Le Bienheureux Charles de Habsbourg

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Le Bienheureux Charles de Habsbourg

Message par Francesco le Mer 24 Aoû 2011 - 1:10

Bienheureux CHARLES DE HABSBOURG-LORRAINE

Nom: CHARLES DE HABSBOURG-LORRAINE (Charles d’Autriche)

Prénom: Charles

Pays: Autriche - Hongrie

Naissance: 17.08 1887 à Persenbeug (Basse-Autriche)

Mort: 01.04.1922 à Funchal (Madère)

Etat: Empereur

Note: Petit neveu de l’empereur François-Joseph, il lui succède en 1916. Il se distingue par son action sociale et tente tout pour faire cesser la guerre. Exilé en 1918 dans l’île de Madère, il y meurt dans la pauvreté.

Béatification: 03.10.2004 à Rome par Jean Paul II (Son ultime béatification)

Canonisation: à par

Fête: 1er avril

Réf. dans l’Osservatore Romano: 2004 n.40 p.1-3.8.10 - n.41 p.4

Réf. dans la Documentation Catholique: 2004 n.20 p.955-956

Notice brève
Le bienheureux Charles d’Autriche, petit-neveu de l’empereur François-Joseph, naît en 1887 et connaît une enfance pieuse et studieuse. Il se livre d’abord à la carrière militaire et, dans les deux premières années de la Guerre 1914-1918, il se distingue par ses succès militaires tout en ayant un grand souci du soldat. Dans son cœur, c’est surtout un ami de la paix ; de sorte que, lorsqu’il succède à François-Joseph en 1916, son objectif primordial de chrétien et de roi est d’arrêter ce fléau intolérable. Malheureusement ses initiatives de paix ne rencontrent pas d’écho, notamment près du premier ministre français Ribot qui fait échouer ses pourparlers secrets en 1917. A la fin de la guerre, il accepte de quitter le gouvernement, sans renoncer toutefois à sa légitimité d’empereur car “tout pouvoir vient d’en haut” (cf. Jn 19,11) et non des hommes. C’est pourquoi il fait deux tentatives pour reprendre son trône de Hongrie, que la trahison de l’amiral Horthy fait échouer. Alors il s’enferme définitivement dans le silence et la souffrance. Exilé sur l’île portugaise de Madère, il connaît avec sa nombreuse famille la plus grande pauvreté. Sur son lit de mort, en 1922, il répète ce qui fut la devise de toute sa vie : « Je m’engage toujours, en toutes choses, à connaître le plus clairement possible la volonté de Dieu et à la respecter, et cela de la manière la plus parfaite. »

Notice développée

Charles François Joseph Louis Hubert Georges Othon Marie de Habsbourg-Lorraine naît le 17 août 1887 en Autriche. Il est le petit-neveu de l’empereur François-Joseph. Il est élevé avec piété par ses parents et ses maîtres. Son premier professeur, le Père Geggerle, dominicain, fait remarquer sa réceptivité aux valeurs religieuses à une stigmatisée, la mère Vicentia, qui lui répond par ce commentaire inattendu : « Oui, nous devons l’envelopper de nos prières, car il sera empereur et aura à souffrir grandement. Il sera une cible pour le démon. » Le Père rapporte cette prophétie au comte et à la comtesse Wallis chargés de l’éducation du jeune garçon, lesquels constituent alors un petit groupe de prière, ‘La Ligue’, recrutée dans le cercle des amis et des relations de Charles. L’enfant reçoit un éducation soignée qui se poursuit par des études secondaires, chez les Bénédictins. On l‘initie à la musique. Il apprend toutes les langues qui se parlent dans le vaste empire austro-hongrois qui compte alors plus de 50 millions d’âmes, connaissance nécessaire pour celui qui est le troisième des successeurs potentiels de l’empereur. En outre, l’anglais, le français,…et le latin. Et pour finir, des études de droit à Prague. Comme il n’a guère de chances de devenir empereur, il se voue à une carrière militaire. Ayant reçu dès l’âge de 16 ans le grade de sous-lieutenant, il continue sa formation et accède par son mérite à des échelons supérieurs. En 1910 il a 23 ans et l’empereur François-Joseph lui dit que le temps est venu de choisir une épouse. Choix déjà fait dans son cœur, car il a été séduit par la pieuse princesse Zita de Bourbon-Parme. Lui-même ne manque jamais la messe quotidienne sauf nécessité. En 1911, il emmène la jeune fille au pèlerinage de Mariazell où, devant le Saint-Sacrement, il la demande en mariage. Tous les deux se mettent alors sous la protection de la sainte Vierge. La veille du mariage qui sera béni par le Pape Pie X (2), à Rome donc, Charles dit à sa fiancée : « Maintenant, nous devons nous aider mutuellement à gagner le ciel. » Mariage célébré le 21 octobre 1911. Le pape lui donne un chapelet en or dont il fera un usage intensif, (surtout dans les dangers de la guerre, au point de l’user complètement). Puis, au cours d’une audience privée accordée à Zita, le saint Pontife lui prédit que son époux deviendra empereur et que ses vertus seront un exemple pour tous les peuples. Belle union, d’un amour sans faille et grandissant, qui sera bénie, en dix années de vie commune, par la naissance de huit enfants.

Mais ce n’est pas la même sérénité dans le ciel international qui s’assombrit tandis que des peuples, pour la plupart chrétiens, s’apprêtent à s’entretuer. Pie X en est atterré, surtout lorsqu’il songe à ses fils prêtres qui vont s’affronter dans les deux camps. Le fatal attentat de Sarajevo où périt l’archiduc François–Ferdinand, héritier présomptif du trône, est l’étincelle qui risque de mettre le feu aux poudres. Aussitôt Pie X (2) écrit à Charles, devenu à son tour l’héritier présomptif et le prie d’exposer à l’empereur François-Joseph son grand-oncle les immenses malheurs qu’une guerre ne manquerait pas d’entraîner pour l’Autriche et l’Europe tout entière. Mais ceux qui militent en faveur de la guerre ont vent de l’affaire, et l’envoyé du Vatican chargé de transmettre cette lettre est bloqué à la frontière italienne…

Personnellement, Charles, pourtant privé du message de Pie X, est hostile à cette guerre alors que tout le monde la souhaite de part et d’autre, à quelques exceptions près (comme Jean Jaurès assassiné à la veille du conflit). Pourtant lorsqu’elle éclate, l’archiduc Charles, avec son grade de général, ne se dérobe pas et se distingue même sur le front de l’Est. Les victoires obtenues sur ce terrain d’opération ou sur d’autres encore, sont dues en grande partie à lui. Il n’a pas peur d’aller souvent au front et de parcourir les tranchées pour être près de tous, spécialement de ceux qui souffrent. C’est ainsi qu’un jour il rencontre sur le terrain un certain Wojtyla, officier polonais avec qui il a un bref contact. Celui-ci, qui le vénère, donne le nom de Charles à son deuxième fils, lequel n’est autre que Karol Wojtila, le futur Jean-Paul II. Le 21 novembre 1916 meurt l’empereur François-Joseph, et notre archiduc Charles devient empereur d’Autriche sous le nom de Charles Ier, et le 30 décembre suivant il est couronné Roi de Hongrie dans la cathédrale de Budapest avec le nom de Charles IV de Hongrie. Le jeune empereur a compris qu’au point où en sont les choses, une victoire par les armes est impossible. Il n’a dès lors qu’une idée : mettre fin à la guerre qui a déjà fait des millions de morts et impose de tels sacrifices aux populations que l’Autriche ne sera plus en mesure de les supporter encore longtemps. Dans son Manifeste d’Accession au trône, il déclare : « Je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour mettre un terme, sans délai, aux horreurs et aux sacrifices de la guerre, et donner à mes peuples les bienfaits de la paix. » Il est affligé de voir la population civile souffrir des restrictions et du froid. Alors, au Palais, il se met, lui et sa maison, au régime des rations militaires et, devant les officiers gênés, il se contente de manger du pain noir. Ses célèbres beaux chevaux servent à porter du bois de chauffage à ceux qui ont froid à Vienne. En août 1917, après une sanglante bataille, il pleure à la vue des corps mutilés et défigurés. On l’entend alors murmurer : « Personne ne peut justifier cela devant Dieu. Je dois mettre fin à cela le plus vite possible. » Il fait deux tentatives pour négocier la paix, et il est le seul souverain ou chef d’état à soutenir le Plan de paix proposé par le Pape Benoît XV, mais ses projets échouent à cause de la volonté belliciste qui prévaut dans les deux camps. Au moins cherche-t-il à humaniser cette guerre… autant que cela est possible : prohibition du gaz moutarde, respect du patrimoine historique, interdiction de bombarder les villes sans discernement. Il s’oppose à la guerre totale et cherche de toutes ses forces à empêcher ses alliés allemands de lancer la guerre sous-marine. En vain ; mal leur en a pris car cela provoque l’entrée en guerre des Etats-Unis. Il refuse, en vain aussi, de faire passer Lénine en Russie, car il nourrit des craintes justifiées pour l’avenir des pays de l’Est si la Russie sombrait dans le communisme, alors que son intérêt immédiat serait de voir imploser cette Russie faisant partie du camp adverse.

En politique intérieure, il voudrait des réformes sociales. C’est le premier des gouvernants à créer un Ministère des Affaires sociales qui s’occupe notamment du logement et prévoit des indemnités de chômage, lequel sévit en ce temps de guerre. On l’appelle “l’empereur du peuple” ; les socialistes eux-mêmes reconnaissent qu’on peut parler avec lui comme avec un frère. Plus large d’esprit que les hommes politiques de son entourage, il voudrait tenir compte de la diversité des peuples de son vaste empire en créant un gouvernement de type fédéraliste qui accorderait une large autonomie aux États membres, notamment aux Slaves et à la Pologne dont l’Autriche détient une partie. Au lieu de cela, après la guerre, l’empire autrichien sera complètement démantelé et les petits États isolés n’auront pas la cohésion nécessaire pour faire face à l’impérialisme soviétique.

A la fin de cette guerre, étant dans le camp des vaincus, et la république étant proclamée par les socialistes, il renonce à l’exercice du gouvernement pour éviter des souffrances supplémentaires à la population avec une guerre civile, mais sans abdiquer toutefois (et là-dessus, Zita, inflexible, l’encourage). D’après leur fils aîné, Otto, interviewé au moment de la béatification, cette idée de “droit divin” qu’on lui a reprochée, loin de constituer une prétention à l’absolutisme, permettait au contraire d’éviter la tyrannie d’un pouvoir méconnaissant le droit supérieur de Dieu, car c’est Lui qui “donne d’en haut ” l’autorité à ceux qui gouvernent, comme Jésus le dit à Pilate.

– Question : Quelle est selon vous la leçon politique la plus importante de votre père ?
– Otto de Habsbourg : Certainement la leçon la plus importante est qu’il faut reconnaître qu’il y a une limitation du pouvoir. Ni un monarque ni un dictateur ni une majorité n’ont le droit de légiférer contre les droits inaliénables que l’homme à l’image du créateur possède. Dans ce sens il peut être un exemple pour les hommes politiques qui de plus en plus s’éloignent de cette idée et croient que dès qu’ils ont une justification par une majorité, cela leur permet de violer les droits de l’homme.

Charles plie donc devant la nécessité et s’éloigne du gouvernement. D’abord relégué dans un petit château en Autriche, il vit ensuite hors frontières à Prangins en Suisse, mais beaucoup lui sont restés fidèles et, en Hongrie, on réclame son retour. Il y fait deux essais de restauration (sans aucun emploi de la force d’ailleurs), la deuxième fois sur la demande de Benoît XV qui craignait, à juste titre, la mainmise du communisme sur ce pays. Mais l’amiral Horthy, par ambition, le dessert et finalement le trahit. Il est alors exilé sur l’île de Madère au Portugal, où il est bientôt rejoint par sa chère famille. La population de Funchal, la capitale de l’île, lui est vite conquise. L’évêque du lieu témoigne : « Aucune mission n’a jamais contribué aussi efficacement à raviver la foi de mon diocèse que l’exemple que l’empereur nous a donné dans sa maladie et dans sa mort. » Il loge dans une villa qui n’est pas faite pour y passer l’hiver. La maison est humide. La famille est pauvre et souffre du froid et de la faim. Charles attrape une pleurésie, mais il ne veut pas appeler le médecin par manque d’argent car il faudrait prendre sur la nourriture de ses enfants. Quand il s’y résous enfin, c’est trop tard. Il fait appeler son fils l’archiduc Otto à son chevet (son fils aîné qui pourrait prétendre à la royauté) afin qu’il voie “comment un catholique et un empereur doit se conduire quand il meurt”. Il offre sa vie pour que ses peuples soient réunis (anticipation prophétique de ce qui se réalisera au sein de l’Union Européenne…). Sa femme le soutient dans ses bras ; il lui déclare une dernière fois son grand amour. Dans son agonie, le pauvre exilé lui murmure ces mots: « Je voudrais tant rentrer chez moi. Pourquoi ne me laissent-ils pas rentrer ? » Il regarde le Saint Sacrement exposé dans sa chambre. Sa dernière parole est : « Jésus ». Il meurt la conscience en paix le 1er avril 1922. Il n’a pas encore 35 ans. Toute l’île se presse à son enterrement.

Jean-Paul II a résumé sa conduite en ces termes : « Charles d’Autriche voulut toujours être au service de la volonté de Dieu. La foi fut le critère de sa responsabilité de souverain et de père de famille. » Quant à “La Ligue” de prière (cf. ci-dessus), elle existe toujours ; elle s’est transformée en 1964 en “Ligue de prière de l’empereur Charles pour la paix entre les peuples.”

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