Images et autres représentations saintes: quand le diable s'en mêle!

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Message par jaimedieu le Dim 27 Juil 2014 - 6:37

De plus en plus, ce qui concerne la Foi et la sainteté est sali, corrompu, dégradé. Nous remarquons de nos jours que le malin s'attaque à tout ce qui touche la Foi, heurtant de mille manières ceux et celles qui ont placé leur espérance dans le Christ et qui s'appuient sur l'intercession des saints. Il me semble que ces attaque sont de plus en plus nombreuses et perfides. Nous les vivons quotidiennement, individuellement et collectivement. Tout se met en place pour contrer l'évangélisation.
Dans le texte ci-dessous, la représentation du Christ elle-même est profanée de manière diabolique et les images placées par les internautes dans la section "commentaires" sont carrément des abominations:

Jésus nu, Thérèse en extase : « Aaaaah, ça me fait bizarre »

Chloé Andries
Journaliste (Rue 89)
Publié le 26/07/2014 à 16h52

Il y a quelques mois, j’ai visité une église avec la fille (10 ans) d’une amie. Alors qu’on se baladait machinalement, déjà prêtes à déguerpir vu l’absence de joyau architectural ou pictural apparent, je l’ai trouvée bouche bée devant le Christ en croix.

Au bout de quelques minutes, la gamine me lâche, hypnotisée :

   « C’est Jésus, lui ?

   – Oui pourquoi ?

   – Ouah, il est trop beau. T’as vu ses muscles et tout ? Aaaaah, ça me fait bizarre, je sais pas. »

En voyant sa réaction, mélange de fascination et de gêne, je me suis souvenue que moi-même, gamine, pendant que je m’ennuyais ferme à la messe, mes yeux restaient parfois scotchés sur ce corps musculeux (celui que j’avais en face de moi était sculpté dans le bois, dont les nœuds épousaient les courbes du corps, un vrai canon).

Pas de quoi en faire un article, a priori, sauf que lorsque j’en ai parlé autour de moi, j’ai assisté à une parfaite déferlante de confidences sur ce qu’il faut bien nommer le pouvoir sensuel de Jésus et de pas mal de saints, dans les œuvres d’art et autres statuettes qui peuplent les églises.
Ce petit côté baba cool...

Delphine, 40 ans, m’a d’abord avoué :

   « Bah moi, quand j’étais petite, j’étais amoureuse de Jésus et de Steve Mc Queen. »

Delphine avait reçu une image de Jésus pour sa communion, qu’elle avait accrochée au-dessus de son lit. De la même façon qu’elle fantasmait sur les stars de la télé, phénomène tout à fait banal comme l’explique le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez dans un autre article paru ici, elle en pinçait logiquement pour ce beau Jésus, qui peuplait son imaginaire enfantin.

   « J’étais amoureuse d’une image. C’était un amour de petite fille, je l’aimais parce que je le trouvais beau, avec ses cheveux longs, son visage doux, il avait un air rassurant et aussi un petit côté baba cool qui me plaisait bien. »

« Le premier mec que j’ai vu quasi nu »

Ludivine, elle, n’a jamais été amoureuse de Jésus. Mais a « essayé de m’expliquer » ce qu’elle appelle sa « fascination sensuelle pour la figure du Christ » :

   « J’ai toujours adoré regarder le Christ en croix. Pas quand il ressemble à un vieillard en robe, ni quand il est trop abstrait. Mais quand la sculpture détaille bien le corps. »

Bizarrement, Ludivine ne parvient pas à se rappeler le visage du Christ, quand elle m’en parle.

   « Ce qui me marquait le plus, enfant, c’étaient les détails du corps, les cuisses et les mollets super tendus, la carrure un peu anguleuse. Quand j’y pense, Jésus, c’est le premier mec que j’ai vu quasi nu et que j’ai eu le temps de détailler.

   Je pense aussi que le côté doux et sublime de son corps, alors qu’il était censé être en train de mourir sur la croix et qu’il avait du sang qui lui coulait du cœur, me dérangeait et m’intriguait. »

Dans la Bible, c’est « le plus beau »

Quand j’ai livré ces témoignages à Isabelle Saint-Martin, directrice de l’Institut européen en sciences des religions (IESR), historienne spécialisée dans l’histoire de l’art religieux, elle a tout de suite compris de quoi je voulais parler. Loin de l’étonner, ces récits rejoignent parfaitement certaines questions qui traversent l’histoire de l’art religieux.

Réglons d’abord le cas Jésus :

   « La représentation du Christ suscite un débat intense qui traverse l’histoire de l’art religieux. Comment le représenter ? Sa beauté doit-elle être parfaite, divine, y compris dans son corps, puisqu’il est “ le plus beau des enfants des hommes ” comme le dit la Bible ?

   Ou son humanité doit-elle passer par la représentation de son corps abîmé par la Passion ? Cette tension s’exprime tout particulièrement dans les représentations de la Passion. »

De façon plus générale, Isabelle Saint-Martin explique pourquoi pas mal de sculptures et peintures religieuses ont un petit côté sensuel indéniable.
Le faiseur de culottes

La peinture religieuse dans le catholicisme a pour but notamment de « susciter les affects, transporter émotionnellement le fidèle ». Le nu est donc un des moyens d’y parvenir.

Mais il a aussi une fonction théologique : il sert à « représenter le mystère de l’incarnation, de Dieu fait homme, jusque dans sa chair. »

Jusqu’à ce que la sensualité qui découle des œuvres dérange :

   « Le nu se répand largement à partir de la Renaissance puis à l’époque maniériste et baroque. Les corps sont extrêmement travaillés, mais ce raffinement recherché peut susciter aussi un attrait profane pour la beauté du corps. Il y a d’une part des nus “vertueux” et d’autre part des nus considérés comme “trop séducteurs”.

   La Réforme va d’ailleurs critiquer l’abus des images, l’idolâtrie et les représentations trop profanes. Aussi, en 1563, le concile de Trente demande que les œuvres soient décentes et ne soient pas ornées d’une beauté trop provocante. La “décence” ne concerne d’ailleurs pas uniquement le nu. »

C’est à cette période que certains artistes vont par exemple « couvrir » les parties génitales des représentations jugées un peu osées, comme Daniele da Volterra qui réalise des « repeints de pudeur » sur le Jugement dernier de la chapelle Sixtine. Une opération qui lui vaudra le surnom de « Il Braghettone » (le faiseur de culottes).
Allez-y mollo sur saint Sébastien

Des culottes qui n’ont pas empêché Didier d’avoir été pas mal turlupiné par une statue de saint Sébastien, un gisant blessé, en position quasi extatique, dans l’église de sa paroisse. Trente ans après, il s’en souvient encore :

   « Il était comme caché dans un coin un peu sombre de l’allée latérale de l’église, sur le chemin qui menait à la sacristie. Avec les copains du caté, on passait tout près et on rigolait bêtement, dès que le curé avait le dos tourné. Je ne sais pas vraiment pourquoi on faisait ça.

   C’était comme si ce mourant (le saint) incarnait un truc un peu sale, parce que quasi nu et extrêmement détaillé. On se sentait peut-être mal à l’aise de le regarder en présence d’un adulte, et surtout du curé. »

Isabelle Saint-Martin raconte :

   « Peu à peu, les représentations de saint Sébastien se sont multipliées, devenant même parfois un prétexte pour pouvoir travailler le corps. Certains sermons du XVe siècle mettent en garde les dames contre les méditations trop poussées devant les représentations de saint Sébastien. »

Le gore de l’enfer

D’autres, comme Richard, 58 ans, n’ont jamais eu aucune émotion devant les Christs en croix et autres saint Sébastien sensuels. Lui, c’est plutôt l’enfer qui le mettait en joie, quand il était enfant.

   « Je me souviens du Jugement dernier de la cathédrale d’Albi. Tout ce petit monde était à poil, sur cette immense fresque. Les saints et autres âmes bien sous tous rapports me laissaient complètement indifférents.

   En revanche, je pouvais passer des heures à scruter les tonnes de scènes osées et parfois gores que les mauvaises âmes vivaient dans leur marmite. »

Isabelle Saint-Martin, qui a étudié les catéchismes en images, confirme là encore :

   « Beaucoup racontent que l’enfer les amusait bien plus que le paradis. Il est fait de rouges pétants, de bonshommes expressifs à qui il arrive des tas de choses fascinantes. D’autant que les damnés étaient punis par les péchés qu’ils avaient commis de leur vivant, que ce soit la luxure ou la boisson...

   La nudité peut être plus expressive en enfer qu’au paradis, où elle est souvent éthérée. Cela montre que le nu n’est pas en soi sensuel. »

D’autant qu’à l’inverse, des saints habillés de pied en cap peuvent émoustiller cent fois plus qu’une Eve nue comme un ver.
Métaphore amoureuse


Anne se souvient du choc, lorsqu’elle a vu « L’Extase de sainte Thérèse » (d’Avila), par Le Bernin.

   « Ça devait être au lycée, dans un livre de classe. Je n’ai pas vu la vraie statue, mais rien que de regarder la photo, j’étais fascinée. Sainte Thérèse était là, en position de prière, les mains ouvertes.

   C’est comme si tout à coup, il lui arrivait quelque chose de dingue. Je regardais sa bouche ouverte, ses yeux presque révulsés, le visage transfiguré. Tout cela n’avait rien de religieux, c’était hyper charnel. Et un peu dérangeant. »

Isabelle Saint-Martin explique qu’Anne a en fait eu la même réaction que beaucoup de voyageurs en Italie du XVIIIe siècle, comme le président Charles de Brosses, qui rapproche, dans ses « Lettres familières », cette extase mystique de sainte Thérèse de l’extase sexuelle.

L’historienne ajoute :

   « Les artistes utilisent volontiers la métaphore amoureuse pour rendre compte de l’union sacrée entre Dieu et les hommes. D’ailleurs, les mystiques eux-mêmes utilisent ce langage amoureux pour décrire leur lien avec Dieu. Leur relation charnelle à Dieu a d’ailleurs quelque chose de dérangeant, qui n’est pas toujours bien accueilli dans l’Eglise. »

Tronchet ? « C’est pornographique ! »

« Les choses ne sont pas tranchées en noir et blanc dans les discours de l’Eglise, qui n’est pas un bloc monolithique et univoque, qui détesterait le corps, à l’inverse du monde profane », met en garde Isabelle Saint-Martin.

Aujourd’hui, les artistes aiment encore et toujours travailler les corps religieux, de Pierre & Gilles (le Christ ou la Vierge) à David LaChapelle.

Quitte à jouer sur les failles d’une Eglise, qui porte parfois un regard un brin moralisateur sur la sexualité (le pape François a même appelé son Eglise à mettre la pédale douce sur le sujet). Et de temps en temps, ça marche !

Sophie, 35 ans, se souvient d’avoir envoyé à sa sœur, alors pensionnaire dans un internat catho, la BD « Sacré Jésus » de Tronchet.
(" Sacré Jésus », de Tronchet, Delcourt G. Productions, janvier 2004)

   « On y voyait un Jésus à poil se balader partout et enchaîner les conneries. Il multipliait les seins de la femme d’un de ses potes, recevait à Noël la panoplie du parfait petit crucifié, changeait l’eau de la douche en vin et se faisait piquer par Judas l’invention... du Judas. Rien de méchant. »

Pourtant, une prof de sa sœur a intercepté le cadeau. Et l’a feuilleté en disant :

   « Mmmh, c’est de mauvais goût... et pornographique, pardi ! »

Sophie :

   « Ma sœur s’est fait sermonner et je me suis sentie obligée d’envoyer une lettre pour m’expliquer. »

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Message par Amazone le Dim 27 Juil 2014 - 14:50

Le titre est très bien trouvé JaimeDieu.

Notre pauvre Agneau Sauveur Crucifié... S'ils pouvaient voyager dans le temps, ils n'auraient trouvé rien de sensuel dans une telle souffrance...
Mais s'ils L'avaient aimés, ils auraient été terrassé par la douleur, foudroyé par un immense chagrin devant cette torture, cette souffrance, cette mort si cruelle.

Tout endroit du Saint Corps flagellé de notre Seigneur Jésus était couvert de sang, Sa peau arrachée à plusieurs endroits... Sans oublier la terre lorsqu'Il est tombé, et les crachats des ennemis, etc...

Non, décidément il n'y a rien de sensuel dans la pire Souffrance de tous les temps... Mais il y a l'Amour de Dieu, Pur, chaste, Innocent comme un petit Agneau...
Là où Dieu place Amour et Pureté, le diable voudrait y mettre son ignoble perversité. Mais il a déjà perdu.



Et Jésus les appela, et dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. (Luc 18:16)   
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