La parabole du fils prodigue

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La parabole du fils prodigue

Message par etienne lorant le Sam 22 Mar 2014 - 14:41

b]Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32.[/b]
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. ' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers. '
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... '
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. ' Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé. '  Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! '
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »


Cy Aelf, Paris

Ne dirait-on pas que Jésus a "forcé le trait" avec le fils prodigue ?  Non seulement il en fait un fils indigne, qui exige sa part d'héritage bien avant l'heure, mais il nous le montre parti à l'étranger, non pour y développer sa propre affaire, mais simplement pour satisfaire ses instincts, pour mener la vie des jouisseurs et des débauchés. Et lorsqu'il se trouve réduit à nourrir des porcs, ces animaux impurs pour les juifs, il a véritablement atteint le comble de l'abjection.  
Or, le raisonnement qu'il fait à ce moment, est-il guidé par un regret sincère, par pénible prise de conscience ?  
Non ! Mais c'est encore son ventre qui parle : soit, il a dépensé sa part d'héritage, mais que risque-t-il à rentrer pour se faire embaucher comme simple ouvrier ? Il décide de faire demi-tour et de rentrer au pays. Il a préparé une petite phrase qui devrait satisfaire son père, tout en le plaçant dans l'embarras: "Tu m'as retrouvé, mais que vas-tu faire de moi ? Tu peux me chasser, bien sûr mais je peux encore travailler !"

Ce fils indigne manque vraiment de conscience, car il ne se soucie d'aucune façon du chagrin et de la douleur qu'il a pu causer à son père - en plus de l'avoir obligé à procéder aux partages de ses biens. Comme il est loin d'imaginer l'accueil qu'il va recevoir !  La petite phrase qu'il avait concoctée, il n'a même pas le temps de la prononcer entièrement qu'il se retrouve rétabli pleinement dans sa qualité de fils. Il ne sera jamais l'ouvrier qu'il avait escompter devenir. Le père n'a rien d'un moraliste, il ne sanctionne pas ses actes, mais il n'est qu'un père qui a retrouvé son fils vivant, qui l'a espéré et attendu, tout en redoutant qu'il fut mort entre-temps.

Cet amour du Père, la qualité de cet amour, c'est l'amour que Dieu porte d'abord à ses créatures perdues, quelle que soit la bassesse dans laquelle ils ont pu descendre. Dira-t-on dès lors que le fils aîné, celui qui n'a jamais désobéi, est moins aimé que son petit frère indigne ? Certes non, car ce fils aîné, qui a condamné et rayé de son esprit et de son coeur son petit frère, est lui aussi coupable d'une faute majeure. S'il en veut à son frère cadet, il en veut aussi à son père, qu'il considère comme "bonasse": son père, a-t-il la "carrure" nécessaire pour diriger une entreprise comme la sienne ?  La vérité est que le fils aîné, eût préféré que son frère meure, afin de devenir le seul patron tôt ou tard !

Le dernier verset dit tout de l'Amour dont nous sommes tous et toutes aimés, en dépit de nos erreurs, de nos errances, de nos bassesses, de nos calculs, de nos prétentions ou de nos mesquineries, car tout ce qui compte, c'est  :

"Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !"

etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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