INSTRUCTIONS sur la RELIGION - Album des Famille de Ottawa – Canada – année 1883

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Message par MichelT le Jeu 5 Sep 2019 - 22:18

Bulletin Religieux

INSTRUCTIONS sur la RELIGION

Pouvant servir de lecture du soir dans les familles.

Album des Famille de Ottawa – Canada – année 1883 ( Extraits)

Table des matières

DE LA RELIGION EN GÉNÉRAL ET DE LA RELIGION RÉVÉLÉE EN PARTICULIER
DES SIGNES AUXQUELS ON RECONNAIT LA RELIGION RÉVÉLÉE
DE L 'ÉCRITURE ET DE LA TRADITION, EXPRESSIONS DE LA RÉVÉLATION.
DE L`AUTORITÉ ENSEIGNANTE
DES CONCILES ŒCUMÉNIQUES
DE LA CRÉATION.
DES ANGES
HISTOIRE DES PATRIARCHES ET DU PEUPLE DE DIEU ( Vers 2,000 Av J.C.)
MOISE ET LA LOI ÉCRITE ( vers 1200 Av J.C)
LE GOUVERNEMENT DES JUGES ET DES ROIS ( vers 1000 Av J.C.)
DES PROPHÈTES ( vers 700 Av J.C.)
LA VIE CACHÉE DE JÉSUS-CHRIST
VIE PUBLIQUE DE JÉSUS-CHRIST
LA PASSION, LA MORT ET LA RÉSURRECTION DE JÉSUS-CHRIST
HISTOIRE DES APÔTRES ET DE L`ÉGLISE


AVANT-PROPOS.


L'Église traverse aujourd'hui, en France, une crise dont elle pourra se ressentir pendant de longues années, si nous ne réunissons nos efforts pour tâcher d'en conjurer les effets. En tout temps, la politique a suspecté les intentions du catholicisme : elle a vu le bien qu'il produisait, l'influence qu'il acquérait par ses œuvres ; elle s'est imaginée que l'Église voulait la détrôner, ou opposer, du moins, son action à celle des hommes d'État.

On a mille fois réfuté cette erreur ; nous ne pensons pas que les écrivains qui la soutiennent encore aujourd'hui, dans les livres, dans les journaux et dans les revues, soient absolument convaincus qu'ils ne se laissent pas inspirer par l'erreur. Quoi qu'il en soit, et sans vouloir juger des intentions que Dieu seul connaît, nous sommes obligés de constater que les hommes politiques, en France, (au Canada aussi) poursuivent, par les moyens qui sont en leur pouvoir, la destruction complète de l'influence de l'Église sur la génération actuelle, et que leurs visées s'étendant au-delà, ils veulent en préparer aussi la ruine sur les générations futures.

Entre les lois qu'ils ont faites dans ce but, il en est une contre laquelle la conscience chrétienne s'est particulièrement indignée : celle qui isole Dieu de l'école et le catéchisme des matières de l'enseignement. L'idée de Dieu a-t-elle jamais fait du mal à ceux qui l'ont eue ? et la doctrine chrétienne a-t-elle jamais porté atteinte aux droits du pouvoir ?  Le protestantisme fut, à son origine, le résultat d'une révolte contre l'autorité de l'Église. Il portait, dans le principe même qui le créa, le germe de l'insubordination contre toute autorité légitime ; et Bossuet, en écrivant l'Histoire des Variations, avant même qu'elles eussent atteint tout leur développement, ne faisait que constater l'impossibilité dans laquelle s'étaient trouvés ses chefs de maintenir l'unité dans les rangs de leurs adeptes. Du mépris formel de toute autorité religieuse à l'indifférence pour toutes les religions, il n'y a qu'un pas. On devient indifférent à toute forme et à toute croyance religieuse dès le moment qu'on cesse d'être convaincu que Dieu a fait aux hommes ses saintes révélations, qu'il les a confiées aux soins de certains hommes choisis, et que ceux-ci ont le droit d'être écoutés quand ils parlent au nom de Dieu et en vertu des pouvoirs divins.

Dieu a créé l'homme libre, et il respecte le don de liberté qu'il a fait à l'homme, jusqu'à lui permettre d'en abuser en changeant en une licence ignominieuse le privilège de liberté qui lui a été accordé. Nous comptons beaucoup trop sur des coups de Providence. Le Seigneur nous a donné, dans l'Église, une puissance régulatrice, qu'il nous suffit d'écouter pour rester dans la vérité. Il n'y a pas, dans l'histoire, de miracle plus étonnant, pour qui veut prendre la peine d'y réfléchir, que le miracle de la formation de l'Église et de sa diffusion au milieu des peuples. Il n'y a pas, dans l'histoire, de miracle plus frappant et plus permanent, que celui de la conservation de l'Église dans le temps et malgré les oppositions de tout genre qu'on lui a faites et qu'on ne cesse de lui faire.

La Providence divine n'a donc pas abdiqué son pouvoir de gouverner le monde, puisqu'elle conserve l'Église au milieu de nous, ou, pour dire plus vrai, puisqu'elle nous conserve, dans l'Église, la lumière  de la vérité révélée et l'abri dans lequel nous pouvons nous préserver des divagations de notre raison affaiblie. Notre devoir, le devoir de tout chrétien sérieux et sincère, est donc de faire connaître, autour de soi, l'Église, sa doctrine, sa morale, les pratiques du culte qu'elle rend à Dieu, les sacrements qu'elle offre aux hommes pour leur conserver la vie divine (la vie de leur âme) qu'elle leur a, une première fois donnée, et pour augmenter en eux cette vie. Puisque les maîtres, autrefois chargés de cette mission, qu'ils accomplissaient au nom de l'État chrétien, ne pouvant plus la remplir aujourd'hui, à l'égard des enfants qu'ils instruisent, c'est un devoir pour tous les chrétiens soucieux de l'avenir de la France, de se faire les catéchistes volontaires de ces pauvres petits, à qui l'État refuse de laisser parler de Dieu et de la Foi, par ceux qu'il charge de leur enseigner les lettres et les sciences humaines.

Sous l'empire païen des Césars, les choses se passaient ainsi, et c'est à ce zèle universel que montrèrent les chrétiens pour répandre la Foi, qu'elle dut ses premiers et rapides progrès. Nous ne sommes pas de pire condition que ne l'étaient les chrétiens des premiers âges. La génération que nous formons a été instruite d'une façon régulière, insuffisante peut-être aux besoins actuels ; mais l'instruction qu'on nous a donnée forme pour nous une base précieuse, un point d'appui solide celle que nous nous donnerons à nous-même en la développant. Il nous a paru que nos lecteurs et nos lectrices étaient de ceux qui savent se dévouer à une œuvre aussi excellente que celle que nous lui proposons aujourd'hui, et nous avons voulu les aider à l'accomplir. Chacun d'eux en se nourrissant du travail dont nous commençons aujourd'hui la publication, — son instruction religieuse fût-elle en ce moment incomplète et insuffisante,—peut devenir, en peu de temps et sans beaucoup de peine, un catéchiste volontaire et important au point de vue religieux.


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MichelT

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Message par MichelT le Jeu 5 Sep 2019 - 23:29

DE LA RELIGION EN GÉNÉRAL ET DE LA RELIGION RÉVÉLÉE EN PARTICULIER

L'histoire de notre sainte religion, les vérités qu'elle nous enseigne et les devoirs qu'elle nous impose au nom de Dieu : tel est le triple objet de l'instruction familière à laquelle on a donné, dès les premiers temps du christianisme, le nom de Catéchisme. Le mot «catéchisme» est un mot emprunté à la langue grecque, dans laquelle il avait tous les sens que nous lui conservons : il signifiait soit une instruction simple et familière, soit la manière dont elle est donnée, soit le livre, avec lequel elle est exposée. C'est pourquoi nous appelons d'abord  «cathéchisme» une instruction familière sur l'histoire, les vérités et les devoirs de notre sainte religion ; nous disons : faire le cathéchisme, aller au catéchisme, quand nous instruisons ou quand nous nous rendons à l'instruction religieuse ; et nous nommons aussi catéchisme, le livre dans lequel se trouvent exposés l'objet de notre foi, les principes de notre morale, les raisons et les conditions de notre culte.

Le mot «religion» est un mot qui signifie relier ou rattacher. Il nous sert à désigner l'ensemble des vérités que Dieu nous enseigne et des devoirs qu'il nous impose, pour nous relier ou nous rattacher à lui Si le but de la religion est de nous relier et de nous rattacher à Dieu, c'est donc que nous étions déliés et détachés ; qu'il y avait eu, entre Dieu, auteur de notre vie, et nous, une rupture.  Nous verrons bientôt en quoi cette rupture a consisté et comment elle s'est produite, dès les premiers jours. Contentons-nous de prendre le mot religion dans le sens que l'humanité nous a donné et selon lequel il signifie l'ensemble des vérités que Dieu nous enseigne et des devoirs qu'il nous impose.

Dieu nous enseigne de deux manières : par la raison et par la révélation. La raison est ce qui nous distingue de la brute. A l'aide de la raison, nous discernons le bien du mal, le juste de l'injuste. Le mot «raison» désigne aussi la justice, l'équité, le droit, le devoir, et nous disons : La raison plaide en faveur de telle chose. Le mot raison désigne pareillement un argument que nous faisons valoir à propos de tel ou tel objet, et l'on dit : Je me rends à vos raisons. Ici le mot raison désigne spécialement la faculté de connaître que Dieu nous a départie, en nous créant : c'est une lumière que nous avons reçue du Créateur pour connaître la vérité et discerner le bien du mal. Notre raison nous suffit pour découvrir certaines vérités et certains devoirs, les vérités et les devoirs qui ne dépassent pas sa portée. Elle peut nous conduire à admettre l'existence de Dieu ; elle nous persuade que Dieu récompensera les bons et punira les méchants : elle nous fait constater la spiritualité et conclure à l'immortalité de l'âme.

L'existence de Dieu, une fois certaine, la raison en déduit que nous devons l'adorer et le servir. Les récompenses et les châtiments réservés aux bons et aux méchants, nous obligent à faire le bien et à éviter le mal. L'âme étant spirituelle et immortelle ne saurait se laisser dominer par le corps et négliger de se préparer au bonheur éternel. Tels sont les trois axiomes de la religion naturelle, c'est-à-dire de la religion qui établit, avec le seul secours de la raison, les rapports de l'homme avec Dieu et ses devoirs personnels.

La révélation complète, pour nous qui l'avons reçue, ces dogmes et ces préceptes de morale. L'histoire des peuples livrés aux seules lumières de la raison nous prouve qu'ils n'ont pas su conserver ces notions premières et fondamentales. Elles se sont altérées en eux par suite d'une déviation imprimée, sinon à la raison elle-même— qui fait partie de la nature de l'homme et qui n'a point été entamée par le péché —du moins à ses forces, lesquelles ont été affaiblies. De plus la révélation pourrait seule nous élever à la fin surnaturelle pour laquelle nous avons été créés et mis au monde. On comprend qu'il y avait disproportion entre la fin surnaturelle de l'homme et les moyens dont il disposait pour l'atteindre, tandis que sa raison était affaiblie par le péché et obscurcie par la concupiscence.

La concupiscence est la révolte de la partie inférieure — le corps de l'homme—contre l'esprit, siège et principe de la raison. Elle s'est formée en l'homme au moment où l'homme a librement consenti à renoncer aux données de sa raison droite, pour suivre l'attrait des sens qui le portaient au mal. A partir de sa chute, non seulement sa raison n'a plus été capable de découvrir, par ses propres forces, toutes les vérités qui étaient de son domaine et de porter l'homme à accomplir tous les devoirs qui découlaient de ces vérités une fois connues, mais elle a senti s'accroître l'impossibilité ou elle était, par sa nature même, de s'élever à un ordre de vérités et de devoirs supérieurs à sa nature, quand même il eût été originellement établie une sympathie entre elle et ces vérités élevées.

Dieu a eu pitié de la nature humaine affaiblie par le mal, et il est venu à son aide au moyen de la révélation. Il a voulu, en outre, donner, une seconde fois, à l'homme la possibilité d'atteindre la fin surnaturelle pour laquelle il l'avait créé, et réparer ainsi les désastres causés par la chute de nos premiers parents. La révélation est un acte surnaturel par lequel Dieu a fait connaître aux hommes toutes les vérités qu'ils doivent croire et tous les devoirs qu'ils doivent accomplir.

La révélation s'appuie sur la raison : c'est celle-ci qui la constate, par ses propres forces, et qui accepte ce qui lui est enseigné par Dieu. Ce fait suffirait seul à prouver que la raison est demeurée intacte après le péché, qu'elle a simplement été inclinée à l'erreur par la désobéissance, et que, si la concupiscence a été capable de l'affaiblir, elle n'a cependant pas été capable de la détruire.

Mais en faisant aux hommes des révélations, le Seigneur a voulu leur laisser le mérite de reconnaître son action et son influence. Il les a d'abord confiés à un peuple qu'il s'était choisi, et en qui il se plaisait à les conserver par une influence directe et soigneusement ménagée. Il a déclaré qu'il faisait alliance avec ce peuple, s'engageant par là à lui rendre facile son assentiment aux révélations qu'il avait reçues et à celles qu'il recevrait dans le cours des âges. Puis Dieu est venu lui-même, sur la terre, en la personne de son Fils éternel et consubstantiel, et le Verbe incarné s'est fait, auprès de tous les hommes, l'organe de toutes les vérités que nous devons croire et de tous les devoirs que nous devons accomplir. Cette révélation a reçu du Fils de Dieu le nom de «Testament ». Ceux à qui elle avait d'abord été faite le lui ont conservé, et ils l'ont étendu même aux révélations antérieures ; en sorte que nous pouvons dire que Dieu a fait aux hommes deux révélations principales : celle qui a précédé la venue de Notre-Seigneur Jésus- Christ, et celle dont Notre Seigneur Jésus-Christ est l'auteur. La première se nomme la révélation de «l'Ancien Testament», et la seconde la révélation du «Nouveau Testament».

La première de ces révélations se subdivise aussi en deux autres : la révélation primitive ou patriarcale, que Dieu avait faite aux premiers chefs de la nation choisie, lesquels furent aussi les chefs de la famille terrestre de son Fils, et la révélation mosaïque, que Moïse reçut directement de Dieu au moment où la nation choisie était ramenée d'Égypte et établie au pays où il plaisait à Dieu de la fixer, le pays de Chanaan,(futur Israël) autrefois habité par ses pères.

En résumé, la religion naturelle est celle qui est fondée sur la loi naturelle, dont la raison nous sert à connaître les principes et les conséquences directes. Elle aurait pu exister chez les peuples que Dieu n'a point entourés de soins spéciaux. Elle peut encore exister chez ceux qui n'ont pas reçu le bienfait de la révélation. En fait, les païens l'ont méconnue, la plupart du temps, et leur prétendue civilisation même ne leur a pas permis d'échapper au naufrage général préparé à la raison par le péché.

La religion révélée a existé pour l'homme tombé, dès le premier jour de sa chute, parce que Dieu est aussitôt entré en relations avec lui ; et, en lui annonçant le Rédempteur, il a mis, dans son esprit et dans son cœur, des pensées et des sentiments à l'aide desquels l'homme pourrait s'élever à l'ordre surnaturel. Cette première communication de Dieu a été suivie d'autres communications faites aux patriarches, et la révélation patriarcale s'est formée de toutes ces communications réunies. Après que Moïse a été choisi par Dieu pour être le chef de son peuple, le Seigneur lui a donné les dix commandements, les dix paroles comme on les nommait en Israël, et la loi mosaïque qui devait leur servir d'encadrement et de commentaire. Cette loi, conforme aux révélations antérieures faites par le Seigneur aux patriarches, a constitué la révélation de l'Ancien Testament. Enfin Jésus-Christ a complété les révélations divines qui l'avaient précédé, et l'ensemble de sa doctrine forme le Nouveau Testament.


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MichelT

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Message par MichelT le Jeu 5 Sep 2019 - 23:38

CHAPITRE II

DES SIGNES AUXQUELS ON RECONNAIT LA RELIGION RÉVÉLÉE

Le Seigneur n'a pas voulu instruire directement chacun de nous des vérités que nous devons croire et des devoirs que nous devons pratiquer. C'eût été inutile, et Dieu ne fait rien d'inutile. C'eût été inutile, parce que notre raison, flambeau allumé par la main de Dieu, nous suffisait pour reconnaître les révélations divines, quand certains de nos pères les auraient reçues. Il convenait, en outre, que le Seigneur nous laissât le mérite de la soumission à ces révélations, en nous imposant la nécessité de les rechercher et de constater qu'elles avaient été faites à certains hommes auxquels il parlait et qu'il chargeait de nous transmettre les enseignements qu'il leur donnait.

Dieu traitait sa créature privilégiée selon l'ordre constant de sa Providence, qui gouverne l'univers non point par une action isolée et directe sur chacun des êtres qui le composent, mais au moyen des forces de la nature, dont il a posé les lois une fois pour toutes, et qui agissent comme causes secondaires du mouvement général. Dans le but de traiter ainsi l'ordre intellectuel et moral et de l'établir sur des bases analogues à celles sur lesquelles repose l'ordre physique et matériel de la nature, Dieu a choisi certains hommes auxquels il a parlé, qu'il a instruits des vérités que nous devons croire et des devoirs que nous devons pratiquer, et il les a chargés d'instruire leurs frères.

Il fallait, pour que les hommes consentissent à se laisser instruire par certains de leurs frères, que ceux-ci fussent à même de prouver que Dieu leur avait véritablement donné cette mission. Par cette économie d'une action directe sur certains hommes privilégiés et indirecte sur la masse, Dieu divisait l'humanité en deux groupes très distincts : le groupe des privilégiés qu'il avait lui-même instruit et chargé d'instruire les autres ; le groupe de la grande foule des hommes qui devait se laisser instruire par les premiers. On voit cela sensiblement dans l'histoire de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il instruit ses apôtres, puis il les charge de répandre la doctrine qu'il leur a enseignée ; et, en ce moment, il invoque, pour faire le partage de l'humanité en deux groupes, le pouvoir qu'il a reçu de son père : «Tout pouvoir, dit-il, m'a été donné au ciel et sur la terre. Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie. Allez donc, instruisez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à garder tous les préceptes que vous avez reçus de moi.»

Le partage des hommes en deux classes, celle des hommes enseignant et celle des hommes enseignés, ne pouvait pas être exprimé d'une manière plus claire, ni appuyé sur une autorité plus incontestable. Cependant Dieu d'abord, Jésus-Christ ensuite ont voulu rendre toute hésitation impossible, en accordant, aux hommes qu'ils avaient choisis, le pouvoir de prouver, par des miracles et des prophéties faits au nom de Dieu, qu'ils avaient vraiment reçu cette mission. On appelle «miracle» un fait qui dépasse le pouvoir naturel de l'homme et qui s`opère au nom de Dieu et par la permission de Dieu.

Pesez tous les termes de cette définition, et vous saisirez sans peine la différence qui existe entre les vrais et les faux miracles, entre les miracles vraiment dignes de ce nom et les prestiges plus ou moins merveilleux, par lesquels certaines gens habiles s'efforcent ou se sont jamais efforcés de capter la confiance de leurs frères. Un vrai miracle doit dépasser le pouvoir naturel de l'homme ; un prestige, au contraire, n'est que le résultat de forces naturelles habilement exploitées, par des gens qui connaissent ces forces mieux que ne les connaît le vulgaire. Un vrai miracle doit être opéré au nom de Dieu et par sa permission ; un prestige peut être fait dans le but de tromper, au nom de Dieu sacrilégement invoqué, mais il ne saurait s'opérer par la permission de Dieu.

Arrêter un fleuve dans sa marche, faire tomber du ciel une nourriture toute prête, ressusciter des morts, sont de vrais miracles, parce que ces faits dépassent le pouvoir naturel de l'homme. Quand ils ont été opérés, ainsi qu'en témoigne l'histoire la plus véridique qui fut jamais, ils l'ont été par des hommes qui agissaient au nom de Dieu et par sa permission. Ces hommes affirmaient, dans la sincérité de leur âme, qu'ils agissaient alors au nom de Dieu et par la permission de Dieu. Il était impossible de ne pas ajouter foi à leur parole, tant à cause de l'intégrité de leur vie, qu'à raison même de la puissance surnaturelle qu'ils exerçaient.

Une prophétie est la prédiction surnaturelle d'un événement qui dépend de la volonté de Dieu ou de l'homme. Dieu seul peut connaître à l'avance des événements pareils : l'homme qui les annonce tandis qu'un long espace de temps le sépare de ces événements mêmes, doit nécessairement être entré en part de la science de Dieu. Celui qui a constaté l'existence de semblables prophéties, longtemps avant l'époque de leur accomplissement même, ne peut mettre en doute que les hommes qui les firent, n'eussent reçu de Dieu des lumières particulières à l'aide desquelles l'avenir leur était découvert. Quand on connaît la marche régulière de certains événements, on peut, il est vrai, prédire leur aboutissement à tel ou tel résultat. Mais, dans la prophétie proprement dite, on ne se sert nullement l'influence de notions pareilles : les événements qu'elle annonce ne font pas partie de la trame régulière de l'histoire ; ils s'en séparent par leur nature ; ni le passé ne les portait dans les faits dont il se composait, ni l'avenir ne semblait marcher dans le sens de ces événements eux-mêmes.

L' avènement du Messie annoncé par tous les prophètes était un fait qui dépendait de la volonté de Dieu et que rien, dans l'histoire, ne permettait de présager. La prise de Babylone, prédite par Daniel, au moment où cette ville était dans toute sa gloire ; la ruine de Jérusalem, prédite par Jésus-Christ, au temps où le peuple juif semblait se reposer sous le joug des Romains qu'il portait sans le trouver trop lourd, n'étaient point des événements que la sagacité naturelle pût découvrir A l'aide de ses lumières. Aussi ces prophéties ont-elles toujours été regardées, par les bons esprits, comme une preuve évidente de la mission divine remplie par ceux qui les firent. Ajoutons que, la plupart du temps, les prophètes furent, à la fois, des thaumaturges.

Les miracles qu'ils opéraient et leurs prophéties se renvoyaient la lumière, et les peuples s'inclinaient devant l'autorité que Dieu leur donnait eu leur transmettant son pouvoir sur la nature et sa connaissance de l'avenir. Les hommes que Dieu avait choisis pour faire part à leurs frères de ses révélations, se sont acquittés de ce devoir en leur parlant et en écrivant pour eux : en leur parlant d'abord, car ce fut ainsi que Adam, Noé, Abraham se firent, auprès de leur famille, les interprètes de Dieu ; en écrivant ensuite, comme Moïse, les Prophètes et les Apôtres. L'enseignement qu'ils donnèrent par la parole se nomme la tradition.

Le mot «Tradition» indique la remise de la propriété à un nouveau propriétaire. L'enseignement que Dieu avait donné était, au commencement, et n'a point cessé d'être depuis, un héritage de famille. Chez les patriarches et chez le peuple de Dieu, la chose est évidente. Elle ne l'est pas moins dans l'Église, qui est la famille de Dieu en ce monde, famille agrandie, il est vrai, mais véritable famille où l'on met en commun les biens surnaturels, la grâce et les sacrements qui la donnent. L'Église est la famille de Dieu en ce monde et elle appelle «ses Pères » ceux qui furent les premiers échos de l'enseignement traditionnel. L'enseignement que les hommes choisis par Dieu donnèrent par écrit se nomme «l'Écriture-Sainte.» Moins ancienne que la Tradition, l'Écriture-Sainte doit, aux conditions particulières dans lesquelles elle, a été imposée, avoir le respect que lui accordent les chrétiens.


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MichelT

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Message par MichelT le Jeu 5 Sep 2019 - 23:43

CHAPITRE III

DE L 'ÉCRITURE ET DE LA TRADITION, EXPRESSIONS DE LA RÉVÉLATION.

L'enseignement traditionnel fut le seul enseignement en vigueur dans la famille d'Abraham jusqu'à Moïse. Le père transmettait à ses enfants les révélations qu'il avait lui-même reçues et celles qu'il tenait de ses ancêtres. Il leur racontait l'histoire des origines du monde et de l'homme ; les rapports de l'humanité avec son Créateur ; il leur faisait le récit de la chute originelle et de la promesse qui l'avait suivie, leur apprenait à prier, à honorer Dieu par des sacrifices, et cherchait, par des exhortations, à les détourner du mal.

Moïse (1200 Av J.C) recueillit, le premier, les enseignements de la tradition, et il en forma le premier livre de l'Ancien Testament qui, à cause de ce qu'il contient, fut appelé la Genèse, ou le Livre des Origines. Il y ajouta ensuite le récit des événements auxquels il avait lui-même assisté et la loi religieuse, sociale et politique que le Seigneur lui avait donnée, et qu'il lui avait inspiré de donner au peuple en son nom. D'autres écrivains lui succédèrent qui racontèrent l'histoire du peuple de Dieu sous Josué, sous le gouvernement des Juges et sous celui des Rois. Le grand roi David et Salomon, son fils, y ajoutèrent des psaumes et des sentences ou proverbes.

Quelques monographies, comme l'histoire de Judith, d'Esther, de Ruth et de Tobie ; un ouvrage destiné à montrer la confiance qu'il faut avoir en Dieu, même au sein des plus cruelles épreuves, le livre de Job, et des récits historiques complètent le livre des Rois en les continuant pendant la période des Asmonéens, et enfin les ouvrages des quatre grands prophètes et des douze petits prophètes, ainsi nommés à cause de l'étendue plus ou moins grande de leurs écrits, fournirent, en s'ajoutant aux écrits de Moïse, un livre que le peuple de Dieu entourait de très grande vénération, parce qu'il croyait que le Seigneur était entré en part de sa composition. Ces différents ouvrages n'étaient que l'enseignement traditionnel fixé par l'Écriture, et l'autorité qui les gardait et qui les expliquait, ne faisait qu'affermir, en cela, la nécessité et la prépondérance de l'enseignement traditionnel.

Dans la constitution même de cette autorité prépondérante, le Seigneur avait voulu conserver, au  milieu de son peuple le souvenir vivant de la famille antique et patriarcale. On appelait «Synagogue» la réunion du peuple sous la présidence de ses chefs légitimes, les prêtres et le roi. Or, les uns et les autres tenaient leur pouvoir de l'hérédité ; il leur venait par droit de naissance dans la famille de David, pour les rois, et dans la famille de Lévi, pour les grands prêtres. Les deux autorités, le sacerdoce et la royauté, ne se confondaient point ; mais elles s'exerçaient, l'une et l'autre, en ce qui touchait à la conservation et à l'exploitation des textes sacrés.

C'était le pouvoir traditionnel qui veillait sur l'enseignement traditionnel, même lorsque ce dernier avait été écrit et se trouvait renfermé en des livres qui paraissent devoir le mettre à l'abri des graves altérations. Les Juifs étaient si bien convaincus de l'autorité de l'enseignement traditionnel, qu'ils produisaient souvent comme lui appartenant des pratiques et des usages qui n'avaient aucun rapport avec lui. Ce fut contre ces fausses traditions que Notre-Seigneur dut plusieurs fois s'élever, en montrant clairement qu'elles étaient abusives et ne reposaient sur aucun fondement qui les pût autoriser. Mais Jésus-Christ se montra plein de respect pour la Tradition vraiment digne de ce nom. Il déclara qu'il ne voulait rien changer à la méthode suivie jusqu'alors. Après avoir instruit ses apôtres par la parole, il leur dit : «Allez, enseignez toutes les nations, et apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé»; et il se fit appeler par l'un de ses apôtres : «un témoin fidèle qui raconte ce qu'il a vu dans le sein de son Père.»

En prenant le titre de «témoin », Jésus-Christ assimile sa mission à celle que remplirent, avant lui, les patriarches, les prophètes et les conducteurs du peuple d'Israël. Mais Jésus-Christ ne se contenta pas d'approuver ainsi l'enseignement traditionnel : il approuva également les livres de l'Ancien Testament : «Étudiez les Écritures, disait-il aux Juifs, et vous verrez qu'elles parlent de moi.» C'était déclarer formellement que les livres de l'Ancien Testament étaient, aussi bien que la Tradition, une expression de la vérité révélée, et qu'ils méritaient toute créance. A son exemple, les apôtres, que Jésus-Christ avait formés, ne se contentèrent pas de prêcher la foi. Six d'entre les apôtres et deux des disciples de Jésus-Christ écrivirent des livres qui forment le Nouveau Testament. C'est ainsi que nous possédons le premier et le quatrième Évangiles, écrits par saint Matthieu et par saint Jean ; les épîtres de saint Pierre, de saint Paul, de saint Jude, de saint Jacques, l'Apocalypse de saint Jean, le deuxième et le troisième Évangiles de saint Marc et de saint Luc, et les Actes des apôtres, attribués aussi à saint Luc. Ces deux derniers écrivains comptaient parmi les disciples de Notre-Seigneur.

Ces livres furent souvent des livres de circonstance. Aussi ne contiennent-ils pas tout ce que nous devons croire et tout ce que nous devons pratiquer. Ils n'ont point été composés pour être des exposés doctrinaux et dogmatiques ou des traités de morale. Cependant la plupart des vérités chrétiennes et des devoirs chrétiens sont indiqués dans la Sainte-Écriture.

La société juive a légué à la société chrétienne des livres qu'elles ont nommés l'Écriture-Sainte ou la «Bible», mot grec qui signifie le livre, et qui désigne, dans le présent, le livre par excellence. La société chrétienne a formé, dès le principe de son existence, des livres qu'elle a jugés dignes d'être placés à côté de ceux que la société juive lui avait transmis ; elle les a honorés de la même estime et du même respect qu'elle accordait aux livres regardés comme divins par les Juifs. A l'Ancien Testament, que formaient les Écritures conservées par la synagogue, s'est ainsi ajouté le Nouveau Testament, composé aux premiers jours de l'existence de l'Église. Pour les deux sociétés, la Bible est un livre inspiré par Dieu, un livre divin, la parole de Dieu, la sainte Bible ou le Livre saint, expressions qui nous révèlent la conviction intime de ces deux sociétés relativement à l'origine surnaturelle et divine des Saintes Écritures.

Cependant les livres que les Juifs et les chrétiens nomment ainsi furent écrits par des hommes. Souvent le nom et le souvenir de leurs auteurs se sont conservés : parfois on ne put les retrouver avec quelque probabilité qu'à l'aide de conjectures ; mais jamais on n'a prétendu que les livres qui forment la Bible soient descendus du ciel, écrits de la main de Dieu. Comment concilier les qualifications et les noms qu'ils reçoivent, de la part des deux sociétés auxquelles ils appartiennent, avec leur origine extérieurement semblable à celle des livres ordinaires ?

Les Juifs et les chrétiens en disant que ces livres ont Dieu pour auteur, entendent que Dieu les inspira aux hommes qui les écrivirent. Et lorsqu'ils disent que Dieu inspira ces livres, ils entendent que Dieu éclaira l'esprit des hommes qui les écrivirent et qu'il les préserva de toute erreur. Dieu fut la cause première des livres inspirés, et la part principale qu'il prit à leur composition nous permet de dire que ces livres ont Dieu pour auteur. L'homme fut la cause seconde. Dieu l'éclaira et le détermina à écrire, le plaçant ainsi sous l'influence des dons surnaturels de lumière et de force, que l'homme accepta librement, pour son intelligence et pour sa volonté, et l'homme ainsi éclairé et dirigé, n'écrivit que ce que Dieu voulut lui faire écrire.


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MichelT

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Message par MichelT le Jeu 5 Sep 2019 - 23:53

CHAPITRE IV

De l'autorité enseignante.

Les livres saints sont l'une des sources où l'Église a puisé des dogmes. Ils fournissent à l'Église les preuves par lesquelles elles les confirme et démontre leur existence. Ils sont placés sous la tutelle de son magistère infaillible, comme les livres de l'Ancien Testament, dont la Synagogue avait reconnu l'inspiration, étaient confiés à la garde de la Synagogue et interprétés par elle dans leur véritable sens. L'Écriture est un texte dont la Tradition, vivante autrefois dans la Synagogue, vivante aujourd'hui dans l'Église, a seule le droit et le devoir de fournir un commentaire autorisé.

L'Église ne peut pas se tromper dans l'explication qu'elle donne des livres saints. Placé en présence d'un texte de l'Écriture à expliquer, le catholique, après être arrivé au sens par les règles de toute interprétation rationnelle, devra voir si la proposition qu'il exprime est une des propositions dogmatiques ou morales qui forment le corps de la doctrine catholique, et si les Souverains Pontifes parlant avec l'autorité qui leur appartient, ou les conciles généraux formulant, des définitions, ont fixé le sens de ce passage. S'il en eut ainsi, le catholique devra se faire une loi de suivre l'interprétation qu'ils en ont donnée. Mais quand le passage que l'on explique traite un point d'histoire, de géographie, de chronologie, d'archéologie, on touche aux sciences naturelles, à moins qu'il n'exprime une vérité en rapport intime avec les vérités de la Foi, il est permis de l'entendre comme on voudra, sans crainte de heurter le sens de l'Église, qui n'a rien défini à cet égard, et dont la règle ne regarde que les passages doctrinaux et moraux.

Le catholique devra aussi conformer son interprétation à l'interprétation doctrinale des Pères, lorsque, dans les passages qui ont trait à la foi ou à la morale, le consentement des Pères est à peu près unanime, et qu'on peut connaître leur sentiment d'une manière certaine. Dans le cas où l'Église n'a pas fixé le sens d'un passage de l'Écriture, et où les Pères ne se sont pas prononcés d'une manière formelle et authentique, le catholique se tiendra dans la disposition adopter le sens de l'Église dès qu'il se fera connaître.

Le privilège de l'infaillibilité que nous connaissons à l'Église, comme lui ayant été accordé par Jésus-Christ, son divin fondateur, lui était absolument indispensable pour discerner quelles étaient les Traditions et les Écritures divines, et quelles étaient les révélations contenues dans l'Écriture et dans la Tradition. Sans ce privilège, ces deux sources de la Foi auraient été livrées à l'interprétation privée de chacun, au détriment du principe d'autorité qui n'est pas moins nécessaire à une société spirituelle qu'à la société temporelle. Chacun aurait pu se permettre de juger les livres de l'Écriture, de les interpréter à son gré et de faire un triage analogue parmi les traditions. On comprend le désordre qui en serait résulté et l'impossibilité dans laquelle on se fût trouvé de connaître les Écritures véritablement inspirées et les traditions véritablement authentiques, ainsi que le sens et la portée qu'il fallait donner aux unes et aux autres.

Par le privilège de l'infaillibilité accordé à l'Église, nous entendons qu'elle ne peut ni se tromper ni nous tromper. Elle ne peut se tromper, étant éclairée de la lumière d'en haut qui lui permet de discerner la vérité de l'erreur. Elle ne peut nous tromper, parce qu'elle ne le veut point : Dieu l'a placée sous une influence constante de grâces qui fait qu'elle désire uniquement notre bien et l'honneur de Jésus-Christ son chef, qui lui suggère toujours la vérité complète, absolue et éternelle.

Le privilège de l'infaillibilité doctrinale est spécialement confié, dans son exercice, au Pape et aux évêques en communion avec lui. En eux, et dans le corps qu'ils forment ensemble, réside le pouvoir spirituel dans toute son étendue. La suite de l'histoire nous permet, il est vrai, de reconnaître que les chefs de l'Église ont constaté une sorte d'assistance, semblable à celle dont ils jouissent spécialement, dans la communauté chrétienne elle-même. La plupart du temps, ils n'ont eu, pour connaître la vérité et avant de la proclamer solennellement, qu'à interroger la foi des peuples chrétiens. Dieu veille sur les développements que cette foi prend journellement dans la société de son Fils ; mais il n'appartient qu'aux chefs de l'Église d'en régler le mouvement et l'expansion, tandis que les fidèles doivent se soumettre aux décisions de leurs légitimes pasteurs. Par une influence aussi profonde que secrète et aussi décisive que certaine, Jésus-Christ se plaît à leur rendre cette soumission facile, afin que l'union des membres secondaires avec les membres principaux, soit aussi éclatante que celle des membres principaux avec leur divin chef, Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Le Pape est le chef visible de l'Église, comme Jésus- Christ, dont il est le vicaire, en est le chef invisible. Aussi ne peut-on pas concevoir l'Église sans le Pape. Privée de son premier Pasteur, l'Église serait un corps acéphale. Il y a eu un moment, dans l'histoire, pendant lequel on ne savait pas au juste quel était, entre les deux ou trois Papes nommés et reconnus, le Pape véritable. Ce fut pendant le grand schisme d'Occident. Mais cette situation fit ressortir plus vivement peut-être que jamais, combien était ferme et inébranlable la conviction de la société chrétienne touchant la nécessité d'un vicaire de Jésus-Christ. L'objet des contestations qui s'élevèrent alors au sein de l'Église, ne consistait pas à savoir si l'Église devait ou non avoir un Pape à sa tête ; mais à savoir quel était le pape légitime, entre ceux qui se prétendaient investis de cette dignité.

On ne peut pas non plus concevoir l'Église sans les évêques : car c'est aux évêques que Jésus-Christ a dit, en la personne des apôtres : «Allez, enseignez toutes les nations», et aussi : «Je suis avec vous jusqu'à la fin des siècles.» L'Épiscopat est la plénitude du sacerdoce, et le sacerdoce étant l'un des caractères de Jésus-Christ, il ne peut se faire que l'Église, qui est le corps mystique de Jésus- Christ, ne possède point, dans sa plénitude, le sacerdoce. Les évêques sont, sous ce rapport, aussi essentiels à l'Église que le Pape.

Le Souverain-Pontife reproduit, dans sa personne, le caractère royal qui appartient à Jésus-Christ, sacré roi par son père, lorsqu'il est venu en ce monde. Les évêques, dont le Pape est le chef, le premier, reproduisent, dans leur personne, un caractère du divin Sauveur qui lui est aussi essentiel que la royauté. Ces deux caractères s'unissent dans l'Évêque de Rome, comme ils étaient unis en la personne de Jésus-Christ. Seulement le Pape possède seul la royauté, parce qu'il est de l'essence de la royauté de ne point se partager entre divers sujets ; tandis que le sacerdoce peut être exercé par plusieurs, sans se diviser et sans que l'ordre intérieur de la société chrétienne doive en subir aucun dommage.

C'est pourquoi l'infaillibilité, qui est aussi l'un des caractères de l'Homme-Dieu, existe d'abord dans le Pape, par lui-même, et passe par lui au corps des évêques qui lui sont unis. Ceci est l'objet d'un miracle permanent : Dieu permet et fait que le corps des évêques unis au Pape soit toujours en communauté de sentiments avec lui dans toutes les choses qui concernent la foi et les bonnes mœurs. Grâce à cette intervention directe du Saint-Esprit, il est impossible de concevoir une situation telle que le corps des évêques unis au Pape lui fût opposé. D'ailleurs, si cela arrivait, par impossible, ce serait une preuve que Dieu a empêché l'infaillibilité de passer du Pape aux évêques, et ce serait au Pape que les fidèles devraient se rattacher, comme possédant seul, pour la transmettre à ses frères, l'infaillibilité que Jésus-Christ lui a donnée, quand il a dit : «J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point.» Il n'y a donc pas deux infaillibilités dans l'Église ; il n'y en a qu'une seule, qui passe de l'Évêque de Rome, successeur de saint Pierre, et vicaire de Jésus-Christ, au corps des évêques en communion avec lui.


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MichelT

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Message par MichelT le Jeu 5 Sep 2019 - 23:55

CHAPITRE V

DES CONCILES ŒCUMÉNIQUES

Il est arrivé dix-neuf fois, dans le cours de la vie de l'Église, que, pour faire ressortir d'une manière plus sensible l'union des évêques de la chrétienté avec le Pape, qu'on tint, sous la présidence du Souverain-Pontife, des assemblées plénières. Ces assemblées portent le nom de conciles œcuméniques. La première fut celle de Nicée, en 325 Ap J.C. ; la dernière est celle du Vatican, en 1869. Un concile œcuménique est donc une assemblée générale des évêques sous la présidence du Pape.

On appelle aussi ces assemblées conciles généraux, cet adjectif n'étant que la traduction du mot œcuménique. Les conciles généraux sont infaillibles à la condition d'être convoqués, présidés et sanctionnés par le Pape. Ces trois conditions sont également essentielles. Il appartient au Pape seul de convoquer les évêques en assemblée générale. Il appartient au Pape seul de présider ces assemblées et de sanctionner leurs actes. C'est là un privilège de la royauté spirituelle dont il est, dans l'Église, le seul dépositaire. Quant au mode de convocation, il a pris, dans l'histoire, telle ou telle forme, selon que le Pape le jugeait convenable ou nécessaire à ses fins.

Le premier concile fut convoqué, à la fois, par le Pape et par l'empereur romain Constantin, par suite d'un accord intervenu entre eux. L'empereur facilita de tout son pouvoir la réunion du concile de Nicée : il donna des subsides aux évêques, les fit voyager aux frais du trésor impérial, s'honorant ainsi par la protection qu'il accordait à l'Église de Dieu. Aussi le Pape répondit il à la générosité de l'empereur en lui conférant la présidence d'honneur du concile. L'empereur occupait un siège élevé, lorsqu'il lui plaisait d'assister aux séances de cette grave assemblée. Toutefois, il ne prenait aucune part décisive aux délibérations des Pontifes, moins encore se reconnaissait-il le droit de leur imposer ses sentiments et de décider avec eux sur l'objet de la foi.

Après la tenue du concile le Pape, qui en avait sanctionné les décrets, eut encore recours à la protection de l'empereur pour aider à leur application et à leur promulgation dans l'empire. Constantin s'acquitta glorieusement des fonctions «d'Évêque en dehors» que le Pape lui avait conférées, et grâce à son utile et nécessaire intervention, les décrets du concile de Nicée purent devenir, en un véritable sens, les lois de l'empire. Mais les honneurs et les charges conférées à Constantin n'atteignaient en rien les privilèges du Pontife romain et des évêques. Le Pape seul et les prélats décidèrent de l'objet de la foi. Telle a été aussi, en d'autres circonstances, la manière d'agir des Papes à l'égard des souverains, qui ont bien voulu les seconder de leur pouvoir ou de leur munificence.

Ils leur ont donné, soit à eux-mêmes, soit à leurs ambassadeurs, des privilèges d'honneur ; ils les ont admis dans les conciles, leur permettant d'assister aux délibérations que l'on y tenait. Ils leur ont accordé des places honorables au sein des assemblées, ils leur ont confié le soin de faire accepter par les peuples les décrets qu'on y avait rendus. Mais jamais les empereurs, les rois ou leurs ministres n'ont été admis à exercer soit dans la convocation, soit dans la présidence, soit dans la sanction des conciles et des décrets conciliaires, aucune influence touchant à la foi. L'autorité des Papes sur les conciles éloigne nécessairement l'hypothèse d'une divergence entre les deux. Il est impossible de supposer que le concile décide une chose et que le Pape en décide une contraire, puisqu'il n'y a pas de concile sans le Pape, un concile ne pouvant se réunir qu'après que le Pape l'a convoqué, se tenir autrement que sous sa présidence et porter des décrets ayant force de loi, avant que le Pape les ait approuvés et sanctionnés.


Dernière édition par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 12:47, édité 1 fois

MichelT

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Message par MichelT le Jeu 5 Sep 2019 - 23:59

CHAPITRE VI

CONCLUSION

Il était d'une souveraine importance d'établir les points de doctrine que nous venons d'expliquer. Ils résument la croyance de la société chrétienne, prise dans son ensemble et étudiée dans les idées du groupe de beaucoup plus important qui la compose, l'Église catholique. Ceux qui prétendent ne pas appartenir à l'Église de Jésus-Christ ne sauraient, sans outrecuidance, lui reprocher les idées qu'elle s'est faite sur la manière dont il a plu à Dieu de l'instruire et sur le rapport de diverses sources de la Foi entre elles. Mais ceux qui, se disant chrétiens, croient pouvoir se contenter d'admettre l'Écriture-Sainte comme source unique de la Foi, ceux-là ne peuvent être considérés comme possédant la véritable foi, puisqu'ils rejettent la Tradition et l'enseignement de l'Église, représentée par le Pape et les Évêques.

Mais il y a plus. Les protestants ont reçu les livres saints qui forment la Bible, des catholiques qui les ont historiquement précédés et desquels ils se séparèrent. En refusant d'admettre l'autorité de l'Église, ils se sont privés du seul moyen que Dieu ait mis à notre disposition pour constater le fait de l'inspiration et pour reconnaître l'ensemble des livres inspirés. Les livres du Nouveau Testament, en effet, considérés comme livres historiques, peuvent servir à démontrer l'inspiration des livres de l'Ancien Testament et de quelques-unes des épîtres de saint Paul.

Voici, en résumé, les sources des vérités et des devoirs que le catéchisme nous enseigne, sont la Tradition et l'Écriture Sainte, expliquées par l'Église catholique : la Tradition d'abord, parce qu'elle est la plus ancienne et la plus complète ; l'Écriture Sainte ensuite, parce que les livres qui la composent nous donnent, en abrégé, la somme presque complète des enseignements traditionnels. Et l'autorité de l'Église plane sur la Tradition et sur l'Écriture Sainte, pour les reconnaître, les conserver et les expliquer.

Le catéchisme puise à trois sources dépendantes l'une de l'autre les enseignements qu'il nous donne.
Il nous expose :


1 : ce que nous devons savoir, c'est l'histoire de la religion.— Cette histoire s'apprend comme toute autre ; elle n'a rien qui dépasse la portée de l'intelligence humaine, et, quand on l'a apprise, on la sait, c'est-à-dire qu'on peut appliquer à la retenir les forces de la raison naturelle, laquelle n'a pas besoin de secours pour constater les faits qui la composent ;

2 : ce que nous devons croire, ce sont les mystères, les dogmes et les vérités de notre foi. L'intelligence humaine atteint les mystères à l'aide de comparaisons qui lui permettent de reconnaître que les mystères ne sont pas en contradiction avec les données de la raison. Pour les saisir et se les approprier il lui faut le secours de la foi : nous croyons les mystères, tandis que nous savons l'histoire. Quant aux dogmes, nous les croyons aussi, mais lorsque notre raison nous a permis de savoir qu'ils existent et qu'ils ont été proclamés par l'auteur de notre foi ; notre raison naturelle se rend compte de leur existence ; aidée de la lumière d'En-haut, elle les accepte comme points de la foi. Les Vérités mêmes que la raison peut découvrir par ses propres forces, comme l'existence de Dieu, l'immortalité et la spiritualité de l'âme, nous les croyons sur le témoignage que leur rendent l'Écriture et la Tradition, expliquées par l'Église catholique : notre raison, qui les a saisies, se transforme alors, au contact de la foi, et elle en vient à les croire à l'aide des secours que Dieu met à sa disposition ;

3 : ce que nous devons faire et éviter : faire le bien dont Dieu a posé la loi souveraine dans ses commandements et dans ceux qu'il a inspirés à l'Église ; éviter le mal qui est l'opposé du bien qui nous est prescrit ;

4 : Demander et recevoir : demander la grâce, secours d’En-haut, sans lequel les œuvres surnaturelles nous sont impossibles ; recevoir les sacrements qui sont les canaux de la grâce. Le catéchisme nous dit, enfin, quelles sont les fins dernières de l'homme. Après nous avoir appris d'où elle vient, il nous fait connaître quel est le but de la vie humaine et quelles sont les récompenses promises aux bons et les peines dont les méchants sont menacés.


Dernière édition par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 12:40, édité 2 fois

MichelT

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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:03

DE LA CRÉATION.

Un chrétien doit savoir l'histoire de la religion. Nous aimons à connaître l' histoire des peuples qui ont eu un certain retentissement dans le monde, une certaine influence sur les destinées de l'humaine famille. Nous étudions volontiers l'histoire de notre nation. Il nous est précieux de savoir l'histoire de notre famille. La religion est, pour nous plus qu'une famille, plus qu'une patrie ; puisque son histoire est celle des rapports de Dieu avec l'humanité, histoire qui a eu dans le monde, plus de retentissements que n'en eurent la formation et la chute des empires des plus fameux.

Et parce que l'histoire de la religion est l'histoire des relations de Dieu avec l'humanité, cette histoire commence avec le monde et ne finira qu'avec lui. Commencer et finir, telle est la condition du monde que nos yeux voient. Il n'a pas toujours existé ; nous le savons par les récits qui nous racontent sa création ; nous pouvons aussi nous rendre compte rationnellement de son commencement. Les êtres qui ne portent pas en eux-mêmes les raisons et le principe de leur existence ont tous commencé et finiront tous.

L'être nécessaire existait seul au moment où les autres êtres ont été appelés. Donc, lorsque le monde n'existait pas encore. Dieu existait. Lorsque le monde prendra fin, Dieu existera ; il existe de toute éternité, étant le seul être nécessaire, celui qui a la vie en soi ; il est la vie, et il distribue la vie comme il lui plaît entre les êtres qu'il appelle des profondeurs du néant à l'honneur de l'existence.

Le monde a été créé par la volonté de Dieu. Créer, c'est faire quelque chose de rien. L'homme, dans toutes ses créations se sert d'une matière qui est à sa disposition et qu'il transforme selon qu'il le peut et qu'il le veut. Dieu seul peut créer la matière. Nous savons qu'il l'a fait, puisque nous constatons l'existence de la matière.

Nous savons, de plus, que Dieu créa le monde, parce que Dieu nous l'a enseigné dans l'Écriture- Sainte, et dans la Tradition. Créer quelque chose de rien, créer la matière, quand on est soi-même un pur esprit, ce sont des mystères. Nous ne pouvons pas sonder leur profondeur ; mais nous savons, l'ayant appris de Dieu même, que Dieu à créé de rien tout ce qui existe. Nous connaissons même les détails de l'œuvre de Dieu, et nous les connaissons parce que la Tradition des patriarches les avait conservés et que Moïse les a mentionnés au premier chapitre de son livre sur la création. Dieu a créé le monde en six jours, (six étapes – six jours de Dieu) par l'effet de sa parole toute puissante. Il a appelé du néant les êtres qu'il voulait amener à l'existence, et ces êtres ont obéi à sa voix : ils sont successivement venus se ranger selon la place qu'il leur assignait, au moment même où, les ayant nommés, ils sortaient du néant pour arriver à l'être. Aux six jours de la création, succéda un septième jour, pendant lequel le Seigneur contemple, en se reposant, l'œuvre qu'il venait d'accomplir. Une période de temps, divisée en sept jours, fut ainsi établie ; et, ce qu'il y a de plus remarquable dans les annales de l'humanité, c'est la conservation constante de cette période, la semaine, chez tous les peuples.

Cette tradition a une importance considérable au point de vue de la vérité du récit mosaïque touchant la création.  Si l'on consent à la rapprocher, avec bonne foi, de ce récit, on comprend qu'il est vrai, que les hommes descendent tous d'un couple unique, qu'ils forment une famille homogène, qu'ils sont appelés à partager les mêmes espérances, ayant tous la même origine.

Les créatures les plus parfaites de Dieu sont les anges, d'abord, parce qu'ils se rapprochent, par leur nature, de la nature même de Dieu ; les hommes ensuite, parce qu'ils sont, par leur âme, semblables aux anges et à Dieu.

Voici, à ce propos, l'échelle de ces êtres créés : l'ange, pur esprit ; l'homme, esprit et corps unis ensemble ; les animaux qui ont une âme instinctive et une vie capable de mouvement et de certaines déterminations provoquées par leur instinct; les plantes, qui ont une vie végétative, laquelle se développe sur place, mais est inférieure à la vie instinctive des animaux ; les êtres inertes, sans développement et sans mouvement.

On a dit de l'homme «qu'il était un petit monde». Il y a, en lui, par la substance corporelle qui le forme, l'être propre aux créatures qui n'ont que cela, la vie végétative des plantes dans les développements qui se produisent dans son corps, la vie instinctive des animaux, contre laquelle doivent sans cesse réagir ses puissances supérieures, et l'âme qui rappelle l'ange par sa nature, à cette différence près que son être spirituel a reçu du Créateur des aptitudes qui la rendent propre à s'unir à un corps.


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MichelT

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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:06

DES ANGES

Les anges sont de purs esprits que Dieu a créés pour sa gloire et pour son service. Ils procurent la gloire de Dieu en lui formant une cour dans laquelle ses volontés sont respectées et exécutées dès qu'elles se produisent. Ils servent Dieu, en célébrant ses louanges et en portant ses messages aux nations, aux cités, aux familles, aux individus.

Quand on dit que les anges sont de purs esprits, on entend par là qu'ils n'ont point de corps. C'est définir imparfaitement leur nature ; mais nous ne pouvons la définir autrement qu'à l'aide des données que nous trouvons en nous-mêmes. Comme en nous l'esprit est uni à la matière, nous concevons la nature des anges en isolant de ce qui la forme l'élément qui pèse, en nous, sur la substance spirituelle que nous y trouvons.

Dieu a créé les anges dans un état de grâce et de sainteté. Toutes les fois qu'ils paraissent dans l'Écriture- Sainte, ces privilèges leur sont attribués. On pourrait difficilement concevoir, du reste, qu'il en eût été autrement ; car si Dieu a proclamé la bonté de toutes les créatures qu'il avait formées, au moment même de leur formation, on ne comprendrait pas pourquoi les anges auraient échappé à cette loi générale. L'excellence de leur nature les élevait bien au-dessus de toutes celles à propos de qui le Seigneur dit que «tout ce qu'il avait fait était bon». Pour eux, la bonté consistait dans la lumière et la force de Dieu qui constituent la grâce, et dans la sainteté qui en découle.

Mais tous les anges n'ont pas persévéré dans cet état. Il en est qui se sont révoltés contre Dieu, par orgueil, et que l'on nomme les mauvais anges ou les démons. Nous avons des renseignements assez précis sur leur révolte. Elle fut conduite par celui d'entre eux qui avait nom Lucifer. Il semblerait, au témoignage de l'Écriture, complété par la Tradition, que l'occasion de leur révolte fut la vue que Dieu leur permit d'avoir, dans le lointain des âges, et avant que le mystère de l'Incarnation ne s'accomplit, de la très sainte humanité de son Fils. Ils refusèrent d'adorer Dieu caché sous la forme humaine, aveuglés qu'ils étaient par leur orgueil, qui ne leur permettait pas de comprendre l'élévation merveilleuse que la nature humaine, inférieure comme telle à leur nature, recevait de son union avec le Verbe. Dieu les punit aussitôt, en les chassant du ciel, et en les condamnant aux supplices éternels de l'Enfer.


Dernière édition par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 12:32, édité 1 fois

MichelT

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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:13

HISTOIRE DES PATRIARCHES ET DU PEUPLE DE DIEU ( Vers 2,000 Av J.C.)

Les descendants d'Adam et d'Ève ne furent pas fidèles à Dieu. Caïn, leur fils aîné, tua son frère par jalousie, parce que les présents offerts au Seigneur par Abel avaient été mieux agréés que ceux de son frère. Les fils de Caïn et ceux de Seth, son troisième frère, se laissèrent peu à peu aller à toutes les folies de la concupiscence déchaînée par la première faute ; les excès de leur sensualité, de leur avarice et d'autres vices encore les portèrent à ne plus reconnaître le souverain domaine de leur Créateur.

Ils méprisèrent sa puissance en s'accoutumant à fouler aux pieds les préceptes de la loi naturelle que leur rappelait la conscience, si bien que leurs péchés lassèrent la patience du Seigneur. Dieu les punit, en les faisant tous périr, sauf Noé et sa famille, dans un déluge universel. La mémoire des peuples a aussi conservé, sur tous les points du globe, avec une incroyable précision, le souvenir du déluge. L'imagination même des diverses nationalités ne s'y est pas mêlée au point de l'altérer d'une manière trop sensible.

Le souvenir de Noé et de sa famille, sauvés des eaux et épargnés parce qu'ils étaient restés fidèles au Seigneur, n'est pas moins vivant que celui du déluge dans la mémoire des peuples et dans les monuments de leur histoire la plus reculée. L'arche de Noé, le vaisseau construit par ordre de Dieu en prévision du déluge, le souvenir de la colombe qu'il lâcha et qui revint à l'arche, celui du corbeau qu'il lâcha aussi plus tard et qui n'y revint point, ont été retrouvés gravés, sculptés, peints ou chantés dans une foule de documents très anciens et dans les littératures des peuples mêmes les plus éloignés du centre des révélations divines.

Dieu a voulu, sans doute, justifier par la fidélité de ce souvenir, l'histoire que l'Esprit-Saint a écrite dans la Bible, à la manière dont la conservation de la semaine justifie le récit mosaïque de la création. Malgré le châtiment dont les descendants de Noé gardaient fermement la mémoire, ils ne surent pas en profiter pour rester fidèles à Dieu. Le Seigneur, qui voulait conserver parmi les fils d'Adam, le germe de la sainte humanité de son Fils, résolut alors de se choisir parmi les hommes, une famille dans laquelle, par son action directe, il veillerait sur la conservation de ce germe précieux.

Comme la concupiscence était le principe de toutes les défaillances humaines, Dieu conclut une alliance avec Abraham, le père des croyants, et il la scella sur son corps et sur celui de ses descendants par un signe, qui devait les rendre attentifs à se défier de la concupiscence. Ce signe fut la Circoncision. Il rappelait aux fils d'Abraham le pacte que le Seigneur avait conclu avec leur père, et ils les avertissait aussi du soin qu'il devaient prendre du germe précieux dont la transmission leur était confiée.

Par ce pacte, Dieu s'engageait à maintenir à la famille d'Abraham l'honneur de former, un jour, la sainte humanité de son Fils incarné, et les descendants du patriarche promettaient de porter sur leur corps le sceau de la circoncision, en signe de la fidélité avec laquelle ils avaient confiance en Dieu, et de la fermeté avec laquelle ils lutteraient contre les entraînements de la concupiscence.

Le Seigneur donna aussitôt à Abraham un témoignage de la protection qu'il devait exercer sur lui et sur sa postérité. Il renouvela en lui et en Sara sa femme, les sources de la vie, en faisant naître d'eux, malgré leur âge avancé, Isaac. Isaac eut deux fils : Ésaü et Jacob, et Jacob eut douze fils qui furent les chefs des douze tribus, ou familles, du peuple de Dieu.

La famille, en s'agrandissant, gardait le principe de son unité par l'organisation même qu'elle avait reçue du Seigneur. Le plus illustre des fils de Jacob fut Joseph, qui, après avoir été vendu par ses frères, à cause de la jalousie qu'il leur avait inspirée, devint intendant de Pharaon, roi d'Égypte. Joseph acquit à la cour de Pharaon, par sa sagesse et sa vertu, une immense influence. Aussi Dieu permit-il que ses frères fussent amenés auprès de lui à l'occasion d'une famine qui désolait le pays de Chanaan (futur Israël). Le Seigneur voulut, sans doute, leur inspirer un regret profond de la conduite qu'ils avaient tenue à l'égard de leur frère, toucher leurs cœurs par les bienfaits qu'ils recevraient de lui, leur prouver qu'il s'était fait lui-même le protecteur de son innocence, et leur faire expier leur faute en les obligeant à quitter leur pays et à s'établir en Égypte, eux et leurs familles, pour un temps prolongé.

En lisant l'Évangile, on découvre une autre raison non moins sérieuse de l'établissement en Égypte de Jacob et de sa famille. Quand les Évangélistes nous parlent du retour d'Égypte de l'Enfant- Jésus, après la mort d'Hérode, ils se servent des termes mêmes qui, dans les livres de Moïse, racontent le retour du peuple d'Israël. Ce peuple était destiné à représenter, dans la suite de son histoire, la vie de Notre-Seigneur. Comme Jésus devait aller en Égypte et en revenir, ainsi le peuple de Dieu dut y aller aussi et rentrer, après le séjour qu'il y fit, dans la terre de Chanaan.

Ce fut, en effet, ce qui arriva. Joseph reconnut ses frères avant que ceux-ci l'eussent reconnu. Il leur ordonna de lui amener Jacob, leur père, et, afin que le saint vieillard n'hésitât point à s'y rendre, il se fit donner en otage le plus jeune de ses fils, Benjamin, promettant à ses frères de le leur rendre lorsque leur père se serait décidé à se rendre près de lui. Il y a, dans la suite de cette histoire, tout un ensemble de traits simples et émouvants qui en font l'un des épisodes les plus touchants de la vie des patriarches.

Lorsque Jacob fut emmené en Égypte, Joseph l'établit dans le pays, avec ses fils, et il les protégea beaucoup. Mais cette protection ne dura pas beaucoup plus longtemps que l'influence du premier ministre de Pharaon. Quand il fut mort et que les rois d'Égypte eurent oublié les services que Joseph avait rendus à leurs ancêtres, les enfants d'Israël eurent beaucoup à souffrir en Égypte. On les y employa à des travaux durs et pénibles, que l'on réservait ordinairement aux esclaves. Ce fut, pour le Seigneur, qui permettait cette épreuve, une occasion et un moyen de ranimer en eux les sentiments de confiance qu'ils devaient avoir pour lui-même et de les préparer à la délivrance qu'il leur ménageait.

MichelT

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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:15

Moise et la loi écrite ( vers 1200 Av J.C)

Un pâtre de Madian, un homme simple et droit, sans lettres et sans beaucoup de courage, appartenant à la famille de Jacob, fut chargé par le Seigneur d'opérer la délivrance de son peuple, de le faire sortir d'Égypte et de le ramener dans le pays que ses pères avaient autrefois habité. Le Seigneur ne pouvait montrer, d'une manière plus évidente, qu'il voulait être lui-même le sauveur des fils d'Israël, qu'il prenait leur cause en main, et que les instruments les plus humbles, choisis par lui, devenaient capables des plus grandes entreprises. Moïse dut, à son obéissance absolue aux ordres de Dieu, de devenir l'un des plus grands prophètes d'Israël, le conducteur de la nation et le sauveur du peuple prédestiné. A travers les plus grandes difficultés, il parvint à tirer miraculeusement de leur servitude ses frères devenus fort nombreux. Le Seigneur lui fit trouver un passage à travers les eaux de la mer Rouge qui se séparèrent tandis que le peuple élu devait traverser leurs flots, et qui se réunirent aussitôt après qu'il eût passé, pour engloutir les Égyptiens et leur roi qui marchaient à sa poursuite. Moïse, ne connaissait ni les grandes voies du désert, ni les moyens de subvenir aux nombreuses difficultés qu'il rencontrerait dans son entreprise, parvint, avec l'aide de Dieu, à triompher de tous les obstacles, à maintenir dans l'unité quarante mille personnes, éprouvées par toutes sortes de disgrâces, qu'attiraient sur elles de constantes défaillances, à leur faire traverser le grand désert dans lequel Dieu les tint pendant quarante ans pour punir leur défaut de soumission envers lui et envers son mandataire, et à les conduire jusqu'au mont Nébo, des hauteurs duquel on pouvait apercevoir enfin la terre vers laquelle il les conduisait.

Mais comme Moïse n'avait pas toujours été animé envers le Seigneur de la confiance qu'il aurait dû garder vis-à-vis de celui qui le protégeait si visiblement, il mourut avant le terme de ce merveilleux voyage : la consolation d'entrer dans la terre promise lui fut refusée; il dut se contenter du bonheur qu'il éprouva à la voir et à la saluer de loin. La mission de Moïse ne consista pas seulement à conduire le peuple de Dieu jusqu'aux limites de la terre de Chanaan. La nation sainte lui dut aussi sa législation religieuse et civile, et la réunion, dans un livre dont nous avons déjà parlé, de toutes les traditions orales conservées jusqu'à lui.

Les lois religieuses de Moïse comprenaient, en premier lieu, le Décalogue que Moïse reçut de la main de Dieu, et les lois qu'il composa lui même sous l'inspiration d'En-haut, pour être le commentaire du Décalogue et en faciliter au peuple l'accomplissement. Ces lois avaient deux buts principaux : elles assuraient la fidélité du peuple hébreu au service du Seigneur, en lui prescrivant les observances cérémonielles qu'il devait garder, le genre des sacrifices qu'il devait offrir, et les pratiques religieuses qu'il devait observer ; elles représentaient par des actes symboliques, les circonstances de la vie et de la mort du Sauveur, ainsi que la manière dont il accomplirait la rédemption du monde.

Les lois civiles de Moïse avaient aussi un double but : elles assuraient la conservation de la nation juive dans l'unité, en la séparant des nations païennes, et elles rappelaient, presque à chaque instant,— par la multitude des objets auxquels elles touchaient, — que Dieu voulaient en être le Roi temporel et terrestre. Quand on étudie avec sérieux le caractère spécial du peuple d'Israël et celui de la législation, civile et religieuse, qu'il reçut de Moïse, on constate un rapport frappant entre les deux, et l'on ne saurait s'étonner que la loi mosaïque ait duré pendant deux mille ans sans subir aucune altération essentielle, parce qu'on est frappé du rapport de convenance qui existait entre cette législation et le peuple auquel elle s'adressait.

Aussi bien, faut-il reconnaître que le peuple juif a dû à cette législation d'être préservé de l'idolâtrie, dont les pratiques superstitieuses avaient envahi le vieux monde. Il lui a dû aussi d'avoir conservé la promesse d'un Rédempteur à venir. Saint-Paul a pu rappeler «l'ombre des choses futures», créant ainsi des mots d'une portée nouvelle. L'ombre ne se produit ordinairement que grâce à un objet présent qui la projette : en Israël, les choses futures étaient rendues si présentes par la loi mosaïque qui les indiquait avec une précision parfaite, que l'ombre des choses à venir a pu se projeter avant qu'elles existassent réellement.


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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:18

LE GOUVERNEMENT DES JUGES ET DES ROIS ( vers 1000 Av J.C.)

Ceux qui, après Moïse, gouvernèrent le peuple de Dieu portèrent le nom de Juges. Ce nom désigne spécialement des hommes chargés de rendre la justice, et de mettre fin aux litiges soulevés entre des frères Les juges d'Israël n'étaient pas investis uniquement de ce pouvoir : ils exerçaient concurremment toutes les fonctions que comporte le gouvernement d'une nation. Mais comme ils devaient veiller avec un soin particulier sur l'observation de la loi de Moise, on leur donna le nom de juges, à cause de la prérogative spéciale qui appartient au juge d'interpréter la loi et de la faire observer.

On ne voit pas trop, dans la Bible, les motifs pour lesquels les Juifs souhaitèrent avoir des rois. Cependant une plainte formulée par le Seigneur, au moment où il remplaçait la judicature par la royauté, nous permet de comprendre comment l'établissement de la royauté en Israël fut une concession que Dieu fit a son peuple. Le Seigneur dit : «Ce n'est pas vous, juges d'Israël, qu'ils ont méprisé ; c'est moi-même : ils ne veulent pas que je règne sur eux.»

La théocratie mosaïque laissait à Dieu même le pouvoir royal ; les fonctions de juge, et le nom même de celui qui les remplissait, indiquaient, plus particulièrement que le titre de roi, sa dépendance vis-à-vis de Dieu, le roi véritable de son peuple. Cependant, bien qu'il se plaignait que les Juifs eussent demandé un roi, le Seigneur leur en donna un, qu'il choisit lui-même et qu'il fit sacrer par un prophète.

Le premier de leur roi fut Saül. Il exerça le pouvoir royal avec équité pendant une partie de son règne ; mais Dieu fut obligé ensuite de le rejeter à cause de sa désobéissance. David lui succéda. David fut un roi selon le cœur de Dieu, et le Seigneur lui accorda des grâces si spéciales que ses chants sacrés, les Psaumes, ont été adoptés par l'Église pour exprimer à Dieu les sentiments les plus délicats et les plus profonds. Il commit cependant plusieurs fautes, dont une très grande, dans l'exercice du pouvoir royal ; mais il sut effacer ces fautes par un admirable repentir. Ce fut David qui termina la période de guerres dans laquelle avait été engagé le peuple depuis Moïse et Josué, pour son établissement dans la terre promise. Dès qu'il se fut emparé de la cité des Jébusiens (Jérusalem), il put initier son peuple aux travaux féconds de la paix. Le Seigneur lui refusa pourtant, à cause de ses péchés et à cause du sang qu'il avait répandu, l'honneur de lui construire un temple, le temple qui devait remplacer le tabernacle, demeure mobile que Moïse avait construite par ordre de Dieu et selon le plan qu'il en avait reçu. Toutefois, David eut la gloire de préparer la plupart des matériaux qui devaient servir à la construction du temple, et il en légua, avec la couronne l`achèvement a son fils Salomon célèbre par sa sagesse.

Le règne de Salomon marqua la période la plus glorieuse de l'histoire du peuple juif. Il jouissait pacifiquement de ses laborieuses conquêtes ; les douze tribus qui le formaient, et à qui Josué avait partagé la terre promise avant même qu'elle ne fut en  leur possession, étaient unies, actives, laborieuses ; Dieu était servi par elles comme il voulait l'être ; le roi, malgré quelques égarements dont il sut revenir, acquérait une telle célébrité, par ses œuvres et par sa sagesse, que les rois voisins venaient le visiter pour le contempler dans sa gloire et dans sa magnificence, et pour le prendre comme arbitre dans leurs différents. Jamais, enfin, le peuple de Dieu n'avait atteint jusque-là, au même degré, l'idéal que le Seigneur semblait s'être proposé lorsqu'il l'avait choisi.

Mais cette prospérité ne survécut pas au monarque qui l'avait formée pour une très grande part. A peine Salomon était-il mort que, sous Roboam, son fils et son successeur, le peuple juif se sépara en deux royaumes, entre lesquels devait exister, pour de longs siècles, une implacable inimitié. On se tromperait, si l'on pensait que cette séparation fut sans influence sur les destinées de la Révélation. Les promesses divines se concentrèrent dans le plus petit, mais le principal des deux royaumes, le royaume de Juda, dans lequel devait naître le Sauveur du monde.

L'inimitié qui régnait entre les deux fractions du peuple nous a valu de constater, dans le Pentateuque samaritain, comparé au Pentateuque tel qu'on l'avait dans la tribu de Juda, la fidélité parfaite avec laquelle le royaume des dix tribus sut respecter l'intégrité de ce document essentiel. La conduite du peuple juif, sous les rois, ne fut point exempte de reproche. Il abandonna souvent le culte du vrai Dieu, et il en fut puni par des guerres et par la captivité. Un moment, il fut déporté presque tout entier soit en Chaldée, soit en Égypte. Dieu cependant ne se départit point de la vigilance miséricordieuse qu'il devait exercer sur lui dans l'intérêt de la très sainte humanité de son Fils. Il lui accorda, sous les rois Asmonéens une période glorieuse par les alliances qu'il conclut avec les Spartiates et avec les Romains et il lui suscita des prophètes qui tâchèrent de le ramener au devoir par leurs exhortations, par les messes et par les menaces qu'il adressèrent au nom du Seigneur.


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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:22

DES PROPHÈTES ( vers 700 Av J.C.)

Les Prophètes étaient des hommes que Dieu chargeait d'instruire, de reprendre et de consoler son peuple. Ils remplissaient, auprès de lui, un ministère à la fois ordinaire et extraordinaire. Les prophètes n'étaient pas les conducteurs du peuple de Dieu, lequel avait, pour chefs naturels, ses rois et, pour chefs spirituels, ses pontifes. Mais les prophéties dont ils étaient les organes, formaient, avec la loi et les miracles, le triple ressort dont le Seigneur se servait pour remédier aux maux dont le peuple souffrait, pour arrêter ses égarements, et pour le ramener à la voie du devoir. La loi était, en effet,  l'expression de la volonté de Dieu.

Les miracles rendaient témoignage à sa puissance. Les prophéties éclairaient l'avenir, et, se fondant sur le passé, aidaient le peuple à s'y préparer, en projetant, sur les événements futurs, de vives lumières. Les prophètes, par l'inspiration du Saint-Esprit, étaient surtout chargés de prédire les circonstances qui se rattachaient à la venue du Messie et à sa vie terrestre. Ils l'ont fait avec une telle précision de détails, qu'il a été possible de composer un récit évangélique tiré de leurs œuvres qui rappelle de très près celui des évangélistes eux-mêmes. Comme la pensée du Messie remplissait l'Ancien Testament ; comme la foi que l'on avait en la promesse divine qui la concernait, était, avec la circoncision, le principe de la justification des Juifs, il n'est pas étonnant que le Seigneur ait voulu rendre cette foi facile à son peuple, en faisant donner, par ses prophètes, les détails les plus circonstanciés et les plus complets sur la venue du Messie et sur ses œuvres.

De plus, comme les prédictions des prophètes relatives au Messie se sont exactement réalisées, les prophéties, dont le contenu et la date sont historiquement certains, forment une preuve évidente de la divinité de la Religion On comprend, sans peine, la valeur de cette preuve : si l'ensemble des prophéties de l'Ancien Testament s'est formé à des dates certaines, et n'a subi jusqu'à l'époque de la vie terrestre de Jésus-Christ, aucune altération, il est bien évident que Jésus-Christ, est le Messie, puis qu'on a vu s'accomplir, en sa personne, tout ce qui avait été précédemment annoncé. Toutes les prophéties qui le concernent ne sont pas, il est vrai, également claires ; du moins certaines d'entre elles pouvaient paraître un peu obscures avant l'événement ; mais on s'explique aisément pourquoi Dieu n'avait pas voulu que les prophètes s'exprimassent avec trop de clarté.

Il fallait laisser aux Juifs, et plus tard aux chrétiens, la nécessité de la foi qui devait justifier les uns et les autres. Ajoutons que, après l'événement auquel touchaient les prophéties, elles sont devenues si claires, à la lumière des faits accomplis, qu'il faut une forte dose de mauvais vouloir pour ne pas les entendre comme il convient. Il y a eu, dans l'Ancien Testament, un grand nombre de prophètes. Dieu les suscitait au fur et à mesure des besoins de son peuple. Bien des prophéties n'ont pas été écrites, ou, du moins, n'ont pas été conservées dans la Bible en des livres spéciaux. Nos livres saints renferment seulement les écrits de seize prophètes principaux : quatre grands prophètes, ainsi nommés à cause de l'étendue de leurs ouvrages et de l'importance de leurs prédictions, et douze petits prophètes.

Les quatre grands prophètes sont : Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et Daniel. Isaïe nous représente avec vivacité le plus grand nombre de faits historiques réalisés dans la vie de Jésus-Christ. Il traite sa naissance surnaturelle et merveilleuse, et il décrit la plupart des circonstances de sa Passion. Jérémie chante les grandes douleurs du peuple juif amené en captivité, et ce thème historique lui sert à faire de prophétiques excursions sur les souffrances du Fils de Dieu incarné, et sur la punition qui accablera les Juifs pour l'avoir méconnu et crucifié. Ezéchiel nous propose un grand nombre de visions symboliques que l'histoire même de Jésus ne rend pas absolument intelligibles, mais qu'elle démontre ne pouvoir convenir à aucun autre genre d'événements avec la même justesse. Daniel, après nous avoir raconté sa miraculeuse histoire, nous offre une prophétie dans laquelle il détermine avec la plus exacte précision l'époque du sacrifice et de la mort de l'Homme-Dieu.

L'histoire du peuple juif finit douloureusement, et les peines qui en marquèrent les dernières époques lui avaient été présagées comme devant être une punition de ses longues infidélités. Les Juifs furent privés de leurs rois, soumis aux Grecs, et enfin aux Romains. L'unité de peuples que le Seigneur avait, une première fois, réalisée, en faveur des Grecs, prépara la diffusion de la doctrine révélée sur tout le littoral méditerranéen, où les Juifs avaient établi de nombreux comptoirs, et répandu les livres saints qu'ils gardaient avec une grande fidélité. La plupart de ces livres furent traduits dans la langue grecque qui était devenu la langue du monde civilisé. Le Ptolémée, qui les fit traduire, préparait ainsi, sans le savoir peut-être, le vieux monde à se laisser peu à peu pénétrer par les lumières de la révélation.

La formation de l'empire romain, à qui la Grèce vaincue imposa sa langue et sa civilisation, prépara, d'une manière encore plus efficace, la diffusion de la doctrine que le Messie allait prêcher par ses apôtres, chez tous les peuples du monde. Aussi le Messie promis vint-il au monde au moment où il devait y venir pour accomplir son œuvre, il y vint dans le lieu, le temps et les circonstances marquées par les prophètes.


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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:26

LE CATÉCHISME EXPLIQUÉ

PREMIERE PARTIE

CHAPITRE 1

La vie cachée de Jésus-Christ.

Le Messie naquit sous l'empire d'Auguste (empereur romain). Les Évangélistes qui nous ont raconté son histoire, ont marqué, d'une manière exacte, l'époque de sa naissance. A l'aide d'un fait— le recensement de l'empire, opéré en Judée par le préfet Quirinius— qui aurait semblé toucher plutôt à l'histoire profane qu'à l'histoire de la religion, saint Luc nous a indiqué avec une très grande précision l'époque de la naissance du Messie.

Il naquit à Bethléem, petite ville de Judée, le vingt-cinquième jour de décembre, à l'heure de minuit. Ces dates et cette heure nous sont aussi indiquées, d'une manière très précise, par les Évangélistes ; le fait de la circoncision, à laquelle le Messie voulut être soumis, et qui avait lieu d'après la loi mosaïque, huit jours après la naissance des enfants, nous ramène au 25 décembre. Ce jour fut pris, par le monde chrétien, comme le premier jour de l'année. Quant à la ville de Bethléem où la Mère du Messie fut obligée de se rendre, à cause du recensement, elle avait été désignée par les Prophètes comme devant être honorée par la naissance du Sauveur ; en sorte que le recensement ordonné par Auguste, fut aussi le motif qui porta la Mère du Messie à se rendre en cette ville, au moment précis où elle devait mettre au monde son Fils.

Le Messie naquit d'une Vierge, suivant la prédiction d'Isaïe, et par l'opération du Saint-Esprit, selon le témoignage que rend à sa conception et à sa naissance l'évangéliste saint Luc. L'Écriture et la Tradition proclament la virginité de sa Mère. Il a fallu la mauvaise foi insigne de certains hérétiques et de certains écrivains peu sincères pour oser élever des doutes à cet égard : l'Écriture ne les autorise, en aucune manière, et la Tradition chrétienne proteste avec une admirable énergie et une parfaite unanimité que la Mère du Messie fut vierge avant, pendant et après la naissance de son divin Fils.

Il entrait dans les desseins de Dieu que le Messie vint au monde dans un état de misère et d'humiliation. Arrivée à Bethléem avec son époux, sa Mère ne trouve point de place dans les hôtelleries. Elle le mit au monde dans une sorte d'étable, située à l'entrée de la ville et formée par un rocher qui s'avançait au-dessus du sol, comme pour former un abri à ceux qui n'en trouvaient pas ailleurs.  Mais des prodiges signalèrent sa naissance, afin que les peuples et les rois pussent accourir à sa crèche et lui offrir leurs présents et leurs hommages.

Il fut chanté par les anges qui invitèrent les bergers à aller adorer leur Sauveur, et une étoile miraculeuse, annoncée aussi par les Prophètes, conduisit les Mages à son berceau. La Mère du Messie en voyant accourir ainsi près de son Fils naissant des pauvres et des riches, des ignorants et des savants, des rois peut-être—il semblait, en effet, que les Mages étaient des rois,—fut consolée de l'état de dénuement dans lequel elle se trouvait à ce moment, le plus solennel que le temps, dans sa marche, ait marqué dans le monde. Sa foi n'avait, certes, pas besoin d'être confirmée par ces prodiges ; mais son amour pour son bien-aimé Fils trouvait une compensation dans les hommages qu'il recevait.

La Vierge-Mère du Messie se nomme la Vierge Marie. Elle appartenait à la famille de David, à la tribu de Juda, à la lignée d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, à qui Dieu avait promis de faire naître le Messie dans leur famille. En vertu d'une disposition de la loi mosaïque qui réglait les conditions de son mariage. Marie épousa Joseph, qui appartenait à la même famille et à la même tribu. Joseph assurait ainsi au Messie une place d'honneur dans l'histoire de son peuple, en permettant à ceux qui devaient tracer sa généalogie temporelle d'y introduire son nom, tandis que le nom de Marie ne devait pas y figurer, d'après la coutume observée jusque-là. Cette coutume ne voulait pas que le nom d'une femme y prit rang en sa qualité de mère ; une femme n'y pouvait entrer qu'avec le titre d'épouse. Joseph assurait aussi au Messie, par son mariage avec Marie, une protection contre ses ennemis découverts, tels que Hérode, et contre ses ennemis cachés, les démons (anges déchus), qui, s'ils avaient vu naître le Messie contrairement à toutes les lois naturelles, n'auraient pas manqué de lui dresser d'attentives embûches.

Enfin, le mariage de Marie et de Joseph fut un voile jeté, à la fois, sur sa virginité et sur sa maternité miraculeuses, et il permit à Marie et à Joseph de rendre un double témoignage à la virginité de Marie. La Sainte- Vierge se le rendit à elle-même en confiant à Joseph le secret de sa virginité féconde, et Joseph le lui rendit en consentant à garder Marie avec lui, tandis qu'il hésitait un moment à accepter le rôle de protecteur du Messie que Dieu lui avait commis.

Marie, par ordre de Dieu, donna à son Fils le nom de Jésus, qui signifie Sauveur, auquel fut ajouté celui de Christ, qui signifie oint ou sacré. C'est de ce dernier qu'a été formé le nom de «chrétien», qui sert à désigner les disciples de Jésus Christ. Les chrétiens se donnèrent ce nom à Antioche, peu de temps après la mort du Sauveur et les prédications des Apôtres. Jésus-Christ passa son enfance et sa jeunesse dans l'obscurité, travaillant des mains dans l'atelier de son père nourricier, le charpentier saint Joseph, à Nazareth, petite ville située au nord-ouest de la Judée. C'est pourquoi il fut appelé quelquefois «le Nazaréen», un nom que les prophètes lui avaient déjà attribué, ce qui, d'après le récit évangélique, fut l'une des causes pour lesquelles Joseph le ramena à Nazareth après que la persécution d'Hérode eut pris fin par la mort du tyran. Cependant les historiens de sa vie ne manquent pas de nous faire observer que Jésus montra, dès son enfance, une sagesse et une science surnaturelles.

Avant d'inaugurer le ministère de sa prédication, Jésus-Christ voulut recevoir le baptême de Jean-Baptiste. Ce dernier, fils de Zacharie, prêtre du Seigneur, et d'Elisabeth, cousine de la Très-Sainte-Vierge, avait été choisi par le Seigneur pour préparer les hommes par la pénitence, au règne nouveau. Dieu lui avait accordé la faveur d'acquérir une très grande influence sur le peuple, par l'intégrité de ses mœurs et par l'austérité de sa vie. Jean vivait au désert, il prêchait la pénitence, il s'était acquis un certain nombre de disciples, il conférait à ceux qui venaient à lui le baptême de la pénitence qui devait être le symbole du baptême de l'Esprit. Jésus lui ordonna de le baptiser, afin de montrer qu'il reconnaissait la mission que Dieu lui avait donnée de préparer les Juifs à recevoir le Messie. Mais Jean reconnut aussitôt en lui son Sauveur et son Maître. Il avait vu, au moment où il se plongeait dans les eaux du Jourdain, le Saint-Esprit descendre sur la tête de Jésus, sous forme de Colombe ; il avait entendu la voix du Père éternel qui disait : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances». Il le salua comme l'Agneau de Dieu, celui qui devait effacer les péchés du monde, et il ordonna à ses disciples de se mettre à la suite de Jésus.


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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:30

CHAPITRE II.

Vie publique de Jésus-Christ.

Jésus-Christ entra dans la vie publique à l'âge de trente ans. Il se choisit des apôtres et des disciples qui devaient recueillir ses instructions et les répandre après sa mort. Il vécut avec eux, se contentant de leur commerce, qui était, la plupart du temps, celui d'hommes grossiers et lents à comprendre ce qu'il leur enseignait, en leur montrant une patience admirable et une bonté parfaite.

On compte douze apôtres. Ce mot veut dire «envoyé ». Ils appartenaient presque tous aux classes inférieures de la société. C'étaient des pêcheurs du lac de Tibériade, ou des fils de pêcheur, des hommes sans lettres, mais des mœurs intègres et assez intelligents pour avoir compris la faveur que leur accordait Jésus en les admettant à sa suite, et aussi dociles à son enseignement que pouvait le permettre l'étroitesse de leur esprit.

Avec eux, Jésus-Christ parcourut la Judée, instruisant le peuple, travaillant à se faire connaître comme le Messie, prêchant la soumission à Dieu et la foi en Celui que Dieu avait envoyé. Il aimait à déclarer qu'il ne venait point détruire la loi mosaïque ; il montrait, en s'y soumettant, combien sa parole était sincère. Mais il dégageait, dans ses discours, la loi de Moïse de toutes les funestes agrégations et de toutes les fausses interprétations qui lui étaient données. Il recommandait la lecture des Saintes - Écritures, déclarant qu'elles lui rendaient témoignage en tous points et à chaque page, et affirmant que ceux qui les liraient avec attention ne manqueraient pas de reconnaître sa mission divine.

Par les miracles qu'il opérait en grand nombre et devant un grand nombre de personnes, il faisait comprendre qu'il était le Messie et que sa doctrine venait de Dieu. Il suivait, en cela, la voie ouverte par les prophètes, et son enseignement s'appuyait, à la fois, sur les enseignements divins antérieurs à lui et sur la puissance divine dont il fournissait la preuve à chaque instant.

Ses miracles servaient, le plus ordinairement, au soulagement des malheureux. On disait qu'il  «passait en faisant le bien», et l'on retrouvait, dans sa bonté, les traits de bonté divine auxquels, d'après les Écritures, on reconnaîtrait le Messie. Le peuple reçut sa doctrine avec empressement. Comme il l'expliquait en des circonstances très nombreuses, à l'aide de comparaisons ou de paraboles, empruntés aux actes les plus ordinaires de la vie et à des objets universellement connus, elle était universellement comprise et goûté par les âmes simples et droites. Les incrédules eux-mêmes, qui, dans la suite des âges, ont affecté de ne vouloir pas reconnaître en lui un Dieu caché sous la forme humaine, n'ont pu s'empêcher d'admirer l'excellence de ses enseignements et la sublimité de sa morale. Mais les incrédules eurent des devanciers parmi les gens qui vivaient à côté de Jésus : les Scribes, qui se piquaient de savoir, et les Pharisiens, qui affectaient de se séparer du vulgaire par une morale aux dehors austères.

Les scribes et les pharisiens furent jaloux de l'influence que Jésus acquérait chaque jour, et ils devinrent ses ennemis acharnés. Ils le persécutèrent en l'accusant d'opérer des miracles par la puissance du démon ( des anges déchus) et en le provoquant à des discussions publiques dans lesquelles ils venaient, en grand nombre, contredire ses enseignements. Jésus supportait leurs persécutions avec résignation et avec patience ; quand il leur répondait, il le faisait avec une telle profondeur qu'ils étaient bien vite réduits au silence. Mais quand il le jugeait nécessaire, il les reprenait avec une vivacité qui s'inspirait du bien de ceux qu'ils auraient pu—s'il ne les eût flétris comme ils le méritaient— détacher de lui et entraîner dans l'erreur.

Dans ces circonstances, rares d'ailleurs, en étudiant l'Évangile avec soin, on remarque la souveraine délicatesse avec laquelle Notre-Seigneur concilie, dans son langage, les besoins de ceux qui lui sont fidèles et la vigueur avec laquelle il doit répondre à la haine de ses ennemis, autant pour les ramener que pour les confondre, quand il sait qu'il ne peut les gagner par la douceur et que leur hypocrisie est manifeste. il les traite alors comme les auraient traités ses auditeurs, s'ils avaient eu sa franchise, son indépendance et la force de sa parole.

Jésus savait à quoi aboutiraient les persécutions de ses ennemis ; mais il avait résolu de mourir pour le salut du monde, au moment marqué par la volonté de son Père. Afin de prouver jusqu'à l'évidence qu'ils n'avaient aucun pouvoir sur lui avant ce moment décisif, il ne permit pas que leurs machinations pussent aboutir, il réduisit fréquemment leur fureur à l'impuissance, et ne lui permit d'atteindre son but qu'à l'heure marquée pour l'accomplissement des desseins de Dieu.


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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:36

CHAPITRE III.

La Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus-Christ.

Pour faire mourir Jésus, ses ennemis excitèrent le peuple, témoin de ses miracles, le peuple qui avait fréquemment reçu ses bontés et qui voulut, un moment, le proclamer Roi. Ils subornèrent ensuite de faux témoins qui l'accusaient d'avoir exprimé, dans ses discours, des prétentions dérisoires. Puis, comme ils ne pouvaient plus condamner personne à mort, ils engagèrent, pour de l'argent, Judas, un de ses disciples, à le livrer entre leurs mains ; ils le décrièrent auprès du peuple, facile à tromper et à séduire, quand il voit ses chefs naturels s'acharner contre un homme qu'ils lui présentent comme coupable ; ils extorquèrent une sentence de mort à un préfet romain prévaricateur, qui eut l'audace de le condamner après avoir plusieurs fois déclaré qu'il ne trouvait en lui aucun sujet de condamnation. Pendant qu'ils préparaient ces choses, Jésus célébrait la pâque avec ses apôtres, instituait la sainte Eucharistie, et se retirait pour prier son père de le soutenir dans ses souffrances. La date de cet inique procès est aussi facile à établir que celle de la naissance de notre Sauveur. Ce fut à la troisième pâque, qui survint après l'entrée de Jésus dans sa vie publique, qu'elles eurent lieu.

Le grand-prêtre Caïphe, à qui ses ennemis le conduisirent d'abord pour le faire déclarer coupable, appartenait au groupe de ceux qui s'étaient déclarés contre lui. Par un coup de théâtre, au moment où Jésus, répondant à une de ses questions, qu'il lui avait adressée sur la foi du serment, venait d'affirmer qu'il était vraiment le Fils de Dieu, il déchira ses vêtements, par manière de désespoir, comme si le blasphème qu'il venait d'entendre lui faisait horreur, et il le déclara convaincu du crime de lèse-majesté divine, usurpateur d'un titre qui ne pouvait lui convenir, le livra au peuple qui, emporté par l'émotion que l'attitude du grand-prêtre lui avait communiquée, le flagella indignement, lui cracha au visage, lui banda les yeux, et, le frappant, lui disait : «Prophétise, ô Christ, et devine qui t'a frappé.» Ce fut après cette première sentence, qui ne pouvait aboutir, qu'on le conduisit à Pilate, Gouverneur romain de la Judée, pour le faire condamner au dernier supplice.

Pilate essaya d'abord de sauver Jésus, convaincu qu'il était de son innocence ; mais, menacé par les Juifs de la colère de César, «notre seul roi », disaient-ils dans leur abrutissement, et à qui Pilate serait dénoncé s'il ne condamnait celui qui avait osé usurper le titre de roi des Juifs, Pilate eut la faiblesse de le livrer à leur fureur. Il alla plus loin ; il donna des aides aux bourreaux de Jésus, les soldats romains qui obéissaient à ses ordres, comme si Dieu eût voulu que les Juifs et les Gentils (non-juifs) concourussent ensemble au supplice de son Fils. On lui fit alors subir toute sorte d'outrages ; on le chargea d'une lourde croix, on lui fit traverser la ville en l'accablant d'injures de tout genre, et on le conduisit au Calvaire, où on le cloua sur la croix entre deux malfaiteurs condamnés au même supplice.

Jésus supporta, avec patience et résignation et en invoquant la miséricorde divine en faveur de ses bourreaux, le supplice horrible de la croix. On l'insulta jusqu'à l'heure de sa mort. Alors seulement, en présence des commotions qui se produisirent dans la nature, du soleil qui voila sa lumière, des rochers qui se fendirent, des morts qui sortirent de leurs tombeaux, quelques-uns de ceux qui l'avaient crucifié, touchés de la douceur inébranlable avec laquelle Jésus avait supporté son supplice, se retirèrent en disant : «Vraiment cet homme était le Fils de Dieu.» Jésus mourut le Vendredi-Saint, à trois heures de l'après-midi, sur le Calvaire, aux portes de Jérusalem. En mourant, il remit son âme entre les mains de Dieu. Alors se produisirent les faits que nous venons de rapporter : le soleil s'éclipsa, le voile du temple se déchira et des morts sortirent de leurs tombeaux.

Jésus-Christ est mort parce qu'il l'a voulu, nous l'avons déjà dit. On peut se demander pourquoi Dieu a permis la mort de son Fils. Nous répondrons plus tard d'une manière complète à cette question. Disons cependant ici que Dieu a permis la mort de son Fils pour l'expiation du péché commis par nos premiers parents et de nos propres péchés. Jésus-Christ s'est acquis, par sa mort, le titre de Rédempteur, et son œuvre s'appelle la Rédemption. Après la mort constatée de Jésus, Pilate accorda à un homme juste et bon, Joseph d'Arimathie, de prendre son corps et de l'ensevelir comme il l'entendrait. Le corps de Jésus fut déposé dans un sépulcre neuf. Mais les Juifs, craignant que les disciples de Jésus ne l'enlevassent, obtinrent du gouverneur romain que le tombeau serait scellé aux armes de l'empire et gardé par des soldats.

Précautions inutiles ! qui devaient pourtant servir à montrer avec plus d'éclat le triomphe de Jésus sur la mort. Le troisième jour, après avoir été ainsi soigneusement enseveli, Jésus ressuscita selon sa parole. Les gardes de son tombeau furent épouvantés en assistant à son triomphe. Les apôtres, dont la foi n'était pas encore affermie, les saintes femmes qui avaient assisté à la mort de Jésus, et qui avaient aidé à l'ensevelir, constatèrent que son tombeau était vide et que la lourde pierre qui le fermait avait été déplacée. Peu après ils le virent ; car, pour affirmer sa résurrection, Jésus se montra onze fois à ses apôtres, à ses disciples, aux saintes femmes et à plus de cinq cents personnes.

Après sa résurrection, Jésus passa quarante jours sur la terre pour donner à ses apôtres ses dernières instructions, les convaincre de sa résurrection et les préparer à recevoir le consolateur (Esprit-Saint) qu'il leur promettait. Le fait de la résurrection de Jésus-Christ est l'un des faits les mieux prouvés de l'histoire. Il touche à la question fondamentale : Nos yeux voient-ils autre chose que des apparences ? Nos sens se trompent-ils dans le témoignage qu'ils nous rendent par rapport aux objets ? Les apôtres, les disciples, des hommes, des femmes, plus de cinq cents personnes, affirment qu'ils ont vu, plusieurs fois, Jésus ressuscité. Il a bu et mangé avec eux ; ils ont marché à côté de lui ; ils l'ont entendu parler ; ils lui ont répondu ; certains ont mis le doigt, en présence de plusieurs autres personnes, dans les plaies transformées de ses mains et de ses pieds, dans celle de son côté ouvert par la lance d'un soldat au moment de la Passion.

On ne saurait admettre que tant de personnes aient été victimes d'une illusion grossière, surtout quand on sait que la plupart de ces personnes ont eu le courage de mourir pour affirmer le fait de la résurrection de Jésus-Christ. Remarquez, en effet, que les martyrs sont morts pour avoir soutenu ce fait en présence de ceux qui voulaient leur faire dire qu'ils n'en avaient pas été les témoins. Mourir pour un fait, a une toute autre portée que de mourir pour une doctrine. Une doctrine peut enthousiasmer les gens au point de les conduire à mépriser la mort. Un fait, un fait surtout dont on a été témoin, ne saurait avoir une influence pareille sur des imaginations quelque échauffées qu'on puisse le supposer. Mais un fait que l'on a vu s'impose, par sa vérité même, à ceux qui en furent les témoins, et quelque cruelle que soit la puissance qui veut amener ces témoins à le nier, ils ne sauraient le faire s'ils sont de bonne foi. Il n'est pas moins certain, puis qu'il s'agit encore ici d'un fait, que quarante jours après sa résurrection, sur la montagne des Oliviers, en plein midi, devant cinq cents témoins, le jour que nous appelons le jour de l'Ascension, Jésus-Christ s'éleva au ciel par sa propre puissance, et, parvenu à une certaine hauteur, disparut aux yeux des apôtres, caché par un nuage.


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MichelT

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Message par MichelT le Ven 6 Sep 2019 - 0:39

CHAPITRE IV.

Histoire des Apôtres et de l'Église.

Un troisième fait, aussi certain que les deux précédents, s'accomplit au Cénacle, dix jours après la résurrection de Jésus-Christ, et selon la promesse qu'il avait faite. En quittant ses apôtres pour monter au ciel, il leur avait enjoint de se retirer au Cénacle, et d'attendre, en adressant à Dieu leurs prières, le Consolateur qu'il leur avait promis.

Ils y étaient tous, avec Marie, Mère de Jésus, et les saintes femmes, lorsque, cinquante jours après la pâque, le jour de la Pentecôte, un dimanche, le Saint-Esprit descendit sur eux en forme de langues de feu, et les remplit de science, d'ardeur et de courage. Pouvait-elle se tromper, cette assemblée, relativement assez nombreuse, d'hommes et de femmes, sur ce qui se passait en son sein ? Aucun homme de bonne foi ne consentira à l'admettre. Une ou deux personnes, réunies ou séparées, excitées par un grand amour, peuvent, à la rigueur, se méprendre et prendre une hallucination dont elles sont victimes pour un fait réel. Mais il est impossible de supposer que quinze personnes, au moins, qui étaient réunies au Cénacle, aient toutes partagé une même illusion.

D'ailleurs, un changement complet s'opéra, par suite de la descente du Saint-Esprit en eux, sur les apôtres. D'ignorants qu'ils étaient précédemment, ils devinrent aussitôt admirablement instruits des choses de Dieu ; leur timidité se changea en une ardeur incroyable et leur faiblesse en courage héroïque. A peine sortent-ils du Cénacle, que les juifs de l'univers entier, réunis à Jérusalem à l'occasion de la fête de la Pentecôte, les entendent parler, chacun dans sa propre langue, de la résurrection de Jésus-Christ, en qui les apôtres leur montrent que se sont réalisées exactement toutes les prophéties qui formaient l'objet de leurs plus chères espérances.

C'est Pierre, le chef du Collège apostolique, qui porte, le premier, la parole ; il est entouré de ses frères et des cinq cents personnes qui ont vu Jésus-Christ ressuscité, et qui rendent témoignage à la vérité de son discours. Aussi cinq mille personnes d'abord, puis trois mille se convertissent-elles à la foi nouvelle. Tandis que la société chrétienne se formait ainsi; que les apôtres, munis du secours d'en-haut et du pouvoir des miracles, se répandaient dans tout l'univers et gagnaient le monde à Jésus -Christ, le peuple juif, suivant la prédiction du Sauveur, se révoltait contre les Romains, qui assiégèrent et détruisirent Jérusalem, au point de ne pas laisser pierre sur pierre, et les juifs qui échappèrent au massacre de l'armée de Titus, se répandirent dans le monde entier.

La religion chrétienne éprouva d'abord des persécutions horribles. Les Juifs et les païens se réunirent pour l'attaquer, et la plupart de ses défenseurs et de ses Pontifes furent mis à mort. On compta, durant les trois premiers siècles, dix persécutions édictées par les empereurs, qui firent un grand nombre de victimes. Mais, selon une belle et grande parole : «Le sang des martyrs était une semence de chrétiens.» et la foi se répandit dans tout l'univers d'après les destinées que Dieu lui avait faites. L'Église eut à subir des persécutions qui ne furent pas moins terribles que celles du glaive : ce furent les persécutions de l'hérésie et du schisme, qui auraient mis plusieurs fois, l'existence de l'Église en danger, si le Seigneur ne l'eût assistée d'un puissant secours. Fin

MichelT

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