres.
Au reste toute notre paix dans cette misérable vie, consiste plus dans une souffrance humble que dans l'exemption de la souffrance.
Qui sait le mieux souffrir possédera la plus grande paix. Celui-là est vainqueur de soi et maître du monde, ami de Jésus-Christ et héritier du ciel.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 29 Déc 2010 - 21:29

Qui sait le mieux souffrir possédera la plus grande paix. Celui-là est vainqueur de soi et maître du monde, ami de Jésus-Christ et héritier du ciel.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Sam 1 Jan 2011 - 1:16

4. De la pureté d'esprit et de la droiture d'intention
L'homme s'élève au-dessus de la terre sur deux ailes, la simplicité et la pureté.
La simplicité doit être dans l'intention, et la pureté dans l'affection.
La simplicité cherche Dieu, la pureté le trouve et le goûte.
Nulle bonne oeuvre ne vous sera difficile si vous êtes libre au-dedans de toute affection déréglée.
Si vous ne voulez que ce que Dieu veut et ce qui est utile au prochain, vous jouirez de la liberté intérieure.
Si votre coeur était droit, alors toute créature vous serait un miroir de vie et un livre rempli de saintes instructions.
Il n'est point de créature si petite et si vile qui ne présente quelque image de la bonté de Dieu.
Si vous aviez en vous assez d'innocence et de pureté, vous verriez tout sans obstacle. Un coeur pur pénètre le ciel et l'enfer.
Chacun juge des choses du dehors selon ce qu'il est au-dedans de lui-même.
S'il est quelque joie dans le monde, le coeur pur la possède.
Et s'il y a des angoisses et des tribulations, avant tout elles sont connues de la mauvaise conscience.
Comme le fer mis au feu perd sa rouille et devient tout étincelant, ainsi celui qui se donne sans réserve à Dieu se dépouille de sa langueur et se change en un homme nouveau.
Quand l'homme commence à tomber dans la tiédeur, alors il craint le moindre travail et reçoit avidement les consolations du dehors.
Mais quand il commence à se vaincre parfaitement et à marcher avec courage dans la voie de Dieu, alors il compte pour rien ce qui lui était le plus pénible.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Sam 1 Jan 2011 - 1:18

Comme le fer mis au feu perd sa rouille et devient tout étincelant, ainsi celui qui se donne sans réserve à Dieu se dépouille de sa langueur et se change en un homme nouveau.
Quand l'homme commence à tomber dans la tiédeur, alors il craint le moindre travail et reçoit avidement les consolations du dehors.
Mais quand il commence à se vaincre parfaitement et à marcher avec courage dans la voie de Dieu, alors il compte pour rien ce qui lui était le plus pénible.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Dim 2 Jan 2011 - 23:00

5. De la considération de soi-même
Nous ne devons pas trop compter sur nous-mêmes, parce que souvent la grâce et le jugement nous manquent.
Nous n'avons en nous que peu de lumière, et ce peu, il est aisé de le perdre par négligence.
Souvent nous ne nous apercevons pas combien nous sommes aveugles au-dedans de nous.
A de mauvaises actions souvent nous donnons de pires excuses.
Quelquefois nous sommes mus par la passion et nous croyons que c'est par le zèle.
Nous relevons de petites fautes dans les autres et nous nous en permettons de plus grandes.
Nous sentons bien vite et nous pesons ce que nous souffrons des autres; mais tout ce qu'ils ont à souffrir de nous, nous n'y songeons point.
Qui se jugerait équitablement soi-même, sentirait qu'il n'a droit de juger personne sévèrement.
L'homme intérieur préfère le soin de soi-même à tout autre soin: et lorsqu'on est attentif à soi, on se tait aisément sur les autres.
Vous ne serez jamais un homme intérieur et vraiment pieux, si vous ne gardez le silence sur ce qui vous est étranger, et si vous ne vous occupez principalement de vous-même.
Si vous n'avez que Dieu et vous-même en vue, vous serez peu touché de ce que vous apercevrez au-dehors.
Où êtes-vous quand vous n'êtes pas présent à vous-même ? Et que vous revient-il d'avoir tout parcouru, et de vous être oublié ?
Si vous voulez posséder la paix et être véritablement uni à Dieu, il faut laisser là tout le reste, et ne penser qu'à vous seul.
Vous ferez de grands progrès si vous vous dégagez de tous les soins du temps.
Vous serez, au contraire, fatigué bien vite, si vous comptez pour quelque chose ce qui n'est que de ce monde.
Qu'il n'y ait rien de grand à vos yeux, d'élevé, de doux, d'aimable, que Dieu seul, ou ce qui vient de Dieu.
Regardez comme une pure vanité toute consolation qui repose sur la créature.
L'âme qui aime Dieu méprise tout ce qui est au-dessous de Dieu.
Dieu seul, éternel, immense et remplissant tout, est la consolation de l'âme et la vraie joie du coeur.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Tertullien le Mar 4 Jan 2011 - 16:39

@Francesco a écrit:Je lis a chaque jour une page de l'imitation qui est un des livres spirituels qui contient la plus grande sagesse....et vous,méditez vous et priez vous sur le net?

Pourquoi ne pas commencez...2 minutes par jour ce n'est pas bcp.

J'ai une version de 1927 que je lis presque quotidiennement dans les transports (ou bien le Nouveau Testament de mon diocèse) !
Les gens me regardent comme une bête curieuse car l'on voit bien que c'est un livre religieux (relié en cuir, pages dorées avec des enluminures).
Certains doivent penser que c'est le Coran car j'ai un air sémite (plus séfarade en fait)

Un régal pour les yeux et surtout pour l'âme !

C'est une des manières que j'ai trouvée d'interpeler les païens.
Certains laissent trainer leurs yeux et semblent intéressés Wink


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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 5 Jan 2011 - 20:03

Un régal pour les yeux et surtout pour l'âme !

En effet,ce livre est un trésor de sagesse.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 5 Jan 2011 - 20:36

[/quote][/b]6. De la joie d'une bonne conscience
La gloire de l'homme de bien est le témoignage de sa conscience.
Ayez la conscience pure et vous posséderez toujours la joie.
La bonne conscience peut supporter beaucoup de choses et elle est pleine de joie dans les adversités.
La mauvaise conscience est toujours inquiète et troublée.
Vous jouirez d'un repos ravissant si votre coeur ne vous reproche rien.
Ne vous réjouissez que d'avoir fait le bien.
Les méchants n'ont jamais de véritable joie, ils ne possèdent point la paix intérieure, parce qu'il n'y a point de paix pour l'impie, dit le Seigneur.
Et s'ils disent: Nous sommes dans la paix, les maux ne viendront pas sur nous; et qui oserait nous nuire ? ne les croyez pas car la colère de Dieu se lèvera soudain, et leurs oeuvres seront réduites à rien, et leurs pensées périront.
Se faire un sujet de gloire de la tribulation n'est pas difficile à celui qui aime: car se glorifier ainsi, c'est se glorifier dans la croix de Jésus-Christ.
La gloire que les hommes donnent et reçoivent est courte.
La tristesse accompagne toujours la gloire du monde.
La gloire des bons est dans leur conscience et non dans la bouche des hommes.
L'allégresse des justes est de Dieu et en Dieu, et leur joie vient de la vérité.
Celui qui désire la gloire véritable et éternelle dédaigne la gloire du temps.
Et celui qui recherche la gloire du temps et ne la méprise pas de toute son âme montre qu'il aime peu la gloire éternelle.
Il jouit d'une grande tranquillité de coeur, celui que n'émeut ni la louange ni le blâme.
Il sera aisément en paix et content, celui dont la conscience est pure.
Vous n'êtes pas plus saint parce qu'on vous loue, ni plus imparfait parce qu'on vous blâme.
Vous êtes ce que vous êtes, et tout ce qu'on pourra dire ne vous fera pas plus grand que vous ne l'êtes aux yeux de Dieu.
Si vous considérez bien ce que vous êtes en vous-même, vous vous embarrasserez peu de ce que les hommes disent de vous.
L'homme voit le visage, mais Dieu voit le coeur. L'homme regarde les actions; mais Dieu pèse l'intention.
Faire toujours bien et s'estimer peu, c'est le signe d'une âme humble.
Ne vouloir de consolation d'aucune créature, c'est la marque d'une grande pureté et d'une grande confiance intérieure.
Quand on ne cherche au-dehors aucun témoignage en sa faveur, il est manifeste qu'on s'est entièrement remis à Dieu.
Car ce n'est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, dit Saint Paul, mais celui que Dieu recommande.
Avoir toujours Dieu présent au-dedans de soi et ne tenir à rien au-dehors, c'est l'état de l'homme intérieur.
[b][quote]

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 5 Jan 2011 - 20:38

L'homme voit le visage, mais Dieu voit le coeur. L'homme regarde les actions; mais Dieu pèse l'intention.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Ven 7 Jan 2011 - 1:44

7. Qu'il faut aimer Jésus-Christ par-dessus toutes choses
Heureux celui qui comprend ce que c'est que d'aimer Jésus, et de se mépriser soi-même à cause de Jésus.
Il faut que notre amour pour lui nous détache de tout autre amour, parce que Jésus veut être aimé seul par-dessus toutes choses.
L'amour de la créature est trompeur et passe bientôt; l'amour de Jésus est stable et fidèle.
Celui qui s'attache à la créature tombera avec elle; celui qui s'attache à Jésus sera pour jamais affermi.
Aimez et conservez pour ami Celui qui ne vous quittera point alors que tous vous abandonneront, et qui, quand viendra votre fin, ne vous laissera point périr.
Que vous le vouliez ou non, il vous faudra un jour être séparé de tout.
Vivant et mourant, tenez-vous donc près de Jésus et confiez-vous à la fidélité de celui qui seul peut vous secourir lorsque tout vous manquera.
Tel est votre bien-aimé, qu'il ne veut point de partage; il veut posséder seul votre coeur et y régner comme un roi sur le trône qui est à lui.
Si vous saviez bannir de votre âme toutes les créatures, Jésus se plairait à demeurer en vous.
Vous trouverez avoir perdu presque tout ce que vous aurez établi sur les hommes et non sur Jésus !
Ne vous appuyez point sur un roseau qu'agite le vent et n'y mettez pas votre confiance, car toute chair est comme l'herbe, et sa gloire passe comme la fleur des champs.
Vous serez trompé souvent si vous jugez des hommes d'après ce qui paraît au-dehors; au lieu des avantages et du soulagement que vous cherchez en eux, vous n'éprouverez presque toujours que du préjudice.
Cherchez Jésus en tout, et en tout vous trouverez Jésus. Si vous vous cherchez vous-même, vous vous trouverez aussi, mais pour votre perte.
Car l'homme qui ne cherche pas Jésus se nuit plus à lui-même que tous ses ennemis et que le monde entier.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Sam 8 Jan 2011 - 0:19

8. De la familiarité que l'amour établit entre Jésus et l'âme fidèle
Quand Jésus est présent, tout est doux et rien ne semble difficile; mais quand Jésus se retire, tout fatigue.
Quand Jésus ne parle pas au-dedans, nulle consolation n'a de prix; mais si Jésus dit une seule parole, on est merveilleusement consolé.
Marie-Madeleine ne se leva-t'elle pas aussitôt du lit où elle pleurait, lorsque Marthe lui dit: Le maître est là, et vous appelle ?
Heureux moment où Jésus appelle des larmes à la joie de l'esprit !
Combien, sans Jésus, n'êtes-vous pas aride et insensible !
Et quelle vanité, quelle folie, si vous désirez autre chose que Jésus-Christ ! Ne serait-ce pas une plus grande perte que si vous aviez perdu le monde entier ?
Que peut vous donner le monde sans Jésus ?
Etre sans Jésus, c'est un insupportable enfer; être avec Jésus, c'est un paradis de délices.
Si Jésus est avec vous, nul ennemi ne pourra vous nuire.
Qui trouve Jésus trouve un trésor immense, ou plutôt un bien au-dessus de tout bien.
Qui perd Jésus perd plus et beaucoup plus que s'il perdait le monde entier.
Vivre sans Jésus, c'est le comble de l'indigence; être uni à Jésus, c'est posséder des richesses infinies.
C'est un grand art que de savoir converser avec Jésus, et une grande prudence que de savoir le retenir près de soi.
Soyez humble et pacifique, et Jésus sera avec vous.
Que votre vie soit pieuse et calme, et Jésus demeurera près de vous.
Vous éloignerez bientôt Jésus et vous perdrez sa grâce, si vous voulez vous répandre au-dehors.
Et si vous l'éloignez et le perdez, qui sera votre refuge et quel autre ami chercherez-vous ?
Vous ne sauriez vivre heureux sans ami; et si Jésus n'est pas pour vous un ami au-dessus de tous les autres, n'attendez que tristesse et désolation.
Qu'insensé vous êtes, si vous mettez en quelque autre votre confiance ou votre joie !
Il vaudrait mieux avoir le monde entier contre vous, que d'être dans la disgrâce de Jésus.
Qu'il vous soit donc plus cher que tout ce qui vous est cher.
Aimez tous les autres pour Jésus, et Jésus pour lui-même.
Lui seul doit être aimé uniquement, parce qu'il est le seul ami bon, fidèle, entre tous les amis.
Aimez en lui et à cause de lui vos amis et vos ennemis, et priez-le pour tous afin que tous le connaissent et l'aiment.
Ne souhaitez jamais d'obtenir aucune préférence dans l'estime ou l'amour des hommes; car cela n'appartient qu'à Dieu, qui n'a point d'égal.
Ne désirez point que quelqu'un s'occupe de vous dans son coeur, et ne soyez vous-même préoccupé de l'amour de personne; mais que Jésus soit en vous et en tout homme de bien
Soyez pur et libre au-dedans, sans aucune attache à la créature.
Il vous faut être dépouillé de tout, et offrir à Dieu un coeur pur, si vous voulez être libre et goûter comme le Seigneur est doux.
Et certes, jamais vous n'y parviendrez si sa grâce ne vous prévient et ne vous attire: de sorte qu'ayant exclu et banni tout le reste, vous soyez seul uni à lui seul.
Car lorsque la grâce de Dieu visite l'homme, alors il peut tout; et quand elle se retire, alors il est pauvre et infirme, et ne semble réservé qu'aux châtiments.
En cet état même, il ne doit ni se laisser abattre ni désespérer, mais il doit se soumettre avec calme à la volonté de Dieu et souffrir pour l'amour de Jésus-Christ tout ce qui lui arrive: car l'été succède à l'hiver, après la nuit revient le jour, et après la tempête une grande sérénité.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Dim 9 Jan 2011 - 0:30

9. De la privation de toute consolation
Il n'est pas difficile de mépriser les consolations humaines quand on jouit des consolations divines.
Mais il est grand et très grand de consentir à être privé tout à la fois des consolations des hommes et de celles de Dieu, de supporter volontairement pour sa gloire cet exil du coeur, de ne se rechercher en rien, et de ne faire aucun retour sur ses propres mérites.
Qu'y a-t'il d'étonnant si vous êtes rempli d'allégresse et de ferveur lorsque la grâce descend en vous ? C'est pour tous l'heure désirable.
Il avance aisément et avec joie, celui que la grâce soulève.
Comment sentirait-il son fardeau, quand il est porté par le Tout-Puissant et conduit par le guide suprême ?
Toujours nous cherchons quelque soulagement, et difficilement l'homme se dépouille de lui-même.
Fidèle à son évêque, le saint martyr Laurent vainquit le siècle parce qu'il méprisa tout ce que le monde offre de séduisant, et qu'il souffrit en paix, pour l'amour de Jésus-Christ, d'être séparé du souverain prêtre de Dieu, de Sixte, qu'il aimait avec une vive tendresse.
Pour l'amour du Créateur surmontant l'amour de l'homme, aux consolations humaines il préféra le bon plaisir divin.
Et vous aussi, apprenez donc à quitter, pour l'amour de Dieu, l'ami le plus cher et le plus intime.
Et ne murmurez point s'il arrive que votre ami vous abandonne, sachant qu'après tout il faudra bien un jour se séparer tous.
Ce n'est pas sans combattre beaucoup et longtemps en lui-même, que l'homme apprend à se vaincre pleinement et à reporter en Dieu toutes ses affections.
Lorsqu'il s'appuie sur lui-même, il se laisse aisément aller aux consolations humaines.
Mais celui qui a vraiment l'amour de Jésus-Christ et le zèle de la vertu ne cède point à l'attrait des consolations, et ne cherche point les douceurs sensibles; il désire plutôt de fortes épreuves, et de souffrir de durs travaux pour Jésus-Christ.
Quand donc Dieu vous accorde quelque consolation spirituelle, recevez-la avec actions de grâces; mais reconnaissez-y le don de Dieu et non votre propre mérite.
Ne vous en élevez pas, n'en ayez point trop de joie, n'en concevez pas une vaine présomption. Que cette grâce, au contraire, vous rende plus humble, plus vigilant, plus timide dans toutes vos actions; car ce moment passera et sera suivi de la tentation.
Quand la consolation vous est ôtée, ne vous découragez pas aussitôt; mais attendez avec humilité et avec patience que Dieu vous visite de nouveau: car il est tout-puissant pour vous consoler encore plus.
Cela n'est ni nouveau ni étrange pour ceux qui ont l'expérience des voies de Dieu: les grands saints et les anciens prophètes ont souvent éprouvé ces vicissitudes.
Un d'eux, sentant la présence de la grâce, s'écriait: J'ai dit dans mon abondance: Je ne serai jamais ébranlé ! Mais la grâce s'étant retirée, il ajoutait: Vous avez détourné de moi votre face, et j'ai été rempli de trouble.
Dans ce trouble cependant, il ne désespère point; mais il prie le Seigneur avec plus d'insistance, disant: Seigneur, je crierai vers vous, et j'implorerai mon Dieu.
Enfin il recueille le fruit de sa prière et il témoigne qu'il a été exaucé: Le Seigneur m'a écouté, il a eu pitié de moi, le Seigneur s'est fait mon appui.
Mais comment ? Vous avez, dit-il, changé mes gémissements en chants d'allégresse, et vous m'avez environné de joie.
Or, puisque Dieu en use ainsi avec les plus grands saints, nous ne devons pas perdre courage, pauvres infirmes que nous sommes, si quelquefois nous éprouvons de la ferveur et quelquefois du refroidissement: car l'esprit de Dieu vient et se retire comme il lui plaît. Ce qui faisait dire au bienheureux Job: Vous visitez l'homme dès le matin, et aussitôt vous l'éprouvez.
En quoi donc espérer, et en quoi mettre ma confiance, si ce n'est uniquement dans la grande miséricorde de mon Dieu et dans l'attente de la grâce céleste ?
Car, soit que j'aie près de moi des hommes vertueux, des religieux fervents, des amis fidèles; soit que je lise de saints livres et d'éloquents traités, soit que j'entende le doux chant des hymnes, tout cela aide peu et ne touche guère quand la grâce se retire, et que je suis délaissé dans ma propre indigence.
Alors il n'est point de meilleur remède qu'une humble patience et l'abandon de soi-même à la volonté de Dieu.
Je n'ai jamais rencontré d'homme si pieux et si parfait qui n'ait éprouvé quelquefois cette privation de la grâce et une diminution de ferveur.
Nul saint n'a été ravi si haut ni si rempli de lumière qu'il n'ait été tenté avant ou après.
Car il n'est pas digne d'être élevé jusqu'à la contemplation de Dieu, celui qui n'a pas souffert pour Dieu quelque tribulation.
La tentation annonce d'ordinaire la consolation qui doit suivre.
Car la consolation céleste est promise à ceux qu'a éprouvés la tentation. Celui qui vaincra, dit le Seigneur, je lui donnerai à manger du fruit de l'arbre de vie.
La consolation divine est donnée afin que l'homme ait plus de force pour soutenir l'adversité.
La tentation vient après, afin qu'il ne s'enorgueillisse pas du bien.
Car Satan ne dort point, et la chair n'est pas encore morte: c'est pourquoi ne cessez de vous préparer au combat, parce qu'à droite et à gauche sont des ennemis qui ne se reposent jamais.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Mer 12 Jan 2011 - 1:44

10. De la reconnaissance pour la grâce de Dieu
Pourquoi cherchez-vous le repos lorsque vous êtes né pour le travail ?
Disposez-vous à la patience plutôt qu'aux consolations, et à porter la croix plutôt qu'à goûter la joie.
Quel est l'homme du siècle qui ne reçut volontiers les joies et les consolations spirituelles, s'il pouvait en jouir toujours ?
Car les consolations spirituelles surpassent toutes les délices du monde et toutes les voluptés de la chair.
Toutes les délices du monde sont ou honteuses ou vaines; les délices spirituelles sont seules douces et chastes, nées des vertus et répandues par Dieu dans les coeurs purs.
Mais nul ne peut jouir toujours à son gré des consolations divines, parce que la tentation ne cesse jamais longtemps.
Une fausse liberté d'esprit et une grande confiance en soi-même forment un grand obstacle aux visites d'en-haut.
Dieu accorde à l'homme un grand bien en lui donnant la grâce de la consolation; mais l'homme fait un grand mal quand il ne remercie pas Dieu de ce don et ne le lui rapporte pas tout entier.
Si la grâce ne coule point abondamment sur nous, c'est que nous sommes ingrats envers son auteur, et que nous ne remontons point à sa source première.
Car la grâce n'est jamais refusée à celui qui la reçoit avec gratitude, et Dieu ordinairement donne à l'humble ce qu'il ôte au superbe.
Je ne veux point de la consolation qui m'ôte la componction; je n'aspire point à la contemplation qui conduit à l'orgueil.
Car tout ce qui est élevé n'est pas saint; tout ce qui est doux n'est pas bon; tout désir n'est pas pur; tout ce qui est cher à l'homme n'est pas agréable à Dieu.
J'aime une grâce qui me rend plus humble, plus vigilant, plus prêt à me renoncer moi-même.
L'homme instruit par le don de la grâce et par sa privation n'osera s'attribuer aucun bien, mais plutôt il confessera son indigence et sa nudité.
Donnez à Dieu ce qui est à Dieu; et ce qui est de vous, ne l'imputez qu'à vous. Rendez gloire à Dieu de ses grâces; et reconnaissez que n'ayant rien à vous que le péché, rien ne vous est dû que la peine du péché.
Mettez-vous toujours à la dernière place et la première vous sera donnée; car ce qui est le plus élevé s'appuie sur ce qui est le plus bas.
Les plus grands saints aux yeux de Dieu sont les plus petits à leurs propres yeux; et plus leur vocation est sublime, plus ils sont humbles dans leur coeur.
Pleins de la vérité et de la gloire céleste, ils ne sont pas avides d'une gloire vaine.
Fondés et affermis en Dieu, ils ne sauraient s'élever en eux-mêmes.
Rapportant à Dieu tout ce qu'ils ont reçu de bien, ils ne recherchent point la gloire que donnent les hommes et ne veulent que celle qui vient de Dieu seul; leur unique but, leur unique désir, est qu'il soit glorifié en lui-même et dans tous les saints, par-dessus toutes choses.
Soyez donc reconnaissants des moindres grâces et vous mériterez d'en recevoir de plus grandes.
Que le plus léger don, la plus petite faveur aient pour vous autant de prix que le don le plus excellent et la faveur la plus singulière.
Si vous considérez la grandeur de celui qui donne, rien de ce qu'il donne ne vous paraîtra petit ni méprisable; car peut-il être quelque chose de tel dans ce qui vient d'un Dieu infini ?
Vous envoie-t'il des peines et des châtiments, recevez-les encore avec joie, car c'est toujours pour notre salut qu'il fait ou qu'il permet tout ce qui nous arrive.
Voulez-vous conserver la grâce de Dieu, soyez reconnaissant lorsqu'il vous la donne, patient lorsqu'il vous l'ôte. Priez pour qu'elle vous soit rendue, et soyez humble et vigilant pour ne pas la perdre.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Jeu 13 Jan 2011 - 1:15

11. Du petit nombre de ceux qui aiment la Croix de Jésus-Christ
Il y en a beaucoup qui désirent le céleste royaume de Jésus, mais peu consentent à porter sa Croix.
Beaucoup souhaitent ses consolations, mais peu aiment ses souffrances.
Il trouve beaucoup de compagnons de sa table, mais peu de son abstinence.
Tous veulent partager sa joie; mais peu veulent souffrir quelque chose pour lui.
Plusieurs suivent Jésus jusqu'à la fraction du pain, mais peu jusqu'à boire le calice de sa passion.
Plusieurs admirent ses miracles; mais peu goûtent l'ignominie de sa Croix.
Plusieurs aiment Jésus pendant qu'il ne leur arrive aucune adversité.
Plusieurs le louent et le bénissent, tandis qu'ils reçoivent ses consolations.
Mais si Jésus se cache et les délaisse un moment, ils tombent dans le murmure ou dans un excessif abattement.
Mais ceux qui aiment Jésus pour Jésus et non pour eux-mêmes, le bénissent dans toutes les tribulations et dans l'angoisse du coeur comme dans les consolations les plus douces.
Et quand il ne voudrait jamais les consoler, toujours cependant ils le loueraient, toujours ils lui rendraient grâces.
Oh ! que ne peut l'amour de Jésus, quand il est pur et sans mélange d'amour ni d'intérêt propre !
Ne sont-ce pas des mercenaires ceux qui cherchent toujours des consolations ?
Ne prouvent-ils pas qu'ils s'aiment eux-mêmes plus que Jésus-Christ, ceux qui pensent toujours à leurs gains et à leurs avantages ?
Où trouvera-t'on quelqu'un qui veuille servir Dieu pour Dieu seul ?
Rarement on rencontre un homme assez avancé dans les voies spirituelles pour être dépouillé de tout.
Car le véritable pauvre d'esprit, détaché de toute créature, qui le trouvera ? Il faut le chercher bien loin, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Si l'homme donne tout ce qu'il possède, ce n'est encore rien.
S'il fait une grande pénitence, c'est peu encore.
Et s'il embrasse toutes les sciences, il est encore loin.
Et s'il a une grande vertu et une piété fervente, il lui manque encore beaucoup, il lui manque une chose souverainement nécessaire.
Qu'est-ce encore ? C'est qu'après avoir tout quitté, il se quitte aussi lui-même et se dépouille entièrement de l'amour de soi.
C'est enfin qu'après avoir fait tout ce qu'il sait devoir faire, il pense encore n'avoir rien fait.
Qu'il estime peu ce qu'on pourrait regarder comme quelque chose de grand, et qu'en toute sincérité il confesse qu'il est un serviteur inutile, selon la parole de la Vérité: Quand vous aurez fait tout ce qui vous est commandé, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles.
Alors il sera vraiment pauvre et séparé de tout en esprit, et il pourra dire avec le prophète: Oui, je suis pauvre et seul dans le monde.
Nul cependant n'est plus riche, plus puissant, plus libre, que celui qui sait quitter tout et soi-même, et se mettre au dernier rang.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Ven 14 Jan 2011 - 0:37

12. De la sainte voie de la Croix
Cette parole semble dure à plusieurs: Renoncez à vous-mêmes, prenez votre Croix, et suivez Jésus.
Mais il sera bien plus dur, au dernier jour, d'entendre cette parole: Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel !
Ceux qui écoutent maintenant volontiers la parole qui commande de porter la Croix, et qui y obéissent, ne craindront point alors d'entendre l'arrêt d'une éternelle condamnation.
Ce signe de la Croix sera dans le Ciel lorsque le Seigneur viendra pour juger.
Alors tous les disciples de la Croix, qui auront imité pendant leur vie Jésus crucifié, s'approcheront avec une grande confiance de Jésus-Christ juge.
Pourquoi donc craignez-vous de porter la Croix, par laquelle on arrive au royaume du ciel ?
Dans la Croix est le salut, dans la Croix la vie, dans la Croix la protection contre nos ennemis.
C'est de la Croix que découlent les suavités célestes.
Dans la Croix est la force de l'âme; dans la Croix la joie de l'esprit, la consommation de la vertu, la perfection de la sainteté.
Il n'y a de salut pour l'âme et d'espérance de vie éternelle, que dans la Croix.
Prenez donc votre Croix et suivez Jésus, et vous parviendrez à l'éternelle félicité.
Il vous a précédé portant sa Croix et il est mort pour vous sur la Croix afin que vous aussi vous portiez votre Croix, et que vous aspiriez à mourir sur la Croix.
Car si vous mourez avec lui, vous vivrez aussi avec lui; et si vous partagez ses souffrances, vous partagerez sa gloire.
Ainsi tout est dans la Croix, et tout consiste à mourir. Il n'est point d'autre voie qui conduise à la vie et à la véritable paix du coeur que la voie de la Croix et d'une mortification continuelle.
Allez où vous voudrez, cherchez tout ce que vous voudrez, vous ne trouverez pas au-dessus une voie plus élevée, au-dessous une voie plus sûre que la voie de la sainte Croix.
Disposez de tout selon vos vues, réglez tout selon vos désirs, et toujours vous trouverez qu'il vous faut souffrir quelque chose, que vous le vouliez ou non; et ainsi vous trouverez toujours la Croix.
Car, ou vous sentirez de la douleur dans le corps, ou vous éprouverez de l'amertume dans l'âme.
Tantôt vous serez délaissé de Dieu, tantôt exercé par le prochain, et, ce qui est plus encore, vous serez souvent à charge à vous-même.
Vous ne trouverez à vos peines aucun remède, aucun soulagement; mais il vous faudra souffrir aussi longtemps que Dieu le voudra.
Car Dieu veut que vous appreniez à souffrir sans consolations et que vous vous soumettiez à lui sans réserve, et que vous deveniez plus humble par la tribulation.
Nul n'a si avant dans son coeur la passion de Jésus-Christ que celui qui a souffert quelque chose de semblable.
La Croix est donc toujours préparée; elle vous attend partout.
Vous ne pouvez la fuir, quelque part que vous alliez; puisque partout où vous irez, vous vous porterez et vous trouverez toujours vous-même.
Elevez-vous, abaissez-vous, sortez de vous-même, rentrez-y; toujours vous trouverez la Croix; et il faut que partout vous preniez patience, si vous voulez la paix intérieure et mériter la couronne immortelle.
Si vous portez de bon coeur la Croix, elle-même vous portera et vous conduira au terme désiré, où vous cesserez de souffrir; mais ce ne sera pas en ce monde.
Si vous la portez à regret, vous en augmentez le poids, vous rendez votre fardeau plus dur, et cependant il vous faut la porter.
Si vous rejetez une Croix, vous en trouverez certainement une autre, et peut-être plus pesante.
Croyez-vous échapper à ce que nul homme n'a pu éviter ? Quel saint a été dans ce monde sans croix et sans tribulation ?
Jésus-Christ lui-même, Notre-Seigneur, n'a pas été une seule heure dans toute sa vie sans éprouver quelque souffrance: Il fallait, dit-il, que le Christ souffrît, et qu'il ressuscitât d'entre les morts, et qu'il entrât ainsi dans sa gloire.
Comment donc cherchez-vous une autre voie que la voie royale de la sainte Croix ?
Toute la vie de Jésus-Christ n'a été qu'une croix et un long martyre, et vous cherchez le repos et la joie !
Vous vous trompez, n'en doutez pas; vous vous trompez lamentablement si vous cherchez autre chose que les afflictions à souffrir; car toute cette vie mortelle est pleine de misères et environnée de croix.
Et plus un homme aura fait de progrès dans les voies spirituelles, plus ses croix souvent seront pesantes, parce que l'amour lui rend son exil plus douloureux.
Cependant celui que Dieu éprouve par tant de peines n'est pas sans consolations qui les adoucissent, parce qu'il sent s'accroître les fruits de sa patience à porter sa Croix.
Car, lorsqu'il s'incline volontairement sous elle, l'affliction qui l'accablait se change toute entière en une douce confiance qui le console.
Et plus la chair est affligée, brisée, plus l'esprit est fortifié intérieurement par la grâce.
Quelquefois même le désir de souffrir pour être conforme à Jésus crucifié lui inspire tant de force, qu'il ne voudrait pas être exempt de tribulations et de douleur, parce qu'il se croit d'autant plus agréable à Dieu, qu'il souffre pour lui davantage.
Ce n'est point là la vertu de l'homme, mais la grâce de Jésus-Christ, qui opère puissamment dans une chair infirme, que tout ce qu'elle abhorre et fuit naturellement, elle l'embrasse et l'aime par la ferveur de l'esprit.
Il n'est pas selon l'homme de porter la Croix, d'aimer la Croix, de châtier le corps, de le réduire en servitude, de fuir les honneurs, de souffrir volontiers les outrages, de se mépriser soi-même et de souhaiter d'être méprisé, de supporter les afflictions et les pertes, et de ne désirer aucune prospérité dans ce monde.
Si vous ne regardez que vous, vous ne pouvez rien de tout cela.
Mais si vous vous confiez dans le Seigneur, la force vous sera donnée d'en haut et vous aurez pouvoir sur la chair et le monde.
Vous ne craindrez pas même le démon, votre ennemi, si vous êtes armé de la foi et marqué de la Croix de Jésus-Christ.
Disposez-vous donc, comme un bon et fidèle serviteur de Jésus-Christ, à porter courageusement la Croix de votre Maître, crucifié par amour pour vous.
Préparez-vous à souffrir mille adversités, mille traverses dans cette misérable vie; car voilà partout ce qui vous attend, ce que vous trouverez partout, en quelque lieu que vous vous cachiez.
Il faut qu'il en soit ainsi, et à cette foule de maux et de douleurs il n'y a d'autre remède que de vous supporter vous-même.
Buvez avec joie le calice du Sauveur, si son amour vous est cher et si vous désirez avoir part à sa gloire.
Laissez Dieu disposer de ses consolations; qu'il les répande comme il lui plaira.
Pour vous, choisissez les souffrances et regardez-les comme des consolations d'un grand prix, car toutes les souffrances du temps n'ont aucune proportion avec la gloire future, et ne sauraient vous la mériter, quand seul vous les supporteriez toutes.
Lorsque vous en serez venu à trouver la souffrance douce et à l'aimer pour Jésus-Christ, alors estimez-vous heureux, parce que vous avez trouvé le paradis sur la terre.
Mais, tandis que la souffrance vous sera amère et que vous la fuirez, vous vivrez dans le trouble, et la tribulation que vous fuirez vous suivra partout.
Si vous vous appliquez à être ce que vous devez être, à souffrir et à mourir, bientôt vos peines s'évanouiront et vous aurez la paix.
Quand vous auriez été ravi, avec Paul, jusqu'au troisième ciel, vous ne seriez pas pour cela assuré de ne rien souffrir. Je lui montrerai, dit Jésus, combien il faut qu'il souffre pour mon nom.
Il ne vous reste donc qu'à souffrir, si vous voulez aimer Jésus et le servir constamment.
Plût à Dieu que vous fussiez digne de souffrir quelque chose pour le nom de Jésus ! Quelle gloire vous serait réservée ! Quelle joie parmi tous les saints ! Quelle édification pour le prochain !
Car tous recommandent la patience, quoique peu cependant veuillent souffrir.
Avec quelle joie vous devriez souffrir quelque chose pour Jésus, lorsque tant d'autres souffrent beaucoup plus pour le monde !
Sachez et croyez fermement que votre vie doit être une mort continuelle, et que plus on meurt à soi-même, plus on commence à vivre pour Dieu.
Nul n'est propre à comprendre les choses du ciel, s'il ne se soumet à supporter les adversités pour Jésus-Christ.
Rien n'est plus agréable à Dieu, rien ne vous est plus salutaire en ce monde, que de souffrir avec joie pour Jésus-Christ; et si vous aviez à choisir, vous devriez plutôt souhaiter d'être affligé pour lui que d'être comblé de consolations, parce que vous seriez alors plus semblable à Jésus-Christ et plus conforme à tous les saints.
Car notre mérite et notre progrès dans la perfection ne consistent point dans la douceur et l'abondance des consolations, mais plutôt dans la force de supporter de grandes tribulations et de pesantes épreuves.
S'il y avait eu pour l'homme quelque chose de meilleur et de plus utile que de souffrir, Jésus-Christ nous l'aurait appris par ses paroles et par son exemple.
Or, manifestement, il exhorte à porter sa Croix, et les disciples qui le suivaient, et tous ceux qui voudraient le suivre, disant: Si quelqu'un veut marcher sur mes pas, qu'il renonce à soi-même, qu'il porte sa Croix, et qu'il me suive.
Après donc avoir tout lu, tout examiné, concluons enfin qu'il nous faut passer par beaucoup de tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Sam 15 Jan 2011 - 2:54

1. Des entretiens intérieurs de Jésus-Christ avec l'âme fidèle
J'écouterai ce que le Seigneur Dieu dit en moi.
Heureuse l'âme qui entend le Seigneur lui parler intérieurement, et qui reçoit de sa bouche la parole de consolation !
Heureuses les oreilles toujours attentives à recueillir ce souffle divin, et sourdes au bruit du monde !
Heureuses, encore une fois, les oreilles qui écoutent non la voix qui retentit au-dehors, mais la vérité qui enseigne au-dedans !
Heureux les yeux qui, fermés aux choses extérieures, ne contemplent que les intérieures !
Heureux ceux qui pénètrent les mystères que le coeur recèle, et qui, par des exercices de chaque jour, tâchent de se préparer de plus en plus à comprendre les secrets du Ciel !
Heureux ceux dont la joie est de s'occuper de Dieu et qui se dégagent de tous les embarras du siècle !
Considère ces choses, ô mon âme, et ferme la porte de tes sens, afin que tu puisses entendre ce que le Seigneur ton Dieu dit en toi.
Voici ce que dit ton bien-aimé: Je suis votre salut, votre paix et votre vie.
Demeurez près de moi et vous trouverez la paix. Laissez là tout ce qui passe; ne cherchez que ce qui est éternel.
Que sont toutes les choses du temps, que des séductions vaines ? Et de quoi vous serviront toutes les créatures si vous êtes abandonné du Créateur ?
Renoncez donc à tout et occupez-vous de plaire à votre Créateur et de lui être fidèle, afin de parvenir à la vraie béatitude.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Sam 15 Jan 2011 - 20:53

2. La vérité parle au dedans de nous sans aucun bruit de paroles
Parlez Seigneur, parce que votre serviteur écoute.
Je suis votre serviteur: donnez-moi l'intelligence, afin que je sache vos témoignages.
Inclinez mon coeur aux paroles de votre bouche: qu'elles tombent sur moi comme une douce rosée.
Les enfants d'Israël disaient autrefois à Moïse:
Parlez-nous et nous vous écouterons; mais que le Seigneur ne nous parle point, de peur que nous ne mourions.
Ce n'est pas là, Seigneur, ce n'est pas là ma prière: mais au contraire, je vous implore comme le prophète Samuel, avec un humble désir, disant: Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute.
Que Moïse ne me parle point, ni aucun des prophètes, mais vous plutôt, parlez, Seigneur mon Dieu, vous la lumière de tous les prophètes et l'esprit qui les inspirait.
Sans eux, vous pouvez seul pénétrer toute mon âme de votre vérité; et sans vous ils ne pourraient rien.
Ils peuvent prononcer des paroles, mais non les rendre efficaces.
Leur langage est sublime; mais si vous vous taisez, il n'échauffe point le coeur.
Ils exposent la lettre, mais vous en découvrez le sens.
Ils proposent les mystères, mais vous rompez le sceau qui en dérobait l'intelligence.
Ils publient vos commandements, mais vous aidez à les accomplir.
Ils montrent la voie, mais vous donnez des forces pour marcher.
Ils n'agissent qu'au-dehors, mais vous éclairez et instruisez les coeurs.
Ils arrosent extérieurement, mais vous donnez la fécondité.
Leurs paroles frappent l'oreille, mais vous ouvrez l'intelligence.
Que Moïse donc ne me parle point; mais vous, Seigneur, mon Dieu, éternelle vérité ! parlez-moi, de peur que je ne meure, et que je n'écoute sans fruit, si, averti seulement au-dehors, je ne suis point intérieurement embrasé; de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre parole, entendue sans être accomplie, connue sans être aimée, crue sans être observée.
Parlez-moi donc, Seigneur, parce que votre serviteur écoute, vous avez les paroles de la vie éternelle.
Parlez-moi pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie, parlez-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de votre nom.

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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par admin2 le Lun 17 Jan 2011 - 19:47

3. Qu'il faut écouter la parole de Dieu avec humilité, et que plusieurs ne la reçoivent pas comme ils le devraient
Jésus-Christ: Mon fils, écoutez mes paroles, paroles pleines de douceur, et qui surpassent toute la science des philosophes et des sages du monde.
Mes paroles sont esprit et vie, et l'on n'en doit pas juger par le sens humain.
Il ne faut pas en tirer une vaine complaisance, mais les écouter en silence et les recevoir avec une humilité profonde et un ardent amour.
Le fidèle: Et j'ai dit: Heureux celui que vous instruisez, Seigneur, et à qui vous enseignez votre loi, afin de lui adoucir les jours mauvais, et de ne pas le laisser sans consolation sur la terre.
Jésus-Christ: C'est moi qui ai, dès le commencement, instruit les prophètes, dit le Seigneur, et jusqu'à présent même je ne cesse point de parler à tous; mais plusieurs sont endurcis et sourds à ma voix.
Le plus grand nombre écoute le monde de préférence à Dieu; ils aiment mieux suivre les désirs de la chair que d'obéir à la volonté divine.
Le monde promet peu de chose et des choses qui passent, et on le sert avec une grande ardeur; je promets des biens immenses, éternels, et le coeur des hommes reste froid.
Qui me sert et m'obéit en toute chose, avec autant de soin qu'on sert le monde et les maîtres du monde ?
Rougis, Sidon, dit la mer, et si tu en demandes la cause, écoute, voici pourquoi:
Pour un petit avantage, on entreprend une longue route; et pour la vie éternelle, à peine en trouve-t'on qui veuillent faire un pas.
On recherche le plus vil gain: on plaide honteusement quelquefois pour une pièce de monnaie; sur une légère promesse et pour une chose de rien, on ne craint pas de se fatiguer le jour et la nuit.
Mais, ô honte ! pour un bien immuable, pour une récompense infinie, pour un bonheur suprême et une gloire sans fin, on ne saurait se résoudre à la moindre fatigue.
Serviteur paresseux et toujours murmurant, rougis donc de ce qu'il y ait des hommes plus ardents à leur perte que tu ne l'es à te sauver, et pour qui la vanité a plus d'attrait que n'en a pour toi la vérité.
Et cependant ils sont souvent abusés par leurs espérances; tandis que ma promesse ne trompe point, et que jamais je ne me refuse à celui qui se confie en moi.
Ce que j'ai promis, je le donnerai; ce que j'ai dit, je l'accomplirai, si toutefois l'on demeure avec fidélité dans mon amour jusqu'à la fin.
C'est moi qui récompense les bons, et qui éprouve fortement les justes.
Gravez mes paroles dans votre coeur et méditez-les profondément: car à l'heure de la tentation, elles vous seront très nécessaires.
Ce que vous n'entendez pas en le lisant, vous le comprendrez au jour de ma visite.
J'ai coutume de visiter mes élus de deux manières: par la tentation et la consolation.
Et tous les jours, je leur donne deux leçons: l'une en les reprenant de leurs défauts, l'autre en les exhortant à avancer dans la vertu.
Celui qui reçoit ma parole, et qui la méprise, sera jugé par elle au dernier jour.

Prière pour demander la grâce de la dévotion
Le fidèle: Seigneur mon Dieu, vous êtes tout mon bien: et que suis-je pour oser vous parler ?
Je suis le plus pauvre de vos serviteurs, et un abject ver de terre, beaucoup plus pauvre et plus méprisable que je ne sais et que je n'ose dire.
Souvenez-vous cependant, Seigneur, que je ne suis rien, que je n'ai rien, que je ne puis rien.
Vous êtes seul bon, juste et saint; vous pouvez tout, vous donnez tout, vous remplissez tout, hors le pécheur que vous laissez vide.
Souvenez-vous de vos miséricordes, et remplissez mon coeur de votre grâce, vous qui ne voulez point qu'aucun de vos ouvrages demeure vide.
Comment puis-je, en cette misérable vie, porter le poids de moi-même, si votre miséricorde et votre grâce ne me fortifient ?
Ne détournez pas de moi votre visage; ne différez pas à me visiter: ne me retirez point votre consolation, de peur que, privée de vous, mon âme ne devienne comme une terre sans eau.
Seigneur, apprenez-moi à faire votre volonté: apprenez-moi à vivre d'une vie humble et digne de vous.
Car vous êtes ma sagesse, vous me connaissez dans la vérité, et vous m'avez connu avant que je fusse au monde, et avant même que le monde fût.
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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par admin2 le Lun 17 Jan 2011 - 19:51

Le plus grand nombre écoute le monde de préférence à Dieu; ils aiment mieux suivre les désirs de la chair que d'obéir à la volonté divine.
Le monde promet peu de chose et des choses qui passent, et on le sert avec une grande ardeur; je promets des biens immenses, éternels, et le coeur des hommes reste froid.

On recherche le plus vil gain: on plaide honteusement quelquefois pour une pièce de monnaie; sur une légère promesse et pour une chose de rien, on ne craint pas de se fatiguer le jour et la nuit.
Mais, ô honte ! pour un bien immuable, pour une récompense infinie, pour un bonheur suprême et une gloire sans fin, on ne saurait se résoudre à la moindre fatigue.
Serviteur paresseux et toujours murmurant, rougis donc de ce qu'il y ait des hommes plus ardents à leur perte que tu ne l'es à te sauver, et pour qui la vanité a plus d'attrait que n'en a pour toi la vérité.
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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par admin2 le Mer 19 Jan 2011 - 0:35

4. Qu'il faut marcher en présence de Dieu dans la vérité et l'humilité
Jésus-Christ: Mon fils, marchez devant moi dans la vérité, et cherchez-moi toujours dans la simplicité de votre coeur.
Celui qui marche devant moi dans la vérité ne craindra nulle attaque, la vérité le délivrera des calomnies et des séductions des méchants.
Si la vérité vous délivre, vous serez vraiment libre, et peu vous importeront les vains discours des hommes.
Le fidèle: Seigneur, il est vrai: qu'il me soit fait, de grâce, selon votre parole. Que votre vérité m'instruise, qu'elle me défende, qu'elle me conserve jusqu'à la fin dans la voie du salut.
Qu'elle me délivre de tout désir mauvais, de toute affection déréglée, et je marcherai devant vous dans une grande liberté de coeur.
Jésus-Christ: La vérité, c'est moi; je vous enseignerai ce qui est bon, ce qui m'est agréable.
Rappelez-vous vos péchés avec une grande douleur et un profond regret, et ne pensez jamais être quelque chose à cause du bien que vous faites.
Car, sans la vérité, vous n'êtes qu'un pécheur, sujet à beaucoup de passions et engagé dans leurs liens.
De vous-même vous tendez toujours au néant; un rien vous ébranle, un rien vous abat, un rien vous trouble et vous décourage.
Qu'avez-vous donc dont vous puissiez vous glorifier ? et que de motifs, au contraire, pour vous mépriser vous-même ! car vous êtes beaucoup plus infirme que vous ne sauriez le comprendre.
Que rien de ce que vous faites ne vous paraisse donc quelque chose de grand.
Mais plutôt qu'à vos yeux rien ne soit grand, précieux, admirable, élevé, digne d'être estimé, loué, recherché, que ce qui est éternel.
Aimez par-dessus toutes choses l'éternelle vérité, et n'ayez jamais que du mépris pour votre extrême bassesse.
N'appréhendez rien tant, ne blâmez et ne fuyez rien tant que vos péchés et vos vices. Ils doivent vous affliger plus que toutes les pertes du monde.
Il y en a qui ne marchent pas devant moi avec un coeur sincère; mais guidés par une certaine curiosité présomptueuse, ils veulent découvrir mes secrets et pénétrer les profondeurs de Dieu, tandis qu'ils négligent de s'occuper d'eux-mêmes et de leur salut.
Ceux-là tombent souvent, à cause de leur orgueil et de leur curiosité, en de grandes fautes, parce que je m'oppose à eux.
Craignez les jugements de Dieu: redoutez la colère du Tout-Puissant; ne scrutez point les oeuvres du Très-Haut; mais sondez vos iniquités, le mal que tant de fois vous avez commis, le bien que vous avez négligé.
Plusieurs mettent toute leur dévotion en des livres, d'autres en des images, d'autres en des signes et des marques extérieures.
Quelques-uns m'ont souvent dans la bouche, mais peu dans le coeur.
Il en est d'autres qui, éclairés et purifiés intérieurement, ne cessent d'aspirer aux biens éternels, ont à dégoût les entretiens de la terre, et ne s'assujettissent qu'à regret aux nécessités de la nature. Ceux-là entendent ce que l'esprit de vérité dit en eux.
Car il leur apprend à mépriser ce qui passe, à aimer ce qui dure éternellement, à oublier le monde, et à désirer le ciel, le jour et la nuit.
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Re: L'imitation de Jesus Christ

Message par Francesco le Sam 22 Jan 2011 - 22:11

5. Des merveilleux effets de l'amour divin
Le fidèle: Je vous bénis, Père céleste, Père de Jésus-Christ, mon Seigneur, parce que vous avez daigné vous souvenir de moi, pauvre créature.
Ô Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, je vous rends grâce de ce que, tout indigne que j'en suis, vous voulez bien cependant quelquefois me consoler.
Je vous bénis à jamais, et je vous glorifie avec votre Fils unique et l'Esprit consolateur, dans les siècles des siècles.
Ô Seigneur mon Dieu, saint objet de mon amour ! quand vous descendrez dans mon coeur, toutes mes entrailles tressailliront de joie.
Vous êtes la gloire et la joie de mon coeur.
Vous êtes mon espérance et mon refuge au jour de la tribulation.
Mais parce que mon amour est encore faible, et ma vertu chancelante, j'ai besoin d'être fortifié et consolé par vous; visitez-moi donc souvent, et dirigez-moi par vos divines instructions.
Délivrez-moi des passions mauvaises, et retranchez de mon coeur toutes ces affections déréglées, afin que, guéri et purifié intérieurement, je devienne propre à vous aimer, fort pour souffrir, ferme pour persévérer.
C'est quelque chose de grand que l'amour et un bien au-dessus de tous les biens. Seul il rend léger ce qui est pesant et fait qu'on peut supporter avec une âme égale toutes les vicissitudes de la vie.
Il porte son fardeau sans en sentir le poids et rend doux ce qu'il y a de plus amer.
L'amour de Jésus-Christ est généreux; il fait entreprendre de grandes choses et il excite toujours à ce qu'il y a de plus parfait.
L'amour aspire à s'élever et ne se laisse arrêter par rien de terrestre.
L'amour veut être libre et dégagé de toute affection du monde, afin que ses regards pénètrent jusqu'à Dieu sans obstacle, afin qu'il ne soit ni retardé par les biens, ni abattu par les maux du temps.
Rien n'est plus doux que l'amour; rien n'est plus fort, plus élevé, plus étendu, plus délicieux; il n'est rien de plus parfait ni de meilleur au ciel et sur la terre, parce que l'amour est né de Dieu, au-dessus de toutes les créatures.
Celui qui aime, court, vole; il est dans la joie, il est libre, et rien ne l'arrête.
Il donne tout pour posséder tout, et il possède tout en toutes choses, parce qu'au-dessus de toutes choses il se repose dans le seul Être souverain, de qui tout bien procède et découle.
Il ne regarde pas aux dons, mais il s'élève au-dessus de tous les biens, jusqu'à Celui qui donne.
L'amour souvent ne connaît point de mesure, mais, comme l'eau qui bouillonne, il déborde de toutes parts.
Rien ne lui pèse, rien ne lui coûte, il tente plus qu'il ne peut, jamais il ne prétexte l'impossibilité, parce qu'il se croit tout possible et tout permis.
Et à cause de cela il peut tout, et il accomplit beaucoup de choses qui fatiguent et qui épuisent vainement celui qui n'aime point.
L'amour veille sans cesse; dans le sommeil même il ne dort point.
Aucune fatigue ne le lasse, aucuns liens ne l'appesantissent, aucunes frayeurs ne le troublent; mais tel qu'une flamme vive et pénétrante, il s'élance vers le ciel et s'ouvre un sûr passage à travers tous les obstacles.
Si quelqu'un aime, il entend ce que dit cette voix.
L'ardeur même d'une âme embrasée s'élève jusqu'à Dieu comme un grand cri: Mon Dieu ! mon amour ! vous êtes tout à moi, et je suis tout à vous.
Dilatez-moi dans l'amour afin que j'apprenne à goûter au fond de mon coeur combien il est doux d'aimer, et de se fondre et de se perdre dans l'amour.
Que l'amour me ravisse et m'élève au-dessus de moi-même, par la vivacité de ses transports.
Que je chante le cantique de l'amour, que je vous suive, ô mon bien-aimé, jusque dans les hauteurs de votre gloire, que toutes les forces de mon âme s'épuisent à vous louer, et qu'elle défaille de joie et d'amour.
Que je vous aime plus que moi, que je ne m'aime moi-même que pour vous, et que j'aime en vous tous ceux qui vous aiment véritablement, ainsi que l'ordonne la loi de l'amour, que nous découvrons dans votre lumière.
L'amour est prompt, sincère, pieux, doux, prudent, fort, patient, fidèle, constant, magnanime, et il ne se recherche jamais; car dès qu'on commence à se rechercher soi-même, à l'instant on cesse d'aimer.
L'amour est circonspect, humble et droit, sans mollesse, sans légèreté, il ne s'occupe point de choses vaines, il est sobre, chaste, ferme, tranquille, et toujours attentif à veiller sur les sens.
L'amour est obéissant et soumis aux supérieurs; il est vil et méprisable à ses yeux. Dévoué à Dieu sans réserve, et toujours plein de reconnaissance, il ne cesse point de se confier en lui, d'espérer en lui, lors même qu'il semble en être délaissé, parce qu'on ne vit point sans douleur dans l'amour.
Qui n'est pas prêt à tout souffrir et à s'abandonner entièrement à la volonté de son bien-aimé, ne sait pas ce que c'est que d'aimer.
Il faut que celui qui aime embrasse avec joie tout ce qu'il y a de plus dur et de plus amer, pour son bien-aimé, et qu'aucune traverse ne le détache de lui.

_________________
Dieu seul suffit,l'aimer,le suivre et faire sa volonté.
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Francesco
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Re: L'imitation de Jesus Christ

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