Français, si vous saviez...

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Français, si vous saviez...

Message par MichelT le Sam 28 Avr 2012 - 13:54

Français, si vous saviez...

Une analyse intéressante de Philippe Simonnot, ex-professeur d’économie du droit à l’Université de Paris-Dauphine, docteur ès sciences économiques et auteur de nombreux ouvrages consacrés à ma monnaie et aux banques. Extraits :

"La France se prépare à des lendemains de fête qui ne chanteront guère. Les finalistes du second tour racontent finalement à peu près la même chose sans convaincre personne. Non, hélas ! l’équilibre des finances publiques de la France ne sera pas rétabli aux dates promises.

Les citoyens ont le pressentiment qu’on leur cache quelque chose et qu’ils découvriront le pot aux roses – un euphémisme – aux lendemains du 6 mai. En fait, ils ont été trompés. Français si vous saviez…

Au départ, en effet, le diagnostic a été mensonger. L’origine de la crise de 2008 était à trouver non dans des « défaillances d’un marché dérégulé », comme l’ont dit et répété les politiques et les médias, mais dans les excès de la Puissance publique. Dès lors, l’État dont on célébrait le « Grand Retour » sur la scène économique (qu’il n’avait en vérité jamais quittée) ne pouvait qu’enfoncer les pays malades dans leur propre maladie. Crise dans la crise, l’agitation au chevet de l’euro a poussé l’interventionnisme étatique, par le truchement de la Banque Centrale Européenne, jusqu’à la caricature et en violation flagrante des Traités – avec la complicité honteuse de « Merkozy ». Le fantôme de Keynes, le célèbre économiste britannique, a de nouveau été sorti de la tombe où l’on croyait l’avoir enfermé.

De deux choses l’une : ou bien les gouvernements prennent des mesures pour réduire le fardeau d’une dette qui n’est pas soutenable quand les taux d’intérêt sont supérieurs au taux de croissance de l’économie, et ces mesures briseront la « relance » annoncée. Ou bien les États poursuivent leur fuite en avant, les taux d’intérêt remonteront, le poids de la dette s’alourdira un peu plus, et la relance sera tout aussi molle. La Grèce a été le premier exemple de cette course à l’abîme. Aujourd’hui, l’Espagne s’engouffre dans cette voie calamiteuse quand elle doit payer pour sa dette des taux d’intérêt qui sont de nouveau en hausse. L’Italie est derechef entraînée par la spirale, et on ne voit pas comment la France pourrait lui échapper. Le « spread » – écart de taux entre les emprunts de Berlin et de Paris – est remonté à son plus haut niveau depuis deux mois. La rumeur d’une nouvelle dégradation de la note de crédit de la France s’est d’ailleurs propagée la semaine dernière, par le biais d’une note de la banque américaine Citigroup (...)

Il s’agit bien d’une spirale infernale. Ce n’est pas la dette en valeur absolue qui compte mais le rapport entre produit national brut et dette, intérêts compris. La capacité de remboursement d’un État n’est rien d’autre que son économie, sa richesse, sa croissance. La spirale infernale commence lorsque, pour rembourser la dette, les gouvernements augmentent les impôts et diminuent les dépenses, ce qui impacte la croissance… (...)

Plus grave, si l’on ose dire, mais ni Hollande ni Sarkozy n’en parlent – pas même une allusion du bout des lèvres -, la crise actuelle est, en fait, l’ultime accès d’une fièvre qui s’est emparé du système monétaire international depuis qu’a été fermée la fenêtre d’or (golden window) le 15 août 1971 par Richard Nixon, alors président des États-Unis. La mémoire des politiciens et des économistes à leur service ou au service des banques qui les paient grassement est si courte qu’on est obligé de leur rappeler que, ce jour-là, le dernier lien qui existait entre le métal jaune et une monnaie (et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agissait du dollar) a été rompu (...)

Sont soupçonnées à juste titre les banques de profiter de ce faux-monnayage généralisé. A l’abri de banques centrales qui jouent le rôle de prêteur en dernier ressort, elles produisent de la monnaie dite fiduciaire, créée ex nihilo. Autrement dit, des titres de propriété sont créés qui ne correspondent à aucune richesse réelle et perçus comme des propriétés alors qu’ils ne sont que des titres en papier. De rien ne peut rien sortir (...)

Evidemment, le premier bénéficiaire de cette fraude est le créateur de la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire le banquier lui-même. D’où des privilèges éhontés, dignes de l’Ancien Régime : les institutions proches du pouvoir de l’État comme la haute fonction publique, le Trésor, la banque centrale, l’aristocratie bancaire et les petits malins du trading s’en mettent plein les poches (...)

De cette socialisation des pertes, correspondant à une privatisation de super-profits scandaleux de monopole, le contribuable est invité maintenant à solder les frais. Le peuple a raison de se révolter. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont les vecteurs de cette colère légitime.

La seule manière de sortir de cette gigantesque ornière est de mettre fin au faux monnayage issu de la coucherie incestueuse de la banque et de l’État et de rétablir une monnaie ancrée dans la réalité économique. L’obstacle est seulement politique : les princes qui nous gouvernent aujourd’hui n’y ont pas intérêt".

Lahire
Salon Beige

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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