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LES ROYALISTES ET LEURS PRINCES

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LES ROYALISTES ET LEURS PRINCES Empty LES ROYALISTES ET LEURS PRINCES

Message par Hervé J. VOLTO Sam 12 Oct 2019 - 9:34





Un texte inédit de Charles Maurras rappelle les trois devoirs des Royalistes à l’égard du Chef de la Maison Royale de France.

Yves Chiron a eu l’heureuse idée de publier sous la forme d’une élégante brochure un texte peu connu de Charles Maurras et qui n’avait jamais été édité. Il s’intitule TROIS DEVOIRS et fut écrit en 1948 par le maître de l’ACTION FRANCAISE, alors emprisonné à Clairvaux, en réaction à l’ouvrage que le Comte de Paris venait de faire paraître ENTRE FRANCAIS.

À ce sujet Xavier Vallat, qui fut le compagnon de détention de Maurras, raconte dans un enregistrement sonore datant de 1960 ou 1961 dont Pierre Pujo a retrouvé le texte :

- À la fin de l’été 1948, Mgr le Comte de Paris eut l’occasion de faire certaines déclarations en faveur du fédéralisme européen dont Charles Maurras fut toujours l’adversaire aussi ardent que convaincu tant était forte sa conviction que les États-Unis d’Europe tomberaient forcément sous la coupe de l’Allemagne. C’est dire si sa réaction fut vive ! Il se jeta sur sa plume et, dans la nuit, remplit d’un trait cinquante pages du cahier d’écolier où il aimait écrire, sous le titre TROIS DEVOIRS. Il s’agissait, bien entendu, des trois devoirs d’un Royaliste Français devant une divergence de vues sur un sujet important, entre son Prince et lui.


FIDELITE ET RESPECT.


Des divergences entre le Chef de la Maison de France et l’ A ction F rançaise étaient apparues dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale. Elles ne concernaient que la stratégie du Royalisme. En 1948, c’était plus grave car des orientations politiques fondamentales étaient en cause.

Le premier devoir souligné par Maurras était celui de la fidélité et du respect à l’égard de l’héritier de nos Rois dont la Légitimité ne saurait être contestée au nom de divergences de vues sur des questions politiques.

La correspondance entre Charles Maurras et Xavier Vallat témoigne même de la confiance inébranlable du maître de l’ A ction F rançaise dans le Comte de Paris et le succès de ses entreprises (Charles Maurras et Xavier Vallat, Lettres passe-murailles (Éd. La Table ronde, 1966) : nous verrons plus tard son amère déception.


LE DEVOIR DE REMONTRANCE.


Le second devoir était de remontrance. Quand l’avenir de la Nation est en cause, c’est un devoir pour les citoyens réfléchis d’avertir le Prince qu’il se trompe surtout quand ce Prince est en exil et n’a pas nécessairement une vue exacte des problèmes politiques du pays. Celà vaut aujourd'hui pour le Duc d'Anjou, né espagnol. En l’occurrence, le Comte de Paris faisait l’éloge d’un parlementarisme qui avait fait le malheur de la France. Il approuvait, aussi, les conceptions fédéralistes européennes qui déjà se répandaient dans la classe politique.

Maurras réplique que l’unification de l’Europe qui est projetée ne sera plus :

- Une simple alliance utile ou nécessaire, bien mal ficelée, contre un ennemi déterminé. Ce sera la démission d’un certain nombre de souverainetés européennes, et leur subordination, non pas, comme on le raconte, dans une impossible souveraineté commune, mais dans la volonté et dans le profit d’une Puissance plus forte, devenue seule reine et maîtresse .

Cette puissance, ce sera l’Allemagne. Plus de cinquante après, l’analyse et l’avertissement de Maurras demeurent valables à l’encontre de tous les dévots du fédéralisme européen (dont le Comte de Paris était bien revenu à la fin de sa vie et que récuse également son peit-fils et héritier actuel, le Prince Jean d'Orléans).

Maurras estimait qu’il convenait d’avoir pour objectif le développement d’« un bon État national », c’est-à-dire « une bonne armée, une bonne marine, une bonne politique extérieure, de bonnes finances ». Il fixait cette règle : « La sagesse politique doit se concentrer et non se disperser. Qu’elle se munisse et se prémunisse d’alliances sûres, mais qu’elle se garde avec soin non seulement de toute aliénation de souveraineté, mais aussi des engagements indéfinis ou mal définis dont toutes les réciprocités ne seraient pas clairement stipulées » . La France doit être forte et garder la maîtrise de ses destinées : elle pourrait ainsi entrer dans les organisations internationales sans risquer de s’y trouver en position d’infériorité. CE TEXTE DE CHARLES MAURRAS EST D'UNE ETONNANTE ACTUALITE.

Maurras éprouvait quelque tristesse de constater que le Comte de Paris, à l’époque, parût tourner le dos à la défense de la nation qui avait guidé tous les Rois Capétiens. Il ne désespérait pas que le Prince réformât sa position –ce qui devait survenir plus tard- et à la décharge du Comte de Paris, il faut se souvenir que la loi d’exil n’était pas encore abolie et que le Chef de la Maison dite de France flattait les politiciens (notamment les démocrates-chrétiens du M.R.P.) pour qu’ils se décident à mettre fin à une situation inique, ce qui survint en 1950. Le succès remporté alors par le Comte de Paris est à mettre dans la balance du jugement porté sur ses écrits d’alors.


LE DEVOIR DE SUPPLEANCE.


Le troisième devoir fixé par Maurras était un devoir de suppléance : puisque le Comte de Paris adopte des positions manifestement CONTRAIRES aux intérêts du Pays, le devoir des citoyens est de mener le combat pour, en quelque sorte, sauver la France MALGRES le Prétendant et sans lui. Un choix douloureux mais nécessaire, qui fut pris surtout après la condamnation de l'AF par le Comte de Paris lui-même en 1937. Les Français réfléchis qui mèneront ce combat ne sont pas assurés de l’emporter.

Maurras observe :

- Si les nations sont guérissables, elles ne sont pas forcément immortelles et, en tout cas, elles ne sont jamais guéries par le formulaire diviseur des factions .

La France peut disparaître. Mais elle peut aussi connaître une résurrection. Le premier acte des Français patriotes victorieux « s’appellera la Restauration de la Monarchie, de son autorité, de ses libertés, entre les mains du seul Principat possible régulier, légitime ».


LES TROIS DEVOIRS DU ROYALISTE.


Ces " trois devoirs " furent mis en œuvre par les Royalistes d’ A ction F rançaise durant la Guerre d’Algérie où le Comte de Paris crut devoir approuver la politique du Général de De Gaulle. L’AF ne cessa pas d’être fidèle à la Maison de France tout en combattant la politique qu’il soutenait. À vrai dire l’une et l’autre conservaient le même objectif, la restauration de la Monarchie. Le Comte de Paris espérait que De Gaulle préparerait cette restauration bienfaisante pour la France. En fait, De Gaulle ne restaura que la république (pour la cinquième fois). Il lui donna une apparence Monarchique, une apparence de MONRACHIE ELECTIVE ou de REGENCE et l’on voit aujourd’hui ce qu’il en reste : pas grand chose. La V° République, comme la IV° comme la III°, est le régime de la lutte acharnée des partis sans régulateur au sommet de l’État. Face à la violence sournoise qui s'exerce partout, contre l'âme de nos enfants, contre les Catholiques, contre les traditions de notre Pays, contre son Histoire, contre la sécurité et l'honneur de la France, nous Royalistes, nous devons opposer SANS RELACHE nos valeurs Chrétiennes, familiales et patriotiques, suppléant les Princes, leur exprimant de respecteuses remontances quand c'est le cas, mais en deumeurant toujours dans la fidélité Royale.


« NE RENONCEZ PAS A LA FRANCE ! » .


La critique de la démocratie diviseuse et inutile et celle du fédéralisme européen par Maurras demeurent actuelles. L’analyse de Maurras conserve toute sa valeur. Elle la conserve aussi dans l’attitude que les Royalistes d'aujourd'hui doivent, le cas échéant, adopter à l’égard des Princes. De ce point de vue, nous n’avons pas de souci à nous faire aujourd’hui. Le dernier message aux Français du Comte de Paris fut de les mettre en garde contre les abandons de Souveraineté et de les inciter à « ne pas renoncer à la France » (avril 1998). Son fils, Mgr le Duc de France, s’est inscrit dans la même ligne par ses déclarations publiques depuis juin 1999. Son petit-fils, Mrg le Duc de Vendôme, entend incarner une continuité dans ce sens là. Entre-temps, il y eu le renouveau Légitimiste en 1983, le renouveau Survivantiste en 1987 et le renouveau Pamiste en 1993, le Providentialisme n'ayant jamais cessé de rappeller les prophéties du Grand Monarque de 1883 à nos jours.


TOUS CES ROYALISTES POSSEDENT UN DEVOIR DE FIDELITE ET DE RESPECT, UN DEVOIR DE REMONTRANCE ET UN DEVOIR DE SUPPLEANCE ENVERS LEURS PRINCES : Orléans, Bourbons d'Espagne ou de Parme, Survivance de Louis XVII ou Grand Monarque encore inconnu de tous mais promis et annoncé par nombres de prophéties .

Après la condamnation en 1937 de l' ACTION FRANCAISE par le Comte de Paris, l'Abbé Georges de Nantes, qui fut chroniqueur religieux du journal ASPECT DE LA FRANCE, appella à continuer l'oeuvre de restauration Monarchique tout en laissant humblement à Dieu le choix du Roi à venir :

- Discuter du Prétendant, choisir son Prince, c'est déjà être républicain !

C'est tout le sens du " Politique d'abord " de Maurras.

Dans le N° de Juillet 1987 de IL EST RESSUSCITE, un disciple de l’Abbé de Nantes précisait:

- Le Père de Nantes ne choisi pas son Roi : discuter du Prétemdant, prince, c’est déjà être républicain ! Il dépasse le clivage Orléaniste/Légitimiste. Sa conviction morale repose sur une croyance sincère en une Survivance possible de Louis XVII. Qu’un descendant de Louis XVI s’avance et l’unanimité des Français se fera ! Quoi qu’il en soit et qui que soit le Roi, Dieu nous le montrera !! !

L’Abbé Georges de Nantes, fondateur de la CONTRE-REFORME CATHOLIQUE AU XX° SIECLE, devenu entre-temps CONTRE-REFORME CATHOLIQUE AU XXI° SIECLE , avait écrit en 1969 :

- Un jour se lèveront des phalanges de toute nations, de toute classe, pour la renaissance de l’Eglise et le salut du monde. Leur action s’inspirera nécessairement du patrimoine de sagesse que récapitulent nos 150 Points de religion Catholique, d’ Action Française , de vie communautaire. On aura beau voir et dire, on ne reconstruira rien en dehors ou au rebours de ces principes que nous tenons de nos pères .

Pour les Phalangites de la CRC de l'Abbé de Nantes, POUR SUPPLER AU ROI CACHE HENRI V DE LA CROIX, auquel la Providence nous commende de lui potrer recpctet fidélité parce qu'il est le Roi choisi par Dieu, et auquel nous ne pouvons que lui faire la remontrance de ne pas se faire plus entendre, à défaut de se faire voir, il faut être Catholiques de Tradition, Royaliste parce que Catholique et Français, et placer la famille au coeur de la société Chrétienne, ce tout en laissant humblement à Dieu le choix de ce Roi à venir.

“ POLITIQUE D'ABORD”, oui, mais “DIEU PREMIER SERVIR” : ce qui ne peut s'obtenir que par UNE POLITIQUE CATHOLIQUE ET ROYALE. On en revient à l'Ultra-Légitimisme
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ET SI UN ROI INCONNU, CHOISI PAR DIEU DANS UNE LIGNEE OUBLIEE MAIS LEGITIME, GRAISSE SES BOTTES QUELQUES PART, NULLE DOUTE QUE, QUI QU'IL SERA, DIEU NOUS LE MONTRERA ! !!

Nous avons ainsi l’assurance que le dessein Capétien continuera à être incarné dignement et qu’il sera poursuivi par un Grand Monarque promis et annoncé par de nombreuses prophéties. Charles Maurras peut dormir en paix...





Hervé J. VOLTO, CJA





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A lire : Charles Maurras, TROIS DEVOIRS. Présentation par Yves Chiron. (Editions BCM, 16, rue de Berry, 36250 Niherne)

Hervé J. VOLTO

Date d'inscription : 19/12/2016

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