Textes des chrétiens des premiers siècles

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Message par jaimedieu le Sam 16 Aoû 2014 - 20:42

N.B. Si une personne désire émettre un commentaire, une critique ou une suggestion, il serait préférable de la poster sous "Annonces et Suggestions" ou tout autre fil, et ce, afin d'éviter de "briser" la continuité des posts mis en ligne. Merci de votre compréhension et de votre collaboration.

Ce choix de textes a été préparé par la communauté de Taizé pour soutenir une recherche des sources de la foi.

"Les "Pères de l'Église", ces témoins des premiers siècles, étaient emplis du désir d'exprimer la nouveauté de la foi au Christ dans leurs sociétés. Par là, ils rejoignent souvent nos préoccupations d'aujourd'hui.

L'un d'entre eux, dont le nom est inconnu, écrivait au IIe siècle que les chrétiens étaient appelés à être dans les cités du monde ce que l'âme est dans un être humain.

Écoutons-les: loin de rester des personnages du passé, ils deviennent comme ces amis qui nous prennent par la main et nous entraînent à la rencontre du Christ."

(Source: "Soyons l'âme du monde"; textes choisis des chrétiens des premiers siècles, éd. Les Presses de Taizé, 2e édition, 1998, 189p.)
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Message par jaimedieu le Mar 19 Aoû 2014 - 16:19

Ignace d'Antioche

Évêque d'Antioche en Syrie. Comme prisonnier, il est amené à Rome où il attend le martyre vers l'an 110


Moi, j'écris à toutes les Églises, j'annonce à tous que c'est de bon coeur que je vais mourir pour Dieu. (...) Laissez-moi être la pâture des bêtes féroces, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu et je suis moulu par la dent des bêtes féroces pour devenir le pur pain du Christ. (...) Souffrant, je serai un affranchi de Jésus-Christ et je renaîtrai en lui, libre. (...) Que rien des êtres visibles et invisibles ne m'empêche de trouver le Christ. Feu et croix, bêtes et tortures, dislocation des os, mutilation des membres, mouture de tout le corps, que les pires fléaux du diable tombent sur moi, pourvu seulement que je trouve le Christ. (...)

Mon enfantement approche. Pardonnez-moi, frères; ne m'empêchez pas de vivre. Laissez-moi recevoir la pure lumière. Quand je serai là, je serai un homme. Permettez-moi de reproduire la passion de mon Dieu.Si quelqu'un a Dieu en lui, qu'il apprenne ce que je veux, et qu'il ait compassion de moi, connaissant ce qui m'étreint. (...) Mon désir terrestre a été crucifié, il n'y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais une eau vive qui murmure et dit au-dedans de moi: "Viens vers le Père". (...) C'est le pain de Dieu que je veux, qui est la chair de Jésus-Christ et pour boisson je veux son sang, qui est l'amour incorruptible.

Mieux vaut se taire et être, que de parler sans être. Il est bon d'enseigner, si celui qui parle agit. Il n'y a donc qu'un seul Maître, celui qui "a dit et par sa parole tout a été fait" (Jean 1, 3) Les choses qu'il a faites dans le silence sont dignes de son Père.

Celui qui possède en vérité la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d'être parfait, afin d'agir par sa parole et de se faire connaître par son silence. Rien n'est caché au Seigneur, nos secrets mêmes sont près de lui. Faisons donc tout dans la pensée qu'il habite en nous, afin que nous soyons ses temples, et que soit en nous notre Dieu, ce qu'il est en effet, et ce qu'il apparaîtra devant notre face si nous l'aimons justement.

Dans l'accord de vos sentiments et l'harmonie de votre charité, vous chantez Jésus-Christ. Que chacun de vous aussi devienne un membre du coeur, afin que dans l'harmonie de votre accord, prenant le ton de Dieu dans l'unité, vous chantiez d'une seule voix par Jésus-Christ un hymne au Père, afin qu'il vous écoute et qu'il vous reconnaisse, par tout ce que vous faites de bien, comme les membres de son Fils. Il est donc fructueux pour vous d'être dans une inséparable unité, afin de participer toujours à Dieu.
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Message par jaimedieu le Jeu 21 Aoû 2014 - 15:53

Clément de Rome

Évêque de Rome. Vers 96, il écrit une lettre aux chrétiens de Corinthe

Que signifie parmi vous les querelles, les éclats, les dissensions, les schismes et la guerre? N'avons-nous pas un seul Dieu, un seul Christ, un seul Esprit d'amour répandu pour nous, une seule vocation dans le Christ? Pourquoi déchirer déchirer et écarteler les membres du Christ? Pourquoi vous révolter contre votre propre corps? en venir à ce point de folie d'oublier que nous sommes membres les uns des autres?


La Didaché

La "Didaché" ,ot grec qui signifie "enseignement", date de la fin du premier siècle. Ce texte est donc contemporain de certains écrits du nouveau testament. L'auteur est inconnu.

Pour la célébration de l'Eucharistie:

Comme ce pain rompu, autrefois disséminé sur les montagnes, a été recueilli pour ne faire qu'un, rassemble ainsi ton Église des extrémités de la terre dans ton Royaume.
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Message par jaimedieu le Mar 26 Aoû 2014 - 15:55

Justin

Justin, philosophe de formation, a vécu à Rome où il amorce le dialogue avec les non-chrétiens. Il meurt en martyr vers 165.

On ne trouve des semences de vérité chez les penseurs et les poètes de tous les peuples. (...) Le Christ est le premier-né de Dieu, son Verbe, auquel tous les hommes participent: voilà ce que nous avons appris et dont nous témoignons. Tous ceux qui ont vécu selon le Logos, le Verbe de Dieu, sont chrétiens, même s'ils ont passé pour athées, comme chez les Grecs, Socrate, Héraclite et leur semblables.

Le jours que l'on appelle jour du soleil (le jour du soleil dans la religion romaine est devenu le dimanche des chrétiens), tous, qu'il habitent les villes ou les campagnes, se réunissent dans un même lieu. On lit les "Mémoriaux des Apôtres" et les écrits des prophètes autant que le temps ne le permet. La lecture finie, celui qui préside prend la parole pour expliquer et exhorter à imiter ces beaux enseignements. Ensuite nous nous levons tous et nous prions ensemble à haute voix.

Puis, lorsque la prière a terminée, on apporte du pain avec du vin et de l'eau. Celui qui préside fait monter au ciel les prières et les actions de grâce autant qu'il a de force, et tout le peuple répond par l'acclamation "Amen".

Puis a lieu la distribution et le partage des aliments consacrés à chacun, et on envoie leur part aux absents par le ministère des diacres. Ceux qui sont dans l'abondance, et qui veulent donner, donnent librement, chacun ce qu'il veut. Ce qui est recueilli est remis entre les mains de celui qui préside l'assemblée, et il assiste les orphelins, les veuves, les malades, les indigents, les prisonniers, les hôtes étrangers, en un mot, il secourt tous ceux qui sont dans le besoin.

Nous nous assemblons tous le jour du soleil, parce que c'est le premier jour, où Dieu, tirant la matière des ténèbres, créa le monde, et que ce même jour, Jésus-Christ notre Sauveur ressuscita des morts. La veille du jours de Saturne (samedi), il fut crucifié, et le lendemain, c'est-à-dire le jour du soleil, il apparut à ses apôtres et à ses disciples et leur enseigna ce que nous vous avons exposé.
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Message par jaimedieu le Jeu 28 Aoû 2014 - 16:59

Lettre à Diognète

Écrite vers 190-200. L'auteur, dont le nom est inconnu, s'adresse à un non-chrétien.

Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n'habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas d'un dialecte extraordinaire. (...) Ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les attitudes étonnantes et vraiment paradoxales qui leur viennent de leur appartenance à une communauté tout animée par l'Esprit de Dieu.

Ils s'acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges. Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais n'abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils partagent tous la même table, mais non la même couche. Ils sont dans le monde, mais ne vivent pas selon le monde. Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, mais leur manière de vivre dépassent de beaucoup ces lois.

Ils aiment tous les humains, mais on les persécute. On les méconnaît, on les condamne. On les tue, et par là ils gagnent leur vie. Ils sont pauvres et enrichissent un grand nombre. Ils manquent de tout et surabondent en toutes choses. On les méprise, et dans ce mépris ils trouvent leur gloire. On les calomnie et ils sont justifiés. On les insulte, et ils bénisse.

En un mot, ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L'âme est répandue dans tous les membres du corps, comme les chrétiens dans les cités du monde.

Persécutés, les chrétiens se multiplient de jour en jour. La responsabilité que Dieu leur a confiée est si importante, qu'il ne leur est pas permis de déserter.

C'est lui, le Christ, l'auteur de l'univers, que Dieu a envoyé aux hommes; non certes, comme une intelligence humaine pourrait l'imaginer, pour la tyrannie, la terreur et l'épouvante; nullement, mais en toute bonté et douceur, comme un roi envoie le roi son fils, il l'a envoyé comme il convenait qu'il le fût pour les hommes - pour les sauver par la persuasion, non par la violence; il n'a pas de violence en Dieu. Il l'a envoyé pour nous appeler à lui, non pour nous accuser: il l'a envoyé parce qu'il nous aimait, non pour nous juger.
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Message par jaimedieu le Mar 2 Sep 2014 - 17:19

Irénée de Lyon

Irénée est né en Asie Mineure où il a connu Polycarpe, disciple de l'apôtre Jean. Quand il arrive dans la vallée du Rhône, il y trouve déjà une communauté chrétienne très vivante. Après le martyre du vieil évêque Pothin en 177, Irénée lui succède comme évêque de Lyon, vers 202.

La gloire de Dieu c'est l'homme vivant
(extraits de lettres)

Le Christ n'est pas venu pour ceux-là seuls qui, à partir de l'empereur Tibère, ont cru en lui, et le Père n'a pas exercé sa providence en faveur seulement des hommes qui vivent maintenant, mais en faveur de tous les hommes sans exception qui, depuis le commencement, selon leurs capacités et celles de leur époque ont adoré et aimé Dieu, pratiqué la justice et la bonté envers le prochain, désiré voir le Christ et entendre sa vox.

Dieu ne sollicite rien de nous, comme s'il éprouvait quelque besoin, mais c'est nous qui avons besoin de la communion avec lui; aussi s'est-il prodigué lui-même pas pure bonté, afin de nous rassembler dans le sein du Père.

La Main de Dieu qui nous a modelés au commencement et nous modèle dans le sein maternel, cette même Main, dans les derniers temps, nous a recherchés quand nous étions perdus, a recouvré sa brebis perdue, l'a chargée sur ses épaules et l'a réintégrée avec allégresse dans le troupeau de la vie.

Le Verbe sauveur s'est fait cela même qu'était l'homme perdu, effectuant par lui-même la communion avec lui-même et réussissant à le sauver. Or ce qui était perdu possédait chair et sang, car s'est en prenant du limon de la terre que Dieu avait modelé l'homme, et c'est pour cet homme-là que s'accomplissait le plan divin de la venue du Seigneur. Il a donc eu, lui aussi, chair et sang, pour récapituler en lui non quelque autre ouvrage, mais l'ouvrage modelé par le Père à l'origine et pour rechercher ce qui était perdu.

Pourquoi le verbe de Dieu serait-il descendu en Marie, s'il ne devait rien recevoir d'elle? Au reste, s'il n'avait rien reçu de Marie, il n'eût pas pris les aliments tirés de la terre; Jean, son disciple n'aurait pas écrit de lui: "Jésus, fatigué du voyage, était assis" (Jn 4,6). Jésus n'aurait pas pleuré sur Lazare; il n'aurait pas sué des gouttes de sang. Ce sont là en effet autant de signes caractéristiques de la chair tirée de la terre, chair que le Seigneur a récapitulée en lui-même, sauvant ainsi son propre ouvrage modelé par lui.
C'est pourquoi Luc, dans son évangile, présente une généalogie allant de la naissance de notre Seigneur à Adam; il rattache de la sorte de la fin au commencement, et donne à entendre que le Seigneur est celui qui a récapitulé en lui-même toutes les nations dispersées à partir d'Adam, toutes les langues et les générations des hommes, y compris Adam lui-même.

Car il fallait que le Médiateur de Dieu et des hommes, par sa parenté avec chacune des deux parties, les ramenât l'une et l'autre à l'amitié et à la concorde, en sorte que tout à la fois Dieu accueillit l'homme et que l'homme s'offrit à Dieu.
Comment aurions-nous pu en effet avoir part à la filiation adoptive à l'égard de Dieu, si nous n'avions pas reçu par le Fils, la communion avec Dieu? Et comment aurions-nous reçu cette communion avec Dieu si son verbe n'était pas entré en communion avec nous, en se faisant chair? C'est d'ailleurs pourquoi il est passé par tous les âges de la vie, rendant par là à tous les hommes la communion avec Dieu.
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Message par jaimedieu le Mar 2 Sep 2014 - 17:51

Si, sans s'être fait chair, il n'avait pris que l'apparence de la chair, son oeuvre n'eût pas été vraie. Mais ce qu'il paraissait être, il l'était réellement, à savoir Dieu récapitulant en lui-même cet ancien ouvrage modelé qu'était l'être humain, afin de tuer le péché, de détruire la mort et de vivifier les humains: c'est pourquoi ses oeuvres étaient vraies.

De même ceux qui voient la lumière sont dans la lumière et participent à sa splendeur, de même ceux qui voient Dieu sont en Dieu et participent à sa splendeur. Or, vivifiante est la splendeur de Dieu. Ils auront donc part à la vie, ceux qui voient Dieu. Tel est le motif pour lequel Celui qui est insaisissable, incompréhensible et invisible, s'offre à être vu, compris et saisi par les hommes; c'est afin de vivifier ceux qui le voient. Car il est impossible de vivre sans la vie, et il n'y a de vie que par la participation à Dieu, et cette participation à Dieu consiste à voir Dieu et à jouir de sa bonté.

Car la gloire de Dieu c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme c'est la vision de Dieu: si déjà la révélation de Dieu par la création procure la vie à tous les êtres qui vivent sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe procure-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu!

Dieu sera glorifié dans l'ouvrage modelé par lui, lorsqu'il l'aura rendu conforme et semblable à son Fils. Car, par les Mains du Père, c'est-à-dire par le Fils et l'Esprit, c'est tout l'être humain, et non une partie seulement, qui devient à l'image et à la ressemblance de Dieu. Or l'âme et l'Esprit peuvent être une partie de l'homme, mais nullement l'homme; l'être humain accompli, c'est le mélange et l'union de l'âme qui a reçu l'Esprit du Père, mélangée à la chair selon l'image de Dieu.

S'il n'y a pas de salut pour la chair, alors le Seigneur ne nous a pas non plus rachetés par son Sang, la coupe de l'eucharistie n'est pas une communion à son corps...
Mais nous sommes ses membres, et nous sommes nourris par le moyen de la création - création que lui-même nous procure. C'est pourquoi le Christ a déclaré que la coupe, tirée de la création, son propre sang, et le pain, tiré de la création, il l'a proclamé son propre corps par lequel se fortifie nos corps.
Si donc la coupe qui a été mélangée et le pain qui a été confectionné reçoivent la parole de Dieu et deviennent l'eucharistie, c'est-à-dire le sang et le corps du Christ, et si par ceux-ci se fortifie et s'affermit la substance de notre chair, comment certaines personnes peuvent-elles prétendre que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu consistant en la vie éternelle, alors qu'elle est nourrie du sang et du corps du Christ, et qu'elle est membre de celui-ci?
Il ne s'agit pas de je ne sais quel homme invisible, mais de l'organisme authentiquement humain. C'est cet organisme même qui est nourri de la coupe qui est le sang du Christ et fortifié par le pain qui est son corps.

Cette parole:"Que de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, et vous n'avez pas voulu!" (Mt 23-27) illustrait bien l'ancienne loi de la liberté de l'être humain. Car Dieu l'a fait libre, possédant dès le commencement sa propre faculté de décision, tout comme sa propre âme, pour user du conseil de Dieu volontairement et sans être contraint par celui-ci. La violence, en effet, ne se tient pas aux côtés de Dieu, mais le bon conseil l'assiste toujours. Et c'est pourquoi d'une part, il donne le bon conseil à tous; d'autre part, il a mis dans l'être humain le pouvoir du choix.
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Message par jaimedieu le Mar 2 Sep 2014 - 18:08

L'Esprit est descendu sur le Fils de Dieu devenu Fils de l'homme; par là, avec lui, il s'accoutumait à habiter dans le genre humain, à reposer sur les hommes, à résider dans l'ouvrage modelé par Dieu; il réalisait en eux la volonté du Père et les renouvelait en les faisant passer de leur condition ancienne à la nouveauté du Christ. C'est pourquoi aussi le Seigneur avait promis de nous envoyer un Défenseur qui nous accorderait à Dieu. Car, comme de farine sèche on ne peut, sans eau, faire une seule pâte et un seul pain, ainsi nous, qui étions une multitude, nous ne pouvions non plus devenir un dans le Christ Jésus sans l'Eau venue du ciel.

Ce n'est pas toi qui fais Dieu, mais c'est Dieu qui te fais. Si donc tu es l'ouvrage de Dieu, attends patiemment la Main de ton Artiste, qui fait toutes choses en temps opportun. Présente-lui un coeur souple et docile et garde la forme que t'as donné cet Artiste, ayant en toi l'Eau qui vient de lui et faute de laquelle, en t'endurcissant, tu rejetterais l'empreinte de ses doigts.

Cette foi, que nous avons reçue de l'Église, nous la gardons avec soin, car sans cesse, sous l'action de l'Esprit de Dieu, tel un dépôt excellent, elle rajeunit et fait rajeunir le vase même qui le contient. C'est à l'Église elle-même, en effet, qu'a été confié le Don de Dieu (l'Esprit Saint), comme l'avait été le souffle à l'être humain lorsqu'il fut modelé (Gn 2,7), afin que tous les membres puissent y avoir part et être par là vivifiés; c'est en elle, l'Église, qu'a été déposée la communion avec le Christ, c'est-à-dire l'Esprit Saint, gage de l'incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu. Car là où est l'Église, là aussi est l'Esprit de Dieu; et là où est l'Esprit de Dieu, là est l'Église et toute grâce.
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Message par jaimedieu le Jeu 4 Sep 2014 - 16:39

N.B. Fil suspendu pour cause de maladie, désolée...
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Message par jaimedieu le Sam 1 Nov 2014 - 21:00

Les textes proposés sont tirés du livre: "À l'écoute des Pères de l'Église. Auteur: Marie-Pierre Buissière, édition Médiapaul, Paris, 2010.

Justin, Apologiste et martyr, mort vers 165

Justin est un Grec originaire de Palestine, dont les parents étaient païens, comme encore la majorité des habitants de cette régions à cette époque. Lui-même a commencé par étudier la philosophie, s'est intéressé successivement à la doctrine des stoïciens, d'Aristote et des pythagoriciens, avant d'étudier plus en profondeur la platonisme. C'est sans doute la philosophie platonicienne qui l'a mené vers le christianisme, car la conception que se faisait cette doctrine du divin était fort proche de celle des chrétiens.

Il s'exprime d'ailleurs ainsi au sujet de sa conversion au christianisme:" je trouvai que cette philosophie était la seule vraie et profitable. Voilà comment et pourquoi je suis philosophe". Pour Justin, il s'agit donc d'abord de trouver une explication philosophique sur l'être de Dieu. Mais il avoue également avoir été impressionné par le mépris héroïque des chrétiens face à la mort, songeant que des âmes si déterminées ne pouvaient avoir été formées par la pratique du mal.

Après sa conversion, il voyage et enseigne, puis se fixe finalement à Rome, où il fonde une école et où il fut décapité, à la suite sans doute d'une dénonciation, sous l'empereur Marc-Aurèle. En effet, il n'y a guère de "persécution" systématique de l'État à cette époque, mais les chrétiens sont souvent dénoncés non pas pour commettre des actes criminels (inceste, meurtres, etc.). La condamnation de Justin et ses compagnons prescrit que ceux qui ne sacrifient pas aux dieux et ne se soumettent pas aux ordres de l'empereur "soient battus de verges et emmenés pour être décapités selon la loi". La loi dont il est question ici est celle qui veut que tout citoyen romain ait le devoir de participer à la religion de l'État. En effet, sous l'empire romain, la religion est une affaire d'État: il faut que l'État et tous ses habitants respectent le contrat entre les dieux et les hommes, stipulant que les hommes honorent les dieux et qu'en retour les dieux favorisent l'empire. C'est la violation de ce contrat qu'on a reproché aux chrétiens chaque fois qu'ils ont refusés de sacrifier au génie de l'empereur et de prêter serment. C'était autant une question religieuse qu'une question politique.

On l'aura compris, par sa formation, Justin reste très attaché à la philosophie et tente de jeter un pont entre le christianisme et la philosophie. Les rapports du christianisme à la philosophie seront en effet une préoccupation des chrétiens jusqu'à Augustin, qui consacrera notamment un livre entier de la "Cité de Dieu" sur ce sujet.

Justin a écrit de nombreux textes dont la plupart sont aujourd'hui disparus. Il ne nous en reste que deux, divisés en trois parties. Ils sont adressés à l'empereur Antonin le Pieux (138-161) et au Sénat de Rome. La troisième partie, "Le Dialogue avec Tryphon" est la première apologie chrétienne contre le judaïsme. Il faut comprendre que ce n'est pas un dialogue antisémite, mais qu'il était important pour les chrétiens, à l'intérieur de leur communauté, de distinguer le christianisme du judaïsme et de montrer que le christianisme existait dans l'Ancien Testament avant le Christ. En ce sens, les apologies chrétiennes antiques contre les juifs ne sont pas plus racistes que les apologies contre les païens: ce sont des discours de dénigrement des doctrines et des traditions, utilisés par tous les partis.
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Message par jaimedieu le Sam 1 Nov 2014 - 21:20

PREMIÈRE APOLOGIE POUR LES CHRÉTIENS (67)

L'assemblée du dimanche et la bienfaisance des premiers chrétiens

Quant à nous, après cela, désormais nous nous remémorons toujours ces choses entre nous; ceux qui ont du bien viennent en aide à tous ceux qui sont dans le besoin, et nous sommes toujours entre nous. Pour toute nourriture que nous prenons, nous bénissons le Créateur de l'univers par son Fils Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint. Au jour que l'on appelle "le jour du soleil", tous, qu'ils demeurent en ville ou à la campagne, se réunissent en un même lieu; ont lit les Mémoires des Apôtres ou les écrits des Prophètes, aussi longtemps que c'est possible.

Puis, quand le lecteur a fini, le président de l'assemblée prend la parole pour nous admonester et nous exhorter à imiter ces beaux enseignements. Ensuite, nous nous levons tous ensemble et nous adressons à Dieu des prières; et, comme nous l'avons dit plus haut, lorsque nous avons achevé la prière, on apporte du pain, ainsi que du vin et de l'eau, et le président pareillement, fait monter prières et actions de grâces, de son mieux, et le peuple exprime son accord en disant l'Amen. Puis, on fait pour chacun la distribution et le partage de l'eucharistie; on envoie aussi leur part aux absents par l'intermédiaire des diacres.

Ceux qui ont du bien et qui le veulent donnent librement ce qu'ils veulent, chacun selon son gré; ce qui est recueilli est mis en réserve auprès du président. C'est lui qui assure le secours aux orphelins, aux veuves, à ceux qui sont dans l'indigence du fait de la maladie ou de quelque autre cause, ainsi qu'aux prisonniers, aux hôtes et aux étrangers; en un mot, il prend soin de tous ceux qui sont dans le besoin.

C'est le jour du soleil que nous nous réunissons tous ensemble, parce que ce jour est le premier, celui où Dieu, en transformant les ténèbres en la matière, fit le monde, et celui où Jésus-Christ notre Sauveur est ressuscité des morts; il avait été crucifié la veille du jour de Saturne (samedi), et le lendemain de ce jour, c'est-à-dire le jour du soleil, il apparut à ses apôtres et à ses disciples et il leur enseigna ce que nous venons d'exposer et que nous soumettons à votre examen.
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Message par jaimedieu le Lun 3 Nov 2014 - 17:49

THÉOPHILE
Évêque d'Antioche, troisième quart du IIe siècle


Selon l'historien ancien Eusèbe de Césarée, Théophile fut le sixième Évêque d'Antioche. Cette ville était le centre administratif de la province romaine de Syrie et jouissait donc d'une population importante. Elle devint relativement vite sympathique aux chrétiens, à tel point que lors du séjour de l'empereur païen Julien au milieu du IVe siècle, cela fut la cause de troubles et de révoltes (destruction d'un temple d'Apollon en 362 à Daphné, dans la périphérie d'Antioche.

Théophile était originaire de la région de l'Euphrate. Ses parents étaient païens et il ne s'est converti qu'à l'âge adulte, ce qui est conforme à l'expérience de la majorité des auteurs jusqu'au IVe siècle. De son oeuvre, il ne reste que trois livres adressés à Autolycos, un ami de l'Évêque, resté païen, contre qui il défend la valeur du christianisme.

Nous sommes donc encore et toujours dans le registre de l'apologie de la défense du christianisme, qui, disons-le, reste le thème essentiel de la littérature chrétienne jusqu'au règne de Constantin (306-337). L'oeuvre a sans doute été écrite peu après 180. Elle aborde divers thèmes, tels que l'absurdité de l'idolâtrie, l'essence divine, l'inspiration du Saint-Esprit chez les prophètes de l'Ancien Testament, de même que le désormais traditionnel thème de la préexistence du christianisme sur les autres religions.

En effet, la manifestation tardive de cette religion du salut était un sujet de vives critiques (et même de moqueries), dont les chrétiens se défendront pendant plusieurs siècles.

Dans le passage qui suit, Théophile met l'accent sur l'aspect spirituel de la purification dans le christianisme: celui qui ne se laisse pas leurrer par les yeux du corps pourra seul voir l'Éternel.
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Message par jaimedieu le Mer 5 Nov 2014 - 16:55

À DIOGNÈTE
Anonyme, deuxième moitié du IIe siècle


Connu dans la tradition sous le titre courant d'Épître à Diognète, ce texte est plutôt un discours ou un traité adressé à l'excellent Diognète", sans doute un procurateur (juge) de l'administration romaine. Il s'agit d'une apologie, une défense des chrétiens, qui dénonce les fausses accusations qui leurs sont faites et présente brièvement la vraie foi. D'auteur inconnu, ce texte est également mal daté. Certains le placent plutôt vers la fin du IIe siècle, dans le milieu des chrétiens d'Alexandrie, autour de Clément et de son maître Patène (N.B. présentation de ces personnes dans le post suivant).

Cet extrait fort célèbre de l'À Diognète présente les chrétiens non pas comme un "nouveau peuple", mais comme des citoyens ordinaires du monde romain. Il s'agit de casser le préjugé tenace d'une secte close, renfermée sur elle-même, cachée et nouvelle.

On reconnaît dans le deuxième paragraphe une allusion à la pratique d'abandon d'enfants, usitée chez les Gréco-Romains, mais aussi des échos des accusations traditionnelles faites à toute secte, qu'elle soit politique ou religieuse: la dépravation des moeurs.

On s'étonnera peut-être de la présentation d'un texte sans auteur et de date incertaine. En fait, ces traits illustrent bien les débuts de la littérature chrétienne dans laquelle, à la frontière floue de l'époque des textes canoniques et celle des textes apostoliques, fleurissent nombre de textes anonymes.
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Message par jaimedieu le Mer 5 Nov 2014 - 17:05

À DIOGNÈTE
Les chrétiens vivent dans le monde

Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ne par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n'habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas de quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n'a rien de singulier. Ce n'es pas à l'imagination ou aux rêveries d'esprits agités que leur doctrine doit sa découverte; ils ne se font pas, comme tant d'autres, les champions d'une doctrine humaine.

Ils se répartissent dans les cités grecques et barbares suivant le lot échu à chacun; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle.

Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s'acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère.

Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n'abandonnent pas leurs nouveaux-nés. Ils partagent tous la même table, mais pas la même couche. Ils sont dans la chair. Ils passent leur vie sur terre, mais sont citoyens du ciel.
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Message par jaimedieu le Ven 7 Nov 2014 - 17:37

CLÉMENT D'ALEXANDRIE
Fin du IIe et début du IIIe siècle


Comprendre Dieu et édifier l'Église

Nous avons très peu de renseignements su la vie de cet auteur dont l'oeuvre est si abondante et a joué un si grand rôle dans le développement de la culture chrétienne. Il semble que Clément soit né à Athènes de parents païens, et que c'est dans cette ville qu'il ait commencé son éducation.

Devenu chrétien, il a voyagé dans l'empire romain, à la recherche notamment de l'enseignement des maîtres du christianisme, C'est son intérêt pour l'enseignement du catéchète Pantène qui l'amena à se fixer dans la ville d'Alexandrie d'Égypte. Il semble que vers 200, il a succédé à ce maître à la tête du Didascalée, célèbre école catéchétique. Quelques années plus tard, une persécution le contraint à quitter Alexandrie et à se réfugier en Cappadoce, où il meurt, vraisemblablement en 215.

Cette persécution, sous l'empereur Septime Sévère, ne fut pas motivée par la haine des chrétiens, mais était plutôt liée à une série de festivités visant à célébrer une "nouvelle ère", celle du règne de cet empereur qui arriva au pouvoir après quatre années de guerre civile et de luttes pour la plus haute place de l'empire. Ces célébrations religieuses comportaient une importante composante politique et incluaient la participation à certains sacrifices publics qui obligeaient les chrétiens à assumer les conséquences civiles de leur religion. C'est ce qui explique la recrudescence des dénonciations, leur passage devant les tribunaux et leur condamnation pour refus de sacrifier et insoumission aux ordre de l'empereur.

Clément était rompu aux études philosophiques et a voulu ancrer son enseignement chrétien dans la science, c'est-à-dire la sagesse de son temps. Le titre de l'une de ses oeuvres majeures, Le Pédagogue, illustre bien la finalité que Clément assignait à son oeuvre, la vaste culture biblique, philosophique, littéraire (tant chrétienne que païenne) et mythologique dont il fait preuve en fait un pionnier de la "science ecclésiastique". Son goût pour la culture et la philosophie, l'a amené à vouloir opérer une synthèse entre culture chrétienne et profane, en montrant son point d'achèvement dans la vérité.

Clément souhaite non pas combattre les païens à la manière des apologistes, en réfutant les accusations dont le christianisme était l'objet, mais il cherche plutôt à les exhorter, les amener à la conversion, avec notamment son Protreptique, dont le sens littéral est Exhortation aux Grecs, c'est-à-dire aux païens. Le titre "protreptique" est inspiré entre autre des traités philosophiques d'Aristote et d'Épicure.

Clément se place donc dans une tradition culturelle bien établie et bien connue de son public. Le Protreptique est complété par Le Pédagogue, qui enseigne aux convertis le rôle du Logos, du Verbe dans cette instruction à la vertu. Le Pédagogue en question est évidemment Dieu lui-même, qui seul sait amener à la perfection de la morale, rejoignant la philosophie de base des platoniciens et des stoïciens.
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Message par jaimedieu le Ven 7 Nov 2014 - 17:55

Clément est persuadé que la philosophie est un don de Dieu aux Grecs et prépare à l'adoption de la foi. Dans l'oeuvre intitulée Stromates, Clément présente les nombreux rapports entre la science profane et religion chrétienne. Ce titre rassemble une collection de sujets variés liés non par le raisonnement logique, mais plutôt par des thèmes communs.

Clément reprend l'argument de l'antériorité du christianisme et affirme que les philosophes grecs ont emprunté leur sagesse à l'Ancien Testament, thème qui sera très populaire dans l'apologétique chrétienne postérieure.

Clément était persuadé que la foi est le fondement de la connaissance et de la philosophie, comme le montre notamment son "socratisme christianisant": " Il semble bien que la plus grande de toute les connaissance, dit-il, soit la connaissance de soi-même", en faisant référence au "connais-toi toi-même" de Socrate, dont celui-ci avait fait sa ligne de conduite. "Car celui qui se connaît soi-même, poursuit Clément, aura la connaissance de Dieu et, ayant cette connaissance, sera transformé et rendu semblable à Dieu".

En raison de son goût pour la culture et la philosophie, d'aucuns considèrent Clément d'Alexandrie comme le premier théologien spéculatif (N.B. recherche de la connaissance pure).

La tendance de Clément à l'élaboration d'une théologie spéculative transparaît dans l'extrait suivant, où il explique que le pain et le vin de la communion ne sont pas simplement ce simple pain et ce simple vin, nourritures terrestres nécessaires à la croissance de l'homme, mais la chair vivante qu'est l'Esprit, qui féconda la Vierge, et le sang qui nous donne la vie qu'est le Logos de Dieu, le Christ. Cet enseignement visait entre autre à contrer les accusations de cannibalisme qui ont été longtemps collé à l'Eucharistie des chrétiens dans la polémique qui les opposait aux païens.
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Message par jaimedieu le Ven 7 Nov 2014 - 18:09

Le Pédagogue
Le mystère de la communion expliqué

Ô les saints enfantements! Ô les saints langes! le Logos est pour le tout-petit, à la fois père, mère, pédagogue et nourricier. Il a dit:" Mangez ma chair et buvez mon sang." Voici les nourritures bien faites pour nous que le Seigneur donne généreusement: il offre sa chair et il verse son sang. Rien ne manque aux petits enfants pour qu'ils grandissent. Quel mystère paradoxal!

Il nous est donné de dévêtir l'ancienne corruption de la chair, comme nous abandonnons l'ancienne nourriture, de prendre à la place un nouveau régime de vie, celui du Christ; de le recevoir lui-même si nous le pouvons, de le déposer en nous, de mettre le Sauveur dans notre coeur afin de détruire les passions de notre chair.

Peut-être ne veux-tu pas comprendre cette parole de cette manière et préfères-tu une explication plus commune? Écoute alors ceci: en parlant de la chair, il veut nous faire comprendre le Saint-Esprit, car la chair a été crée par lui; par le sang, il nous désigne le Logos: en effet, comme un sang abondant, le Logos s'est répandu sur notre vie. Le mélange des deux est le Seigneur, nourriture des tout-petits: car le Seigneur est esprit et Logos.
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Message par jaimedieu le Dim 9 Nov 2014 - 19:44

IRÉNÉE
Évêque de Lyon (130-202)

Irénée est probablement né à Smyrne dans la province d'Asie, où il affirme avoir entendu les sermons du Père apostolique Polycarpe. Ce contact avec l'âge apostolique (Polycarpe était disciple de l'Apôtre Jean) accordera à Irénée une autorité dont les Pères avant lui n'avait pas joui. On ne sait rien de sa période de formation. Il prétendait ne pas avoir étudié la rhétorique, mais cette affirmation ne pouvait que provenir de la modestie traditionnelle par laquelle un auteur à l'art consommé considère ne faire qu'oeuvre d'amateur.

On ignore également pour quelle raison il a quitté l'Asie pour se rendre en Gaule, mais on le retrouve prêtre dans l'Église de Lyon vers 177-178. Peu après, il succède à l'Évêque de cette même ville. Dans un de ses ouvrages, l'Évêque et historien Grégoire de Tours (IVe siècle) mentionne qu'il est mort en martyr.

Bien qu'il ait été Évêque à Lyon, dans la partie de l'empire parlant latin, Irénée a écrit en Grec, sa langue d'origine. Dans ses écrits, il a surtout combattu les sectes gnostiques qui se réclamaient du christianisme, mais qui enseignaient une conception du monde inconciliable avec les Écritures. À ce titre, Irénée a écrit un ouvrage d'analyse et de réfutation des hérésies qui proliféraient à son époque.

Précisons que dans la littérature philosophique, l'hérésie est une école de pensée, avec un fondateur et des adeptes. Mais pour Irénée, ce ne sont en fait que les fondateurs du mensonge qui faussent le message évangélique, des fondateurs de fausses religions. Selon lui, les hérésies chrétiennes sont de fausses sagesses, des "sagesses au nom menteur".

Irénée s'est également fait l'apologie du christianisme, dans son ouvrage "Démonstration de l'enseignement apostolique". Concernant ses autres traités et lettres, nous ne connaissons que des titres ou des fragments.

Le "Contre les hérésies", est un ensemble de textes visant surtout à réfuter la pensée gnostique. C'est grâce à cette oeuvre d'Irénée et aux textes gnostiques rédigés en langue copte, retrouvés à Nag Hammadi en Égypte, que nous sommes renseignés sur les courants gnostiques chrétiens des premiers siècle.

Dans "Contre les hérésies", non seulement Irénée réfute la doctrine des gnostiques mais il expose également pour la première fois les articles de foi d'une manière dogmatique. Pour cette raison, il est souvent considéré comme le fondateur de la théologie chrétienne.
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Message par jaimedieu le Dim 9 Nov 2014 - 20:02

Contre les Hérésies
Unité de la foi de par toute la terre

Ayant donc reçu cette prédication et cette foi, l'Église, bien que dispersée de par le monde entier, la garde avec soin, comme habitant qu'une seule maison. Elle y croit d'une manière identique, comme n'ayant qu'une seule âme et un même coeur et elle prêche, enseigne et transmet ces enseignements d'une voix unanime, comme possédant une seule bouche.

Car si les langues diffèrent à travers le monde, le contenu de la Tradition est un et identique. Ni les Églises établies en Germanie n'ont d'autre foi ou d'autre Tradition, ni celles qui sont chez les Ibères, ni celles qui sont chez les Celtes, ni celles de l'Orient, de l'Égypte, de la Lybie, ni celles qui sont établies au centre du monde.

De même que le soleil, cette créature de Dieu, est un et identique dans le monde entier, de même cette lumière qu'est la prédication de la Vérité brille partout et illumine tous les hommes qui veulent "parvenir à la connaissance de la Vérité." (1 Tm 2,4)

Ni le plus puissant en discours parmi les chefs de l'Église ne dira autre chose que cela - car personne n'est au-dessus du Maître - ni celui qui est faible en parole n'amoindrira cette Tradition, car la foi est une et identique.
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Message par jaimedieu le Mar 11 Nov 2014 - 20:00

Contre les hérésies
Ce qui distingue le hommes de Dieu

C'est précisément en ceci que Dieu diffère de hommes: Dieu fait, tandis que l'homme est fait. Celui qui fait est toujours le même, tandis que ce qui est fait a obligatoirement un commencement, un état intermédiaire et une maturité. Dieu donne ses bienfaits, tandis que l'homme les reçoit.

Dieu est parfait en toutes choses, égal et semblable à lui-même, tout entier lumière, tout entier pensée, tout entier substance et source de tout bien., tandis que l'homme reçoit le progrès et la croissance vers Dieu.

Car, autant Dieu est toujours le même, autant l'homme se trouvant en Dieu progressera toujours vers Dieu: Dieu ne cessera pas plus de combler et d'enrichir l'homme, que l'homme d'être comblé et
enrichi par Dieu.

Il sera le réceptacle de sa bonté et l'instrument de sa glorification, l'homme étant reconnaissant envers celui qui l'a fait; en revanche, l'homme ingrat sera le réceptacle de son juste jugement, lui qui méprise celui qui l'a modelé et ne se soumet pas à son Verbe.

Celui-ci a promis de donner le surplus à ceux qui ne cessent de porter du fruit et de multiplier l'argent du Seigneur: "Très bien, dit-il, serviteur bon et fidèle; parce que tu as été fidèle en peu de chose, je t'établirai sur beaucoup; entre dans la joie de ton Seigneur" (Mt 25,21 Luc 19,17): c'est bien le même Seigneur qui promet le surplus.

Précision de l'auteur sur ce texte:

L'homme a été créé libre d'user du conseil de Dieu sans contrainte et de façon volontaire. Irénée oppose le libre arbitre de l'homme au déterminisme astral, très à la mode dans l'Antiquité, qui ferait que l'homme soit bon ou mauvais par nature. Au contraire, ce n'est pas son horoscope, mais la foi qui fait choisir le bien à l'homme, c'est pourquoi les prophètes et l'Évangile ont exhorté les hommes à pratiquer le bien.

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Message par jaimedieu le Dim 16 Nov 2014 - 20:01

MARIUS VICTORINUS
Professeur de rhétorique, vers 280/285 - mort après 362


Marius Victorinus est un cas de conversion déjà bien connus au IVe siècle; non seulement saint Jérôme en parle dans son traité des "Hommes Illustres", mais saint Augustin aussi, dans ses "Confessions". Il était sans doute d'origine africaine, mais il a mené sa carrière de professeur de rhétorique au moins en partie à Rome, où il jouit d'une réputation considérable dans l'exercice de sa profession.

À un âge déjà très avancé. il se converti au christianisme. Dès sa conversion, il polémiqua contre les ariens. En 362, l'empereur Julien promulgua son édit interdisant aux chrétiens d'enseigner les textes païens, or la littérature païenne et ses mythes était le fondement entier des trois cycles de l'enseignement, chez le maître, le grammairien et le rhéteur. De ce fait, l'empereur interdisait aux chrétiens toute possibilité d'enseignement.

À cette occasion, Marius Victorinus abandonna son poste par conviction religieuse, décision qui connu une certaine publicité en raison de la position notable du personnage. On ne sait s'il vécu longtemps après cela. L'oeuvre qui a été conservée est surtout constituée de commentaires sur les Écritures, où l'on reconnaît l'empreinte du rhéteur, de même que de traités théologiques où transparaît le goût de l'auteur pour la philosophie néoplatonicienne.

Dans ces deux volets, Marius Victorinus s'est distingué de ses prédécesseurs de l'école d'Alexandrie et développe tant dans ses commentaires que dans ses traités une pensée tout à fait originale qui lui confère une place unique dans l'histoire littéraire chrétienne antique.

Dans l'extrait qui suit, Marius Victorinus affirme que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont synonyme et consubstantiels. Il fut, avec Athanase, le premier à utiliser le terme pour y mentionner le Saint-Esprit. Le mot "consubstantiel", qui apparaît dans le symbole de Nicée (325) et qui sera réaffirmé dans le Concile de Constantinople en 381, a soulevé des débats qui ont occupé une très grande place dans la littérature chrétienne du IVe siècle.
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Message par jaimedieu le Dim 16 Nov 2014 - 20:49

Contre Arius
Père, Fils et Esprit sont synonyme

Si le Père, c'est l'Être, si le Fils, c'est la Vie - puisqu'il est impossible de comprendre ce qu'est l'Être - car cet Être est caché - et, puisque la Vie, en tant qu'elle est vie, est aussi cet Être, c'est donc dans la vie qu'apparaît ce qu'est l'Être. Mais en fait, l'Être c'est Dieu le Père et la vie le Fils. Le Fils, Vie du Père, est donc "forme de Dieu"; c'est en elle qu'est contemplée la puissance paternelle.

Il faut donc croire dans le Fils de Dieu, afin qu'advienne en nous la vie qui est la vie véritable et éternelle. Car si nous avons la foi dans le Christ de Nazareth, qui a reçu sa chair de Marie, nous aurons, par le fait même, la foi dans le Fils de Dieu qui était Esprit et a été fait Esprit incarné. Comment cela? Écoute mon exposé.

Mais avant, il faut comprendre leurs différences et de qui ils sont les prédicats, (N.B. synonyme d'attribut, de relation)

Je parle ici de l'Esprit, du Logos (Verbe), du Noûs (intellect), de l'Esprit-Saint, de la Sagesse, de la substance.

Un premier point: le Père et le Fils sont identiques; le Fils et le Saint-Esprit sont identiques.L'existence et la vie sont donc identique. Par conséquent, l'existence et la béatitude sont identiques. Et derechef: l'être et le penser sont identiques. Dans le livre qui précède celui-ci et en d'autres encore, on a dit, à leur sujet, qu'en chacun sont les trois et qu'à cause de cela les trois sont identiques.

Les trois sont donc synonymes, selon le nom par lequel chacun d'entre eux fait triompher sa puissance propre. En effet, l'Être est, en même temps, Vie et Pensée, chacun par rapport aux autres. Ils sont donc identiques, identiques et synonymes. Ils sont donc du même genre et de même substance.

Mais pourtant n'y a-t-il pas une sorte de différence entre ces termes? Parfaitement, c'est pour cela qu'il y a "identité" et non "assimilation". Tant qu'elles demeurent dans l'identité de leur puissance, elles sont ensembles dans leur puissance et sont consubstantielles; à elles seules appartient alors d'être unes et identiques; mais elles sont différentes dans leurs manifestations tout en restant unes.

Examinons maintenant ce que veut dire l'Esprit, le Logos et le Noûs, c'est-à-dire le Saint-Esprit, la Sagesse, la Substance. L'esprit est un terme qui désigne la substance ou l'existence, parce qu'en tout les cas, il désigne l'Être et que l'on l'emploie dans le sens de "Je Suis". Si on veut savoir ce qu'est Dieu, le terme "Esprit" désigne l'Être de Dieu. Donc Dieu et Esprit sont des termes qui désignent "l'Être".

Il apparaît dès lors que, puisque chacun d'entre eux est substance, chacun d'eux désigne "l'Être". En ces trois donc est l'Esprit, en ces trois est la substance. Ils sont donc consubstantiels parce qu'ils sont Esprit, l'Esprit n'étant pas séparé de lui-même puisqu'il est un dans les trois.
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Message par jaimedieu le Ven 21 Nov 2014 - 17:50

GRÉGOIRE
Évêque de Nysse 355-394


Grégoire est le frère de Basile le Grand, qui a été Évêque de Césarée, mort en 379. Après ses études, Grégoire embrasse une carrière de fonctionnaire civil et se marie, mais sous la pression de son ami théologien Nazianze (docteur de l'Église), il entre ensuite au monastère fondé par son frère Basile. Ce dernier, une fois nommé Évêque de Césarée, nomme Grégoire Évêque de Nysse, petite ville qui dépendait de Césarée.

D'un tempérament moins actif et charismatique que son frère, Grégoire est en butte aux luttes des ariens et ne sait pas se rendre populaire, il est déposé par un synode d'Évêques ariens cinq ans après son élévation en 376. (N.B. doctrine d'Arius niait la divinité de Jésus).

À la mort de l'empereur Valens en 378, il réintègre son siège. Deux ans plus tard, il est élu Évêque de la ville de Sébaste, voisine de la région de Césarée.

Dans son oeuvre, il s'attaque aux différents courants non orthodoxes et à la croyance au destin, très répandue dans l'Antiquité. Son exégèse est très symbolique, mais ses interprétations s'inspirent d'Origène sans en reprendre fidèlement les idées.

Selon lui, c'est la raison qui distingue l'homme du reste de la création et le rend à l'image de Dieu.
L' "image" signifie pour lui la possession de dons divins, soit la raison et la volonté, mais aussi la vertu, qui le rendent capable de connaître Dieu. Par cette affirmation, il confronte un courant philosophique très populaire au IVe siècle, le néoplatonisme, qui postulait que le divin ne peut être connu que par le seul divin.

Grégoire de Nysse est considéré comme le père du mysticisme. Dans les huit sermons sur les Béatitudes, il présente celles-ci comme une échelle conduisant l'homme à la perfection.

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Message par jaimedieu le Ven 21 Nov 2014 - 19:34

GRÉGOIRE DE NYSSE, SIXIÈME SERMON SUR LES BÉATITUDES

Connaissance mystique de Dieu

La nature de Dieu en elle-même, en sa propre substance, dépasse toute représentation: nul ne peut l'approcher, elle se dérobe à tout essai de formulation. L'homme n'a pas trouvé en lui la faculté qui lui ferait comprendre ce qui est incompréhensible. Il ne dispose pas de moyen qui transforme en notions claires les réalités inconcevables.

Aussi, le grand Apôtre dit-il des voies de Dieu qu'elles sont "impénétrables" (Rm 11,33), indiquant par là que la route qui mène à la connaissance divine est fermé à nos esprits. En sommes, nul de ceux qui avant nous ont parcouru la carrière de la vie, n'a laissé de traces d'une représentation, d'une réflexion qui puisse donner une idée de ce qui dépasse tout entendement.

Puisque l'être de Dieu transcende tout être, il est d'autres façons de voir et de saisir celui qui ne se laisse ni voir ni saisir. Les voies qui accèdent à sa connaissance sont très diverses. Déjà la sagesse qui apparaît dans l'univers nous aide à nous représenter celui qui a tout créé dans la sagesse.

Considérons aussi pourquoi nous existons; Dieu n'était pas obligé de créer l'homme, il l'a fait dans un élan d'amour. En ce sens, nous pouvons dire que nous voyons la preuve de sa bonté. Tous les autres éléments qui acheminent notre pensée vers la perfection et la transcendance constituent une approche de Dieu, puisque chacun de ses attributs nous permet de cerner Dieu. La puissance, la pureté, l'immutabilité, l'éloignement de tout mal, tous ces traits gravent en nos coeurs l'image de la transcendance divine.

Ces réflexions nous montrent que le Seigneur dit la vérité quand il promet de se manifester à ceux qui ont le coeur pur, et qu'en même temps saint Paul ne se trompe pas quand il déclare dans une lettre que "nul n'a vu Dieu ni ne peut le voir" (1Tm 6,16): invisible en sa substance, Dieu se manifeste en ses énergies, apparaissant dans certains environnements de lui-même.
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Message par jaimedieu le Dim 28 Déc 2014 - 22:17

TEXTES DES PÈRES DE L'ÉGLISE
(source: à la découverte des Pères de l'Église)

Grégoire le Grand, Homélie 20 sur l’Évangile.

"Le cèdre a sa place dans l’Église, pour que quiconque l’approche respire la bonne odeur des vertus spirituelles, que ne s’émousse pas en lui l’attrait de la vie éternelle, qu’il s’enflamme au contraire de l’amour des dons célestes.
L’épine a sa place dans l’Église, pour que, à son exemple, celui qui a été touché de componction par la prédication de la parole apprenne lui aussi à toucher le cœur de ceux qui le suivent par cette même prédication de la parole.

Le myrte a sa place dans l’Église, pour que l’homme qui, dans le feu de l’épreuve, aura reçu de son prochain compatissant la parole et le secours qui consolent et tempèrent, apprenne lui-même comment apporter à son prochain affligé la consolation qui tempère la peine.

L’olivier a sa place dans l’Église, pour que celui qui expérimente l’active compassion d’autrui apprenne à compatir lui aussi à l’indigence de son prochain.
Le sapin a sa place dans l’Église, pour que quiconque reconnaît en lui la vigueur de la contemplation sente s’échauffer en lui le désir de contempler les récompenses éternelles.

L’orme a sa place dans l’Église ; quand on voit un homme subvenir aux besoins de gens riches des dons de l’esprit, sans pouvoir lui-même porter le fruit de ces dons, on doit soi-même pourvoir à la vie de saintes gens avec toute la générosité possible, et porter ainsi les grappes spirituelles qu’on ne peut produire soi-même.

Le buis a sa place dans l’Église ; si l’on remarque que beaucoup de gens encore faibles ont la verdeur de la vraie foi, qu’on rougisse d’être soi-même sans foi.
Comme, à l’intérieur de la sainte Église, il est des hommes de mœurs différentes, de classes différentes, il est indispensable que tous s’instruisent ensemble."
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Message par jaimedieu le Dim 28 Déc 2014 - 22:32

Petite chronologie des Pères

Dates , Pères apostolique et commentaires
1er siècle - Didachè - Écrit anonyme en grec : fin du 1er siècle
" Clément de Rome Lettre écrite vers 96-98.
" Lettre de Barnabé Écrit anonyme de la fin du 1er siècle ou du début du 2e siècle.

2e siècle - Hermas - Le Pasteur, texte datant de la première moitié du 2e siècle. Hermas est le frère du Pape Pie 1er (140-154).

??? - Odes de Salomon - Écrit anonyme retrouvé au début du XXe siècle.

Début du 2e siècle - Ignace d'Antioche - Sept lettres écrites à diverses Églises tandis que l'Évêque d'Antioche, enchaîné est conduit de Syrie à Rome, où il va recevoir le martyre.

né v. 70-80 - mort entre 155 et 170 - Polycarpe Lettre de Polycarpe de Smyrne aux Philippiens

Dates: Pères apologistes - Commentaires
2e siècle Justin Justin, philosophe adresse son Apologie à l'empereur Antonin le Pieux vers 155. C'est par lui que nous connaissons les rites du baptême et de l'eucharistie dans les tout premiers temps de l'Église.

" Tatien - Connu notamment par son Discours aux Grecs, ce disciple de Justin, bien différent de lui, après avoir accédé à l'ascétisme absolu (encratisme), finit par condamner le mariage et la procréation jugés par lui oeuvres du démon : il sera de ce fait rejeté par la communauté romaine pour ses doctrines non orthodoxes.

" Méliton de Sardes - Connu pour son Apologie adressée à Marc Aurèle vers 170, et surtout pour son Homélie pascale retrouvée il y a une cinquantaine d'années.

Entre 160 et 200 A Diognète. Texte anonyme, célèbre pour sa simplicité et son élévation de pensée pour dépeindre les chrétiens, qui sont des hommes comme les autres, mais qui "sont citoyens du ciel", qui sont dans le monde comme l'âme dans le corps.
Dates Lutte contre la gnose.

v. 130-208 Irénée - Évêque de Lyon, Irénée nous a laissé son Contre les Hérésies, oeuvre majeure écrite après 177 (date où Irénée se retrouve à Lyon, après le martyre de Saint Pothin, et donc 2e évêque de cette ville de Gaule.

v. 170 - v. 235 - Hippolyte de Rome - Réfutation de toutes les hérésies ; Tradition apostolique

L'École d'Alexandrie
v. 150- ? (on perd sa trace vers 202) - Clément d'Alexandrie Auprès des païens d'Alexandrie : exhortation à la conversion : Le Protreptrique. Mélanges doctrinaux : Les Stromates. Idéal d'équilibre moral.

185-254 - Origène - Enseigne au Didaskaleion d'Alexandrie. Oeuvre centrée sur lecture biblique : cf. par ex. le Commentaire sur le Cantique, mais aussi sur la Genèse, l'Évangile de Jean, etc. ; également apologiste : Contre Celse...

Fin 2e siècle-3e siècle Début de la littérature chrétienne en langue latine

? - ? : 2e-3e siècles - Minucius Felix - Apologie : L'Octavius

v. 155-220 Tertullien - Apologie : L'Apologeticum, mais aussi très nombreuses oeuvres : sur le baptême, commentaire du Notre-Père..., également : Contre Marcion. Moraliste rigoriste. A posé les fondements de la théologie trinitaire.

v. 200-258 Cyprien de Carthage - Évêque et pasteur ; intervient dans le conflit sur les "Lapsi". Parmi ses oeuvres : L'unité de l'Église catholique, Sur le Notre-Père, lettres...

4e - 5e Siècles - Les Pères de l'Empire chrétien

v. 260 - v. 325 Lactance On l'a appelé le "Cicéron chrétien" en raison de l'élégance de sa prose latine. Originaire de l'Afrique romaine. Après la persécution de Dioclétien, il passera sa vie à la cour de Constantin. Auteur d'une véritable "somme théologique" avec les Divinae Institutiones.

v. 265 - avant 341 - Eusèbe de Césarée Auteur de la première "histoire de l'Église". Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique, essaye de décrire le chemin parcouru par la communauté des croyants depuis ses origines, à travers les persécutions et les luttes internes, jusqu'au triomphe attribué à l'intervention de l'Empereur Constantin (considérée comme providentielle). Ensemble très précieux notamment pour les documents anciens qu'il recèle et pour nous permettre de connaître les personnes et les événements du christianisme des trois premiers siècles.

v. 296 - 373 - Athanase - Évêque d'Alexandrie, qui s'est trouvé confronté à l'hérésie arienne, et a été exilé cinq fois en raison de son combat pour la défense de l'orthodoxie de Nicée : il a immédiatement perçu comment la négation de la divinité du Fils compromettait de façon radicale la véritable signification de l'incarnation et la possibilité d'une rédemption de l'humanité cf. son Discours contre les ariens. L'histoire des ariens. Il a contribué aussi, par sa Vie d'Antoine à répandre les principes du monachisme naissant.

315 - 367 Hilaire de Poitiers Champion en Occident de la lutte contre l'arianisme, il connut aussi l'exil. Il écrivit notamment un Commentaire sur Matthieu, un traité Sur la Trinité, en douze volumes : synthèse théologique qui ouvre la voie aux écrits ultérieurs d'Augustin.

4e - 5e siècles - Les Pères Cappadociens

330-379 - Basile de Césarée, Évêque de Césarée en 370, Basile prit à coeur le sort des pauvres, nombreux à son époque ; organisateur de la vie monastique il publia deux Règles et peut être considéré comme le véritable fondateur du monachisme grec ; enfin, théologien, il dut encore réfuter l'arianisme dans la forme radicale qu'il avait prise : Contre Eunomius, Traité sur l'Esprit Saint, mais livra aussi de nombreux commentaires bibliques ; il fut également réformateur liturgique.

329-390 - Grégoire de Nazianze - Ami de Basile, sensible, délicat, poète, Grégoire eut toute sa vie une préférence marquée pour la vie contemplative, à laquelle il dut se soustraire pour les nécessités pastorales. Grand théologien (cf. par exemple ses Discours théologiques, mais aussi poète qui a médité sur des thèmes chrétiens (cf. son poème autobiographique Sur sa vie), évêque de Constantinople (de 380-381) et grand prédicateur, il a laissé de nombreuses lettres et homélies.

335-394 - Grégoire de Nysse Frère cadet de Basile, il fut des trois Cappadociens le philosophe le plus méthodique tout en étant aussi grand théologien que les deux autres. Il occupe une place de tout premier plan dans l'histoire de la théologie mystique. Nommé par son frère évêque de Nysse en 371, il publia d'importants ouvrages de controverse antiarienne et d'exégèse biblique (Sur la création de l'homme, Grand discours catéchétique) et affirma avec force l'immortalité de l'âme (Sur l'âme et la résurrection). Il ne cessa de méditer sur le mystère de la vie monastique et sur les implications mystiques et christologiques de l'union de l'âme purifiée avec le Verbe divin (cf. son commentaire sur le Cantique des Cantiques).

4e - 5e siècles - Encore quelques très grands Pères orientaux de langue grecque Commentaires

345-407 - Jean Chrysostome, surnommé "Chrysostome", c'est-à-dire "bouche d'or", en raison de son talent oratoire, Jean est né à Antioche, où il fut prêtre après une brève expérience monastique. L'évêque Flavien lui confie la charge de prédicateur. Sa prédication est imprégnée de méditations bibliques et Jean s'adresse au peuple par des exhortations pressantes à la vie chrétienne. Sa renommée est tellement grande qu'il est intronisé à Constantinople sur le siège épiscopal qui avait été celui de Grégoire de Nazianze. En conflit avec une partie du clergé et de la cour du fait de ses discours sans compromission, Jean doit affronter des crises violentes qui se terminent par son exil en Arménie. C'est là qu'il mourut des suites des très grandes épreuves qu'il avait connues, ainsi que des mauvais traitements subis. Il laisse une oeuvre exceptionnelle avec notamment de très nombreuses homélies (sur la première et la seconde lettres aux Corinthiens, sur les Actes des Apôtres, sur l'Évangile de Jean, sur l'Évangile de Matthieu, etc.) et des Catéchèses baptismales d'une très grande importance, pour ne citer que quelques-unes parmi ses oeuvres majeures.

v.380-444 - Cyrille d'Alexandrie, successeur de Jean Chrysostome sur le siège épiscopal de Constantinople, Cyrille fut au coeur du Concile d'Éphèse en 431 où fut proclamé la maternité divine de Marie; adversaire acharné du nestorianisme, il obtint la condamnation de Nestorius qui affirmait l'incommunicabilité des deux natures (humaine et divine) - ce qui provoqua une tragique cassure dans les Églises orientales. Sa mort entraîna certains de ses successeurs spirituels à dépasser les limites de l'orthodoxie vers le monophysisme qui donna lieu encore à de lourds combats doctrinaux sous la papauté de Léon le Grand.

4e - 5e siècles - Retour au monde latin

339-394 - Ambroise - Élu évêque par acclamation populaire le 7 décembre 374, alors qu'il n'est pas encore baptisé, Ambroise se mit aussitôt à étudier la Sainte Écriture et les Pères pour se donner une culture religieuse dont il était dépourvu. Il joua un rôle important dans la conversion d'Augustin. La virginité fut un des thèmes préférés d'Ambroise (cf. notamment Les vierges). Il organisa la liturgie et la discipline de l'église milanaise, et eut également une importante activité de prédicateur et de théologien (commentaires exégétiques, de la Genèse aux Psaumes, où il marque une préférence pour l'interprétation allégorique et mystique, à l'école d'Hippolyte, d'Origène et de Basile). Défenseur des pauvres et de la liberté de l'Église.

347-420 - Jérôme - Érudit (pénétré de littérature latine, passionné des auteurs classiques) et polémiste (ses attaques contre Ambroise notamment sont célèbres : il l'accusait de n'être qu'un pâle imitateur des Pères grecs), Jérôme était de caractère irrascible qui lui valut beaucoup d'inimitiés. Sa vie fut traversée de polémiques théologiques et personnelles, mais sa très grande culture (il possédait parfaitement l'hébreu, le grec et le latin), en font un personnage d'une autorité incontestée dans le domaine des études bibliques. Il s'est livré à de nombreux commentaires exégétiques ; cependant son activité s'est surtout exercée dans la révision et la traduction latine de la Bible connue sous le nom de Vulgate.

354-430 - Augustin, Évêque d'Hippone - Oeuvre considérable. Augustin est l'un des premiers et des principaux "Pères latins", qui a été de tous les combats pour la définition de la vraie foi catholique ; c'est l'un des Pères de l'Église qui a écrit à peu près sur tous les sujets, mais s'est tout particulièrement illustré par ses écrits sur la grâce, le désir de Dieu, l'Amour, le Christ...

v. 360 - v. 435 - Jean Cassien - Après une très riche expérience du monachisme palestinien et égyptien, qui le mit à l'école d'Évagre le Pontique, Jean Cassien passa par Constantinople et par Rome puis s'établit à Marseille pour y implanter le mode de vie spirituelle qu'il avait étudié et expérimenté. C'est lui qui fonda le monastère d'hommes qui s'appela plus tard Saint-Victor et le monastère de femmes Saint-Sauveur. Il écrivit notamment (vers 420-424) des Institutions cénobitiques (et des remèdes aux huit vices principaux), puis vingt-quatre Conférences.

5e au 8e siècle : Orient et Occident

406-461 - Léon le Grand - Pape à la personnalité vigoureuse qui s'est distinguée par ses initiatives dans le clergé romain avant même son pontificat. Même il a révélé sa noble personnalité surtout comme évêque de Rome et pape. A Rome, il a organisé la charité, lutté contre le paganisme et les hérésies locales, manichéisme et pélagianisme en particulier, et mené avec un zèle exceptionnel sa tâche pastorale, par la liturgie et la prédication. Comme pontife universel, il a pris position dans une série de conflits disciplinaires et doctrinaux, est intervenu dans les Conciles. Théologien, il a laissé de très nombreuses Lettres, des sermons. On peut en dégager une christologie, une doctrine de l'Église, mais également une très grande spiritualité.

7e siècle

v. 580-662 Maxime le Confesseur - Moine bizantin, théologien mystique. Refusant toute concession au pouvoir politique, il meurt martyr en 662. Oeuvre écrite qui est une recherche avec hésitations et progressions : exégèse, recherche spirituelle, manifestant une christologie affinée.

N.B.
Jusqu'à ces Pères (africains d'origine), toute la littérature chrétienne (même à Rome, cf. Hippolyte), toute la vie de l'Église, se déroulent en langue grecque.

On appelle "lapsi" ceux qui, par peur du martyre, ont renié leur foi. Au 3e siècle le débat fut vif dans l'Église pour savoir s'il convenait, après pénitence, de les réintégrer dans la communion ecclésiale.
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Message par jaimedieu le Lun 29 Déc 2014 - 4:48

Ambroise

"Il y a un fleuve qui s'écoule dans les hommes de Dieu comme un torrent (Is 66, 12), fleuve dont l'impétuosité réjouit l'âme pacifique et tranquille.
Celui qui recueille en lui-même l'eau des montagnes, ou qui puise celle des fontaines, se met à la répandre lui aussi comme une nuée. Remplis de cette eau ton coeur et ton esprit pour que ta terre s'humecte, irriguée par ses propres sources. Or, c'est par une lecture intelligente qu'on se remplit l'esprit ; et celui qui est rempli peut irriguer les autres. C'est dans ce sens que l'Écriture dit : Quand les nuages sont gonflés de pluie, ils se déversent sur la terre (Qo 11, 3). Que ta parole abondante coule donc avec transparence et clarté. Tu verseras ainsi aux oreilles de ton peuple un enseignement plein de douceur. Séduit par la grâce de tes paroles, il te suivra volontiers là où tu le conduis."
(Ambroise de Milan : Lettre d'Ambroise à Constance 2, 1...7 in Magnificat, n° 253, déc. 2013, pp. 108-109).

"Que toujours soit dans ton coeur et ta bouche la méditation de la sagesse ; que ta langue énonce le jugement ; que la loi de ton Dieu soit dans ton coeur (cf. Ps 36, 30-31). C'est pourquoi l'Écriture te dit : Répète ces enseignements quand tu es assis dans ta maison, ou en marchant sur la route, quand tu t'endors, quand tu t'éveilles (Dt 6, 7). Ainsi, proférons le Seigneur Jésus, puisque c'est lui-même qui est la Sagesse, lui-même qui est la Parole et le Verbe de Dieu. Car il est encore écrit : Ouvre la bouche à la parole de Dieu (Pr 31, 8).K Il exhale, émet le Seigneur Jésus, celui qui prononce ses discours et médite ses paroles. Exprimons-le toujours : lui-même. Quand nous parlons sagesse, c'est lui ; quand nous parlons vertu, c'est lui ; quand nous parlons justice, c'est lui ; quand nous parlons paix, c'est lui ; quand nous parlons vérité, c'est lui." (Commentaire du psaume 36, 65-66).

"Que [Jésus] ait fait de la boue et qu'il en ait enduit les yeux de l'aveugle, cela ne signifie rien d'autre que ceci: avec la boue qu'il lui applique, il a rendu à la santé ce même homme qu'il avait façonné avec de la boue (cf. Gn 2,7). Cela signifie aussi que notre chair tirée de la boue reçoit la lumière de la vie éternelle par les mystères du baptême. Toi aussi, approche-toi de Siloé, c'est-à-dire de celui qui est l'Envoyé du Père, puisque tu connais cette parole : Ma doctrine n'est pas la mienne, mais la doctrine de celui qui m'a envoyé (Jn 7,17). Que le Christ te lave, pour que tu voies. Viens au baptême, c'est justement l'époque; viens vite, afin de pouvoir dire, toi aussi: Je suis allé, je me suis lavé, et j'ai vu ; et pour que tu dises, toi aussi : J'étais aveugle et j'ai vu ; pour que tu dises, toi aussi, comme celui qui vient d'être inondé par la lumière: La nuit est finie, le jour est tout proche (Rm 13, 12)."
(Lettre 80, 1-6, PL 16, 1271-1272).

"La bonté du Christ est grande : presque tous ses noms, il les a donnés à ses disciples. Je suis la lumière du monde (Jn 8, 12) ; et pourtant, ce nom dont il se glorifie, il l'a octroyé à ses disciples en disant : Vous êtes la lumière du monde (Mt 5, 14). Je suis le pain vivant (Jn 6, 5) ; et, nous tous, nous sommes un seul pain (1 co 10, 17). Je suis la vraie vigne (Jn 15, 1) ; et il te dit : Je t'ai planté comme une vigne fructueuse, toute vraie (Jr 2, 21). Le Christ est pierre - ils buvaient de la pierre spirituelle qui les accompagnait, et la pierre c'était le Christ (1 Co 10, 4) -, il n'a pas non plus refusé la grâce de ce nom à son disciple, si bien qu'il est Pierre aussi, parce qu'il aura de la pierre la solidité constante, la fermeté dans la foi.
Efforce-toi donc d'être pierre à ton tour ; dès lors cherche la pierre non pas au-dehors, mais en toi. Ta pierre, c'est ton action ; ta pierre, c'est ton esprit. C'est sur cette pierre que se construit ta demeure, pour que nulle bourrasque des esprits mauvais ne la puisse renverser. Ta pierre, c'est la foi ; et la foi est le fondement de l'Église."
(Traité sur l'Évangile de Luc, VI, 94-99 [extraits] d'après SC, 45bis, pp. 263-265).

"La création du monde est totalement terminée quand l'homme est là, qui porte en lui le pouvoir sur tous les êtres vivants, qui récapitule dans son corps l'univers et reflète la beauté de toute la création. Trouvons alors le repos comme Dieu se reposa, après tout l'ouvrage qu'il avait fait (Gn 2, 2). Il reposa à l'intérieur de l'homme, dans son esprit et dans sa volonté, car il avait créé l'homme doté de la raison et fait selon son image, un être qui cherche ce qui est bon, tendu vers les dons gratuits de l'amour de Dieu.
Je remercie le Seigneur, notre Dieu, qui a créé un tel être dans lequel il pouvait se reposer. Le ciel, il l'a créé : mais je ne lis pas qu'il s'y reposait. La terre, il l'a créée, mais je ne lis pas qu'il s'y reposait. Le soleil et la lune et les étoiles, il les a créés ; là non plus, je ne lis pas qu'il s'y reposait. Mais je lis qu'il a créé l'homme et qu'il s'y reposait puisqu'il avait en lui une créature à laquelle il pouvait pardonner les péchés." (Ambroise : Commentaire des Six jours de la création, 6, 75).

"Les richesses nous sont étrangères, parce qu'elles sont en dehors de notre nature [...]. Ne soyons pas esclaves des biens extérieurs, puisque nous ne devons connaître d'autre Seigneur que le Christ..." (Traité sur l'Évangile de Luc, VII).

"L'histoire éduque, la loi enseigne, la prophétie annonce, la réprimande châtie, la morale persuade : dans le livre des psaumes, on trouve l'avancement de tous et comme un remède pour la santé du genre humain. Il suffit de les lire pour avoir de quoi guérir les blessures de sa souffrance par un remède approprié. Il suffit de vouloir les considérer pour découvrir, comme dans un gymnase ouvert à toutes les âmes et comme dans un stade consacré à l'exercice des vertus, les différents genres de combats qui nous attendent, et l'on peut y choisir celui auquel on se juge le plus apte et par lequel on remportera plus facilement la couronne." (Commentaire sur le Psaume 1, 4.7.8)

"Le Seigneur est venu au baptême, car il s'est fait tout pour vous : Pour les sujets de la Loi, il a été circoncis afin de gagner les sujets de la Loi ; à ceux qui étaient sans loi, il s'est associé en partageant leur repas afin de gagner ceux qui vivaient sans loi. Pour les infirmes, il s'est fait infirme par la souffrance du corps afin de les gagner. Enfin, il s'est fait tout à tous, pauvre pour les pauvres, riche pour les riches, pleurant avec ceux qui pleurent, affamé avec les affamés, altéré avec les altérés, large avec ceux qui sont dans l'abondance. Il est en prison avec le pauvre, avec Marie il pleure, avec les Apôtres il mange, avec la Samaritaine il a soif, au désert il a faim pour que la nourriture savourée par le premier homme en sa prévarication fût expiée par le jeûne du Seigneur. C’est à notre détriment qu’Adam a rassasié sa faim de la science du bien et du mal ; c’est pour notre profit que le Christ a enduré la faim." (Ambroise, Traité sur l'Évangile de Luc, PL, col. 1613-1614, in Lectionnaire pour les dimanches et pour les fêtes de Jean-René Bouchet, pp. 110-111).

"N'ayons pas peur si nous avons gaspillé en plaisirs terrestres le patrimoine de dignité spirituelle que nous avons reçu. Le Père a remis au Fils le trésor qu'il avait. la fortune de la foi ne s'épuise jamais. Aurait-on tout donné, on possède tout, n'ayant pas perdu ce que l'on a donné. Ne redoute pas que le Père refuse de t'accueillir : car "Dieu ne prend pas plaisir à la perte des vivants" (Sag., I, 13). Il viendra en courant au-devant de toi, il se penchera sur toi — car "le Seigneur redresse ceux qui sont brisés" (Ps. 145, 8) — il te donnera le baiser, qui est gage de tendresse et d'amour, il te fera donner robe, anneau, chaussures. Tu en es encore à craindre un affront, il te rend ta dignité. Tu as peur du châtiment, il te donne un baiser. Tu as peur des reproches, il te prépare un festin." (Traité sur l’Évangile de St Luc, PL 15, col. 1755 sq)

"Qu'est-ce donc que voir Dieu ? Ne me le demandez pas ; demandez à l'évangile, demandez au Seigneur lui-même ; ou plutôt, écoutez-le : "Philippe, dit-II, celui qui m'a vu a vu aussi le Père qui m'a envoyé. Comment peux-tu dire : Montrez-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ?" (Jn, XIV, 9-10). Non certes que l'on voie les corps l'un dans l'autre, ou les esprits l'un dans l'autre ; mais ce Père est le seul que l'on voie dans son Fils, comme ce Fils dans son Père. On ne voit pas l'un dans l'autre, en effet, des personnages dissemblables ; mais du moment qu'il y a unité d'opération et d'activité, on voit et le Fils dans le Père et le Père dans le Fils. "Les œuvres que j'accomplis, dit-II, Lui aussi les accomplit" (cf. Jn, V, 19). On voit Jésus dans ses œuvres ; dans les œuvres du Fils on voit aussi le Père. On a vu Jésus en voyant le mystère qu'il accomplit en Galilée (Jn, II, 9) ; car personne, sinon le Maître du monde, ne peut transformer les éléments. Je vois Jésus quand je lis qu'il enduisit de boue les yeux de l'aveugle et lui rendit la vue (Jn, IX, 6) : je reconnais là Celui qui a façonné de boue l'homme et lui a donné le souffle de vie, la lumière pour voir. Je vois Jésus quand II pardonne les péchés ; car "personne ne peut remettre les péchés que Dieu seul" (Mc, II, 5, 7). Je vois Jésus quand Il ressuscite Lazare, et les témoins oculaires ne l'ont pas vu. Je vois Jésus, je vois aussi le Père quand je lève les yeux au ciel, quand je les tourne vers la mer, quand je les ramène sur la terre ; car "ses perfections invisibles sont aperçues et saisies au moyen des objets créés" (Rom., I, 20)." (Traité sur l'Évangile de Saint Luc, I)

"L'attention force la porte de la vérité. Ainsi donc obéissons aux préceptes du ciel ; car ce n'est pas en vain qu'il fut dit à l'homme, à l'exclusion de tout animal : "A la sueur de ton front tu mange-ras ton pain" (Gen., III, 19). Pour les autres animaux, naturellement dépourvus de raison, Dieu a ordonné à la terre d'assurer leur pâture ; pour l'homme seul et afin qu'il exerce la raison dont il est doué, le travail devient la loi de la vie. Puisqu'il ne se contente pas de la pâture des autres animaux, puisqu'il ne lui suffit pas des espèces fruitières, nourriture commune assurée à tous, mais qu'il recherche les mets délicats et variés, fait venir ses délices des pays d'outre-mer, glane ses délices dans les flots, il ne doit pas refuser, demandant sa vie au travail, d'endurer un moment de travail pour la vie éternelle. Celui donc qui vient prendre part aux luttes de ces saintes recherches, qui dépose les soucis de la vie présente exposée à l'erreur et, dépouillé de tout mal, champion du bien, les membres de l'âme imprégnés de l'huile de l'Esprit, se mêle aux luttes pour la vérité, méritera sans aucun doute la récompense sans fin des saintes couronnes. Car "le bon travail porte d'illustres fruits" (Sag., III, 15) et plus nombreux sont les combats, plus riche est la couronne des vertus." (Ambroise de Milan, Traité sur l'Évangile de saint Luc, Prologue)

"L'histoire éduque, la loi enseigne, la prophétie annonce, la réprimande châtie, la morale persuade : dans le livre des psaumes, on trouve l'avancement de tous et comme un remède pour la santé du genre humain. Il suffit de les lire pour avoir de quoi guérir les blessures de la souffrance par un remède approprié. Il suffit de vouloir les considérer pour découvrir, comme dans un gymnase ouvert à toutes les âmes et comme dans un stade consacré à l'exercice des vertus, les différents genres de combats qui nous attendent, et l'on peut y choisir celui auquel on se juge le plus apte et par lequel on remportera plus facilement la couronne." (Commentaire sur le psaume 1, 7, in Livre des Jours, Office romain des lectures, 1976, p. 722)

"Courons comme les cerfs vers la source des eaux ; la soif ressentie par David, que notre âme la ressente aussi. Quelle est cette source ? Écoute David qui le dit : En toi est la source de la vie. Que mon âme dise à cette source : Quand pourrai-je venir et paraître devant ta face ? Car la source, c'est Dieu." (Sermon sur la fuite du monde, 9, 52)

"N'en crois donc pas seulement les yeux de ton corps : on voit mieux ce qui ne se voit pas, parce que cela est provisoire, et ceci éternel. On distingue mieux ce qui n'est pas saisi par les yeux, mais découvert par l'esprit et l'âme." (Traité sur les Mystères, 12)

"Si tu demandes pour toi seulement, tu seras seul [...] à demander pour toi. Mais si tu demandes pour tous, tous demanderont pour toi. Et en effet, toi-même tu es en tous." Commentaire sur Caïn et Abel, 1, 9, 39)
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Message par jaimedieu le Mar 30 Déc 2014 - 4:36

Benoît de Nursie

"La divine Écriture, mes frères, proclame pour notre gouverne : "Quiconque s'élève sera humilié, et celui qui s'humilie sera glorifié." En tenant ce langage, elle nous montre que tout élèvement s'apparente à l'orgueil, et nécessite les précautions dont se munit le Prophète disant : "Seigneur, j'ai fui l'élèvement du cœur et les hautes ambitions ; je n'ai point marché dans des voies prétentieuses, ni vers le mirage d'une condition supérieure à la mienne."

Bien plus, il poursuit : "Si je n'entretiens de bas sentiments de moi-même, Si je m'estime plus que je ne dois, tu me traiteras dans ta justice comme l'enfant trop tôt sevré, qu'on arrache des bras de sa mère.

Voulons-nous, par conséquent, mes frères, atteindre au sommet de cette souveraine humilité, voulons-nous parvenir par une ascension rapide à ces hauteurs célestes où mène l'abaissement de la vie présente ? Il s'agit alors d'y monter par la gradation de nos œuvres, et de dresser vers le ciel cette même échelle où Jacob vit en songe monter et descendre les anges.

Il est ici hors de doute que monter et descendre signifient pour nous que l'on s'abaisse en voulant s'élever, et qu'on s'élève en s'abaissant. Quant à cette échelle dressée, c'est proprement notre vie d'ici-bas, pour autant que le Seigneur élève jusqu'aux cieux le cœur qui s'humilie.

Convenons maintenant que les deux côtés de l'échelle figurent notre corps et notre âme : entre ces montants, Dieu a inséré, nous invitant à les gravir, les échelons successifs de l'art spirituel qui porte nom humilité."
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Message par jaimedieu le Jeu 1 Jan 2015 - 6:57

En ce début d'année, une invocation à Dieu d'Augustin d'Hippone


"Dieu créateur de l’univers, accorde-moi d’abord de bien te prier, ensuite de me rendre digne que tu m’exauces, et enfin d’être sauvé par toi.

Dieu par qui tout ce qui n’existerait pas par soi-même tend à exister,

Dieu qui ne laisse même pas périr les choses qui se détruisent l’une l’autre,

Dieu qui à partir de rien as créé le monde dont les yeux de tous perçoivent l’extrême beauté,

Dieu qui, aux rares hommes qui vont trouver refuge auprès de ce qui est vraiment, montres que le mal n’est rien,

Dieu par qui l’univers, même avec ses défauts, reste parfait,

Dieu grâce à qui dans les moindres choses n’existe aucun désaccord, puisque le pire s’harmonise avec le meilleur,

Dieu qu’aime tout ce qui peut aimer, consciemment ou inconsciemment,

C’est toi que j’invoque, Dieu-Vérité, en qui, par qui et grâce à qui est vrai tout ce qui est vrai."

(Augustin, Homélie 121 sur l’Évangile de Jean, BA 75, pp. 355-359
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Message par jaimedieu le Ven 2 Jan 2015 - 6:53

André de Crète

"Par où commencerai-je à déplorer les actions de ma vie et quels seront, ô Christ, les premiers accents de ce chant de peine ? Accorde-moi, dans ta miséricorde, le pardon de mes péchés.
Émule du premier Adam dans les voies de la transgression, je me suis vu dépouillé de mon Dieu, privé du Royaume éternel et de sa joie par mon péché.

Si Adam, pour avoir violé un seul de tes commandements, a été en toute justice chassé du jardin d'Eden, que dois-je subir, ô Sauveur, moi qui transgresse constamment tes paroles de vie ?
Toi le potier qui façonne l'argile, tu m'as dispensé, ô créateur, une chair et des os et tu m'as animé d'un souffle de vie. Aujourd'hui, ô Rédempteur et Juge, ne repousse pas ma pénitence.

J'ai péché plus que tous les autres hommes ; contre toi, toi seul, j'ai péché. Cependant, toi mon Sauveur, prends en pitié l'oeuvre de tes mains. J'ai mis en pièces le premier vêtement que tu m'avais tissé, ô mon Créateur, et depuis me voilà gisant dans ma nudité.

J'ai essayé de me couvrir d'un vêtement déchiré, oeuvre du serpent qui m'a séduit, et me voilà couvert de honte. J'ai perdu ma beauté première ; le péché a cousu pour moi des tuniques de peau après m'avoir dépouillé de la robe tissée par Dieu lui-même.

J'ai enfoui dans l'abîme de mes passions la beauté de mon image primitive. Ô mon Dieu, cherche-moi et retrouve-moi, telle la drachme perdue." (André de Crète, Grand Canon de Carême).

"C'est ainsi que nous préparerons le chemin au Christ: nous n'étendrons pas des vêtements ou des rameaux inanimés, des branches d'arbres qui vont bientôt se faner, et qui ne réjouissent le regard que peu de temps (Allusion à l'Évangile de Matthieu par exemple qui rapporte à propos de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, avant sa Passion : "Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, ils amenèrent l'ânesse et l'ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s'assit dessus. Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin; d'autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin). (Mt 21, 6-8)

Notre vêtement, c'est sa grâce, ou plutôt c'est lui tout entier que nous avons revêtu : Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ. C'est nous-mêmes que nous devons, en guise de vêtements, déployer sous ses pas." (Homélie pour le dimanche des Rameaux, Homélie 9).

"Après avoir réduit la loi en servitude, il y a joint harmonieusement la grâce. Il n'a pas mélangé ni confondu les propriétés de l'une avec celles de l'autre ; mais, d'une façon divine, il a changé ce qu'il pouvait y avoir dans la loi de pénible, de servile et de tyrannique, en ce qui est léger et libre dans la grâce.

Ainsi nous ne vivons plus sous l'esclavage des éléments du monde, comme dit l'Apôtre, nous ne sommes plus asservis au joug de la lettre de la loi."
jaimedieu
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