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POLITESSE ET SAVOIR-VIVRE · PAR MADAME BOURDON .

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Message par MichelT le Ven 17 Juil 2020 - 14:36

POLITESSE ET SAVOIR-VIVRE · PAR MADAME BOURDON . (Extraits)

Aux jeunes personnes.

Paris – 1860

1re PARTIE

Conseils généraux.

CHAPITRE I.

De la Politesse au point de vue chrétien.

« Que tout ce qui est véritable et sincère, tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, tout ce qui est aimable, tout ce qui est d'édification et de bonne odeur, tout ce qui est vertueux et tout ce qui est louable dans le règlement des mœurs, soit l'entretien de vos pensées. » Ainsi s'exprimait le grand Apôtre des gentils ( St-Paul) dans son épître aux Philippiens, et nous remarquons qu'il place au nombre des choses justes et saintes, ces œuvres édifiantes et parfaites dont il recommande la pratique à ses disciples, les choses aimables, par lesquelles il entendait l'urbanité, la douceur des manières, la politesse du langage, tous les égards enfin que, dans la société civile, on doit au prochain, en y apportant les modifications dictées par les conditions diverses de ceux qui nous entourent.

Saint Paul lui-même nous offre dans ses actions et dans ses écrits le modèle de la douceur aimable qu'il avait apprise à l'école du Christ. Voyez ses Épîtres : comme au milieu de la gravité évangélique, on y trouve une cordialité suave, un respect sincère pour le prochain, un souvenir affectueux pour les amis ! Il insiste avec mesure, il supplie avec dignité, il remercie avec effusion. Que de tact dans son discours au peuple d'Athènes, que de grâce et d'amabilité dans sa réponse au roi Agrippa ! Partout, dans ses écrits, dans ses paroles, on sent la plus belle des vertus, la Charité, que les Grecs appelaient grâce, qui déborde de son cœur et parfume ses paroles, et lui-même avoue qu'il cherche à plaire à tous, afin de les gagner tous! C'est là, en effet, l'idéal de la politesse chrétienne, car le disciple de Jésus-Christ dans toutes ses actions, a un but plus élevé que la terre, et le nom de son Maître qui donne du prix à un verre d'eau froide, en donne également à une parole bienveillante, à un salut, à une attention, à une marque de déférence qui dispose les cœurs et leur fait reconnaître, sous le voile de l'urbanité mondaine, des vertus plus hautes et des intentions que Dieu seul apprécie.

La politesse doit être particulièrement, ce semble, l'apanage du chrétien. Et pourquoi ? parce qu'elle simule toutes les dispositions intérieures que le chrétien doit posséder au fond de son âme : — la justice, qui rend à chacun ce qui lui est dû ; — l'humilité, qui préfère les autres à soi et qui fait qu'on les prévient volontiers par des témoignages d'honneur et de déférence : — la charité qui, selon le langage de saint Paul, ne se blesse pas, ne s'aigrit pas (Première Épître aux Corinthiens.); — la douceur et la modération, qui bannissent les actes impatients et les paroles promptes ; — la tempérance même, qui, gardant en toutes choses une juste retenue, permet de songer aux besoins des autres et de se négliger soi-même.

N'est-il pas vrai que celui qui possèderait ces qualités, serait, dans le monde et dans la famille, un homme parfaitement aimable, et que, fût-il même ignorant, illettré, il lui suffirait de quelque peu d'attention aux usages établis, aux conventions de l'étiquette pour devenir aussi un homme parfaitement poli ? Le code du savoir-vivre n'est ni long ni difficile, mais si l'on ne possède au fond du cœur, quelques-unes des dispositions bienveillantes et charitables dont la politesse n'est que le simulacre, on ne sera jamais ni tout à fait aimable, ni tout à fait poli. « Se peut-il, disait un ecclésiastique distingué, se peut-il qu'un homme plein d'affection et de déférence pour ses frères ne soit pas un homme social et vraiment aimable ? Que lui manque-t-il pour être parfaitement poli aux yeux du monde ? Certaines manières, certaines formules, des procédés et un langage de convention dont la connaissance ne s'acquiert que dans la bonne société? Mais qu'est ce que cela ? Des choses purement accessoires, des formes qu'il faut savoir et respecter sans doute, mais qu'on ne peut mettre en comparaison avec cette politesse du cœur, qui est de tous les temps et de tous les lieux et qui charmerait les hommes les plus sauvages. »

« Dans mes longs voyages, dit la spirituelle comtesse de Bradi, je n'ai jamais rencontré une religieuse qui eût de mauvaises manières, et parmi les paysans et les ouvriers que j'ai connus, j'en ai remarqué plusieurs qui se distinguaient prodigieusement entre leurs égaux par des façons qui semblaient être le résultat d'une éducation soignée, tandis qu'elles étaient celui d'un excellent caractère, formé et perfectionné par la connaissance et la pratique de la charité évangélique. » Ces observations, nous avons tous pu les faire, et en tirer une conclusion toute naturelle ; — c'est que la véritable politesse vient du cœur, d'un cœur adouci, épuré, sanctifié par les habitudes d'une vie chrétienne ; — et que le but de la politesse doit être de faciliter les rapports des hommes entre eux et de gagner à Dieu le plus de cœurs qu'il nous sera possible. Si nous réfléchissons à ce qu'est l'homme, à sa dignité, à sa grande et immortelle destinée, nous n'aurons pas de peine à accorder à nos semblables les égards qui leur sont dus, car dans les plus pauvres, les plus abaissés aux yeux du monde, nous verrons, nous respecterons l'œuvre divine, sortie des mains du Créateur, l'objet des prédilections du Fils de Dieu, le cohéritier du royaume des cieux, le pupille des Anges, l'objet des attentions et des regards de la divine Providence.

La foi qui nous révèle ces vérités doit nous inspirer pour toutes les créatures je ne sais quel sentiment de vénération qui nous rendra faciles les bienséances sociales, jusques dans leurs plus délicates nuances. Animés de ces pensées, qui spiritualisent nos actions et nos paroles, nous accorderons sans effort, l'honneur à la vieillesse et aux dignités, à nos égaux la politesse aimable, à nos inférieurs l'affabilité constante, aux pauvres l'intérêt et la compassion, aux méchants même, l'indulgence et la charité.
En agissant ainsi, peut-être serons-nous assez heureux pour attirer quelques cœurs vers le Dieu qui a inspiré nos pensées, qui a plié notre esprit aux douces lois de la bienveillance, et qui nous a donné dans les Saints de tous les âges, de parfaits modèles de charité et de douceur. Ces vertus intérieures des amis du Seigneur ont produit au dehors les fruits délicieux de la grâce et de l'urbanité, et les ont rendus, selon l'expression des saintes Lettres, agréables à Dieu et aux hommes. Saint Paul, saint Bernard, saint Louis, saint François d'Assise, saint Ignace de Loyola, saint François - Xavier, saint François de Sales, sainte Claire, sainte Thérèse, sont des exemples à jamais célèbres de cette charité évangélique qui se traduisait à l'égard du prochain par la grâce des paroles, la douceur des manières et la suavité des sentiments.


CHAPITRE II.

Les Parents.

Il semblerait que le mot politesse ne devrait pas avoir d'acception lorsqu'il s'agit d'un père et d'une mère, de ceux que Dieu a faits ses représentants ici-bas, et dans les siècles de foi, c'était dans les commandements divins que les enfants s'instruisaient de leurs devoirs et des droits des auteurs de leurs jours. Ils lisaient dans le plus saint des Livres, à la page auguste où Dieu trace sur la pierre et confie à son fidèle serviteur les lois qu'il veut donner au peuple de son alliance, ces mots sacrés : - « Tu honoreras ton père et ta mère. » Cela suffisait, ces seuls mots exprimaient tout; ils disaient : tu serviras, tu soigneras, tu environneras de respect ceux à qui tu dois la vie, c'est le commandement exprès de Dieu, et Dieu était obéi. Aujourd'hui, les mœurs sont relâchées, la foi s'est obscurcie, et dans les familles même les plus unies, on est étonné parfois de trouver, à l'égard des parents un ton léger, irrespectueux, un manque d'égard et de politesse que les enfants croient excuser en disant : on ne se gêne pas entre soi ! Ces mots sont un facile prétexte pour s'abandonner à son humeur, à ses bizarreries, à ses inclinations propres, qui ne sont pas toujours bien délicates, ni bien recherchées. Ainsi, parce qu'on est entre soi, seulement avec son père et sa mère, on aura le ton brusque, la voix élevée ; si l'on cause, on sera ou contredisant ou moqueur ; si l'on se tait, on donnera des marques d'ennui trop visibles; on paraîtra avec des vêtements en désordre, on s'étendra sur les meubles, on se servira à table sans ménagement pour les autres, on demandera brusquement, on recevra sans remercier ; bref, dans la vie la plus intime, au foyer domestique qui doit être si cher aux âmes bien nées, on apportera un ton et des manières qu'ailleurs on n'oserait se permettre. Est-ce mauvais cœur ? non, mais paresse et négligence; on ne veut pas se gêner, et on blesse les affections les plus respectables par un laisser-aller de ton, de manières et de caractère qui finit à la longue par rendre la vie en commun insupportable. Que les enfants ne laissent pas s'affaiblir en eux le respect filial; qu'ils ne négligent pas les témoignages de déférence et de vénération qui sont la sauvegarde de ce respect.

« N'ajoutez pas, dit Silvio Pellico, dans son livre des Devoirs des hommes, aux tristesses qui courbent les têtes blanchies autant que l'âge. Que votre vue, que votre présence les raniment et les réjouissent ! Chaque sourire que vous rappellerez sur leurs lèvres, chaque mouvement de joie que vous réveillerez dans leur cœur, sera pour eux la plus salutaire des jouissances et redescendra sur vous-même comme une rosée bienfaisante : Dieu confirme toujours les bénédictions des pères et des aïeux. » N'attendez pas pour réjouir le cœur de vos parents par ces témoignages de soumission et d'amour les grandes occasions : elles se présentent rarement ; et plus d'une existence s'écoule sans avoir pu faire preuve d'abnégation, de renoncement, de courage, si ce n'est dans les petites choses, dans les petites rencontres de chaque jour.

Saisissez donc au vol ces occasions qui s'offrent tous les jours; tâchez de payer votre dette filiale en menue monnaie, sans quoi, vous courrez grand risque de mourir insolvables. Voici un modèle de respect filial pris dans la plus haute position et dans un de ces instants d'enivrement qui, parfois, font oublier aux hommes leurs plus saints devoirs. Ferdinand II, roi de Léon, avait atteint l'âge le plus avancé et il était accablé de toutes les infirmités qui accompagnent la vieillesse. Son fils Alphonse lui rendait les soins les plus tendres et ne le quittait que pour veiller au gouvernement de l'État et à la sûreté des frontières que les Maures menaçaient sans cesse. Il remporta enfin sur eux une éclatante victoire. Ferdinand, transporté de joie, voulut aller à la rencontre de son fils triomphant. Il se fit mettre en litière et s'avança sur la route. Dès qu'Alphonse l'aperçut, il sauta de cheval, courut vers lui, la joie peinte sur le visage, et il accompagna la litière à pied. En vain son père lui fit les plus vives instances pour l'engager à remonter à cheval, en lui disant qu'il n'était pas convenable qu'il allât à pied, quand toute sa suite était à cheval. — Ceux-là ne sont pas vos fils, répondit Alphonse; et il continua de marcher à pied. Arrivé au palais, il prit son père dans ses bras, le transporta dans son appartement, le comblant de caresses et de marques de respect, en lui disant : — Mon père, vous connaissez jusqu'où va votre tendresse pour moi, mais vous ignorez jusqu'où va la mienne pour vous. Elle ne se bornait pas à vous accompagner à pied, j'étais jaloux du service que vous rendaient vos domestiques en portant votre litière. J'ai été plusieurs fois tenté de leur dire de s'arrêter, et de vous prendre sur mes épaules, afin que mes pieds servissent à vous porter. Ferdinand ne répondit que par des larmes. Ce fils si tendre jouit encore quelque temps du bonheur de le posséder, et la douleur qu'il éprouva à la mort de son père, répondit aux sentiments de respect qu'il lui avait témoignés pendant sa vie.

CHAPITRE III.

Famille

Si le respect et les plus tendres attentions sont dus aux parents, et par eux nous entendons aussi les aïeuls, les oncles, les tantes, les ascendants enfin, n'oublions pas que nous devons des égards, des soins et quelque chose de mieux que de la politesse à tous les membres de notre famille, à ceux qui sont nôtres par la solidarité du nom et les nœuds étroits du sang. Voyez, dans la sainte Écriture, combien étaient respectés les liens qui unissaient le frère au frère, le parent au parent, et qui enchaînaient entre eux les membres d'une même tribu, c'est-à-dire, une grande multitude issue d'un seul père. Les lois de Moïse consacraient cette affection, qui a rendu si forte la pauvre petite nation juive; le roi David s'écriait dans un saint enthousiasme : Qu'il est beau, qu'il est doux pour des frères d'habiter ensemble! leur union ressemble à un parfum délicieux..... Nous, chrétiens, serions-nous moins accessibles à ces nobles sentiments, nous qui sommes, non-seulement frères en Adam, mais frères en Jésus-Christ, unis, liés les uns aux autres par ce Sang précieux, qui fut le rachat du monde et la Source de la divine charité?

Nous disions plus haut que les membres d'une même famille se devaient quelque chose de mieux que la politesse, c'est-à-dire qu'aux égards réciproques et à la douceur des relations, on doit joindre une nuance de cordialité, si ce n'est d'amitié. L'amitié, elle existe, elle doit exister entre frères et sœurs, et la politesse du cœur en relèvera les charmes; les attentions délicates, l'amabilité, la confiance en éterniseront la durée, et pour nos autres parents, la simplicité affectueuse de notre langage, nos égards, nos prévenances leur prouveront toujours que nous ne les traitons pas en étrangers. Nous ne leur réserverons pas, sous prétexte encore une fois du sans gêne de la parenté, le déshabillé de notre humeur et de nos manières; polis pour tout le monde, nous le serons davantage pour les premiers amis que nous a donnés le Ciel ; obligeants pour tous, nous le serons plus et mieux pour nos parents; nous exercerons à leur égard, fussent-ils même d'un commerce difficile, ce support mutuel tant recommandé par saint Paul; nous aurons soin de leur honneur et de leur réputation, comme nous avons soin de nos propres intérêts.

Et si, par un malheur qu'on ne peut trop regretter, mais qu'il est parfois impossible de prévenir, la désunion se mettait dans votre famille, la modération, l'équité, toujours si recommandables, deviendraient alors des devoirs impérieux, et même en soutenant des droits légitimes, ayons recours à un langage poli, mesuré, qui, sans blesser les oreilles, exprime ce qu'exigent la raison et la vérité. Tous les petits devoirs sociaux doivent s'observer avec soin entre les proches parents. Jour de l'an, jour de fête, peuvent amener des réunions et des félicitations cordiales, qui resserrent les liens de famille : trop souvent les affaires et les plaisirs tendent à rompre ces liens précieux. Ceci se rapporte surtout aux parents les plus proches, mais même envers les parents éloignés, les cousins issus et sous-issus de germains, ne négligeons pas les marques d'attention et de déférence, telles que les annonces spéciales de naissance, de mariage et de décès, les visites et les lettres de félicitation ou de condoléance, tout ce qui enfin entretient ces relations particulières formées par le sang et la communauté des traditions.

Et souvenons-nous que les parents pauvres, négligés de la fortune, tiennent plus que d'autres à ces témoignages particuliers de politesse, qui sont leur droit, dont on ne peut les priver sans les blesser et sans leur faire de la peine. Le respect du nom et de la famille honore le caractère de celui qui le pratique et ne peut manquer d'être agréable à Dieu. Rien ne peut dispenser des égards et de l`affection fraternelle.

CHAPITRE IV.

Relations de société.

Il en est de plusieurs genres. Plaçons en premier lieu les amis, affections de choix, prédilections particulières qui ont formé entre nous et des étrangers d'étroites liaisons que souvent on préfère à celles que le sang impose. Ces liaisons, lorsque la raison et la vertu les ont indiquées, n'ont rien que de recommandable. Ainsi, David aimait Jonathas, saint Grégoire de Nazianze chérissait saint Basile, l'aimable François de Sales avait une affection particulière pour le président Favre et pour l'évêque de Belley; et le divin Modèle de tous les Saints, Notre-Seigneur Jésus-Christ, aimait saint Jean et Lazare , il les appelait ses amis et leur donnait de douces marques de sa familiarité. Mais cette fraternité de choix, l'amitié, ne subsistera pas longtemps si on en bannit la politesse, les égards mutuels, et si, par un étrange abus, on prend pour un témoignage d'intimité et de confiance, l'abandon, la brusquerie et le sans-façon.

C'est transformer un noble sentiment en une camaraderie vulgaire. Notre ami a droit à nos égards les plus délicats, à notre plus affectueuse politesse, à notre obligeance entière, à une discrétion absolue, juste retour de sa confiance envers nous. Envers qui serons-nous aimables, si nous ne le sommes pas envers nos parents et nos amis? Que dirons-nous de ceux qui nous ont obligés, de nos bienfaiteurs, de ceux envers qui nous lie ce sentiment qui n'existe que dans les âmes bien placées, la reconnaissance ? Nierons nous notre dette, et ne nous efforcerons nous pas de la payer, par les attentions, la déférence, les témoignages ostensibles de respect et un dévouement véritable aux intérêts de ceux qui furent bons pour nous ? Ne craignons pas d'excéder, et puisque nous avons cité les exemples des Saints, remarquons que la reconnaissance fut une de leurs vertus favorites.  Lisons les lettres de sainte Thérèse, nous y verrons quel religieux amour elle portait à ses bienfaiteurs ; voyons saint Vincent de Paul qui ne pouvait rien refuser au souvenir des plus légers services, remarquons, dans les plus pieuses congrégations, ces messes, ces communions, ces prières fondées à perpétuité pour les bienfaiteurs de l'œuvre, souvenir pieux qui se prolonge à travers les siècles, et concluons de là par quelles marques extérieures la reconnaissance peut se témoigner.

Les instituteurs de notre jeunesse, ceux qui nous ont aidés de leur bourse, ceux qui nous ont soutenus de leur crédit, ceux qui nous ont défendus contre la calomnie ont droit à ce paiement inspiré par le cœur. Les prêtres, les vieillards, les personnes d'un rang supérieur au nôtre réclament aussi une délicate nuance dans les témoignages de notre politesse. Aux ministres des autels, le respect qui se témoigne par les formes du langage, par la promptitude à les saluer, à leur donner la place d'honneur, et par tous les empressements que peut inspirer la foi qui nous révèle ce qu'est le prêtre catholique ! Aux vieillards, le respect aussi mêlé à des soins affectueux, à des soins sans affectation. Apprenons à ne pas nous ennuyer de leurs discours, à ne pas nous étonner de leur dégoût des choses présentes, ni de leurs retours complaisants vers le passé; sachons leur sacrifier un instant de plaisir, et souvenons-nous de ces paroles si belles de la sainte Écriture : « Gardez-vous de mépriser un homme dans sa vieillesse; ne vous éloignez pas des entretiens des vieillards, car c'est d'eux que vous apprendrez à vous conduire avec intelligence et à parler avec sagesse. »

La société accorde aux personnes d'un rang distingué, ou occupant un poste élevé dans la magistrature, les armes, l'administration, certaines déférences qui sont dictées par l'étiquette et non par le cœur. Sachons les observer, car les airs indépendants et superbes ne conviennent qu'aux esprits orgueilleux, et n'ajoutent rien à la dignité de notre caractère. On peut, dans ses relations avec des supérieurs, garder la plus noble fierté, le désintéressement le plus absolu, tout en leur accordant les titres, les marques d'honneur que l'usage leur attribue, et le respect de soi même se concilie très-bien avec le respect pour les autres. Il est d'autres êtres qui méritent aussi un grand respect à cause de leur innocence : ce sont les enfants que notre bon Sauveur a tant aimés. Gardons-nous de les scandaliser; veillons sur nos paroles, afin qu'aucune d'elles ne vienne troubler la sainte candeur de leurs pensées , n'excitons pas, pour nous amuser, leurs petites passions, vanité, colère, gourmandise; vénérons toujours en eux et en toutes ces créatures, l'image sacrée de Dieu et la présence du bon Ange qui veille à leur côté. Ce souvenir si doux de l'Ange gardien suffirait seul à sanctifier notre politesse, à spiritualiser tous les bons offices, toutes les prévenances que nous avons pour le prochain , ce souvenir suffirait aussi à calmer les antipathies, si fréquentes dans le monde, si nous savions voir, de l'œil de la foi, à côté du visage qui nous déplaît, le visage calme et radieux du bon Ange. C'est une pensée que nous abandonnons à la piété de nos lectrices.


Dernière édition par MichelT le Mar 4 Aoû 2020 - 14:44, édité 3 fois

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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Message par MichelT le Lun 27 Juil 2020 - 18:35

CHAPITRE V.

Ceux qui sont sous notre responsabilité  

Un des plus éloquents sermons de Bossuet traite De la Dignité des pauvres dans l'Église. C'est là un mot étonnant, la dignité des pauvres ! Les pauvres, ce rebut du genre humain dans l'antiquité, les pauvres dans l'Église de Jésus-Christ ont un rang, une dignité, une importance que l'on ne peut méconnaître, sans renier tout l'esprit de la religion chrétienne. Ce principe, les Saints l'ont poussé jusqu'à ses dernières conséquences : ils regardaient les pauvres, ces représentants de Jésus-Christ sur la terre, comme leurs maîtres et leurs seigneurs, et dans les siècles de foi, l'on voyait les rois et les reines, aux pieds de ces mendiants puissants du ciel ; ce principe, les nations séparées de l'Église l'ont négligé, oublié ; tâchons, nous, chrétiens, de nous montrer les dignes enfants de cette unique Mère, et de témoigner, dans toutes nos relations avec ceux sous notre responsabilité, que la foi nous guide et nous laisse voir en eux nos frères, les enfants du Père céleste et les cohéritiers de la gloire éternelle. - Parmi ceux-ci, plaçons en premier lieu les domestiques. Les rapports fréquents que nous avons avec eux nous exposent à deux écueils : la familiarité ou la hauteur. Évitons la première qui nuit à l'autorité légitime, mais veillons beaucoup sur nous-mêmes pour ne pas employer à l'égard de ceux que Dieu a mis dans notre dépendance ces tons méprisants, sarcastiques, ce commandement dur, ces reproches amers pour le moindre oubli, ces épithètes injurieuses pour une petite négligence, qui blessent la dignité de l'âme du serviteur.

D'ailleurs, une observation, faite à propos, avec calme et douceur, ne portera-t elle pas plus de fruits que ces récriminations violentes? « Aimons bien comme nous-mêmes, disait saint François de Sales, ces chers prochains qui nous sont si proches et si voisins, qui vivent avec nous sous un même toit et de la même substance, et traitons-les comme nous voudrions être traités, si nous étions en leur place et de leur condition. » Ne querellez jamais vos domestiques devant témoin, c'est une humiliation qu'il est inutile de leur imposer et un manque de goût et de politesse envers vos amis ou vos convives. Plusieurs personnes, au dernier siècle, refusaient les invitations de Voltaire, parce qu'il tempêtait contre ses gens lorsqu'il était à table. Ce que nous disons des domestiques s'applique aussi aux artisans, aux ouvriers, à ceux que nous salarions en un mot. Témoignons leur à tous des égards et une certaine considération qui les relève à leurs propres yeux, et plaçons au premier rang de nos devoirs envers eux de ne pas leur faire perdre de temps, et de ne pas leur faire attendre le paiement , qui leur est dû.

Ce que nous avons dit, en commençant ce chapitre, de la dignité des pauvres, laisse entrevoir combien il faut, dans nos rapports avec eux, de bienveillance, de douceur, de patience et de cordialité. Si la bienveillance était une pomme d'api, disait saint Vincent de Paul, la cordialité en serait la couleur. Sachons écouter sans ennui les confidences de l'indigent, pénétrer dans sa maison sans dégoût, offrir nos conseils avec affabilité et assaisonner nos refus mêmes d'un sentiment de regret qui en tempère l'amertume. Faire l'aumône avec dureté, observait le pieux cardinal de Cheverus, c'est faire dissoudre une perle dans le vinaigre; ajoutons au présent le don plus rare de la bonne grâce, la parole douce, plus nécessaire à l'âme affligée que le pain n'est nécessaire au corps affaibli, le mot consolant qui relève un cœur découragé, et nous ferons autant de bien par nos manières que par nos aumônes. Ce n'est pas tout que de faire le bien, il faut encore le bien faire, et l'on ne peut arriver à cette perfection qu'en se nourrissant des pensées de la foi, en surmontant au nom de Dieu, les répugnances de la nature, et en ayant devant les yeux le divin Modèle auquel nous devons nous conformer, le type sacré à l'effigie duquel nos âmes doivent être marquées.

Jésus-Christ enfin, dont les plus petites actions sont dignes de nos méditations et de nos hommages. Lisons ce portrait de Jésus, tracé par un pieux auteur, qui a voulu peindre l'Homme Dieu, non comme le Verbe annonçant la Loi divine, ni comme le Rédempteur expiant les fautes de la race coupable d'Adam, mais comme un homme, vivant de la vie civile, au milieu de ses proches et de ses compatriotes. Jésus-Christ est venu au monde pour le racheter et pour l'instruire. Eh bien ! de trente-trois ans qu'il a vécu, il en a passé trente, renfermé dans une bourgade peu connue, sous un pauvre toit, soumis, obéissant, retiré, laborieux. Tout cela pour notre instruction, car la vie du travail et de la maison est la vie la plus commune du genre humain. Voyez les exemples qu'il nous donne. — On l'appelle pour un domestique moribond : il y va. Pour engager Jésus-Christ à faire cette visite dans la maison d'un militaire, quelques-uns des plus recommandables d'entre les Juifs qui l'en priaient, lui exposèrent que cet officier était bien affectionné à leur nation et qu'il avait construit une synagogue.

Et Jésus-Christ se rendit à ces motifs honnêtes, tirés de l'amour de la patrie. — Un homme de loi, d'un ton fier et chicaneur, lui adresse cette demande : Qui est mon prochain ? Jésus-Christ satisfit à sa question avec une douce tranquillité. — Si des enfants veulent s'approcher de lui, dans le désir de le voir à leur aise et peut-être aussi de lui baiser la main, il leur fait donner place par ses disciples, qui les repoussaient d'abord; il les appelle à lui et il les caresse. — S'il va dans la maison d'un mort, où tout est en larmes, il pleure lui-même. — Un jour, la foule se pressait si fort autour de lui pour l'entendre parler qu'il en était comme écrasé. Auprès du rivage, se trouvait un bateau : il aurait bien pu y monter tout de suite, et parler de là au peuple rassemblé, mais il voulut auparavant en avoir l'agrément du patron qui était pêcheur. — Les saintes femmes, toutes Israélites, lui rendaient avec empressement les petits services nécessaires à la vie dans la nourriture ou dans le vêtement ; elles le suivent dans les voyages, et lui parlent souvent, et Jésus-Christ, après sa résurrection, et comme par reconnaissance, les visite avant les Apôtres eux-mêmes.

En un mot, pour comprendre comment dans le divin Maître, il y eut un continuel usage d'affabilité, de douce condescendance, de patience, de manières obligeantes, il suffit de considérer qu'il habitait et qu'il conversait avec des hommes qui, avant la réception du Saint Esprit, étaient ignorants, grossiers, disputeurs, présomptueux. Il les supporta tous, il les aima tous, et parce que Jean, cette âme pure, le mérita, il accorda à Jean , les plus touchants privilèges de l'amitié. Judas, choisi pour apôtre, ne les mérita pas, et cependant il les reçut aussi, lorsque dans cette dernière soirée si triste, à ce repas mystérieux, Jésus trempa dans le plat un morceau de pain et le présenta au perfide. Ah ! qui ne voudrait avoir vu alors d'un œil respectueux les yeux et le front de Jésus-Christ ! C'était son enseignement de faire d'aimables avances, d'avoir des prévenances amicales, de rendre service aux personnes dures et fâcheuses, car avec celles qui sont agréables et avec les amis, chacun en agit de la sorte.

Nous terminerons par ce suave portrait de notre Seigneur Jésus-Christ, notre petite théorie de la politesse au point de vue chrétien, c'est-à-dire, de la politesse, fille de la charité, inspirée par sa mère, et se rendant aimable au prochain, non par vanité, ni par intérêt propre, mais parce qu'elle voit et respecte en lui l'image du divin Sauveur, parce qu'elle veut plaire à tous, afin de les gagner tous, selon la belle parole de l'Apôtre, que nous avons déjà citée, parce que dans les plus minimes comme dans les plus grandes actions, elle a en vue la gloire de Dieu, l'édification du prochain et le salut de son âme. Saint François de Sales était d'une grande douceur envers les pauvres. - « Les petites gens, disait le bon évêque, ont besoin d'être écoutées et aidées dans leurs affaires autant que les grands dans les leurs. Si une chose de rien trouble une âme, il ne faut pas laisser pour cela de la consoler. Les petites affaires en sont de grandes pour les pauvres, et d'ailleurs ce n'est pas une petite affaire que de consoler une âme que Jésus Christ a rachetée de son sang. » ·

Une de ses plus douces jouissances était d'entendre les pauvres l'appeler du nom de père. Un jour, raconte l'évêque de Belley, que je voyageais avec lui sur le lac d'Annecy, les bateliers l'appelaient : Mon père, et lui parlaient familièrement. - Voyez-vous, me dit-il, ces gens m'appellent leur père, et c'est la vérité qu'ils m'aiment comme leur père. Oh ! qu'ils me font plus de plaisir en m'appelant ainsi que les faiseurs de compliments qui m'appelaient monseigneur ! Pour se montrer vraiment père à l'égard des pauvres gens, il recevait d'un air gracieux les petits présents qu'ils lui apportaient ; l'un, une poignée de noix et de châtaignes; l'autre, des pommes, des œufs ou des petits fromages; d'autres, des sous et même des liards pour leur dire une messe. Ce qu'on lui donnait en argent, il le distribuait aux pauvres , les comestibles, il les emportait pour les manger à table, en citant à cette occasion les paroles du psaume : Vous serez heureux de manger du fruit de votre travail. N'était-ce pas là de la politesse, la plus douce et la meilleure? Frédéric Ozanam, un des fondateurs des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, afin de témoigner aux pauvres les égards et le respect qu'on leur doit en qualité de membres souffrants de Jésus-Christ, n'entrait dans leurs réduits qu'en les saluant, et en leur témoignant une politesse à la fois simple et cordiale, tout imprégnée de la charité de Notre Seigneur.

Saint François de Sales traitait ses domestiques comme ses enfants et ses frères, c'est tout dire, et il en était tendrement aimé. Un jour, s'étant levé de très-bonne heure, il appela son valet de chambre qui ne l'entendit pas, et, sans l'appeler de rechef, il s'habilla seul et se mit au travail. Le jour venu, le valet de chambre courut à l'appartement de son maître : — Qui vous a habillé? lui demanda-t-il brusquement. — C'est moi-même, répondit François ; est-ce que je ne suis pas assez grand et assez fort pour cela ? —Vous coûtait-il tant de m'appeler ? — Je l'ai fait plusieurs fois, répondit le bon maître, je suis même allé à votre lit, et je vous ai trouvé dormant de si bon cœur que je n'ai pas voulu vous réveiller. — Vous avez bonne grâce, répliqua le domestique, de vous moquer ainsi de moi. — Oh ! mon ami, reprit l'évêque, je ne l'ai pas dit par moquerie, mais par pure récréation. Soyez tranquille pour l'avenir : je vous promets qu'une autre fois, puisque vous le voulez, je ne m'habillerai plus sans vous : je vous éveillerai et vous ferai lever.

Louis XIV faisait un récit à ses courtisans : il avait promis qu'il les divertirait beaucoup; il ne divertit personne, quoiqu'il fût du roi. Le prince d'Armagnac, qu'on appelait alors M. Le Grand, sortit de la chambre, et le roi dit à ceux qui restaient : « Messieurs, vous avez trouvé mon conte fort insipide, et vous avez eu raison, mais en vous le rapportant, je me suis aperçu qu'il y avait un trait qui aurait pu blesser M. Le Grand, j'ai mieux aimé le supprimer que de le chagriner. »

Nous allons passer à la partie pratique de la politesse, code du savoir-vivre dont les petites observances sont souvent très sages, et bien faciles à observer, avec un peu de vigilance sur soi-même et de bienveillance pour les autres.


A l`Église.

C'est à vous, chère Suzanne, que j'adresse ces conseils, que vous m'avez demandés avec tant de candeur et de confiance. Vous voulez que je vous dise quels sont les usages du monde, les règles de la bienséance et du savoir-vivre, car vous désirez unir à des vertus solides le vernis de la politesse et des bonnes manières; je ne puis que vous louer de ce désir et je vais essayer de vous aider de mon mieux par des indications puisés aux bonnes sources et qui conviennent à toutes les positions de la vie. Les anciennes Civilités commençaient toujours par ce que l'on doit à Dieu ; elles ne faisaient que se conformer en cela à l'exemple des plus anciens législateurs, y compris les païens eux-mêmes.

Nous les imiterons, et nous mettrons en tête de notre petit code : Gloire et honneur à Dieu. Je ne vous parlerai pas ici de la disposition intérieure de votre cœur, en entrant à l'église : la foi, je l'espère, vous donnera le recueillement et la ferveur, et bannira de votre visage et de votre attitude tout ce qui pourrait paraître léger, étourdi, peu convenable. Ce lieu est grand et terrible! c'est vraiment la maison de Dieu! Pénétrez-vous de cette pensée en franchissant le seuil de l'église; dites, comme saint Bernard, aux préoccupations d'affaires ou de plaisirs : Restez à la porte, je vous reprendrai en sortant ! puis, avancez-vous dans le lieu saint avec une démarche modeste et posée ; prenez de l'eau bénite, saluez l'autel où le Saint-Sacrement repose, et gagnez votre place sans fracas. Ne saluez pas les personnes de votre connaissance, une église n'est pas un salon, et si vous étiez obligée de le faire, que ce soit avec beaucoup de réserve, et surtout sans entamer de conversations.

Lisez, priez, méditez, dites votre chapelet tranquillement, sans geste et sans bruit, en évitant de distraire les autres et de nuire à leur dévotion. Soyez attentive au sermon, combattez le sommeil s'il vous gagne, et ne donnez, quelle que soit la beauté ou la médiocrité du discours, ni marques d'assentiment ni témoignages de blâme. Si un prêtre ou une dame quête, inclinez-vous légèrement en donnant votre offrande, et à la fin de la messe ou de l'office, retirez-vous modestement, sans faire de conversations ni dans le bas de l'église, ni sous le porche. - Je n'ai pas besoin de vous dire que si vous participez à la sainte communion, il faut vous déganter, laissez sur votre chaise livre et chapelet, et vous approcher de la sainte Table, les mains jointes et le maintien calme et posé.

Ayez toujours à l'église, à quelque heure matinale que vous vous y rendiez, une toilette simple et soignée; ne tombez pas dans le travers de quelques jeunes filles que j'ai vues assister à la messe, y communier même, dans le costume le plus sordide, et aussitôt revenues de l’église, endosser les plus belles parures pour faire une visite ou aller à la promenade. Au confessionnal, attendez paisiblement votre tour, et si on vous le disputait, cédez : l'instant et le lieu où l'on va accomplir un acte d'humilité serait mal choisi pour élever une discussion.  Lorsqu'on voyage, pour visiter une église, choisissez le moment où les offices sont terminés , marchez à pas lents, parlez bas, saluez l'autel et ne quittez pas le lieu saint sans avoir fait une prière. Donnez une gratification au gardien qui vous aura montré l'église, les tableaux, les sculptures; ne disputez pas avec lui, n'élevez pas de contestation dans le lieu de la prière. Différentes circonstances, indépendantes des devoirs du culte, peuvent vous amener à l'église. Je placerai en premier lieu le Baptême.

Vous mettrez, pour le baptême, une toilette soignée, élégante même, mais toujours de la plus scrupuleuse décence; assistez à la cérémonie avec recueillement; elle est grave et noble et mérite toute votre attention. A moins que les parents ne l'exigent, ne donnez au plus à l'enfant que trois noms. Ne donnez pas de noms de fantaisie ou de romans, mais choisissez à votre filleul des patrons parmi · les Saints. N'allez pas non plus donner des noms formant une phrase, rien de plus mauvais goût. Le sacrement de Mariage vous amènera aussi à l'église. Si vous y paraissez comme - partie contractante, souvenez-vous que votre parure, quelque riche qu'elle puisse être, doit se distinguer surtout par une scrupuleuse modestie; les robes décolletées, les bras nus sont une inconvenance dans le lieu saint, et au moment de recevoir un grand Sacrement. Vous aurez, je l'espère, réfléchi à la gravité des devoirs que vous allez embrasser, et il ne vous sera pas difficile de conserver un maintien sérieux pendant la cérémonie et la bénédiction nuptiale.

Les messes de funérailles exigent des femmes qui y assistent un costume sévère et un maintien sérieux, que la mort n'a que trop le droit d'imposer. Une parure élégante et aux couleurs gaies ne sied pas à côté d'un cercueil, et les airs évaporés sont toujours de trop à l'église. Vous donnerez des dons selon votre fortune, car ces dons que l'on offre aux prêtres sont le patrimoine des pauvres, et c'est là une charité versée en des mains également pieuses et intelligentes. Soyez libérale autant que vous le pourrez. ( Il faut entretenir l`Église, il faut payer le chauffage et l`électricité, il faut des dons pour les familles malheureuses de la paroisse,  ect, ect,)

Dans toutes les occasions qui vous amènent à l'église, observez le plus profond respect pour le lieu saint. Les exemples abonderaient, si on consultait la vie des Saints; on y verrait à chaque instant reluire cette profonde vénération pour la Majesté divine, véritablement présente sur les saints autels ; l'ancienne loi, ( L`Ancien Testament) qui ne possédait que les ombres et les symboles des célestes réalités nous montre quel respect le Seigneur exigeait de ceux qui franchissaient la porte de son Temple.  Voyez Héliodore, entrant par force, et au mépris des représentations du grand-prêtre, dans le lieu saint : à peine est-il entré, qu'il vit apparaître un cavalier, aux armes étincelantes, qui fondit sur lui avec impétuosité. En même temps, parurent deux jeunes gens, brillants de gloire, qui s'emparèrent de lui et le frappèrent sans relâche. Héliodore tomba par terre à demi-mort, et il resta dans cet état jusqu'à ce que, par les prières d'Onias, le grand-prêtre, qui offrit pour lui un sacrifice, il eût recouvré la santé. ( 2 Macchabées 3,21 – le grec et païen Héliodore veut piller le temple de Jérusalem pour son roi qui contrôle le pays.) Faut-il rappeler que les païens eux-mêmes observaient dans leurs temples le plus religieux respect? faut-il rappeler ce jeune page d'Alexandre le Grand, qui, ayant laissé tomber sur son bras un charbon enflammé, ne cria point, ne remua point et se laissa brûler sans rien dire, de crainte d'interrompre la cérémonie? Quel exemple pour des chrétiens !


Fin de l`extrait

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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