Forum l'Arche de Marie
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Le deal à ne pas rater :
TV LED 32” Continental Edison CELED32SAHD24B3
139.99 €
Voir le deal

« La prière est le souffle de l’âme » par le Père Raniero Cantalamessa

Aller en bas

« La prière est le souffle de l’âme » par le Père Raniero Cantalamessa Empty « La prière est le souffle de l’âme » par le Père Raniero Cantalamessa

Message par Lumen Dim 4 Juin 2023 - 21:53

« La prière est le souffle de l’âme »

Le cardinal Raniero Cantalamessa tire de son expérience et d’années de prédication auprès des papes un enseignement sur la prière solide et animé par le souffle de l’Esprit Saint. Une interview extraite du dernier hors-série de Famille Chrétienne : La prière - Oser la rencontre avec Dieu.

« La prière est le souffle de l’âme » par le Père Raniero Cantalamessa Catholicpressphoto_412702
Père Cantalamessa. -  M.MIGLIORATO - CPP


Comment pouvons-nous nous préparer intérieurement à rencontrer Dieu dans la prière ?

Je vais moi-même vous poser une question : comment se prépare-t-on à une rencontre avec une personne importante et qui nous est chère ? En arrivant précipitamment au rendez-vous, l’esprit encombré de toutes sortes de pensées et sans même avoir réfléchi à ce qu’on va dire ?

La prière est le rendez-vous avec notre Dieu et Créateur, celui dont dépendent notre vie et notre bonheur, et nous ne devrions pas nous présenter devant Lui comme quelqu’un qui est pris au dépourvu et qui ne sait pas quoi dire. Comme si nous étions là par devoir, et pour rien d’autre.


Un hors-série sur les secrets de la prière

Comment prier Quelqu’un que l’on ne voit pas ? Que produit la prière en nous ? Comment entretenir le feu de la relation à l’heure de la sécheresse, de la distraction, des multiples occupations de notre vie ?

Pour répondre à ces questions, les journalistes de Famille Chrétienne sont allés à la rencontre d’humbles priants et de grands témoins du Christ pour connaître leurs secrets d’une prière qui a transformé leur vie. À retrouver dans le nouveau hors-série de Famille Chrétienne, La prière - oser la rencontre avec Dieu, en vente sur Boutique des familles et en librairie religieuse.

À l'occasion de la sortie de ce nouveau hors-série, Famille Chrétienne organise un webinaire le mercredi 29 mars à 20h30. Une soirée exceptionnelle animée par Elisabeth Caillemer, journaliste à Famille Chrétienne, en présence de Claire de Féligonde, auteur de Maman prie et de Jean-Marc Potdevin, fondateur d'Entourage.

Cela veut-il dire qu’il faut préparer son « texte » à l’avance ?

Il ne s’agit pas de repasser dans notre tête ce que l’on veut dire dans la prière, presque comme si l’on priait avant de prier. Saint Augustin a bien expliqué que l’essence de la prière est le désir de Dieu : « Ton désir est ta prière ; si le désir est continuel, la prière est continuelle. Est-ce que, sans relâche, nous fléchissons le genou, nous prosternons notre corps, ou nous élevons les mains ? Si nous disons que c’est là notre prière, je ne crois pas que nous puissions le faire sans relâche. Il y a une autre prière, intérieure, qui est sans relâche : c’est le désir. Si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas de désirer. (1) »

Le secret, donc, c’est de cultiver le désir de Dieu. Le verset suivant, tiré d’un psaume, exprime bien l’état d’âme dans lequel s’épanouit la vraie prière : « Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et verrai-je la face de Dieu ? » (Ps 42, 3).

Le psalmiste a en tête le moment où, lors d’un pèlerinage à Jérusalem, il pourra sentir la présence de Dieu. Nous pouvons le dire, nous, en pensant au moment où nous irons à l’église ou – comme Jésus le suggère dans l’Évangile – où nous entrerons dans la pièce secrète de notre coeur et fermerons la porte derrière nous.

Cependant, comment entrer en relation avec une personne que nous ne pouvons ni voir ni entendre ?

Le secret de la prière est tout entier dans le fait de cultiver une relation personnelle avec Jésus. Nous devons nous poser une question : Jésus est-Il une personne pour moi, ou seulement un personnage, une personnalité ? Il y a une grande différence entre les deux.

Le personnage, tel que Jules César, Napoléon, Léonard de Vinci – sans parler des vivants, des stars, des footballeurs et des chanteurs – est quelqu’un dont on peut parler et sur lequel on peut écrire autant qu’on veut, mais c’est aussi quelqu’un à qui et avec qui il n’est pas facile de parler. Malheureusement, pour la grande majorité des chrétiens, Jésus est un personnage, pas une personne.

Il fait l’objet d’un ensemble de dogmes, de doctrines ou d’hérésies... mais, malgré tout, il reste pour nous situé dans le passé, entre Lui et nous, vingt siècles se dressent inconsciemment.

Comment être sûr que Jésus est bien une personne, présente auprès de moi ?

Jésus a dit : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Après sa résurrection, Il est vivant et présent « dans l’Esprit », c’est-à-dire présent spirituellement, et non physiquement comme Il l’avait été jusque-là avec les Apôtres. Cette nouvelle présence est cependant plus forte et plus réelle que sa présence physique.

Cette nouvelle présence spirituelle est meilleure que la présence physique dont les Apôtres avaient bénéficié pendant la vie terrestre du Christ, précisément parce qu’il s’agit d’une présence intérieure et non extérieure ; grâce à elle, Jésus n’est plus à côté de nous, mais Il habite en nous. Nous devons nous efforcer de ressentir cela.

Jésus est donc avec nous à tout moment ?

« Je suis avec vous tous les jours » signifie aussi « Je suis avec vous dans chaque situation, dans chaque problème ». Pensons à deux jeunes mariés profondément amoureux l’un de l’autre. Pendant la journée, chacun d’entre eux est occupé, à l’intérieur ou à l’extérieur de la maison, à vaquer à ses affaires, mais tous deux savent où est leur coeur et où courent leurs pensées dès qu’ils sont libérés des soucis du moment. Il devrait en être ainsi entre nous et Jésus.

C’est un objectif plutôt élevé et peut-être seuls les saints l’atteignent-ils définitivement, mais c’est déjà une grâce de savoir que c’est possible, de le désirer et de demander à l’Esprit Saint de nous aider à y parvenir. La prière est le moyen privilégié de cultiver cette relation personnelle avec Jésus.

Comment puis-je être sûr que je ne suis pas influencé par ma subjectivité, mon imagination, dans la prière ? Le plus souvent, au fond de nous, nous ne trouvons que nous-mêmes…

C’est déjà un premier résultat positif de la prière que de se trouver soi-même. Nous vivons dans une civilisation entièrement tournée vers l’extérieur. Les derniers développements technologiques, notamment dans le domaine de la communication, ont porté cette tendance à son paroxysme. On ironise des jeunes – garçons et filles – qui se sentent perdus sans leur portable collé à l’oreille, mais le problème ne concerne pas qu’eux.

Cela a rendu toute véritable introspection presque impossible…

Nous savons, maintenant en temps réel, ce qui se passe à l’autre bout du monde, mais nous ignorons ce qui bouge au fond de notre coeur. Nous vivons comme dans une centrifugeuse fonctionnant à plein régime. S’évader, c’est-à-dire sortir, est une sorte de mot d’ordre. Il existe même une littérature d’évasion, des spectacles d’évasion. L’évasion est, pour ainsi dire, institutionnalisée. Le silence fait peur.

On n’arrive pas à vivre, travailler, étudier sans une voix ou une musique autour de soi. Il y a une sorte d’horror vacui, de peur du vide, qui pousse à l’étourdissement. Les laïcs ne sont pas les seuls à être submergés par la vague de l’externalité. Les personnes les plus engagées et les plus actives de l’Église le sont aussi. Religieux compris ! La dissipation est le nom de la maladie mortelle qui nous mine tous. Elle finit par être comme un vêtement à l’envers, avec l’âme exposée à tous les vents.

Alors pourquoi Dieu semble-t-Il nous aider si peu : nous ressentons si souvent dans la prière un sentiment d’aridité, d’absence de Dieu, d’ennui, ou encore aucune réponse à nos prières ?

Ce qui peut nous encourager, c’est de savoir que des saints ont fait cette expérience. Sainte Thérèse d’Avila, grand maître de la vie de prière, disait qu’il y a des moments où la prière nous tombe dessus comme des averses d’en haut, et des moments où nous devons tirer l’eau d’un puits profond à la force des bras.

Pourquoi Dieu n’écoute-t-Il pas toujours et immédiatement ?

Jésus a dit : « Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers Lui jour et nuit ? Les fait-Il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, Il leur fera justice » (Lc 18, 7). L’expérience ne contredit-elle pas de manière flagrante ces paroles ? Non, Dieu a promis de toujours écouter nos prières et de les écouter immédiatement, et c’est ce qu’Il fait.

Il faut distinguer l’exaucement selon la volonté du priant et l’exaucement selon le besoin du priant, qui est son salut. Dieu exauce toujours et immédiatement selon le salut du priant (qui est aussi, ou devrait être, la volonté profonde de celui qui prie), et pas toujours selon sa volonté du moment, qui peut ne pas être bonne.

Dieu écoute donc aussi quand Il semble ne pas écouter ?

Exactement. Son retard à accorder, même des bonnes choses est aussi une écoute et un exaucement. Car, en tardant, Il fait grandir notre foi, Il nous aide à demander mieux. Au début, nous nous présentons généralement à Dieu pour demander de petites choses, pour les besoins insignifiants de la vie présente. Nous ne savons pas quelles sont les choses qui comptent vraiment.

En retardant la réponse, petit à petit, les vrais besoins émergent en nous, le besoin d’avoir Dieu, d’avoir la foi, la patience, la charité, l’humilité, plus que des choses matérielles. Ainsi, à la fin, Dieu, ayant élargi notre coeur, peut le remplir dans une mesure digne de Lui-même.

Regardons l’exemple de la femme cananéenne dans l’Évangile. Si Jésus l’avait écoutée immédiatement, à la première demande, que se serait-il passé ? Sa fille aurait été libérée du diable, mais tout le reste aurait continué comme avant, et mère et fille auraient fini leurs jours comme tout le monde. Au contraire, en retardant l’exaucement, Jésus a permis que sa foi et son humilité grandissent, au point de Lui arracher ce cri de joie : « Femme, grande est ta foi ! » (Mt 15, 28). Elle rentre alors chez elle et trouve non seulement sa fille guérie, mais elle-même transformée, elle est devenue croyante en Christ. Et cela pour l’éternité. C’est ce qui se passe lorsqu’on n’est pas immédiatement exaucé, pour autant que l’on continue à prier.

Cela n’est pas facile à entendre !

Je ne dis pas qu’il est facile d’accepter cette explication. Nous devons encore moins essayer de la faire accepter par ceux qui souffrent d’une déception douloureuse et amère dans ce domaine. Jésus n’est pas venu expliquer la douleur, mais la prendre sur Lui, et nous devrions en faire autant, nous les croyants. Devant la douleur de la veuve de Naïm et des soeurs de Lazare mort, avant de dire et de faire quoi que ce soit d’autre, Jésus s’est ému et a pleuré. Nous devrions faire de même devant ceux qui souffrent.

Comment la prière est-elle entrée dans votre vie ?

Jusqu’à présent, je vous ai surtout partagé mes idées et mes convictions sur la prière ; et maintenant, vous me demandez ce que j’espérais que vous ne demanderiez pas : parler de ma prière. Toutes les difficultés et tous les problèmes mentionnés jusqu’à présent, j’en ai fait l’expérience dans ma propre vie. J’ai entrevu les splendeurs de la prière chrétienne et fait l’expérience de ses difficultés et de notre grande pauvreté.

Y a-t-il eu un moment clé dans votre vie où la prière a pris une nouvelle dimension ?

Je dois dire que quelque chose a changé en moi au moment où, vers la moitié de ma vie, je me suis ouvert à l’expérience de la nouvelle Pentecôte, par le baptême dans l’Esprit. Elle m’a fait réaliser par expérience ce que je savais en théorie, à savoir que la prière chrétienne n’est pas seulement faite de requêtes et de demandes, mais aussi et avant tout de louange, d’action de grâce, de réjouissance devant la grandeur et la bonté de Dieu.

Que vous a appris d’autre votre expérience au Renouveau charismatique ?

J’ai découvert l’importance de la parole de Paul : « L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut ». Le chrétien n’a pas seulement reçu le commandement de prier, il a reçu le don de la prière ! Il a reçu l’Esprit Saint qui est la source même de la prière. Il poursuit dans les membres du corps la prière de la Tête, Jésus ; c’est pourquoi, entrant en nous, il crie « Abba ! », parce que c’est le cri par lequel Jésus commençait chacune de ses prières.

Au chrétien qui redécouvre, de nos jours, le besoin et le goût de la prière et qui est parfois tenté de partir loin, jusqu’en Orient, ou qui cherche inlassablement, en-dehors de lui, des lieux, des techniques et des guides de prière, je voudrais dire : où vas-tu ? Où cherches-tu ? Dieu est en toi et tu le cherches à l’extérieur ? La prière est en toi et tu la cherches à l’extérieur ?

Finalement, qu’est-ce que la prière ?

La prière est le souffle de l’âme. De même que l’on dit à celui qui est sur le point de s’évanouir, ou qui est sur le point de faire un grand effort physique, de prendre de belles respirations profondes, de même à celui qui est sur le point de faiblir dans la tentation ou qui est sur le point de s’abandonner aux difficultés et à la lassitude, on recommande de prier, de prendre de belles respirations profondes de prière.

Et si vous deviez la résumer en un seul mot ?

Le mot qui contient à lui seul toute la prière de Jésus est le cri : « Abba ! ». Le mot qui contient toute ma pauvre prière est l’invocation d’un nom : « Jésus ! »



(1) Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos 37



Marie de Varax
« La prière est le souffle de l’âme » par le Père Raniero Cantalamessa Logo-small
Lumen
Lumen

Date d'inscription : 09/11/2021
Localisation : France

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum