De la Fin du Monde a l'Antéchrist en passant par la raison....

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Message par Francesco le Ven 27 Jan 2012 - 4:44


Paul Bouchard












De la fin du monde à l’Antéchrist... en passant par la raison

De la Fin du Monde a l'Antéchrist en passant par la raison.... Benoit4_1Un
rayon de lumière provenant du dôme de la basilique St-Pierre inonde le
pape, lors d’une célébration liturgique. Face à l’ampleur des
catastrophes qui s’abattent à un rythme accéléré sur notre planète, le
pape recommande de ne pas craindre «pour l’avenir, même lorsqu’il peut
nous sembler sombre».
Photo CNS/Alessia Giuliani, «Catholic Press Photo»


La liturgie de l’Avent regorge de textes apocalyptiques. Pour
préparer la venue du Sauveur de l’humanité, l’Église braque le phare
sur l’eschatologie, soit le discours prophétique de la révélation
chrétienne concernant le devenir catastrophique du monde. Faut-il en
être effrayé? Quand l’évangile du jour clame que des cataclysmes
planétaires et cosmiques surviendront comme des signes avant-coureurs
d’une fin imminente du monde, ne doit-on pas s’inquiéter des
bouleversements climatiques appréhendés à notre époque avec leurs
conséquences désastreuses sur l’environnement? Et lorsque Jésus avertit
que «des faux prophètes surgiront nombreux et abuseront bien des gens»
(Mt 24.11), ne peut-on pas faire un rapprochement avec l’inextricable
confusion collective engendrée par la «culture post-moderne»? Quand, de
surcroît, notre Maître à penser prédit que «par suite de l’iniquité
croissante, l’amour se refroidira chez le grand nombre» et «vous serez
haïs de toutes les nations à cause de mon nom» (Mt 24.9,12), là, ne
devons-nous pas constater qu’il tombe en plein dans le mille de
l’apostasie des sociétés athées montantes, actuellement ou
éventuellement persécutrices des chrétiens?


Face à ces «signes» troublants des temps, que savent reconnaître ceux
qui ont des yeux pour voir, faut-il sonner l’alarme? Benoît XVI, quant à
lui, se fait surtout rassurant. «Les paroles de Jésus, a-t-il commenté lors de l’angélus du dimanche, 18 novembre 2007, invitent
les disciples à ne pas avoir peur mais à affronter les difficultés, les
incompréhensions et même les persécutions avec confiance, en
persévérant dans la foi.»


Pas de panique, donc! Plutôt, de la prière! «L’Église vit depuis
le début dans l’attente priante du retour du Seigneur, en scrutant les
signes des temps et en mettant les fidèles en garde contre les
messianismes récurrents, qui, de temps en temps, annoncent la fin du
monde comme imminente».


Voilà qui est clair! La fin du monde, ce n’est pas pour demain. Ceux
qui l’annoncent comme imminente sont assimilés au messianisme, une
doctrine déviante qui a fait de bien tristes rejetons dans l’Histoire,
depuis le régime nazi d’Hitler jusqu’à la secte suicidée de Jim Jones.

D’ailleurs, y aura-t-il une fin du monde dans le sens où on l’entend
le plus souvent, celui de la destruction de la création tout entière?
Est-il croyable que Dieu en vienne un jour à détruire l’univers en
raison du péché sur notre planète Terre? La fin du monde ne peut pas
vouloir dire la fin de l’univers! Ce n’est pas le genre de Dieu de se
rétracter en défaisant son œuvre.

Certains prophètes modernes, conscients de l’invraisemblance du
concept traditionnel, parlent plutôt de la fin d’un monde (monde comme
dans mondain). Soit, la fin de la civilisation parvenue à l’heure de la
mondialisation. Voilà qui est à la fois plus proche et plus crédible.
Bien que cette civilisation mondiale, dans sa folie, s’estime
toute-puissante et éternelle, elle devra un jour, et tant mieux si c’est
bientôt, frapper son Waterloo. Ce jour-là, tous les enfants de Dieu
auront de quoi se réjouir en raison de l’émergence d’un «monde nouveau» et non de quoi pleurer sur le sort réservé à l’impiété. «Car l’ancien monde s’en est allé… de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus» (Ap 21.4).

Quoi qu’il en soit, la suite du prêche de Benoît XVI fait clairement allusion à cette interprétation. «En réalité, a-t-il enseigné, l’histoire,
qui comprend aussi des drames humains et des calamités naturelles, doit
suivre son cours. En elle se développe un dessein de salut auquel le
Christ a déjà conféré son achèvement par son incarnation, sa mort et sa
résurrection. Ce mystère, l’Église continue à l’annoncer et à le mettre
en œuvre par la prédication, la célébration des sacrements et le
témoignage de la charité.»
Et le Saint-Père d’inviter frères et sœurs dans la foi, «à affronter les événements quotidiens» en se confiant à l’amour de la Providence. «Ne
craignons pas pour l’avenir, même lorsqu’il peut nous sembler sombre,
parce que le Dieu de Jésus Christ, qui a assumé l’histoire pour l’ouvrir
à son accomplissement transcendant, en est l’Alpha et l’Oméga, le
Principe et la Fin. Il nous garantit que dans tout acte d’amour, petit
mais authentique, il y a tout le sens de l’univers, et que celui qui
n’hésite pas à perdre sa vie pour Lui la retrouve en plénitude»
(Mt 16.25).v

Foi et raison: des «amis»

On le constate, les spéculations apocalyptiques sur le retour
(proche?) de Jésus ne semblent guère captiver Benoît XVI. Par contre, il
se passionne toujours à propos du rapport entre foi et raison. On se
souvient que c’était le thème du célèbre discours de Ratisbonne qui a
mis le feu aux poudres islamiques.

Toujours est-il que le pape a récemment resservi son propos dans un
contexte moins explosif, plus serein. À l’occasion d’une audience
accordée à quelque 120 étudiants délégués de la Fédération universitaire
catholique italienne (FUCI) le 9 novembre, il a évoqué la «possible amitié» entre l’intelligence et la foi «qui
comporte l’effort incessant de conjuguer la maturation dans la foi avec
la croissance dans l’étude et l’acquisition du savoir scientifique.
Pourquoi penser,
a-t-il demandé, que celui ou celle qui a la
foi doive renoncer à la recherche libre de la vérité, et que qui cherche
librement la vérité doive renoncer à la foi?»


L’érudit théologien devenu pape estime que la connaissance intellectuelle représente «une
occasion providentielle pour avancer sur le chemin de la foi, parce que
l’intelligence bien cultivée ouvre le cœur de l’homme à l’écoute de la
voix de Dieu en montrant l’importance du discernement et de l’humilité».


Il ne se leurre pas toutefois sur les difficultés de la démarche du
chrétien dans le contexte de la «course souvent effrénée» dans la
société actuelle «au paraître et à l’avoir aux dépens de l’être».

«Aujourd’hui comme dans le passé, qui veut être disciple du
Christ est appelé à aller à contre-courant, à ne pas se laisser attirer
par les appels intéressés et persuasifs venant de différentes chaires ou
l’on propage activement des attitudes marquées par l’arrogance et la
violence, par l’abus de pouvoir et par la conquête du succès à tout
prix.»


Le règne de l’Antéchrist
De la Fin du Monde a l'Antéchrist en passant par la raison.... Antechrist_1Le
père Lindsay Harrison, d’Ottawa estime «fantaisiste» l’interprétation
de certains courrants chrétiens à propos de l’Antéchrist.
Photo Canadian Catholic News



L’Antéchrist «hante l’imagination chrétienne» même si tout ce qui est dit à son sujet est «plutôt fantaisiste», a
soutenu le père Lindsay Harrison, le 6 novembre dernier. Dans une
causerie délivrée dans un pub d’Ottawa, le recteur de la basilique
St-Patrice de la capitale fédérale a confronté les spéculations autour
de cette figure de la fin des temps à l’enseignement de l’Église.

Le mot antéchrist apparaît seulement dans quatre versets de la Bible,
a commencé par préciser le pasteur. Les lettres de saint Jean ne
réfèrent pas seulement à un Antéchrist individuel mais à plusieurs
antéchrists qui se manifestent dans le monde. Ce sont des chrétiens
apostats qui nient que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu «venu dans la chair».

Le prêtre s’est ensuite référé au Catéchisme de l’Église catholique,
qui précise bien que l’Antéchrist doit précéder le deuxième avènement et
le Jugement général. Il s’agit, selon les termes même du Catéchisme, «d’un
pseudo messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu…
Cette imposture anti-christique se dessine déjà dans le monde chaque
fois que l’on prétend accomplir dans l’histoire l’espérance messianique
qui ne peut s’achever qu’au-delà d’elle à travers le jugement
eschatologique».


Harrison a ensuite passé en revue les passages de l’Ancien et du
Nouveau Testament qui ont été traditionnellement associés à
l’Antéchrist, telles les images de diverses «bêtes» apocalyptiques. «Nous devons être très prudents dans l’interprétation de ces symboles, a-t-il averti. Ces passages «ont été écrits il y a deux mille ans dans une langue, une culture et un contexte historique différents».

De plus, on ne doit pas oublier qu’une prophétie de l’Écriture peut
avoir plusieurs réalisations. Elle peut être interprétée littéralement
et spirituellement, l’accomplissement à la lettre constituant «un modèle pouvant se retrouver dans d’autres personnes et temps».

Au début de l’Église, plusieurs croyaient que l’empereur Néron était
l’Antéchrist. C'est sous son règne que les apôtres Pierre et Paul ont
été martyrisés. Un autre empereur romain, Caligula, a aussi été assimilé
à l’Antéchrist du fait qu’il a institué un culte à son image.

Bien que l’Écriture affirme que seulement le Père connaît l’heure du
retour du Christ pour son second avènement, l’Église reconnaît que des
signes vont précéder le jugement général. Ce sont, a expliqué le
théologien, «la prédication de l’Évangile dans le monde entier, la
reconnaissance du Christ par “tout” Israël, la persécution, l’apostasie
et, finalement, la manifestation de l’Antéchrist.»


Bien que la télévision et l’internet contribuent à répandre
l’Évangile plus que jamais dans le monde entier, le prêtre a rappelé que
dès le quatrième siècle, des personnalités de l’Église ont cru alors
que le premier signe était accompli. Même si un grand nombre de
chrétiens dans le monde occidental délaisse la foi, l’Église est en
croissance en Afrique et en Asie. Le pasteur ne nie pas qu’il y a les
signes d’apostasie à l’intérieur de l’Église. Toutefois, a-t-il
souligné, il y a eu des temps dans l’histoire qui ont été tout aussi
mauvais et même pires, comme lors de l’adhésion de nombreux évêques et
membres du clergé à l’hérésie arienne.

En conclusion de sa conférence, le père Harrison n’a pas manqué de
critiquer une certaine théologie développée à l’époque relativement
récente du 19e siècle qui insiste sur une interprétation littérale de
toutes les prophéties et qui constitue la base d’ouvrages à grand succès
comme la série «Left behind» et «The Late Great Planet Earth» de Hal
Lindsay (source CCN/Deborah Gyapong).

N.B. Ce texte a été publié dans l'édition du 8 décembre 2007 du Nouvel informateur catholique (Le Nic)




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Message par Francesco le Ven 27 Jan 2012 - 4:46

Bien que l’Écriture affirme que seulement le Père connaît l’heure du
retour du Christ pour son second avènement, l’Église reconnaît que des
signes vont précéder le jugement général. Ce sont, a expliqué le
théologien, «la prédication de l’Évangile dans le monde entier, la
reconnaissance du Christ par “tout” Israël, la persécution, l’apostasie
et, finalement, la manifestation de l’Antéchrist.»


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Message par Rémi le Ven 27 Jan 2012 - 15:22

«la prédication de l’Évangile dans le monde entier, la
reconnaissance du Christ par “tout” Israël, la persécution, l’apostasie
et, finalement, la manifestation de l’Antéchrist.»

Est-ce vraiment dans cet ordre il me semble que ça ne colle pas avec la majorité des prophéties surtout ««la
reconnaissance du Christ par “tout” Israël»» qui ne doit venir qu'à la toute fin, juste avant la Parousie.


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Message par Philippe-Antoine le Ven 27 Jan 2012 - 16:07

En conclusion de sa conférence, le père Harrison n’a pas manqué de
critiquer une certaine théologie développée à l’époque relativement
récente du 19e siècle qui insiste sur une interprétation littérale de
toutes les prophéties et qui constitue la base d’ouvrages à grand succès...

Pour ma part, je suis tout-à-fait d'accord avec les conclusions de ce prêtre.

Ph-A
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