Fin du débat théologique

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Fin du débat théologique

Message par etienne lorant le Mer 9 Mar 2016 - 10:24

Le mercredi de la 4e semaine de Carême

Livre d'Isaïe 49,8-15.
Ainsi parle le Seigneur : Au temps favorable, je t’ai exaucé, au jour du salut, je t’ai secouru. Je t’ai façonné, établi, pour que tu sois l’alliance du peuple, pour relever le pays, restituer les héritages dévastés et dire aux prisonniers : « Sortez ! », aux captifs des ténèbres : « Montrez-vous ! » Au long des routes, ils pourront paître ; sur les hauteurs dénudées seront leurs pâturages.
Ils n’auront ni faim ni soif ; le vent brûlant et le soleil ne les frapperont plus. Lui, plein de compassion, les guidera, les conduira vers les eaux vives.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5,17-30.
En ce temps-là, après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »
C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu.
Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement.
Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut.
Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé.
Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront.
Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ;
et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ;
alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés.
Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. »


Cy Aelf, Paris

Les lectures de ce jour font suite à la guérison d'un paralytique, dans le temple, le jour du sabbat. Jusqu'alors, Jésus n'avait pas répondu directement avec des arguments théologiques aux juifs qui lui reprochaient d'opérer des guérisons le jour du sabbat. En parlant comme Il le fait, Jésus va rétablir la vérité pleine et entière, mais aussi ouvrir la voie pour sa condamnation, sa passion et sa mort.

Le cœur du problème est de savoir si l'on peut guérir le jour du sabbat, c'est-à-dire : accomplir un bienfait, un geste de pure miséricorde et d'amour le jour où l'on commémore le "repos" que Dieu se réserva une fois achevée l’œuvre de la création.

Plusieurs fois auparavant, Jésus avait soulevé la question du sabbat en répondant notamment que "le sabbat est fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat". Autrement dit, mais de manière voilée : Dieu est Dieu et n'a nul besoin de repos ! Et lorsqu'il est écrit que le septième jour, Dieu se reposa de l’œuvre qu'il avait faite, cela ne l'a pas empêché de soutenir toute sa création !

Mais le point le plus important, c'est bien sûr que l'on ne peut certes pas se passer de faire le bien le jour du Sabbat. Autant nier les principaux commandements : "Tu aimeras le Seigneur de tout ton coeur, de toute ton âme et de toutes tes forces" et "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Jésus aura patienté jusque là pour donner aux juifs un argument pleinement théologique : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »

Dans la logique tronquée, la doctrine falsifiée des maîtres du temple de Jérusalem, Jésus vient de se déclarer l'égal de Dieu - et il mérite donc la mort. Ce qui choque le fidèle chrétien, c'est bien que ce soit Jésus lui-même qui ait dû donner clairement - aujourd'hui - le motif "légal" de sa condamnation. (Mais nous savons tous qu'à l'instant même de la mort de Jésus, le voile du "Saint des saints" du temple se déchira de haut en bas - signe que Dieu ne se confinera plus dans le temple où les juifs s'imaginaient pouvoir l'y retenir...)

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etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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