La foi et l'athéisme - La Foi et les Oeuvres – Vicomte Walsh 19 eme siècle

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La foi et l'athéisme - La Foi et les Oeuvres – Vicomte Walsh 19 eme siècle

Message par MichelT le Mar 12 Juin 2018 - 12:58

La foi et l'athéisme.

source: La Foi et les Oeuvres – Vicomte Walsh 19 eme siècle


Malgré les grandeurs et les magnificences de la création, malgré ce que nos yeux ont à admirer, malgré notre esprit qui s'étend et s'élève dans les espaces infinis, il y a des hommes qui ont dit dans leur cœur gonflé d'orgueil : Cette terre si verdoyante et si variée dans ses aspects, si riche de ses moissons, si fertilisée par ses ruisseaux et ses puissants fleuves ; cet océan si vaste, si profond et dont les flots ne se reposent jamais; ce firmament sans bornes, semé d'astres sans nombre ; ces myriades scintillantes, qui sont comme sa scintillante poussière : tout cet ensemble est beau, majestueux, sublime, mais ce n'est pas l'œuvre de Dieu ( il n'y a pas de Dieu) , c'est le hasard seul qui a fécondé le néant, lui qui a fait, qui a créé ce qui est sous nos pieds, ce qui s'étend devant nos yeux et ce qui forme comme une voûte au-dessus de nos têtes.














L'athée qui profère ce blasphème aussi insensé qu'impie, a été stigmatisé par la sagesse éternelle. Écoutons-la : « Les impies ont dit, dans l'égarement de leurs pensées, le temps de notre vie est court et fâcheux; l'homme, après sa mort, n'a plus rien à attendre, et l'on ne sait personne qui soit revenu des enfers. Nous sommes nés comme à l'aventure, et après la mort, nous serons comme si nous n'avions jamais été. La respiration est dans nos narines comme une fumée, et l'âme comme une étincelle de feu qui remue notre cœur. Lorsqu'elle sera éteinte, notre corps sera réduit en cendres, l'esprit se dissipera comme un souffle subtil; notre vie disparaîtra comme une nuée qui passe, et s'évanouira comme un brouillard qui tombe, étant appesanti par la chaleur. Notre nom s'oubliera en peu de temps, sans qu'il reste le moindre souvenir de nos actions parmi les hommes ; le temps de notre vie n'est qu'une ombre qui s'en va, et il n'y a plus de retour, le sceau est posé et nul ne le brise. Venez donc, jouissons des biens présents; hâtons-nous d'user de ce que la création a de plus beau pendant que nous sommes jeunes. Enivrons-nous des vins les plus excellents, parfumons-nous d'huile odorante et ne laissons point passer la fleur de la saison. — Couronnons-nous de roses avant qu'elles ne se fanent ; que les campagnes fleuries soient témoins de nos plaisirs et que les bosquets leur prêtent l'ombre mystérieuse; que tout ce qui met du feu dans le cœur prenne part à nos voluptés; effeuillons, effeuillons partout les fleurs pour marquer notre passage. Que les plaintes du juste, que les demandes de l'orphelin ne troublent point nos banquets, que la jeunesse se taise devant nous. Jouir c'est notre loi, la force c'est notre justice; Dieu, c'est un mot. » (Sagesse 2,1)

Cette peinture des voluptueux d'autrefois ressemble à celle que l'on pourrait faire des athées d'aujourd'hui. Dans les anciens jours, avec le culte des idolâtres, on aurait pu croire l'athéisme plus rare; car alors tout était Dieu, hors Dieu lui-même, et, dans ces temps, si les mauvaises passions méconnaissaient le Créateur, les descendants d'Adam ne mettaient point en doute son existence, et l'homme qui le premier sculpta une idole, loin d'avoir voulu insulter au vrai Dieu, avait eu la pensée de l'honorer par son adoration et ses sacrifices.

L'idolâtre se trompe, l'athée a nié et s'est hautement déclaré ennemi de la foi. Si une chose doit être estimée en raison de son plus ou moins d'utilité, l'athéisme est bien misérable, car il n'est bon à personne. Parcourons la vie humaine : commençons par les pauvres et les infortunés, puisqu'ils sont la majorité sur la terre. Eh bien  l`innombrable famille des infortunés ! est-ce à vous que l'athéisme est utile? répondez. Quoi! pas une voix! pas une seule voix ! j'entends un cantique d'espérance et des soupirs qui montent vers le Seigneur ! ceux-ci croient ; passons aux heureux.

Il nous semble que l'homme heureux n'a aucun intérêt à être athée ; il est si doux pour lui de songer que ses jours se prolongeront au-delà de la vie! Avec quel désespoir ne quitterait-il pas ce monde s'il croyait se séparer pour toujours du bonheur! En vain tous les biens du siècle s'accumuleraient sur sa tête ; ils ne serviraient qu'à lui rendre le
néant plus affreux. Le riche peut aussi se tenir assuré que la foi augmentera son bonheur en y mêlant une tendresse ineffable. Son cœur ne s'endurcira point, il ne sera point rassasié par la jouissance, inévitable écueil des longues prospérités.

Tout à l'heure je redisais les chants que les impies mêlaient à leurs banquets et à leurs orgies, disons maintenant les paroles consolantes que le Saint-Esprit adresse aux pieux adorateurs du vrai Dieu.

« Les âmes des justes sont dans la main du Seigneur et le tourment de la mort ne les torturera pas, ils ont paru morts pour toujours aux yeux des insensés; leur sortie du monde a passé pour un comble d'affliction et leur séparation d'avec nous pour une entière ruine. Cependant ils sont en paix, et s'ils ont souffert devant les hommes, leur espérance est pleine de l'immortalité qui leur est pro mise. Leur affliction a été légère et leur récompense sera grande, parce que Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de lui ! Il les a éprouvés comme l'or dans la fournaise, il les a reçus comme une hostie d'holocauste, et il les regardera favorablement quand leur temps sera venu. Les justes brilleront, ils étincelleront comme les feux qui courent parmi les roseaux; ils jugeront les nations, ils domineront les peuples et leur Seigneur régnera éternellement. Ceux qui mettent leur confiance en lui auront l'intelligence de la vérité, et ceux qui lui sont fidèles dans son amour demeureront attachés à lui, parce que le don et la paix sont pour les élus. Mais les méchants seront punis de leurs pensées, parce qu'ils ont négligé la justice et se sont retirés du Seigneur. Ils verront la fin du sage et ils ne comprendront point le dessein de Dieu sur lui, et pourquoi le Seigneur l'aura mis en sûreté. Ils le verront et ils le mépriseront, et le Seigneur se rira d'eux. Après cela ils mourront sans honneur et tomberont parmi les morts dans une éternelle ignominie, car le Seigneur les brisera. Ils tomberont devant lui confus et muets, et il les détruira jusqu'à ne pas laisser un grain de leur poussière. Il les réduira à la dernière désolation, il les abreuvera de larmes, ils seront transpercés de douleurs et leur mémoire périra ; ce sera pour les autres hommes comme s'ils n'avaient jamais été ; mais pour eux ils maudiront la nuit où ils ont été conçus, le jour où ils sont nés ; car toutes leurs iniquités se dresseront devant eux comme des ennemis armés et impitoyables, et comme d'incorruptibles témoins prêts à les accuser au tribunal du Dieu vivant. Alors les justes s'élèveront pleins d'assurance contre ceux qui les auront abreuvés d'afflictions amères et qui leur auront ravi le fruit de leurs travaux. A cette vue les méchants grinceront des dents et s'écrieront : « Ces êtres maintenant rayonnants de gloire sont ceux qui ont été l'objet de nos railleries, et les voilà élevés au rang des enfants de Dieu! Et savez-vous quel est leur partage? Dieu et les saints se donnent à eux comme récompense, et les brillantes couronnes du ciel vont ceindre ces fronts qu'ils ont souvent couverts de cendres et de poussière. Ah! nous nous sommes égarés dans de mauvaises voies ; le bon chemin nous avait été montré et nous nous en sommes écartés— Oh! Si nous avions, si nous avions suivi la route que nous avaient montrée les anges ! » (Sagesse 3,1)

Cette citation des livres saints est longue; je n'ai rien voulu en retrancher, car il y a là de ces paroles qui doivent aller remuer le fond des cœurs. Elles sont tombées de la bouche de l'Éternel; il faut que rien ne leur fasse obstacle, il faut que ce qu'enseigne la foi aille retentir partout ; il faut que les vents, les orages, les tempêtes et les tonnerres les laissent passer; que les bruits de la terre fassent silence devant les divines paroles; il faut qu'elles soient entendues des bons et des méchants pour qu'elles portent la consolation aux justes et la terreur aux impies.

Oui, que la parole de Dieu vienne à la terre, comme la rosée aux champs brûlés par les ardeurs de l'été, et que la foi éclaire les esprits et remue les cœurs; car l'incrédule a besoin de crainte, le riche a besoin d'apprendre la compassion, et le pauvre qui souffre a besoin de consolation.





Que la parole d'en haut descende donc jusqu'à lui, et qu'elle lui répète : Infortuné, le temps de l'épreuve sera court, et celui de la récompense sera éternel ; une divine Providence te regarde et veille sur toi. C'est elle qui mesure les vents de l'hiver à la toison de l'agneau; les biens de la terre te manquent, implore les grâces du Ciel. La Foi t'enseignera la résignation ; l'Espérance et la Charité sont ses sœurs.

La Foi, fille du Ciel, n'apporte à l'homme que des bienfaits. Avec la paix qu'elle nous donne, elle rend nos jours faciles; et en nous montrant les voies qu'il nous faut suivre pour arriver à Dieu, elle arrache des chemins d'ici-bas les ronces, les épines et les pierres d'achoppement.



Allégorie de la Foi

L'athéisme, fils de Satan, fait tout le contraire : au fond de son abîme, il ne vient rôder autour de nous que pour empoisonner nos jours et nos nuits ; il ne sème dans nos âmes que trouble, inquiétude et frayeur.

La Foi, comme une tendre mère, s'empare de l'enfant ; c'est elle qui joint ses petites mains et lui apprend à connaître, à aimer, à prier le bon Dieu. C'est elle qui conduit l'adolescent avec toute la pureté du chérubin à la table sainte, et qui lui fait savourer la douceur du céleste banquet. C'est encore elle qui vient à la jeune vierge, comme un second ange gardien, pour détourner de ce beau lis les vents empoisonnés qui flétrissent et qui tuent.

Qui sera l'ami, le soutien du vieillard courbé sous le double poids des années et du malheur? Qui viendra retourner le lit du malade pour reposer ses infirmités, si ce n'est la Foi? N'est-ce pas elle qui voudra s'asseoir à son foyer solitaire, et qui, pour charmer ses ennuis, pour reposer l'âme du septuagénaire, lui apportera de consolatrices pensées d'en haut, pensées toutes célestes qui effacent les souvenirs mauvais, et qui font germer dans un cœur vieilli de divines espérances? Elle fera ce que beaucoup de mondains ne voudront pas croire; elle donnera au vieillard une suave quiétude qui vaudra mieux pour son esprit et pour son cœur, que tout ce que le siècle aime et recherche sous le nom de plaisirs.

Oh! oui, la Foi est une grande libératrice. A la lueur de son flambeau, elle nous fait voir d'un côté toutes les misères, toutes les petitesses, toutes les exigences, toute la tyrannie du monde ; et de l'autre, toute la douce paix, le bon repos de la conscience, et la noble liberté des enfants de Dieu. Aussi, que la jeunesse de notre époque ne nous plaigne pas trop, nous, hommes qui comptons beaucoup d'années; le Dieu des patriarches a des bontés toutes spéciales pour les vieillards, il leur fait comme une volupté du calme et de la tranquillité, et il leur donne une joie au-dessus de toutes les autres joies, lorsqu'ils voient leurs fils ou leurs petits-enfants s'aimer autour d'eux et marcher dans les voies du Seigneur.

La Foi met en lumière l'ordonnance des cieux et les lois de l'univers; elle nous montre les grâces de la nature, la majesté de la création, les instincts merveilleux des animaux et leurs convenances avec les fils d'Adam.





L'athéisme, tout au contraire, se plaît à faire remarquer à l'homme tout ce qui contraste avec le beau et le gracieux; à toute force, il veut que la noble créature de Dieu soit mécontente du Créateur. Les désordres, les monstres, les hideux reptiles, les bêtes nuisibles, voilà ce qu'il aime à faire surgir sous nos pas, pour que nous n'aimions pas, pour que nous n'admirions pas tout ce que le grand Ordonnateur des deux mondes a créé.  La Foi ne parle que de la grandeur et de la beauté de l'homme. L'athéisme a toujours la lèpre et la peste à vous offrir. La Religion tire ses raisons de la sensibilité de l'âme, des plus doux attachements de la vie, de la piété filiale, de l'amour conjugal, de la tendresse maternelle.

L'athéisme réduit tout à l'instinct de la bête, et, pour premier argument de son système, il vous étale un cœur que rien ne peut toucher. Enfin, dans le culte du vrai Dieu, on nous assure que tous nos maux auront un terme, on nous console, on essuie nos pleurs, on nous promet une autre vie. Dans le culte de l'athée, les douleurs humaines font fumer l'encens, la mort est le sacrificateur, l'autel un cercueil, et le néant la Divinité.

La femme athée

La femme, qui a naturellement l'instinct du mystère, qui prend plaisir à se voiler, qui ne découvre jamais qu'une moitié de ses grâces et de sa pensée, qui peut être devinée, mais non connue; qui, comme mère et comme vierge, est pleine de secrets, qui fut formée pour la vertu et les sentiments les plus mystérieux, la pudeur et l'amour; cette femme, renonçant au doux instinct de son sexe, ira, d'une main faible et téméraire, chercher à soulever l'épais rideau qui couvre la Divinité ! A qui pense-telle plaire par cet effort sacrilège? Croit-elle, en joignant ses blasphèmes et sa métaphysique aux imprécations de Spinoza et aux sophismes de Bayle, nous donner une grande idée de son génie? Sans doute elle n'a pas dessein de se choisir un époux : quel homme de bon sens voudrait s'associer à une femme impie?





Nous venons de voir combien l'athéisme est hideux dans une femme; il est funeste partout; il dessèche, il amoindrit tout ce qui s'imprègne de lui. Ce souffle de l'enfer ne sort pas impunément de l'abîme ; Satan l'a inventé pour combattre la foi ; car il sait que, si la première des vertus théologales reprend sa divine influence, si elle ressaisit son empire, les lacs de feu, de soufre et de bitume ne se peupleront plus d'autant de victimes que l'incrédulité y pousse par milliers!

La Foi, qui nous met sur le chemin du ciel et nous y montre un bonheur sans fin, nous donne dès cette vie plus de chances de bonheur que ne pourraient nous en offrir tous les savants du monde.

La science et la raison humaine ont fait et font encore d'admirables découvertes; mais ni la raison ni la science n'ont pu jusqu'ici essuyer une larme ni consoler un cœur ulcéré.
Soyons donc humbles, car c'est l'orgueil qui nous égare, en nous aveuglant; la foi n'aime pas le superbe, et elle se détourne de l'homme qui regarde comme un joug humiliant la suprématie du Seigneur.

fin

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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