LES SAINTS ANGES - France 1869

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LES SAINTS ANGES - France 1869

Message par MichelT le Sam 8 Juil 2017 - 21:53

LES SAINTS ANGES.

Source : La Semaine Religieuse de Cambrai - année 1869



LES SAINTS ANGES.

Nous avons parlé une fois déjà, à pareille époque, dans notre première année , de ces pures intelligences qui forment le monde surnaturel , et nous avons dit d'une manière générale, les diverses fonctions qu'elles remplissent à notre égard. Nous voudrions aujourd'hui, éclairés par la sublime théologie du saint Denis l'Aréopagite et de ses illustres commentateurs saint Grégoire-le-Grand et saint Thomas-d'Aquin ajouter quelques détails plus intimes sur ces créatures célestes. Dieu , nous disent les Livres saints, a tout fait avec ordre, poids et mesure. Et, en effet, pour qui sait voir, quelle magnifique harmonie apparaît dans la création matérielle !... Comme toute chose a sa place, et comme on monte, par une gradation admirable de sagesse, depuis le grain de poussière sans mouvement et sans vie jusqu'à l'homme intelligent et immortel, vivante image de son créateur.

Chaque règne, chaque peuple, chaque être à sa destination providentielle. Dieu a-t-il moins fait pour le monde supérieur des esprits ? Nous ne pouvons le croire. Là aussi , comme parmi les créatures visibles, il a fait régner un ordre divin : il a établi la subordination et la hiérarchie.  On se demande, il est vrai, au premier abord, ce qui peut constituer la supériorité ou l'infériorité dans de pures intelligences. Saint Thomas, avec sa profondeur ordinaire, répond : C’est la manière plus ou moins parfaite dont elles arrivent à la connaissance de la vérité. Or, la vérité peut être perçue par trois modes différents : ou en Dieu même, ou dans les lois générales, universelles qui dominent la création, ou enfin dans les êtres individuels.

De là, trois degrés, ou trois classes parmi les anges, selon les lumières plus ou moins abondantes, la vie plus ou moins parfaite dont ils jouissent. Ces divers ordres s'appellent ordinairement Hiérarchies, c'est-à-dire dispositions sacrées. Ce n'est pas tout. En considérant les diverses fonctions exercées par les membres d'une société régulière, ainsi que l'état des personnes, on distingue aussitôt trois divisions nécessaires : la noblesse ou l’aristocratie, la bourgeoisie et le peuple.

Ainsi parmi les anges. Chaque hiérarchie se divise en trois ordres différents , selon le plus ou moins d'excellence des membres qui la composent. Nous trouvons ainsi, dans le monde spirituel neuf degrés distincts que l'on appelle les neuf Chœurs des Anges. Saint Denis l'Aréopagite est le premier qui ait donné la classification complète des esprits célestes. Il a été suivi, par saint Grégoire-le-Grand, saint Thomas et presque tous les théologiens, depuis le VII siècle.



La première hiérarchie en commençant par les ordres inférieurs comprend les Anges, les Archanges et les Principautés; La seconde, les Puissances, les Vertus et les Dominations; La troisième, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins. Il ne faut pas croire que la nomenclature que nous venons d'exposer soit purement conjecturale, et basée sur de simples calculs de raison. Elle a ses fondements dans la sainte Écriture même.

En effet, presque toutes les pages de la Bible nous parlent des Anges et des Archanges ; Moïse et les Prophètes font mention des Chérubins et des. Séraphins ;et saint Paul dans son Épître aux habitants d'Éphèse nomme les Principautés, les Puissances, les Vertus et les Dominations; et dans sa lettre aux Colossiens, il cite les Trônes, les Dominations, les Principautés et les Puissances.

Ce n'est pas que nous prétendions, en appuyant la doctrine précédente sur la Parole inspirée, en faire un objet de notre foi nécessaire au salut. Nous nous contentons de la regarder comme une vérité éminemment propre à élever les esprits. Dans un siècle qui se livre de plus en plus à la matière et s'habitue à ne regarder que le côté terrestre des choses , n'est-il point utile de rappeler qu'au-dessus du monde des corps il y a un monde invisible non moins réel et infini ment plus beau ?


Ouvrons donc les yeux de l'âme. Pour un moment, dérobons-nous à l'influence des choses sensibles et matérielle, et montons un à un, dans le silence de l'admiration, les degrés de l'Échelle mystérieuse qui doit nous conduire jusqu'à Dieu.

1. Les Anges. — Dans le bas, et touchant presque la terre, mais placés cependant au-dessus de l'homme selon cette parole du prophète : « Tu l`a abaissé pour un peu de temps au-dessous des Anges.» ( Hébreux 2,7), — se trouvent les Esprits, que nous appelons simplement les Anges.

Ces saintes intelligences sont dans des rapports immédiats et continuels avec nous. Elles veillent sans cesse sur notre double vie qu'Elles protègent contre les dangers nombreux qui nous menacent. C'est leur fonction. — Lorsqu'un homme est appelé à l'existence, Dieu- commande aussitôt à un de ces purs esprits de s'attacher à lui et de le conduire à sa fin. Dès ce moment, il devient l'Ange gardien de cet homme, son inséparable compagnon dans la route qui va du berceau à la tombe. Ami dévoué, il ne le quitte plus un seul instant : il le soutient dans la maladie, il le console dans la douleur, il le fortifie dans ses faiblesses, il le relève dans ses chûtes. Sa charité et son dévouement ne connaissent point de bornes.

Que le Seigneur est bon d'avoir député un des Princes de sa cour pour nous garder dans toutes nos voies. Que sommes-nous, ô mon Dieu, pour que vous ayez à notre égard, des attentions si pleines de délicatesses ? « Qui est l`homme, pour que tu en fasses tant de cas. Pour que tu daignes prendre garde a lui ?» ( Job 7,17) — Nous sommes les images mêmes de Dieu : c'est tout dire.

Marchons toujours avec respect devant notre ange, ce témoin si pur de nos pensées et de nos actions ; remercions-le chaque jour de ses soins, et montrons-nous dociles à ses inspirations.



II. Les Archanges. — Montons d'un degré : nouvelle assemblée plus brillante que la première ! Que vos œuvres sont admirables, O mon Dieu ! Au-dessus des Anges, les Archanges. Ces purs Esprits n'ont pas ordinairement de rapports immédiats avec les hommes. Cependant le Roi du ciel s'en est servi plusieurs fois dans des circonstances solennelles pour faire connaître ses volontés à la terre.

Ce fut l'Archange Raphaël qui accompagna le jeune Tobie dans son voyage et le ramena sain et sauf à sa famille ( Ancien Testament – Tobie) ; ce fut l'Archange Gabriel qui annonça à la Sainte Vierge le mystère adorable de l'Incarnation. ( Luc 1,26)

Mais leur fonction ordinaire est de présider au gouvernement des villes, des communautés et des diocèses. Je suis convaincu, dit saint Ambroise, que de même que chaque troupeau particulier ou chaque église est présidée par un Évêque, de même un Ange est établi pour la surveiller. 0 pensée consolante ! Quelles admirables ressources nous pouvons trouver dans ces puissants Protecteurs! Prions l'Archange qui préside aux destinées de nos familles d'y faire régner toujours la paix de Jésus-Christ ; prions Celui qui a reçu la mission de veiller sur notre paroisse et sur nos grandes villes surtout, où la foi court des dangers sérieux, de les protéger efficacement ; prions l'Archange du diocèse de toujours obtenir de Dieu des prêtres selon son cœur, et d'augmenter parmi les fidèles, l'esprit de charité et de soumission à l'Église.

III. Les Principautés. Leur nom fait connaître suffisamment leur fonction particulière. Ces Anges, placés à la tête de la première hiérarchie prennent soin des empires et de ceux qui les gouvernent. Ce sont les princes invisibles des peuples et des royaumes, qu'ils s'efforcent de faire concourir à l'exécution du plan divin dans la marche de l'humanité. Ils remplissent donc le plus haut ministère par rapport aux hommes.

Témoins des efforts sans cesse renouvelés par l'esprit du mal ( les Anges déchus) pour faire déchoir notre patrie du rang élevé où l'ont placée ses vertus et son dévouement à l'Église , prions l'Ange de la France de lui conserver toujours la vieille foi de Clovis ( le roi des Francs et le premier à se convertir à la foi catholique) et de saint Louis ( Roi de France très chrétien du 13 eme siècle).

Demandons à Dieu par lui et avec lui, la sagesse pour ceux qui la gouvernent , la répression du mal partout où il cherche à se glisser, et la liberté du bien pour tous ses enfants. Joignons aussi nos prières aux prières et aux efforts des Anges des nations infidèles pour qu'elles reçoivent au plus tôt les lumières de l'Évangile; et demandons , avec les célestes Principautés que Dieu a placées à la tête des empires devenus aujourd'hui persécuteurs de l'Église et des Saints , leur retour à la vérité divine et à la charité chrétienne.

Les trois Ordres que nous venons de nommer rapidement constituent la première hiérarchie. Selon la doctrine de saint Thomas, les Esprits bienheureux qui la composent, perçoivent la vérité dans ses applications particulières aux êtres créés ; leurs fonctions ont pour objet immédiat l'homme et les diverses sociétés qu'il fonde ici-bas.



Montons de nouveau l'échelle mystérieuse des pures intelligences, et pénétrons dans la seconde assemblée ; elle est plus radieuse, plus splendide encore que la première, et par la supériorité de sa nature et par l'excellence de ses fonctions.

IV. Les Puissances. — A la base de la seconde hiérarchie se trouvent placées les Puissances. — Il est vrai : toutes les créatures angéliques ont été douées, par Dieu , d'une force étonnante à laquelle rien ici-bas ne saurait être comparé. Ainsi, un seul ange, dans une nuit frappa de mort tous les premiers-nés de l'Égypte; eu une seule nuit aussi , Sennachérib perdit une armée de 185,000 hommes sous les coups d'un de ces ministres des vengeances divines ( Il était le Roi d`Assyrie vers 700 Av J.C. – son armée fut frappée pour la protection de Jérusalem assiégée).

Mais le nom de Puissances a été particulièrement donné à une classe d'Anges qui a reçu la mission de défendre l'humanité et toute l'œuvre de la création, contre les entreprises des esprits mauvais, ( des anges déchus) de Satan et des malheureux complices de sa révolte. Car, comme le dit saint Paul dans son Épître aux Éphésiens , nous n'avons pas seulement à combattre contre des hommes de chair et de sang , mais contre les Principautés et les Puissances de l'abîme, contre les esprits de malice répandus dans l'air. Ces êtres malfaisants n'ont d'autre occupation que celle de séduire les hommes. Ils répandent dans les foules, l'illusion et le mensonge; ils protègent les sectes impies qui ont juré haine à Dieu et à l'Église; les persécutions contre le christianisme sont suscitées par eux ; ils favorisent toutes les causes de corruption , la littérature immorale, ils exploitent tous les scandales au profit de leur haine ; ils poussent les hommes au désespoir et au suicide; en un mot, ils s'efforcent de toute manière , de traverser les desseins miséricordieux du Seigneur et de ruiner les bienfaits de la Rédemption. Leur chef, Satan, est cet adversaire dont parle saint-Pierre , qui tourne sans cesse autour de nous , comme un lion rugissant , cherchant à nous dévorer. Nombreuses et redoutables sont les influences mauvaises exercées sur nous et autour de nous.

Mais ne craignons pas. Dieu, dans sa bonté, a établi des anges pour nous protéger : ce sont les Puissances. Ces esprits bienheureux tiennent sous leur domination les puissances ennemies, en répriment le pouvoir et les empêchent de nuire aux hommes autant qu'elles le voudraient.

Nous n'avons donc pas à trembler devant les efforts et les menaces des esprits infernaux : soyons seulement vigilants , et reposons-nous avec confiance sur la protection des célestes Puissances : elles étendent au-dessus de nos têtes un impénétrable bouclier. — Défendez-nous toujours, ô pures Intelligences , ô fortes Volontés ; aujourd'hui surtout que Satan et ses anges , par les prestiges et les illusions de tout genre , occupent une plus grande place dans la société , protégez-nous.



V. Les Vertus. — Qu'elles sont belles, ô mon Dieu, les œuvres sorties de vos mains, et comme elles portent l'empreinte de votre sagesse et de votre puissance !

Avec quelle majesté , chaque jour, le soleil reprend sa course dans l'orbite inflexible que le doigt divin lui a tracée ; — Qu'il est beau, dans une nuit sereine , de suivre le mouvement harmonieux des milliers de mondes qui brillent au firmament ! — Quelle étrange énergie dans les soulèvements de l'Océan ! — Avec quelle admirable régularité la terre que nous habitons, penchée sur son axe, ramène les jours, les nuits et les saisons; — Quelles profondes terreurs renfermées dans la tempête qui se déchaîne , le tonnerre qui gronde , le feu du ciel qui dévore !. . . .

Gloire à vous , ô mon Dieu ! Votre nom est le Tout-Puissant ! Les hommes de science me disent que tout cela est le résultat nécessaire de lois fatales , mathématiques, et ils s'offrent de m'expliquer tous les phénomènes de la nature, par des actions ou des influences réciproques entre les corps. — C'est possible. Mais ces influences ou ces actions , m'en diront-ils l'origine ? J'en calcule les effets, j'en conviens ; mais elles-mêmes , d'où viennent-elles ?

Les hommes de science se taisent ; saint Augustin me répond : Toute la création matérielle est administrée par des anges. O la grande parole ! Combien le mouvement des astres , la germination des plantes , le soulèvement des vagues , me paraissent plus admirables à la lumière de cette révélation. Il y a des hommes , aux vues étroites et terrestres , qui ne voient jamais et partout que matière ou forces inintelligentes enchaînées par des lois fatales. Laissons ces hommes. Toute la nature matérielle est administrée par des anges ! Cette splendide parole dilate l'horizon ; elle met la lumière , la vie et l'amour dans toute la création. Tout m'apparaît plus beau , plus grand , plus touchant surtout , lorsque je pense que ce sont de purs esprits qui président à tous les phénomènes de la
nature.

Les anciens avaient conscience de cette vérité : mais ici comme pour tout le reste , ils ont dénaturé le dépôt de la tradition : leurs dieux, leurs déesses subalternes présidant aux astres, aux fleuves, aux fontaines , aux forêts , etc., sous la surveillance du maître de l'Olympe , ne représentent-ils pas évidemment la notion pervertie des anges , administrant la création matérielle , sous la souveraine autorité de Dieu ?



La direction de la nature physique est confiée aux Vertus. C'est par leur ministère que le Seigneur maintient l'ordre et l'harmonie dans l'univers ; et lorsque , pour l'instruction, le salut ou la punition des hommes , il lui arrive de suspendre un moment les lois qu'il a lui-même posées , c'est aux Vertus qu'il confie le soin d'exécuter sa volonté. Ces puissantes Intelligences président aux signes et aux miracles, et sont souvent les ministres des célestes vengeances.

0 Amis de notre Dieu , protégez-nous contre les malheurs qui nous menacent si souvent ici-bas , les ouragans , la foudre , les inondations, la peste , la famine ; ne frappez point la terre , ni la mer. , ni les arbres : « Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu`à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu (Apocalypse 7,3).

VI. Les Dominations. — Les Dominations composent le chœur le plus élevé des Anges administrateurs, c'est-à-dire, des purs Esprits qui ont reçu de Dieu une mission particulière par rapport aux créatures. Leur principale fonction consiste à transmettre aux Ordres inférieurs les commandements divins qu'ils reçoivent par l'entremise des Anges adorateurs : ce sont comme les grands Chefs des armées angéliques, dit saint Thomas , avec sa précision théologique. — Ces saintes Intelligences ont donc pour fin de manifester les vues de Dieu sur la création et d'aider à l'accomplissement des divines volontés.

Heureux ceux qui connaissent la volonté du Seigneur ! Heureux ceux qui l'exécutent !

Hélas ! combien souvent il nous arrive d'être dans l'illusion sur ce point. Par suite de notre ignorance naturelle et eh raison surtout des ténèbres épaisses que le péché a amassées autour de notre âme, nous prenons fréquemment nos propres pensées et nos désirs intéressés pour l'expression des desseins de Dieu sur nous; l'amour-propre nous rend aveugles et sourds aux inspirations d'en-Haut ; et les Esprits mauvais, toujours prêts à traverser les opérations divines , nous abusent, nous trompent de mille manières.D'autre part , alors même que nous parvenons à être exactement instruits de ce que Dieu veut , quelle faiblesse, souvent même, quelle opposition les saintes lois rencontrent en nous ! La chair , le monde, le démon  n'amènent-ils pas dans notre cœur, sinon sur nos lèvres , la parole de la révolte : Je ne servirai pas ( Non serviam) ?

Rangeons-nous sous l'étendard des Dominations. Demandons par ces ministres des commandements divins, la grâce de connaître les vues du ciel sur nous. Invoquons-les toujours avant de faire une démarche importante , et surtout au moment de choisir un état de vie ; et puissions-nous , dans la douleur comme dans la joie , dans le travail et dans le repos , dire avec vérité : Que votre volonté soit faite sur la Terre comme aux Cieux. 0 mon Dieu ! que votre volonté s'accomplisse par les hommes sur la terre , comme les anges l'accomplissent au ciel.



Les intelligences célestes que nous avons considérées jusqu'ici remplissent un ministère qui a pour objet les œuvres de Dieu ; elles partagent entr'elles l'administration de son vaste empire. Les unes président, comme nous l'avons vu, à la conservation , et à l'harmonie du monde matériel ; les autres exercent leur ministère dans l'ordre moral , et sont en quelque sorte préposées à la garde et à la culture de l'âme humaine.

La fonction des Anges de la hiérarchie supérieure se rapporte à Dieu directement. Ce sont les Pontifes-Assistants au trône divin , occupés à louer le grand Roi , dans des hymnes sans fin.

Montons encore l'échelle mystérieuse ; approchons-nous du centre éblouissant de toute chose. Dieu ! quelle magnifique assemblée ! Les Trônes , les Chérubins , les Séraphins se tiennent là, en présence de l'Ancien des jours , dans l'extase de l'adoration et de la prière.



VII. Les Trônes. — Les rois de la terre, au moins au jour des grandes réceptions , s'assoient sur des trônes faits d'une matière précieuse et artistement travaillés. Le Monarque du ciel a aussi son trône , symbole de la souveraine puissance. Il n'est point fait de riches métaux ou de pierres rares. L'or et l'émeraude sont choses trop viles pour avoir leur place dans le ciel; là tout doit être vie, intelligence et amour. Dieu se repose sur des créatures angéliques, d'une ravissante beauté, les Trônes, ainsi nommés parce qu'ils sont en quelque sorte , les sièges spirituels sur lesquels s'appuie la Divinité.

Ils ont en partage une sublime élévation , une beauté suréminente et une inébranlable solidité. Les trônes de nos Majestés terrestres sont souvent agités , et il n'est pas rare qu'un caprice populaire les renverse : ceux du Roi du ciel sont immuables. Selon saint Thomas , ils ont aussi pour fonction de transmettre aux anges inférieurs les communications divines dont ils possèdent la plénitude. On regarde les Trônes comme des Esprits de concorde et d'union qu'il faut surtout invoquer dans les divisions de famille à famille ou dans les guerres de peuple à peuple. A ce titre , notre génération leur doit un culte particulier.

Il est vrai qu'on n'a jamais peut-être plus parlé qu'à notre époque d'amour universel, de fraternité des peuples. La paix ! la paix ! répète-t-on de toutes parts ; mais , comme aux jours du prophète, la paix n'existe pas : non erat pax ! Les esprits sont inquiets, la société est troublée , au moindre événement l'épouvante gagne les âmes ; on sent qu'il y a toujours des haines au fond des cœurs, et des convoitises toutes prêtes à devenir violentes. Qu'on recueille, pour s'en convaincre, les échos, pourtant affaiblis, des réunions publiques ; qu'on écoute le langage haineux et les lugubres espérances de nos orateurs de la rue , et on conviendra que nous ne sommes pas fixés dans la paix , d'une manière stable : et non erat pax.

Invoquons les Trônes pour nos familles et pour notre pays.

VIII. Les Chérubins. — A mesure que nous nous élevons sur l'échelle mystérieuse , nous approchons du centre lumineux où se révèle principalement la gloire divine.

Voici maintenant les Princes de la vraie science, les Chérubins. Dès le commencement, ils ont pris place dans l'histoire de l'humanité. Lorsque nos premiers parents , par suite de leur révolte , eurent été chassés du paradis terrestre , Dieu choisit des gardiens pour défendre l'Arbre de vie contre les hommes et contre les démons ( anges déchus).  Parmi tous les anges, ce furent les Chérubins qui reçurent cette délicate et difficile mission. On en voit facilement la raison : Un gardien doit être vigilant et savoir découvrir de loin ; ce sont là précisément les qualités qui distinguent les Esprits angéliques du huitième chœur.

Le Créateur les a doués de la plénitude de l'intelligence ; aussi quand le Prophète veut exalter la sagesse infinie de Dieu, il ne trouve pas d'image plus expressive que de la montrer planant au-dessus des Chérubins . Intelligences effrayantes, elles pénètrent sans effort les secrets les plus cachés des cieux; elles contemplent , avec calme , non pas seulement les vérités de l'ordre naturel, ce qui leur est commun avec toutes les autres créatures angéliques, mais les vérités de l'ordre divin de la gloire et de la grâce ; elles découvrent , si j'ose ainsi dire , les raisons d'état de Dieu , et d'un regard que rien n'éblouit , elles voient se dérouler le plan divin dans le gouvernement des mondes.



Ici-bas, nous nous inclinons déjà avec admiration devant les hommes qui ont reçu du Ciel quelqu' étincelle du génie ; comme cette admiration doit s'élever avec notre respect en présence de ces vrais Princes de la vraie science , que ne troublent même pas les rayons étincelants de la face de Dieu. Mais ne nous arrêtons pas à une stérile contemplation. Prions ces Esprits lumineux de répandre sur nous un rayon d'intelligence. C'est la science qui manque à la plupart des hommes de notre temps ; je parle de la science de Dieu, de l'âme , de l'Église, du Ciel, de l'éternité ; l'autre , celle du monde , de la nature , des figures et des nombres , ils la savent suffisamment. Mais pour tout ce qui concerne la religion et le salut, grande et déplorable est leur ignorance. Ceux même qui , par suite d'une éducation chrétienne, ont connu la vérité aux jours de leur jeunesse, la négligent dans un âge plus avancé , ou ne la gardent plus que spéculativement : qu'ils sont rares , ceux qui la mettent en pratique.

0 Chérubins de la vraie et solide science , faites briller un de vos rayons dans nos ténèbres : éclairez les âmes.

IX. Les Séraphins. — Au-dessus de la puissance, au-dessus de la science , au-dessus de la beauté, il est une chose qui est le principe, la fin et le couronnement de tout ce qui est : c'est l'amour ; à lui la première place au Ciel comme sur la terre ; vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur ; vous aimerez le prochain comme vous-même : c'est la loi et les prophètes ; ainsi l'a proclamé la souveraine Sagesse.

Au sommet donc des Hiérarchies créées , touchant presque à la Trinité divine, autant que le fini peut toucher à l'infini , resplendissent les Séraphins. Flammes d'amour perpétuellement penchées sur le Foyer divin de l'Amour, ces Esprits bienheureux se consument dans les ardeurs d'une ineffable charité. Eu eux tout est adoration, tout est prière , tout est élan. Leur nom même signifie : excès d'amour. Plongés sans cesse dans la contemplation du Bien suprême , ils aspirent à l'union parfaite avec leur Créateur. Leur vie est amour ; leur nourriture est amour ; l'amour est leur bonheur ; c'est dans les suprêmes ardeurs de l'amour. Qu'ils trouvent leur repos et leur grandeur ; à travers les âges et durant l'éternité ils répètent les cantiques delà louange et de l'amour.

Le prophète Isaïe a recueilli leurs chants, dans une vision:  «Un jour je vis le Seigneur, assis sur un trône élevé; les Séraphins se tenaient debout autour du trône... Ils criaient l'un à l'autre et ils disaient : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées ; la terre est toute remplie de sa gloire ! Et l'un des Séraphins vola vers moi tenant en sa main un charbon de feu qu'il avait pris à l'autel ; Et il m'en toucha la bouche, et il me dit : voici que le feu a touché vos lèvres : vous êtes purifié de votre iniquité.»



On le voit , l'occupation principale de ces esprits d'amour, est de célébrer dans des hymnes sans fin l'infinie sainteté de Dieu ; — par circonstance, ainsi que le prouvent les dernières paroles du prophète, ils remplissent aussi certaines missions à l'égard des hommes , mais seulement lorsqu'il s'agit d'exciter la charité dans les âmes. Qui n'a lu l'histoire merveilleuse du bon saint François, au cœur de feu , qu'on a surnommé si justement le Séraphin d'Assise? Un jour qu'il méditait avec des élans d'amour et de compassion indicibles les souffrances du divin Rédempteur, Jésus-Crucifié lui apparut sous la figure d'un Séraphin et imprima sur ses pieds, sur ses mains et à son côté les merveilleux stigmates du crucifiement.

Ce fut un Séraphin encore qui perça comme d'un dard enflammé le cœur de sainte Thérèse, et le remplit d'ardeurs ineffables. O admirables créatures, percez aussi nos cœurs de vos traits de feu.. Prenez encore , à l'autel comme pour le prophète, un tison brûlant , et faites jaillir l'amour de toutes les âmes. Tout est si froid parmi les hommes...

Mon Dieu! qui est-ce qui vous aime ici-bas, comme vous méritez d'être aimé ! Dans leur pieuse solitude les Filles de Saint-François et de Sainte-Thérèse font arriver jusqu'à vous, il est vrai , leurs gémissements de colombe; elles prient , elles souffrent , elles vous aiment! Mais le monde est de glace pour vous , 0 mon Dieu ! Ah ! qu'il fait froid dans le monde ! L’égoïsme, les passions, les intérêts mesquins l'ont envahi.

Dieu d'amour, envoyez-nous un des Séraphins de votre Cour pour qu'il ranime le feu qui s'éteint. — Mais ne l'avez-vous pas fait déjà? Oui, vous avez fait mieux encore ; vous avez envoyé votre divin Fils qui est venu apporter sur la terre la flamme de la charité, et qui ne demande qu'une chose, c'est qu'elle embrase tous les cœurs.



Ames chrétiennes, répondons à l'appel du Sauveur; aimons Dieu , aimons Jésus-Christ. Si nous ne pouvons atteindre aux ardeurs des Séraphins , unissons au moins nos faibles voix à leurs cantiques d'adoration ; répétons souvent avec eux : Saint , Saint , Saint est le Seigneur le Dieu des armées ; Saint dans la création , Saint dans la rédemption , Saint dans la sanctification ; Saint au Ciel , Saint sur la terre , Saint dans les Enfers ; Saint dans la gloire , Saint dans la grâce , Saint dans la justice ; — Saint le Père, Saint le Fils , Saint
l'Esprit-Saint , avant tous les siècles, pendant les siècles, et durant toute l'éternité. Amen! Amen ! Amen.



Sanctus-Ensemble Organum Chant Corse - Marcel Peres


MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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