Quatrième dimanche de Pâques

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Quatrième dimanche de Pâques

Message par etienne lorant le Sam 20 Avr 2013 - 16:05

Livre des Actes des Apôtres 13,14.43-52.
Paul et Barnabé étaient arrivés à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue. Quand l'assemblée se sépara, beaucoup de Juifs et de convertis au judaïsme les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester fidèles à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur.
Quand les Juifs virent tant de monde, ils furent remplis de fureur ; ils repoussaient les affirmations de Paul avec des injures. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C'est à vous d'abord qu'il fallait adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens. C'est le commandement que le Seigneur nous a donné : J'ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. »
En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux que Dieu avait préparés pour la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. Mais les Juifs entraînèrent les dames influentes converties au judaïsme, ainsi que les notables de la ville ; ils provoquèrent des poursuites contre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient pleins de joie dans l'Esprit Saint
.

Livre de l'Apocalypse 7,9.14b-17.
Moi, Jean, j'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Je lui répondis : « C'est toi qui le sais, mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau. C'est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui siège sur le Trône habitera parmi eux. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, la brûlure du soleil ne les accablera plus, puisque l'Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire vers les eaux de la source de vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,27-30.
Jésus avait dit aux Juifs : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger). » Il leur dit encore : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Les lectures de ce dimanche me confortent dans l'idée que, pour chacun de ceux qui ont mis leur foi dans le Christ, tout s'accomplit naturellement, en dépit même des épreuves et des obstacles. C'est ainsi qu'à Antioche, toute la synagogue est remplie pour écouter prêcher Paul et Barnabé. Dès leur première exhortation, l'assemblée se divise et beaucoup adhèrent à la foi. Mais au sabbat suivant, la fureur des juifs - qui prétendent maintenir intégralement leur tradition, n'a pour autre résultat qu'accentuer chez les païens le désir d'adhérer à cette doctrine nouvelle qui, d'emblée, s'adresse à tous sans distinction aucune d'origine, de race, de langue, d'âge ou de sexe. Cette universalité fait craindre une remise en question de la société. Or, la manière dont Paul et Barnabé sont expulsés de la ville, révèle bien le rôle que jouent les pouvoirs en place pour écarter une menace potentielle contre l'ordre établi. Il en sera de même à Rome, lorsque commenceront les persécutions de Néron.

Il y aura donc confrontation, épreuve, sang versé - mais du point de vue des âmes, la victoire est acquise dès l'adhésion à la foi. Ah, s'il s'agissait d'une conviction philosophique ou politique, elle ne supporterait pas sans dommage la contradiction ! Mais le fait est que le Seigneur est vraiment présent, que son témoignage se poursuit indéfiniment et qu'il s'adresse à chacun en particulier. La doctrine n'est pas destinée à renverser les sociétés, mais de convertir le coeur des hommes. Même l'ennemi est un prochain qu'il convient d'aimer ! Ainsi, moi-même, toute petite individualité dans l'immense masse humaine - qui s'étend sur toutes les générations, je ne suis pas perdu, noyé, je ne suis pas comme un infime grain de poussière emporté par le vent. Mais j'ai la certitude de l'Amour du Christ et je sais que je ne serai pas confondu.

C'est bien ce que dit Jésus dans l'Evangile : "Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main." Cependant, lorsqu'on adhère à l'Evangile, ce n'est pas dans le but de s'assurer cette "sécurité suprême", mais c'est par pur amour de la vérité - un amour rempli de joie et d'allégresse. C'est bien ce qu'éprouvent ces disciples, qui quittent Antioche et prennent la route d'Iconium. Ne sommes-nous pas, nous aussi, avec eux, sur le chemin ?

etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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Re: Quatrième dimanche de Pâques

Message par etienne lorant le Sam 20 Avr 2013 - 16:20

L´amour des ennemis et la liberté de se donner, fruits de la conversion, a expliqué en substance le cardinal Francis Eugene George, archevêque de Chicago, dans sa prédication au pape et à la curie romaine sur la "liberté", hier, mardi 6 mars.

Le prédicateur est parti de deux exemples évangéliques de la liberté: Zachée (Luc 19) et la Vierge Marie, la liberté qui naît du repentir, et la liberté qui naît du pardon des ennemis. Zachée, le collecteur d´impôts, fait l´expérience du pardon de ses péchés et entend l´appel du Christ à la conversion. Il y répond généreusement par une volonté de réparation: "je donnerai", "je restituerai". Rencontrer le Christ, soulignait le prédicateur, signifie donc aussi "mettre de l´ordre dans les priorités de la vie et faire des actions concrètes".

Le cardinal George disait en italien (noue reprenons Radio Vatican): "le processus de conversion implique une liberté de donner, une capacité retrouvée de donner et de donner généreusement. Cette liberté de donner, fruit de la conversion du cœur, est en nette opposition avec le besoin d´attachement aux choses".

Le cardinal continuait sa méditation en contemplant la Vierge des Douleurs telle qu´elle est représentée par la "Pietà" de Michel-Ange en la basilique Saint-Pierre. Elle fait comprendre, disait-il, combien il peut être difficile de perdre un fils, et d´autant plus lorsque c´est de façon violente.

L´archevêque de Chicago évoque le drame survenu en 1996 près de Chicago: Mario Ramos avait tué l´un de ses compagnons, Andrew, qui, selon des témoins s´était moqué de lui. Le curé et toute la communauté paroissiale se mirent à prier intensément pour qu´une réconciliation puisse avoir lieu entre la famille du jeune qui avait été tué et son agresseur. C´est ainsi, explique le cardinal George, que la "chaîne de la haine" a été brisée. Deux lettres, celle de Mario Ramos, depuis la prison, et celle de la maman d´Andrew, scellèrent le repentir de l´un et le pardon de l´autre. Et de conclure: "Seule la grâce de Dieu peut casser le cycle de la violence", quelque chose que vient d´au-delà de l´homme et de ses catégories, le cri du Christ, innocent, qui pardonne sur la croix à qui le tue.

"Si nous percevons les choses seulement à partir de catégories humaines, expliquait le cardinal George, proclamer les paroles de Jésus sur l´amour des ennemis est inutile et vain. Nous ne proclamons pas la sagesse de ce monde, ni celle des gouvernants de ce monde, qui sont caduques. Au contraire, nous proclamons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée. Nous conservons la mémoire vive des grâces du passé - "Père pardonne leur" - et d´une nouvelle possibilité pour l´avenir - "Aimez vos ennemis". Pour nous, au service de l´Eglise, cela signifie que nous devons maintenir notre fidélité à la fin même de l´évangélisation, comme la décrit "Ecclesia in Africa": elle consiste à transformer et à renouveler le cœur de l´humanité".


Spoiler:
zenit.org/fr/articles/retraite-vatican-l-amour-des-ennemis-et-la-liberte-de-donner-fruits-de-la-conversion

etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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