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Reynald Secher : "Je sais ce qu’est notre gauche et ce dont elle est capable :

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Reynald Secher : "Je sais ce qu’est notre gauche et ce dont elle est capable : Empty Reynald Secher : "Je sais ce qu’est notre gauche et ce dont elle est capable :

Message par MichelT Lun 30 Avr 2012 - 22:51

Reynald Secher : "Je sais ce qu’est notre gauche et ce dont elle est capable : j’en ai souffert dans ma chair et dans mon esprit"

Reynald Secher, historien bien connu des lecteurs du Salon beige et esprit libre s'il en est, a donné un entretien à un journal polonais, Nasz Dziennik, à propos des élections en France. Les abonnés du quotidien Présent ont pu en lire l'intégralité dans le numéro d'aujourd'hui. En voici quelques extraits significatifs :

"Si vous permettez je vais réduire votre question au débat entre les deux candidats en lice, c’est-à-dire François Hollande et Nicolas Sarkozy. Contrairement à ce que la majorité des média, foncièrement de gauche, veut faire croire aux Français, il ne s’agit pas d’un banal duel entre deux hommes qui auraient des idées politiques relativement similaires (...) François Hollande et Nicolas Sarkozy se réfèrent à des idéologies clairement exprimées et aisément déchiffrables si nous lisons avec attention leur programme. Le premier est un idéaliste imbibé d’idées marxisantes d’un autre temps, idées d’ailleurs exprimées avec violence et clarté par le Front de gauche et son leader Jean-Luc Mélenchon : c’est ce qui explique le ralliement sans condition de ce dernier à François Hollande. Quant à Nicolas Sarkozy, il se situe dans le sillage du libéralisme contrôlé mais de type conservateur (…)

Ce n’est pas la première fois de son histoire qu’elle se trouve dans un tel cas à une nuance près : nous pouvons nous trouver dans une situation irréversible. Quelle société voulons-nous ? C’est la question que les Français doivent se poser. Malgré les apparences et ce que la pensée unique veut nous faire croire, c’est le débat de fond de la campagne électorale en cours. L’enjeu est de taille car il s’agit de notre avenir. Nous assistons depuis quelques années à un retour sur la scène politique des vieilles idées marxistes reprises en chœur par un certain nombre de candidats de gauche, y compris ceux qui pourraient apparaître comme modérés, voire mous comme François Hollande. Ils proposent, ni plus ni moins, une société collectiviste gérée par un Etat omnipuissant et omniscient dans lequel l’individu n’est rien sinon un élément sur lequel on a le droit de vie et de mort au nom d’un pseudo intérêt général. Ils rêvent encore à l’homme nouveau, dit de progrès, animé de l’idéal révolutionnaire. Son programme s’inscrit dans cette logique : nationalisation de l’esprit, nationalisation des vies, nationalisation des moyens de production, nationalisation de la richesse individuelle, redistribution tous azimuts…

Il s’agit, ni plus ni moins, de créer une société nouvelle, dite de progrès, celle à laquelle ces leaders d’opinion rêvent depuis la grande révolution de 1789 et que certains ont eu la chance de vivre comme les Soviétiques ou vivent encore comme les Chinois et les Cubains, comme l’expliquait Mme Mitterrand, grande admiratrice de son ami et héros Fidel Castro. Qu’importent les génocides de classe, les faillites économiques systématiques, les détresses généralisées ! Pour eux, Robespierre et Staline sont toujours les références, Mirabeau et Soljenitsyne, les traîtres. Ce modèle idéal passe par la mort de l’ancienne société vue, plus que jamais, comme obscurantiste.

A titre d’exemple : si ces politiques veulent sceller dans la Constitution la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est qu’ils veulent qu’elle soit appliquée et surtout, à la lettre. La gauche française a toujours eu besoin pour se reproduire et se maintenir au pouvoir de boucs émissaires, de sang et à défaut de conflits préfabriqués qui se traduisent pour l’adversaire par son assassinat politique et social. Rappelons-nous 1793, 1905, 1936 et disons-le, 1981. C’est une de ses caractéristiques. Ses armes sont toujours les mêmes : la haine, la division, la manipulation, le fichage, l’ostracisme… Pour arriver à ses fins, elle n’a jamais hésité quant aux moyens. Les boucs émissaires sont déjà clairement ciblés : ce sont d’abord les riches, puis les catholiques, puis tous ceux qui prêchent la différence, notamment certains partis comme le Front national. Elle hait l’opposition, y compris les nuances au sein de son propre parti, et ce toujours au nom de la justice, de la laïcité, des droits de l’homme tels que la France les a codifiés.

Contrairement à ce que j’entends dire, ici et là, François Hollande appliquera à la lettre son programme, notamment parce qu’il y est poussé par ses alliés dont le Front de gauche, qui sont des révolutionnaires (...) Il est clair que la gauche qui proclame à qui veut l’entendre son amour des droits de l’homme, et donc de la liberté, en a une définition très particulière et très restrictive. Sa campagne dans ce sens a été caricaturale, notamment de la part du leader du Front de gauche qui n’hésitait pas à rappeler les bienfaits de la Terreur, ce que l’on peut, à juste titre, considérer comme un appel au meurtre de ceux qu’ils considèrent indésirables car pensant autrement, tandis que François Hollande proclamait que s’il était élu il épurerait tous les hauts fonctionnaires et les ambassadeurs qui ne pensent pas comme lui ce qui, un comble !, n’a choqué personne. Ces propos sont loin d’être anodins et font peur car, par expérience, je connais cette gauche intolérante qui de surcroît s’arrange toujours pour rendre responsables ses victimes du mal qu’elle leur fait.

Si cette gauche gagne la présidentielle (...). Croyez-moi, très rapidement elle va imposer une chape de plomb et bon nombre de libertés vont disparaître, ou seront contrecarrées notamment au niveau de l’enseignement, des médias, des partis. Vous comprenez dès lors pourquoi je suis effrayé par une telle situation d’autant que, je le répète, la gauche française est de nature totalitaire et en conséquence d’une intolérance que nous ne pouvons plus imaginer car nous la croyons d’un autre temps. On s’imagine que l’inimaginable n’est plus possible. En tant qu’historien, j’affirme l’inverse. Plus que jamais [je voterai] Sarkozy. Les circonstances le commandent. Je suis pour la liberté. J’ai toujours lutté contre le collectivisme et le totalitarisme de tout horizon. Je sais ce qu’est notre gauche et ce dont elle est capable : j’en ai souffert dans ma chair et dans mon esprit."

Philippe Carhon

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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