A vin nouveau, outres neuves

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A vin nouveau, outres neuves

Message par etienne lorant le Lun 20 Jan 2014 - 10:06

Le lundi de la 2e semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 15,16-23.

Après la victoire de Saül sur les Amalécites, Samuel dit à Saül : « Je vais t'apprendre ce que le Seigneur m'a dit pendant la nuit. » Saül lui dit : « Parle. » Alors Samuel déclara : « Toi qui reconnaissais ta petitesse, n'es-tu pas devenu le chef des tribus d'Israël, puisque le Seigneur t'a consacré roi d'Israël ?
Il t'a envoyé en campagne et t'a donné cet ordre : 'Va, livre ces impies, les Amalécites, à l'extermination, fais-leur la guerre jusqu'à destruction totale. '
Pourquoi n'as-tu pas obéi au Seigneur ? Pourquoi t'es-tu jeté sur le butin, as-tu fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur ? »
Saül répondit à Samuel : « Mais j'ai obéi au Seigneur ! Je suis allé là où il m'envoyait, j'ai ramené Agag, roi des Amalécites, et j'ai livré son peuple à l'extermination. Dans le butin, le peuple a choisi le meilleur de ce qui était voué à l'extermination, petit et gros bétail, pour l'offrir au Seigneur ton Dieu, à Guilgal. »
Samuel répliqua : « Est-ce que le Seigneur aime les holocaustes et les sacrifices autant que l'obéissance à sa parole ? Oui, l'obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité vaut mieux que la graisse des béliers.
La révolte est un péché comme le recours à la divination ; le refus d'obéir est un crime comme la consultation des idoles. Parce que tu as rejeté la parole du Seigneur, lui aussi t'a rejeté : tu ne seras plus roi ! »


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,18-22.
Comme les disciples de Jean Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? »
Jésus répond : « Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner, pendant que l'Époux est avec eux ? Tant qu'ils ont l'Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner.
Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé : ce jour-là ils jeûneront.
Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d'étoffe neuve ; autrement la pièce neuve tire sur le vieux tissu et le déchire davantage. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement la fermentation fait éclater les outres, et l'on perd à la fois le vin et les outres. A vin nouveau, outres neuves. »



Cy Aelf, Paris

La raison invoquée par le roi Saül pour sa désobéissance, c'est qu'il ne s'agit pas de désobéissance mais de zèle. Le motif qu'il invoque est bien celui-ci : "Dans le butin, le peuple a choisi le meilleur de ce qui était voué à l'extermination, petit et gros bétail, pour l'offrir au Seigneur ton Dieu, à Guilgal." Dans l’Évangile, les disciples de Jean se sont ralliés aux pharisiens pour jeûner. Or, Jean pratiquait le jeûne dans l'attente du Seigneur, mais son jeûne est achevé ! Et donc, en agissant ils montrent soit qu'ils n'ont pas compris les "signes des temps", soit qu'ils considèrent leurs pratiques religieuses comme inamovibles.

Ce qui est dénoncé, ce sont, encore et toujours, des comportements qui visent à "contenir" Dieu dans un raisonnement d'homme. Qu'on en fasse plus ou moins que ce qui est demandé, ce n'est pas du zèle, c'est un refus de comprendre. Mais par contre, le jeûne que les disciples de Jésus pratiqueront lorsque celui-ci leur sera enlevé ne sera pas un jeûne "d'obligaton", mais un jeûne de désir et d'attente.

Les images que donne Jésus concernant le vêtement et les outres sont vraiment superbes et nous disent que pour vivre de Son amour, il nous faut quitter les "vêtements étriqués" de nos raisonnements et les "vieilles outres" de nos raisonnements qui semblaient les plus cohérents: car la Vérité dépasse complètement le raisonnement et quant, à l'Amour, il est destiné à unifier le croyant dans une démarche d'absolu.

etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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Re: A vin nouveau, outres neuves

Message par jaimedieu le Lun 20 Jan 2014 - 16:49

Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier
Les Noces spirituelles, prologue (trad. cf Orval et Louf, Bellefontaine 1993, p. 30)

« Voici l'Époux qui vient ; sortez à sa rencontre » (Mt 25,6)

Lorsque pour Dieu le temps semblait venu de prendre en pitié la souffrance de l’humanité, sa bien-aimée, il a envoyé son Fils unique sur terre dans ce palais somptueux et ce temple glorieux qu'était le sein de la Vierge Marie. C'est là qu'il a épousé notre nature et l'a unie à sa personne, à partir du sang très pur de la noble Vierge. Le prêtre célébrant les noces a été l'Esprit Saint, l'ange Gabriel en a publié les bans, et la glorieuse Vierge a donné son consentement. Voilà de quelle façon le Christ, notre époux fidèle, s'est uni à notre nature, nous a visités dans une terre étrangère et nous a enseignés d’une manière céleste et avec une fidélité parfaite.


Il a peiné et combattu contre notre ennemi comme un champion valeureux ; il a détruit la prison et remporté la victoire. Par sa mort, il a détruit notre mort ; il nous a rachetés par son sang ; il nous a libérés, dans le baptême, par l'eau de son côté (Jn 19,34). Par ses sacrements et ses dons, il a fait de nous des riches, afin que parés de toutes sortes de vertus, nous sortions, comme il le dit dans l’Évangile (Mt 25,6), et que nous le rencontrions dans le palais de sa gloire, pour y jouir de lui sans fin, pour l'éternité.

jaimedieu

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Age : 59
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Re: A vin nouveau, outres neuves

Message par etienne lorant le Ven 24 Jan 2014 - 18:02

Homélie du Pape François

Discernement et docilité : deux mots qui décrivent la juste attitude pour vivre la liberté de la parole de Dieu, en brisant les schémas et les habitudes avec la capacité de s’adapter aux surprises incessantes et aux nouveautés. Telle est la réflexion proposée par le Pape François au cours de la Messe célébrée lundi matin, 20 janvier, dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Comme de coutume, le Pape a axé sa méditation sur les lectures proposées par la liturgie – le passage tiré du premier livre de Samuel (15, 16-23) et le passage évangélique de Marc (2, 18-22) – qui aident à « réfléchir sur la parole de Dieu » et sur « notre attitude devant la parole de Dieu ». Et la parole de Dieu « est vivante et efficace, elle discerne les sentiments et les pensées du cœur » ; a expliqué le Pape en citant la Lettre aux Hébreux (4, 12-13). En effet, « la parole de Dieu vient à nous et illumine l’état de notre cœur, de notre âme » : en un mot, « elle discerne ».


Et précisément les deux lectures – a-t-il dit – « nous parlent de cette attitude que nous devons avoir », devant la « parole de Dieu : la docilité ». Il s’agit, a-t-il affirmé, d’« être dociles à la parole de Dieu. La parole de Dieu est vivante. C’est pourquoi elle vient et dit ce qu’elle veut dire : pas ce que je m’attends qu’elle dise ou que j’espère qu'elle dise ou que je veux qu’elle dise ». La parole de Dieu « est libre ».

D’où l’invitation à nous poser certaines questions : « Suis-je docile à la parole de Dieu ou est-ce que je fais ce que je crois être la parole de Dieu ? Ou bien je fais passer la parole de Dieu par un alambic et, à la fin, c’est une autre chose que celle que Dieu veut faire ? ». Mais, a averti le Pape, « si je fais cela, je finis comme le morceau d’étoffe neuve sur un vieux vêtement » dont parle l’Evangile. « Et l’accroc devient pire : si je fais cela, je deviens pire ».

Dans sa réflexion, le Pape est ensuite revenu au passage du premier livre de Samuel. « Saul, élu de Dieu, oint de Dieu, avait oublié – a-t-il noté – que Dieu est surprise et nouveauté. Il l’avait oublié. Il s’était enfermé dans ses pensées, dans ses schémas. Et ainsi il a raisonné humainement. Le Seigneur lui avait dit : fais-leur la guerre jusqu’à l’extermination ». Mais « l’habitude », a expliqué le Pape, « était de prendre le butin quand quelqu’un gagnait » pour le diviser ; « et avec la partie du butin, on faisait le sacrifice » à Dieu. Saul ne les a donc pas exterminés et a destiné plusieurs belles bêtes au Seigneur : « Il a raisonné avec sa pensée, avec son cœur, enfermé dans ses habitudes. Et Dieu, notre Dieu, n’est pas un Dieu des habitudes, c’est un Dieu des surprises ».

Ainsi, Saul « n’a pas obéi à la parole de Dieu, il n’a pas été docile à la parole de Dieu ».

Les paroles de Samuel « nous font penser à ce qu’est la liberté chrétienne, ce qu’est l’obéissance chrétienne » a encore dit le Pape. « La liberté chrétienne et l’obéissance chrétienne c’est la docilité à la parole de Dieu ; c’est avoir ce courage de devenir des outres nouvelles pour ce vin nouveau qui arrive sans cesse. Ce courage de toujours discerner, toujours discerner – et pas relativiser – ce que fait l’esprit dans mon cœur, ce que veut l’esprit dans mon cœur, où me conduit l’esprit dans mon cœur. Et obéir ». Et il a conclu, avec les deux paroles clés de sa méditation, « discerner et obéir » et avec une prière : « Demandons aujourd’hui la grâce de la docilité à la parole de Dieu, à cette parole qui est vivante et efficace, qui discerne les sentiments et les pensées du cœur ».


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etienne lorant

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