Forum l'Arche de Marie
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
-43%
Le deal à ne pas rater :
Logitech MX Keys Plus – Clavier sans fil rétroéclairé avec ...
79.99 € 139.99 €
Voir le deal

Comment retrouver les grâces que nous avons perdues, suite à nos péchés ?

Aller en bas

Comment retrouver les grâces que nous avons perdues, suite à nos péchés ? Empty Comment retrouver les grâces que nous avons perdues, suite à nos péchés ?

Message par Rémi Ven 3 Juil 2015 - 21:50


Les conséquences que nous valent le fait d'avoir commis des péchés véniels.

Du livre DE LA CONNAISSANCE ET DE L'AMOUR DU FILS DE DIEU
NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST LIVRE III, CHAP. XIV. s-c. I

IV. Enfin la direction consiste en ce que Dieu conduit
l'homme comme par la main dans le chemin de son
salut, lui adoucissant le travail du voyage, le consolant
dans ses peines, retirant de devant lui les obstacles
qui pouvaient le faire tomber ou trébucher, lui
approchant les occasions de pratiquer les vertus et
lui donnant les conseils et la force pour s'y bien prendre,
voilà ce que comprend la grâce actuelle, et les
assistances dont nous parlons, que Dieu distribue aux
hommes pour faire leur salut.

V. Or, le péché, premièrement le mortel, et puis
le véniel, nous en prive, ou nous les diminue petit à
petit, à mesure que ces péchés grossissent et se multiplient,
ou les retranche tout à fait, non toutefois les
grâces suffisantes, ce qu'il faut toujours remarquer ici,
mais les surabondantes et les efficaces, non les secours
sans lesquels nous ne pourrions nous sauver,
mais ceux sans lesquels en effet nous ne nous sauverons
pas. Et premièrement pour l'excitation ; Dieu ne donne
plus tant de bonnes pensés ni de saintes connaissances
; il ne luit plus dans un esprit que rarement et
faiblement, comme un soleil d'hiver, dont les rayons
sont languissants et froids, qui n'échauffent point et
ne produisent rien, ou très-peu. L'imagination, comme
un cheval échappé, court sans bride et sans retenue
deçà et delà sur un nombre infini de divers objets extravagants,
impertinents, mauvais, sans pouvoir dire un
« Pater » qu'elle ne se divertisse à des sottises. La volonté
perd le goût des choses divines, et prend celui
des créatures ; elle devient sèche et aride, et comme
insensible à l'affaire de son salut ; elle trouve pesants,
fâcheux et insupportables les exercices de dévotion,
les prières mentales et vocales, les mortifications intérieures
et extérieures, l'obéissance, les observances
de religion et les autres devoirs, et l'âme s'embarrasse
et s'embrouille en des désirs, en des affections et en des
desseins de choses petites, frivoles, inutiles et s'y
consume. Pour la protection, Dieu n'a plus tant de soin
d'un homme pour le conserver et le défendre ; il n'use
plus envers lui d'une providence si spéciale, mais de la
commune ; il ne tient pas la bride si courte au diable,
il la lui lâche davantage, et lui donne plus de pouvoir
de le tenter, d'échauffer ses passions, d'obscurcir son
entendement et le couvrir de ténèbres, de remplir de
sécheresse et de dégoût sa volonté, et de lui ôter les
sentiments de la dévotion ; il permet que les créatures
entrent plus avant dans son esprit et lui impriment leur
amour ; qu'il se fasse lui-même des pièges et des lacets
pour se prendre, et qu'il aille en tel lieu et se trouve
en telle rencontre, d'où il ne reviendra que chargé de
plaies et tout couvert de son sang ; il ne lui fournit plus
de si bonnes armes pour combattre ses ennemis ; il ne
lui donne plus tant d'assistance pour les vaincre, de
sorte qu'étant plus mal armé et moins secouru il est en
plus grand danger d'être blessé et mis à mort. La direction
de même lui est ôtée, ou au moins de beaucoup
diminuée, Dieu ne le conduisant plus dans l'exécution
d'aucun bon dessein, puisqu'il n'en a point, ou
s'il en a, ce sont des desseins qu'il ne mène pas à fin,
qu'il ne fait que concevoir sans les enfanter, et ainsi
qui ne reviennent à rien; il le laisse aller comme il veut
dans le chemin de son salut, il permet qu'il s'égare en
de mauvais pas et qu'il donne du pied contre les obstacles,
c'est-à-dire qu'il attache son affection à des
créatures qui le font tomber.

C'est ce qui arrive à un homme à qui Dieu retire ces
grâces dont nous parlons, non, comme nous avons dit,
qu'il ne l'excite, ne le protège et ne l'arme toujours
assez pour son salut, mais il est de telle humeur, son
entendement se trouve occupé d'une certaine pensée,
et sa volonté touchée de je ne sais quel sentiment,
que cette excitation, cette protection et cette direction
qui peuvent le sauver, néanmoins en celte disposition
et en cette conjoncture, ne le feront pas, et
toutes les grâces qu'il reçoit seront sans effet, parce
qu'elles sont trop faibles et en trop petit nombre; car il
y a un nombre certain de grâces, de bonnes connaissances
pour l'entendement, de saintes affections pour la
volonté nécessaires au salut d'un chacun, que Dieu seul
connaît, et que, s'il vous donne, vous vous sauverez
assurément ; mais s'il vous en retranche quelques-unes,
infailliblement vous vous damnerez, parce que, arrivant
l'occasion de pécher, vous tomberez, et quoique
vous vous releviez, un autre sujet vous fera retomber ;
et après beaucoup de chutes et de rechutes, vous tomberez
enfin une fois si rudement que vous ne vous relèverez jamais.

Il faut soigneusement remarquer ici que souvent le
salut d'un homme dépend d'une chose fort petite ; si la
divine providence ne la détourne, c'est fait de lui, il
est inévitablement perdu. Tout ainsi que les plus grandes
rivières viennent de petites sources, de même notre
ruine et le torrent de notre malheur prennent souvent
leur origine de commencements bien faibles. Pour un
clou, dit-on, l'on perd un cheval, pour une cheville
un navire, pour une tuile un palais, et pour le ressort
d'une serrure un trésor. Et comme nous voyons
(Plin., lib. 7, cap. 7) que non-seulement les épées,
les pestes et les lions sont capables de faire mourir un
homme, mais qu'un pépin de raisin, un poil dans du
lait, une miette de pain et de petits moucherons le
peuvent faire et l'ont fait ; peu de chose peut beaucoup
nous nuire et nous perdre, si Dieu ne l'empêche.
Il arrive qu'un homme, retournant le soir en son logis,
fait rencontre de son ennemi ; ils s'échauffent tous
deux, ils tirent les épées, ils se portent des coups,
celui-ci en reçoit un au coeur, qui le jette à terre et
le tue raide; un autre faisant voyage, et se trouvant
entre deux chemins, les considère et prend le
gauche comme le meilleur, qui le mène après dans
un bois plein de voleurs qui l'assassinent. Si celui-là
eût pris une autre rue, et celui-ci le chemin voisin,
ils eussent été sauvés. Il arrive tous les jours plusieurs
accidents semblables, dont Dieu voit que l'on
pourrait se garantir facilement par mille moyens qu'il
a, et en donnant seulement une inspiration, que néanmoins
il ne donne pas, parce que l'homme s'en est
rendu indigne, le manquement d'une seule pensée
est cause de sa ruine et de sa damnation éternelle.

VI. Or, ce qui le jette dans cet horrible malheur
est premièrement, comme nous avons dit, le péché
mortel, et non-seulement quand il est encore dans
l'âme et la rend ennemie de Dieu, mais même quelquefois
après qu'il a été effacé; car quoique Dieu pardonne
toujours la coulpe et la peine éternelle, et si vous voulez
encore la temporelle du purgatoire, quand l'homme
se met en devoir, il ne s'ensuit pas pourtant qu'il
relâche conjointement la peine spirituelle de cette vie
qui consiste dans la diminution de ses grâces, dans de
certaines afflictions et angoisses intérieures, dont il permet
que l'âme soit travaillée; comme aussi de quelques
misères extérieures et temporelles, ainsi qu'il
parait évidemment en David, qui après un si grand et
si véritable regret de son adultère et de son homicide,
et après en avoir reçu le pardon, en fut néanmoins si
sévèrement puni par tant de maux qu'il souffrit depuis,
et nommément par la révolte de son fils Absalon,
et plus encore par sa mort malheureuse, qui lui fut une
des plus cuisantes afflictions qu'il eut jamais, comme
il témoigna par les larmes qu'il en versa et par les
plaintes qu'il en fit. Ainsi un homme, pour un péché
mortel qu'il aura confessé, en sera pourtant encore
après châtié de Dieu par le retranchement de quelques
secours qu'il avait résolu de lui donner, s'il ne l'eût
point commis, permettant qu'il soit tombé, et plus
souvent et plus lourdement, qu'il soit gêné de fâcheux
scrupules, que son entendement devienne ténébreux,
que sa volonté s'endurcisse, et qu'il soit tourmenter de
plusieurs autres peines spirituelles dont il n'eût point
été atteint; car autre chose est de remettre la coulpe
du péché et la peine qu'il mérite proprement et directement,
et autre chose de faire au pécheur les mêmes
grâces et les mêmes faveurs qu'auparavant. Ce sont
deux choses fort différentes, et qui peuvent se détacher,
comme nous le voyons même parmi les hommes, où,
bien qu'un prince ait pardonné à un favori quelque
grande faute qu'il a commise et l'ait repris en son
amitié, il arrive toutefois souvent, et avec raison, que
ce n'est pas au même degré, qu'il ne lui montre point
après un si bon visage, et ne lui fait pas tant de caresses
qu'il avait coutume, mais qu'il est plus froid et
plus réservé à son égard. C'est pourquoi le Saint-
Esprit nous avertit très sagement : « De propitiato
« peccato noli esse sine metu (Eccl., 5, 5) : Ne soyez
« point dans une entière assurance pour le péché,
« dont vous avez reçu l'absolution ; » estimez qu'il y
a encore à craindre pour lui, car quand vous connaîtriez
évidemment qu'il vous est remis, vous avez
néanmoins toujours sujet d'en appréhender quelque
châtiment et quelque malheur, qui sera peut-être la
cause de votre perte. En effet, il y a un grand nombre
de personnes qui ne seraient pas maintenant damnées
si elles n'eussent été attaquées en tel temps et en tel lieu,
par des tentations, si elles n'eussent rencontré en tel
jour une telle compagnie, si elles ne se fussent trouvées
en telles occasions, et si elles eussent reçu les assistances
que Dieu leur avait préparées, au cas qu'elles
n'eussent point commis une telle offense. Le péché,
quoiqu'il soit effacé, laisse souvent des marques qui durent
longtemps ; comme on disait que le lieu où les Romains
avaient porté leurs armes s'en ressentait encore
dix ans après, tant était grand le dégât qu'ils avaient
fait de leurs ennemis et de leurs biens. Pour ce sujet,
les saints ont versé tant de larmes, et fait de si grandes
et de si longues pénitences pour leurs péchés,
bien qu'ils sussent qu'ils leur étaient pardonnes
: premièrement, à cause de l'abondance de leur amour et
de leur douleur, étant outrés d'un extrême regret
d'avoir offensé celui qu'ils aimaient uniquement
; secondement, pour recouvrer les grâces et les faveurs
de Dieu, qu'ils avaient pour leur punition mérité de
perdre. Ainsi donc que personne ne se tienne assuré,
mais opère, comme dit saint Paul (Phil., 2, 12), son
salut avec crainte et tremblement, et dans cet esprit,
qu'il redouble ses prières, augmente ses mortifications
et multiplie ses bonnes oeuvres pour regagner
par ces moyens les lumières, les bons sentiments et
toutes les autres assistances et miséricordes de Dieu,
dont il s'est rendu indigne.

VII. En second lieu, le péché véniel contribue beaucoup
à cela, particulièrement l'habituel, et celui où il
y a de la négligence et de là malice, parce que Dieu le
châtie souvent par la soustraction de beaucoup de grâces,
par des obscurités, par des sécheresses, par des
affadissements et des amertumes de coeur, par des
troubles et des inquiétudes de la conscience, et par plusieurs
autres maux secrets. Car comme entre deux
amis quand l'un n'est plus si soigneux de cultiver cette
correspondance d'esprit qui les a mutuellement liés,
et ne se soucie pas de rendre de mauvais offices, quoique
légers, et de faire de petits traits d'inimitié à l'autre,
celui-ci commence à s'en ressentir et à diminuer
l'affection qu'il avait pour lui. Les grandes offenses
ruinent l'amitié, et les petites l'altèrent; beaucoup de
petites infidélités rendent un serviteur moins aimable
à son maître, et font qu'il ne lui parle plus avec
tant de confiance et ne lui témoigne plus tant de bonne
volonté qu'auparavant; il arrive de même à l'homme
vis-à-vis de Dieu pour les péchés véniels. C'est pourquoi
les théologiens s'accordent qu'entre autres maux
qu'il cause, l'un est qu'il refroidit la ferveur de la
charité et diminue sa flamme, ce qui doit s'entendre
non-seulement de là charité de l'homme envers Dieu,
mais encore de celle de Dieu envers l'homme, qui
étant refroidie, comme l'homme de son côté n'a plus
tant à coeur le service et la gloire de Dieu, aussi Dieu
du sien ne se communique plus si familièrement à
lui, ni ne lui départ si libéralement ses dons et ses
secours, dont le manque le porte après souvent dans
des maux irréparables.



Mon site Web : Garde des trois Blancheurs

Pour la défense de notre Église, une, sainte, catholique et apostolique
Rémi
Rémi
Admin
Admin

Masculin Date d'inscription : 08/02/2008
Localisation : Canada, Québec

http://triumcandorumcustodia.org/index.html

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum