Dimanche : La prière avec Marie au cénacle

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Dimanche : La prière avec Marie au cénacle

Message par etienne lorant le Sam 31 Mai 2014 - 17:56

Septième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 1,12-14.

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n’est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.)
Arrivés dans la ville, ils montèrent à l'étage de la maison ; c'est là qu'ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
D'un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.



Première lettre de saint Pierre Apôtre 4,13-16.
Mes bien-aimés, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d'être dans la joie et l'allégresse quand sa gloire se révélera. Si l'on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous. Si l'on fait souffrir l'un de vous, que ce ne soit pas comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme dénonciateur. Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1-11a.
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l'heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'œuvre que tu m'avais confiée.
Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j'avais auprès de toi avant le commencement du monde.
J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m'avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d'auprès de toi, et ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé.
Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi,
et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes.


Cy Aelf,  Paris

Nous sommes proches de la Pentecôte. Les disciples se sont rassemblés au Cénacle en compagnie de Marie, qui prie avec eux, et soutient leur prière par la sienne. Elle est, déjà, selon le mot du père Jean Lafrance, la "toute puissance suppliante".  Comme le Christ priait le Père à Gethsémani, Marie pire le Fils au cénacle, en soutenant la prière des apôtres. Et désormais, il en sera toujours ainsi dans l'histoire de l'Eglise.

Mon premier chapelet, je l'ai reçu des mains de ma tante Marie-Thérese, qui a beaucoup souffert des traitements que les médecins, dans les années 50, lui avaient infligé afin de lui faire gagner quelques centimètres de taille. Traitements d'élongation du dos ... inutiles et douloureux. S'il m'est permis d'en dire un mot, ma tante Thérèse fut silencieuse toute sa vie, elle ne s'est jamais rebellée, elle n'a jamais élevé la voix, mais elle fut l'âme la plus priante de ma famille.

Dans l'Evangile, Jean nous dévoile un peu de cette prière soutenue que Jésus entrenait avec le Père.  Lui aussi insiste auprès du Père. Pour s'en convaincre, il suffit de relire le dernier paragraphe de l'Evangile de ce dimanche :

"Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi,
et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes.
"

La prière de Jésus à cet instant est pour nous une éducation à la prière continuelle. Et Marie au cénacle est l'image vivante de la prière continuelle. Nous est-il vraiment possible de prier sans jamais nous arrêter ?  C'est une question d'attention - il s'agit de ne jamais se laisser distraire "en profondeur". Les eaux de surface peuvent être secouées par une tempête, mais l'eau profonde demeure tranquille et sûre.  Celles et ceux qui ont un jour expérimenté comment descendre dans cette paix profonde, sont de grands priants en devenir et ils connaîtront la Paix que le Seigneur seul peut donner.

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Voici un extrait, déjà cité, je crois, du livre "Jour et Nuit" de l'abbé Jean Lafrance :

Tant que le Christ était sur terre, sa prière était présente avec son être même. Tout en reliant des hommes à la Trinité, elle rendait le ciel présent sur la terre. A l'Ascension, une nouvelle phase va commencer. Les apôtres vont se réunir autour de la Vierge et pendant dix jours la prière sera encore ininterrompue grâce à la présence de Marie : Tous d'un même cœur étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie, Mère de Jésus, et avec ses frères (Actes 1, 14). C'est Marie, la Mère du Seigneur, qui assure la présence et la cohérence de la prière des disciples.Il nous faudra revenir sur la prière de Marie après Pâques, car c'est dans cette étape qu'elle remémore dans son cœur les événements de la vie de son Fils et les transforme en prière. Elle est vraiment le modèle et le type même des élus qui crient vers Dieu jour et nuit, en un mot elle apparaît comme la Mère de la prière continuelle. Et ceux qui dans l’Église sont appelés personnellement à revivre cette prière auront toujours les yeux tournés vers elle et vers le Christ qui l'a choisie pour mère de ses disciples.

Pour le moment, elle est au Cénacle et elle prie dans l'attente de la force d'en haut promise par le Christ et qui doit descendre sur les apôtres. Sûrement reprend-elle avec les disciples les paroles de Jésus après la Cène, qui sont surtout des prières. Après avoir vu le Christ rejoindre son Père, elle ne peut oublier ses paroles ; avec les disciples elle a encore sous les yeux ce « Jésus » en prière durant sa vie terrestre, et elle sait, parce que lui-même l'a affirmé, que là-haut, Il priera le Père d'envoyer l'Esprit-Saint à ses apôtres. Elle sait aussi que cet Esprit n'est pas extérieur aux disciples, mais qu'il habite leur cœur : Je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour être avec vous à jamais, l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit ni ne le connaît. Vous vous le connaissez parce qu'il demeure avec vous et qu'il est en vous (Jn 14, 16-17).

Tout en reprenant les paroles du Seigneur, on peut se demander, comme pour le Christ, quel est le fond de cette prière ; j'ai envie de dire la note dominante, ce qui donne la tonalité à sa prière. Le mot des Actes livre en partie la réponse, il est dit qu'ils étaient assidus à la prière, un adjectif qui indique la continuité, la durée, en un mot la persévérance. On peut facilement penser que la prière de Marie au Cénacle devait ressembler à celle de Jésus à l'agonie qui murmurait sans cesse le nom du Père : Abba. Prière toute simple, faite d'une répétition inlassable qui creuse le cœur et fait jaillir la prière de l'Esprit, telle une source cachée. C'est une prière très unifiée qui cherche ses racines plus dans la supplication que dans le discours.C'est la prière des pauvres, des malades et des pécheurs de l’Évangile qui se résume en un cri adressé au Sauveur : Jésus, aie pitié de moi.

Si la prière du Christ s'adressait toujours au Père, la prière de Marie et des disciples doit surtout s'adresser à Jésus, Seigneur de gloire. Et l'objet de cette prière est la promesse même de Jésus de leur envoyer l'Esprit-Saint. On pourrait dire que c'est Jésus lui-même qui leur a prescrit de prier de cette manière : Il leur enjoignit de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis, ce que, dit-il, je vous appris : Jean, lui, a baptisé avec de l'eau, mais vous, c'est dans l'Esprit-Saint que vous serez baptisés sous peu de jours (Act 1, 4-5). Avec Marie, les apôtres ne peuvent rien demander d'autre à Jésus que l'envoi de l'Esprit, puisque lui-même a promis de prier à cette intention (Jn 14,16) C'est aussi dans ce contexte de saint Jean que Jésus a beaucoup parlé de la prière faite en son nom : Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Leur prière se résume donc en une seule parole : Seigneur Jésus, envoie-nous ton Esprit.


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etienne lorant

Date d'inscription : 25/11/2010

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