Film "Lourdes" de Jessica Hausner : un film "catastrophique" selon Mgr Perrier

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Film "Lourdes" de Jessica Hausner : un film "catastrophique" selon Mgr Perrier

Message par Rémi le Ven 29 Juil 2011 - 1:27

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Commentaires sur le film

«Lourdes» ou l’art de chasser Dieu du sanctuaire de Lourdes

On ne fabrique pas des images, on ne monte pas un film sans la volonté d’atteindre un but. Après avoir vu le film « Lourdes » de Jessica Hausner, cette question du but doit trouver une réponse dans la tête de chaque spectateur.

Par Laurent Jarneau, journaliste au sanctuaire de Lourdes

Si le film est réussi d’un point de vue formel, sur le plan de la technique de réalisation, il laisse derrière lui un champ de ruines. On a l’impression que tous les acteurs, y compris les figurants, ont été volontairement appelés à prendre le masque de la tristesse pour incarner leurs personnages. Car s’il est une chose qui frappe, en contraste avec le vrai Lourdes – celui du sanctuaire que nous connaissons bien et qui est le Lourdes du quotidien -, c’est la quasi absence de sourire, de chaleur humaine, de gestes sincères, de franche camaraderie, d’écoute en profondeur.

Jessica Hausner nous montre un Lourdes imaginaire, un Lourdes artificiel, un Lourdes aseptisé, quasi militaire, qui n’existe que dans ses élucubrations d’artiste. Cela est d’autant plus dommageable que la réalisatrice ne porte à l’écran que ses doutes et que sa désespérance. Si elle laisse une porte ouverte à l’interprétation de son œuvre dans la scène finale où la pèlerine prétendue miraculée doit finalement regagner son fauteuil roulant après une mauvaise chute (s’agit-il d’un accident ou d’une rechute dans son combat contre la sclérose en plaques ?), Jessica Hausner s’est emparée de Lourdes pour en faire un objet de contradiction et, il faut oser l’écrire, de dérision.

Si les critiques du cinéma saluent son travail et lui mettent une bonne note, ils le font parce qu’ils ne connaissent pas le vrai Lourdes de l’intérieur et qu’ils acceptent, avec elle, de réduire le phénomène à la question du miracle. Car c’est aussi – et surtout là – que le bât blesse, quand Jessica Hausner trompe le spectateur sur cette réalité de Lourdes qui est d’abord une irruption de la grâce de Dieu. Certes, le rôle du prêtre accompagnateur du pèlerinage que suit la caméra de Jessica Hausner, est bien de donner des réponses rationnelles ou théologiques (ce qu’il fait plutôt correctement… mais sans enthousiasme), mais la réalisatrice reste au seuil de la porte du Ciel sans accepter, à aucun moment, d’avancer, de la pousser, et de parler de ce qu’elle aurait entrevu.

Pire, s’il est une porte qu’elle ouvre, après celle des piscines du sanctuaire, c’est celle du bureau des constatations médicales, dans le sanctuaire, où elle nous montre un décor et des médecins qui sont tous faux. Tous faux dans le sens de ce qu’ils disent, de leur manque d’enthousiasme, de leur froideur. Cela n’est pas le vrai Lourdes, là encore. Le bureau des constations médicales, tel qu’il existe aujourd’hui, est un lieu accueillant, chaleureux, où il fait bon prendre un café avant tout. Or ce qui se passe dans ce bureau, dans le film, est fondamental, c’est un moment-clé qui va donner tout le sens que l’on veut donner au miracle.

Ce film trompe le spectateur en permanence, passant d’images réelles de processions ou de messes prises dans le sanctuaire en présence de vrais pèlerins à des images totalement inventées, bricolées par Jessica Hausner, ce qui fait qu’on ne sait plus comment distinguer le faux du vrai. De ce point de vue, nous pourrions dire que la réalisatrice a été malhonnête, qu’elle a triché pour parvenir à ses fins, qu’elle s’est servi du sanctuaire de Lourdes comme d’un théâtre où elle a fait jouer la comédie à ses acteurs. Car c’est bien de comédie dont il s’agit, non d’un documentaire.

Si le Ciel est à l’origine de Lourdes suite aux apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous, Jessica Hausner s’est bien arrangée pour qu’on ne le voit jamais ce Ciel, à l’image de cette scène où la jeune femme prétendue miraculée qui s’est remise à marcher, s’assied dans une basilique de laquelle on ne voit que d’immenses piliers, longuement, avec ennui. La froideur de la pierre traduit le chaos d’un cœur de pierre qui n’arrive pas à laisser ruisseler en lui le bonheur. La prétendue miraculée ne sait pas ce qu’elle a fait pour mériter cette faveur qui viendrait du Ciel au point qu’elle s’en inquiètera plus tard auprès de ceux qui l’ont accompagnée à Lourdes.

Cela donne un film ambigü et triste, comme l’a souligné personnellement l’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Perrier. Cela donne un film sclérosé, à l’image de la maladie de la pèlerine prétendue miraculée (la sclérose en plaques).

Jessica Hausner a chassé Dieu du temple de Lourdes qu’est le sanctuaire. C’est sa liberté d’artiste… Mais elle démontre ainsi qu’elle n’a rien compris de Lourdes et qu’elle en a totalement détourné la fonction, la raison d’être. Elle-même est passé à côté de son sujet.

Au terme de cette analyse succincte, trois formulaires lapidaires s’imposent… Ce film est une erreur. Ce film est un mensonge. Ce film est une Interruption Volontaire de Grâce.

Dommage. Quelles pertes de temps et d’énergie !

L. Jarneau

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