L'épreuve, l'occasion de trouver Dieu

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L'épreuve, l'occasion de trouver Dieu

Message par etienne lorant le Mer 3 Juin 2015 - 10:48

Mercredi de la 9e semaine du Temps Ordinaire

Livre de Tobie 3,1-11a.16-17a.
La mort dans l’âme, je gémissais et je pleurais ; puis, au milieu de mes gémissements, je commençai à prier :
« Tu es juste, Seigneur, toutes tes œuvres sont justes, tous tes chemins, miséricorde et vérité ; c’est toi qui juges le monde.
Et maintenant, Seigneur, souviens-toi de moi et regarde : ne me punis pas pour mes péchés, mes égarements, ni pour ceux de mes pères, qui ont péché devant toi
et refusé d’entendre tes commandements. Tu nous as livrés au pillage, à la déportation et à la mort, pour être la fable, la risée, le sarcasme de toutes les nations où tu nous as disséminés.
Et maintenant encore, ils sont vrais les nombreux jugements que tu portes contre moi, pour mes péchés et ceux de mes pères, car nous n’avons pas pratiqué tes commandements ni marché dans la vérité devant toi.
Et maintenant, agis avec moi comme il te plaira, ordonne que mon souffle me soit repris, pour que je disparaisse de la face de la terre et devienne, moi-même, terre. Pour moi, mieux vaut mourir que vivre, car j’ai entendu des insultes mensongères, et je suis accablé de tristesse. Seigneur, ordonne que je sois délivré de cette adversité, laisse-moi partir au séjour éternel, et ne détourne pas de moi ta face, Seigneur. Car, pour moi, mieux vaut mourir que connaître tant d’adversité à longueur de vie. Ainsi, je n’aurai plus à entendre de telles insultes. »
Or ce jour-là, Sarra, la fille de Ragouël d’Ecbatane en Médie, se fit, elle aussi, insulter par une jeune servante de son père :
elle avait été mariée sept fois, et Asmodée, le pire des démons, tuait les maris avant qu’ils ne se soient approchés d’elle. Donc, la servante dit à Sarra : « C’est toi qui as tué tes maris ! En voilà déjà sept à qui tu as été donnée en mariage, et d’aucun d’entre eux tu n’as porté le nom.
Pourquoi nous fouetter, sous prétexte que tes maris sont morts ? Va les rejoindre : puissions-nous ne jamais voir de toi un fils ni une fille ! »
Ce jour-là, Sarra, la mort dans l’âme, se mit à pleurer. Et elle monta dans la chambre haute de la maison de son père avec l’intention de se pendre. Mais, à la réflexion, elle se dit : « Eh bien, non ! On irait insulter mon père et lui dire : “Tu n’avais qu’une fille, une fille très aimée, et elle s’est pendue à cause de ses malheurs !” Je ferais ainsi descendre mon vieux père plein de tristesse au séjour des morts. Mieux vaut pour moi ne pas me pendre, mais supplier le Seigneur de me faire mourir, pour que je n’aie plus à entendre de telles insultes à longueur de vie. »
À l’instant même, elle étendit les mains vers la fenêtre et fit cette prière : « Béni sois-tu, Dieu de miséricorde ; béni soit ton nom pour les siècles ; que toutes tes œuvres te bénissent à jamais !
À cet instant précis, la prière de l’un et de l’autre fut portée en présence de la gloire de Dieu où elle fut entendue.
Et Raphaël fut envoyé pour les guérir tous deux : à Tobith pour enlever le voile blanchâtre qui couvrait ses yeux afin que, de ses yeux, il voie la lumière de Dieu, et à Sarra, fille de Ragouël, pour la donner en mariage à Tobie, fils de Tobith, et expulser d’elle Asmodée, le pire des démons ; en effet c’est à Tobie que revenait le droit de l’épouser plutôt qu’à tous ses prétendants. Juste à ce moment, Tobith rentrait de la cour dans sa maison tandis que Sarra, fille de Ragouël, descendait de la chambre haute.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,18-27.
Des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – viennent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient :
« Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.
Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance.
Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement.
Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi.
À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ?
Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux.
Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ?
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »



Textes de l’Évangile au quotidien

Les textes d'aujourd'hui traitent du malheur. Des malheurs de toutes sortes qui peuvent nous atteindre, ainsi que des questions auxquelles ils nous entraînent, comme des résolutions auxquelles ces derniers peuvent nous conduire. Tobith n'espère plus guérir et de demande la mort en prière; quant à Sarra, possédée du démon, songe tout simplement à se pendre, mais elle en est retenue par affection pour son père: et plutôt que le suicide, elle prie Dieu de la faire mourir. Cette grande misère du malheur, beaucoup l'ont un jour ou l'autre traversée, et ils n'existent pas ceux qui s'en accommodent sans se rebeller jusqu'à désirer la mort... Notre prêtre nous a rappelé les drames "en cascade" que Job a enduré lui aussi.

C'est d'abord dans toutes les situations de malheur, a-t-il ajouté, que la question de l'existence de Dieu se pose à l'homme. Aussi longtemps que les hommes et les femmes, considérés dans leur individualité, n'ont pas été remis en question par le malheur, ils ne songent guère à Dieu. Si les épreuves sont bénéfiques, c'est tout simplement parce qu'elles nous obligent à nous remettre en question. Non pas superficiellement, mais de manière fondamentale.

Dans le malheur, le jeu du démon est, toujours, de pousser l'âme au désespoir. Mais dans la plupart des épreuves de désespérance, la miséricorde divine intervient pour "ouvrir" la conscience et le cœur des malheureux et les inciter à s'ouvrir à Dieu et au prochain.

Quant aux sadducéens, à l'histoire des sept maris et de la destinée post mortem de tous ces personnages, c'est tout simplement, du refus de croire qu'il s'agit , c'est le rationalisme ambiant, c'est la folie de prétendre que l'homme ne peut "se réussir" que par lui-même, et qu'il est également apte à décider qui peut vivre et qui doit mourir: "Nous y sommes en plein", a conclu notre prêtre.

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etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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